<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?id_auteur=486&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1768648935</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>L&#226;cher de mots</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Lacher-de-mots</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Lacher-de-mots</guid>
		<dc:date>2020-02-05T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Il Ganzo, Mateo Matzo</dc:creator>


		<dc:subject>Jo Vervoort</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>mots</dc:subject>
		<dc:subject>chose</dc:subject>
		<dc:subject>L&#226;cher</dc:subject>
		<dc:subject>id&#233;e simple</dc:subject>
		<dc:subject>libre</dc:subject>
		<dc:subject>sc&#232;ne libre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est devenu un rituel. Chaque trimestre depuis cinq ans, le bistrot de la place de Reillanne, village des Alpes de Haute-Provence, accueille une &#171; sc&#232;ne libre &#187;. Chacun.e peut venir y partager un texte, un po&#232;me, quelques phrases, sa joie ou sa peine. Rencontre avec Tristan, l'un des fondateurs de ce rendez-vous. &#171; Le &#8220;L&#226;cher de mots&#8221; vient d'une id&#233;e simple. Ou plut&#244;t d'un constat : les espaces d'expression libre ne courent ni les rues ni les campagnes. Et ils ne se trouvent certainement (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jo-Vervoort" rel="tag"&gt;Jo Vervoort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mots-628" rel="tag"&gt;mots&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/chose" rel="tag"&gt;chose&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lacher" rel="tag"&gt;L&#226;cher&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/idee-simple" rel="tag"&gt;id&#233;e simple&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/libre" rel="tag"&gt;libre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/scene-libre" rel="tag"&gt;sc&#232;ne libre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est devenu un rituel. Chaque trimestre depuis cinq ans, le bistrot de la place de Reillanne, village des Alpes de Haute-Provence, accueille une &#171; sc&#232;ne libre &#187;. Chacun.e peut venir y partager un texte, un po&#232;me, quelques phrases, sa joie ou sa peine. Rencontre avec Tristan, l'un des fondateurs de ce rendez-vous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3207 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH323/-1424-d19e6.jpg?1768721257' width='500' height='323' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Jo Vervoort
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; L&lt;/span&gt;e &#8220;L&#226;cher de mots&#8221; vient d'une id&#233;e simple. Ou plut&#244;t d'un constat : les espaces d'expression libre ne courent ni les rues ni les campagnes. Et ils ne se trouvent certainement pas dans ces lieux o&#249; n'existe que la Culture avec un grand C, soit les th&#233;&#226;tres et autres salles subventionn&#233;es. Eux proposent du spectacle, le plus souvent &#233;litiste et format&#233; &#8211; &#231;a n'a rien &#224; voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a cinq ans&lt;/strong&gt;, donc, un petit groupe d'habitants du village a eu envie d'autre chose. C'&#233;tait une petite &#233;quipe disparate, regroupant des artistes et des personnes qui ne l'&#233;taient pas, des po&#232;tes, chanteurs, danseurs, circassiens. Mais toutes et tous partageaient ce d&#233;sir d'un espace radicalement neuf. D'un lieu d'expression qui serait totalement libre et ouvert &#224; tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette id&#233;e&lt;/strong&gt; ne vient pas de nulle part, bien s&#251;r. Elle se place dans l'h&#233;ritage des &#8220;soir&#233;es slam-po&#233;sie&#8221; apparues dans les ann&#233;es 1990 aux &#201;tats-Unis, et qui se sont depuis diffus&#233;es un peu partout dans le monde. Alors, pourquoi pas &#224; Reillanne ? On s'est dit que ce serait une bonne chose que ce mouvement populaire et po&#233;tique prenne ses quartiers dans notre &#8220;pays&#8221;, souvent r&#233;duit &#224; ses champs de lavande, &#224; son &#233;lectorat frontiste et &#224; ses touristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et &#231;a a march&#233;&lt;/strong&gt;. Le &#8220;L&#226;cher de mots&#8221; existe d&#233;sormais depuis cinq ans, et il est devenu un rendez-vous tr&#232;s populaire. Chaque trimestre, il r&#233;unit une centaine de personnes. Des habitants du village, bien entendu. Mais aussi des gens venus de toute la r&#233;gion. Toutes et tous respectent un m&#234;me principe, qui n'a pas chang&#233; depuis les d&#233;buts : la sc&#232;ne est ouverte, chacun-e peut pr&#233;senter ce qu'il veut, &#224; condition de ne pas occuper les planches plus de quelques minutes. En &#233;change, tu as droit &#224; un verre offert par le patron. C'est vrai que &#231;a en motive certains !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chaque sc&#232;ne libre&lt;/strong&gt; est singuli&#232;re &#8211; tu n'y vois jamais la m&#234;me chose. Dans la forme, avec de l'&#233;crit, de la danse, du mime, de la musique, etc. Et sur le fond : certains d&#233;cident de partager des choses tr&#232;s personnelles, des col&#232;res, des passions, d'autres optent pour des reprises de textes plus &#8220;classiques&#8221;. On passe tr&#232;s vite de l'humour au drame, d'un texte tr&#232;s politique &#224; un po&#232;me intime qui n'avait jamais &#233;t&#233; partag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est cette diversit&#233;&lt;/strong&gt; qui fait la force du &#8220;L&#226;cher de mots&#8221;. Parce qu'il s'agit de proposer aux gens de travailler sur leur peur du jugement. De remettre en cause la l&#233;gitimit&#233; d'une parole r&#233;serv&#233;e &#224; quelques-uns. Bref, de briser ce r&#244;le assign&#233; par la soci&#233;t&#233; de pouvoir : &#234;tre spectateur des choses, ne pas faire de vagues. Pour ma part, je ne revendique nullement la bienveillance &#8211; un terme tr&#232;s ambivalent, souvent utilis&#233; pour &#233;touffer les violences sociales, d&#233;cr&#233;dibiliser des pol&#233;miques de fond ou des discours politiques jug&#233;s trop &#8220;radicaux&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je dirais m&#234;me&lt;/strong&gt; qu'on s'approche parfois de la &#8220;joute verbale&#8221;. C'est-&#224;-dire qu'il existe une certaine rivalit&#233;, proche de celle qui avait cours entre les participants des tournois du Moyen &#194;ge et qu'on retrouve aujourd'hui, sous une forme nouvelle, dans le rap, le slam ou le reggae. Ce n'est pas une concurrence au sens lib&#233;ral du terme, mais la ritualisation d'une forme de &#8220;comp&#233;tition&#8221; (avec des guillemets) impr&#233;gnant les relations humaines. Un peu comme dans un jeu de soci&#233;t&#233; : tes ami.e.s sont tes alli&#233;s ou tes adversaires, le temps d'une partie. &#199;a cr&#233;e du piment dans les soir&#233;es, &#231;a dynamise l'ambiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je suis convaincu&lt;/strong&gt; que ces moments de &#8220;slam-po&#233;sie&#8221; n'ont rien d'anecdotique. Ils r&#233;pondent &#224; un besoin d'expression et de partage dans une &#233;poque qui mise sur l'oppression, la censure et la division. Et ils permettent de faire na&#238;tre un espace de sociabilit&#233; concret et sans m&#233;diation virtuelle, o&#249; se lit une histoire commune qui va laisser des traces au-del&#224; d'une soir&#233;e dans un bistrot. C'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que la geste po&#233;tique rejoint la geste politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela explique&lt;/strong&gt; sans doute que le principe du &#8220;L&#226;cher de mots&#8221;, et son &#233;tat d'esprit, se diffuse ailleurs, qu'il rebondisse et prenne racine dans d'autres villes. &#192; Marseille, par exemple : chaque mois, l'&#201;quitable Caf&#233; en organise un. Ou &#224; Bruxelles aussi, avec le bar de La Vieille Chechette. Il nous reste maintenant &#224; tisser davantage de liens entre les diff&#233;rentes sc&#232;nes libres. Car si elles sont fond&#233;es sur un m&#234;me principe, elles ne se connaissent pas forc&#233;ment. Elles auraient pourtant tout int&#233;r&#234;t &#224; s'enrichir de leurs diff&#233;rences &#8211; et il y en a ! J'ai ainsi eu l'impression d'assister &#224; plus d'expressions de hargne ou de col&#232;re et d'entendre plus de t&#233;moignages de violences de genre ou de racisme &#224; la ville qu'&#224; la campagne. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de croiser les regards, de provoquer les rencontres, de bousculer les &#233;vidences. C'est fait pour &#231;a, une sc&#232;ne libre ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Il Ganzo, avec la collaboration de Mateo Matzo&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un &#171; storytelling &#187; &#224; la Arte Radio</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Un-storytelling-a-la-Arte-Radio</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Un-storytelling-a-la-Arte-Radio</guid>
		<dc:date>2020-01-28T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mateo Matzo</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Radio</dc:subject>
		<dc:subject>Sylvain Gire</dc:subject>
		<dc:subject>totale carte</dc:subject>
		<dc:subject>carte blanche</dc:subject>
		<dc:subject>Arte Radio</dc:subject>
		<dc:subject>storytelling</dc:subject>
		<dc:subject>radios</dc:subject>
		<dc:subject>Gire</dc:subject>
		<dc:subject>Sylvain</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; on se dit finalement que derri&#232;re ses apparences gauchisante, Arte Radio a surtout tr&#232;s bien su s'adapter &#224; son &#233;poque... Arte Radio a vu le jour il y a quinze ans sous la direction de Sylvain Gire, avec une totale carte blanche quant &#224; la forme et au contenu. Et &#231;a se sent. Ce n'est pas &#224; proprement parler une &#171; radio &#187;, plut&#244;t une compilation de podcasts, souvent courts (entre 3 et 20 minutes), sur une multitude de sujets (2 301 sons &#224; l'heure d'aujourd'hui). Elle a su se forger (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no154-mai-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;154 (mai 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Medias-8" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Radio" rel="tag"&gt;Radio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sylvain-Gire" rel="tag"&gt;Sylvain Gire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/totale-carte" rel="tag"&gt;totale carte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/carte-blanche-2646" rel="tag"&gt;carte blanche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Arte-Radio" rel="tag"&gt;Arte Radio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/storytelling" rel="tag"&gt;storytelling&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/radios" rel="tag"&gt;radios&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gire" rel="tag"&gt;Gire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sylvain" rel="tag"&gt;Sylvain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L&#224; o&#249; on se dit finalement que derri&#232;re ses apparences gauchisante, Arte Radio a surtout tr&#232;s bien su s'adapter &#224; son &#233;poque...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;rte Radio a vu le jour il y a quinze ans sous la direction de Sylvain Gire, avec une totale carte blanche quant &#224; la forme et au contenu. Et &#231;a se sent. Ce n'est pas &#224; proprement parler une &#171; radio &#187;, plut&#244;t une compilation de podcasts, souvent courts (entre 3 et 20 minutes), sur une multitude de sujets (2 301 sons &#224; l'heure d'aujourd'hui). Elle a su se forger un &#171; caract&#232;re &#187;, un ton bien a elle et une place reconnue dans le monde de la radio plus &#171; traditionnelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Logiquement&lt;/strong&gt;, l'&#233;quipe d'Arte Radio &#233;tait pr&#233;sente au festival Longueurs d'Onde &#224; Brest en f&#233;vrier dernier. On y rencontre des professionnel&#183;les (Radio France surtout), des &#171; amateur&#183;trices &#187; de radios moins reconnues, des webradios, des radios &#171; libres &#187;... Sylvain Gire y a pris la parole pour y expliquer sa d&#233;marche et donner des outils aux futurs contributeurs et contributrices de la radio. Son ma&#238;tre mot est &#171; &lt;i&gt;storytelling &#187;&lt;/i&gt; &#8211; c'est &#231;a la radio aujourd'hui, para&#238;t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contrairement aux apparences, &lt;/strong&gt;&#171; &lt;i&gt;storytelling &#187;&lt;/i&gt; n'est pas la simple traduction de &#171; raconter des histoires &#187; ; et on ne le dit pas en am&#233;ricain pour faire classe. Non, &#231;a vient vraiment des &lt;i&gt;States&lt;/i&gt;, notamment de &lt;i&gt;Serial&lt;/i&gt;, ce &#171; polar sonore &#187; qui a fait un carton. C'est le premier podcast a atteindre les 5 millions de t&#233;l&#233;chargements, reprenant les ficelles du journalisme d'investigation version s&#233;rie HBO. En creusant un peu, on s'aper&#231;oit que le &#171; &lt;i&gt;storytelling &#187;&lt;/i&gt;, c'est une structure narrative conceptualis&#233;e dans les ann&#233;es 1990 par et pour le marketing. Ainsi aujourd'hui, l'arm&#233;e recrute en vendant de l'aventure. Une bo&#238;te de conserve se dit &#171; recette traditionnelle &#187;. On construit des sc&#233;narios &#224; succ&#232;s dont on attend toujours, f&#233;brile, la saison suivante. Il faut des formes courtes, consommables rapidement au bureau ou dans le m&#233;tro, il faut du &lt;i&gt;fun&lt;/i&gt;, il faut de l'&#233;motion, il faut de l'authentique et un peu de provocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui ne veut pas dire &lt;/strong&gt;qu'Arte Radio fait du marketing. Il y a des documents sonores tr&#232;s int&#233;ressants comme &lt;i&gt;Les bijoux de famille &lt;/i&gt;(Benoit Bories) sur la contraception masculine et &lt;i&gt;La r&#233;volution ne sera pas podcast&#233;e &lt;/i&gt;sur des sons de manifs (Olivier Minot) pour n'en citer que deux&#8230; Cependant, citons Sylvain Gire : &#171; &lt;i&gt;Pendant trop longtemps, le documentaire &#224; vocation sociale et politique s'est tourn&#233; vers les pauvres et finalement on se rend compte que c'est beaucoup plus int&#233;ressant de se tourner vers les riches &#187;&lt;/i&gt;, dit-il en se comparant &#224; l'&#233;mission t&#233;l&#233; &#224; succ&#232;s Strip-tease&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Effeuillage, &#171; S&#233;ance d'&#233;coute Arte Radio - Entretien avec Sylvain Gire et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ou encore il affirme &#224; Brest : &#171; &lt;i&gt;Tout &#224; l'heure un jeune homme est venu me voir, il me propose un sujet : &#8220;J'arr&#234;te la radio !&#8221;. C'est g&#233;nial ! Il en a marre de travailler dans une petite radio associative dans je ne sais pas quel coin paum&#233; et dont tout le monde se fout ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On se dit finalement &lt;/strong&gt;que derri&#232;re ses apparences gauchisante, Arte Radio a surtout tr&#232;s bien su s'adapter &#224; son &#233;poque, et maximiser son audimat en surfant sur les ressorts rod&#233;s du &#171; &lt;i&gt;storytelling &#187;&lt;/i&gt; : l'&#233;motion plut&#244;t que la r&#233;flexion, l'anecdotique plut&#244;t que les histoires collectives, la repr&#233;sentation d'un monde o&#249; r&#233;gnerait le dr&#244;le, le touchant, voire le ridicule, d&#233;barrass&#233; des violences sociales, une soci&#233;t&#233; totalement lib&#233;ralis&#233;e o&#249; l'&#171; individu &#187; serait la seule chose vraiment importante. Exemple : &lt;i&gt;Je suis ta m&#232;re&lt;/i&gt;, o&#249; l'auteur fait d&#233;couvrir &lt;i&gt;Star Wars &lt;/i&gt;&#224; sa maman, ou &lt;i&gt;Adopte mon p&#232;re&lt;/i&gt;, o&#249; le journaliste aide son p&#232;re &#224; draguer en ligne...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enfin, la critique facile&lt;/strong&gt;, &#231;a doit &#234;tre notre c&#244;t&#233; &lt;i&gt;has been&lt;/i&gt;. &#192; nous les acteurs des &#171; petites radios dont tout le monde se fout &#187; ! C'est vrai qu'on croit encore pouvoir changer l'&#233;poque, m&#234;me avec notre lot d'imperfections, de probl&#232;mes techniques, nos manques de fric&#8230; On les d&#233;fendra jusqu'au bout nos radios autog&#233;r&#233;es, construites avec les auditeur&#183;trice&#183;s, ancr&#233;es dans des territoires, o&#249; les studios deviennent des lieux de rencontres, de d&#233;bats, de luttes... Parce que la vie, para&#238;t-il, n'est pas un long &#171; storytelling &#187; tranquille !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mateo Matzo&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Effeuillage&lt;/i&gt;, &#171; S&#233;ance d'&#233;coute Arte Radio - Entretien avec Sylvain Gire et Chlo&#233; Assous-Plunian &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=3u8c0Aio9NU&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disponible&lt;/a&gt; sur Youtube.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Se faire troubadour en lien avec les mouvements de lutte &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Se-faire-troubadour-en-lien-avec</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Se-faire-troubadour-en-lien-avec</guid>
		<dc:date>2020-01-16T17:26:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Il Ganzo, Mateo Matzo</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>luttes</dc:subject>
		<dc:subject>lutte</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cital Boxon</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cital</dc:subject>
		<dc:subject>Boxon</dc:subject>
		<dc:subject>spectacle</dc:subject>
		<dc:subject>Semira Adamu</dc:subject>
		<dc:subject>th&#233;&#226;tre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;cital Boxon est un spectacle multiforme comme il en existe peu : sensible, incisif, d&#233;capant, po&#233;tique, musical&#8230; N&#233; au c&#339;ur des luttes bruxelloises, il se revendique d'un art populaire et subversif. Une id&#233;e ch&#232;re &#224; Ma&#239;a, auteure-interpr&#232;te, et &#224; Marolito, musicien-compositeur. Entretien &#224; deux voix. Comment d&#233;finirais-tu R&#233;cital Boxon, Ma&#239;a ? Je dirais que c'est un m&#233;lange de textes, de r&#233;cits de vie, de po&#232;mes, de musiques et de chants. Plusieurs styles d'&#233;criture se m&#234;lent, qui ont (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/luttes" rel="tag"&gt;luttes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/lutte" rel="tag"&gt;lutte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Recital-Boxon" rel="tag"&gt;R&#233;cital Boxon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Recital" rel="tag"&gt;R&#233;cital&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Boxon" rel="tag"&gt;Boxon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/spectacle" rel="tag"&gt;spectacle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Semira-Adamu" rel="tag"&gt;Semira Adamu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/theatre" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;cital Boxon est un spectacle multiforme comme il en existe peu : sensible, incisif, d&#233;capant, po&#233;tique, musical&#8230; N&#233; au c&#339;ur des luttes bruxelloises, il se revendique d'un art populaire et subversif. Une id&#233;e ch&#232;re &#224; Ma&#239;a, auteure-interpr&#232;te, et &#224; Marolito, musicien-compositeur. Entretien &#224; deux voix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3217 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH547/-1434-0115c.jpg?1768679189' width='400' height='547' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finirais-tu &lt;i&gt;R&#233;cital Boxon&lt;/i&gt;, Ma&#239;a ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais que c'est un m&#233;lange de textes, de r&#233;cits de vie, de po&#232;mes, de musiques et de chants. Plusieurs styles d'&#233;criture se m&#234;lent, qui ont en commun d'&#233;voquer des exp&#233;riences politiques s'&#233;tant d&#233;roul&#233;es il y a une dizaine d'ann&#233;es &#224; Bruxelles, &#224; Li&#232;ge et en Belgique en g&#233;n&#233;ral. Nous avons essay&#233; de faire revivre ces luttes au travers d'un regard singulier &#8211; m&#234;me si en r&#233;alit&#233; beaucoup de gens ont influenc&#233; l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai commenc&#233; &#224; &#233;crire &lt;i&gt;R&#233;cital Boxon&lt;/i&gt; en 2008. Je venais du th&#233;&#226;tre, milieu o&#249; je ne trouvais plus d'espace politique. Avec des ami-e-s et des compagnons de lutte, nous cherchions une salle pour pr&#233;senter une &#233;bauche de spectacle. Un directeur de th&#233;&#226;tre nous a sorti : &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait un peu ann&#233;es 1970, votre r&#233;cital...&lt;/i&gt; &#187; Il n'avait pas forc&#233;ment tort, puisqu'on s'inspirait clairement des luttes de ces ann&#233;es-l&#224;. Mais sa remarque &#233;tait plut&#244;t caricaturale et m&#233;prisante. Par d&#233;rision, nous avons alors d&#233;cid&#233; de nous r&#233;approprier &#171; R&#233;cital &#187;, puis d'y rajouter &#171; Boxon &#187;. Parce qu'on n'a jamais su d&#233;finir ce spectacle. Quand on le pr&#233;sente, une m&#234;me question revient en boucle : &#171; &lt;i&gt;Mais vous &#234;tes dans quelle cat&#233;gorie ? Chanson, th&#233;&#226;tre, slam, &lt;/i&gt;spoken word &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Impossible de r&#233;pondre. Et inutile, on n'a pas sp&#233;cialement envie de se d&#233;finir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'o&#249; vient ce besoin de mettre en sc&#232;ne les luttes auxquelles tu as particip&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord de l'envie de transmettre des histoires. De lutter contre l'invisibilisation et le silence. Il me semblait n&#233;cessaire de garder une trace, une m&#233;moire, et de raconter la r&#233;pression. Mais aussi de transmettre les joies, l'humour et les forces que poss&#232;dent les &#171; pays du refus &#187;. L'&#233;criture &#233;merge bien d'une histoire commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaitais aussi renouer avec une tradition de troubadours, de courants po&#233;tiques et musicaux directement en prise avec la vie. Rien de neuf, au fond : il en a toujours &#233;t&#233; ainsi dans les traditions populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi consistaient les luttes bruxelloises de la fin des ann&#233;es 1990 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville comptait alors un grand nombre de collectifs. De personnes sans-papiers, de ch&#244;meurs autonomes, de r&#233;appropriations de b&#226;timents vides, de lutte pour la gratuit&#233; des transports, de critique sociale, etc... Plusieurs d'entre eux se sont regroup&#233;s dans un m&#234;me lieu, un espace occup&#233;, se donnant le nom de collectif &#171; sans nom &#187; ou &#171; cent noms &#187;. C'est de cette exp&#233;rience que s'inspire, en partie, &lt;i&gt;R&#233;cital Boxon&lt;/i&gt;, m&#234;me si le spectacle n'en parle pas directement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a notamment un texte portant sur Semira Adamu, une jeune Nig&#233;riane de 22 ans. Elle voulait &#234;tre chanteuse, mais a &#233;t&#233; assassin&#233;e par la gendarmerie et l'&#201;tat belge en 1998. Pas par hasard, mais parce qu'elle leur r&#233;sistait et qu'elle organisait la lutte avec d'autres d&#233;tenus du centre o&#249; elle &#233;tait enferm&#233;e. Quand ils essayaient de l'expulser, elle r&#233;sistait et leur tenait t&#234;te. &#192; cinq reprises, elle a ainsi r&#233;ussi &#224; faire &#233;chouer son expulsion. Mais &#224; la sixi&#232;me, ils l'ont pr&#233;venue : ils la tueraient si elle ne se laissait pas faire. C'est ce qui est finalement arriv&#233; : elle est morte dans l'avion, entre neuf gendarmes qui la bloquaient et l'emp&#234;chaient de respirer avec un coussin. Aujourd'hui, elle est un symbole pour toutes les luttes des personnes sans-papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le spectacle &#233;voque essentiellement des trajectoires de femmes &#8211; c'est de l&#224; que je parle. J'ai notamment &#233;t&#233; tr&#232;s marqu&#233;e par ma rencontre avec le R&#233;seau des m&#232;res des disparus, qui regroupait des femmes d'Argentine, de Palestine, du Rwanda, d'ex-Yougoslavie, du Mexique et de diverses autres r&#233;gions du monde. Elles se retrouvaient pour parler de la disparition de leurs proches, se donner des forces et lutter ensemble. Ainsi que pour continuer &#224; faire vivre les mondes pour lesquels leurs disparus se battaient. De vraies combattantes, des femmes incroyables qui n'abandonnent jamais et qui m'ont fortement influenc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu t'es aussi inspir&#233;e d'auteurs ou textes reconnus ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai re&#231;u une vraie claque quand j'ai d&#233;couvert les textes des f&#233;ministes noires am&#233;ricaines. &#192; l'image d'Audre Lorde, po&#233;tesse, guerri&#232;re, militante anticoloniale et lesbienne, qui voyait dans la po&#233;sie l'arme du pauvre. J'ai aussi &#233;t&#233; marqu&#233;e par le groupe The Last Poets. Sans oublier les auteurs Aim&#233; C&#233;saire, Pier Pasolini, &#201;douard Glissant et Mahmoud Darwich. Et puis, des po&#232;tes russes, comme Mariana Tsvetaieva ou Vladimir Ma&#239;akoski, et les po&#232;mes de ma s&#339;ur Nathalie Chauvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une certaine forme de th&#233;&#226;tre italien m'a aussi beaucoup influenc&#233;e. Je pense &#224; Franca Rame et &#224; Dario Fo, qui ont mis en sc&#232;ne les r&#233;cits des luttes en Italie &#8211; des r&#233;quisitions dans les supermarch&#233;s aux mobilisations contre les violences faites aux femmes, en passant par les t&#233;moignages des prisonni&#232;res politiques issues des rangs de la RAF ou des Brigades rouges. Ils ont ainsi cr&#233;&#233; quelque chose entre le th&#233;&#226;tre et le r&#233;cit de vie, se faisant troubadours en lien avec les mouvements de lutte. Et puis, ils jouaient dans les usines, les &#233;coles, la rue, les lieux occup&#233;s, les th&#233;&#226;tres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur sc&#232;ne, tes textes tr&#232;s politiques ne sonnent jamais comme un slogan ou une pens&#233;e froide. Au contraire, ils font preuve d'une vraie dimension po&#233;tique...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'essaie d'&#233;viter le c&#244;t&#233; &#171; donneuse de le&#231;ons &#187;. Et je ne me consid&#232;re absolument pas &#233;crivain ou po&#232;te. Pour moi, la dimension po&#233;tique ne tient pas aux mots. Elle peut advenir en plein d'endroits diff&#233;rents, par des rencontres, des musiques, des histoires orales, des confrontations&#8230; Elle &#171; &#233;merge &#187; soudainement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les bars, j'ai rencontr&#233; des musiciens qui m'ont ramen&#233;e &#224; quelque chose de tr&#232;s concret, &#224; un rapport tr&#232;s direct avec le public &#8211; ce que je n'arrivais pas &#224; trouver dans les milieux institutionnels du th&#233;&#226;tre. J'ai ainsi eu la chance de croiser la route de gens qui menaient plusieurs vies, qui &#233;taient camionneur, musicienne, ma&#231;on, aide-soignante et slameur&#8230; Pour moi, elle est l&#224;, la po&#233;sie. Et elle est aussi dans la rencontre avec tous les musiciens du groupe, pas forc&#233;ment issus du milieu dit &#171; militant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marolito, tu joues de la guitare flamenca et tu portes en grande partie la dimension musicale de ce spectacle. Tu partages la vision po&#233;tique de Ma&#239;a ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, parce que ce n'est pas une po&#233;sie nombriliste ou psychologisante. Elle porte une histoire. Je suis compositeur et c'est tr&#232;s important pour moi d'accompagner des textes qui vont au-del&#224; d'une dimension personnelle. C'est le cas de &lt;i&gt;R&#233;cital Boxon&lt;/i&gt; &#8211; d'autres musiciens y participent, qui portent les couleurs de diff&#233;rentes musiques populaires. Au final, il s'agit de redonner un sens populaire &#224; la po&#233;sie. De rappeler qu'elle n'est pas qu'un art bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finirais-tu une musique populaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On fait souvent la confusion entre culture de masse et culture populaire. La premi&#232;re n'est qu'une invention de l'industrie musicale pour vendre au plus grand nombre. Rien &#224; voir avec les musiques populaires, qui s'ancrent dans les m&#233;moires, les traditions collectives, les histoires transmises par les peuples. &#192; l'image du flamenco, n&#233; de la rencontre en Andalousie de la culture de la minorit&#233; gitane, avec la m&#233;moire de l'exil et des pers&#233;cutions racistes, et de celle de ce coin d'Espagne marqu&#233;e par le souvenir des Moriscos, musulmans convertis de force par le pouvoir catholique. Le flamenco, c'est d'abord une histoire de cr&#233;olisation de toutes ces communaut&#233;s coexistant dans un m&#234;me territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel usage fais-tu du mot &#171; cr&#233;olisation &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le pr&#233;f&#232;re au mot &#171; fusion &#187;, souvent utilis&#233; pour &#233;tiqueter des tentatives de rencontres entres diff&#233;rentes traditions musicales. Ce terme me donne l'impression que tout se dissout dans une sorte de soupe hyperm&#233;tiss&#233;e, hors-sol. Au contraire, la cr&#233;olisation renvoie &#224; des racines qui s'entrem&#234;lent, &#224; des identit&#233;s multiples, comme le dit le po&#232;te &#201;douard Glissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mon histoire, je porte plut&#244;t une identit&#233; populaire bruxelloise. Mais j'ai aussi v&#233;cu au contact de la communaut&#233; turque pendant des ann&#233;es. Et aujourd'hui, je me sens impr&#233;gn&#233; de cette culture, de ses valeurs et de sa musique. Elles existent en moi, m&#234;me si je ne suis pas turc. La musique est un espace qui provoque la rencontre d'identit&#233;s multiples, et qui prend le contre-pied de l'identit&#233; raciste et x&#233;nophobe d&#233;fendue aujourd'hui par le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma&#239;a, vous arrivez &#224; vivre de ce spectacle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r que non, impossible ! On fait des petits boulots &#224; c&#244;t&#233;. Il nous arrive de d&#233;crocher des dates pay&#233;es dans des salles &#171; classiques &#187;, m&#234;me si on continue &#233;videmment &#224; jouer dans des lieux militants, associatifs. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, nous subissons cette pr&#233;carisation grandissante qui frappe chacun et chacune... Mais je ne vais pas me plaindre, ce serait ind&#233;cent &#8211; je me d&#233;merde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel est de continuer &#224; &#233;crire. Et de faire vivre &lt;i&gt;R&#233;cital Boxon&lt;/i&gt; et son rapport sensible au monde. Tu vois, je n'ai pas dit &#171; et son rapport politique au monde &#187;. Ce mot &#171; politique &#187; est trop galvaud&#233;, il faudrait des heures pour d&#233;finir ce qu'on met derri&#232;re. Je ne sais m&#234;me pas si je dirais que c'est un spectacle avec des paroles engag&#233;es. Il serait peut-&#234;tre plus juste de parler d'un spectacle avec &#171; des paroles de d&#233;gagement &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Il Ganzo &amp; Mateo Matzo&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Vous pouvez retrouver l'int&#233;gralit&#233; de cet interview en podcast sur &lt;a href=&#034;http://zinzine.domainepublic.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Zinzine&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; R&#233;cital boxon a aussi sorti un album, &lt;i&gt;Elle frappe la terre rouge&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Semira Adamu : le proc&#232;s &#187; (extrait)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils ont bris&#233; les barbel&#233;s. Pas tous. D'autres &#233;taient dans les cellules en isolement total. / Ils ont couru &#224; travers les champs. Rompre avec la honte de ces barbel&#233;s. Sans compromis. Aucun. / Ils ont migr&#233;, o&#249; sont-ils, dans quel pays, quelle importance ? / Ils sont n&#233;s tant de fois, avec des noms multiples, devenus innommables. J'esp&#232;re qu'ils balafrent les nations, qu'ils leur &#233;chappent, j'esp&#232;re sans espoir. Les &#233;vasions sont rares... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elle est cette voix sans visage qui r&#233;sonnait au bout du fil... Jamais vue, juste entendue... lue dans ses lettres. / Elle est cet appel sourd, elle a un nom, elle porte d'autres noms rest&#233;s derri&#232;re les grillages, elle leur donne la force de r&#233;sister... Elle r&#234;ve de porter des chants, elle a vingt-deux ans. / Son nom &#224; elle appara&#238;tra sur les premi&#232;res pages des journaux pour un jour y dispara&#238;tre d&#233;finitivement : Semira Adamu. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
