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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Maternit&#233; : &#034;un renoncement heureux et possible&#034;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Maternite-un-renoncement-heureux</link>
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		<dc:date>2026-04-17T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ana&#239;s Shenk&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans la BD Apr&#232;s, ce sera trop tard, Ana&#239;s Schenk&#233; nous raconte ses r&#233;flexions face &#224; une question devenue pressante &#224; l'approche de ses 35 ans : veut-elle &#234;tre m&#232;re, avant qu'il ne soit trop tard ? &#192; travers un r&#233;cit personnel et politique, elle rend palpables les multiples pressions qui p&#232;sent sur les femmes, et esquisse d'autres voies possibles. J'ai l'impression d'&#234;tre soudainement sur la derni&#232;re ligne droite. Et le sentiment qu'il n'y a aucune des deux options qui m'attire plus que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no251-avril-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;251 (avril 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Anais-Shenke" rel="tag"&gt;Ana&#239;s Shenk&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L109xH150/anaisschenke-e2f2f.jpg?1776468453' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la BD Apr&#232;s, ce sera trop tard, Ana&#239;s Schenk&#233; nous raconte ses r&#233;flexions face &#224; une question devenue pressante &#224; l'approche de ses 35 ans : veut-elle &#234;tre m&#232;re, avant qu'il ne soit trop tard ? &#192; travers un r&#233;cit personnel et politique, elle rend palpables les multiples pressions qui p&#232;sent sur les femmes, et esquisse d'autres voies possibles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6478 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/anaisschenke.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH689/anaisschenke-d2d4f.jpg?1776468453' width='500' height='689' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;J'ai l'impression d'&#234;tre soudainement sur la derni&#232;re ligne droite. Et le sentiment qu'il n'y a aucune des deux options qui m'attire plus que l'autre&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond le personnage d'Ana&#239;s quand son amie lui demande si elle veut des enfants &#224; bient&#244;t 35 ans. Congeler ses ovocytes ? Faire une PMA ? Ne pas &#234;tre parent vu l'&#233;tat du monde ? Vivre pour soi ? Autant de questionnements auxquels se confronte l'autrice marseillaise Ana&#239;s Schenk&#233; et qu'elle nous raconte dans sa BD &lt;i&gt;Apr&#232;s, ce sera trop tard. Et si je n'&#233;tais jamais m&#232;re ?&lt;/i&gt; (Les Insolentes, 2025). Et si, face &#224; l'immense pression de devoir savoir ce qu'on veut, il &#233;tait possible de ne pas c&#233;der aux sir&#232;nes de l'urgence en se d&#233;finissant autrement que par la pr&#233;sence ou l'absence d'enfant ? Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'o&#249; est n&#233; ce projet de BD sur la question de la maternit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#199;a a commenc&#233; avec quelques &lt;i&gt;strips&lt;/i&gt; sur Insta&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;voir son profil sur Instagram : @anaislesfleurs&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; pour partager mes questionnements sur la pr&#233;servation des ovocytes. J'allais avoir 35 ans, j'&#233;tais c&#233;libataire et c'&#233;tait un sujet qui devenait de plus en plus pr&#233;sent dans les &#233;changes que j'avais avec des copines dans la m&#234;me situation que moi. La d&#233;marche ayant un &#226;ge limite pour s'y inscrire, cela venait raviver la pression et le sentiment d'urgence que l'on peut avoir en tant que femme (bien qu'on puisse a priori toujours avoir des enfants autour de la quarantaine&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon l'Insee, l'&#226;ge moyen du premier enfant augmente contin&#251;ment depuis les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;). J'ai commenc&#233; &#224; creuser le sujet et j'ai rapidement eu beaucoup de retours de lectrices qui se posaient les m&#234;mes questions. C'&#233;tait apaisant de ne pas &#234;tre seule. Je me suis rendue compte que j'avais besoin qu'on me dise que ce n'&#233;tait pas grave de ne pas savoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par le biais de ton personnage, on passe &#224; travers les multiples injonctions qui p&#232;sent sur les femmes pour faire de la maternit&#233; une &#233;vidence. Comment &#231;a s'est manifest&#233; pour toi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mon entourage n'est pas trop port&#233; sur la parentalit&#233; et je n'avais pas l'impression d'&#234;tre pressuris&#233;e par ces injonctions, mais je me suis rendue compte que c'&#233;tait l&#224; malgr&#233; tout, et depuis longtemps : en r&#233;alit&#233; je me suis toujours pens&#233;e comme m&#232;re. Depuis mon enfance, j'avais en t&#234;te les pr&#233;noms de mes futurs enfants et imaginais d&#233;j&#224; comment je les &#233;l&#232;verais. On nous inculque le fait de ne pas pouvoir se penser en dehors de la maternit&#233; et &#231;a devient rapidement une lourde responsabilit&#233; : quand t'es adolescente, avec l'apparition des premi&#232;res r&#232;gles, ton corps d'enfant devient un corps qui peut procr&#233;er ; par la suite, tu sais qu'une fois sur le march&#233; du travail, le projet de maternit&#233; va peser et te discr&#233;diter par rapport &#224; un homme &#8211; alors que lui aussi peut &#234;tre parent !&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Les parcours PMA sont loin d'&#234;tre &#8220;faciles&#8221;, ils ne sont pas anodins et encore tr&#232;s mal accompagn&#233;s sur le plan humain &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Tu es constamment la cible d'injonctions contradictoires qui te font sentir que si tu n'es pas m&#232;re, tu es pass&#233; &#224; c&#244;t&#233; de quelque chose, mais que si tu es m&#232;re, cela va peser sur ta vie professionnelle et amoureuse, tes cercles sociaux et ta vie quotidienne. Si t'as des enfants en &#233;tant jeune, c'est bizarre, si t'es plus &#226;g&#233;e, t'es trop vieille, si t'en as plein, t'es une cassos, et si t'en as qu'un, &#231;a va &#234;tre un enfant-roi&#8230; La dissonance est permanente. Quels que soient nos choix, il n'y a jamais de bonne mani&#232;re d'&#234;tre une femme. Quand ce n'est pas Macron qui t'&#233;crit personnellement pour te dire de faire un enfant pour la patrie, dans une grossi&#232;re instrumentalisation de nos corps. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la BD, face &#224; toutes les options possibles, le personnage se penche sur les parcours &#171; alternatifs &#187;, en particulier sur la cong&#233;lation des ovocytes qui permet de remettre le choix &#224; plus tard. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce sont des avanc&#233;es sociales importantes qui ne sont pas &#224; remettre en question. Mais pour la cong&#233;lation des ovocytes, je ne pouvais pas m'emp&#234;cher d'y voir une &#8220;solution de facilit&#233;&#8221;. Non pas pour les personnes concern&#233;es, mais pour les institutions qui la proposent : vous avez 35 ans, pas de taf, pas de situation stable, vous &#234;tes dans des apparts pourris, c'est compliqu&#233; de rencontrer des gens qui veulent s'engager ? Bah ! pr&#233;servez vos ovocytes et on verra &#224; vos 41 ans. Une mani&#232;re de remettre le choix &#224; plus tard tout en maintenant la pression sur les corps. En r&#233;alit&#233;, les parcours PMA sont loin d'&#234;tre &#8220;faciles&#8221;, ils ne sont pas anodins et encore tr&#232;s mal accompagn&#233;s sur le plan humain. Ils peuvent &#234;tre douloureux et violents pour le corps et le mental, avoir des r&#233;percussions importantes sur le quotidien, la vie sociale et amoureuse. Et il n'y a pas de garantie que &#231;a fonctionne ! Dans la BD, je me permets d'envisager que c'est une fausse solution dans un contexte o&#249; le syst&#232;me de sant&#233; se casse la gueule, o&#249; il n'y a pas de places en cr&#232;che et o&#249; les familles monoparentales sont les plus pr&#233;caires. La priorit&#233; serait plut&#244;t de cr&#233;er un contexte qui donne envie aux gens de faire famille, non ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment est-ce que ces diff&#233;rents sc&#233;narios sont venus questionner ton d&#233;sir initial de maternit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je me suis rendue compte que je parlais surtout de &#8220;d&#233;sir&#8221; d'enfant et de parentalit&#233;, et que je ne pouvais pas faire abstraction du fait que nos d&#233;sirs &#233;taient calibr&#233;s par nos exp&#233;riences, nos environnements et nos entourages. On est coinc&#233;&#183;es entre une envie souvent fantasm&#233;e d'&#234;tre parents et la r&#233;alit&#233; du contexte politique, social et environnemental. Pour moi, un des enjeux a &#233;t&#233; de corr&#233;ler mon d&#233;sir &#224; la r&#233;alit&#233;, d'observer la contradiction entre ce que je souhaite et ce qui est possible, et d'accepter qu'aucun choix n'est parfait. J'avais besoin de pouvoir rebattre les cartes autour de ce regret, de cette condamnation &#224; la tristesse perp&#233;tuelle qu'on te pr&#233;dit si tu ne fais pas ce que le syst&#232;me consid&#232;re comme &#8220;les bons choix&#8221; dans ta vie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6479 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/pages_de_pdf_apre_sceseratroptard.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH230/pages_de_pdf_apre_sceseratroptard-7dca0.jpg?1776468454' width='500' height='230' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; cette pression, tu parles d'un manque de sc&#233;narios positifs, d&#233;sirables, de ce que peut &#234;tre la vie de femme sans &#234;tre m&#232;re. On manque de mod&#232;les qui se fondent sur autre chose que la pr&#233;sence ou l'absence d'enfants ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand j'ai commenc&#233; les premi&#232;res planches, je m'attendais &#224; avoir une r&#233;ponse &#233;vidente, et au fond de moi j'esp&#233;rais que soit oui, parce que &#231;a me faisait peur d'imaginer ne pas avoir d'enfants. Puis j'ai beaucoup parl&#233; avec des femmes qui n'ont pas voulu ou pas pu &#234;tre m&#232;re. Au fil de l'eau tout est devenu beaucoup moins effrayant et surtout, tout simplement palpable. Les contours d'une vie &#224; 50 ou 60 ans sans enfants commen&#231;aient &#224; pouvoir &#234;tre envisageables, voire d&#233;sirables ! En fait, &#233;changer avec ces femmes m'a permis de r&#233;aliser qu'un renoncement heureux &#233;tait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a m'a aussi fait r&#233;aliser les pr&#233;jug&#233;s que j'avais int&#233;rioris&#233;s depuis longtemps envers les femmes seules : ces projections n&#233;gatives dans lesquelles ces femmes le sont par d&#233;faut, qu'elles ont des animaux par compensation et qu'elles sont irr&#233;m&#233;diablement tristes, car comment ne pas l'&#234;tre quand on vit sans enfants, ou pire sans enfants et hors du couple ? Je crois et j'esp&#232;re que ces jugements auront &#233;volu&#233; d'ici les prochaines ann&#233;es. Beaucoup de femmes (et pas que d'ailleurs) de ma g&#233;n&#233;ration (et des suivantes) n'auront pas d'enfants ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avoir des enfants peut aussi &#234;tre, sans que ce soit forc&#233;ment assum&#233;, une mani&#232;re de r&#233;pondre &#224; l'appr&#233;hension de la solitude, du vieillissement et de la mort. Est-ce que tu as ressenti cette forme de chantage sur nos angoisses existentielles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce n'est pas parce que t'as des enfants qu'ils vont s'occuper de toi et que tu ne finiras pas tout seul &#224; l'Ehpad ! Faire des enfants pour ne pas vieillir seul&#183;e est un mauvais calcul : mieux vaut commencer &#224; se renseigner sur les activit&#233;s sociales entre seniors. Il y a quelque mois, une amie d'une soixantaine d'ann&#233;es a lu la BD et m'a laiss&#233; une petite note vraiment touchante o&#249; elle dit : &#8220;&lt;i&gt;j'ai 63 ans, je n'ai pas d'enfants, mais j'ai un peu des petits bouts d'enfants partout, &#231;a ne m'a jamais emp&#234;ch&#233;e de me sentir bien et &#233;panouie, et j'adore ma vie !&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, si tu n'as pas d'enfant, tu peux d&#233;ployer plein de choses diff&#233;rentes pour cr&#233;er un sentiment de communaut&#233; ou de famille choisie, que ce soit en t'occupant d'enfants qui ne sont pas les tiens, en b&#233;n&#233;volant dans des assos ou en ayant des activit&#233;s collectives. Il y a plein de mani&#232;res de ne pas &#234;tre seul&#183;e, m&#234;me si c'est &#233;vident qu'on n'est pas &#224; &#233;galit&#233; en fonction de nos parcours de vie. Reste qu'il y a des espaces &#224; investir ou &#224; cr&#233;er pour ne pas &#234;tre seul&#183;e. Et je pense qu'on est une g&#233;n&#233;ration qui va beaucoup miser l&#224;-dessus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;voir son profil sur Instagram : @anaislesfleurs&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon l'Insee, l'&#226;ge moyen du premier enfant augmente contin&#251;ment depuis les ann&#233;es 1970 en France, pour &#234;tre &#224; 31 ans en 2023, et 10 % des m&#232;res ont 36 ans ou plus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>J'suis pas ta m&#232;re</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/J-suis-pas-ta-mere</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/J-suis-pas-ta-mere</guid>
		<dc:date>2026-04-10T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder, Livia Stahl</dc:creator>


		<dc:subject>Manon Raupp</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour raisons politiques ou par manque d'envie personnelle, Sol&#232;ne, Rita et Zahra sont nullipares. C'est sans anxi&#233;t&#233; qu'elles entendent le tic tac de l'horloge biologique. Sol&#232;ne, 38 ans : &#171; J'ai accept&#233; l'id&#233;e que l'envie d'avoir un enfant n'arriverait sans doute pas &#187; &#171; Pour moi, ne pas avoir d'enfant n'est pas vraiment un choix politique, je n'ai simplement jamais eu le d&#233;sir ni d'avoir un enfant ni d'&#234;tre m&#232;re. Je ne sais pas si c'est un choix d&#233;finitif et il m'arrive encore de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no251-avril-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;251 (avril 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH113/manonraupp-fdec7.jpg?1775860231' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour raisons politiques ou par manque d'envie personnelle, Sol&#232;ne, Rita et Zahra sont nullipares. C'est sans anxi&#233;t&#233; qu'elles entendent le tic tac de l'horloge biologique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6476 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/manonraupp.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/manonraupp-3b816.jpg?1775860231' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sol&#232;ne, 38 ans : &#171; J'ai accept&#233; l'id&#233;e que l'envie d'avoir un enfant n'arriverait sans doute pas &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour moi, ne pas avoir d'enfant n'est pas vraiment un choix politique, je n'ai simplement jamais eu le d&#233;sir ni d'avoir un enfant ni d'&#234;tre m&#232;re. Je ne sais pas si c'est un choix d&#233;finitif et il m'arrive encore de douter. Depuis mon adolescence on m'a si souvent pr&#233;dit l'arriv&#233;e imminente du &lt;i&gt;tic-tac&lt;/i&gt; de &#8220;l'horloge biologique&#8221; que j'ai longtemps pens&#233; que &#231;a surgirait un jour. Aujourd'hui, &#224; 38 ans, j'ai accept&#233; l'id&#233;e que l'envie d'avoir un enfant n'arriverait sans doute pas et je suis plut&#244;t en paix avec cette id&#233;e &#8211; &#231;a m'a quand m&#234;me pris du temps et quelques s&#233;ances de psy. J'ai appris il y a quelques mois que j'avais d&#233;pass&#233; l'&#226;ge pour pouvoir congeler mes ovocytes. &#199;a m'a fait un petit pincement quelque part, m&#234;me si je ressens d&#233;sormais moins de pression sociale que lorsque j'avais 25 ans et que ma m&#232;re me disait : &#8220;&lt;i&gt;Moi &#224; ton &#226;ge j'avais d&#233;j&#224; deux enfants !&lt;/i&gt;&#8221; Une coll&#232;gue de travail un jour m'a dit aussi : &#8220;&lt;i&gt;Ah ! Mais c'est que tu n'as pas encore rencontr&#233; le bon !&lt;/i&gt;&#8221; Une injonction terrible, non seulement &#224; te reproduire, mais aussi &#224; trouver le bon ou la bonne partenaire, avec l'angoisse de ne jamais le ou la trouver &#8220;&#224; temps&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire que j'ai refus&#233; la maternit&#233;, comme on l'entend parfois, revient &#224; penser que le fait &#234;tre m&#232;re est une &#233;tape obligatoire dans la vie d'une femme, et donc que sans enfant, on n'en devient jamais vraiment une. Cette r&#233;flexion a m&#251;ri au fil de mes rencontres avec des femmes nullipares ayant des vies extraordinaires, ou juste normales, mais c'&#233;tait d&#233;j&#224; beaucoup pour m'aider &#224; m'extirper de cette projection absurde qui voudrait qu'une femme qui n'a pas d'enfant a forc&#233;ment un probl&#232;me. J'ai aussi rencontr&#233; des femmes pouvant confier assez facilement qu'elles regrettaient d'avoir fait le choix d'&#234;tre m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a ne m'emp&#234;che pas de penser que c'est important d'&#234;tre en contact avec des enfants, que c'est m&#234;me essentiel que les g&#233;n&#233;rations se m&#233;langent. C'est pour &#231;a que j'aime passer du temps avec les enfants de mes ami&#183;es. Un papa m'a dit l'autre jour &#8220;&lt;i&gt;tu peux pas comprendre, t'as pas d'enfant&lt;/i&gt;&#8221;, j'ai trouv&#233; &#231;a injuste et cruel. J'ai m&#234;me envisag&#233; d'accueillir des enfants plac&#233;s &#224; l'Aide sociale &#224; l'enfance, des enfants que j'imaginais &#8220;de passage&#8221;, desquels il faut s'occuper le temps que leur situation familiale s'arrange. J'ai vite compris qu'il s'agissait en fait d'avoir un v&#233;ritable r&#244;le de parent car c'est rare qu'ils retournent dans leur famille d'origine. On pourrait imaginer d'autres fa&#231;ons un peu plus collectives d'&#233;lever les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que faire des enfants dans notre soci&#233;t&#233; ne nous prot&#232;ge pas de la solitude. Beaucoup vieillissent seul&#183;es dans des Ehpad loin de leurs enfants et petits-enfants. En revanche, les amiti&#233;s nous aident. Je connais beaucoup de personnes assez &#226;g&#233;es qui ont des vies bien remplies et sont tr&#232;s entour&#233;es, pas seulement par leurs enfants, mais par leurs ami&#183;es et camarades de lutte. Je m'imagine tr&#232;s bien vieille, avec mes copines, en manif' le dimanche apr&#232;s-midi ou partant en week-end &#224; l'improviste. La solitude ne me fait pas peur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Rita, la soixantaine : &#171; Mon parcours a fait qu'il n'y avait pas trop de place pour des enfants &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand tu vois la lettre que Macron veut envoyer aux jeunes de 29 ans pour les inciter &#224; faire des enfants, tu te dis mais vraiment, l'&#201;tat se m&#234;le de tout, m&#234;me du corps des femmes ! Et puis c'est toujours la m&#234;me natalit&#233; qui est encourag&#233;e : pas celle de femmes immigr&#233;es ou sans-papiers, mais la natalit&#233; blanche. Moi je travaille dans le 3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Marseille comme AESH, et je peux te dire que des enfants, il y en a !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et des enfants sans parents aussi. Je trouve que c'est une bonne alternative de ne pas avoir d'enfant soi-m&#234;me mais d'adopter. Mais en France, quand on n'a pas un super salaire, qu'on n'est pas un-papa-une-maman, c'est tr&#232;s compliqu&#233;. Et puis au-del&#224;, dans la vie, il n'y a pas que ses enfants : il y a aussi les enfants des autres. Par exemple, je suis tr&#232;s attach&#233;e au fils d'une amie, c'est un peu mon filleul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus jeune, j'ai avort&#233; deux fois parce que je ne voulais pas de grossesse &#224; ces moments-l&#224;. Mais &#224; vrai dire, je n'ai pas vraiment eu de &lt;i&gt;d&#233;sir d'enfant&lt;/i&gt;. Quand j'&#233;tais ado, &#224; 16 ou 17 ans, alors que je me faisais chier chez mes parents et que je r&#234;vais &#224; ma vie d'adulte id&#233;ale, je me souviens clairement m'&#234;tre dit : &#8220;&lt;i&gt;Peut-&#234;tre que j'aurai des enfants, mais si &#231;a arrive, je veux les avoir seule.&lt;/i&gt;&#8221; Tu vois tes parents, tu vois les gens autour, c'est effrayant ! Je pressentais d&#233;j&#224; que se marier, fonder une famille, c'&#233;tait l'ali&#233;nation. Ma m&#232;re &#233;tait infirmi&#232;re &#224; domicile, mon p&#232;re employ&#233; et communiste, puis il est classiquement devenu un peu raciste et Front national. Ils ne m'ont jamais mis la pression pour que j'ai des enfants. J'ai eu des relations avec des hommes, plut&#244;t longues, mais je ne me voyais pas m'attacher &#224; eux en faisant des enfants ; je sentais que c'&#233;tait pas ce qu'il fallait que je fasse. Mon parcours faisait qu'il n'y avait pas trop de place pour faire un gosse. J'&#233;tais engag&#233;e dans un groupe qui avait une activit&#233; de critique sociale contre la prison entre autres et contre ce monde. Cette p&#233;riode n'&#233;tait pas trop compatible avec le fait d'avoir un enfant. J'&#233;tais &#224; droite &#224; gauche, et c'&#233;tait mieux comme &#231;a, pour pouvoir continuer. C'est assez rare que les femmes parviennent &#224; concilier leur temps consacr&#233; &#224; &#233;lever des enfants et celui consacr&#233; &#224; d'autres activit&#233;s. Dans les premiers temps surtout, elles se retrouvent souvent &#224; devoir se couper de la vie sociale, et ce n'&#233;tait pas mon choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 40 ans, j'ai quand m&#234;me eu un doute, parce que c'est vrai que &#231;a peut &#234;tre cool d'avoir un gosse. J'y ai un peu r&#233;fl&#233;chi et je me suis dit : &#8220;&lt;i&gt;&#199;a va &#234;tre trop tard, et je ne vais pas faire tout d'un coup un enfant parce que c'est le dernier moment. Je ne vais pas me faire des n&#339;uds au cerveau : je sais ce qui m'a amen&#233;e l&#224;, j'ai mon parcours et je n'ai ni regrets ni questionnements douloureux par rapport &#224; &#231;a. Allez hop ! On &#233;vacue.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, la pression sociale, je l'ai sentie de la part de copines qui, elles, avaient des enfants. J'ai &#233;t&#233; renvoy&#233;e &#224; des &#8220;&lt;i&gt;ah mais tu peux pas comprendre&lt;/i&gt;&#8221;, notamment quand je donnais mon avis ou des conseils sur l'&#233;ducation. Encore maintenant, quand je dis que je n'ai pas d'enfant, je sens que certaines femmes sont g&#234;n&#233;es. Elles ne me demandent d'ailleurs pas si c'est voulu ou subi. &#199;a reste un petit tabou. Comme si on n'&#233;tait pas vraiment &lt;i&gt;accomplies&lt;/i&gt; en tant que femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai aussi pas mal de copines qui ont 35 ou 40 ans et qui n'auront pas d'enfant. Et &#224; vrai dire&#8230; on n'en parle pas tant que &#231;a ! Il y a d'autres choses dans la vie qui sont importantes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Livia Stahl&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Zahra, 38 ans : &#171; Avoir des enfants ou non, notre lutte reste la m&#234;me contre le patriarcat &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai 38 ans, je suis c&#233;libataire, et &#231;a fait vraiment longtemps que je sais que je ne veux pas avoir d'enfants. Je ne ressens pas le besoin d'&#234;tre m&#232;re et je suis assez sereine par rapport &#224; &#231;a. C'est un choix plut&#244;t d&#233;finitif vu que mon avis n'a pas chang&#233; au fil des ann&#233;es, et qu'actuellement je ne me dis pas non plus : &#8220;&lt;i&gt;l&#224; c'est le moment ou jamais&lt;/i&gt;&#8221;. J'ai la chance d'&#233;voluer dans un milieu o&#249; les gens s'en foutent que j'aie des enfants ou pas. Il n'y a que ma m&#232;re qui y croit encore et me demande toutes les semaines si j'ai trouv&#233; quelqu'un pour me marier et faire des gosses. Mais avec le temps elle finira bien par l&#226;cher l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est quand j'ai eu la vingtaine que j'ai commenc&#233; &#224; me dire que je ne voulais pas avoir d'enfants. C'&#233;tait en r&#233;action &#224; la mani&#232;re dont j'ai &#233;t&#233; &#233;duqu&#233;e dans ma famille : je ne voulais pas ressembler &#224; ma m&#232;re qui tenait la famille &#224; bout de bras et nous g&#233;rait, nous, les trois enfants. Elle &#233;tait infirmi&#232;re mais elle a arr&#234;t&#233; de travailler apr&#232;s une maladie. Quand elle a voulu reprendre, mon p&#232;re lui a demand&#233; de ne pas le faire, parce que c'&#233;tait plus simple pour s'occuper de nous. &#199;a m'a fait dire que je voulais &#234;tre la m&#232;re de personne. Je voulais avoir le temps de me construire toute seule, de vivre les choses &#224; ma fa&#231;on. &#192; l'&#233;poque j'&#233;tais aussi dans le rejet du couple et des relations avec les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite j'ai rencontr&#233; d'autres femmes avec lesquelles j'ai beaucoup discut&#233;. Certaines voulaient des enfants, d'autres non. Ces &#233;changes ont &#233;t&#233; importants pour ma construction politique et f&#233;ministe : en avoir ou ne pas en avoir, pour diff&#233;rentes raisons, est un choix qui nous appartient. Mais notre lutte reste la m&#234;me contre le patriarcat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai eu la trentaine, mon choix s'est davantage construit que par le pass&#233;. Il n'&#233;tait plus seulement bas&#233; sur le rejet. Aujourd'hui, ma situation professionnelle (je travaille dans l'associatif) fait que jamais je n'aurais beaucoup d'argent. Par ailleurs mes engagements politiques m'obligent &#224; donner pas mal de mon temps. Or, &#234;tre seule dans la d&#232;che, ce n'est pas pareil qu'&#234;tre seule, dans la d&#232;che, &lt;i&gt;avec&lt;/i&gt; un enfant &#224; charge. Et puis, je continue de ne pas adh&#233;rer &#224; la conception &#8220;traditionnelle&#8221; du couple. Je suis plus dans des sch&#233;mas d'autonomie et d'ind&#233;pendance. Par exemple, je ne veux pas habiter avec la personne avec laquelle je relationne, encore moins porter la charge mentale d'un foyer. Et c'est plus simple de sortir d'une relation o&#249; il n'y a ni enfants ni cohabitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; de &#231;a, je ne con&#231;ois pas le fait de procr&#233;er comme un accomplissement. Il y a suffisamment de gosses en qu&#234;te de famille dans le monde, je n'ai pas besoin de propager mes propres g&#232;nes. Je me suis toujours dit que si un jour je venais &#224; ressentir le besoin de transmettre, je pourrais toujours lancer une proc&#233;dure d'adoption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fait le choix de m'investir davantage dans les relations avec mes amies, avec ma famille, surtout avec mes ni&#232;ces, qui sont un peu comme mes enfants et auxquelles j'essaie de consacrer du temps. Je ne pense pas qu'on devrait faire des gosses en pensant qu'ils vont s'occuper de nous apr&#232;s, on a d&#233;j&#224; aucune garantie qu'ils vont nous aimer, alors bon. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>A travers les yeux des dames de fraises</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/A-travers-les-yeux-des-dames-de</link>
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		<dc:date>2026-03-27T23:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec la BD Dames de fraises, doigts de f&#233;e, la dessinatrice Annelise Verdier nous raconte le quotidien de violences et d'entraides des milliers de Marocaines qui, chaque saison, vont travailler dans la production de fraises dans le sud de l'Espagne. Pouss&#233;e par la n&#233;cessit&#233; de nourrir son mari asthmatique et ses deux enfants, et voyant que les petits boulots au Maroc ne lui permettent pas de se projeter plus loin que le lendemain, Farida s'inscrit &#224; l'Anapec pour tenter le coup de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no250-mars-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;250 (mars 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec la BD&lt;i&gt; Dames de fraises, doigts de f&#233;e&lt;/i&gt;, la dessinatrice Annelise Verdier nous raconte le quotidien de violences et d'entraides des milliers de Marocaines qui, chaque saison, vont travailler dans la production de fraises dans le sud de l'Espagne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pouss&#233;e par la n&#233;cessit&#233; de nourrir son mari asthmatique et ses deux enfants, et voyant que les petits boulots au Maroc ne lui permettent pas de se projeter plus loin que le lendemain, Farida s'inscrit &#224; l'Anapec&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agence nationale de promotion de l'emploi et des comp&#233;tences, au Maroc.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; pour tenter le coup de l'autre c&#244;t&#233; de la M&#233;diterran&#233;e. Elle embarque sur un ferry direction les productions de fraises de la province de la Huelva, dans le sud de l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur place, les serres s'&#233;talent &#224; perte de vue, entrecoup&#233;es d'exploitations agricoles aux cl&#244;tures barbel&#233;es et de bidonvilles. D&#232;s le premier jour, elle d&#233;couvre la chaleur &#233;touffante, le rythme effr&#233;n&#233; de la r&#233;colte, les nuages de pesticides, les violences (sociales, racistes, sexistes et sexuelles) et, surtout, le d&#233;nuement : aucun mat&#233;riel de protection n'est fourni, l'eau vient souvent &#224; manquer &#8211; &#171; &lt;i&gt;les fraises boivent avant les humains&lt;/i&gt; &#187; &#8211; la nourriture s'ach&#232;te&#8230; &#192; plusieurs kilom&#232;tres de marche au milieu de terres d&#233;vast&#233;es par l'agro-industrie. Heureusement, la sororit&#233;, la d&#233;brouille et la r&#233;sistance aident &#224; la survie, et mettent &#224; jour toute une exploitation organis&#233;e qui concerne &#171; &lt;i&gt;chaque ann&#233;e entre janvier et juin, environ 15 000 femmes [&#8230;] venant souvent des zones rurales et marginalis&#233;es du Maroc profond&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;aliser &lt;i&gt;Dames de fraises, doigts de f&#233;e&lt;/i&gt; (Alifbata, 2025), la dessinatrice Annelise Verdier s'est librement appuy&#233;e sur plusieurs recherches sur le sujet, en particulier celle de Chadia Arab&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dames de fraises, doigts de f&#233;e. Les invisibles de la migration saisonni&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui, dans la pr&#233;face, pose l'importance d'une &#339;uvre qui donne enfin un visage aux &#171; &lt;i&gt;travailleuses marocaines, invisibles d'un monde globalis&#233;, recrut&#233;es pour leurs mains agiles et leurs doigts de f&#233;e, mais aux voix &#233;touff&#233;es&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Agence nationale de promotion de l'emploi et des comp&#233;tences, au Maroc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Dames de fraises, doigts de f&#233;e. Les invisibles de la migration saisonni&#232;re marocaine en Espagne&lt;/i&gt;, En toutes lettres, 2018, r&#233;&#233;dit&#233;e en 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Des textes in&#233;dits, &#224; l'os et percutants &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Des-textes-inedits-a-l-os-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Des-textes-inedits-a-l-os-et</guid>
		<dc:date>2026-01-30T23:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis cet &#233;t&#233;, on peut retrouver dans les bacs les premiers ouvrages publi&#233;s par la maison d'&#233;dition marseillaise Esquif. Un tout nouveau projet qui fait le pari de publier des r&#233;cits courts aussi exigeants que diversifi&#233;s. Quel plaisir d'avoir entre les mains les derniers n&#233;s de la toute nouvelle maison d'&#233;dition marseillaise Esquif. Avec son format &#233;troit mais allong&#233;, l'objet intrigue, les couvertures claquent et, alors qu'elle n'en est qu'&#224; ses premiers mois d'existence, la diversit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no248-janvier-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;248 (janvier 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis cet &#233;t&#233;, on peut retrouver dans les bacs les premiers ouvrages publi&#233;s par la maison d'&#233;dition marseillaise Esquif. Un tout nouveau projet qui fait le pari de publier des r&#233;cits courts aussi exigeants que diversifi&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6358 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/mona_couverture.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH949/mona_couverture-85896.jpg?1769815808' width='500' height='949' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;Q&lt;/span&gt;uel plaisir d'avoir entre les mains les derniers n&#233;s de la toute nouvelle maison d'&#233;dition marseillaise Esquif&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus d'informations sur leur histoire et leur catalogue : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Avec son format &#233;troit mais allong&#233;, l'objet intrigue, les couvertures claquent et, alors qu'elle n'en est qu'&#224; ses premiers mois d'existence, la diversit&#233; des styles de r&#233;cits fait saliver tout pareil qu'un d&#233;licieux &lt;i&gt;mezz&#233; &lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Mais par quoi je vais bien pouvoir commencer ? ! &lt;/i&gt; &#187; Discussion avec Pierrick Starsky, &#233;diteur de longue date &#8211; notamment du d&#233;funt magazine de bande dessin&#233;e &lt;i&gt;AAARG !&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour retrouver leurs archives, voir leur profil Facebook : AAARG &#8211; Al Dente&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#8211; et un des tauliers principaux d'Esquif, aux c&#244;t&#233;s de notre ador&#233; &#201;tienne Savoye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'o&#249; t'est venue l'envie de lancer une nouvelle maison d'&#233;dition &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis dans l'&#233;dition depuis une vingtaine d'ann&#233;es et cela faisait un moment qu'on discutait avec &#201;tienne Savoye &#8211; qui g&#232;re le graphisme et la maquette &#8211; de l'id&#233;e de publier des formats courts (moins de cent pages) en travaillant &#224; chaque fois avec des personnes diff&#233;rentes sur des textes originaux.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; En France, la nouvelle est consid&#233;r&#233;e comme un mauvais genre litt&#233;raire &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;J'ai l'impression qu'on a plus forc&#233;ment le temps de lire, que certaines personnes veulent s'y remettre quand d'autres ne s'autorisent simplement pas &#224; bouquiner. Le format court est moins intimidant et c'est parfait comme parenth&#232;se pour exp&#233;rimenter pour pas trop cher. Et on l'a appel&#233;e Esquif [petite embarcation l&#233;g&#232;re] parce qu'en vrai, on n'a pas toujours forc&#233;ment &lt;i&gt;besoin d'un plus gros bateau&lt;/i&gt; &#8211; si t'as la r&#233;f &lt;i&gt;[rires]&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et si comme moi, tu ne l'as pas, &#231;a vient d'un vieux film avec un requin.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il fallait oser se mettre &#224; &#233;diter des formats courts.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a un c&#244;t&#233; exp&#233;rimental, qui illustre notre &#233;tat d'esprit. En France, la nouvelle est consid&#233;r&#233;e comme un mauvais genre litt&#233;raire. On nous dit que les nouvelles, &#231;a ne se vend pas. C'est une tradition anglo-saxonne qui n'a jamais pris en France. Mais c'est le serpent qui se mord la queue. On n'&#233;dite quasi que des recueils d'auteurs &#8220;valeurs s&#251;res&#8221; dont on publie m&#234;me les fonds de tiroir.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Le but c'est de se creuser la t&#234;te pour donner du plaisir, surprendre et pousser &#224; sortir de ses zones de confort &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il y a des livres courts fondateurs, comme &lt;i&gt;La solitude du coureur de fond&lt;/i&gt; de l'&#233;crivain britannique Alan Sillitoe. &#199;a nous a donn&#233; envie de tenter, de travailler avec des auteurs qu'on conna&#238;t sur des textes in&#233;dits, courts, &#224; l'os et percutants. Reste que c'est un format mal-aim&#233; des journalistes, qui parlent peu de nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le format physique est aussi particulier. C'est de poche mais pas trop.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On voulait aussi &#233;viter le format classique du livre de poche, proposer un joli livre-objet en longueur, mais transportable et permettant le confort de lecture. C'est inhabituel mais il y en a pour tous les go&#251;ts et, pour les lecteur&#183;ices, le format court facilite l'exp&#233;rimentation : la prise de risque est moins grande au cas o&#249; vous n'aimeriez pas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous commencez fort avec un texte original de l'auteur d&#233;sormais star Fab Caro !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il s'agit de &lt;i&gt;Rumba Mariachi&lt;/i&gt;, de Fabrice Caro. Une nouvelle assez courte qui raconte une histoire absurde, pied au plancher, &#224; l'incipit marquant : &#8220;&lt;i&gt;Quand le t&#233;l&#233;phone a sonn&#233;, j'&#233;tais en train de me pendre&lt;/i&gt;&#8221;. Le personnage d&#233;cide de r&#233;pondre et passera la journ&#233;e la plus &#233;trange de sa vie. &#199;a a l'air l&#233;ger, mais &#231;a ne l'est jamais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez quoi d'autre dans les bacs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans &lt;i&gt;Mona&lt;/i&gt;, Aur&#233;lie Champagne nous propose un r&#233;cit percutant et sensible &#224; la Thelma et Louise sur les &lt;i&gt;bullshit job&lt;/i&gt; dans un parc &#224; jeux, la parentalit&#233; et l'enfance. C'est &#224; la fois sensible, incisif, f&#233;ministe. Un texte parfois dur, mais plein d'espoir et de tendresse. Il r&#233;ussit la gageure d'apporter une grosse palette d'&#233;motions aux lecteur&#183;ices en tr&#232;s peu de pages. Avec &lt;i&gt;Dans ma maison sous-terre&lt;/i&gt;, Nicolas Martin &#233;crit une sorte d'hommage &#224; l'&#233;crivain am&#233;ricain Lovecraft, m&#234;lant horreur cosmique et luttes des classes. C'est le journal d'un jeune homme qui recueille les derniers mots de son grand-p&#232;re qui a travaill&#233; dans une mine &#233;trange qui rec&#232;le de nombreux secrets.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Notre objectif est clair : &#234;tre paritaire dans notre catalogue &#8211; et dans les illustrations &#8211; apr&#232;s une ann&#233;e d'activit&#233; &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Finalement, notre nouvelle la plus longue, &lt;i&gt;Comme un malpropre&lt;/i&gt; de Richard Gaitet, est un trip autofictionnel. Un quarantenaire fait le m&#233;nage tout le livre... Alors que son histoire d'amour bat de l'aile, le rangement intensif de son appartement est le pr&#233;texte &#224; un voyage introspectif, &#224; une r&#233;flexion sur les injonctions d'une soci&#233;t&#233; patriarcale, sur l'&#233;ducation des hommes. Un genre d'&#233;tat des lieux personnel et g&#233;n&#233;rationnel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a reste tr&#232;s masculin pour l'instant...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Notre objectif est clair : &#234;tre paritaire dans notre catalogue &#8211; et dans les illustrations &#8211; apr&#232;s une ann&#233;e d'activit&#233;. On a engag&#233; plusieurs livres avec &#231;a en t&#234;te. Pour l'instant, il y a plus de sorties d'auteurs, mais nous aurons un pic d'autrices ensuite. C'est une histoire de disponibilit&#233;s&#8230; On est un peu en retard mais c'est vraiment important pour nous. Printemps 2026, on va notamment publier &lt;i&gt;L&#224; o&#249; le ciel tombe&lt;/i&gt;. Ava Weissmann va nous proposer un texte d'une rare puissance qu'on lit d'un seul souffle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment vous d&#233;cidez de ce que vous publiez ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D'un livre &#224; l'autre, on change de sujet, de style et d'auteur&#183;ices. Notre ligne &#233;ditoriale, c'est le format court. Du coup, on peut se permettre d'aller dans plein de directions. C&#244;t&#233; m&#233;thode, tous les livres ne sont pas dirig&#233;s par les m&#234;mes personnes, ce qui am&#232;ne des points de vue diff&#233;rents, et on &#233;labore chaque projet collectivement, au gr&#233; des &#233;changes, des rencontres et des envies. On assume de ne pas accepter les manuscrits, mais on en re&#231;oit quand m&#234;me 50 par semaine&#8230; On essaie de leur dire qu'en vrai tout le monde peut cr&#233;er une maison d'&#233;dition, allez-y, c'est &lt;i&gt;do it yourself&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est bien beau le DIY, mais il faut encore passer l'ann&#233;e...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bon, on est un peu surmen&#233;s parce que c'&#233;tait le lancement, il y a un &#233;quilibre &#224; trouver &#224; plus long terme. On n'a pas de salari&#233;s et pas de charges fixes pour pouvoir faire ce qu'on a envie sans avoir le couteau sous la gorge. On veut garder cette libert&#233; de prendre des risques, m&#234;me si c'est &#233;norm&#233;ment de travail r&#233;tribu&#233; par un petit pourcentage sur les ventes. Mais le but c'est de se creuser la t&#234;te pour donner du plaisir, surprendre et pousser &#224; sortir de ses zones de confort. Alors la prochaine fois que t'es invit&#233;&#183;e pour l'ap&#233;ro, ne prends pas une &#233;ni&#232;me bouteille de vin, am&#232;ne un livre ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_6359 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/dansmamaison_couverture.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH952/dansmamaison_couverture-f22a4.jpg?1769815809' width='500' height='952' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_6360 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/commeunmalpropre_couverture.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH954/commeunmalpropre_couverture-13073.jpg?1769815810' width='500' height='954' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_6361 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/rumba_mariachi_couverture.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH949/rumba_mariachi_couverture-e368c.jpg?1769815811' width='500' height='949' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour plus d'informations sur leur histoire et leur catalogue : esquif-editions.fr&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour retrouver leurs archives, voir leur profil Facebook : AAARG &#8211; Al Dente&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et si comme moi, tu ne l'as pas, &#231;a vient d'un vieux film avec un requin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des bandes de jeunes contre les nazis</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Des-bandes-de-jeunes-contre-les</link>
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		<dc:date>2025-12-20T13:11:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>Alex Less</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec Meutes, Swings et Pirates de l'Edelweiss, l'historien allemand Sascha Lange nous plonge dans l'univers m&#233;connu des bandes de jeunes sous l'Allemagne nazie. Une histoire de contre-cultures en r&#233;sistance par la danse comme par les poings. &#171; Le spectacle de 300 personnes qui dansaient &#233;tait terrifiant. Aucun couple ne dansait de fa&#231;on &#224; peu pr&#232;s normale. Les gens swinguaient de la fa&#231;on la plus ignoble et la plus extr&#234;me [&#8230;]. Chez certains on pouvait m&#234;me s&#233;rieusement douter de leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no247-decembre-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;247 (d&#233;cembre 2025)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Alex-Less" rel="tag"&gt;Alex Less&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec &lt;i&gt;Meutes, Swings et Pirates de l'Edelweiss&lt;/i&gt;, l'historien allemand Sascha Lange nous plonge dans l'univers m&#233;connu des bandes de jeunes sous l'Allemagne nazie. Une histoire de contre-cultures en r&#233;sistance par la danse comme par les poings.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6330 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/247_14_jeunessehitler_alexless.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH350/247_14_jeunessehitler_alexless-22ffe.jpg?1768663481' width='500' height='350' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; L&lt;/span&gt;&lt;i&gt;e spectacle de 300 personnes qui dansaient &#233;tait terrifiant. Aucun couple ne dansait de fa&#231;on &#224; peu pr&#232;s normale. Les gens swinguaient de la fa&#231;on la plus ignoble et la plus extr&#234;me [&#8230;]. Chez certains on pouvait m&#234;me s&#233;rieusement douter de leur sant&#233; mentale&lt;/i&gt; &#187;, rapporte un membre hallucin&#233; de la patrouille des Jeunesses hitl&#233;riennes (JH) en infiltration dans une f&#234;te &#224; Hambourg. Nous sommes en Allemagne en f&#233;vrier 1940 et les nazis n'arrivent pas vraiment &#224; faire appliquer leurs lois visant les jeunes (adh&#233;sion obligatoire aux JH, couvre-feu, censure politique et culturelle, participation &#224; l'effort de guerre&#8230;) Cela fait pourtant plus d'une d&#233;cennie que l'&#201;tat fasciste en devenir surveille cette jeunesse allemande qui a soif d'autonomie et de vie culturelle, et qui se regroupe en bandes &#8211; compos&#233;es d'un quart &#224; un tiers de filles &#8211; pour organiser des activit&#233;s en dehors de la tutelle des adultes, de l'&#201;tat et des partis politiques&#8230; Mais dans cette Allemagne cr&#233;pusculaire, partir en excursion dans la nature, &#233;couter les derniers vinyles de swing, chanter des chansons populaires ou s'habiller selon ses propres codes revient &#224; d&#233;fier le III&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Reich.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'histoire peu connue des bandes de jeunes en Allemagne, l'historien allemand Sascha Lange nous fait un passionnant tour d'horizon dans &lt;i&gt;Meutes, Swings et Pirates de l'Edelweiss&lt;/i&gt;&lt;i&gt; : contre-cultures jeunes dans l'Allemagne nazie&lt;/i&gt; (&#233;ditions BPM, 2025). Qu'elles soient issues de la classe ouvri&#232;re ou bourgeoise, politis&#233;es (de gauche ou de droite) ou non, organis&#233;es ou informelles, toutes avaient en commun de refuser, consciemment ou non, l'endoctrinement &#8211; puis l'enr&#244;lement &#8211; du r&#233;gime nazi, en chantant, en dansant ou en se bastonnant. &#171; &lt;i&gt;Notre groupe ne s'int&#233;ressait pas &#224; la politique et ce sont les nazis qui nous ont pouss&#233;s &#224; la confrontation en raison de nos go&#251;ts musicaux, de nos accoutrements et de nos coiffures&lt;/i&gt; &#187;, se rem&#233;more Heinz Koch, de la Meute des Hallois de Gosen, &#224; l'ouest de Leipzig. Une r&#233;sistance au conformisme que Johann Chapoutot qualifie, dans la pr&#233;face, de &lt;i&gt;Resistenz&lt;/i&gt; au sens de r&#233;sistance des mat&#233;riaux, o&#249; la lutte &#171; &lt;i&gt;c'est peut-&#234;tre moins faire d&#233;railler un train ou tenter d'assassiner Hitler que croiser les bras lorsque tout le monde le tend&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au fil de la guerre la r&#233;pression s'intensifie et, surveill&#233;s par la Gestapo ou victimes de d&#233;nonciation, des centaines de jeunes sont condamn&#233;s, non plus &#224; une journ&#233;e de formation apr&#232;s s'&#234;tre fait coup&#233; les cheveux, mais &#224; de la prison ferme, aux camps de travail, ou tout simplement condamn&#233;s &#224; mort et ex&#233;cut&#233;s en prison, pour un tract, des graffitis ou une bagarre de rue. Reste qu'on ne tue pas si facilement &#171; &lt;i&gt;une envie irr&#233;pressible de libert&#233;&lt;/i&gt; &#187; et cet ouvrage touffu o&#249; s'entrecroisent r&#233;cits de luttes, images d'archives, t&#233;moignages des jeunes de l'&#233;poque, rapports de la Gestapo et &#8211; comme il est de coutume avec les &#233;ditions BPM&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Bouquins de zik : &#8220;Des trucs qui te tiraillent en restant populaires&#8221; &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#8211; beaucoup de r&#233;f&#233;rences musicales, est un appel &#224; retrouver le go&#251;t et l'urgence de swinguer contre le fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Bouquins de zik : &#8220;Des trucs qui te tiraillent en restant populaires&#8221; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, n&#176; 223 (octobre 2023).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Immersion en salle de conso</title>
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		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Avec la BD &#192; Moindres risques, Mat Let s'immerge dans le quotidien d'une salle de consommation de drogues &#224; Paris. Il nous raconte un lieu d'accueil et de soin bien loin des clich&#233;s sensationnalistes et des pr&#233;jug&#233;s moralistes. Alors que les l&#226;chet&#233;s politiques ont eu raison de la pourtant n&#233;cessaire Salle de consommation &#224; moindres risques (SCMR) &#224; Marseille, le dessinateur Mat Let apporte sa pierre &#224; l'&#233;difice d'un d&#233;bat o&#249; peurs et morales de tous bords d&#233;fient les faits. Dans la BD &#192; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no241-mai-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;241 (mai 2025)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec la BD &lt;i&gt;&#192; Moindres risques&lt;/i&gt;, Mat Let s'immerge dans le quotidien d'une salle de consommation de drogues &#224; Paris. Il nous raconte un lieu d'accueil et de soin bien loin des clich&#233;s sensationnalistes et des pr&#233;jug&#233;s moralistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6109 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/241_14_salleshoot.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH212/241_14_salleshoot-9c741.jpg?1768654683' width='500' height='212' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;lors que les l&#226;chet&#233;s politiques ont eu raison de la pourtant n&#233;cessaire Salle de consommation &#224; moindres risques (SCMR)&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aussi appel&#233;es &#171; Halte soins addictions &#187; (HSA) &#8211; et non &#171; salle de shoot &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#224; Marseille, le dessinateur Mat Let apporte sa pierre &#224; l'&#233;difice d'un d&#233;bat o&#249; peurs et morales de tous bords d&#233;fient les faits. Dans la BD &lt;i&gt;&#192; Moindres risques&lt;/i&gt; (La Bo&#238;te &#224; Bulles, 2024), il raconte en images son immersion dans le quotidien d'une SCMR g&#233;r&#233;e par l'association Ga&#239;a et soutenue par M&#233;decin du Monde (MDM), situ&#233;e dans le X&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris. En cherchant &#224; &#171; &lt;i&gt;comprendre et donner &#224; comprendre la r&#233;alit&#233; de ce lieu qui d&#233;clenche les passions&lt;/i&gt; &#187;, il se confronte &#224; ses propres pr&#233;jug&#233;s et d&#233;crit tout un &#233;cosyst&#232;me complexe et humain d&#233;passant le seul acte de consommation. Sans ang&#233;lisme ou na&#239;vet&#233; sur les potentielles tensions ou violences inh&#233;rentes &#224; la pr&#233;carit&#233;, il d&#233;peint un lieu o&#249; prime le souci du soin, de l'&#233;coute et du respect de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;L'enfer est aussi administratif, et certain&#183;es viennent simplement pour avoir leur num&#233;ro de S&#233;cu&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il y rencontre Bader, m&#233;diateur qui g&#232;re la file d'attente en jonglant entre l'&#233;coute empathique et le posage de limites fermes ; se lie avec Banban, qui lui raconte ses gal&#232;res d'emploi, de famille, de sant&#233;, comme un engrenage infernal dont il n'arrive pas &#224; sortir ; &#233;coute un usager qui mime &#224; la fa&#231;on d'un clown son arrestation brutale et la fouille ill&#233;gale de la police &#8211; un humour qui choque le dessinateur et lui illustre la banalit&#233; quotidienne de ces violences ; accompagne un usager qui lui raconte comment se d&#233;roule une injection. L'enfer est aussi administratif, et certain&#183;es viennent simplement pour avoir leur num&#233;ro de S&#233;cu apr&#232;s s'&#234;tre fait voler leur carte vitale ou avoir perdu leurs papiers d'identit&#233;.
Ici, rien de glauque ou de cach&#233;, la salle se d&#233;voile comme un lieu d'accueil et de soutien &#224; des populations stigmatis&#233;es, visibles et violent&#233;es, qui ne sont pas repr&#233;sentatives de tous les usager&#183;es de drogues en g&#233;n&#233;ral : celles et ceux &#8211; plus favoris&#233;&#183;es et moins vuln&#233;rables &#8211; qui consomment &#224; la maison, au travail ou de mani&#232;re r&#233;cr&#233;ative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des semaines, son regard change, non seulement sur la salle de conso, mais sur le monde ext&#233;rieur. &#171; &lt;i&gt;Tout le monde conna&#238;t la salle mais personne n'y comprend rien&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;alise-t-il en &#233;coutant les l&#233;gitimes inqui&#233;tudes des riverain&#183;es. Une m&#233;connaissance &#224; laquelle la recherche scientifique et les gens de terrain peuvent r&#233;pondre, pour peu que l'on contre activement les discours moralistes qui nous font croire que nier ou r&#233;primer une r&#233;alit&#233; peut la faire dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Aussi appel&#233;es &#171; Halte soins addictions &#187; (HSA) &#8211; et non &#171; salle de shoot &#187; &#8211; il s'agit d'espaces de r&#233;duction des risques o&#249; les personnes qui souhaitent consommer leur drogue peuvent le faire en &#233;tant encadr&#233;es par du personnel qualifi&#233; et dans des conditions s&#251;res.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La transformation sociale par le d&#233;pistage</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-transformation-sociale-par-le</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/La-transformation-sociale-par-le</guid>
		<dc:date>2025-03-28T00:58:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Nadia Berz</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bas&#233; &#224; Marseille et port&#233; par l'association Aides, le Spot Longchamp est un centre de sant&#233; sexuelle qui a la particularit&#233; de s'adresser aux populations les plus pr&#233;caris&#233;es. Ici, personnes exil&#233;es, travailleuses du sexe ou trans peuvent rapidement trouver informations et soins adapt&#233;s &#224; leurs r&#233;alit&#233;s. Reportage. Au num&#233;ro 3 du boulevard Longchamp, &#224; quelques pas des bureaux de CQFD, se trouve un lieu peu connu du grand public. M&#234;me s'il se fait plut&#244;t discret, le ton est donn&#233; d&#232;s le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no239-mars-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;239 (mars 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Nadia-Berz" rel="tag"&gt;Nadia Berz&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bas&#233; &#224; Marseille et port&#233; par l'association Aides, le Spot Longchamp est un centre de sant&#233; sexuelle qui a la particularit&#233; de s'adresser aux populations les plus pr&#233;caris&#233;es. Ici, personnes exil&#233;es, travailleuses du sexe ou trans peuvent rapidement trouver informations et soins adapt&#233;s &#224; leurs r&#233;alit&#233;s. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;u num&#233;ro 3 du boulevard Longchamp, &#224; quelques pas des bureaux de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, se trouve un lieu peu connu du grand public. M&#234;me s'il se fait plut&#244;t discret, le ton est donn&#233; d&#232;s le pas de porte franchi. Quelqu'un&#183;e vient &#224; notre rencontre pour nous accueillir et l'ambiance se fait chaleureuse. Les nombreux flyers &#224; l'entr&#233;e attirent le regard, tout comme les posters et photos d'exposition &#233;pingl&#233;es au mur&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit de l'exposition &#171; Nous sommes ici. Les femmes br&#233;siliennes &#224; Aides (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. En fond sonore Cabrel chante qu'il n'y a pas d'amour sans histoires, et l'odeur du caf&#233; guide naturellement vers la &#171; salle d'attente &#187;, un salon cosy o&#249; patienter avant son tour. Bienvenue au Spot Longchamp, un centre de sant&#233; sexuelle unique en son genre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sens de l'accueil et r&#233;sultats rapides&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Inaugur&#233; en 2016 en tant que Centre gratuit d'information, de d&#233;pistage et de diagnostic (Cegidd) port&#233; par l'association Aides, le Spot est un des quatre lieux en France &#224; exp&#233;rimenter depuis 2021 la fonction de Centre de sant&#233; sexuelle d'approche communautaire (CSSAC)&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alors que le statut du Cegidd garantit l'anonymat, permet de prendre en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Une hybridation pens&#233;e pour r&#233;pondre &#224; de grandes ambitions, alors que Marseille se situe dans la 2&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; r&#233;gion m&#233;tropolitaine la plus touch&#233;e par l'&#233;pid&#233;mie de VIH apr&#232;s Paris. Le Spot propose ainsi des services de sant&#233; sexuelle adapt&#233;s et rapides aux populations les plus pr&#233;caris&#233;es et les plus expos&#233;es. &#171; &lt;i&gt;M&#234;me si on ne refuse personne, on s'adresse avant tout aux personnes vuln&#233;rables au VIH, c'est-&#224;-dire les personnes vivant avec le virus, les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HSH), les personnes migrantes, les personnes trans, surtout d'Am&#233;rique latine, les consommateur&#183;rices de produits psychoactifs, et les travailleur&#183;ses du sexe&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Fatima Zahra Bernissi, coordinatrice du centre. &lt;i&gt;Leur point commun ? La discrimination et la pr&#233;carit&#233; qui les &#233;loignent des syst&#232;mes de soin.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; D&#232;s que les personnes passent la porte, la premi&#232;re interaction n'est pas de leur demander leur carte Vitale mais d'&#234;tre &#224; l'&#233;coute &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; ce d&#233;fi, le Spot mise sur un accueil &#8211; inconditionnel, sans rendez-vous, anonyme ou non &#8211; qui prend le temps de s'adapter aux r&#233;alit&#233;s des personnes concern&#233;es. &#171; &lt;i&gt;D&#232;s que les personnes passent la porte, on essaie de les mettre en confiance. La premi&#232;re interaction n'est pas de leur demander leur carte Vitale mais bien d'&#234;tre &#224; l'&#233;coute de leurs besoins tout en leur pr&#233;sentant notre offre de soins dans un cadre humanisant&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Spot propose notamment des accompagnements individuels en sant&#233; sexuelle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;, raconte Ludovic, infirmier. On ne remarque pas tout de suite l'absence de blouses blanches, le parquet en bois clair &#224; la place de l'habituel lino immacul&#233;, ou les bureaux des salles de consultation coll&#233;s face au mur. &#171; &lt;i&gt;Personne ne travaille derri&#232;re un &#233;cran ou un bureau, et l'&#233;change se fait c&#244;te &#224; c&#244;te. Il y a une vraie volont&#233; de transparence sur les informations collect&#233;es et sur notre mani&#232;re de travailler&lt;/i&gt; &#187;, poursuit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats et traitements sont quant &#224; eux disponibles dans les heures qui suivent afin de ne pas risquer de perdre de vue les personnes venues en consultations. &#171; &lt;i&gt;Le 2&lt;/i&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;i&gt; public du Spot apr&#232;s les HSH, ce sont les personnes migrantes, souvent arriv&#233;es en France apr&#232;s un parcours chaotique et violent. Ils et elles sont dans une situation o&#249;, entre la barri&#232;re de la langue, la pr&#233;carit&#233; et les difficult&#233;s d'acc&#232;s au soin, vivre leur sexualit&#233; est compliqu&#233; &#8211; sans parler de leur vie quotidienne,&lt;/i&gt; confie un intervenant. &lt;i&gt;Alors quand ils et elles viennent nous voir, on doit pouvoir en un seul rendez-vous r&#233;pondre &#224; leurs attentes, leur transmettre les r&#233;sultats, leur fournir un traitement et un parcours de soins adapt&#233;s. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La sant&#233; sexuelle communautaire&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la qualit&#233; de l'accueil et de la rapidit&#233; des r&#233;sultats, tout l'int&#233;r&#234;t de la dimension &#171; communautaire &#187; du Spot se trouve dans ce que permettent ces temps d'&#233;changes : faire &#233;merger d'autres besoins. &#171; &lt;i&gt;On a remarqu&#233; que peu de femmes fr&#233;quentaient le lieu, et &#224; partir des besoins des femmes migrantes &#224; Marseille, on a mis en place une consultation gyn&#233;cologique&lt;/i&gt;, poursuit la coordinatrice du centre. &lt;i&gt;Une r&#233;ponse aux besoins de nos publics, et une porte d'entr&#233;e vers un parcours de soins plus g&#233;n&#233;ral.&lt;/i&gt; &#187; Plus encore, cela donne parfois vie &#224; d'autres projets. &#171; &lt;i&gt;On a mis en place un accompagnement sur l'hormonoth&#233;rapie pour r&#233;pondre aux besoins des personnes trans qui venaient nous voir et, au fil des discussions, elles ont exprim&#233; le besoin de faire les injections elles-m&#234;mes. R&#233;sultat : on propose des s&#233;ances d'aide &#224; l'injection, tout en visant &#224; favoriser leur autonomie, pour qu'elles n'aient plus besoin de nous &lt;/i&gt; &#187;, compl&#232;te Ludovic.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; L'accompagnement qu'on propose doit permettre aux personnes de monter en comp&#233;tence et de devenir autonomes dans leur parcours de soins &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une capacit&#233; d'&#233;coute qui permet de constamment adapter et &#233;largir l'offre de soins &#224; partir des r&#233;alit&#233;s du terrain. &#171; &lt;i&gt;On part du d&#233;pistage pour faire du soin, mais on a un objectif de transformation sociale. &#192; partir de ces exp&#233;riences de terrain, l'association va pouvoir porter la parole des personnes concern&#233;es aupr&#232;s des autorit&#233;s, et l'accompagnement qu'on propose doit permettre aux personnes de monter en comp&#233;tence et de devenir autonomes dans leur parcours de soins&lt;/i&gt; &#187;, conclut Fatima Zahra Bernissi. Et, bonne nouvelle pour Marseille, &#224; la fin de l'exp&#233;rimentation, l'efficacit&#233; a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e et les efforts des &#233;quipes du Spot ont pay&#233; : d&#232;s avril 2025, le projet va rentrer dans le droit commun, pour que vive la sant&#233; sexuelle inclusive et accessible &#224; tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;small&gt;&lt;i&gt;Les horaires du Spot Longchamp sont disponibles sur leur page Facebook. Et pour plus d'informations en sant&#233; sexuelle, voir les sites des association Aides et Sida Info Service, ou appeler leur num&#233;ro vert : 0800 840 800.&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il s'agit de l'exposition &#171; Nous sommes ici. Les femmes br&#233;siliennes &#224; Aides &#187;, inaugur&#233;e pour la Journ&#233;e internationale des droits des femmes en 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Alors que le statut du Cegidd garantit l'anonymat, permet de prendre en charge les personnes sans droits et de d&#233;livrer certains traitements sp&#233;cifiques, celui de CSSAC propose notamment des r&#233;sultats plus rapides gr&#226;ce &#224; la biologie d&#233;localis&#233;e (les tests en labo sont faits sur place gr&#226;ce &#224; une machine sp&#233;ciale) et une offre de soins plus large.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Spot propose notamment des accompagnements individuels en sant&#233; sexuelle (informations, soutien et strat&#233;gie de r&#233;duction des risques), une offre de d&#233;pistage (VIH, h&#233;patites et IST), traitements et vaccinations, consultations sp&#233;cialis&#233;es (psychologie, sexologie, gyn&#233;cologie, addictologie, hormonoth&#233;rapie, assistance sociale) et des accompagnements collectifs (groupes d'auto-supports, ateliers collectifs et mobilisations).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mis&#232;re affective en milieu militant</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Misere-affective-en-milieu</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Misere-affective-en-milieu</guid>
		<dc:date>2024-11-14T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans Nucl&#233;aire solitude, H&#233;ma et H&#233;tonque mettent en sc&#232;ne leur col&#232;re contre les textes contre l'amour qui circulent beaucoup dans les milieux militants. Une analyse qui repolitise par le sensible des relations dont la &#171; d&#233;construction &#187; engendre solitude et culpabilisation. En col&#232;re contre les brochures &#171; contre l'amour &#187; ou pour l'amour &#171; libre &#187; qui circulent beaucoup dans les milieux autog&#233;r&#233;s en France, H&#233;ma et H&#233;tonque ont d&#233;cid&#233; d'&#233;crire en 2019 une conf&#233;rence gesticul&#233;e &#224; partir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no235-novembre-2024-235" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;235 (novembre 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Nucl&#233;aire solitude&lt;/i&gt;, H&#233;ma et H&#233;tonque mettent en sc&#232;ne leur col&#232;re contre les textes contre l'amour qui circulent beaucoup dans les milieux militants. Une analyse qui repolitise par le sensible des relations dont la &#171; d&#233;construction &#187; engendre solitude et culpabilisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5863 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/nucl.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/nucl-f41fb.jpg?1768663482' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n col&#232;re contre les brochures &#171; contre l'amour &#187; ou pour l'amour &#171; libre &#187; qui circulent beaucoup dans les milieux autog&#233;r&#233;s en France, H&#233;ma et H&#233;tonque ont d&#233;cid&#233; d'&#233;crire en 2019 une conf&#233;rence gesticul&#233;e &#224; partir de leur v&#233;cu de militant&#183;es &#224; Bure (Meuse) et d'un constat : &#171; &lt;i&gt;Les brochures font comme si tout le monde avait un acc&#232;s &#233;gal &#224; l'amour et au sexe [alors que] nous, notre probl&#232;me, c'&#233;tait de trouver d&#233;j&#224; un partenaire, et aussi qu'il n'arr&#234;te pas la relation au bout de trois jours.&lt;/i&gt; &#187; Car en miroir des coucheries multiples et politis&#233;es des tr&#232;s libres &#171; dominants sexuels &#187; &#8211; souvent urbains, jeunes et sexy &#8211; se constitue l'image de &#171; &lt;i&gt;d&#233;chets affectifs dont on ne sait pas quoi faire&lt;/i&gt; &#187; et qui culpabilisent d'avoir encore des attentes, de la jalousie ou des &#233;motions, &#171; &lt;i&gt;apr&#232;s tout ce temps pass&#233; dans un milieu o&#249; l'on d&#233;construit jusqu'&#224; l'id&#233;e m&#234;me de relation&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;L'ouvrage d&#233;nonce ces &#171; contre-normes &#187; de brochures ayant lib&#233;r&#233; le sexe, et dont les arguments sont trop souvent utilis&#233;s pour esquiver toute responsabilit&#233; &#233;motionnelle&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Bien d&#233;cid&#233;&#183;es &#224; faire vivre ce sujet sur la mis&#232;re affective en milieu militant, les auteur&#183;es ont publi&#233; la transcription de leur conf&#233;rence gesticul&#233;e dans &lt;i&gt;Nucl&#233;aire solitude&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le livre est commandable en ligne, ou le texte disponible sur demande. Plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, un livre auto-&#233;dit&#233; en 2023 et sign&#233; par Le Comit&#233; imbaisable. Dr&#244;le et th&#233;&#226;tral autant qu'empathique et s&#233;rieux, il passe au crible des figures et situations somme toute famili&#232;res et pose la question : &#171; &lt;i&gt;&#192; qui profitent les brochures ?&lt;/i&gt; &#187; Il y a le mec au monologue qui &#171; &lt;i&gt;n'a aucune envie d'&#233;couter ce que vous, vous avez &#224; dire, donc de vous rencontrer&lt;/i&gt; &#187;, ou celui qui mixe indiff&#233;rence et s&#233;duction pour se sentir en position de pouvoir, se prouver quelque chose et exister aux yeux des autres. Il y a aussi la &#171; &lt;i&gt;p&#233;d&#233;th&#232;que&lt;/i&gt; &#187;, ce lieu o&#249; chacun peut venir vivre sa petite &lt;i&gt;exp&#233;rience&lt;/i&gt; homosexuelle sans autre consid&#233;ration ou responsabilit&#233;, alors qu'il &#171; &lt;i&gt;est possible que le p&#233;d&#233; ait des&#8230; des&#8230; &#8211; merde, comment &#231;a s'appelle, je l'ai sur le bout de la langue&#8230; ah voil&#224; : des &#233;motions, des envies, une histoire, des blessures&lt;/i&gt; &#187;. En images et en chansons, l'ouvrage d&#233;nonce ces &#171; &lt;i&gt;contre-normes&lt;/i&gt; &#187; de brochures ayant lib&#233;r&#233; le sexe, et dont les arguments sont trop souvent utilis&#233;s pour esquiver toute responsabilit&#233; &#233;motionnelle sans se remettre en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le nucl&#233;aire dans tout &#231;a ? Du d&#233;ni de fragilit&#233; &#224; la qu&#234;te de puissance, les anecdotes illustrent le manque affectif comme &#171; &lt;i&gt;le sympt&#244;me d'un monde o&#249; les &#233;motions sont vues comme des d&#233;chets radioactifs&lt;/i&gt; &#187; qu'on d&#233;cide d'enterrer. Et les auteur&#183;es de conclure : &#171; &lt;i&gt;Le nucl&#233;aire et les dominantes sexuels ont la m&#234;me morale : puisque techniquement je peux le faire, alors je le fais [&#8230;]. Impossibilit&#233; de penser la fragilit&#233; de ce qui nous entoure. Impossibilit&#233; de penser que tout ce qui nous entoure nous garde en vie et pourrait nous rendre heureuses.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le livre est commandable en ligne, ou le texte disponible sur demande. Plus d'informations : &lt;a href=&#034;https://comiteimbaisable.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comiteimbaisable.wordpress.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Le RN, c'est aussi le grand patronat &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-RN-c-est-aussi-le-grand</link>
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		<dc:date>2024-11-07T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Cl&#233;ment Bu&#233;e</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Par id&#233;ologie ou par int&#233;r&#234;t de classe, une part croissante des &#233;lites &#233;conomiques s'est mise &#224; voter &#224; l'extr&#234;me droite. On en cause avec le sociologue Th&#233;o Bourgeron. C'est un ph&#233;nom&#232;ne inqui&#233;tant, encore trop peu discut&#233; dans les m&#233;dias : d'&#233;lection en &#233;lection, le grand patronat fran&#231;ais soutient de plus en plus l'extr&#234;me droite. Auparavant adepte du renvoi dos &#224; dos des &#171; extr&#234;mes &#187; ou d'un simple silence complice, une partie des &#233;lites &#233;conomiques &#339;uvre d&#233;sormais activement pour le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no235-novembre-2024-235" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;235 (novembre 2024)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Clement-Buee" rel="tag"&gt;Cl&#233;ment Bu&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH63/235_07_cbuee_patron_rn_1200x500-f4a8e.jpg?1768663483' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='63' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par id&#233;ologie ou par int&#233;r&#234;t de classe, une part croissante des &#233;lites &#233;conomiques s'est mise &#224; voter &#224; l'extr&#234;me droite. On en cause avec le sociologue Th&#233;o Bourgeron.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5840 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH399/web_235_07_cbuee_patron_rn_620px-ae4f8.jpg?1768663483' width='500' height='399' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Cl&#233;ment Bu&#233;e
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;'est un ph&#233;nom&#232;ne inqui&#233;tant, encore trop peu discut&#233; dans les m&#233;dias : d'&#233;lection en &#233;lection, le grand patronat fran&#231;ais soutient de plus en plus l'extr&#234;me droite. Auparavant adepte du renvoi dos &#224; dos des &#171; extr&#234;mes &#187; ou d'un simple silence complice, une partie des &#233;lites &#233;conomiques &#339;uvre d&#233;sormais activement pour le Rassemblement national (RN). Comme l'&#233;crit &lt;i&gt;Basta !&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;les digues ont visiblement saut&#233; : il n'y a plus d'appel au barrage et l'essentiel du patronat, au nom de la d&#233;fense de ses int&#233;r&#234;ts, se met &#224; travailler avec le RN comme n'importe quel autre parti&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le patronat passe-t-il &#224; l'extr&#234;me droite ? &#187;, Basta ! (05/07/2024).&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enseignant-chercheur &#224; l'universit&#233; d'&#201;dimbourg, le sociologue Th&#233;o Bourgeron travaille depuis plusieurs ann&#233;es sur ce sujet. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans votre vid&#233;o pour &lt;i&gt;Blast&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir la vid&#233;o &#171; Grand patronat et extr&#234;me droite : les nouveaux collabos &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, vous parlez des &#171; &lt;i&gt;nouveaux collabos&lt;/i&gt; &#187; en visant le soutien des patrons &#224; l'extr&#234;me droite. Est-ce quelque chose de r&#233;cent ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le soutien du patronat &#224; l'extr&#234;me droite n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne nouveau d'un point de vue historique. Mais il est devenu particuli&#232;rement visible ces derni&#232;res ann&#233;es. L'envol&#233;e du Front national (FN) &#224; la pr&#233;sidentielle de 2012 (17,9 %, contre 10,4 % en 2007) fut largement attribu&#233;e &#224; un &#8220;vote de r&#233;volte&#8221; des classes populaires. Cette analyse en termes de populisme &#8211; qui met l'accent uniquement sur les classes populaires et postule une sorte d'irrationalit&#233; de leur choix politique contre leur int&#233;r&#234;t de classe &#8211; a longtemps fait passer sous les radars le vote patronal. Mais depuis quelques ann&#233;es, le soutien des grandes fortunes &#224; l'extr&#234;me droite est devenu tellement manifeste qu'il est difficile de l'ignorer. Cela ne concerne pas que la France, mais aussi les &#201;tats-Unis, le Royaume-Uni, l'Italie ou encore la Hongrie, m&#234;me si ce n'est pas toujours le m&#234;me patronat ou la m&#234;me extr&#234;me droite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui sont ces grands patrons fran&#231;ais dont vous parlez et comment soutiennent-ils l'extr&#234;me droite ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans mon dernier article sur le site &lt;i&gt;Analyse opinion critique&lt;/i&gt; (AOC)&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Finance, &#233;nergies fossiles, tech : ce patronat qui soutient l'extr&#234;me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, j'explique que les figures du patronat concern&#233;es proviennent en France de trois grands secteurs &#233;conomiques : le monde financier (en particulier la &#8220;finance alternative&#8221;&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Modes de financement qui ne s'inscrivent pas dans le cadre des march&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;), la tech fran&#231;aise &#8211; et non &#233;tasunienne &#8211; et les &#233;nergies fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Il peut y avoir des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques de certaines classes dominantes &#224; d&#233;fendre des id&#233;ologies racistes &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pierre-&#201;douard St&#233;rin, qui a fait fortune dans la tech puis investi sa fortune dans le fonds d'investissement Otium Capital, a rachet&#233;, avec son associ&#233;, la villa de Jean-Marie Le Pen tout en le laissant y vivre tranquillement. &#192; travers le projet P&#233;ricl&#232;s, il investit aussi 150 millions d'euros sur dix ans pour former des &#233;lus, proposer du conseil politique aux mairies, matraquer m&#233;diatiquement les id&#233;es du RN ou financer une &#8220;&lt;i&gt;gu&#233;rilla juridique&lt;/i&gt;&#8221;&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Projet P&#233;ricl&#232;s : le document qui dit tout du plan de Pierre-&#201;douard (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. L'investisseur fran&#231;ais Charles Beigbeder, qui a investi sa fortune issue du secteur &#233;nerg&#233;tique dans le fonds d'investissement Quantonation, finance des m&#233;dias d'extr&#234;me droite. Il a soutenu publiquement &#201;ric Zemmour et Marion Mar&#233;chal quand elle a cr&#233;&#233; son &#233;cole de sciences politiques. Pour ce qui est du domaine de l'&#233;nergie, on peut citer Vincent Bollor&#233;, dont on conna&#238;t peu l'activit&#233; &#233;conomique li&#233;e &#224; ses d&#233;p&#244;ts p&#233;troliers en France. Il est un des grands soutiens d'&#201;ric Zemmour. Sa villa a accueilli la r&#233;union de ralliement d'&#201;ric Ciotti au RN cet &#233;t&#233;, et on conna&#238;t ses projets par rapport aux m&#233;dias. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces soutiens ont-ils des vis&#233;es purement &#233;conomiques ou &#233;galement id&#233;ologiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Souvent, quand un lobby patronal soutient Macron et l'option n&#233;olib&#233;rale, on va lire dans la presse que c'est par int&#233;r&#234;t &#233;conomique. En revanche, si un grand patron soutient l'extr&#234;me droite, de nombreux commentateurs vont y voir une lubie id&#233;ologique. Or, j'essaie justement de montrer comment c'est avant tout l'int&#233;r&#234;t &#233;conomique du patronat qui va d&#233;terminer ses soutiens, au vu de certaines dispositions des programmes des partis.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Le soutien des grandes fortunes &#224; l'extr&#234;me droite est devenu tellement manifeste qu'il est difficile de l'ignorer &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, il est vrai qu'il peut y avoir des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques de certaines classes dominantes &#224; d&#233;fendre des id&#233;ologies racistes. On voit par exemple que jusqu'il y a peu, le groupe Bollor&#233; r&#233;alisait une partie de son chiffre d'affaires gr&#226;ce &#224; des infrastructures dans des pays africains ; un tel mod&#232;le &#233;conomique s'appuie sur une politique fran&#231;aise n&#233;ocoloniale, qui elle-m&#234;me repose sur une vision du monde raciste. L'id&#233;ologie raciste de ces programmes peut aussi jouer d'autres r&#244;les, comme perp&#233;tuer des formes de s&#233;gr&#233;gation au sein du monde du travail, en maintenant une main-d'&#339;uvre sans papiers extr&#234;mement vuln&#233;rable par exemple. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que peuvent les sciences sociales face &#224; l'extr&#234;me droite ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pendant toute une d&#233;cennie, l'analyse du vote RN comme &#8220;vote de r&#233;volte&#8221; a rendu impossible la compr&#233;hension de la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite. Mais c'est en train de changer, autant dans le monde universitaire que dans le d&#233;bat public : le RN, ce n'est pas juste des ouvriers du nord de la France d&#233;sindustrialis&#233;, c'est aussi &#8211; et surtout &#8211; des grandes fortunes et le grand patronat.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; L'analyse du vote RN comme &#8220;vote de r&#233;volte&#8221; a rendu impossible la compr&#233;hension de la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce soutien financier des patrons au RN est difficile &#224; documenter en France parce que, contrairement &#224; l'Italie ou au Royaume-Uni, il est assez peu transparent. Ce n'est donc pas une simple controverse d'universitaires. Nous manquons de donn&#233;es pour d&#233;montrer par quels moyens le RN domine le d&#233;bat public. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous parlez de la nature h&#233;t&#233;rog&#232;ne du bloc bourgeois qui d&#233;tient le pouvoir dans la p&#233;riode actuelle. Pourriez-vous nous l'expliquer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a des &#233;l&#233;ments de conflits assez forts, ou m&#234;me des divisions, au sein des classes dominantes. Alors que des acteurs de la banque et de la finance traditionnelle continuent de soutenir le pouvoir en place, la mont&#233;e en puissance du soutien au RN par la &#8220;finance alternative&#8221; ou le secteur des &#233;nergies fossiles traduit leur volont&#233; de soutenir un autre programme politique, y compris lorsque cela implique de ne pas faire corps avec d'autres parties du patronat. Ces conflits au sein du patronat r&#233;v&#232;lent par ailleurs une division des classes dominantes, ce qui est un signe de fragilit&#233; qu'il est possible d'exploiter. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://basta.media/patronat-passe-t-il-a-extreme-droite-RN&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le patronat passe-t-il &#224; l'extr&#234;me droite ?&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Basta !&lt;/i&gt; (05/07/2024).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir la vid&#233;o &#171; &lt;a href=&#034;https://www.blast-info.fr/emissions/2024/grand-patronat-et-extreme-droite-les-nouveaux-collabos-GFdr-JFZSpqGj45sc1pkmg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Grand patronat et extr&#234;me droite : les nouveaux collabos&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Blast&lt;/i&gt; (18/08/2024).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href=&#034;https://aoc.media/analyse/2024/07/04/finance-energies-fossiles-tech-ce-patronat-qui-soutient-lextreme-droite-par-interet/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Finance, &#233;nergies fossiles, tech : ce patronat qui soutient l'extr&#234;me droite par int&#233;r&#234;t&lt;/a&gt; &#187; (05/07/2024).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Modes de financement qui ne s'inscrivent pas dans le cadre des march&#233;s financiers ou du syst&#232;me bancaire traditionnel, et qui se sont d&#233;velopp&#233;s &#224; la suite de la crise de 2008 : crypto-monnaies, pr&#234;ts entre particuliers, micro-cr&#233;dits aux entreprises, &lt;i&gt;crowdfunding&lt;/i&gt; (financement participatif en ligne), etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/politique/bien-commun/projet-pericles-le-document-qui-dit-tout-du-plan-de-pierre-edouard-sterin-pour-installer-le-rn-au-pouvoir&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Projet P&#233;ricl&#232;s : le document qui dit tout du plan de Pierre-&#201;douard St&#233;rin pour installer le RN au pouvoir&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; (19/07/2024).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Carcan familial : au nom du p&#232;re</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Carcan-familial-au-nom-du-pere</link>
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		<dc:date>2024-11-07T13:00:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans son ouvrage En bons p&#232;res de famille (JC Latt&#232;s, 2023), la militante et f&#233;ministe Rose Lamy diss&#232;que le mythe du patriarche, figure bien moins innocente qu'elle n'y para&#238;t. D&#233;cortiquant les discours qui entretiennent sa bienveillance, elle expose les m&#233;canismes par lesquels leurs violences sont rendues invisibles, voire &#171; normales &#187;. &#192; travers un r&#233;cit intime et personnel, l'autrice Rose Lamy s'est pench&#233;e sur la figure du &#171; bon p&#232;re de famille &#187;. Elle questionne cet homme &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no234-octobre-2024-234" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;234 (octobre 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son ouvrage &lt;i&gt;En bons p&#232;res de famille&lt;/i&gt; (JC Latt&#232;s, 2023), la militante et f&#233;ministe Rose Lamy diss&#232;que le mythe du patriarche, figure bien moins innocente qu'elle n'y para&#238;t. D&#233;cortiquant les discours qui entretiennent sa bienveillance, elle expose les m&#233;canismes par lesquels leurs violences sont rendues invisibles, voire &#171; normales &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5820 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH308/aaaa-494e9.webp?1768658204' width='500' height='308' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#192;&lt;/span&gt; travers un r&#233;cit intime et personnel, l'autrice Rose Lamy s'est pench&#233;e sur la figure du &#171; bon p&#232;re de famille &#187;. Elle questionne cet homme &#171; &lt;i&gt;statistiquement normal&lt;/i&gt; &#187; qui vit dans l'illusion de ne pas &#234;tre un homme violent. &#171; &lt;i&gt;Dans cette fiction sociale &#233;crite par les bons p&#232;res de famille [&#8230;] les hommes violents, ce sont toujours les autres, les monstres, les fous, les &#233;trangers, les marginaux&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit-elle. Ce sont ces r&#233;cits qu'elle d&#233;cortique pour r&#233;v&#233;ler tout un continuum de violences quotidiennes, et ce que les bons p&#232;res de famille mettent en place pour le rendre invisible ou &#171; normal &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de l'exemple de son p&#232;re, elle s'attaque &#224; la cellule familiale et &#224; une certaine conception de l'amour ou de la passion. En leurs noms, on plaide le &#171; &lt;i&gt;d&#233;rapage&lt;/i&gt; &#187; envers des victimes &#171; &lt;i&gt;jamais totalement innocentes&lt;/i&gt; &#187; ou on romantise carr&#233;ment les violences morales et physiques. Les bons p&#232;res de famille alternent alors entre strat&#233;gie de victimisation et solidarit&#233; masculine, avant de d&#233;vier l'attention en pointant du doigt le &#171; vrai &#187; monstre, dont ils se distinguent. Ce mythe du monstre &#171; &lt;i&gt;bien rod&#233;, efficace [&#8230;] permet &#224; une soci&#233;t&#233; enti&#232;re de ne pas regarder en face la r&#233;alit&#233; des violences commises par les bons p&#232;res de famille&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mythe qui peut aussi glisser vers son pendant raciste en visant &#171; &lt;i&gt;l'&#233;tranger&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Contrairement &#224; la violence des monstres consid&#233;r&#233;e comme gratuite, chaotique, al&#233;atoire, celle des &#233;trangers suivrait un r&#233;f&#233;rentiel culturel, religieux et social, qui entrerait en concurrence avec l'organisation des bons p&#232;res de famille&lt;/i&gt; &#187;. Des &#171; &lt;i&gt;rivaux civilisationnels&lt;/i&gt; &#187; qui ne respecteraient pas la loi et les valeurs morales, et seraient un danger pour la soci&#233;t&#233; occidentale. L'autrice d&#233;crit aussi un discours f&#233;monationaliste&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Concept &#233;labor&#233; par la chercheuse anglaise Sara R. Farris pour d&#233;signer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; qui vise autant &#224; faire oublier les violences des hommes &#171; &lt;i&gt;locaux &lt;/i&gt; &#187; qu'&#224; &#171; &lt;i&gt;justifier des politiques s&#233;curitaires, islamophobes et anti-immigration, en pr&#233;tendant combattre des rivaux politiques qui viendraient troubler la paix entre les genres &lt;/i&gt; &#187;. Une &#171; &lt;i&gt;diversion&lt;/i&gt; &#187; qui est double puisque ce discours est aussi utilis&#233; pour attaquer les mouvements f&#233;ministes en France par l'instrumentalisation d'autres femmes plus opprim&#233;es &#8211; &#171; &lt;i&gt;et vous faites quoi pour les femmes afghanes ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Par Jonas Schnyder&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Concept &#233;labor&#233; par la chercheuse anglaise Sara R. Farris pour d&#233;signer l'instrumentalisation des valeurs f&#233;ministes au profit de discours racistes et x&#233;nophobes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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