<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?id_auteur=509&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1779602680</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>En mer &#201;g&#233;e : &#171; Le bateau a un trou mais les gardes-c&#244;tes ne nous aident pas &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/En-mer-Egee-Le-bateau-a-un-trou</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/En-mer-Egee-Le-bateau-a-un-trou</guid>
		<dc:date>2020-04-29T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Des militantes d'Alarm Phone</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>bateau</dc:subject>
		<dc:subject>Alarm Phone</dc:subject>
		<dc:subject>gardes-c&#244;tes grecs</dc:subject>
		<dc:subject>gardes-c&#244;tes</dc:subject>
		<dc:subject>Grecs</dc:subject>
		<dc:subject>bord</dc:subject>
		<dc:subject>gardes-c&#244;tes turcs</dc:subject>
		<dc:subject>assistance t&#233;l&#233;phonique</dc:subject>
		<dc:subject>sommes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les gardes-c&#244;tes grecs ont pour mission de porter secours aux embarcations en d&#233;tresse, quels qu'en soient les passagers. D&#233;but mars, ils firent l'inverse : tentatives de chavirage, vols de moteurs, remorquages jusqu'aux eaux turques, tirs &#224; balle r&#233;elle... Alors qu'elles pr&#234;taient assistance t&#233;l&#233;phonique &#224; des exil&#233;&#183;es en pleine travers&#233;e, des militantes d'Alarm Phone ont &#233;t&#233; t&#233;moins, &#224; distance, d'exactions d'une ampleur in&#233;dite. Voici leur r&#233;cit. Depuis 2014, le r&#233;seau Alarm Phone (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/bateau" rel="tag"&gt;bateau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Alarm-Phone" rel="tag"&gt;Alarm Phone&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/gardes-cotes-grecs" rel="tag"&gt;gardes-c&#244;tes grecs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/gardes-cotes" rel="tag"&gt;gardes-c&#244;tes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Grecs" rel="tag"&gt;Grecs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/bord" rel="tag"&gt;bord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/gardes-cotes-turcs" rel="tag"&gt;gardes-c&#244;tes turcs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/assistance-telephonique" rel="tag"&gt;assistance t&#233;l&#233;phonique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sommes" rel="tag"&gt;sommes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les gardes-c&#244;tes grecs ont pour mission de porter secours aux embarcations en d&#233;tresse, quels qu'en soient les passagers. D&#233;but mars, ils firent l'inverse : tentatives de chavirage, vols de moteurs, remorquages jusqu'aux eaux turques, tirs &#224; balle r&#233;elle... Alors qu'elles pr&#234;taient assistance t&#233;l&#233;phonique &#224; des exil&#233;&#183;es en pleine travers&#233;e, des militantes d'Alarm Phone ont &#233;t&#233; t&#233;moins, &#224; distance, d'exactions d'une ampleur in&#233;dite. Voici leur r&#233;cit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis 2014, le r&#233;seau Alarm Phone propose une assistance t&#233;l&#233;phonique aux personnes en d&#233;tresse en M&#233;diterran&#233;e, gr&#226;ce &#224; un num&#233;ro joignable 24 h/24. Dans une douzaine de pays, des b&#233;n&#233;voles se relaient pour r&#233;pondre aux appels et tenter de mobiliser les services de secours en mer. Dans les r&#233;cits qui suivent, deux &#233;quipes de militantes racontent leurs permanences des 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt;, 2 et 3 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste avant, le 28 f&#233;vrier, la Turquie avait annonc&#233; l'ouverture de ses fronti&#232;res aux r&#233;fugi&#233;s cantonn&#233;s sur son territoire, cherchant ainsi &#224; faire pression sur l'Europe pour qu'elle intervienne &#224; ses c&#244;t&#233;s en Syrie. &#192; terre, la situation a tr&#232;s vite explos&#233; : des milliers de personnes mass&#233;es &#224; la fronti&#232;re gr&#233;co-turque se sont retrouv&#233;es prises en tenaille dans un &lt;i&gt;no man's land&lt;/i&gt;, emp&#234;ch&#233;es d'avancer par les Grecs, interdites de rebrousser chemin par les Turcs. Et en mer ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Quelque part en Europe, 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mars, 15 h-23 h&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme souvent, on s'est retrouv&#233;es plus t&#244;t pour se pr&#233;parer, regarder la m&#233;t&#233;o, prendre le pouls du moment. Aujourd'hui, vu la situation &#224; la fronti&#232;re turque, on s'attend &#224; des travers&#233;es nombreuses en mer &#201;g&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;14 h 20.&lt;/strong&gt; On allume les ordinateurs, on branche les t&#233;l&#233;phones. On lit la synth&#232;se de l'&#233;quipe pr&#233;c&#233;dente, tentant de d&#233;blayer les infos pour comprendre ce qui se joue pour chaque&lt;i&gt; cas&lt;/i&gt; ouvert, c'est-&#224;-dire chaque embarcation en d&#233;tresse qui a contact&#233; Alarm Phone (AP). Elles sont cinq en tout depuis ce matin, parties des c&#244;tes turques &#224; destination des &#238;les grecques de Chios et Lesbos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 h 00.&lt;/strong&gt; On prend le relais de L., de permanence depuis la veille. &#201;puis&#233;, il trouve encore la force de nous faire un point d&#233;taill&#233; pour chaque bateau, de nous transmettre conseils et recommandations. De notre c&#244;t&#233;, on se r&#233;partit les t&#226;ches, souvent &#224; la vol&#233;e. L'ambiance est tendue, concentr&#233;e. Aujourd'hui, la m&#233;t&#233;o est bonne, la mer calme. A priori, de bonnes conditions de navigation. Sauf que les travers&#233;es se font sur des bateaux gonflables surcharg&#233;s, avec de mauvais moteurs, sans gilet de sauvetage pour tout le monde. &#192; bord, les passagers ont peu d'eau, de nourriture, de v&#234;tements chauds. Les distances ont beau &#234;tre r&#233;duites en mer &#201;g&#233;e (quelques kilom&#232;tres seulement parfois), les travers&#233;es sont loin d'&#234;tre sans risques : en 2019, 71 personnes y ont perdu la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis aujourd'hui, il se passe autre chose. Sur les cinq embarcations avec lesquelles AP est en contact, trois ont &#233;t&#233; attaqu&#233;es par des hommes masqu&#233;s. Leurs moteurs ont &#233;t&#233; d&#233;truits ou vol&#233;s, l'essence confisqu&#233;e. &#192; Lesbos, des fascistes ont emp&#234;ch&#233; un bateau de d&#233;barquer ; les passagers ont fini par &#234;tre exfiltr&#233;s par les autorit&#233;s grecques. Impossible de les joindre depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 h 36.&lt;/strong&gt; Le t&#233;l&#233;phone sonne. Premier contact avec le bateau n&#176; 5, sur lequel on d&#233;cide de concentrer nos forces. 35 personnes, dont 11 enfants, qui sont en mer depuis des heures. Elles n'ont plus de moteur, il a &#233;t&#233; vol&#233; par un bateau non identifi&#233;. Elles disent avoir &#233;t&#233; ensuite approch&#233;es par des gardes-c&#244;tes grecs, dont la mission n'&#233;tait visiblement pas de les secourir mais de les affoler un peu plus : &#171; &lt;i&gt;Ils ne font que des vagues, ils ne nous aident pas. Nous avons tr&#232;s peur. Maintenant, ils s'&#233;loignent. S'il vous pla&#238;t, nous avons besoin d'aide.&lt;/i&gt; &#187; Nous n'aurons jamais de conversation directe avec les personnes &#224; bord, les &#233;changes se font par messages vocaux, toujours la m&#234;me voix de femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;16 h 24.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Nous allons bien mais nous sommes tr&#232;s fatigu&#233;s. Nous dirigeons le bateau avec nos mains. Nous sommes pr&#232;s de l'&#238;le. Le bateau des gardes-c&#244;tes est derri&#232;re nous mais ils ne nous aident pas. Il y a de l'eau dans notre bateau. Le bateau a un trou. S'il vous pla&#238;t, aidez-nous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes &#224; bord voient la terre, de gros bateaux pr&#232;s d'elles, et ne comprennent pas pourquoi personne ne vient les secourir. Nous non plus on ne comprend pas. O&#249; plut&#244;t, on commence &#224; saisir qu'aujourd'hui les r&#232;gles sont diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le matin, les gardes-c&#244;tes grecs refusent de nous donner la moindre information. L&#224; o&#249; d'habitude une coop&#233;ration minimum et polie se met en place, se dresse d&#233;sormais un mur. Ils sont agressifs, sur les dents. Ils nient les situations de d&#233;tresse et s'&#233;nervent quand on exige qu'ils remplissent leur mission : secourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;17 h 00.&lt;/strong&gt; Par une autre source, on a la confirmation que Frontex (l'agence europ&#233;enne charg&#233;e de contr&#244;ler les fronti&#232;res) et les gardes-c&#244;tes grecs sont sur place. Ils sont donc bien en train de regarder ce bateau surcharg&#233; prendre l'eau sans intervenir. Sont-ils assez pr&#232;s pour entendre les passagers crier ? Parce que nous, oui, et &#231;a nous glace le sang. Toutes les 30 minutes, ils nous envoient des vid&#233;os et des messages vocaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous avons une nouvelle position&lt;/i&gt; [GPS]&lt;i&gt;. Les gardes-c&#244;tes ne nous ont pas pris. Nous dirigeons le bateau avec nos mains. On met les mains dans l'eau et on avance.&lt;/i&gt; &#187; Ils sont &#224; moins de 6 km de Lesbos. Des heures que leur bateau est dans les eaux grecques. Des heures que les gardes-c&#244;tes sont inform&#233;s. Mais il ne se passe rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;18 h 58.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Nous avons besoin d'aide. Notre bateau a un trou. Nous sommes si fatigu&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; &#192; 3 km de Lesbos, frigorifi&#233;es, &#233;puis&#233;es, les personnes &#224; bord n'en peuvent plus. Elles ont us&#233; leurs derni&#232;res forces pour faire avancer le bateau trou&#233;. Derri&#232;re, les enfants pleurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;19 h 18.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Aidez-nous, s'il vous pla&#238;t. Les enfants ont faim et soif. Nous n'avons rien. L'eau entre de plus en plus dans le bateau. Les enfants sont gel&#233;s. Nos v&#234;tements sont tr&#232;s mouill&#233;s. Il fait tellement froid. Nous sommes en train de mourir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voudrait que le monde entier entende leurs voix, alors on fait des tweets. Des tweets pour m&#233;diatiser, pour faire pression, mais aussi parce qu'on ne sait pas quoi faire d'autre. On envoie des mails officiels avec l'UNHCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s) en copie, on s'engueule avec les gardes-c&#244;tes et on tweete. Surtout, on ne sait plus quoi dire aux personnes &#224; bord, &#224; part de tenir bon, qu'on ne peut pas faire plus, mais qu'on est avec elles et qu'on ne les l&#226;chera pas. Aujourd'hui, les r&#232;gles ont chang&#233; et on se demande comment trouver une issue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;19 h 51.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Maintenant, nous ne pouvons plus continuer. Nous sommes fatigu&#233;s. Il fait trop froid. Il fait tr&#232;s sombre. On ne voit rien. Nous ne pouvons pas continuer.&lt;/i&gt; &#187; Ils crient &#171; &lt;i&gt;Help&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Help&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Help&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; tous ensemble. La nuit est tomb&#233;e. Ils ne savent m&#234;me plus dans quelle direction avancer. Ils se d&#233;couragent, perdent espoir, on le sent. De notre c&#244;t&#233;, il faut combattre le sentiment d'impuissance, contenir la rage, et continuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;20 h 38.&lt;/strong&gt; &#201;ni&#232;me appel aux gardes-c&#244;tes grecs et soudain changement de ton. Une op&#233;ration de secours a &#233;t&#233; lanc&#233;e, disent-ils. M&#233;fiantes, on n'ose pas tout &#224; fait y croire. Une heure plus tard, le sauvetage est confirm&#233; par ces m&#234;mes gardes-c&#244;tes, et on pousse un gros soupir de soulagement. M&#234;me si les personnes &#224; bord ne sont plus joignables, et qu'on aimerait entendre de leur bouche qu'elles vont bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;23 h 00.&lt;/strong&gt; On passe le relais &#224; l'&#233;quipe de nuit, quatre cas toujours ouverts et trois nouveaux appels dans les quinze derni&#232;res minutes. &lt;i&gt;Force et courage&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les jours suivants, les t&#233;moignages gla&#231;ants affluent : agressions et tentatives d'intimidation semblent devenir syst&#233;matiques. Les gardes-c&#244;tes grecs agissent &#224; visage d&#233;couvert : vols et destructions de moteurs, tirs &#224; balles r&#233;elles ; les refoulements violents et ill&#233;gaux s'encha&#238;nent&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Escalating Violence in the Aegean Sea - Attacks and human rights abuses by (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. Bien s&#251;r de telles pratiques existaient avant ce basculement&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aegean Regional Analysis, rapport d'Alarm Phone (03/02/2020).&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, mais pas de mani&#232;re aussi d&#233;complex&#233;e. Le maintien de l'Europe-forteresse repose sur les &#233;paules de la Gr&#232;ce, qui re&#231;oit le soutien de tous les dirigeants europ&#233;ens. La fronti&#232;re ne doit pas c&#233;der, quoi qu'il en co&#251;te.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ailleurs en Europe, 2 &amp; 3 mars, 23 h-11 h&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce soir-l&#224;, nous sommes deux &#224; faire la permanence de nuit. Souvent, on les fait &#224; distance, mais cette fois-ci, on a d&#233;cid&#233; de se retrouver physiquement. Pas toujours facile d'&#234;tre seule devant son ordinateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;02 h 11.&lt;/strong&gt; Le t&#233;l&#233;phone sonne : une position GPS &#224; la limite de la fronti&#232;re gr&#233;co-turque. 50 &#224; 55 personnes &#224; bord dont une vingtaine d'enfants. Leur moteur est cass&#233;. &#171; &lt;i&gt;Il y a de l'eau dans le bateau, on va couler d'ici une demi-heure&lt;/i&gt; &#187;, nous annonce une voix fataliste, assez calme vu les circonstances. Le monsieur nous explique que des Grecs (gardes-c&#244;tes ? fachos ?) les ont intercept&#233;es, frapp&#233;es, ont d&#233;truit leur moteur et vol&#233; leur essence. &#171; &lt;i&gt;Nous sommes sur l'eau depuis 4... non 7 heures, le bateau est plein d'eau, on va mourir.&lt;/i&gt; &#187; On propose d'appeler les gardes-c&#244;tes turcs. &#171; &lt;i&gt;Ils ne viendront pas, &#231;a fait une heure qu'on les appelle, mais ils ne viennent pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;02 h 18.&lt;/strong&gt; On appelle quand m&#234;me les gardes-c&#244;tes turcs. L'op&#233;rateur nous remercie poliment, mais n'a aucune information &#224; nous donner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;02 h 53.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Il y a des soldats grecs, ils vont nous tuer. Ils ont attach&#233; une corde &#224; notre bateau et ils nous tirent avec leur bateau. Ils vont nous frapper et nous tuer. Ils crient. On a des enfants &#224; bord. Aidez-nous.&lt;/i&gt; &#187; En fond, bruit de vagues et hurlements, l'horreur. On esp&#232;re que les Grecs les tirent juste vers les eaux turques et que &#231;a n'ira pas plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;02 h 59.&lt;/strong&gt; Les personnes &#224; bord nous disent que les Grecs sont partis. Les gardes-c&#244;tes turcs arrivent pour les secourir. Tout le monde est sain et sauf. On respire. On prend le temps de se regarder, de se sourire, soulag&#233;es. Un comble de se r&#233;jouir que des personnes n'aient pas pu atteindre leur but, l'Europe. Mais elles sont sauves et c'est le plus important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;07 h 10. U&lt;/strong&gt;n bateau nous contacte, 38 personnes dont 20 enfants en route pour Samos. Leur position GPS est clairement dans les eaux grecques. On appelle les gardes-c&#244;tes grecs, le ventre nou&#233; au vu des exactions des jours pr&#233;c&#233;dents. On nous r&#233;pond que ce bateau est en Turquie. S'ensuit une nouvelle histoire kafka&#239;enne de fronti&#232;res maritimes, Grecs et Turcs se renvoyant la balle. Les 38 passagers seront finalement secourus par les Turcs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;09 h 39.&lt;/strong&gt; Le t&#233;l&#233;phone sonne &#224; nouveau. Deux bateaux en route pour Kastell&#243;rizo : les gardes-c&#244;tes grecs ont tir&#233; sur le premier. Une personne &#224; bord, peut-&#234;tre deux, ont &#233;t&#233; bless&#233;es et saignent. Les informations ne sont pas claires, elles viennent du second bateau, qui a assist&#233; &#224; la sc&#232;ne avant de faire demi-tour. On appelle la centrale des gardes-c&#244;tes &#224; Ath&#232;nes, au courant de rien. Ils nient tout acte de violence de leurs coll&#232;gues, disent qu'ils ne sont inform&#233;s d'aucun bateau dans la zone. Nous avons du mal &#224; garder notre calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11 h 00.&lt;/strong&gt; La permanence se termine. Malgr&#233; une confiance absolue dans les camarades qui prennent la rel&#232;ve, il est difficile de l&#226;cher. Plus tard, nous apprendrons que les gardes-c&#244;tes grecs ont refus&#233; l'acc&#232;s au port aux personnes bless&#233;es, et que le contact a &#233;t&#233; perdu avec l'embarcation. Vers 23 h, apr&#232;s des heures d'angoisse, l'&#233;quipe de nuit arrivera finalement &#224; la joindre de nouveau. Les passagers sont revenus sur la rive turque. Deux hommes sont bless&#233;s aux jambes et &#224; l'&#233;paule.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des militantes d'Alarm Phone&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4292 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH545/alarm-phone-logo-1-31b19.jpg?1779691918' width='500' height='545' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Escalating Violence in the Aegean Sea - Attacks and human rights abuses by European Coastguards &#187;, communiqu&#233; d'Alarm Phone (04/03/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Aegean Regional Analysis&lt;/i&gt;, rapport d'Alarm Phone (03/02/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
