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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La r&#233;volution au village</title>
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		<dc:creator>Iffik Le Guen, Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Dans le Sud-Est, le d&#233;mant&#232;lement du service public postal bat son plein. Sauf qu'&#224; Saint-Paul-lez-Durance, la r&#233;sistance s'organise, depuis le 20&#8200;f&#233;vrier dernier, autour de personnages hauts en couleur. Reportage au c&#339;ur d'un village gaulois dans toute sa splendeur. En ce jeudi 23 avril, alors que la froideur de la nuit jette ses derni&#232;res piq&#251;res, une petite &#233;quipe de reporters de CQFD s'&#233;broue pour covoiturer en direction de Saint-Paul-lez-Durance. Ce village de 900&#8200;habitants, sis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Julien-Tewfiq-109" rel="tag"&gt;Julien Tewfiq&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/service-public" rel="tag"&gt;service public&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/nuit-jette" rel="tag"&gt;nuit jette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-s-ebroue" rel="tag"&gt;CQFD s'&#233;broue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/public-postal" rel="tag"&gt;public postal&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/dernieres-piqures" rel="tag"&gt;derni&#232;res piq&#251;res&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le Sud-Est, &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/La-Poste-Abus-de-greve-mon-pauvre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le d&#233;mant&#232;lement&lt;/a&gt; du service public postal bat son plein. Sauf qu'&#224; Saint-Paul-lez-Durance, la r&#233;sistance s'organise, depuis le 20&#8200;f&#233;vrier dernier, autour de personnages hauts en couleur. Reportage au c&#339;ur d'un village gaulois dans toute sa splendeur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1511 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/cabane-bouchon.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH667/cabane-bouchon-8b74b.jpg?1780239313' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Julien Tewfiq.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ce jeudi 23 avril&lt;/strong&gt;, alors que la froideur de la nuit jette ses derni&#232;res piq&#251;res, une petite &#233;quipe de reporters de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; s'&#233;broue pour covoiturer en direction de Saint-Paul-lez-Durance. Ce village de 900&#8200;habitants, sis entre Sainte-Victoire, Luberon, Verdon et&#8230; le centre du Commissariat &#224; l'&#233;nergie atomique (CEA) de Cadarache, va &#234;tre, en effet, le th&#233;&#226;tre de la premi&#232;re op&#233;ration escargot de son histoire. L'objectif de ce branle-bas de combat, qui mobilisera une centaine de personnes, est de bloquer, d&#232;s potron-minet, l'entr&#233;e des techniciens et ing&#233;nieurs dans le centre de Cadarache. La raison de la col&#232;re ? La direction r&#233;gionale de La Poste veut en finir avec le bureau postal saint-paulais qui continue, envers et contre toutes les restructurations, &#224; lui r&#233;sister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin f&#233;vrier donc&lt;/strong&gt;, Jean-Luc, le postier qui assure les permanences au bureau de Saint-Paul &#8211;&#8200;d'ores et d&#233;j&#224; r&#233;duites &#224; deux heures chaque matin du lundi au samedi&#8200;&#8211;, alerte la petite communaut&#233; villageoise de la fermeture dudit bureau, programm&#233;e pour juin, et son remplacement par une agence postale communale. Cette nouvelle structure serait synonyme de d&#233;gradation du service rendu aux usagers et constituerait la derni&#232;re &#233;tape avant le passage au relais postal chez un commer&#231;ant&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'agence&#8200;postale communale est le fruit empoisonn&#233;&#8200;d'une convention pass&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Dans la foul&#233;e d'un premier rassemblement, une p&#233;tition est lanc&#233;e&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle a d&#233;j&#224; recueilli plus de 2 000 signatures, dont 1 000 sur le seul site (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, un calendrier d'actions &#224; mener toutes les trois semaines est &#233;tabli et une association de d&#233;fense du service public postal est constitu&#233;e. Autour de la table de la boulangerie de Saint-Paul transform&#233;e en QG de la contestation, alors que le soleil vient de se lever, Jean-Luc prend la parole : &#171; &lt;i&gt;On s'est vite rendu compte que c'est l'ensemble du territoire qui risquait de faire les frais de cette strat&#233;gie de la Poste &#224; l'occasion de d&#233;bats publics organis&#233;s &#224; Jouques, Peyrolles, Vinon&#8230; Partout les habitants s'inqui&#233;taient de ce d&#233;sengagement des services publics annonciateur de d&#233;sertification rurale acc&#233;l&#233;r&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme pr&#233;vu&lt;/strong&gt;, &#224; 7&#8200;heures&#8200;30 p&#233;tantes, le cort&#232;ge s'&#233;branle. Au cours de cette marche revigorante de pr&#232;s de quatre kilom&#232;tres, certaines discussions s'attardent sur l'importance de la pr&#233;sence du facteur. Bernard : &#171; &lt;i&gt;Le facteur conna&#238;t tout le monde dans le village, les probl&#232;mes de pension, de sant&#233;, d'isolement. Ce n'est pas un clich&#233;, il reste le lien direct et permanent avec les habitants.&lt;/i&gt; &#187; Le long de la route, nous pouvons entendre le concert de klaxons entonn&#233; par les employ&#233;s de la zone artisanale et commerciale tandis que les automobilistes, passant dans l'autre sens, nous saluent amicalement. M&#234;me constat vers 10&#8200;heures lorsque le tractopelle et le camion-plateau, ouvrant la marche, entament leur dernier tour de rond-point devant le centre de Cadarache et que le bouchon de 10&#8200;kilom&#232;tres commence &#224; se r&#233;sorber. Les centaines de v&#233;hicules de tous types et de toutes origines qui s'engouffrent dans le centre du CEA ne montrent aucune mauvaise humeur &#224; l'&#233;gard de ces dr&#244;les de gast&#233;ropodes scandant des appels au rassemblement dans la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est le moment&lt;/strong&gt; d'entamer le p&#233;riple du retour vers le village o&#249; un barbecue attend les participants. L'&#233;quipe de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, par pur professionnalisme, d&#233;cide de faire un arr&#234;t au bar de la mairie, histoire de prendre la temp&#233;rature. H&#233;las, nous sommes accueillis par un tenancier corse des plus taciturnes qui affichent fi&#232;rement au-dessus du comptoir les couleurs du PSG et par trois cam&#233;ras qui scrutent le moindre centim&#232;tre carr&#233; de la minuscule placette. Nous filons donc vers des lieux plus hospitaliers. &#171; &lt;i&gt;Ici, on boit du rouge, pas du jaune !&lt;/i&gt; &#187;, nous rassure aussit&#244;t Jean-Luc, carrure de d&#233;m&#233;nageur et bouille de moine camembert. Natif du pays et endurci par des ann&#233;es de militantisme &#224; la CGT au niveau national, il ne veut surtout pas monopoliser la parole pour pr&#233;venir toute d&#233;rive vers &#171; &lt;i&gt;le culte de la personnalit&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il passe alors&lt;/strong&gt; le crachoir au trio f&#233;minin&#8200;&#8211;&#8200;&#171; &lt;i&gt;les dr&#244;les de dames&lt;/i&gt; &#187; comme les appelle celui qui se sent bien dans le r&#244;le de Bosley&#8200;&#8211;&#8200;&#224; la t&#234;te de l'association. Dominique, &#171; &lt;i&gt;la terrassi&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, assure la pr&#233;sidence ; Martine, &#171; &lt;i&gt;la boulang&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, s'occupe de la vice-pr&#233;sidence ; Brigitte, &#171; &lt;i&gt;la garagiste&lt;/i&gt; &#187;, tient la tr&#233;sorerie. Mais autour des tables install&#233;es derri&#232;re le stade, on trouve aussi Bernard, &#171; &lt;i&gt; le retrait&#233;&lt;/i&gt; &#187;, Nicole, &#171; &lt;i&gt;la comptable&lt;/i&gt; &#187;, Ghislain, &#171; &lt;i&gt;le ch&#244;meur&lt;/i&gt; &#187;, Jonathan, &#171; &lt;i&gt;le tagger&lt;/i&gt; &#187;&#8230; Aucun ne s'&#233;tait retrouv&#233; jusque-l&#224; engag&#233; dans des actions politiques, hormis la d&#233;fense de l'&#233;cole du village. Ils sont les premiers surpris de leur combativit&#233; et du plaisir qu'ils prennent &#224; lutter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tous conspuent&lt;/strong&gt; les magouilles des &#171; z&#233;lus &#187;. Tous moquent l'attitude du maire PS de Saint-Paul, Roger Pizot, &#171; &lt;i&gt;qu'on ne voit jamais, qui ne dit jamais rien, qui pr&#233;f&#232;re tondre sa pelouse&lt;/i&gt; &#187;. Ce que les reporters de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; peuvent confirmer apr&#232;s plusieurs appels infructueux. &#171; &lt;i&gt;Il est en r&#233;union&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;il n'est pas en mairie&lt;/i&gt; &#187;, nous a poliment r&#233;pondu la secr&#233;taire. Roger Pizot pensait s&#251;rement avoir bien ficel&#233; son dossier en justifiant la d&#233;molition du b&#226;timent abritant l'actuel bureau postal par la construction de logements sociaux. Mais la ficelle &#233;tait un peu grosse : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi faire ce projet pr&#233;cis&#233;ment &#224; cet endroit sinon pour arranger la direction de la Poste qui a un beau pr&#233;texte pour fermer le bureau ?&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;tonne Jean-Luc. Sans compter la m&#233;fiance de certains habitants par rapport &#224; des logements qui pourraient cr&#233;er un afflux de populations originaires de Marseille. Une m&#233;fiance qui perce aussi dans les propos de certains membres de l'association que Jean-Luc essaye de recadrer tant bien que mal. De l&#224; &#224; penser que le maire a sciemment choisi cette option pour jeter les ferments de la division au sein du mouvement de contestation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais le calendrier&lt;/strong&gt; de la lutte n'attend pas. Le 30&#8200;mai prochain, les irr&#233;ductibles villageois organiseront l'enterrement symbolique du service public postal et le petit bourg se couvrira des signes du deuil. A moins que, d'ici l&#224;, il ne parvienne &#224; tordre le bras &#224; la direction de la Poste qui avouerait la d&#233;faite en rase campagne de ses l&#233;gions manag&#233;riales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'agence&#8200;postale communale est le fruit empoisonn&#233;&#8200;d'une convention pass&#233;e entre le maire et la direction de La Poste qui ressemble &#224; une sorte de bail pr&#233;caire. Elle peut &#234;tre sign&#233;e pour un an renouvelable, ce qui permet &#224; la Poste de la d&#233;noncer en cas de baisse, m&#234;me l&#233;g&#232;re, du trafic de courriers. Cela revient aussi &#224; faire payer aux habitants deux fois leurs lettres : par les timbres qu'ils ach&#232;tent et par les imp&#244;ts locaux dont ils s'acquittent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Elle a d&#233;j&#224; recueilli plus de 2 000 signatures, dont 1 000 sur le seul site de Cadarache, qui compte plus de 4 000 employ&#233;s. Son bureau est &#233;galement cibl&#233; par les vell&#233;it&#233;s de restructuration de La Poste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Guerre froide et artichauts</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Guerre-froide-et-artichauts</link>
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		<dc:date>2013-07-12T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


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&lt;p&gt;Non, on ne conna&#238;t pas tellement de paysans qui vont au travail en tram. Pourtant, c'est bien ce que font tous les jours Armelle et son compagnon, Franck, pour aller cultiver en plein quartier des Caillols, &#224; Marseille, leur petit lopin de terre. Et ce depuis mars 2011. Mais jusqu'&#224; quand ? Par-del&#224; les 4 000 m&#232;tres carr&#233;s de mara&#238;chage, on devine la ville. Lotissement r&#233;sidentiel par-l&#224;, lyc&#233;e technique par-ci. Des tours d'immeubles un peu plus loin. Le sourire en coin, Armelle Debroize (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no111-Mai-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;111 (Mai 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Julien-Tewfiq-109" rel="tag"&gt;Julien Tewfiq&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Champ" rel="tag"&gt;Champ&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Crochemore" rel="tag"&gt;Crochemore&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Non, on ne conna&#238;t pas tellement de paysans qui vont au travail en tram. Pourtant, c'est bien ce que font tous les jours Armelle et son compagnon, Franck, pour aller cultiver en plein quartier des Caillols, &#224; Marseille, leur petit lopin de terre. Et ce depuis mars 2011. Mais jusqu'&#224; quand ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par-del&#224; les 4 000 m&#232;tres carr&#233;s de mara&#238;chage, on devine la ville. Lotissement r&#233;sidentiel par-l&#224;, lyc&#233;e technique par-ci. Des tours d'immeubles un peu plus loin. Le sourire en coin, Armelle Debroize demande : &#171; &lt;i&gt;Vous en connaissez beaucoup, vous, de paysans qui prennent le tramway pour aller sur leurs champs ?&lt;/i&gt; &#187; Puis elle enfonce un doigt dans la terre au pied d'un plan de tomate, pour voir si c'est assez humide et chaud. La dame, souriante, s'est reconvertie autour de la cinquantaine, laissant tomber le dessin en b&#226;timent. Formation agricole &#171; pour adulte &#187;, puis le travail sur le terrain pour d'autres agriculteurs. &#171; &lt;i&gt;J'ai toujours aim&#233; faire du potager. Alors, je me suis dit que je n'avais qu'&#224; en faire mon m&#233;tier. &#187;&lt;/i&gt; En fait, la terre, Armelle l'a dans le sang : ses parents &#233;taient agriculteurs en Bretagne. &#171; &lt;i&gt;Vers vingt ans, je voulais reprendre la terre. Mais je ne pouvais pas&#8230; J'&#233;tais une fille et j'avais des fr&#232;res. Alors j'ai fait autre chose. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_680 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/p16-caillols-294d2.png?1780102821' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Julien Tewfik
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Franck s'occupe du goutte-&#224;-goutte aux quatre coins du champ pendant qu'Armelle ramasse &#224; la main quelques gousses de f&#232;ves bien dodues&#8230;, mais peu nombreuses. &#171; &lt;i&gt;Avec le temps qu'on a en ce moment..., c'est dur !&lt;/i&gt; &#187; En effet, le printemps n'arrive pas. Il pleut trop et ne fait pas assez chaud. La production prend du retard. Pire ! Les nuisibles, pucerons en t&#234;te, pullulent. &#171; &lt;i&gt;&#201;videmment , on est enti&#232;rement bio. Regardez, heureusement qu'il y a les coccinelles ! Allez, les petites !&lt;/i&gt; &#187; Armelle insiste : &#171; &lt;i&gt;On est bio et certifi&#233;. &#199;a a un co&#251;t et c'est compliqu&#233;. Mais &#231;a me paraissait important que les gens soient s&#251;rs. Nous, on ne vend que du bio et que notre propre production.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux fois par semaine&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; la Ferme du Collet des Comtes, les mardis et vendredis de 16 h 30 &#224; 18 h (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Armelle et Franck vendent en direct, devant leur champ, ce qu'ils ont ramass&#233; le jour m&#234;me &#224; une client&#232;le d'habitu&#233;s. Une petite dame &#224; l'accent &#224; couper au couteau vient &#224; chaque fois et se &#171; &lt;i&gt;r&#233;gale&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Nous, on veut de la petite production. De la bonne ! &lt;/i&gt; &#187; Elle se souvient du temps o&#249;, aux Caillols, il y avait des vaches et des yaourts fermiers. &#171; &lt;i&gt;Et on achetait des caillolais, des vrais ! C'&#233;tait la sp&#233;cialit&#233; du coin ! Mais &#231;a n'existe plus. Maintenant, c'est la ville. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les fid&#232;les, les temps sont durs. En plus de la m&#233;t&#233;o quasi hivernale, des pucerons, des liserons, de la pression du banquier &#8211; Armelle n'a jamais gagn&#233; plus de 800 euros par mois avec son champ &#8211;, il y a un risque d'expulsion au-dessus de sa t&#234;te. En 2011, notre paysanne urbaine s'&#233;tait associ&#233;e avec Mme Crochemore, afin de r&#233;pondre &#224; un appel d'offres de la ville pour une d&#233;l&#233;gation de service public. Il s'agissait de s'occuper d'une ferme p&#233;dagogique pendant au minimum sept ans. La mairie exigeait deux personnes : la d&#233;l&#233;gataire pour faire l'accueil des bambins, la visite de la ferme et ses animaux. Ce serait Mme Crochemore. L'autre, Armelle, devait g&#233;rer une exploitation agricole, biologique et viable. Une subvention de 30 000 euros &#224; la clef et surtout un hectare pour Armelle &#224; mettre en maraichage : son r&#234;ve. Mais tr&#232;s vite, c'est la d&#233;ception : l'hectare a fondu jusqu'&#224; 4 000 m2&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pas assez grand pour qu'elle soit reconnue comme agricultrice &#224; part enti&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Et, neuf mois apr&#232;s leur installation, une fois le champ bien en place, Mme Crochemore demande &#224; sa partenaire de quitter le terrain. Pour quelle raison ? Cela reste obscur. M&#233;sentente ? Jalousie ? Incompr&#233;hension ? Il n'emp&#234;che qu'Armelle est menac&#233;e de perdre son champ, son boulot, sa joie de vivre&#8230; Et sans recours, car la mairie n'a sign&#233; qu'avec la d&#233;l&#233;gataire. Une faille juridique qui g&#226;che la vie de ces maraichers citadins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Armelle refuse de partir : &#171; &lt;i&gt;On n'a pas fait tout &#231;a pour laisser tomber sans aucune raison valable&lt;/i&gt; &#187;, s'ent&#234;te-t-elle. Norbert, client venu &#171; &lt;i&gt;d'en face, en voisin&lt;/i&gt; &#187;, ajoute qu'&#171; &lt;i&gt;ils ont tout notre soutien. On va se battre !&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une p&#233;tition, lanc&#233;e par Solidarit&#233; paysan Provence et la Conf&#233;d&#233;ration (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le sourire, Franck donne &#224; go&#251;ter une poign&#233;e de petits pois tout frais sortis de leur gousse. Cru ? &#171; &lt;i&gt;Bien s&#251;r, crus ! Ils sont d&#233;licieux. Ces pois, ce sont des nains de Provence. Une essence locale. Comme les artichauts, des violets de Provence. Un d&#233;lice. Faut tout manger, m&#234;me la queue. Vous m'en direz des nouvelles.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme &#224; CQFD on v&#233;rifie toujours nos informations, on a mang&#233; la queue des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; la Ferme du Collet des Comtes, les mardis et vendredis de 16 h 30 &#224; 18 h 30 jusqu'&#224; mi-d&#233;cembre, au 137, bd des Lib&#233;rateurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pas assez grand pour qu'elle soit reconnue comme agricultrice &#224; part enti&#232;re et puisse, donc, cotiser pour la retraite, toucher quelques aides ou se faire rembourser la certification.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.petitions24.net/pour_la_defense_darmelle_sur_la_ferme_pedagogique_du_collet.&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une p&#233;tition&lt;/a&gt;, lanc&#233;e par Solidarit&#233; paysan Provence et la Conf&#233;d&#233;ration paysanne circule.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comme &#224; CQFD on v&#233;rifie toujours nos informations, on a mang&#233; la queue des artichauts. Et c'&#233;tait bon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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