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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Pour une politique des soul&#232;vements terrestres</title>
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		<dc:creator>Ernest London</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec Antoine Chopot, co-auteur de Nous ne sommes pas seuls ! Politique des soul&#232;vements terrestres. O&#249; il est question de cohabitation plut&#244;t que de destruction &#8211; &#171; L'humain n'a pas besoin d'&#234;tre au centre et de dominer pour bien vivre &#187;. S'ils ne postulent pas tous la possibilit&#233; d'un effondrement, la plupart des ouvrages traitant d'&#233;cologie &#233;tablissent un constat d&#233;sesp&#233;r&#233; et se montrent timides, si ce n'est pessimistes, quant aux perspectives envisageables. Nous ne sommes pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Rien-que-pour-le-web" rel="directory"&gt;Rien que pour le web&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ecologique" rel="tag"&gt;&#233;cologique&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH150/-1771-7b764-57251-44422.jpg?1779735678' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Antoine Chopot, co-auteur de &lt;i&gt;Nous ne sommes pas seuls ! Politique des soul&#232;vements terrestres&lt;/i&gt;. O&#249; il est question de cohabitation plut&#244;t que de destruction &#8211; &#171; &lt;i&gt;L'humain n'a pas besoin d'&#234;tre au centre et de dominer pour bien vivre &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4209 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/-1771-7b764-93b6e.jpg?1779735679' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Photo de Lise Lacombe
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;'ils ne postulent pas tous la possibilit&#233; d'un effondrement, la plupart des ouvrages traitant d'&#233;cologie &#233;tablissent un constat d&#233;sesp&#233;r&#233; et se montrent timides, si ce n'est pessimistes, quant aux perspectives envisageables. &lt;i&gt;Nous ne sommes pas seuls&lt;/i&gt; s'inscrit dans une approche clairement diff&#233;rente. Paru ce printemps aux &#233;ditions du Seuil&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous ne sommes pas seuls. Politique des soul&#232;vements terrestres, L&#233;na Balaud (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, il propose de r&#233;viser notre culture du vivant pour ouvrir nos pratiques politiques &#224; d'autres alli&#233;s et ainsi nous extraire de nos impasses. On en parle avec Antoine Chopot, co-auteur de ce manifeste pour une insurrection adoss&#233;e aux poils, aux plumes, aux &#233;cailles et aux feuilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton approche de l'&#233;cologie ne s'exempte pas de la question sociale. Comment concilies-tu les deux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les enseignements de l'&#233;thologie, de l'&#233;cologie, de l'anthropologie contemporaines, ainsi que les combats autochtones, paysans, &#233;cof&#233;ministes et les mouvements pour une Terre habitable nous disent que l'humain n'a pas besoin d'&#234;tre au centre et de dominer pour bien vivre. Il y a un monde vivant qu'il faut habiter en commun, avec d'autres &#234;tres, d'autres besoins et points de vue que ceux des humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le difficile enjeu est de trouver dans ce &#034;tournant non-humain&#034; une autre politique, qui n'efface pas les asym&#233;tries sociales entre humains. Il faut veiller &#224; ce que la mise en avant de nos interd&#233;pendances avec la plan&#232;te ne devienne pas une mode au service du renouvellement de l'&#233;conomie et de son imaginaire. Cette c&#233;l&#233;bration des liens avec les animaux, arbres, oiseaux, etc., doit pouvoir requalifier la politique elle-m&#234;me, dans tout ce qu'elle a de cr&#233;atif et de conflictuel, et nous aider &#224; placer des obstacles r&#233;els sur la voie du ravage &#233;cologique. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc quelque chose qui me g&#234;ne profond&#233;ment dans certaines critiques formul&#233;es par certains courants de la gauche anticapitaliste. D&#232;s lors que l'on s'int&#233;resserait aux plantes, aux arbres, aux oiseaux et &#224; leur mani&#232;re d'habiter, on se d&#233;sint&#233;resserait des rapports sociaux de domination entre humains. Avec &lt;i&gt;Nous ne sommes pas seuls&lt;/i&gt; nous voulons montrer que l'on a tout &#224; perdre en dressant les anticapitalistes contre ce qui peut permettre de renforcer les sensibilit&#233;s &#224; la Terre, et inversement. Car le capitalisme est justement une mani&#232;re de mettre au travail les &#233;l&#233;ments, les &#233;nergies, et les socialit&#233;s des autres vivants, pour le projet d'accumulation, de circulation et de domination mondiale du capital &#8211; et pas seulement les humains.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Il faut veiller &#224; ce que la mise en avant de nos interd&#233;pendances avec la plan&#232;te ne devienne pas une mode au service du renouvellement de l'&#233;conomie et de son imaginaire.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le colonialisme europ&#233;en et le mouvement des enclosures, il y a eu appropriation &#224; vis&#233;e h&#233;g&#233;monique de pans entiers des &#233;cosyst&#232;mes, du fait de leurs propri&#233;t&#233;s et capacit&#233;s sp&#233;cifiques de croissance, de rendement, de clonabilit&#233;, etc. Des milieux ont &#233;t&#233; remplac&#233;s pour cr&#233;er une seconde nature profitable. La canne &#224; sucre, le charbon, le p&#233;trole, les atomes d'uranium ont &#233;t&#233; extraits ; les bl&#233;s modernes, les vaches holstein, les OGM ont &#233;t&#233; mis au point ; sans oublier tous les espaces dits naturels qu'il faut mettre au travail pour engendrer des ordinateurs, des voitures, des immeubles, des data centers, etc. Tous ces &#233;l&#233;ments se trouvent enr&#244;l&#233;s dans la vis&#233;e de croissance infinie. Et sans eux il n'y aurait tout simplement pas (eu) de domination capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'exploitation des pr&#233;caires et sans papiers dans les serres du mara&#238;chage industriel ne peut avoir lieu sans l'enr&#244;lement de vivants &#034;non-humains&#034; dans la production d'une nourriture &#224; bas co&#251;t. Sortir de cette &#233;cologie de la mise au travail, c'est alors n&#233;cessairement s'int&#233;resser &#224; nouveau aux vivants et aux collaborations, et se demander s&#233;rieusement, avec toutes les formes de savoirs disponibles, comment mieux cohabiter dans une autre organisation de l'activit&#233; commune. C'est donc apprendre &#224; prendre le point de vue des abeilles, des sols et des champignons, comme il faut le faire avec celui des travailleur&#183;euses. Apprendre &#224; conna&#238;tre pr&#233;cis&#233;ment ce qu'ils subissent, ce qui les tuent, et ce vers quoi ils tendent comme autre vie, avec ou sans nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au nom de cette convergence d'int&#233;r&#234;ts, tu pr&#233;conises des &#171; alliances intersp&#233;cifiques &#187;, contre un ennemi commun. Qu'entends-tu par l&#224; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Humains et non-humains sont plac&#233;s dans un continuum de conditions, celui de la mise au travail pour le capital. De l&#224; on peut penser et agir dans un seul et m&#234;me cadre, celui des luttes multisp&#233;cifiques, m&#234;lant r&#233;sistances et alliances politiques, associant diff&#233;rentes esp&#232;ces, contre cet ennemi qui nous est commun &#8211;&#8198;&#034;nous&#034; qui partageons cette condition d'&#234;tre vivant sur une Terre mouvement&#233;e et violent&#233;e. Une alliance terrestre, cela consiste &#224; amplifier les actions de r&#233;sistances d'autres vivants pour composer avec eux un monde plus habitable, et &#224; opposer des obstacles aux adversaires de cette habitabilit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peux-tu nous donner des exemples d'une telle alliance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Prenons en deux. Certaines plantes sauvages deviennent massivement r&#233;sistantes aux herbicides et sabotent le rendement dans les champs d'OGM aux USA et en Am&#233;rique du Sud, entra&#238;nant des pertes de millions de dollars. En m&#234;me temps des paysan&#183;nes luttent pour sauver leurs pratiques et leurs champs contre les monocultures. Des activistes ont alors cherch&#233; &#224; amplifier le pouvoir de nuisance des plantes r&#233;sistantes, en collectant leurs graines et en confectionnant des &#034; bombes &#224; graines&#034; pour diss&#233;miner la r&#233;sistance ; ils remettent aussi en culture certaines de ces plantes dites invasives lorsqu'elles sont nutritivement int&#233;ressantes (comme l'amarante de Palmer).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs, certains animaux sauvages reviennent occuper des anciennes mines, carri&#232;res ou friches et red&#233;marrent des nouveaux &#233;cosyst&#232;mes. Des collectifs de quartiers d&#233;fendent ces nouveaux lieux sauvages, contre la construction d'immeubles dans le moindre espace vacant. Ils disent que ces lieux sont aussi des habitats, pour d'autres vivants venus l&#224; spontan&#233;ment, mais aussi qu'il y a par ailleurs un grand nombre de logements vides inoccup&#233;s, o&#249; des humains pourraient &#234;tre install&#233;s sans avoir besoin d'artificialiser des milieux vivants (c'est ce qui se passe &#224; Bruxelles au Marais Wiels ou &#224; Rome avec le lac Ex SNIA). Tous ces collectifs en lutte nous aident &#224; saisir que la crise &#233;cologique est en r&#233;alit&#233; une crise g&#233;n&#233;ralis&#233;e du logement &#8211; une crise des habitats humains et non-humains, mis &#224; mal par des logiques hors-sol (les biotechnologies, la m&#233;tropolisation, la b&#233;tonnisation&#8230;). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui t'a pouss&#233; &#224; t'int&#233;resser &#224; ces alliances ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est la rencontre entre d'un c&#244;t&#233; un trajet personnel, une sensibilit&#233; aux &#234;tres vivants, forg&#233;e &#224; la ferme, qui s'est transform&#233;e en d&#233;fense de la d&#233;croissance, en d&#233;couverte du potager, de la for&#234;t, etc., et de l'autre un trajet de politisation assez fort et radical, &#224; travers les luttes &#233;tudiantes &#224; Rennes 2 et la rencontre du mouvement &#034;autonome&#034;. J'ai commenc&#233; &#224; comprendre comment coupler ces deux trajets d&#232;s lors que j'y ai per&#231;u un m&#234;me enjeu existentiel : celui de la communaut&#233;. Dans ma rencontre avec l'autonomie il y avait ce d&#233;sir de communisme, de puissance collective qui d&#233;cuple ton pouvoir d'agir et de penser. Et dans ma rencontre avec l'&#233;cologie il y avait cette reconnaissance d'une communaut&#233; qui nous d&#233;borde, nous les humains. J'&#233;tais affect&#233; par une impression forte mais peu consciente encore d'appartenance &#224; autre chose que le seul monde social, langagier, etc., de mes cong&#233;n&#232;res humains. Il m'a donc fallu comprendre, avec d'autres, comment on pouvait non pas sortir de la politique pour rejoindre la communaut&#233; plus grande de la Terre, mais comment on pouvait &#233;largir la communaut&#233; politique pour y introduire la Terre. Une lutte contre un projet d'artificialisation d'une belle zone de jardins potagers urbains, il y a une dizaine d'ann&#233;es &#224; Rennes, a notamment &#233;t&#233; d&#233;terminante pour moi dans la conciliation de ces deux dispositions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment faire pour &#171; d&#233;centrer &#187; le regard des humains, les aider &#224; d&#233;passer leur anthropocentrisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au lieu d'opposer domination sociale et &#233;cologie, posons-nous cette question : si la fabrication du capitalisme repose sur une s&#233;rie d'agencements &#233;cologiques h&#233;g&#233;moniques, quels sont &#224; l'inverse les agencements d'humains et de non-humains propices et propres &#224; une politique d'&#233;mancipation d&#233;sirable, soutenable, offensive, socialiste, communiste, f&#233;ministe, etc. ? Ces agencements n'ont rien d'abstrait : ce sont des potagers urbains et des espaces plus sauvages et moins min&#233;ralis&#233;s dans des quartiers populaires ; une s&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation, saine, &#233;cologique et autonomisante, pour toutes et tous ; des territoires de montagnes ou de for&#234;ts moins pressuris&#233;s et laiss&#233;s &#224; un r&#233;ensauvagement r&#233;parateur pour les milieux eux-m&#234;mes ; une agriculture, une p&#234;cherie et une foresterie paysannes, populaires et &#233;cologiques lib&#233;r&#233;es du dogme du rendement &#224; l'hectare et de la production &#224; bas co&#251;ts, avec le moins de gens possibles et le plus de machines possibles, etc.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Si la fabrication du capitalisme repose sur une s&#233;rie d'agencements &#233;cologiques h&#233;g&#233;moniques, quels sont &#224; l'inverse les agencements d'humains et de non-humains propices et propres &#224; une politique d'&#233;mancipation d&#233;sirable, soutenable, offensive, socialiste, communiste, f&#233;ministe, etc. ?&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tant dit, l'&#233;cologie n'a pas non plus &#224; &#234;tre absorb&#233;e totalement par l'agenda militant : c'est aussi un mouvement de lib&#233;ration de la perception, de prise de connaissance et de contact avec le monde qui nous entoure. Il n'est jamais trop tard pour s'int&#233;resser &#224; l'histoire de la for&#234;t, de la friche, du volcan ou de la rivi&#232;re pr&#232;s de chez nous ! Un bon exercice peut &#234;tre d'y voir comment cet espace cristallise une histoire humaine tout en incarnant une histoire g&#233;ologique, &#233;cologique, biologique&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton livre d&#233;gage un r&#233;el optimisme. Restes-tu confiant dans nos capacit&#233;s &#224; agir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a toutes les raisons du monde d'&#234;tre du c&#244;t&#233; du pessimisme. On voit une fascisation et une lib&#233;ration de tous les affects r&#233;actionnaires, racistes, antif&#233;ministes. Une &#233;lection pr&#233;sidentielle o&#249; tous les coups vont &#234;tre permis. Une COP 26 que l'on peut r&#233;sumer &#224; &#034;&lt;i&gt;bla bla bla&lt;/i&gt;&#034;. Une Terre en surchauffe avec des points de bascule ultra-rapides dans un horizon proche, avec ces bombes &#224; retardement que sont les poches de m&#233;thane ou bien l'arr&#234;t du Gulf Stream. Un Elon Musk qui veut quitter la Terre pour conqu&#233;rir l&#224;-haut d'autres espaces d'accumulation infinie et un Mark Zuckerberg qui d&#233;veloppe son Metaverse pour continuer ici-bas &#224; accumuler dans un monde pr&#233;tendument &#034;virtuel&#034; et sans cons&#233;quence &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t la formule de Gramsci : &#034;&lt;i&gt;Pessimisme de l'intelligence, optimisme de la volont&#233;&lt;/i&gt;&#034;. Oui il nous faut du volontarisme face &#224; tout cela, et notamment face &#224; une classe dominante qui fait s&#233;cession et ne compte plus du tout sur une Terre apais&#233;e comme son habitat premier, pr&#234;te &#224; faire le choix de la guerre civile, climatique et &#233;conomique permanente. Mais je crois qu'il nous faut aussi beaucoup de cr&#233;ativit&#233; intellectuelle et collective, de lieux pour habiter, et du travail de perception, pour apprendre &#224; voir comment le monde non-humain r&#233;agit lui aussi autour de nous, tout en se tenant &#224; l'&#233;coute des perc&#233;es dans les luttes. C'est important de parler de &#034;confiance&#034; dans nos capacit&#233;s d'agir : sans cette confiance en nous et dans les vivants qui nous entourent, sans cette foi dans un monde gorg&#233; de possibles et de relations diff&#233;rentes, nous perdrons le go&#251;t de l'action. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis pas Ernest London&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Nous ne sommes pas seuls. Politique des soul&#232;vements terrestres&lt;/i&gt;, L&#233;na Balaud et Antoine Chopot, &#233;ditions du Seuil, mars 2021.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4220 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/pas_seuls.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/pas_seuls.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;1085&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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