<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?id_auteur=474&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1779602680</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Pas de mac, pas d'amarres</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Pas-de-mac-pas-d-amarres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Pas-de-mac-pas-d-amarres</guid>
		<dc:date>2019-10-09T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>La Maltourn&#233;e</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>police</dc:subject>
		<dc:subject>faut</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>marins</dc:subject>
		<dc:subject>filles</dc:subject>
		<dc:subject>Delphine</dc:subject>
		<dc:subject>Panama</dc:subject>
		<dc:subject>Delphine d&#233;barque</dc:subject>
		<dc:subject>Campo Alegre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les ports, elle conna&#238;t. Depuis ses 17 ans, Delphine y vit. C'est une &#171; fille qui travaille &#187; comme elle dit. Elle est prostitu&#233;e. Dans sa bouche o&#249; le fran&#231;ais et l'espagnol sont indissociables, elle nous a racont&#233; son histoire. Aussi une histoire de la place des femmes dans les ports. Dans les ann&#233;es 1970, cette femme colombienne circule du Panama &#224; la Guyane fran&#231;aise, autour de la mer des Cara&#239;bes. Toujours, elle est rest&#233;e la m&#234;me - une femme forte, qui sait ne pouvoir compter que sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no152-mars-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;152 (mars 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Caroline-Sury" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faut" rel="tag"&gt;faut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/marins" rel="tag"&gt;marins&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/filles" rel="tag"&gt;filles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Delphine" rel="tag"&gt;Delphine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Panama" rel="tag"&gt;Panama&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Delphine-debarque" rel="tag"&gt;Delphine d&#233;barque&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Campo-Alegre" rel="tag"&gt;Campo Alegre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les ports, elle conna&#238;t. Depuis ses 17 ans, Delphine&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom qu'elle s'est choisi.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; y vit. C'est une &#171; fille qui travaille &#187; comme elle dit. Elle est prostitu&#233;e. Dans sa bouche o&#249; le fran&#231;ais et l'espagnol sont indissociables, elle nous a racont&#233; son histoire. Aussi une histoire de la place des femmes dans les ports. Dans les ann&#233;es 1970, cette femme colombienne circule du Panama &#224; la Guyane fran&#231;aise, autour de la mer des Cara&#239;bes. Toujours, elle est rest&#233;e la m&#234;me - une femme forte, qui sait ne pouvoir compter que sur elle-m&#234;me. Jamais de maquereau, ni d'amoureux, ni d'amarres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3096 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH586/-1327-2a964.jpg?1779603210' width='400' height='586' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;&#233;but des ann&#233;es 1970, Delphine doit quitter son pays natal et choisit le Venezuela voisin, o&#249; des filles lui ont dit qu'elle pourrait travailler. Il faut passer la fronti&#232;re en douce. Elles sont quatre &#224; tenter le coup, de nuit, &#224; bord de la barque d'un p&#234;cheur-passeur traversant le rio Chama. Discret. Mais pas assez. Surprises par une patrouille de police, les femmes doivent sauter &#224; l'eau. Elles parviennent finalement &#224; gagner la r&#237;ve et se mettent en marche pour El Vigia, une ville du Nord-Ouest. Elles tentent le stop mais c'est la police, dans une jeep banalis&#233;e, qui s'arr&#234;te. Les femmes sont enferm&#233;es. Maltrait&#233;es. Puis parviennent &#224; prendre la poudre d'escampette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un passage &#224; El Vig&#237;a, Delphine se rend &#224; Punto Fijo, un port p&#233;trolier au nord du pays. Elle y travaille dans un club, sur la plage, avec les marins am&#233;ricains, italiens, grecs ou chinois qui bossent sur les p&#233;troliers. Il y a du travail, certes, mais aussi une pesante pression polici&#232;re. Pour &#233;chapper aux descentes, Delphine doit se cacher dans des r&#233;servoirs d'eau. Ou encore, s'enfouir au pied des dunes de sable. Ce qui ne lui pla&#238;t vraiment pas, c'est qu'elle doit boire, encore et encore, histoire de pousser les marins &#224; faire de m&#234;me. En revanche, elle refusera toujours de toucher &#224; la drogue, partout pr&#233;sente : &#171; &lt;i&gt;Pas besoin de &#231;a pour tenir ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'endroit &#034;donde va&#034; toutes les filles &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors elle reprend la route. Direction le Panama, o&#249; la prostitution est l&#233;gale. Delphine d&#233;barque avec un contrat de travail de trois mois, qui lui donne droit &#224; un visa. Sur place, elle d&#233;couvre un syst&#232;me r&#233;gul&#233; par l'&#201;tat. Un avocat s'assure ainsi qu'elle est correctement log&#233;e et que le bar l'ayant engag&#233;e honore son contrat. &#192; la fin de celui-ci, elle est convoqu&#233;e au bureau de l'immigration pour une premi&#232;re prolongation (payante) de trois mois. Une deuxi&#232;me suivra, avant le d&#233;part forc&#233; : au bout de neuf mois, il faut quitter le pays... et en attendre six de plus avant de revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour son premier s&#233;jour, Delphine passe ces neuf mois dans le petit port de Col&#243;n (&#224; l'entr&#233;e du canal, c&#244;t&#233; Atlantique). 14 000 navires empruntant chaque ann&#233;e le canal de Panama, la client&#232;le ne manque pas. Delphine garde un bon souvenir du contr&#244;le m&#233;dical auquel elle doit se soumettre chaque semaine &#8211; &#171; &lt;i&gt; Tu y es oblig&#233;e, c'est bien. C'est l'endroit &lt;/i&gt;donde va&lt;i&gt; toutes les filles&lt;/i&gt; &#187; &#8211; du carnet de sant&#233; qui l'accompagne. Et de cette journ&#233;e d'examens approfondis, r&#233;alis&#233;s par des m&#233;decins pay&#233;s par l'&#201;tat : prise de sang, pr&#233;sentation des maladies v&#233;n&#233;riennes dans un th&#233;&#226;tre, sur grand &#233;cran, examen gyn&#233;cologique et piq&#251;re de p&#233;nicilline (&#224; titre pr&#233;ventif). En cas de probl&#232;me m&#233;dical, l'interruption de travail est obligatoire, &#171; &lt;i&gt;et c'est le gouvernement qui te soigne&lt;/i&gt; &#187;. Quant au bar, il doit veiller &#224; la bonne tenue du carnet.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pugnacit&#233; de la police&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une fois &#233;puis&#233; son quota de prolongations, Delphine s'en va. Destination Santo Domingo, d'abord. Ha&#239;ti, ensuite, pour un an. Et enfin Cura&#231;ao, une &#238;le des Antilles n&#233;erlandaises au large du Venezuela. Elle y travaille clandestinement, la prostitution &#233;tant interdite. Seule exception, un quartier r&#233;serv&#233;, pr&#232;s de l'a&#233;roport : le Campo Alegre. L'endroit, encercl&#233; de murs, se compose de dizaines de maisons o&#249; les filles sont log&#233;es &#8211; des taxis y am&#232;nent directement les &#233;quipages des bateaux. Delphine, elle, doit &#339;uvrer en cachette, dans un h&#244;tel en ville. Des conditions de travail difficiles, encore compliqu&#233;es par la pugnacit&#233; de la police n&#233;erlandaise. Il faut partir, derechef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouveau point de chute ? Le Suriname, sur les conseils d'autres filles. Delphine d&#233;barque ainsi &#224; Paramaribo, la capitale. Pour clients, elle a les marins japonais et cor&#233;ens op&#233;rant sur les crevettiers. Ils sont nombreux : la p&#234;che &#224; la crevette est depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1960 une activit&#233; florissante, que se partagent des compagnies &#233;trang&#232;res. Mais, pour celles-ci, la f&#234;te n'a qu'un temps. Elle prend fin avec l'ind&#233;pendance du Suriname en 1975, puis l'instauration en 1977 d'une zone &#233;conomique exclusive qui place les ressources marines sous contr&#244;le des &#201;tats c&#244;tiers. Les crevettiers et leurs marins mettent alors les voiles. Delphine fait de m&#234;me. Direction la Guyane fran&#231;aise et Cayenne - dont elle garde &#171; &lt;i&gt;un tr&#232;s mauvais souvenir &lt;/i&gt; &#187; - puis Kourou, &#224; l'&#233;poque base de l&#233;gionnaires. L'escale ne dure pas : &#224; Kourou, les filles ne choisissent pas les hommes avec qui elles couchent. Delphine se refuse &#224; fonctionner ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Pas un maquereau ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;On the road, again&lt;/i&gt;. Retour au Panama, dans le port de Panama City cette fois, c&#244;t&#233; Pacifique, dans un gros bar. 180 filles. Les contacts entre elles sont rares, chacune veillant jalousement sur sa client&#232;le. Rapidement, Delphine choisit de ne travailler qu'avec les marins japonais. Ils la contactent directement, et elle verse une commission au bar, o&#249; elle ne descend pas. Pour beaucoup, il s'agit d'habitu&#233;s, que Delphine retrouve tous les trois mois, quand leur navire fait escale. Elle passe alors avec eux leurs quatre jours de permission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui n'ont pas de fille attitr&#233;e d&#233;barquent par taxi afin d'en s&#233;lectionner une. La sc&#232;ne se d&#233;roule au matin, les marins - tout juste descendus du bateau - sont d&#233;j&#224; en habit de travail, poisseux. Leur choix fait, ils s'en vont ; ils ne reviendront qu'en fin de journ&#233;e, &#171; &lt;i&gt;propres et beaux comme tout&lt;/i&gt; &#187;. De son c&#244;t&#233;, Delphine aura rev&#234;tu une &#233;l&#233;gante robe longue. C'est qu'il faut s'habiller pour la tourn&#233;e des grands ducs : restaurant, cin&#233;ma et casino. Les marins payent tout, lui fournissent m&#234;me l'argent pour jouer. Et les &#233;ventuels gains lui reviennent, de m&#234;me que les cadeaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme du visa sonne (encore) le glas de ce s&#233;jour panam&#233;en. Retour &#224; Cura&#231;ao, cette fois avec un visa pour le quartier r&#233;serv&#233; de Campo Alegre. Delphine y retrouve des femmes colombiennes et dominicaines bossant en appartement. Et des marins toujours, qui arrivent du port en taxi. Le produit des passes est collect&#233; chaque jour par un bureau sp&#233;cial ; une fois par semaine, les filles d&#233;posent leur recette &#224; la banque. Pour &#171; &lt;i&gt;&#234;tre tranquille&lt;/i&gt; &#187;, Delphine prend aussi un &#171; &lt;i&gt;copain&lt;/i&gt; &#187;, originaire de l'&#238;le. Attention : &#171; &lt;i&gt;Un copain, pas un maquereau ! Jamais de la vie !&lt;/i&gt; &#187;, elle y tient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois nouveaux mois s'&#233;coulent, il faut repartir, d&#233;j&#224;. Loin, beaucoup plus loin. Ce sera l'Espagne, &#224; l'initiative d'une copine. Nous sommes en 1978, Delphine rejoint les ports europ&#233;ens. Une autre histoire commence.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Maltourn&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom qu'elle s'est choisi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
