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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Winter is coming &#187;</title>
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		<dc:date>2015-01-13T02:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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&lt;p&gt;Comme si &#231;a ne suffisait pas, il y a toujours des pressions qui s'ajoutent &#224; notre ali&#233;nation quotidienne au travail. Aujourd'hui, la mention &#171; anglais, lu, &#233;crit, parl&#233; &#187; sur la fiche de poste des ouvriers et employ&#233;s de l'usine est presque devenue une r&#233;alit&#233; incontournable. Pas avec nos coll&#232;gues directs, non. Et si on veut dire merde &#224; son chef, on peut toujours. &#199;a se situe &#224; d'autres niveaux : lors des communications par l'intranet ou par t&#233;l&#233;phone, pour les commerciaux et pour les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Borealis" rel="tag"&gt;Borealis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme si &#231;a ne suffisait pas, il y a toujours des pressions qui s'ajoutent &#224; notre ali&#233;nation quotidienne au travail. Aujourd'hui, la mention &#171; anglais, lu, &#233;crit, parl&#233; &#187; sur la fiche de poste des ouvriers et employ&#233;s de l'usine est presque devenue une r&#233;alit&#233; incontournable. Pas avec nos coll&#232;gues directs, non. Et si on veut dire merde &#224; son chef, on peut toujours. &#199;a se situe &#224; d'autres niveaux : lors des communications par l'intranet ou par t&#233;l&#233;phone, pour les commerciaux et pour les cadres, mais aussi directement sur nos &#233;crans de contr&#244;le o&#249; les alarmes et les informations s'affichent, depuis trois mois maintenant, dans la langue de Johnny Rotten.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1314 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH306/p07-cqfd56-c520b.jpg?1768650026' width='400' height='306' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait quelque chose qu'on sentait d&#233;j&#224; venir sous la direction de Total, mais, maintenant que nous sommes g&#233;r&#233;s par l'autrichienne Borealis (&#224; capitaux d'Abu Dhabi), c'est devenu imp&#233;ratif. Le syst&#232;me de gestion de cette entreprise est tr&#232;s centralis&#233; et, en m&#234;me temps tr&#232;s divis&#233; en sous-secteurs avec des directeurs un peu partout. &#199;a s'appelle &#171; organisation matricielle &#187; (si vous voulez en savoir plus, allez voir Wikip&#233;dia). Comme Borealis est surtout bas&#233; en Autriche, Finlande, Hongrie et &#233;mirats (le tout g&#233;r&#233; de Belgique), cela implique une langue commune. En l'occurrence, un anglais dans son avatar mondialis&#233;, c'est-&#224;-dire tr&#232;s technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a a donc commenc&#233; chez les cadres dirigeants, puis les autres cadres et ing&#233;nieurs, puis les techniciens et les services ext&#233;rieurs, secr&#233;tariat et commerciaux. A pr&#233;sent, cela gagne la maintenance et la fabrication. La formation professionnelle interne y consacre beaucoup de moyens (pas loin de 20 % du budget) et selon le niveau hi&#233;rarchique, les cours se font en immersion (en Grande-Bretagne), en cours t&#233;l&#233;phonique, en cours particulier (&#171; &lt;i&gt;face to face&lt;/i&gt; &#187;) ou en cours collectif. Alors que des gens comme moi qui, il y a des lustres et dans le cadre de la formation perso, avaient demand&#233; des cours pour mieux manier l'idiome en question pour les vacances, s'&#233;taient vu syst&#233;matiquement rembarr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle contrainte cr&#233;e un stress &#233;norme, d'autant qu'il s'agit d'un anglais technique et non plus scolaire et que la peur de dire le contraire de ce qu'on a voulu dire est permanent. Sur nos logiciels en anglais, il arrive fr&#233;quemment qu'on ne soit pas s&#251;r d'avoir bien compris et on pr&#233;f&#232;re alors s'abstenir plut&#244;t que de mal faire. Dans une usine &#224; risque, c'est plut&#244;t moyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PDG vient visiter l'usine assez souvent. Il visite les ateliers et les bureaux et parle &#171; british &#187;. Il faut l'&#233;couter et faire semblant de s'int&#233;resser &#224; ce qu'il dit. L'ing&#233;nieur pr&#233;sent s'essaie &#224; traduire plus ou moins bien. Et c'est devenu tout le temps comme &#231;a. Au sup&#233;rieur hi&#233;rarchique qui nous interpelle, il faut imm&#233;diatement r&#233;pondre en anglais. Au mail envoy&#233; par un coll&#232;gue, il faut r&#233;pondre en anglais. Cette pression constante finit par s'apparenter &#224; un lavage de cerveau qui d&#233;grade encore un peu plus les conditions de travail dans toutes les strates de l'usine. Notre environnement est ponctu&#233; de mot d'ordre en anglais (&#171; &lt;i&gt;keep discovering&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;innovation day&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;business projects&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;call conf&lt;/i&gt; &#187;&#8230;) et il n'est plus question que d'acronymes anglais dont on ne comprend plus le sens. Le pire c'est peut-&#234;tre lorsqu'on re&#231;oit une fiche technique en anglais pour un produit ou une machine. Elle doit nous &#234;tre remise traduite (c'est la loi), mais il manque souvent des phrases enti&#232;res ou m&#234;me des pages. Pas facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; o&#249; l'on en est. Tout cela est li&#233; aussi &#224; la &#171; nouvelle politique &#187;, la &#171; nouvelle &#233;thique &#187; que nos nouveaux patrons veulent imposer. Chaque entreprise veut d&#233;velopper un &#233;tat d'esprit propre. Avec Total, cet &#171; esprit &#187; s'appuyait sur des pratiques dures et quasi-barbouzardes. L&#224;, on veut nous l'inculquer de mani&#232;re &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; plus humaine, avec le sourire, mais c'est en fait beaucoup plus insidieux. Le rouleau compresseur id&#233;ologique de la bo&#238;te avance lentement mais s&#251;rement. Jusqu'&#224; ce que les prolos retrouvent ou recr&#233;ent leur propre jargon pour mieux tourner en d&#233;rision cette nouvelle forme de &#171; &lt;i&gt;friendly&lt;/i&gt; &#187; domination.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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