<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?id_auteur=712&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1768648935</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Enc&#233;phalomy&#233;lite myalgique : une lutte &#224; bout de force</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Encephalomyelite-myalgique-une</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Encephalomyelite-myalgique-une</guid>
		<dc:date>2026-04-03T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Baptiste Mollard</dc:creator>


		<dc:subject>Mickomix</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'enc&#233;phalomy&#233;lite myalgique touche au moins 450 000 personnes en France qui subissent directement le d&#233;ni des autorit&#233;s sanitaires, le sexisme du corps m&#233;dical et le d&#233;laissement de l'&#201;tat par l'absence de recherche de traitement et de protection sociale. La maladie est pourtant tr&#232;s r&#233;pandue. Le 7 f&#233;vrier dernier, pr&#232;s de 80 personnes se r&#233;unissent sur la Canebi&#232;re, &#224; Marseille, &#224; l'appel du collectif voxEM. Leur but ? Parler de l'enc&#233;phalomy&#233;lite myalgique, &#171; EM &#187; ou &#171; EM/SFC &#187;, une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no251-avril-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;251 (avril 2026)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mickomix" rel="tag"&gt;Mickomix&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_3_-7-5655b.png?1775255425' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'enc&#233;phalomy&#233;lite myalgique touche au moins 450 000 personnes en France qui subissent directement le d&#233;ni des autorit&#233;s sanitaires, le sexisme du corps m&#233;dical et le d&#233;laissement de l'&#201;tat par l'absence de recherche de traitement et de protection sociale. La maladie est pourtant tr&#232;s r&#233;pandue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6461 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/2603_cqfd_desertmedical_final_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH323/2603_cqfd_desertmedical_final_copie-53826.jpg?1775255426' width='500' height='323' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 7 f&#233;vrier dernier, pr&#232;s de 80 personnes se r&#233;unissent sur la Canebi&#232;re, &#224; Marseille, &#224; l'appel du collectif voxEM. Leur but ? Parler de l'enc&#233;phalomy&#233;lite myalgique, &#171; EM &#187; ou &#171; EM/SFC &#187;, une maladie injustement r&#233;duite &#224; un &#171; syndrome de fatigue chronique &#187; (SFC), nom stigmatisant et trop &#233;loign&#233; de la r&#233;alit&#233; quotidienne des malades. Le Covid est le dernier d&#233;clencheur &#224; avoir fait grimper le nombre de malades de 300 000 &#224; 450 000 en France, selon les estimations les plus basses.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un virus banal, dont on ne r&#233;cup&#232;re jamais&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Satcha a lentement disparu de ses cercles amicaux depuis qu'elle en est atteinte. Aujourd'hui, elle passe une bonne partie de ses journ&#233;es allong&#233;e, &#224; se prot&#233;ger de la lumi&#232;re et du bruit auxquels elle est devenue hypersensible. Elle est rest&#233;e plus de trois ans en &#171; &lt;i&gt;&#233;tat s&#233;v&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, et avait besoin d'aide pour les t&#226;ches les plus simples (toilette, m&#233;nage, repas). Apr&#232;s s'&#234;tre engag&#233;e pour la reconnaissance de sa maladie sur les r&#233;seaux sociaux, elle a rejoint le nouveau collectif voxEM, qui organise sa toute premi&#232;re action &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur place, les premier&#183;es arriv&#233;&#183;es installent les barnums. Compagnons, parentes, grands-parents, amies et soutiens de personnes malades sont venu&#183;es repr&#233;senter celles et ceux qui n'ont pas l'&#233;nergie de se d&#233;placer depuis Paris, Narbonne, Aix&#8230; Mais aussi Marseille. Car parcourir 400 m&#232;tres, m&#234;me en fauteuil roulant, n'est pas envisageable dans les cas s&#233;v&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Chaque cas se distingue par sa d&#233;claration soudaine ou progressive, avec ou sans douleur et un degr&#233; de gravit&#233; plus ou moins marqu&#233;.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Certain&#183;es malades suivent le rassemblement gr&#226;ce &#224; leurs proches qui le filment. Plusieurs pancartes racontent l'histoire de malades, de tout &#226;ge et de tous milieux sociaux. Celle d'Aymeric, 12 ans, Marseillais en &#233;tat tr&#232;s s&#233;v&#232;re depuis presque quatre ans, alit&#233; 24 heures sur 24, ou de Sabine, sexag&#233;naire vivant dans l'Ain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sympt&#244;mes de l'EM se d&#233;clarent le plus souvent &#224; la suite d'une infection virale ou bact&#233;rienne. &#171; J'ai attrap&#233; un virus banal, je n'ai jamais r&#233;cup&#233;r&#233; &#187;, peut-on lire sur l'une des pancartes. Mais il arrive que l'EM se d&#233;clenche aussi apr&#232;s une grossesse, un grand choc physique ou psychique, parfois une vaccination ou une intervention chirurgicale. Chaque cas se distingue par sa d&#233;claration soudaine ou progressive, avec ou sans douleur et un degr&#233; de gravit&#233; plus ou moins marqu&#233;. Une porte-parole expose n&#233;anmoins &#171; &lt;i&gt;deux caract&#233;ristiques incontournables, obligatoires pour le diagnostic de l'EM&lt;/i&gt; &#187; : l'&#233;puisement massif et le malaise post-effort, que les malades nomment &lt;i&gt;crash&lt;/i&gt;. Parfois, poursuit la porte-parole, ce &lt;i&gt;crash&lt;/i&gt; &#171; &lt;i&gt; donne&lt;/i&gt; &lt;i&gt;l'impression de mourir de faiblesse&lt;/i&gt; &#187;. Elle pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;C'est un &#233;tat de crise. Le corps r&#233;pond en d&#233;cal&#233; et de mani&#232;re disproportionn&#233;e &#224; un effort physique ou cognitif, &#224; des stimuli &#233;motionnels ou sensoriels parfois tr&#232;s minimes&lt;/i&gt;. &#187; Les malades pr&#233;sent&#183;es lors du rassemblement savent d'ailleurs parfaitement les s&#233;quelles physiques que va laisser cette journ&#233;e de stimulation et d'effort.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Hyst&#233;riques &#187; d'hier et d'aujourd'hui&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une fois les tables install&#233;es, un gigantesque lit est construit au milieu de la Canebi&#232;re, symbole de l'alitement des malades. &#192; c&#244;t&#233;, sur une pancarte, l'inscription : &#171; Enc&#233;phalomy&#233;lite myalgique : rien que le nom fait obstacle &#187;. Combien de fois les personnes venues aujourd'hui au rassemblement ont-elles parl&#233; de l'EM &#224; des gens qui en ignoraient l'existence ? Ils et elles passent souvent pour des complotistes et il leur faut de longues explications avant d'&#234;tre pris&#183;es au s&#233;rieux. C'est ce &#224; quoi s'&#233;vertue une petite &#233;quipe qui distribue des tracts et redirige les passant&#183;es vers un stand de boissons chaudes et de g&#226;teaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bonnets et t-shirts oranges du collectif voxEM r&#233;sument l'enjeu du rassemblement : &#171; Droits, recherche, soins &#187;. Car malgr&#233; une reconnaissance officielle par l'Organisation mondiale de la sant&#233; en 1969, de nombreux&#183;euses m&#233;decins ignorent ou refusent encore de prendre au s&#233;rieux cette maladie, qui touche trois fois plus de femmes que d'hommes. Et il est hallucinant de voir &#224; quel point peu de choses ont chang&#233; depuis 1955, quand le Dr Ramsay &#233;tudiait pr&#232;s de 300 agents malades du Royal Free Hospital &#224; Londres et parlait pour la premi&#232;re fois d'EM. Dans les ann&#233;es 1970 et 1980, des psychiatres britanniques y voyaient des &#171; &lt;i&gt;crises d'hyst&#233;rie collective&lt;/i&gt; &#187;. Aujourd'hui, les professionnel&#183;les de sant&#233; mettent souvent en avant des &#171; &lt;i&gt;troubles somatiques fonctionnels&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Dans sa grande majorit&#233;, le corps m&#233;dical se comporte comme il y a cinquante ans : il minimise les sympt&#244;mes et psychologise les causes de la maladie&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mais faute de marqueurs biologiques g&#233;n&#233;ralisables &#224; l'ensemble des malades, le diagnostic est difficile. La m&#232;re d'Iris raconte : &#171; &lt;i&gt;On a fait faire toutes les analyses possibles &#224; ma fille : prises de sang, scanner, IRM, ponction lombaire... tout &#233;tait ok. Les m&#233;decins lui ont dit que les douleurs devaient &#234;tre dans sa t&#234;te&lt;/i&gt; . &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat, dans sa grande majorit&#233;, le corps m&#233;dical se comporte comme il y a cinquante ans : il minimise les sympt&#244;mes et psychologise les causes de la maladie. Le d&#233;ni, la stigmatisation et l'errance m&#233;dicale persistent. L'EM n'est pas une maladie rare, mais sa prise en charge rel&#232;ve du parcours d'obstacles. La litt&#233;rature scientifique est pourtant claire et des directives qui reconnaissent le caract&#232;re physique de la maladie ont &#233;t&#233; &#233;mises par les autorit&#233;s sanitaires britanniques et qu&#233;b&#233;coises&#8230; Mais pas fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Trop malade pour travailler, pas assez pour toucher l'AAH&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette non-reconnaissance a des effets concrets sur l'errance m&#233;dicale des malades, &#224; qui l'on impose des diagnostics erron&#233;s. Sur sa chaise, C&#233;line, devenue experte de sa propre maladie, constate que &#171; &lt;i&gt;non seulement nous n'avons pas de traitements efficaces, mais certains peuvent &#234;tre n&#233;fastes&lt;/i&gt; &#187;. Entre autres : les programmes de r&#233;&#233;ducation &#224; l'effort qui aggravent l'&#233;tat des malades et peuvent les rendre grabataires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rares personnes en capacit&#233; de travailler n'obtiennent qu'exceptionnellement des am&#233;nagements de leur temps de travail qui s'av&#232;rent par ailleurs pi&#233;geux lorsque la maladie progresse. &#171; &lt;i&gt;France Travail m'oblige &#224; chercher un emploi et la Maison d&#233;partementale des personnes handicap&#233;es me refuse l'allocation adulte handicap&#233;e sous pr&#233;texte qu'elle m'a reconnue comme travailleuse handicap&#233;e... Nous sommes nombreux &#224; devoir aller devant le tribunal pour faire reconna&#238;tre notre handicap et nos droits&lt;/i&gt; &#187;, raconte C&#233;cile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette non-prise en charge montre les carences du syst&#232;me de protection sociale et de sant&#233;, pens&#233; par et pour des personnes valides. Satcha veut lever le voile sur les maladies chroniques cons&#233;cutives &#224; une infection : &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s une mononucl&#233;ose, une grippe, un parasite, ou Lyme, il n'y a pas seulement la gu&#233;rison ou une mort &#224; court terme. On peut rester handicap&#233; durablement, alit&#233;, reclus dans l'obscurit&#233; et parfois d&#233;pendant &#224; vie pour des actes &#233;l&#233;mentaires&lt;/i&gt;. &#187; Ces handicaps &#233;volutifs se d&#233;ploient sur un spectre large qui rend inadapt&#233;es les cat&#233;gories trop binaires de l'Assurance maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de la pand&#233;mie de Covid, la communaut&#233; internationale de l'EM a tent&#233; d'alerter. Une part significative des Covids longs, estim&#233;s &#224; plusieurs millions dans le monde, ont contract&#233; l'EM. Pourtant, rien n'a &#233;t&#233; mis en place. Et face &#224; la d&#233;faillance de prise en charge, certain&#183;es sombrent dans le d&#233;sespoir. Le 30 janvier dernier, Samuel, un Autrichien de 22 ans atteint de la maladie &#224; la suite d'un Covid, a fini par demander un suicide assist&#233;. En s'insurgeant dans son dernier message en ligne contre la plupart des m&#233;decins et la s&#233;curit&#233; sociale qui &#171; &lt;i&gt;nous traitent de charlatans et de profiteurs&lt;/i&gt; &#187;, il en a fait un acte politique. Le 17 mars, Pauline, 34 ans et atteinte d'EM, a aussi mis fin &#224; ses jours. Sur Facebook, fin janvier, elle &#233;crivait : &#171; &lt;i&gt;Je n'ai plus la force. Pas la fatigue ordinaire, pas celle qui passe avec le sommeil. Une fatigue qui traverse l'os et s'installe.&lt;/i&gt; &#187; Que ce soit par d&#233;nutrition, d&#233;faillance cardiaque ou suicide, l'EM tue. Elle laisse aussi de trop nombreuses personnes durablement handicap&#233;es et isol&#233;es. Que fera-t-on si d'autres &#233;pid&#233;mies, virales ou bact&#233;riennes, d'ampleur comparable &#224; celle du Covid (qui continue d'ailleurs de frapper) surviennent ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Baptiste Mollard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
