<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?id_auteur=630&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1779602680</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La langue de la protestation</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-langue-de-la-protestation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/La-langue-de-la-protestation</guid>
		<dc:date>2024-01-19T10:38:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD, Semyon Grigoryev</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Sous le rouleau compresseur de la russification, les langues minoritaires de Russie se rebellent, racontait la Nova&#239;a Gazeta dans son article &#171; War of words &#187;, paru le 7 d&#233;cembre dernier. Elles se r&#233;v&#232;lent m&#234;me comme autant de mani&#232;res de dire non &#224; la guerre en Ukraine. Le matin du 10 septembre 2019, le chercheur et militant oudmourte Albert Razine s'immole par le feu devant le si&#232;ge du gouvernement de l'Oudmourtie, &#224; Ijevsk (&#224; 1 200 km &#224; l'est de Moscou). Sur la pancarte qu'il tient &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no226-janvier-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;226 (janvier 2024)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sous le rouleau compresseur de la russification, les langues minoritaires de Russie se rebellent, racontait la &lt;i&gt;Nova&#239;a Gazeta&lt;/i&gt; dans son article &#171; War of words &#187;, paru le 7 d&#233;cembre dernier. Elles se r&#233;v&#232;lent m&#234;me comme autant de mani&#232;res de dire non &#224; la guerre en Ukraine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5432 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;173&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/png/1776629_1647117892076-capture-decran-2022-03-10-a-11-52-45.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH699/1776629_1647117892076-capture-decran-2022-03-10-a-11-52-45-beb4c.png?1779932719' width='500' height='699' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;En mars 2022, le journal titre &#8220;Un num&#233;ro con&#231;u dans le respect des r&#232;gles du nouveau code p&#233;nal de Russie&#8221;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Une de la Novaia Gazeta, journal russe d'opposition
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e matin du 10 septembre 2019, le chercheur et militant oudmourte Albert Razine s'immole par le feu devant le si&#232;ge du gouvernement de l'Oudmourtie, &#224; Ijevsk (&#224; 1 200 km &#224; l'est de Moscou). Sur la pancarte qu'il tient &#224; la main, cette phrase du po&#232;te Rassoul Gamzatov : &#171; &lt;i&gt;Si ma langue dispara&#238;t demain, je suis pr&#234;t &#224; mourir aujourd'hui.&lt;/i&gt; &#187; [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les autorit&#233;s russes affichent leur hostilit&#233; sans &#233;quivoque envers les 155 langues minoritaires actuellement parl&#233;es en Russie, dont &#224; peine plus de la moiti&#233; (81) sont enseign&#233;es. En 2018, malgr&#233; les protestations des linguistes et des profs, l'enseignement de la langue locale a &#233;t&#233; rendu facultatif dans les 21 r&#233;publiques &lt;i&gt;[r&#233;gions autonomes]&lt;/i&gt; de Russie. [&#8230;] R&#233;sultat : m&#234;me des langues autrefois solides commencent &#224; souffrir. Au Tatarstan, 8 &#233;l&#232;ves ont pass&#233; le bac en tatar cette ann&#233;e. Dans la Bachkirie voisine, 20 % seulement des enfants suivent l'&#233;cole dans leur bachkir natal, un chiffre en baisse constante. Dans la r&#233;publique des Komis, seuls 1 500 &#233;coliers &#233;tudient en langue locale &#8211; quatre fois moins qu'il y a dix ans. La proportion d'&#233;l&#232;ves &#233;tudiant en tchouvache a presque diminu&#233; de moiti&#233; entre 2017 et 2021. La russification bat &#233;galement son plein dans les territoires ukrainiens occup&#233;s, o&#249; l'&#233;tude de l'ukrainien est devenue facultative. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupes indig&#232;nes et minoritaires se meurent : d'apr&#232;s le m&#233;dia ind&#233;pendant &lt;i&gt;iStories&lt;/i&gt;, les deux tiers d'entre eux ont vu leur population d&#233;cliner dans les dix derni&#232;res ann&#233;es. Ils n'en ont pas moins &#233;t&#233; les plus durement touch&#233;s par la mobilisation dans l'arm&#233;e : selon le sociologue Alexe&#239; Bessoudnov, la proportion des mobilis&#233;s est plus &#233;lev&#233;e parmi les minorit&#233;s que chez les Russes, tandis que les non-Russes ont cinq fois plus de chances de mourir &#224; la guerre. Chez les Oudih&#233;s, qui ne sont pourtant plus que 1 500 dans l'Extr&#234;me-Orient russe, certains villages ont vu l'incorporation de tous les jeunes hommes. Mais la guerre et la mobilisation sont aussi l'occasion d'un sursaut de r&#233;sistance linguistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une interview pour &lt;i&gt;The New Statesman&lt;/i&gt;, l'artiste tchouvache Polina Ossipova &#233;voquait l'an dernier son choix d'&#233;crire des pi&#232;ces anti-guerre dans sa langue maternelle : &#171; &lt;i&gt;Le tchouvache est plus libre que le russe.&lt;/i&gt; &#187; Choqu&#233;e par les photos des victimes du massacre de Boutcha, explique-t-elle, elle n'a pas trouv&#233; de mots en russe pour exprimer son &#233;motion. &#171; &lt;i&gt;Je crois que, quand on dit &#8220;Non &#224; la guerre&#8221; dans sa langue maternelle, les mots prennent plus de sens. [&#8230;]&lt;/i&gt; &#187; L'activisme linguistique en Russie n'est pas n&#233; avec la guerre ; mais l'invasion de l'Ukraine lui a donn&#233; un souffle neuf. C'est dans leur langue que les militants s'&#233;l&#232;vent contre la guerre, dans l'espoir &#8211; parfois vain &#8211; de contourner les restrictions pesant sur la libert&#233; d'expression. L'artiste bouriato-chinoise Youmjana Soui, install&#233;e en Mongolie, r&#233;alise des &#339;uvres anti-guerre dans son bouriate natal. &#171; &lt;i&gt;Les Bouriates vont ouvrir les yeux. La Bouriatie est assez petite ; les gens se connaissent. Lorsqu'ils comprendront que leurs amis, leurs fr&#232;res, leurs neveux et leurs connaissances ont servi de chair &#224; canon, quelque chose changera dans leur esprit&lt;/i&gt; &#187;, affirme Sui. [&#8230;] La d&#233;fense des voix minoritaires devient peu &#224; peu la langue m&#234;me de la protestation.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;i&gt;Par Semyon Grigoryev&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
