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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Les cond&#233;s de la Commune</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#171; Pendant la nuit du 18 au 19 mars, l'&#201;tat, l'arm&#233;e, la police, tout ce qui p&#232;se sur les vies humaines du dehors et d'en haut, tout s'est dissous, &#233;vanoui, &#233;vapor&#233;. Ce matin-l&#224;, tout est possible &#187;, note Henri Lefebvre dans son livre La Proclamation de la Commune (1965, r&#233;&#233;d. La Fabrique, 2018). Mais comment, apr&#232;s avoir rompu avec l'ordre ancien, &#233;tablir un ordre r&#233;volutionnaire ? &#171; La guerre et la police sont les deux bras de la Commune ; il faut de l'&#233;nergie &#187;, d&#233;clarait le blanquiste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pendant la nuit du 18 au 19 mars, l'&#201;tat, l'arm&#233;e, la police, tout ce qui p&#232;se sur les vies humaines du dehors et d'en haut, tout s'est dissous, &#233;vanoui, &#233;vapor&#233;. Ce matin-l&#224;, tout est possible&lt;/i&gt; &#187;, note Henri Lefebvre dans son livre &lt;i&gt;La Proclamation de la Commune&lt;/i&gt; (1965, r&#233;&#233;d. La Fabrique, 2018). Mais comment, apr&#232;s avoir rompu avec l'ordre ancien, &#233;tablir un ordre r&#233;volutionnaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La guerre et la police sont les deux bras de la Commune ; il faut de l'&#233;nergie&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clarait le blanquiste &#201;douard Vaillant le 19 avril au Conseil de la Commune.
Comment la Commune a-t-elle g&#233;r&#233; son &#171; volet s&#233;curitaire &#187; ? Explications avec les historiens Quentin Deluermoz&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quentin Deluermoz est l'auteur au Seuil du Cr&#233;puscule des r&#233;volutions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et Maxime Jourdan&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maxime Jourdan a &#233;tabli l'&#233;dition de Phil&#233;mon, Vieux de la Vieille (Roman de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3589 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L407xH720/-1732-96afc.jpg?1768651268' width='407' height='720' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; la veille de la Commune, le sentiment d'hostilit&#233; des classes populaires vis-&#224;-vis de la police est manifeste &#8211; et ne se d&#233;mentira pas par la suite. &#171; &lt;i&gt;Le sergot est un trouble-f&#234;te&lt;/i&gt; &#187;, rapporte dans ses notes&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233;es pour la premi&#232;re fois en 2010 aux &#233;ditions Horay, sous le titre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; le commissaire Adolphe Gronfier, en fonction &#224; la pr&#233;fecture de police de Paris de 1866 &#224; 1893 (sauf durant la Commune). Il y dresse, non sans ironie, le constat sans appel du foss&#233; entre les agents de la paix et le peuple parisien, peu sensible &#224; la n&#233;cessit&#233; d'une force publique : &#171; &lt;i&gt;Cette haine du sergent de ville est particuli&#232;re &#224; la populace de Paris&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ; celle-ci la pousse m&#234;me jusqu'&#224; un tel degr&#233; d'exag&#233;ration qu'elle ne perd pour ainsi dire pas une occasion de prendre parti pour le filou arr&#234;t&#233;, contre les agents qui l'arr&#234;tent. Cette mani&#232;re de voir et d'agir fait partie du cat&#233;chisme nouveau, et, dans peu d'ann&#233;es, nul ne sera certainement parfait citoyen, s'il ne r&#233;clame l'abolition de la police.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quentin Deluermoz, dont la th&#232;se de doctorat est consacr&#233;e aux &lt;i&gt;&#171; policiers en tenue dans l'espace parisien entre 1854 et 1913 &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;dit&#233;e sous le titre Policiers dans la ville. La Construction d'un ordre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;, explique que &lt;i&gt;&#171; le Second Empire avait mis en place une r&#233;forme de la police municipale, fond&#233;e sur l'exemple londonien (le fameux &#8220;Bobby&#8221;), qui visait &#224; faire davantage appr&#233;cier la police &#224; la population&lt;/i&gt; &#187;. Il ajoute que, si &lt;i&gt;&#171; les situations dans les quartiers sont tr&#232;s diverses, les tensions &#233;taient &#233;videmment plus dures dans les quartiers ouvriers. Mais la pr&#233;sence polici&#232;re finit par s'implanter peu &#224; peu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, pr&#233;cise-t-il, &#171; &lt;i&gt;l'image &#8220;noire&#8221; de la police parisienne (brutale, proche des malfaiteurs), n&#233;e de la figure de Vidocq, n'a jamais vraiment disparu. La r&#233;pression polici&#232;re lors des grandes manifestations de la fin des ann&#233;es 1860 a rallum&#233; la logique de confrontation. Et avec la Commune tout se pr&#233;cipite : les sergents de ville &#8211; renomm&#233;s &#8220;gardiens de la paix&#8221; depuis l'av&#232;nement de la R&#233;publique en septembre 1870 &#8211; deviennent les symboles du &#8220;monde d'avant&#8221;, du r&#233;gime imp&#233;rial despotique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La police politique imp&#233;riale concentre en effet toute la d&#233;testation de l'extr&#234;me gauche de l'&#233;poque qui d&#233;nonce ses mouchards, sa brigade des m&#339;urs, ses fameuses &#171; blouses blanches &#187; (provocateurs d&#233;guis&#233;s en ouvriers et infiltr&#233;s dans les manifestations &#8211; leur importance r&#233;elle est sujette &#224; caution), sa censure, les complots de son cabinet noir, etc. L'historien Maxime Jourdan souligne quant &#224; lui le &#171; &lt;i&gt;pouvoir consid&#233;rable&lt;/i&gt; &#187; dont elle dispose alors : &#171; &lt;i&gt;Sous la f&#233;rule du pr&#233;fet Joseph Pietri et &#224; l'instigation du &#8220;commissaire sp&#233;cial&#8221; Michel Lagrange, redoutable chef de la police politique, une pluie de condamnations s'abat sur les r&#233;publicains socialistes, au premier rang desquels se trouvent les pugnaces blanquistes. Aussi ces derniers adoptent-ils une attitude ambivalente &#224; l'endroit de l'institution polici&#232;re : s'ils font chorus avec les r&#233;publicains r&#233;clamant son abolition, ils identifient &#8211; &#224; raison &#8211; la pr&#233;fecture de police comme le centre n&#233;vralgique du pouvoir dont ils subissent les foudres.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourchass&#233;s sous l'Empire, les blanquistes ne cachent pas leur volont&#233; de revanche, &#224; l'instar de Th&#233;ophile Ferr&#233; qui, jug&#233; &#224; Blois durant l'&#233;t&#233; 1870, invective la cour en des termes peu &#233;quivoques : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes aujourd'hui la force, usez-en ! Mais quand je l'aurai, gare &#224; vous !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aussi, il n'est pas &#233;tonnant que lorsque l'insurrection &#233;clate le 18 mars, la plupart des agents de police quittent Paris par crainte de repr&#233;sailles. Dans ce moment de vacance du pouvoir et de d&#233;sorganisation, les revendications communalistes s'expriment le 23 mars dans la bouche de l'internationaliste Eug&#232;ne Varlin au sein du Comit&#233; central r&#233;publicain des vingt arrondissements : &#171; &lt;i&gt;Nous voulons un conseil municipal &#233;lu. Nous voulons des franchises municipales s&#233;rieuses pour Paris, la suppression de la pr&#233;fecture de police, le droit pour la Garde nationale&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis la R&#233;volution fran&#231;aise, les bataillons de gardes nationaux sont une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;i&gt;de nommer tous les officiers y compris le commandant en chef, la remise enti&#232;re des loyers &#233;chus au-dessous de 500 francs, une loi &#233;quitable sur les &#233;ch&#233;ances&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ; enfin nous demandons que l'arm&#233;e se retire &#224; vingt lieues de Paris.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre t&#233;moignage direct de la mentalit&#233; ouvri&#232;re, dans une lettre adress&#233;e &#224; sa s&#339;ur en province, D&#233;sir&#233; Lapie, menuisier insurg&#233; du 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, explique : &#171; &lt;i&gt;Nous ne voulons ni le pillage ni le vol, ni grandeurs. Voil&#224; ce que nous voulons, rien de plus : R&#233;publique une et indivisible ; s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ; instruction gratuite et obligatoire pour les instituteurs la&#239;ques ; suppression enti&#232;re des arm&#233;es permanentes, que tout citoyen soit soldat, mais dans son pays, c'est-&#224;-dire garde national. Suppression des sergents de ville et tout argoussin&lt;/i&gt; [sic] &lt;i&gt;ainsi que des gendarmes.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Voil&#224; notre programme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une page de l'histoire du blanquisme&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais dans un contexte r&#233;volutionnaire, la police est d'&#233;vidence un enjeu politique majeur. Le 20 mars, un des chefs du courant blanquiste, Raoul Rigault, devient d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la S&#251;ret&#233; &#224; 25 ans seulement et prend le pouvoir de ce qui est d&#233;sormais appel&#233; &#171; l'ex-pr&#233;fecture &#187;. Dans ses m&#233;moires, intitul&#233;es &lt;i&gt;La Commune v&#233;cue,&lt;/i&gt; son secr&#233;taire Gaston Da Costa affirme que la &#171; &lt;i&gt;faute irr&#233;parable&lt;/i&gt; &#187; de Rigault a &#233;t&#233; de couler l'organisation polici&#232;re de la Commune dans le &#171; &lt;i&gt;moule malpropre&lt;/i&gt; &#187; de celle de l'Empire &#8211;, un moule qui, n&#233;anmoins, &#171; &lt;i&gt;avait l'avantage d'&#234;tre tout fait&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#201;crire l'histoire de la police sous la Commune revient peu ou prou &#224; &#233;crire une page de l'histoire du blanquisme &#187;, &lt;/i&gt;pr&#233;cise Maxime Jourdan. Les blanquistes semblaient avoir quelque app&#233;tence pour ces fonctions. Pour l'historien, ils &#171; &lt;i&gt;sont &#233;pris d'ordre, imbus d'autorit&#233; et de centralisme ; ils ne ren&#226;clent pas devant la coercition et sont m&#234;me adeptes de la Terreur, de la dictature d'une minorit&#233; d'avant-garde. Tous ces traits ne les pr&#233;disposent pas &#224; la suppression de la pr&#233;fecture de police ni &#224; sa &#8220;d&#233;mocratisation&#8221;. D'autant que Raoul Rigault, dont Blanqui dit qu'il &#8220;est n&#233; pr&#233;fet de police&#8221;, s'est fait une sp&#233;cialit&#233; du contre-espionnage politique ; il conna&#238;t la rue de J&#233;rusalem (si&#232;ge de la pr&#233;fecture sur l'&#238;le de la Cit&#233;) comme sa poche. Il attend son heure&#8230; Au lendemain de l'insurrection communaliste, c'est tout naturellement qu'il s'installe &#224; la pr&#233;fecture de police. Ses camarades r&#233;tablissent les 80 commissariats de Paris qu'ils s'efforcent de confier &#224; des amis de leur sensibilit&#233; politique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, le volet s&#233;curitaire sous la Commune englobe plusieurs r&#233;alit&#233;s. Selon Maxime Jourdan, il va s'op&#233;rer &lt;i&gt;&#171; une dichotomie qui se voulait stricte &#8211; et qui fut moins nette et plus poreuse qu'envisag&#233; &#8211; entre maintien de l'ordre public (droit commun) et r&#233;pression des opposants au nouveau r&#233;gime (police politique)&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on voir s'esquisser dans la confusion l'&#233;mergence d'une &#171; police citoyenne &#187; ? Quentin Deluermoz dresse un tableau qui varie selon les quartiers : &#171; [Les postes de commissaires vacants] &lt;i&gt;sont occup&#233;s par des militants &#224; l'instigation de &#8220;l'ex-pr&#233;fecture de police&#8221; ou des municipalit&#233;s qui peuvent se trouver alors en conflit. D'autres le sont par des habitants ou des figures de confiance du quartier. Aussi y a-t-il beaucoup &#8220;d'ordres&#8221; en vigueur dans le Paris insurg&#233;. Dans le 17 &lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, le commissaire du quartier des &#201;pinettes applique le &#8220;bon droit&#8221; des ouvriers fond&#233; sur la n&#233;gociation et la conciliation. Celui du quartier de l'Od&#233;on&lt;/i&gt; [6&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;] &lt;i&gt;en revanche peine &#224; faire respecter les r&#232;glements par les populations de la rue&#8230; Enfin il ne faut pas oublier que les gardes nationales sont un autre acteur de l'ordre essentiel, ni que, dans cette p&#233;riode qui affirme rendre le pouvoir aux citoyens, les interventions de ces derniers sont plus nombreuses et fr&#233;quentes. Le rapport &#224; l'ordre et &#224; la loi est ainsi compl&#232;tement chamboul&#233; pendant la Commune.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Maxime Jourdan d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;Tel commissaire va se montrer humain, voire magnanime, dans l'application des ordres ; tel autre va abuser de son autorit&#233;, multipliant les perquisitions, les brimades, les arrestations, se comportant en v&#233;ritable terreur de quartier. La t&#226;che des commissaires est d'autant plus malais&#233;e que, g&#233;n&#233;ralement, la population regimbe &#224; collaborer avec la police, f&#251;t-elle r&#233;volutionnaire. Le peuple de Paris a conserv&#233; une m&#233;fiance instinctive envers les forces de l'ordre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En outre, les communards n'ont pas &#233;t&#233; laxistes avec les d&#233;linquants et se sont voulus vertueux sur le plan des m&#339;urs. Maxime Jourdan nous explique qu'ils &#171; &lt;i&gt;vont faire preuve d'un rigorisme, d'un moralisme et d'une pudibonderie r&#233;volutionnaires&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Ainsi s'expliquent le respect affich&#233;, proclam&#233;, assum&#233; de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#8211; on leur reprochera bien suffisamment, par la suite, de n'avoir pas fait main basse sur la &#8220;forteresse capitaliste&#8221; qu'&#233;tait la Banque de France &#8211;, et les d&#233;crets r&#233;primant les jeux de hasard, la mendicit&#233;, la prostitution, le vagabondage, etc.&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Il faut rappeler qu'&#224; la fin de l'Empire, &#171; &lt;i&gt;les r&#233;volutionnaires toutes tendances confondues n'ont cess&#233; de vitup&#233;rer &#8220;la f&#234;te imp&#233;riale&#8221; &lt;/i&gt;[et] &lt;i&gt;la d&#233;cadence morale du r&#233;gime qui a transform&#233; Paris en un &#8220;vaste lupanar international&#8221;&lt;/i&gt; &#187;&#8230; Non sans une certaine hypocrisie d'ailleurs, car certains jeunes blanquistes, Rigault en t&#234;te, ont eux-m&#234;mes une r&#233;putation de noceurs et de &#171; coureurs de grisettes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une certaine mesure, il n'y a pas de discontinuit&#233; majeure en ce qui concerne les missions de s&#233;curit&#233; publique. Dans ses m&#233;moires&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;moires in&#233;dits du chef de la S&#251;ret&#233; sous la Commune, Paris, F&#233;lix Juven, 1900.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, Philippe Cattelain, chef de la S&#251;ret&#233; sous la Commune qui se voit charg&#233; des affaires de droit commun, rappelle que Th&#233;ophile Ferr&#233; estimait que &#171; &lt;i&gt;les lois r&#233;volutionnaires ne seront jamais trop dures pour les voleurs de profession&lt;/i&gt; &#187;. D'ailleurs, &lt;i&gt;&#171; les observateurs louent la s&#251;ret&#233; des rues de Paris, &lt;/i&gt;rappelle Maxime Jourdan&lt;i&gt;. &#201;lie Reclus, t&#233;moin critique envers la Commune&lt;/i&gt; [qui l'a nomm&#233; directeur de la Biblioth&#232;que nationale]&lt;i&gt;, note &#224; la date du dimanche 14 mai que &#8220;jamais ville ne fut plus rang&#233;e, plus paisible &#224; l'int&#233;rieur&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Commune de Paris au jour le jour, 1908.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une police politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cattelain, fonctionnaire atypique peu politis&#233; au c&#339;ur de la machine r&#233;pressive, souligne les contradictions du nouvel ordre r&#233;volutionnaire avec un peu d'amertume : &#171; &lt;i&gt;Il faut constater une chose, c'est que les gens au pouvoir, tout en critiquant ce qui a pu exister avant eux, finissent par trouver utile ce qu'ils ont mis tant d'acharnement &#224; d&#233;molir, et se contentent de mettre un nom d'ami &#224; la place d'un nom d'adversaire, pour continuer d'administrer avec les m&#234;mes habitudes, et souvent les m&#234;mes abus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233; d'une &#171; autre police &#187;, communale et d&#233;mocratique, se heurte &#224; la bri&#232;vet&#233; de l'&#233;v&#233;nement et au contexte de guerre civile, contamin&#233; par l'espionnite et la &#171; fi&#232;vre obsidionale &#187;. Toutefois des protestations ne manquent pas de s'&#233;lever au sein de la Commune face aux tendances dictatoriales de Rigault &#8211; quand on lui reprochait ses m&#233;thodes ill&#233;gales, il s'exclamait : &#171; &lt;i&gt;Nous ne faisons pas de la l&#233;galit&#233;, nous faisons la r&#233;volution.&lt;/i&gt; &#187; Par exemple, il pr&#233;pare, d&#232;s le lendemain de l'adoption du Comit&#233; de salut public&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 1er mai, pour faire face &#224; l'avanc&#233;e des troupes versaillaises, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;, les mandats d'arr&#234;t destin&#233;s aux minoritaires qui avaient vot&#233; contre. Mais, dans les rangs des n&#233;o-jacobins et des blanquistes m&#234;me, on s'insurge contre cette &#171; folie &#187;. Pour contrebalancer certains effets de l'arbitraire en vigueur, le d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la Justice Protot (un blanquiste) et des &#233;lus du Conseil communal (Arnould et Vermorel) tentent d'obtenir l'interdiction des perquisitions sans mandat, le droit de visite aux d&#233;tenus par les membres de la Commune et la lev&#233;e du secret auquel &#233;taient soumis les prisonniers jug&#233;s dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, Rigault, moins aust&#232;re que sa l&#233;gende noire le laisse entendre, est d&#233;crit par Cattelain comme &#171; &lt;i&gt;un r&#233;volutionnaire ardent, quelques fois brutal, mais toujours accessible aux sentiments d'humanit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, qui mettait un point d'honneur &#224; offrir un bon traitement &#224; ses ennemis incarc&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maxime Jourdan avance quelques circonstances att&#233;nuantes : &#171; &lt;i&gt;S'ils &#233;taient nombreux &#224; r&#233;criminer contre Rigault, force est de constater que sa t&#226;che &#233;tait si rude, si complexe, si ingrate, qu'il y avait peu de candidats &#224; sa succession &#8211; et c'est un doux euph&#233;misme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'historien, &#171; &lt;i&gt;le probl&#232;me ne r&#233;side pas tant dans le nombre d'arrestations (entre 1 000 et 4 000, selon les sources), qui peuvent se justifier dans un &#233;tat de guerre, que dans leur nature, dans la qualit&#233; des personnes incarc&#233;r&#233;es. En la mati&#232;re, le manque de discernement fut patent : on frappait &#8220;&#224; tort et &#224; travers&#8221;, reconna&#238;t Da Costa. Cependant que les eccl&#233;siastiques et les policiers du r&#233;gime d&#233;chu polarisaient l'attention de Rigault et de Ferr&#233; et subissaient leur vindicte, des espions et des tra&#238;tres av&#233;r&#233;s s&#233;vissaient, sans qu'on les inqui&#233;t&#226;t, dans les minist&#232;res, les &#233;tats-majors et les bataillons de la Garde nationale.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on alors parler d'une tentative de mise en place d'une police politique ? Maxime Jourdan r&#233;pond par l'affirmative tout en mettant en garde vis-&#224;-vis des comparaisons anachroniques avec les r&#233;gimes totalitaires et policiers du xx&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle : &#171; &lt;i&gt;En raison de la polycratie &#224; l'&#339;uvre sous la Commune, des nombreuses autorit&#233;s rivales ou concurrentes, du caract&#232;re &#8220;anarchique&#8221; du mouvement communaliste, il me semble excessif de parler de &#8220;pouvoir policier&#8221;. Cette police politique, redoutable en th&#233;orie, il ne faut en exag&#233;rer ni la capacit&#233; ni l'importance.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des lendemains qui saignent&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 26 mai, en pleine Semaine sanglante, on pouvait lire dans le journal r&#233;publicain mod&#233;r&#233; &lt;i&gt;Le Si&#232;cle&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;La terreur blanche succ&#232;de d&#233;j&#224; dans Paris &#224; la terreur rouge ; il n'y a l&#224; rien de surprenant.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;La police des rues pacifi&#233;es est remise depuis hier aux agents de ville, lesquels sont charg&#233;s d'arr&#234;ter les gens suspects, pourvu qu'ils n'abusent pas de ce droit, comme au temps de l'Empire !&lt;/i&gt; &#187; Vaine pr&#233;caution de journaliste : les pav&#233;s sont tout sanglants.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3590 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;84&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L499xH720/-1733-a4002.jpg?1768654765' width='499' height='720' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#034;&#201;change de plaisanteries devant le cadavre d'un communard&#034;, tableau anonyme, 1871
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t le sort de Rigault abattu sans jugement par les Versaillais le 24 mai aux abords du jardin du Luxembourg et celui de Th&#233;ophile Ferr&#233;, bravache devant la sentence du 3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; conseil de guerre et fusill&#233; le 28 novembre. Cons&#233;quence des fusillades, des d&#233;nonciations massives (400 000 lettres de d&#233;lation), des emprisonnements, de l'exil et la proscription : &#224; l'automne 1871, l'industrie parisienne enregistre une perte de 100 000 ouvriers par rapport &#224; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Maxime Jourdan souligne que Versailles, qui traitait les communards comme &#171; &lt;i&gt;un ramassis de voleurs et d'assassins&lt;/i&gt; &#187;, avait la volont&#233; &#171; &lt;i&gt;de d&#233;nier tout caract&#232;re politique aux actes de la Commune, en les criminalisant &#187;&lt;/i&gt;. Cela vaudra &#233;galement pour les fonctionnaires qui auront servi la Commune, m&#234;me en effectuant des t&#226;ches administratives subalternes : ils seront jug&#233;s pour usurpation de fonctions publiques. &lt;i&gt;&#171; Quant &#224; ceux qui auront montr&#233; dans l'exercice de leurs fonctions une adh&#233;sion politique au r&#233;gime nouveau, ils seront jug&#233;s par un conseil de guerre et encourront la d&#233;portation ou les travaux forc&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels changements s'op&#232;rent dans l'organisation de la police au lendemain de la Commune ? La cons&#233;quence imm&#233;diate est la dissolution de la Garde nationale afin d'&#233;viter un prochain &#233;pisode de peuple en armes. &lt;i&gt;&#171; Surtout, &lt;/i&gt;observe Quentin Deluermoz, &lt;i&gt;Thiers fait passer l'effectif de la police municipale de 5 700 &#224; 6 800 agents. Cette augmentation correspond &#224; une tentative de militarisation des forces de police. Cette orientation est cependant vite abandonn&#233;e. La presse r&#233;publicaine et lib&#233;rale a vivement r&#233;agi au nom de l'id&#233;e, croissante depuis les ann&#233;es 1860, d'une police proche du public. Surtout, le Conseil municipal de Paris, situ&#233; &#224; gauche de l'&#233;chiquier politique, a men&#233; au m&#234;me moment une tentative de municipalisation. L'opposition avec la pr&#233;fecture de police dure quatre ans, de 1874 &#224; 1878. La remise en cause de l'&#233;tatisation de la police municipale parisienne ne va pas plus loin : les pr&#233;fets de police et les gouvernements refusent de se priver du contr&#244;le d'une telle force de police dans la capitale.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pr&#233;fecture de police devenue le laboratoire du maintien de l'ordre en France et dont on conna&#238;t le r&#244;le lors de la rafle du V&#233;l'd'Hiv' et du 17 octobre 1961 &#8211; son pouvoir semble aujourd'hui intouchable.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Quentin Deluermoz est l'auteur au Seuil du &lt;i&gt;Cr&#233;puscule des r&#233;volutions (1848-1871),&lt;/i&gt; 2012 et de &lt;i&gt;Commune(s) 1870-1871. Une travers&#233;e des mondes au XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle,&lt;/i&gt; 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Maxime Jourdan a &#233;tabli l'&#233;dition de &lt;i&gt;Phil&#233;mon, Vieux de la Vieille (Roman de la Commune, de l'exil et du retour)&lt;/i&gt; de Lucien Descaves, La D&#233;couverte, 2019. Il est l'auteur des articles &#171; La police sous la Commune &#187; et &#171; Les blanquistes sous la Commune &#187; dans le dictionnaire coordonn&#233; par Michel Cordillot, &lt;i&gt;La Commune de Paris 1871 : Les Acteurs, l'&#233;v&#233;nement, les lieux,&lt;/i&gt; L'atelier, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Publi&#233;es pour la premi&#232;re fois en 2010 aux &#233;ditions Horay, sous le titre &lt;i&gt;Dictionnaire de la racaille. Manuscrit secret d'un commissaire de police parisien au XIX &lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;dit&#233;e sous le titre &lt;i&gt;Policiers dans la ville. La Construction d'un ordre public &#224; Paris (1854-1914),&lt;/i&gt; Publications de la Sorbonne, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Depuis la R&#233;volution fran&#231;aise, les bataillons de gardes nationaux sont une arm&#233;e de r&#233;serve de citoyens. La guerre contre la Prusse de 1870 a vu leurs rangs gonfler jusqu'&#224; 590 000 hommes. La F&#233;d&#233;ration de la Garde nationale parisienne a constitu&#233; le bras arm&#233; de la Commune.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;M&#233;moires in&#233;dits du chef de la S&#251;ret&#233; sous la Commune,&lt;/i&gt; Paris, F&#233;lix Juven, 1900.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Commune de Paris au jour le jour,&lt;/i&gt; 1908.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; mai, pour faire face &#224; l'avanc&#233;e des troupes versaillaises, le Conseil de Commune vote les pleins pouvoirs &#224; un ex&#233;cutif restreint sur le mod&#232;le du Comit&#233; de salut public de 1793. Une minorit&#233;, compos&#233;e de socialistes anti-autoritaires, d&#233;plore que la Commune ait &lt;i&gt;&#171; abdiqu&#233; son pouvoir entre les mains d'une dictature&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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