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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Nucl&#233;aire. Du d&#233;ni &#224; l'autogestion</title>
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		<dc:date>2016-05-23T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Emma Piqueray</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Grouazel</dc:subject>
		<dc:subject>nucl&#233;aire</dc:subject>
		<dc:subject>Tchernobyl</dc:subject>
		<dc:subject>Tchernobyl explose</dc:subject>
		<dc:subject>Yves Lenoir</dc:subject>
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		<dc:subject>centrale ukrainienne</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Lochard</dc:subject>
		<dc:subject>Fukushima</dc:subject>
		<dc:subject>l'accident</dc:subject>
		<dc:subject>Tchernobyl seraient</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'occasion du trenti&#232;me anniversaire de l'accident de Tchernobyl, l'association La qualit&#233; de vie a vu grand. De 9h &#224; minuit, plus de cinquante personnes &#8211; m&#233;decins, chercheurs, travailleurs et militants &#8211;, sont intervenus, le samedi 23 avril, &#224; la mairie du 2e arrondissement de Paris pour une conf&#233;rence-marathon intitul&#233;e &#171; Tchernobyl day and night &#187;. En voici quelques morceaux choisis pour &#233;clairer radieusement l'actualit&#233; de cet accident. Au c&#339;ur de la nuit du 26 avril 1986, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Tchernobyl-explose" rel="tag"&gt;Tchernobyl explose&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Tchernobyl-seraient" rel="tag"&gt;Tchernobyl seraient&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'occasion du trenti&#232;me anniversaire de l'accident de Tchernobyl, l'association La qualit&#233; de vie&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Implant&#233;e &#224; Ville-sur-Terre, commune situ&#233;e &#224; quelques kilom&#232;tres du centre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a vu grand. De 9h &#224; minuit, plus de cinquante personnes &#8211; m&#233;decins, chercheurs, travailleurs et militants &#8211;, sont intervenus, le samedi 23 avril, &#224; la mairie du 2e arrondissement de Paris pour une conf&#233;rence-marathon intitul&#233;e &#171; Tchernobyl day and night &#187;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ensemble des interventions ont &#233;t&#233; film&#233;es et sont disponibles sur le site (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. En voici quelques morceaux choisis pour &#233;clairer radieusement l'actualit&#233; de cet accident.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au c&#339;ur de la nuit du 26 avril 1986, le r&#233;acteur n&#176;4 de la centrale ukrainienne de Tchernobyl explose. Deux jours plus tard, alors que les autorit&#233;s sovi&#233;tiques restent muettes, les Su&#233;dois donnent l'alerte ; des balises viennent de rep&#233;rer une brusque hausse de la radioactivit&#233; dans leur atmosph&#232;re. En France, les d&#233;tecteurs de la centrale de Cruas ont aussi enregistr&#233; un pic de radioactivit&#233;, comme ceux de plusieurs installations du Commissariat &#224; l'&#233;nergie atomique (CEA). Mais face &#224; la nouvelle qui vient de fuiter, obligeant le Kremlin &#224; admettre un accident &#224; Tchernobyl, le directeur du Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI), Pierre Pellerin, se montre cat&#233;gorique au journal t&#233;l&#233;vis&#233; d'Antenne 2 : aucune retomb&#233;e sur le sol national n'est &#224; craindre. M&#234;me son de cloche chez Alain Madelin, nomm&#233; depuis un mois ministre de l'Industrie par Jacques Chirac. Fringant, il annonce en direct du journal la mise en place d'une cellule d'information accompagn&#233;e de son aimable num&#233;ro vert pour d&#233;samorcer &#171; &lt;i&gt;une inqui&#233;tude que, vraiment, rien ne justifie !&lt;/i&gt; &#187;. Nullement d&#233;fris&#233;, le pr&#233;sentateur No&#235;l Mam&#232;re &#8211; futur candidat des Verts &#224; la pr&#233;sidentielle de 2002 &#8211; embo&#238;te le pas &#224; ses interlocuteurs : &#171; &lt;i&gt;&#201;pinards, poireaux, persil, tous les &#233;chantillons pr&#233;lev&#233;s sont conformes &#224; la r&#233;glementation fran&#231;aise.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;ni un jour, d&#233;ni toujours &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trente ans plus tard, la chair des sangliers alsaciens, des champignons du Mercantour, du Vercors ou de Corse, mais aussi l'&#233;pid&#233;mie de cancers de la thyro&#239;de rep&#233;r&#233;e apr&#232;s le passage du nuage de Tchernobyl continuent de rappeler l'&#233;normit&#233; du d&#233;ni orchestr&#233; par le gouvernement fran&#231;ais de l'&#233;poque. Une telle op&#233;ration serait-elle encore possible aujourd'hui ? Selon Mich&#232;le Rivasi, fondatrice de la Criirad, laboratoire ind&#233;pendant de mesure de la radioactivit&#233; justement cr&#233;&#233; en 1986 au lendemain de Tchernobyl, les donn&#233;es concernant les retomb&#233;es sanitaires de cet accident demeurent inaccessibles. Yves Lenoir, ancien ing&#233;nieur des Mines et auteur de &lt;i&gt;La Com&#233;die atomique&lt;/i&gt; (2016), affirme aussi que les effets de l'accident de Tchernobyl sont occult&#233;s, et ce, depuis les plus hautes institutions encadrant l'industrie nucl&#233;aire. En t&#233;moigne la publication en 2006 par l'Agence internationale de l'&#233;nergie atomique du &lt;i&gt;Chernobyl Forum Report&lt;/i&gt;. Ce rapport, pl&#233;biscit&#233; par l'Organisation mondiale de la sant&#233;, remet syst&#233;matiquement en cause toutes les &#233;tudes scientifiques ind&#233;pendantes qui ont fait &#233;tat d'un nombre &#233;lev&#233; de d&#233;c&#232;s attribu&#233;s &#224; l'accident et propose &#224; la place un bilan qui se veut d&#233;finitif : moins de cinquante morts seraient li&#233;es &#224; une radio-exposition. En bref, les cons&#233;quences mortelles de Tchernobyl seraient finalement moins lourdes qu'un banal jour de circulation automobile en ex-URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ressorts de ce d&#233;ni ? Le z&#232;le, l'app&#233;tit de pouvoir de l'establishment atomique et, surtout, une forte conviction que le nucl&#233;aire reste avant tout source de progr&#232;s et de prosp&#233;rit&#233;. Pour autant, selon Yves Lenoir &#171; &lt;i&gt;chacun doit se d&#233;faire de l'id&#233;e qu'il existerait des institutions intouchables&lt;/i&gt; &#187;. En retra&#231;ant le r&#244;le d'&#233;minents scientifiques &#8211; comme le docteur Henri Jammet, chef du d&#233;partement de radioprotection du CEA qui influen&#231;a ses confr&#232;res sovi&#233;tiques sur la limitation des mesures d'&#233;vacuation &#224; prendre au lendemain de Tchernobyl &#8211;, Yves Lenoir &#233;claire de nouvelles sc&#232;nes et cha&#238;nes de responsabilit&#233;s. Le regard se tourne alors vers des sommit&#233;s qui ont contribu&#233; &#224; &#171; g&#233;rer &#187; les cons&#233;quences de l'accident de Tchernobyl dans le sens du moindre co&#251;t &#233;conomique et symbolique pour la fili&#232;re nucl&#233;aire. Parmi elles, certaines ont su exporter leur savoir-faire jusqu'au Japon, apr&#232;s l'accident de Fukushima.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1694 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH408/-16-6e696.jpg?1782642298' width='400' height='408' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Grouazel..
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cogestion des d&#233;g&#226;ts et d&#233;g&#226;ts de la cogestion &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Lochard fait partie de ces illustres personnages. &#201;conomiste de formation et directeur du CEPN (Centre d'&#233;tude sur l'&#233;valuation de la protection dans le domaine nucl&#233;aire), il est l'un des principaux architectes du programme Ethos apr&#232;s Tchernobyl. De quoi s'agit-il ? Comme son nom le sugg&#232;re, ce programme de &#171; r&#233;habilitation &#187; (financ&#233; en grande partie par les acteurs de la fili&#232;re nucl&#233;aire fran&#231;aise) vise &#224; modifier les habitudes de vie des habitants des zones contamin&#233;es afin de leur apprendre &#224; ma&#238;triser leur &#171; &lt;i&gt;&#233;pargne radiologique&lt;/i&gt; &#187;. Par exemple : pr&#233;f&#233;rer manger des pommes de terre aux &#233;pinards, qui concentrent davantage la radioactivit&#233;. Ou encore renoncer une bonne fois pour toutes aux confitures de baies ou aux cueillettes de champignons. Autant de bonnes pratiques permettant aux six millions de personnes habitant des territoires durablement contamin&#233;s de &#171; vivre avec &#187;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En laissant entendre que l'on peut s'accommoder d'un quotidien contamin&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, tout en g&#233;rant au mieux leur exposition &#224; la radioactivit&#233;. Tout cela permettant aussi (et surtout ?) de limiter le p&#233;rim&#232;tre des zones d'&#233;vacuation, les frais li&#233;s au relogement des habitants, et d'euph&#233;miser les cons&#233;quences sanitaires d'un accident nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenu &#171; expert en gestion post-accidentelle &#187;, Jacques Lochard a pu constater la migration r&#233;ussie de sa philosophie. En 2011, des Japonais ont en effet pris l'initiative de cr&#233;er l'association Ethos in Fukushima, pour am&#233;liorer le quotidien des habitants dans leurs territoires contamin&#233;s. Une d&#233;marche toute citoyenne et r&#233;siliente, qui inqui&#232;te Thierry Ribault, chercheur au CNRS et auteur &lt;i&gt;Des sanctuaires de l'ab&#238;me &#8211; Chronique du d&#233;sastre de Fukushima&lt;/i&gt; (2012). Avec cette d&#233;marche &#224; l'allure &#171; &lt;i&gt;ultra-citoyenne et d&#233;mocratique&lt;/i&gt; &#187;, l'impasse est faite sur les responsabilit&#233;s et les risques sanitaires. Ainsi, aujourd'hui, plus que la radioactivit&#233;, c'est la radiophobie qui est pr&#233;sent&#233;e comme le premier danger au Japon. Le rem&#232;de du professeur Yamashita, m&#233;decin nomm&#233; &#171; conseiller pour le risque &#187; aupr&#232;s des autorit&#233;s nipponnes en mars 2011, et fervent soutien de l'innocuit&#233; des rayonnements en de&#231;&#224; de 100 millisieverts par an ? En toute simplicit&#233;, il faut &#171; &lt;i&gt;sourire pour faire face aux radiations&lt;/i&gt; &#187;. En somme, un bon &#233;tat d'esprit, le sport et le sourire permettraient de r&#233;sister &#224; l'irr&#233;sistible. En plus de cr&#233;er des zones de doutes et d'ignorance autour des effets de la radioactivit&#233;, cette forme de r&#233;silience encourag&#233;e par des scientifiques et autres conseillers influents permet de transformer le n&#233;gatif en positif, chacun devenant acteur de la lutte contre les retomb&#233;es de l'accident. &#171; &lt;i&gt;Pour les magiciens d'Ethos, les limites dosim&#233;triques n'ont plus tellement d'importance. Les normes doivent &#234;tre remplac&#233;es localement par des budgets annuels d'exposition, permettant ainsi de passer de la r&#233;signation &#224; la cr&#233;ativit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, termine Thierry Ribault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que nous disent de notre propre situation ces politiques &#8211; d'autres parleraient de formes de gouvernement &#8211; mises en &#339;uvre &#224; Tchernobyl et &#224; Fukushima ? &#171; &lt;i&gt;On est aujourd'hui en train de pr&#233;parer le terrain d'une catastrophe nucl&#233;aire en Europe&lt;/i&gt;, met en garde Mich&#232;le Rivasi, d&#233;sormais d&#233;put&#233;e europ&#233;enne. &lt;i&gt;Avec l'&#233;l&#233;vation des seuils de contamination de l'alimentation qui est entr&#233;e en vigueur, c'est l'autogestion des risques et le transfert de responsabilit&#233; des industriels et des &#201;tats vers les habitants qui est en train de s'organiser ici aussi.&lt;/i&gt; &#187; De son c&#244;t&#233;, par la voix de son pr&#233;sident Pierre-Franck Chevet, l'Autorit&#233; de s&#251;ret&#233; nucl&#233;aire ne se montre pas des plus rassurantes non plus : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes entr&#233;s dans une phase d'enjeux sans pr&#233;c&#233;dent en mati&#232;re de s&#251;ret&#233; et de radioprotection.&lt;/i&gt; &#187; Compte-tenu du vieillissement des installations nucl&#233;aires fran&#231;aises, du recours accru &#224; la sous-traitance et de la faillite &#233;conomique d'EDF et d'Areva, le gendarme de l'atome ajoute que &#171; &lt;i&gt;le contexte est particuli&#232;rement pr&#233;occupant&lt;/i&gt; &#187;. Puissent les Nuits Debout inscrire cette &#233;pineuse question &#224; leurs agendas&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Implant&#233;e &#224; Ville-sur-Terre, commune situ&#233;e &#224; quelques kilom&#232;tres du centre de stockage de d&#233;chets radioactifs de Soulaines, dans l'Aube, l'association est pr&#233;sid&#233;e par Michel Gu&#233;ritte, militant antinucl&#233;aire local.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'ensemble des interventions ont &#233;t&#233; film&#233;es et sont disponibles sur le &lt;a href=&#034;https://www.villesurterre.eu/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de l'association.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En laissant entendre que l'on peut s'accommoder d'un quotidien contamin&#233; sans faire &#233;merger de responsabilit&#233;s ni m&#234;me la perspective d'arr&#234;ter l'industrie nucl&#233;aire, le documentaire &lt;i&gt;Tchernobyl, Fukushima : vivre avec&lt;/i&gt;, diffus&#233; sur Arte le mardi 26 avril dernier, est embl&#233;matique de l'ambigu&#239;t&#233; du programme Ethos.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>D&#233;chets : un monde de merdes</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Dechets-un-monde-de-merdes</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emma Piqueray</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;Enqu&#234;ter sur les d&#233;chets, c'est s'aventurer, &#224; rebours des vitrines bien entretenues des temples de la marchandise, sur le versant obscur de l'activit&#233; de nos soci&#233;t&#233;s. En France, 355&#8200;millions de tonnes de d&#233;chets sont produites chaque ann&#233;e, selon le dernier recensement disponible. Qu'on se rassure : seuls 3 % de ces montagnes de d&#233;chets sont dangereux ! Soit tout de m&#234;me 10,65&#8200;millions de tonnes&#8230; Quel sort pour ces d&#233;chets essentiellement issus de l'activit&#233; industrielle et du b&#226;timent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no129-fevrier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;129 (f&#233;vrier 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bertoyas" rel="tag"&gt;Bertoyas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/projet" rel="tag"&gt;projet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/dechets" rel="tag"&gt;d&#233;chets&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/decharges" rel="tag"&gt;d&#233;charges&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Enqu&#234;ter sur les d&#233;chets, c'est s'aventurer, &#224; rebours des vitrines bien entretenues des temples de la marchandise, sur le versant obscur de l'activit&#233; de nos soci&#233;t&#233;s. En France, 355&#8200;millions de tonnes de d&#233;chets sont produites chaque ann&#233;e, selon le dernier recensement disponible&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiffres du minist&#232;re de l'&#233;cologie, du D&#233;veloppement durable et de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Qu'on se rassure : seuls 3 % de ces montagnes de d&#233;chets sont dangereux ! Soit tout de m&#234;me 10,65&#8200;millions de tonnes&#8230; Quel sort pour ces d&#233;chets essentiellement issus de l'activit&#233; industrielle et du b&#226;timent ? Pas d'inqui&#233;tude ! Selon le minist&#232;re de l'&#201;cologie, du D&#233;veloppement durable et de l'&#233;nergie, 50 % de ce tonnage est &#171; valoris&#233; &#187;. Entendez par l&#224; incin&#233;r&#233; ou recycl&#233;. C'est justement au projet d'incin&#233;rateur tr&#232;s controvers&#233; de Fos-sur-Mer que l'anthropologue Tobias Girard a consacr&#233; sa th&#232;se&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tobias Girard, &#171; Les pouvoirs du danger. Zone industrielle de Fos-sur-Mer &#187;.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Apr&#232;s une quarantaine de proc&#233;dures, l'incin&#233;rateur a finalement &#233;t&#233; construit et mis en route en 2010. Petite r&#233;trospective.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1422 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH258/p10-incine_rateurs-6ea37.jpg?1782642298' width='400' height='258' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Bertoyas.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Les d&#233;chets n'apparaissent pas comme un objet de recherche tr&#232;s noble. Pourquoi s'int&#233;resser &#224; cette question ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tobias Girard : &lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;En fouillant un tas d'ordures, on peut reconstituer toute la vie d'une soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; &#187;, disait Marcel Mauss, le p&#232;re de l'anthropologie. D'une part, les d&#233;chets refl&#232;tent notre mode de vie, trahissent ce que nous voulons cacher et dont nous aurions pr&#233;f&#233;r&#233; nous d&#233;barrasser discr&#232;tement. Les paparazzi qui fouillent dans les poubelles des stars en savent quelque chose. Les d&#233;chets dessinent d'autre part les revers de notre soci&#233;t&#233; de consommation. Un tiers de la nourriture produite est jet&#233;e. Enfin, les ordures sont un enjeu de pouvoir, un march&#233; public qui aiguise les app&#233;tits priv&#233;s et une source de trafics tr&#232;s lucratifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi avoir choisi d'enqu&#234;ter sur la r&#233;gion de Marseille ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Marseille, on avait une d&#233;charge hors norme sur tous les plans. De 1887 &#224; 2010, des ordures y ont &#233;t&#233; entass&#233;es jusqu'&#224; former une butte de la hauteur d'un immeuble de dix &#233;tages sur 80&#8200;ha. Il n'y avait au d&#233;but ni plastique, ni usage syst&#233;matique de produits chimiques dans la consommation courante. Les gadoues &#233;taient achemin&#233;es par train et accumul&#233;es sur un tas qui servait de fumier pour l'agriculture dans la plaine de la Crau. Au bout d'un moment, les agriculteurs du coin ont refus&#233; d'&#233;pandre les gadoues de Marseille. Le tas a continu&#233; &#224; grossir et c'est comme &#231;a que la d&#233;charge dite d'Entressen est n&#233;e. Un nom qui ne rend pas justice, puisque qu'il s'agit de la d&#233;charge de Marseille, d&#233;localis&#233;e &#224; 70&#8200;km de sa ville d'origine et situ&#233;e sur la commune de Saint-Martin-de-Crau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;charge a longtemps &#233;t&#233; laiss&#233;e &#224; son sort sans aucune autorisation pr&#233;fectorale, comme de nombreuses d&#233;charges en France. La nappe phr&#233;atique est pollu&#233;e sur des kilom&#232;tres, les nu&#233;es de &lt;i&gt;gabians&lt;/i&gt; (grosses mouettes, ndlr.) qui l'habitaient faisaient penser au film d'Hitchcock et d&#232;s qu'il y avait du mistral, les sacs plastiques se r&#233;pandaient aux alentours. Ce qui a donn&#233; lieu &#224; des batteries de photos dans la presse, montrant des moutons broutant des sacs plastiques ou des sapins de No&#235;l d'un autre genre. Avec la Camargue &#224; c&#244;t&#233;, ses flamants roses, ses taureaux et les sacs poubelles, &#231;a faisait un d&#233;calage surr&#233;aliste et post-apocalyptique entre la carte postale de la Provence et cette montagne d'ordures. Sur un site Web am&#233;ricain, la d&#233;charge de Marseille figurait au palmar&#232;s des pires d&#233;charges du monde avec celles de Chine et de Somalie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les riverains se plaignaient, ils n'en pouvaient plus. R&#233;guli&#232;rement attaqu&#233;s sur cette question, les &#233;lus de Marseille ont pr&#233;sent&#233; la mise en route de l'incin&#233;rateur comme une alternative &#224; la d&#233;charge. Cette derni&#232;re a &#233;t&#233; tardivement r&#233;habilit&#233;e et mise aux normes pour finalement fermer en 2010, et l'incin&#233;rateur a pris le relais. Mais les spectres d'Entressen continuent de hanter la Camargue. Derni&#232;rement, des travaux de drainage d'un canal situ&#233; en pleine r&#233;serve naturelle ont exhum&#233; des milliers de m&#232;tres cubes de sacs plastiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la particularit&#233; de l'incin&#233;rateur de Fos-sur-Mer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une centaine d'incin&#233;rateurs en France, mais celui-ci est le seul &#224; avoir &#233;t&#233; d&#233;localis&#233;, c'est-&#224;-dire port&#233; par des &#233;lus pour &#234;tre implant&#233; sur le territoire d'autres &#233;lus. En g&#233;n&#233;ral, les &#233;lus construisent leurs d&#233;charges ou leurs incin&#233;rateurs sur leur propre territoire. La communaut&#233; urbaine de Marseille a tent&#233; de le faire, de 1989 &#224; 2001, sans y arriver, pour des raisons principalement &#233;lectorales. Elle s'en est sortie en l'implantant sur le port autonome, dans la zone industrielle de Marseille, mais sur la commune de Fos-sur-Mer qui n'en voulait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il s'agit d'une zone g&#233;r&#233;e par l'&#233;tat, il y a un certain nombre de r&#232;glementations qui ne s'y appliquent pas, comme la loi littoral. Les habitants d&#233;noncent une zone de non-droit d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La zone a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e dans les ann&#233;es 1960, sous De Gaulle et Pompidou, pour pallier le d&#233;clin de l'activit&#233; du port au moment de la d&#233;colonisation. Il &#233;tait question de d&#233;clarer la zone insalubre pour l'habitation, pour industrialiser tranquillement, mais le premier choc p&#233;trolier a frein&#233; l'avanc&#233;e de ce projet pharaonique. Ceci dit, la zone est d&#233;j&#224; cern&#233;e : il y a &#224; peu pr&#232;s tous les risques et cocktails de pollutions possibles. Si prise individuellement chaque industrie autour de l'&#233;tang de Berre est cens&#233;e &#234;tre mise &#171; aux normes &#187;, la vie l&#224;-bas est hors norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui &#233;tait int&#233;ressant aussi avec l'incin&#233;rateur de Marseille, c'est que c'&#233;tait le conflit anti-Nimby par excellence&#8200;&#8211;&#8200;de l'expression &#171; &lt;i&gt;Not In My Back Yard&lt;/i&gt; &#187;, &#171; pas de &#231;a chez moi &#187;. La notion de Nimby a &#233;t&#233; invent&#233;e par les porteurs de projets industriels pour d&#233;cr&#233;dibiliser leurs opposants et les faire passer pour des forcen&#233;s hostiles au changement. L&#224;, c'&#233;tait la ville de Marseille qui faisait du Nimby et refusait de traiter ses d&#233;chets chez soi, d'abord avec Entressen, puis avec l'incin&#233;rateur de Fos-sur-Mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs g&#233;n&#233;rations de politiques de gauche comme de droite&#8200;&#8211; de Jean-Claude Gaudin, actuel maire de Marseille, &#224; Jean-No&#235;l Gu&#233;rini, pr&#233;sident du conseil g&#233;n&#233;ral&#8200;&#8211;&#8200;se sont fait &#233;lire &#224; un moment en se positionnant contre le projet d'incin&#233;rateur. On a eu nombre de beaux discours d&#233;non&#231;ant la toxicit&#233; de l'incin&#233;ration et les menaces sur la sant&#233; de nos enfants et sur l'environnement. Ils ont d&#251; changer de rh&#233;torique en devenant les porteurs du projet au gr&#233; des victoires &#233;lectorales. C'est incroyable de constater tous ces retournements de veste. On n'y comprendra rien si l'on ne regarde pas le calendrier &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malgr&#233; une quarantaine d'actions en justice intent&#233;es contre lui, l'incin&#233;rateur est entr&#233; en service en 2010 au terme d'une vingtaine d'ann&#233;es de luttes, ponctu&#233;es de multiples rebondissements. Quelles sont les choses les plus marquantes qui se sont d&#233;gag&#233;es de ton enqu&#234;te ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est frappant, c'est de voir comment on peut utiliser une menace, quelle qu'elle soit, pour en faire un objet de pouvoir. L&#224; o&#249; il y a danger, il y a pouvoir. Celui qui manie la menace peut s'imposer comme celui qui va pouvoir guider et prot&#233;ger ses brebis contre ce danger. La &#171; culture du risque &#187; dans la zone industrielle, c'est un projet politique : il faut avoir confiance dans le pouvoir qui nous dirige et nous contraint &#171; pour notre propre bien &#187;. Le conflit de l'incin&#233;rateur permet d'&#233;clairer ces m&#233;canismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu as assist&#233; au d&#233;bat public sur l'incin&#233;rateur, qu'en as-tu retenu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est assez &#233;tonnant, c'est que la concertation est pr&#233;sent&#233;e comme un outil d'aide &#224; la r&#233;solution des conflits alors qu'&#224; Fos, elle a contribu&#233; &#224; augmenter le ressentiment. Une opposition unanime a &#233;t&#233; ignor&#233;e et cantonn&#233;e &#224; l'impuissance. L'enqu&#234;te publique autour de l'incin&#233;rateur, &#224; l'automne 2005, a &#233;t&#233; le seul moment o&#249; les diff&#233;rents protagonistes se sont retrouv&#233;s les uns en face des autres et o&#249; le rapport de force a pu s'inverser, le temps d'une soir&#233;e. Il y a eu des moments assez &#233;piques, avec toutes les repr&#233;sentations th&#233;&#226;trales de la peur et de la s&#233;curit&#233;. Tous les r&#244;les sont donc distribu&#233;s, et tout doit &#234;tre binaire : les pour et les contre, la rationalit&#233; des uns contre l'irrationalit&#233; des autres, etc. Ainsi, les porteurs de projet ne comprenaient pas, &#224; force d'enjoliver syst&#233;matiquement une r&#233;alit&#233; qui ne correspond pas au v&#233;cu, que leurs propos voulus rassurants soient au contraire per&#231;us comme effrayants. Il y avait par exemple un adjoint du commissaire-enqu&#234;teur, cens&#233; &#234;tre neutre et impartial, qui refusait de croire le t&#233;moignage des riverains venus apporter un drap trou&#233; par une retomb&#233;e de suie alors qu'il s&#233;chait dans un jardin proche de la zone industrielle. Pour les habitants, c'est du d&#233;ni de r&#233;alit&#233; et donc un m&#233;canisme psychotique. Mais pour les porteurs de projet, les habitants sont n&#233;vros&#233;s car ils ont peur et refusent tout. Et apr&#232;s, les ap&#244;tres de la concertation parlent de &#171; restaurer la confiance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette obligation de consulter le public, qui n'a au final aucun impact sur la prise de d&#233;cision, est l'occasion de permettre aux tensions de prendre forme, mais aussi d'&#234;tre &#233;vacu&#233;es ou recycl&#233;es. Pour &#231;a, il faut ma&#238;triser le recours aux chiffres et aux experts. Alors tout devient possible, comme avec le verdissement : l'incin&#233;rateur d'abord d&#233;cri&#233; pour sa toxicit&#233; est alors pr&#233;sent&#233; comme une solution qui produit moins de CO2 qu'une d&#233;charge. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les arguments environnementaux auront toujours &#233;t&#233; &#224; la remorque du politique, tant&#244;t utilis&#233;s en faveur du projet, tant&#244;t contre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pointe d'optimisme tout de m&#234;me : avec la crise, le volume de d&#233;chets a &#233;t&#233; r&#233;duit de 5 &#224; 6 % ces derni&#232;res ann&#233;es. Les gens consomment moins, donc jettent moins. La plupart des nouvelles installations fonctionnent d&#233;sormais en surcapacit&#233;, donc a priori, pas de nouveaux projets pour les d&#233;chets &#224; l'horizon. Reste la question de la r&#233;duction des d&#233;chets &#224; la source et du recyclage comme alternatives &#224; la d&#233;charge et l'incin&#233;ration. Beaucoup d'initiatives marchent tr&#232;s bien localement, m&#234;me dans les contextes difficiles. Le nouveau maire de Naples a r&#233;ussi &#224; faire passer la collecte s&#233;lective en porte-&#224;-porte de 0 &#224; 70 % dans les quartiers nord de la ville. &#192; quand le passage du local au g&#233;n&#233;ral ? Historiquement, les politiques de recyclage et de lutte contre le gaspillage n'ont pu &#234;tre r&#233;alis&#233;es que pendant les deux guerres mondiales ou lors de la flamb&#233;e des prix du p&#233;trole, puis des autres mati&#232;res premi&#232;res, suite &#224; la guerre du Kippour&#8230; Faudra-t-il en arriver l&#224; pour motiver les politiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les r&#233;centes affaires de corruption, &#224; Marseille notamment, autour des march&#233;s des d&#233;chets &#233;clairent encore une autre facette de cette question, qui n'est pas loin d'&#233;voquer les pratiques mafieuses de l'autre c&#244;t&#233; des Alpes&#8230; Peux-tu nous en dire quelques mots ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a, c'est la grande inconnue. Il y a un nombre impressionnant d'affaires de corruption en France li&#233;es aux march&#233;s publics de traitement de l'eau et des d&#233;chets. Mondialement, ces march&#233;s passent pour &#234;tre les plus corrompus apr&#232;s l'armement et le b&#226;timent. En France, sachant que le prix de l'enfouissement des d&#233;chets non industriels est d'environ 80&#8200;euros la tonne contre 100 pour l'incin&#233;ration, une simple estimation montre que chaque ann&#233;e c'est une dizaine de milliards d'euros qui sont en jeu. Plus les d&#233;chets sont dangereux, plus ils sont convoit&#233;s. Les prix d&#233;passent les 1 000&#8200;euros la tonne pour les plus toxiques (non nucl&#233;aires), contre 250&#8200;euros pour une tonne de bl&#233;. Dans ces conditions, il n'est gu&#232;re &#233;tonnant que les &#233;co-mafias se soient rapidement int&#233;ress&#233;es au trafic des d&#233;chets. Les moyens ne manquent pas pour y arriver : d&#233;classer les d&#233;chets toxiques et les faire passer pour moins dangereux qu'ils ne le sont et les revendre ou les &#171; traiter &#187; &#224; moindre co&#251;t dans des d&#233;charges officielles ; produire de faux certificats pour faire croire que les d&#233;chets ont bien &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;s dans une d&#233;charge l&#233;gale, alors qu'ils ont &#233;t&#233; enfouis dans des carri&#232;res abandonn&#233;es ou br&#251;l&#233;s &#224; l'air libre, etc. Les &#233;co-mafias italiennes qui font le trafic de d&#233;chets toxiques d&#233;gageraient la moiti&#233; du chiffre d'affaires de V&#233;olia, l'une des majors de l'eau et du d&#233;chet ! Les informateurs de Roberto Saviano, l'auteur de &lt;i&gt;Gomorra&lt;/i&gt;, estiment que c'est gr&#226;ce &#224; elles que l'Italie a pu entrer dans l'euro. Elles ont fait &#233;conomiser beaucoup d'argent aux industries en balan&#231;ant les d&#233;chets dans des trous, voire en les revendant apr&#232;s les avoir m&#233;lang&#233;s &#224; du compost. &#192; Fos-sur-Mer et Marseille en comparaison, &#231;a reste &#171; gentil &#187;, mais &#224; Montreuil ou N&#238;mes, on est au m&#234;me niveau que Naples. Les parrains de la drogue font aussi les poubelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chiffres du &lt;a href=&#034;http://www.developpement-durable.gouv.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;minist&#232;re de l'&#233;cologie&lt;/a&gt;, du D&#233;veloppement durable et de l'&#233;nergie fournis pour 2010 : &#171; &lt;i&gt; 26,4 millions de tonnes proviennent des m&#233;nages. Le secteur tertiaire (22,4&#8200;millions de tonnes) avec ses multiples activit&#233;s de services est le d&#233;positaire de nombreux produits en fin de vie (des v&#233;hicules hors d'usage aux d&#233;chets &#233;lectroniques&#8230;). La production de l'industrie (17,2 millions de tonnes) baisse d'un million de tonnes en deux ans. Les secteurs de la construction avec 14,3&#8200;millions de tonnes, et du traitement des d&#233;chets de l'eau et de l'assainissement, avec 11,5&#8200;millions de tonnes, sont des contributeurs importants.&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tobias Girard, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.academia.edu/1904960/_2012_Les_pouvoirs_du_danger._Zone_industrielle_de_Fos-sur-Mer._Anthropologie_politique_des_risques_industriels_et_du_conflit_de_lincin%C3%A9rateur&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les pouvoirs du danger&lt;/a&gt;. Zone industrielle de Fos-sur-Mer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sous les feux de l'atome</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Sous-les-feux-de-l-atome</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emma Piqueray</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Thomas Azu&#233;los</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
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		<dc:subject>travail historique</dc:subject>
		<dc:subject>pourtant marqu&#233;e</dc:subject>

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&lt;p&gt;Apr&#232;s Elf, la pompe Afrique, Nicolas Lambert a enqu&#234;t&#233; pendant deux ans sur l'industrie nucl&#233;aire. Le r&#233;sultat ? Sa nouvelle pi&#232;ce, Un Avenir radieux, une fission fran&#231;aise retrace l'histoire du programme nucl&#233;aire depuis de Gaulle. Entretien avec un homme de th&#233;&#226;tre. Et de conviction. CQFD : Vous nous livrez un travail historique particuli&#232;rement clair et document&#233; sur cette industrie pourtant marqu&#233;e du sceau de l'opacit&#233;. Comment avez-vous proc&#233;d&#233; ? Nicolas Lambert : Concr&#232;tement, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no101-juin-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;101 (juin 2012)&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Thomas-Azuelos" rel="tag"&gt;Thomas Azu&#233;los&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/nucleaire-597" rel="tag"&gt;nucl&#233;aire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/spectacle" rel="tag"&gt;spectacle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/debat" rel="tag"&gt;d&#233;bat&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/travail-historique" rel="tag"&gt;travail historique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pourtant-marquee" rel="tag"&gt;pourtant marqu&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s &lt;a href=&#034;http://www.unpasdecote.org/UnPasdeCote/elf_1_proces.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Elf, la pompe Afrique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Nicolas Lambert a enqu&#234;t&#233; pendant deux ans sur l'industrie nucl&#233;aire. Le r&#233;sultat ? Sa nouvelle pi&#232;ce, &lt;a href=&#034;http://www.unpasdecote.org/UnPasdeCote/AvRad_1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Un Avenir radieux, une fission fran&#231;aise&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; retrace l'histoire du programme nucl&#233;aire depuis de Gaulle. Entretien avec un homme de th&#233;&#226;tre. Et de conviction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Vous nous livrez un travail historique particuli&#232;rement clair et document&#233; sur cette industrie pourtant marqu&#233;e du sceau de l'opacit&#233;. Comment avez-vous proc&#233;d&#233; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nicolas Lambert :&lt;/strong&gt; Concr&#232;tement, le travail commence par la lecture quotidienne de la presse. J'ai mes sujets de pr&#233;dilection &#8211; p&#233;trole, nucl&#233;aire, armement &#8211; et je regarde tout ce qui s'y rapporte. Ensuite, je me constitue une grosse biblioth&#232;que sur le sujet et je m'enferme pour lire. C'est le gros du boulot. Apr&#232;s, je fais des trucs dont je ne sais pas s'ils serviront, comme assister pendant plusieurs mois &#224; chaque s&#233;ance du d&#233;bat public autour du futur r&#233;acteur EPR de Penly (Seine-Maritime). Le but est de comprendre les enjeux, les protagonistes, comment ils pensent et s'organisent. C'est un travail de documentariste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui vous a le plus marqu&#233; au cours de votre enqu&#234;te ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le nucl&#233;aire, on pense souvent avoir affaire &#224; une croyance, &#224; la foi en l'atome. J'ai commenc&#233; avec cette id&#233;e et puis, &#224; mesure que j'avan&#231;ais, je me suis rendu compte que ce n'&#233;tait pas le cas. Il y a une propagande tr&#232;s importante distill&#233;e au quotidien, un discours dominant. Avec ce spectacle, je tente d'ouvrir une parenth&#232;se de deux heures dans l'esprit du public. Une parenth&#232;se qui commence par cette remarque : le budget publicitaire d'EDF atteint un milliard d'euros sur dix ans, hors masse salariale. Mais pour nous vendre quoi ? Quand je vois une publicit&#233; pour du chocolat,&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_426 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH545/101nuck-41b87.jpg?1782642298' width='400' height='545' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;j'ai envie de manger du chocolat, donc d'en acheter. Mais devant une publicit&#233; pour EDF, je n'ai pas envie de brancher mes radiateurs &#233;lectriques &#224; fond ! Ce n'est pas la publicit&#233; qui permet de vendre plus de kilowattheures. L'enjeu est donc ailleurs : il s'agit de l'achat d'espaces de cerveau disponibles. Patrick Le Lay, ancien PDG TF1, l'a explicit&#233; en d&#233;finissant ainsi son m&#233;dia&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Le Lay dans Les Dirigeants fran&#231;ais et le changement (2004) : &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : il y a d'une part les gens qui rendent les cerveaux disponibles, d'autre part ceux qui les remplissent. &#192; la fin du spectacle, je referme la parenth&#232;se en disant : &lt;i&gt;&#171; C'est marrant, quand un journal comme &lt;/i&gt; La Tribune &lt;i&gt;&#8211; qui n'est pas un br&#251;lot anarchiste &#8211; sort un papier qui d&#233;pla&#238;t &#224; EDF, cette derni&#232;re coupe le budget publicitaire et le journal cesse de para&#238;tre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi est-ce que les d&#233;bats organis&#233;s par la Commission nationale du d&#233;bat public (CNDP) autour du projet d'EPR de Penly reviennent si souvent dans le spectacle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail du collectif &lt;a href=&#034;http://www.piecesetmaindoeuvre.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pi&#232;ces et Main d'&#338;uvre (PMO)&lt;/a&gt; a permis de mesurer l'importance du travail d'acceptabilit&#233; foment&#233; par ce genre de commission. Pourtant, on ne parvient pas &#224; &#233;tendre cette critique. On est face &#224; des politiques et des industriels qui sont pr&#234;ts &#224; tout pour faire passer leur bazar. Le d&#233;bat public tel qu'il a &#233;t&#233; organis&#233; met face &#224; face des professionnels de la parole et des citoyens lambda ou des personnes qui militent en plus de leur boulot. Il y a d'un c&#244;t&#233; des gens pay&#233;s, form&#233;s &#224; l'exercice et, de l'autre c&#244;t&#233;, des gens qui reviennent de leur taf, qui sont fatigu&#233;s, qui ont r&#233;ussi &#224; coucher leurs gosses pas trop tard pour venir, et qui essayent de faire entendre leur voix. Le combat est in&#233;gal. &#192; la fin du spectacle, je rappelle que la d&#233;cision de construire l'EPR avait &#233;t&#233; prise treize mois avant le d&#233;bat, par le Conseil du nucl&#233;aire fran&#231;ais qui est pr&#233;sid&#233; par l'&#201;lys&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La catastrophe de Fukushima a quand m&#234;me &#233;branl&#233; quelques certitudes&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais pour combien de temps ? La campagne &#233;lectorale a &#233;t&#233; particuli&#232;rement &#233;clairante sur le sujet : sauf au moment des primaires socialistes, il n'en a pas &#233;t&#233; question ! Pourtant, les interrogations sont nombreuses. On pourrait, par exemple, tirer le fil de l'encadrement militaire, souligner que de la mine d'uranium jusqu'au retraitement &#224; La Hague (Manche), le nucl&#233;aire suppose une arm&#233;e tr&#232;s puissante pour surveiller cette industrie monstrueusement dangereuse. Pierre Guillaumat, ministre charg&#233; de l'&#233;nergie atomique sous de Gaulle soutenait qu'il n'y a jamais eu de bifurcation entre le nucl&#233;aire militaire et le nucl&#233;aire civil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La recherche pour la bombe atomique et le programme &#233;lectronucl&#233;aire sont donc les deux faces d'un m&#234;me projet ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;nie fran&#231;ais a consist&#233; &#224; soutenir que, puisque produire des bombes produit aussi beaucoup d'&#233;nergie, on pourrait la valoriser sous forme d'&#233;lectricit&#233;. Et rendre ainsi acceptables les sommes colossales investies dans la recherche pour l'arme atomique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le spectacle, vous rendez compte du soutien de la gauche, notamment du Parti communiste, au d&#233;veloppement du programme &#233;lectronucl&#233;aire fran&#231;ais. Elle y voyait une &#233;nergie illimit&#233;e permettant de soutenir la croissance, et de r&#233;soudre ainsi le probl&#232;me du ch&#244;mage et des in&#233;galit&#233;s&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certainement, mais pour quel type de production et quel type d'emploi ? En 2010, j'ai accompagn&#233; une d&#233;l&#233;gation du Mouvement pour la paix&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mouvement li&#233; au Parti communiste.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#224; l'ONU, invit&#233;e &#224; une discussion sur la non-prolif&#233;ration. C'&#233;tait &#233;difiant ! J'&#233;tais avec une d&#233;l&#233;gation d'&#233;lus communistes constern&#233;s par l'arme atomique, mais pour qui le nucl&#233;aire civil, c'est le progr&#232;s. Pourtant, d'apr&#232;s l'Agence internationale de l'&#233;nergie (AIE), le monde n'est nucl&#233;aris&#233; qu'&#224; hauteur de 2,31 %. Cela voudrait-il dire que plus de 95 % de la plan&#232;te est arri&#233;r&#233;e ? Allons, allons&#8230; Pour l'&#233;lectricit&#233;, nous aurions sans doute plut&#244;t int&#233;r&#234;t &#224; chercher comment produire de l'&#233;nergie localement, &#224; partir des ressources disponibles, comme la biomasse par exemple. Il n'y a pas de solution industrielle qui respecte les personnes et les territoires. Il faut produire localement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Patrick Le Lay dans &lt;i&gt;Les Dirigeants fran&#231;ais et le changement&lt;/i&gt; (2004) : &#171; &lt;i&gt; Pour qu'un message publicitaire soit per&#231;u, il faut que le cerveau du t&#233;l&#233;spectateur soit disponible. Nos &#233;missions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-&#224;-dire de le divertir, de le d&#233;tendre pour le pr&#233;parer entre deux messages. Ce que nous vendons &#224; Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mouvement li&#233; au Parti communiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Train Castor et gu&#233;rilla champ&#234;tre</title>
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		<dc:creator>Emma Piqueray</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#192; Valognes, on n'a pas souvent l'occasion d'assister &#224; un tel chambardement. Pourtant, chaque semaine depuis l'installation de l'usine de retraitement des d&#233;chets radioactifs &#224; La Hague, cette petite ville du Cotentin voit passer au moins un train de d&#233;chets. Ce trafic de mati&#232;res radioactives irradie r&#233;guli&#232;rement Valognes et le reste de la France sans jamais (ou presque) faire de vague. Pourtant, la Criirad est formelle : &#171; Trente minutes &#224; proximit&#233; d'un tel convoi suffisent &#224; atteindre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no95-decembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;95 (d&#233;cembre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cotentin-voit" rel="tag"&gt;Cotentin voit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; Valognes, on n'a pas souvent l'occasion d'assister &#224; un tel chambardement. Pourtant, chaque semaine depuis l'installation de l'usine de retraitement des d&#233;chets radioactifs &#224; La Hague, cette petite ville du Cotentin voit passer au moins un train de d&#233;chets. Ce trafic de mati&#232;res radioactives irradie r&#233;guli&#232;rement Valognes et le reste de la France sans jamais (ou presque) faire de vague. Pourtant, la &lt;a href=&#034;http://www.criirad.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Criirad&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Commission de recherche et d'information ind&#233;pendantes sur la radioactivit&#233;.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; est formelle : &lt;i&gt;&#171; Trente minutes &#224; proximit&#233; d'un tel convoi suffisent &#224; atteindre la limite de la dose annuelle pour le public ! &#187;&lt;/i&gt; Mais du c&#244;t&#233; de chez Areva, on fait tout pour rester le plus discret possible sur le transport de ces d&#233;chets, maillon faible de l'industrie nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif &lt;a href=&#034;http://valognesstopcastor.noblogs.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Stop-Castor&lt;/a&gt; a donc d&#233;cid&#233;, le mercredi 23 novembre dernier, de percer la chape de plomb qui p&#232;se sur ces &#171; Tchernobyl roulants &#187; : &lt;i&gt;&#171; Les d&#233;chets sont le symbole de l'incapacit&#233; &#224; g&#233;rer durablement et v&#233;ritablement les cons&#233;quences du grand d&#233;lire nucl&#233;aire. Leurs transports sont leur mani&#232;re de faire diversion. D&#233;placer pour cr&#233;er l'illusion de savoir qu'en faire, &#8220;retraiter&#8221; pour &#034;recycler&#034; en partie &#224; des fins militaires, enfouir pour camoufler, et surtout, brasser du vent face &#224; l'impossibilit&#233; de g&#233;rer l'ing&#233;rable. &#187;&lt;/i&gt; Alert&#233; du d&#233;part d'un convoi transportant plus de cent tonnes de d&#233;chets hautement radioactifs &#224; destination de l'Allemagne, le collectif a appel&#233; &#224; un large rassemblement pour tenter de perturber ce convoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;unies en une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale bigarr&#233;e &#8211; des habitants du bled, des collectifs de pr&#233;caires, des militants du r&#233;seau Sortir du nucl&#233;aire, quelques indign&#233;s, des syndicalistes de SUD ou de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne et d'autres encore venus des quatre coins de la France &#8211; pr&#232;s de trois cents personnes se sont accord&#233;es sur les diff&#233;rentes strat&#233;gies de blocage des voies. Finalement, craignant un d&#233;part anticip&#233; du train, c'est dans une certaine improvisation que le camp s'&#233;branle, &#224; six heures du matin, pour une marche au flambeau en direction des voies. Quelques kilom&#232;tres plus loin, les gendarmes interviennent sans faire de d&#233;tail. Les coups de matraque pleuvent et le paisible bocage est bient&#244;t &#233;cras&#233; sous une &#233;paisse fum&#233;e de gaz lacrymog&#232;ne. Plusieurs heures de gu&#233;rilla champ&#234;tre qui permettent aux plus ardents d'acc&#233;der aux rails le temps de quelques d&#233;ballastages et autres menus sabotages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux alentours, les habitants rencontr&#233;s se montrent plut&#244;t favorables au rassemblement en d&#233;pit de la propagande des journaux locaux sur l'attachement des Normands aux emplois g&#233;n&#233;r&#233;s par le nucl&#233;aire. Un b&#251;cheron laisse les manifestants s'abriter sur son terrain. Une voisine apporte des litres de caf&#233; aux campeurs rest&#233;s en retrait o&#249; &#224; ceux venus se replier. Un paysan, qui voit ses vaches asphyxi&#233;es par les lacrymog&#232;nes et ses talus endommag&#233;s par les anti-nucl&#233;aires en fuite, hausse les &#233;paules, sans col&#232;re aucune, en disant que c'est normal qu'il y ait du d&#233;g&#226;t dans de telles circonstances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour au campement, le moral est au beau fixe, certains parlent m&#234;me d'un renouveau du mouvement anti-nucl&#233;aire fran&#231;ais. Il y a bien eu plusieurs personnes arr&#234;t&#233;es, poursuivies ou bless&#233;es. Mais, pour la premi&#232;re fois depuis des ann&#233;es en France, un rassemblement anti-nucl&#233;aire public et populaire a pu atteindre son objectif : celui d'enrayer, ne serait-ce que pour quelques heures, le train-train de l'industrie nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi donner envie &#224; ce nouveau collectif et &#224; tous ceux r&#233;unis en Normandie &#224; cette occasion de poursuivre cette dynamique en s'int&#233;ressant de plus pr&#232;s aux lignes THT en cours de construction &#8211; des lignes &#224; tr&#232;s haute tension qui permettront au futur r&#233;acteur EPR de Flamanville d'&#234;tre connect&#233; au r&#233;seau &#233;lectrique fran&#231;ais &#8211;, mais aussi &#224; la lutte autour de Bure, site choisi par les industriels du nucl&#233;aire pour enfouir tous les d&#233;chets &#224; vie longue produit par les centrales depuis cinquante ans&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Commission de recherche et d'information ind&#233;pendantes sur la radioactivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La puce &#224; l'oreille</title>
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		<dc:subject>groupe Oblomoff</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis 2010, sous pr&#233;texte de &#171; tra&#231;abilit&#233; &#187;, un r&#232;glement europ&#233;en impose d'&#233;quiper les moutons et les ch&#232;vres d'une puce &#233;lectronique (RFID) permettant d'identifier la b&#234;te &#224; distance. Dans l'int&#233;r&#234;t du consommateur ? D&#233;cid&#233;s &#224; d&#233;noncer cette imposture, des bergers s'organisent. D&#233;but f&#233;vrier, &#224; l'invitation du groupe Oblomoff, des &#233;leveurs sont mont&#233;s &#224; la capitale pour parler de leur lutte. Si le discours des technocrates bruxellois, relay&#233; par le minist&#232;re de l'Agriculture et les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no87-mars-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;87 (mars 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/puce-RFID" rel="tag"&gt;puce RFID&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/tracabilite" rel="tag"&gt;tra&#231;abilit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/RFID" rel="tag"&gt;RFID&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/groupe-Oblomoff" rel="tag"&gt;groupe Oblomoff&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 2010, sous pr&#233;texte de &#171; tra&#231;abilit&#233; &#187;, un r&#232;glement europ&#233;en impose d'&#233;quiper les moutons et les ch&#232;vres d'une puce &#233;lectronique (RFID) permettant d'identifier la b&#234;te &#224; distance. Dans l'int&#233;r&#234;t du consommateur ? D&#233;cid&#233;s &#224; d&#233;noncer cette imposture, des bergers s'organisent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_105 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH297/felder87-77e96.png?1782642298' width='400' height='297' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Felder
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;but f&#233;vrier&lt;/strong&gt;, &#224; l'invitation du groupe Oblomoff&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif critique du r&#244;le de la recherche scientifique dans notre soci&#233;t&#233;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, des &#233;leveurs sont mont&#233;s &#224; la capitale pour parler de leur lutte. Si le discours des technocrates bruxellois, relay&#233; par le minist&#232;re de l'Agriculture et les industriels, voudrait nous faire associer tra&#231;abilit&#233; &#224; &#171; s&#233;curit&#233; &#187;, &#171; qualit&#233; &#187; et &#171; transparence &#187;, certains ne l'entendent pas de cette oreille. Dans une salle associative du XIIe arrondissement, parmi la soixantaine de personnes r&#233;unies, plusieurs bergers des quatre coins de la France, mais &#233;galement d'autres travailleurs expos&#233;s eux aussi &#224; cet envahissant contr&#244;le. &lt;i&gt;&#171; Peu d'emplois &#233;chappent encore &#224; la gestion &#233;lectronique qui vient renforcer la bureaucratie et saper les poches d'autonomie ou de dignit&#233; que beaucoup d'hommes et de femmes tentent de pr&#233;server, &#224; la ville comme &#224; la campagne &#187;&lt;/i&gt;, souligne le groupe Oblomoff dans son invitation. Enseignants, salari&#233;s de la Poste, biblioth&#233;caires, personnels hospitaliers : ce soir-l&#224;, la diversit&#233; de l'assistance confirme ce propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le pu&#231;age &#233;lectronique de nos b&#234;tes est une s&#233;rieuse menace sur notre fa&#231;on de faire de l'agriculture,&lt;/i&gt; affirme un berger&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus d'infos : Collectif Faut pas pucer, Le Batz, 81140 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Il n'existe pas de complot ou de volont&#233; d'&#233;craser ce qu'on fait ou ce qu'on pense de l'agriculture. La vraie motivation du pu&#231;age est industrielle, avec un objectif de gestion des volumes. La bo&#238;te qui a le quasi-monopole des boucles en plastique [contenant le RFID] a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e dans les ann&#233;es 1950 par deux types, dont un &#233;tait &#233;leveur laitier. C'&#233;tait le d&#233;but du contr&#244;le de la productivit&#233; et de la course &#224; la performance. Ce qu'on vit aujourd'hui n'en est que le prolongement. &#187;&lt;/i&gt; Il ne s'agit donc pas seulement d'une attaque men&#233;e par les scientifiques et la bureaucratie contre les &#233;leveurs non industriels, mais d'une &#233;volution impuls&#233;e depuis le &#171; monde paysan &#187; lui-m&#234;me. &lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui, avec la puce &#233;lectronique, les gros &#233;leveurs cherchent &#224; fluidifier la fili&#232;re, de la naissance des b&#234;tes &#224; l'abattoir. Il faudrait faire couler la viande du producteur au consommateur comme du puits de p&#233;trole &#224; la pompe &#187;&lt;/i&gt;, poursuit l'orateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; qualit&#233;, le discours des tutelles ne fait gu&#232;re plus illusion. L'implantation de ce nouvel &#171; outil &#187; est cens&#233;e apporter la solution aux crises sanitaires et &#233;cologiques de ces derni&#232;res ann&#233;es (grippe aviaire, vache folle, fi&#232;vre catarrhale ovine, etc.) en garantissant la tra&#231;abilit&#233;, mais sans rien changer aux conditions de production qui conduisent au d&#233;sastre. Les bergers en rigolent : &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas parce qu'on conna&#238;t le parcours de la b&#234;te et qu'on peut ensuite &#233;tiqueter &#8216;&#8216;produit fran&#231;ais '' que la viande est de qualit&#233;. Ce qui fait la qualit&#233;, c'est comment la b&#234;te a v&#233;cu, dans quel environnement et ce avec quoi elle a &#233;t&#233; nourrie. La tra&#231;abilit&#233; n'est pas synonyme de qualit&#233;. &#187;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la fiabilit&#233; de la technologie en question est discutable. &lt;i&gt;&#171; La puce RFID est facilement falsifiable et d'ailleurs, depuis la mise en place du pu&#231;age des chiens, le trafic canin a augment&#233; ! &#187;&lt;/i&gt;, fait remarquer un &#233;leveur. Il suffirait d'un champ magn&#233;tique relativement puissant pour d&#233;sactiver les puces. Rien, d'apr&#232;s ces &#233;leveurs, ne remplace le bon vieux tatouage dans l'oreille. Sauf que pour les troupeaux de 2 000 b&#234;tes &#8211; un chiffre normal dans l'&#233;levage intensif &#8211; se pencher sur l'oreille de chacune d'elles repr&#233;sente une perte de temps. La puce RFID appara&#238;t alors comme un gain pour les producteurs de la fili&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la tra&#231;abilit&#233; est mise en avant, ce n'est pas uniquement pour le bien du consommateur. &lt;i&gt;&#171; Ce qui compte, c'est la gestion,&lt;/i&gt; poursuit un berger. &lt;i&gt;On ne change rien aux modes d'&#233;levage qu'on sait pourtant toxiques, mais on cr&#233;e l'illusion d'une ma&#238;trise de la situation, notamment au niveau sanitaire, voil&#224; en substance ce que nous dit l'Administration. Et il faudrait qu'on y adh&#232;re ! &#187;&lt;/i&gt; Et pour qui n'adh&#232;re pas, c'est la poisse. Face aux r&#233;fractaires, l'Administration menace : la sanction va de la suppression d'une partie des primes (pour l'&#233;levage ovin et bovin, les primes repr&#233;sentent jusqu'&#224; 150 % des revenus, salaires et charges confondus) jusqu'&#224; des poursuites judiciaires. &lt;i&gt;&#171; &#201;lever des brebis se r&#233;duit de plus en plus &#224; regarder des param&#232;tres sur un &#233;cran et &#224; remplir de la paperasse. On trouve &#231;a violent. Que ce sentiment ne soit pas partag&#233; largement en dit long sur notre &#233;poque, regrette le m&#234;me berger. Mais notre quotidien avec les b&#234;tes nous renvoie &#224; la figure que la vie, c'est autre chose que des colonnes de chiffres ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Collectif critique du r&#244;le de la recherche scientifique dans notre soci&#233;t&#233;, en guerre contre la tyrannie technologique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour plus d'infos : Collectif Faut pas pucer, Le Batz, 81140 Saint-Michel-de-Vax, fautpaspucer@laposte.net.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'ombre de Vinci plane sur Notre-Dame des Landes</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/L-ombre-de-Vinci-plane-sur-Notre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/L-ombre-de-Vinci-plane-sur-Notre</guid>
		<dc:date>2010-11-08T14:13:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emma Piqueray</dc:creator>


		<dc:subject>habitants</dc:subject>
		<dc:subject>Rotterdam a&#233;rien</dc:subject>
		<dc:subject>qu'une poign&#233;e</dc:subject>
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		<dc:subject>Camp Climat</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; vingt kilom&#232;tres au nord de Nantes, le projet d'a&#233;roport du Grand Ouest se pr&#233;cise. Le 30 juillet dernier, Vinci, le g&#233;ant fran&#231;ais du BTP, a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; concessionnaire par l'&#201;tat pour une dur&#233;e de cinquante-cinq ans. Les premiers concern&#233;s s'organisent. DEPUIS qu'une poign&#233;e d'experts en am&#233;nagement du territoire a d&#233;cr&#233;t&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 60 que Notre-Dame-des-Landes ne deviendrait rien de moins qu'un nouveau &#171; Rotterdam a&#233;rien &#187; pour l'Europe, les habitants des communes alentour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no81-septembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;81 (septembre 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/habitants" rel="tag"&gt;habitants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Rotterdam-aerien" rel="tag"&gt;Rotterdam a&#233;rien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-une-poignee" rel="tag"&gt;qu'une poign&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/poignee-d-experts" rel="tag"&gt;poign&#233;e d'experts&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/aeroport" rel="tag"&gt;a&#233;roport&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Camp-Climat" rel="tag"&gt;Camp Climat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; vingt kilom&#232;tres au nord de Nantes, le projet d'a&#233;roport du Grand Ouest se pr&#233;cise. Le 30 juillet dernier, Vinci, le g&#233;ant fran&#231;ais du BTP, a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; concessionnaire par l'&#201;tat pour une dur&#233;e de cinquante-cinq ans. Les premiers concern&#233;s s'organisent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;DEPUIS qu'une poign&#233;e d'experts en am&#233;nagement du territoire a d&#233;cr&#233;t&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 60 que Notre-Dame-des-Landes ne deviendrait rien de moins qu'un nouveau &#171; Rotterdam a&#233;rien &#187; pour l'Europe, les habitants des communes alentour n'ont pas cess&#233; de s'opposer &#224; cet a&#233;roport. Et pour cause, il voudrait chasser des dizaines d'habitants,une centaine de paysans,et offrir pr&#232;s de 2 000 hectares de terres agricoles au tarmac. &lt;i&gt;&#171; Sans compter toutes les infrastructures qui iront avec l'a&#233;roport : les routes, les ronds-points, les transport en commun, les h&#244;tels, les grandes surfaces, etc. &#187;&lt;/i&gt;, s'inqui&#232;te Claude, un membre du collectif des Habitants qui r&#233;sistent. Les premiers vis&#233;s sont d'autant plus d&#233;termin&#233;s que la ville de Nantes, administr&#233;e par Jean-Marc Ayrault, maire et d&#233;put&#233; PS, dispose d&#233;j&#224; d'un a&#233;roport. Comment alors justifier un tel projet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arguments ont chang&#233; avec le temps : s&#233;curit&#233;, environnement, co&#251;t, besoin face &#224; l'affluence, standing, tourisme, d&#233;veloppe- ment strat&#233;gique&#8230; Certains disparaissent, d'autres apparaissent selon la p&#233;riode politique ou la mode du moment. &lt;i&gt;&#171; Au d&#233;but, il fallait absolument construire cet a&#233;roport pour pouvoir accueillir le Concorde. Puis pour d&#233;lester les a&#233;roports parisiens. Puis parce que l'a&#233;roport de Nantes &#233;tait satur&#233;. Et aujourd'hui pour d'imp&#233;ratives raisons de s&#233;curit&#233; ! &#187;&lt;/i&gt;, explique Claude Colas de l'Acipa (Association citoyenne intercommunale des populations concern&#233;es par le projet d'a&#233;roport). Au probl&#232;me de s&#233;curit&#233; mis en avant ces derni&#232;res ann&#233;es, l'Acipa propose un rem&#232;de : une piste perpendiculaire &#224; la pr&#233;c&#233;dente qui per- mettrait aux avions de ne plus survoler la ville. Mais cela n'est pas suffisant pour une &#233;lite locale gagn&#233;e par le m&#234;me enthousiasme b&#233;tonneur. Son r&#234;ve ? Un nouvel a&#233;roport, garanti HQE (haute qualit&#233; environnementale), qui permettrait de redessiner une grande m&#233;galopole Rennes-Nantes-Saint-Nazaire, attirer les &#171; classes cr&#233;atives &#187;, de nouveaux investisseurs et permettre ainsi le d&#233;veloppement de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et rien ne semble entamer cet enthousiasme. Pas m&#234;me la crise. Pour l'ouverture programm&#233;e en 2017, Jean-Fran&#231;ois Gendron, le pr&#233;sident de la chambre de commerce et d'industrie, attend de 3,5 &#224; 4 millions de passagers. Un pronostic surprenant lorsque l'on sait, par ailleurs, que l'a&#233;roport de Nantes-Atlantique a accueilli 2,65 millions de voyageurs en 2009, soit 3 % de moins par rapport &#224; l'ann&#233;e 2008. Face &#224; cet acharnement,la r&#233;sistance ne faiblit pas. Loin de l&#224;. La d&#233;signation de Vinci a provoqu&#233; une large vague de soutien.&lt;i&gt; &#171; On savait qu'un appel d'offres avait &#233;t&#233; lanc&#233;, mais le concessionnaire ne devait &#234;tre d&#233;finitivement choisi qu'&#224; la fin de l'ann&#233;e et apr&#232;s la validation du Conseil d'&#201;tat. L&#224;, les choses s'acc&#233;l&#232;rent de leur c&#244;t&#233; comme du n&#244;tre &#187;&lt;/i&gt;, raconte Allison, une opposante au projet. Mi-juillet,cinq maisons occup&#233;es de la ZAD (zone d'am&#233;nagement diff&#233;r&#233;) re&#231;oivent une menace de proc&#233;dure d'expulsion. &lt;i&gt;&#171; Le conseil g&#233;n&#233;ral a certainement voulu faire place nette avant l'annonce officielle de d&#233;signation de Vinci &#187;&lt;/i&gt;, explique une habitante. Somm&#233;s de partir avant le 31 juillet,ils d&#233;cident de riposter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de pr&#233;parer leurs valises, les habitants ont pr&#233;f&#233;r&#233; occuper le conseil g&#233;n&#233;ral de Loire-Atlantique. Leur mot d'ordre : &lt;i&gt;&#171; Non &#224; l'a&#233;roport, ni ici, ni ailleurs ! &#187;&lt;/i&gt;. &#192; ce slogan entonn&#233; pendant plusieurs heures dans les locaux de l'administration, ils ajoutent : &lt;i&gt;&#171; Au-del&#224; d'une r&#233;sistance aux expulsions des lieux que nous habitons,animons,faisons vivre,nous nous opposons &#224; un projet qui pr&#233;tend apporter le progr&#232;s, alors qu'on cr&#233;e un d&#233;sert de b&#233;ton en forme d'autel &#224; la croissance, &#224; la productivit&#233;, &#224; la vitesse. &#187;&lt;/i&gt; Arriv&#233;s pour la plupart &#224; la suite du Camp Climat de l'&#233;t&#233; 2009, les habitants ne comptent pas se laisser d&#233;loger si facilement : &lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui on compte treize lieux occup&#233;s sur la ZAD dont douze depuis l'appel du Camp Climat. On s'organise pour r&#233;sister aux &#233;ventuelles poursuites judiciaires et aux expulsions.On est d&#233;cid&#233;s &#224; rester. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de l'occupation, une premi&#232;re assembl&#233;e populaire se tient dans le bourg de Notre-Dame-des-Landes. &lt;i&gt;&#171; On &#233;tait une centaine : il y avait des gens des bourgs concern&#233;s, des gens de la ZAD, de Nantes et de Bretagne &#187;&lt;/i&gt;, &#233;num&#232;re Julien. Encourag&#233;s par cette mobilisation spontan&#233;e, une dizaine de comit&#233;s locaux se mettent en place avec pour mission de faire circuler une p&#233;tition contre les expulsions, d'informer sur la situation,de soutenir les habitants menac&#233;s d'expulsion, de poursuivre les assembl&#233;es populaires et de pr&#233;parer des actions&#8230; L'ombre de Vinci a beau planer, la r&#233;sistance est bien enracin&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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