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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; La m&#233;ritocratie dans l'arm&#233;e est un mythe &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-meritocratie-dans-l-armee-est</link>
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		<dc:creator>Lucile Dumont</dc:creator>


		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>
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		<dc:subject>scolaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Christel Coton est ma&#238;tresse de conf&#233;rences en sociologie &#224; l'universit&#233; Paris 1 Panth&#233;on-Sorbonne. En 2017, elle a publi&#233; Officiers : des classes en lutte sous l'uniforme (&#233;d. Agone). Elle y montre, apr&#232;s deux longues immersions dans un r&#233;giment de l'arm&#233;e de terre et dans une &#233;cole militaire, comment la m&#233;ritocratie et le brassage social desquels l'arm&#233;e se revendique ne sont qu'un mirage, destin&#233; &#224; gommer tous les m&#233;canismes de la reproduction sociale. Entretien. Comment expliquer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no185-mars-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;185 (mars 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Plonk-et-Replonk" rel="tag"&gt;Plonk et Replonk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/jeunes" rel="tag"&gt;jeunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/militaire" rel="tag"&gt;militaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-armee" rel="tag"&gt;l'arm&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/officiers" rel="tag"&gt;officiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/officier-issu" rel="tag"&gt;officier issu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/carriere" rel="tag"&gt;carri&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/rang-1882" rel="tag"&gt;rang&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/elites" rel="tag"&gt;&#233;lites&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/carriere-militaire" rel="tag"&gt;carri&#232;re militaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/scolaire" rel="tag"&gt;scolaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Christel Coton est ma&#238;tresse de conf&#233;rences en sociologie &#224; l'universit&#233; Paris 1 Panth&#233;on-Sorbonne. En 2017, elle a publi&#233; &lt;i&gt;Officiers : des classes en lutte sous l'uniforme&lt;/i&gt; (&#233;d. Agone). Elle y montre, apr&#232;s deux longues immersions dans un r&#233;giment de l'arm&#233;e de terre et dans une &#233;cole militaire, comment la m&#233;ritocratie et le brassage social desquels l'arm&#233;e se revendique ne sont qu'un mirage, destin&#233; &#224; gommer tous les m&#233;canismes de la reproduction sociale. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3381 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH568/-1568-eed40.jpg?1782673783' width='400' height='568' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk &amp; Replonk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquer l'engouement de certains jeunes pour l'arm&#233;e aujourd'hui ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je croise beaucoup de profils qui peuvent sembler paradoxaux parmi les jeunes qui pensent &#224; s'engager, notamment des &#233;tudiants qui en ont ras le bol des &#233;tudes, qui ont tr&#232;s peur de l'avenir et craignent que leur dipl&#244;me ne soit pas rentable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e attire parce qu'elle para&#238;t offrir une stabilit&#233; de carri&#232;re et de statut alors qu'ailleurs tout se d&#233;lite. C'est pourtant faux ! Le plus souvent, le recrutement des soldats ne d&#233;bouche sur aucune carri&#232;re, il y a au contraire un &lt;i&gt;turnover&lt;/i&gt; tr&#232;s important. On propose aux jeunes des classes moyennes ou populaires des contrats de quatre &#224; cinq ans, en contrepartie de niveaux d'engagement, de disponibilit&#233; et de contrainte extr&#234;mement forts : la vie en caserne est tr&#232;s astreignante, la hi&#233;rarchie tr&#232;s pr&#233;sente&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet espoir que mettent ces jeunes dans l'engagement militaire repose sur l'id&#233;e selon laquelle il y aurait une v&#233;ritable m&#233;ritocratie &#224; l'arm&#233;e, qui offrirait une forme de promotion sociale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce n'est pas vrai ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a d'une certaine mani&#232;re un dispositif m&#233;ritocratique dans l'arm&#233;e, avec des perspectives d'avancement pour ceux qui entrent par le rang [&lt;i&gt;par le bas de l'&#233;chelle, NDLR&lt;/i&gt;]. Mais cette m&#233;ritocratie est un mythe puisqu'&#224; l'arm&#233;e comme ailleurs, ce sont des ressources scolaires, des origines sociales particuli&#232;res et certains types de fa&#231;ons d'&#234;tre qui rencontrent des formes de promotion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mythe m&#233;ritocratique a forg&#233; l'institution depuis longtemps, et il fonctionne encore &#8211; les trois quarts des officiers ne sont pas issus de Saint-Cyr mais viennent du rang ou de l'universit&#233;, ce qui laisse penser que l'arm&#233;e offre une sorte de deuxi&#232;me chance. Il y a cette id&#233;e que l'arm&#233;e pourrait rattraper ceux que le monde social a laiss&#233; tomber, l&#224; o&#249; le syst&#232;me scolaire a &#233;chou&#233;, parce qu'elle valoriserait d'autres qualit&#233;s &#8211; le courage, la t&#233;nacit&#233;, devenir soi-m&#234;me, etc. Mais si l'on observe la progression dans la carri&#232;re, on voit bien que la mont&#233;e en grade est impossible pour tous ceux qui sont issus des milieux sociaux les moins dot&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui ont le moins de ressources scolaires, par exemple, se heurtent aux concours internes, pour lesquels m&#234;me les connaissances universitaires ne suffisent pas : il y a tout un tas de connaissances implicites du milieu, de fa&#231;ons de se comporter, de briller dans l'entre-soi qui s'appuient sur des socialisations tr&#232;s particuli&#232;res. Il faut savoir se comporter en &#8220;mili&#8221;, se cr&#233;er un personnage, conna&#238;tre l'histoire militaire, avoir une grande gueule&#8230; Tout cela s'apprend dans des espaces bien en amont de l'entr&#233;e dans la carri&#232;re militaire, comme la bourgeoisie traditionnelle, les scouts ou le lyc&#233;e militaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En mettant en avant la fraternit&#233; d'armes, l'arm&#233;e entretient l'illusion d'une &#233;galit&#233; entre ses membres...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'arm&#233;e dit : on partage les m&#234;mes conditions et on va vers un but commun. Il faut donc faire corps dans la mission, et c'est parce qu'on est ensemble de fa&#231;on hi&#233;rarchique &#8211; c'est-&#224;-dire avec certains qui donnent des ordres, et &#224; qui on doit ob&#233;ir parce qu'ils d&#233;tiennent des informations que les autres n'ont pas &#8211; que cela fonctionne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certaines &#233;coles d'officiers, on met un point d'honneur &#224; &#8220;m&#233;langer&#8221; : dans chaque classe on met des Saint-Cyriens, des officiers issus du rang, au moins une femme&#8230; Mais le monde social revient au galop : les officiers passent leur temps &#224; r&#233;instaurer des hi&#233;rarchies entre eux, &#224; se distinguer les uns des autres, &#224; se d&#233;nigrer mutuellement et &#224; essayer d'identifier leurs &#8220;origines&#8221; &#8211; c'est-&#224;-dire, justement, ce qui distingue un Saint-Cyrien d'un officier issu du rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tr&#232;s clair, pour tous les officiers, que ce sont les Saint-Cyriens qui deviendront les chefs. Ils obtiennent rapidement les grades de commandant, colonel, g&#233;n&#233;ral, etc., alors que les autres restent capitaines au long cours, et leurs galons se fanent. Il n'y a ni myst&#232;re ni erreur : un officier issu du rang ne finit pas g&#233;n&#233;ral, et l'institution sait reconna&#238;tre ses &#233;lites. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquer le fait que les &#233;lites militaires soient li&#233;es &#224; la grande bourgeoisie, aux milieux catholiques et &#224; une pens&#233;e r&#233;actionnaire ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'institution militaire, et notamment le corps des officiers, est un peu un lieu de repli pour une fraction des &#233;lites conservatrices d&#233;class&#233;es. Celles-ci trouvent dans la carri&#232;re militaire un des derniers espaces de distinction possibles : elles n'ont pas les ressources pour aller dans les &#233;coles de commerce qui ont un haut niveau d'exigence scolaire &#224; l'entr&#233;e. &#192; l'inverse, le concours d'entr&#233;e &#224; Saint-Cyr est tr&#232;s peu valoris&#233; sur le plan scolaire, le titre de Saint-Cyrien est tr&#232;s peu reconnu chez les ing&#233;nieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e permet &#224; ces fractions de la bourgeoisie relativement peu dot&#233;es en capital &#233;conomique et scolaire de conserver leur valeur sociale. Ce sont des &#233;lites particuli&#232;res cependant : parmi d'autres &#233;lites, les officiers ont un sentiment de d&#233;classement tr&#232;s fort. Alors que dans l'arm&#233;e, ils b&#233;n&#233;ficient de formes de distinction en permanence : ils peuvent avoir un chauffeur, une secr&#233;taire, on leur porte leurs affaires, ils ont un espace r&#233;serv&#233; pour manger et acc&#232;s &#224; des lieux anciens et prestigieux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les officiers ne sont pas des catholiques conservateurs, mais l'&#233;lite de ce corps est tr&#232;s situ&#233;e socialement, religieusement et politiquement : on y retrouve tout l'&#233;ventail des id&#233;ologies de droite, dont le monarchisme et le refus de la d&#233;mocratie&#8230; Cela ne signifie toutefois pas que ces officiers font un usage politique de l'outil militaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Lucile Dumont&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Antif&#233;ministe, tu perds ton sang froid</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Antifeministe-tu-perds-ton-sang</link>
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		<dc:date>2020-05-20T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Lucile Dumont</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;La persistance de discours antif&#233;ministes et masculinistes prouverait en creux la force de frappe du mouvement f&#233;ministe. Ils seraient une forme de backlash , de retour de b&#226;ton, face aux victoires &#233;mancipatrices. Las, les choses sont plus complexes et plus graves que cela. En France, au Canada et ailleurs, &#231;a fait belle lurette que des antif&#233;minismes et masculinismes de tout bord politique cherchent &#224; dresser des barrages aux combats f&#233;ministes. Ils sont l'expression politique du sexisme et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no184-fevrier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;184 (f&#233;vrier 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/feministes" rel="tag"&gt;f&#233;ministes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/hommes" rel="tag"&gt;hommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/discours" rel="tag"&gt;discours&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/discours-feministes" rel="tag"&gt;discours f&#233;ministes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La persistance de discours antif&#233;ministes et masculinistes prouverait en creux la force de frappe du mouvement f&#233;ministe. Ils seraient une forme de &lt;i&gt;backlash&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans Backlash : la guerre froide contre les femmes, paru en 1991, Susan (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, de retour de b&#226;ton, face aux victoires &#233;mancipatrices. Las, les choses sont plus complexes et plus graves que cela. En France, au Canada et ailleurs, &#231;a fait belle lurette que des antif&#233;minismes et masculinismes de tout bord politique cherchent &#224; dresser des barrages aux combats f&#233;ministes. Ils sont l'expression politique du sexisme et de la misogynie ordinaires. Radioscopie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3327 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH637/-1520-3e358.jpg?1782673783' width='400' height='637' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les f&#233;ministes ont toujours eu le don de me faire rager. Elles veulent conserver les avantages des femmes (ex. assurances moins cher&lt;/i&gt; [sic], &lt;i&gt;cong&#233; de maternit&#233; prolong&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; d'un retrait pr&#233;ventif, etc.) tout en s'accaparant de ceux des hommes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mots, d'une banalit&#233; confondante pour qui a &#233;t&#233; confront&#233; &#224; des discours antif&#233;ministes, sont extraits d'une lettre r&#233;dig&#233;e par Marc L&#233;pine et trouv&#233;e dans sa poche apr&#232;s qu'il eut tu&#233; quatorze femmes le 6 d&#233;cembre 1989 &#224; l'&#201;cole polytechnique de Montr&#233;al. Longtemps attribu&#233; &#224; un trouble de la personnalit&#233; de son auteur, le massacre a &#233;t&#233; r&#233;cemment requalifi&#233;. Trente ans apr&#232;s les faits, en lieu et place de la plaque comm&#233;morative initiale qui faisait r&#233;f&#233;rence aux &#171; &lt;i&gt;victimes de la trag&#233;die&lt;/i&gt; &#187;, un nouvel &#233;criteau a &#233;t&#233; accroch&#233; : &#171; &lt;i&gt;En m&#233;moire des 14 femmes assassin&#233;es lors de l'attentat antif&#233;ministe survenu &#224; l'&#201;cole polytechnique le 6 d&#233;cembre 1989.&lt;/i&gt; &#187; Il &#233;tait temps, sachant que L&#233;pine avait expliqu&#233; son geste d'une phrase limpide : &#171; &lt;i&gt;Je hais les f&#233;ministes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Canada, l'attentat de 1989 a nourri les r&#233;flexions sur ces contre-mouvements, revenus sur le devant de la sc&#232;ne en avril 2018 lorsque Alek Minassian, impliqu&#233; dans la communaut&#233; masculiniste des &lt;i&gt;incels&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Incel est un mot-valise pour &#171; involuntary celibate &#187; &#8211; c&#233;libataire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, a fonc&#233; dans une foule au volant de son v&#233;hicule &#224; Toronto, tuant dix personnes dont huit femmes. Si la violence de l'antif&#233;minisme et du masculinisme culmine dans ce type de trag&#233;die, elle s'exprime surtout de mani&#232;re plus indirecte (et parfois inconsciente), se nichant dans des discours politiques et intellectuels qui peuvent nous &#234;tre familiers. C'est l&#224; toute la force de la construction socio-m&#233;diatique que ces massacres nous invitent &#224; d&#233;samorcer.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Du &#171; masculisme &#187; aux antif&#233;minismes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le masculinisme n'a pas toujours d&#233;sign&#233; un mouvement de pens&#233;e, mais plut&#244;t un trouble dans le genre : on parlait ainsi du &#171; masculisme &#187; des femmes ayant des traits et/ou des attitudes per&#231;ues comme masculines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'antif&#233;minisme, le masculinisme condamne donc les femmes qui ne sont pas &#171; &#224; leur place &#187; et d&#233;rogent aux normes traditionnelles de la f&#233;minit&#233;, sans qu'elles se disent n&#233;cessairement f&#233;ministes &#8211; le cas de la communarde Louise Michel, qui ne se revendiquait pas de ces id&#233;es mais faisait l'objet de virulentes attaques &#224; ce propos, montre que l'antif&#233;minisme vise principalement &#224; exclure les femmes en tant que sujets politiques. Plus qu'une opposition th&#233;orique pr&#233;cise &#224; des courants f&#233;ministes, le discours antif&#233;ministe est finalement une r&#233;affirmation de la domination masculine et de la sacro-sainte virilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, de la m&#234;me mani&#232;re qu'il n'y a pas&lt;i&gt; un &lt;/i&gt;f&#233;minisme mais que le mot recouvre des strat&#233;gies de lutte distinctes tendant toutes vers l'&#233;mancipation, il n'existe pas un antif&#233;minisme mais plusieurs, qui s'engouffrent sans vergogne dans la br&#232;che des divergences entre les diff&#233;rents courants f&#233;ministes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cas d'&#233;cole : l'opposition au f&#233;minisme intersectionnel&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Courant de pens&#233;e f&#233;ministe qui consid&#232;re le genre, la race, la classe ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; devient pour certains un support id&#233;al pour tenir des discours p&#233;tris de racisme ou d'islamophobie. Ils voient dans ce f&#233;minisme un cheval de Troie de &#171; &lt;i&gt;revendications identitaires et culturalistes de minorit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, qui chercheraient &#224; se faire passer pour &#171; &lt;i&gt;des luttes sociales men&#233;es au nom de l'&#233;galit&#233;&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laurent Bouvet, &#171; L'exacerbation des figures identitaires est d'abord une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Les discours antif&#233;ministes et masculinistes s'adaptent ainsi aux &#233;volutions des discours f&#233;ministes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus de l'&#233;galit&#233; a toutefois quelques limites : les antif&#233;ministes d'aujourd'hui valident g&#233;n&#233;ralement les acquis de la &#171; premi&#232;re vague &#187; f&#233;ministe, marqu&#233;e par l'obtention du droit de vote pour les femmes. Le poids historique de certaines figures f&#233;ministes du pass&#233; pousse &#233;galement les antif&#233;ministes &#224; adopter des strat&#233;gies de d&#233;tournement. Parfaite illustration : les Survivants, mouvement de jeunes contre l'avortement, a tent&#233; il y a quelques ann&#233;es de s'approprier le nom de domaine &lt;i&gt;Simoneveil.com&lt;/i&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'objectif : recadrer les femmes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le credo des discours antif&#233;ministes et masculinistes . Une rh&#233;torique basiquement r&#233;actionnaire, alli&#233;e &#224; des discours racistes et homophobes. Selon eux, le f&#233;minisme est un non-sens aux effets pervers, puisqu'il risque de mettre en p&#233;ril l'ordre &#233;tabli. Pour le d&#233;noncer, ils s'appuient sur des strat&#233;gies classiques de disqualification des femmes et de leurs prises de parole (accusations d'hyst&#233;rie, renvoi &#224; des st&#233;r&#233;otypes comme celui de la femme-m&#232;re, de la femme-enfant ou de la femme-ogresse, etc.), mais aussi sur des strat&#233;gies de division entre les &#171; vraies &#187; et les &#171; fausses &#187; femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, ces discours renvoient les femmes &#224; leur corps (trop f&#233;minin ou pas assez, trop viril, etc.) et &#224; leur r&#244;le traditionnel dans l'ordre h&#233;t&#233;rosexuel et patriarcal : les femmes doivent d'abord &#234;tre des m&#232;res. Les marier avec des hommes, ce serait les (re)cadrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la figure aujourd'hui d&#233;cri&#233;e comme l'arch&#233;type de la f&#233;ministe n'est pas celle de la virago (femme d'allure masculine) ni celle de la sorci&#232;re. Il s'agit du st&#233;r&#233;otype de la femme ambitieuse qui ferait courir aux hommes le m&#234;me danger que les &#171; femmes savantes &#187;. Des relents d'anti-intellectualisme qui tendent aussi &#224; r&#233;duire le f&#233;minisme &#224; un mouvement bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a la menace &#171; f&#233;minazie &#187;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Insulte faite aux f&#233;ministes par les antif&#233;ministes et les masculinistes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, qui conduit &#224; une strat&#233;gie de victimisation des hommes, que l'on retrouve dans les discours sur les hommes battus, les p&#232;res seuls ou l'&#233;ternelle &#171; &lt;i&gt;crise de la masculinit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Cette victimisation a pour corollaire une forte culpabilisation des femmes et des f&#233;ministes, accus&#233;es d'avoir d&#233;clench&#233; la &#171; guerre des sexes &#187;. C'est pourquoi les discours antif&#233;ministes et masculinistes posent qu'il faut contenir les femmes, pr&#233;venir leurs lubies &#233;mancipatrices et &#233;ventuellement les punir, symboliquement autant que physiquement. Selon eux, le masculinisme a donc tout du combat de l&#233;gitime d&#233;fense, comme un rempart &#224; leur privil&#232;ge menac&#233;. Et pour se r&#233;aliser, ce mouvement devrait alors porter un discours &#171; positif &#187;, &#224; l'image du f&#233;minisme. Certains antif&#233;ministes vont par exemple jusqu'&#224; c&#233;l&#233;brer une &#171; Journ&#233;e internationale de l'homme &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une strat&#233;gie d'inversion d'arguments est d&#232;s lors mise en place. L'&#171; alterf&#233;minisme &#187; port&#233; par des personnages m&#233;diatiques r&#233;actionnaires comme la journaliste Eug&#233;nie Basti&#233; (&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, revue &lt;i&gt;Limite&lt;/i&gt;) n'est qu'un autre nom de l'antif&#233;minisme. On y retrouve toute l'ambigu&#239;t&#233; des discours sur le postf&#233;minisme, qui soutiennent parfois que l'&#233;galit&#233; est d&#233;j&#224; atteinte &#8211; afin de rendre caduques les luttes pour l'&#233;mancipation. Tout cela sur fond de conformit&#233; n&#233;olib&#233;rale, les analyses &#233;tant toujours concentr&#233;es &#224; l'&#233;chelle de l'individu et d&#233;tach&#233;es de toute consid&#233;ration sur les rapports sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des hommes et des femmes, de droite comme de gauche&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On aurait cependant tort de croire que les antif&#233;minismes et les masculinismes sont forc&#233;ment l&#224; o&#249; on les attend. L'opposition f&#233;minismes/antif&#233;minismes est un conflit structurel, absolument pas r&#233;ductible au spectre politique droite-gauche. C'est ce que montre le chercheur qu&#233;b&#233;cois Francis Dupuis-D&#233;ri, notamment &#224; partir de l'exemple du th&#233;oricien de l'anarchie Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), chez qui coexistaient une pens&#233;e progressiste avec des id&#233;es misogynes et antif&#233;ministes. Autrement dit, le &#171; progressisme &#187; ne prot&#232;ge pas de certains discours r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, &#234;tre une femme n'est pas un rempart &#224; l'antif&#233;minisme. Les femmes mobilis&#233;es contre leur droit de vote &#233;taient nombreuses, rappelle l'historienne Christine Bard : le positionnement face aux questions f&#233;ministes ne se fait pas qu'en fonction du genre &#8211; bien d'autres facteurs jouent. Par ailleurs, l'opposition actuelle de certaines femmes au f&#233;minisme en dit long sur les st&#233;r&#233;otypes qui lui sont associ&#233;s. Autrice d'une &#233;tude sur le site internet &lt;i&gt;Women against Feminism&lt;/i&gt;, dont l'une des animatrices se pr&#233;sente comme une &#171; &lt;i&gt;f&#233;ministe antif&#233;ministe&lt;/i&gt; &#187;, H&#233;lo&#239;se Michaud montre que la mobilisation de ces femmes contre &#171; le f&#233;minisme &#187; s'explique plus par leur rejet du terme en lui-m&#234;me que par leur opposition &#224; la cause des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des m&#233;dias&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; droite comme &#224; gauche, chez les hommes comme chez les femmes, les antif&#233;minismes et les masculinismes ont une longue histoire. Des ligues et des soci&#233;t&#233;s masculinistes ont vu le jour au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle en Allemagne, en Angleterre, et aux &#201;tats-Unis. Mais c'est surtout par l'interm&#233;diaire de figures individuelles, de publications et de pamphlets que l'antif&#233;minisme s'est diffus&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des m&#233;dias a &#233;t&#233; et reste tout &#224; fait central dans la diffusion de ces discours &#8211; que l'on pense &#224; la surexposition m&#233;diatique dont b&#233;n&#233;ficient des figures comme Alain Finkielkraut en France ou le psychologue Jordan Peterson au Canada. La mise en avant de femmes antif&#233;ministes dans les m&#233;dias &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt; parviendrait presque &#224; faire oublier qu'elles doivent leur appartenance au camp des dominants &#224; des luttes f&#233;ministes ; citons Eug&#233;nie Basti&#233;, &#201;lisabeth L&#233;vy (directrice du magazine &lt;i&gt;Causeur&lt;/i&gt;) ou l'essayiste B&#233;r&#233;nice Levet, autrice en 2018 d'un tr&#232;s explicite &lt;i&gt;Lib&#233;rons-nous du f&#233;minisme&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Nation fran&#231;aise, galante et libertine, ne te renie pas&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'&#224; partir des ann&#233;es 1980 que l'antif&#233;minisme s'est structur&#233;, &#224; proprement parler, en associations, et s'est mobilis&#233; de mani&#232;re plus ou moins spectaculaire, notamment autour de la question du droit de garde des enfants de parents s&#233;par&#233;s. &lt;i&gt;Fathers 4 justice&lt;/i&gt;, un groupe britannique de d&#233;fense du droit des p&#232;res, connu pour avoir organis&#233; la grimpette de plusieurs de ses membres d&#233;guis&#233;s en superh&#233;ros sur des b&#226;timents, avait ainsi planifi&#233; l'enl&#232;vement du fils de Tony Blair en 2006. En 2013 &#224; Nantes, un certain Serge Charnay est rest&#233; trois jours perch&#233; sur une grue, pour protester contre la &#171; justice sexiste &#187; dont il se consid&#233;rait victime&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2014, il sera condamn&#233; pour la troisi&#232;me fois pour soustraction d'enfant. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, et donner des id&#233;es &#224; d'autres militants de la cause des p&#232;res qui se sont ensuite f&#233;d&#233;r&#233;s dans un &#171; Collectif de la grue jaune &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Comment riposter ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le terrain de jeu favori des antif&#233;ministes contemporains reste cependant internet, dont les dispositifs permettant l'anonymat ont servi une recrudescence des discours masculinistes et ouvert les vannes &#224; une expression toujours plus violente de ces id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment faire barrage &#224; la d&#233;ferlante ? En ripostant collectivement : c'est ce que font le collectif Stop Masculinisme &#224; Grenoble ou le Collectif antimasculiniste d'&#206;le-de-France. Surtout, il devient imp&#233;ratif de prendre au s&#233;rieux les discours explicites, tout en se m&#233;fiant de ceux qui, avan&#231;ant masqu&#233;s, essayent de d&#233;finir l'antif&#233;minisme autrement que comme un d&#233;sir de justifier et d&#233;fendre le syst&#232;me patriarcal. Parano&#239;a ? Preuve suppl&#233;mentaire que les f&#233;ministes vont trop loin ? Pour reprendre les mots de la sociologue Christine Delphy, cit&#233;e par une membre du collectif grenoblois : &#171; &lt;i&gt;Quand une f&#233;ministe se voit reprocher d'aller trop loin, c'est qu'elle est sur la bonne voie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lucile Dumont&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans &lt;i&gt;Backlash : la guerre froide contre les femmes&lt;/i&gt;, paru en 1991, Susan Faludi examine la mani&#232;re dont les m&#233;dias ont aliment&#233; les r&#233;actions n&#233;gatives aux avanc&#233;es f&#233;ministes aux &#201;tats-Unis pendant les ann&#233;es Reagan, montrant ainsi qu'elles ne sont jamais acquises.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Incel&lt;/i&gt; est un mot-valise pour &#171; involuntary celibate &#187; &#8211; c&#233;libataire involontaire. Il d&#233;signe des communaut&#233;s en ligne misogynes et violentes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Courant de pens&#233;e f&#233;ministe qui consid&#232;re le genre, la race, la classe ou l'orientation sexuelle comme des diff&#233;renciations sociales non cloisonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Laurent Bouvet, &#171; L'exacerbation des figures identitaires est d'abord une construction des &#233;lites &#187;, entretien avec Matthieu Giroux, &lt;i&gt;Philitt.fr&lt;/i&gt; (17/02/2015).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Insulte faite aux f&#233;ministes par les antif&#233;ministes et les masculinistes, qui n'h&#233;sitaient pas &#224; parler de &#171; gaystapo &#187; au moment des mobilisations en faveur du mariage homosexuel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2014, il sera condamn&#233; pour la troisi&#232;me fois pour soustraction d'enfant. En 2011, il avait enlev&#233; son fils pendant deux mois et demi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tous ensemble, tous ensemble, gr&#232;ve des loyers !</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Tous-ensemble-tous-ensemble-greve</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucile Dumont</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Emilie Seto</dc:subject>
		<dc:subject>Mais</dc:subject>
		<dc:subject>gr&#232;ve</dc:subject>
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		<dc:subject>locataires</dc:subject>
		<dc:subject>payer</dc:subject>
		<dc:subject>loyer</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la crise sanitaire, il y a eu des millions de licenciements aux &#201;tats-Unis. Face &#224; la pr&#233;carisation extr&#234;me de nombreux habitants, les appels &#224; la gr&#232;ve des loyers se multiplient. Des initiatives bienvenues, dans des villes o&#249; la gentrification progresse tandis que beaucoup de logements sont insalubres. En cette fin avril aux &#201;tats-Unis, il y a foule de propri&#233;taires inquiets : leur locataire versera-t-il son loyer d&#233;but mai ? Depuis le d&#233;but de la pand&#233;mie de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no187-mai-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;187 (mai 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Emilie-Seto" rel="tag"&gt;Emilie Seto&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mais" rel="tag"&gt;Mais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/New-York" rel="tag"&gt;New York&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/proprietaire" rel="tag"&gt;propri&#233;taire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la crise sanitaire, il y a eu des millions de licenciements aux &#201;tats-Unis. Face &#224; la pr&#233;carisation extr&#234;me de nombreux habitants, les appels &#224; la gr&#232;ve des loyers se multiplient. Des initiatives bienvenues, dans des villes o&#249; la gentrification progresse tandis que beaucoup de logements sont insalubres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3332 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH326/-1525-55e8b.jpg?1782744718' width='500' height='326' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En cette fin avril aux &#201;tats-Unis, il y a foule de propri&#233;taires inquiets : leur locataire versera-t-il son loyer d&#233;but mai ? Depuis le d&#233;but de la pand&#233;mie de coronavirus, de nombreux appels &#224; une gr&#232;ve des loyers circulent sur internet, sous le mot d'ordre &lt;i&gt;#RentStrike2020&lt;/i&gt;. Ils suscitent une importante sympathie en ligne : une p&#233;tition demandant le gel des loyers, des cr&#233;dits immobiliers et des factures domestiques courantes a recueilli pr&#232;s de 1,8 million de signatures. Le mouvement fait &#233;galement flor&#232;s dans les rues, o&#249; de nombreux habitants ont &#233;tendu un drap blanc &#224; leur fen&#234;tre en signe de soutien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de personnes passeront de l'intention &#224; l'acte ? Impossible de le dire, mais la participation &#224; cette gr&#232;ve pourrait bien &#234;tre massive, tout simplement parce qu'&#224; cause du ralentissement &#233;conomique caus&#233; par la crise sanitaire, des millions de travailleurs ont perdu leur emploi. Ils ne peuvent donc plus payer leur loyer. Cons&#233;quence plut&#244;t r&#233;jouissante : des associations ou des collectifs cr&#233;&#233;s &lt;i&gt;ad hoc&lt;/i&gt; s'organisent pour annuler ce versement et survivre socialement et &#233;conomiquement &#224; la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Damn ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Outre-Atlantique, la question du mal-logement et du prix &#233;lev&#233; des locations ne date pas d'hier. Alors que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e est &#233;rig&#233;e en valeur cardinale, les locataires ne b&#233;n&#233;ficient que de peu d'aides financi&#232;res de la part du gouvernement f&#233;d&#233;ral. Le parc locatif priv&#233;, aux mains de multimilliardaires dans les plus grandes villes, se distingue r&#233;guli&#232;rement par les mauvaises conditions dans lesquelles il accueille ses habitants. Sans surprise, dans les villes-monde, o&#249; la sp&#233;culation immobili&#232;re fait sa loi, les logements sont hors de prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; New York, le Brooklyn Anti-Gentrification Network (BAN), un collectif principalement compos&#233; de personnes racis&#233;es, lutte contre l'expulsion des habitants les plus pauvres dans le quartier de Brooklyn. Lors de ses manifestations, il ne manque pas de rappeler ce constat : &#171; &lt;i&gt;Once I've paid my rent, damn&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &lt;i&gt;/&lt;/i&gt; &lt;i&gt;All my money's spent&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;(&#171; Une fois pay&#233; mon loyer, bordel ! / J'ai plus un rond &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des luttes en h&#233;ritage&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne est m&#233;connu, mais le concept de gr&#232;ve des loyers s'inscrit dans le temps long de l'histoire am&#233;ricaine. Au XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, on peut noter deux vagues importantes : la premi&#232;re, dans les ann&#233;es 1930 &#233;tait en partie li&#233;e aux cons&#233;quences de la Grande D&#233;pression ; la seconde, dans les ann&#233;es 1960, a largement d&#233;bord&#233; les fronti&#232;res des &#201;tats-Unis. Mais qu'on ne n'y trompe pas : &#224; l'exception de quelques mouvements sp&#233;cifiques, toutes ces gr&#232;ves visaient principalement &#224; am&#233;liorer les conditions de l'habitat. Des groupements de locataires d&#233;cidaient ensemble de ne pas payer leur loyer pour faire pression sur le propri&#233;taire &#8211; afin qu'il fasse des travaux, assainisse les espaces ou baisse les tarifs. Dans les ann&#233;es 1930, les autorit&#233;s avaient m&#234;me fini par consid&#233;rer qu'il s'agissait d'un moyen d'action l&#233;gitime dans les cas de mal-logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement actuel est diff&#233;rent : cette fois-ci, il s'agit purement et simplement de faire annuler les versements &#8211; pendant et &#233;ventuellement apr&#232;s la crise. La gr&#232;ve des loyers n'est donc plus seulement un moyen de pression : elle est elle-m&#234;me sa propre fin. &#171; &lt;i&gt;D'ordinaire, une telle gr&#232;ve signifie que vous pouvez payer, mais que vous choisissez de ne pas le faire pour obtenir quelque chose de la part de votre propri&#233;taire. C'est une tactique de n&#233;gociation,&lt;/i&gt; pr&#233;cise Rob Wohl, militant de la campagne Stomp Out Slumlords (&#171; Virons les marchands de sommeil &#187;), une &#233;manation du parti des Socialistes d&#233;mocrates d'Am&#233;rique (DSA) &#224; Washington. &lt;i&gt;Aujourd'hui, les propri&#233;taires savent tr&#232;s bien que leurs locataires ne peuvent pas payer, donc ils essaient de leur faire signer des papiers pour &#233;chelonner ou retarder les paiements. On encourage les locataires &#224; ne rien signer de la sorte. M&#234;me dans le contexte du confinement, ils ont le pouvoir de renverser le rapport de force avec leur propri&#233;taire : certes ils d&#233;pendent de lui pour leur logement, mais lui aussi est d&#233;pendant de leurs loyers.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Qui veut avoir affaire &#224; son propri&#233;taire en ce moment ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res semaines, de nombreux &#201;tats du pays ont mis en place des moratoires interdisant les expulsions pendant la pand&#233;mie. Cette suspension des &#233;victions, &#233;galement d&#233;cid&#233;e par l'Espagne sous la pression des associations de locataires et par le Portugal (o&#249; plusieurs municipalit&#233;s ont par ailleurs suspendu les loyers des logements sociaux), permet de soulager les foyers affect&#233;s par la crise actuelle. Mais elle ne fait que retarder le probl&#232;me : &#224; la fin du moratoire, il faudra bien payer les arri&#233;r&#233;s, sous peine de se retrouver &#224; la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela inqui&#232;te et &#233;nerve Corine, une habitante du Bronx, le quartier le plus pauvre de New York. Cette quadrag&#233;naire, coiffeuse ind&#233;pendante, vit aux &#201;tats-Unis depuis plus de quinze ans. Dans son immeuble, les locataires ont d&#233;j&#224; d&#251; s'organiser collectivement pour lutter contre les expulsions, mais aussi les abus, le racisme et le harc&#232;lement du propri&#233;taire et de ses sbires. Avant m&#234;me la crise sanitaire, plusieurs habitants avaient engag&#233; un contentieux pour forcer le &lt;i&gt;landlord&lt;/i&gt; &#224; effectuer les r&#233;parations n&#233;cessaires dans le b&#226;timent, d&#233;grad&#233; : &#171; &lt;i&gt;Le proc&#232;s devait commencer en juin, mais avec la pand&#233;mie les tribunaux sont arr&#234;t&#233;s. L'audience va &#234;tre repouss&#233;e &#224; cet &#233;t&#233;, ou &#224; septembre&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore Corine. Avant d'en venir au probl&#232;me des loyers : &#171; &lt;i&gt;Le gouverneur de New York nous a donn&#233; &#8220;90 jours&#8221;, c'est-&#224;-dire trois mois pendant lesquels le propri&#233;taire ne peut pas nous expulser. Mais &#231;a veut dire aussi que d&#232;s le mois de juillet, si on n'a pas pay&#233;, il pourra nous tra&#238;ner au tribunal.&lt;/i&gt; &#187; un bel &#233;t&#233; en perspective : &#171; &lt;i&gt;En plus, comme la hausse des loyers est d&#233;cid&#233;e en juin, on va se retrouver &#224; devoir payer encore plus d'argent pour continuer &#224; vivre dans de mauvaises conditions. En ce moment on n'a pas de chauffage, et il fait encore froid. Dans cet immeuble, on est en train d'essayer de se coordonner. Mais c'est pas facile. Et les locataires ont peur : qui veut avoir affaire &#224; son propri&#233;taire en ce moment&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Personne&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ne pas payer son loyer par solidarit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'engouement de ces derni&#232;res ann&#233;es autour de la question du logement autorise toutefois un peu d'espoir : le nombre d'associations de locataires, sous la forme de &lt;i&gt;councils&lt;/i&gt; (conseils) ou d'&lt;i&gt;unions &lt;/i&gt;(syndicats) &#8211; la plupart du temps autonomes vis-&#224;-vis des grandes organisations politiques &#8211; a augment&#233; dans le sillage de la campagne de Bernie Sanders pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2016. Les victoires remport&#233;es par le L. A. Tenants Union, le syndicat de locataires de Los Angeles, ont largement contribu&#233; &#224; cette dynamique &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pour une gr&#232;ve permanente des loyers &#187;, Jefklak.org (31/01/2020).&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. La d&#233;gradation massive des conditions de logement, notamment apr&#232;s la crise financi&#232;re de 2008 et le scandale des saisies immobili&#232;res qu'elle a entra&#238;n&#233;, a bien s&#251;r nourri cette mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers temps, les &#233;chos qui nous parviennent de Washington sont encourageants : des locataires s'organisent en masse, parfois dans des complexes immobiliers regroupant plusieurs milliers de personnes. &#192; Oakland, pr&#232;s de San Francisco, les responsables des associations indiquent qu'ils ont vu le nombre de membres grimper en fl&#232;che au cours des derniers mois. Les appels &#224; l'annulation des loyers sont relay&#233;s par de grosses coalitions d'associations de locataires et des parlementaires de la gauche du Parti d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans plusieurs cas, des locataires en capacit&#233; de payer acceptent de participer &#224; la gr&#232;ve en solidarit&#233; avec leurs voisins. Et le plus souvent, dans le contexte de la crise, les mobilisations autour du logement sont aussi un important lieu d'entraide et de solidarit&#233; : on ne se croise pas en r&#233;union uniquement pour parler loyer, mais aussi pour &#233;changer des masques, proposer de faire des courses ou maintenir des liens de sociabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cl&#233; de la r&#233;ussite de ce mouvement ? La circulation de l'information. Sur le campus de Columbia, haut-lieu de la mobilisation &#224; New York &lt;i&gt;(lire ci-dessous)&lt;/i&gt;, on apprend sur le tas. &#171; &lt;i&gt;Aucun d'entre nous n'avait vraiment d'exp&#233;rience sur les questions de logement ou les mobilisations de locataires,&lt;/i&gt; confie Lexie Cook, une doctorante impliqu&#233;e dans le mouvement.&lt;i&gt; Mais en ce moment, il y a une tonne de formations en ligne, de brochures propos&#233;es par les organisations, de groupes de discussion. On essaie de suivre tout cela du mieux qu'on peut.&lt;/i&gt; &#187; Corine, la coiffeuse du Bronx qui a elle aussi d&#251; apprendre &#224; se d&#233;fendre aupr&#232;s d'associations, insiste sur cette n&#233;cessit&#233; : &#171; &lt;i&gt;C'est un combat de tous les jours. &#199;a prend beaucoup de temps, mais on n'a pas le choix si on ne veut pas se retrouver dehors, parce que l'information ne circule pas. Si tu ne connais pas tes droits, ici, t'es mort. C'est ce que r&#233;sume une expression tr&#232;s simple : &lt;/i&gt;knowledge is power. &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Que l'on peut traduire par &#171; le savoir est une arme &#187;.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lucile Dumont&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; l'universit&#233; : &#171; Nous avons ajout&#233; une gr&#232;ve des enseignements &#224; la gr&#232;ve des loyers &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; New York, l'universit&#233; de Columbia est l'un des plus gros propri&#233;taires fonciers de la ville &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Time To Evict The Landlord University &#187;, TheFileMag.org (26/03/2020).&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Cons&#233;quence ? La facult&#233; est &#224; la fois l'employeur et le propri&#233;taire d'une bonne partie du personnel (charg&#233;s de cours, &#233;tudiants en th&#232;se, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de la pand&#233;mie, la direction de l'universit&#233; a invit&#233; tous les r&#233;sidents du campus &#224; quitter leur logement, sous pr&#233;texte d'urgence sanitaire. Ce faisant, elle a mis un grand nombre d'&#233;tudiants dans des situations intenables. &#171; &lt;i&gt;Ils n'ont jamais clairement expuls&#233; les &#233;tudiants, &lt;/i&gt;explique une doctorante mobilis&#233;e, &lt;i&gt;mais ils leur ont mis suffisamment de pression pour les faire partir. Et ce au beau milieu d'un confinement g&#233;n&#233;ral de la population. Ils ont pr&#233;tendu que tous avaient un autre endroit o&#249; aller, alors que ce n'est pas le cas. En plus de cela, l'universit&#233; a menac&#233; de mettre un terme au contrat de travail de certains charg&#233;s de cours pr&#233;caires qui avaient du mal &#224; payer leur loyer. Cela signifie qu'ils perdraient leur emploi, leur assurance maladie, et devraient en plus payer des frais d'inscription exorbitants pour terminer leur th&#232;se&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La riposte ne s'est pas fait attendre : &#171; &lt;i&gt;Nous avons d&#233;cid&#233; d'ajouter une gr&#232;ve des enseignements &#224; la gr&#232;ve des loyers. L'id&#233;e de la mobilisation, c'est aussi de coordonner la gr&#232;ve des loyers sur le campus avec les appels &#224; la gr&#232;ve de loyers qui circulent en ce moment ailleurs &#224; New York.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Pour une gr&#232;ve permanente des loyers &#187;,&lt;i&gt; Jefklak.org&lt;/i&gt; (31/01/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Que l'on peut traduire par &#171; le savoir est une arme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Time To Evict The Landlord University &#187;, &lt;i&gt;TheFileMag.org &lt;/i&gt;(26/03/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Foot f&#233;minin : occuper le terrain</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Foot-feminin-occuper-le-terrain</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucile Dumont</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;La Coupe du monde f&#233;minine a montr&#233; que le football et l'enthousiasme qu'il peut susciter ne sont pas l'apanage des mecs. Chez les filles aussi, on tape le ballon dans les city-stades, hors des clubs et des institutions sportives. Reportage dans le 18e arrondissement de Paris. &#171; On est o&#249; ici ? Dans le 18e ou dans le 93 ? &#187;, demande une jeune footballeuse de bon matin. Ce samedi 29 juin, les fid&#232;les du city-stade du square L&#233;on, situ&#233; au c&#339;ur du quartier populaire de la Goutte-d'Or, se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no178-juillet-aout-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;178 (juillet-ao&#251;t 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Maida-Chavak" rel="tag"&gt;Ma&#239;da Chavak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/quartiers" rel="tag"&gt;quartiers&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/club" rel="tag"&gt;club&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Coupe du monde f&#233;minine a montr&#233; que le football et l'enthousiasme qu'il peut susciter ne sont pas l'apanage des mecs. Chez les filles aussi, on tape le ballon dans les city-stades, hors des clubs et des institutions sportives. Reportage dans le 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3040 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH391/-1275-94196.jpg?1782638291' width='500' height='391' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ma&#239;da Chavak
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; O&lt;/span&gt;&lt;i&gt;n est o&#249; ici ? Dans le 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; ou dans le 93 ?&lt;/i&gt; &#187;, demande une jeune footballeuse de bon matin. Ce samedi 29 juin, les fid&#232;les du city-stade du square L&#233;on, situ&#233; au c&#339;ur du quartier populaire de la Goutte-d'Or, se sont d&#233;plac&#233;s au stade des Poissonniers, coinc&#233; entre Paris et le p&#233;riph'. C'est le tournoi des quarante ans des Enfants de la Goutte-d'Or, association d'&#233;ducation populaire et club de foot historique du quartier. Mais pas seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu de la pelouse synth&#233;tique br&#251;lante, une vingtaine de barri&#232;res de chantier d&#233;limitent un terrain de &#171; &lt;i&gt;five &#187;&lt;/i&gt;, ce foot urbain qui se joue &#224; cinq. Des footballeuses y disputent la toute premi&#232;re Coupe d'Afrique des nations (CAN) f&#233;minine de la Goutte-d'or, organis&#233;e par &#171; &lt;i&gt;les s&#339;urs Slimani&lt;/i&gt; &#187;, comme on les surnomme dans le quartier. La section f&#233;minine du club ayant r&#233;cemment ferm&#233; suite &#224; des probl&#232;mes d'acc&#232;s aux terrains d'entra&#238;nement, Im&#232;ne et Chahira, 25 et 26 ans, esp&#232;rent qu'elle rouvrira bient&#244;t. En attendant, elles ont eu l'id&#233;e de cette comp&#233;tition. &#171; &lt;i&gt;On a vu que plein de CAN des quartiers s'&#233;taient organis&#233;es cette ann&#233;e, on s'est dit : pourquoi on n'en ferait pas une aussi pour nous ? &#187;&lt;/i&gt;, explique Chahira. Un sondage sur Instagram et pas mal de bouche-&#224;-oreille plus tard, l'affaire &#233;tait lanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Se r&#233;approprier le foot&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Douze &#233;quipes ont r&#233;pondu &#224; l'appel, parmi lesquelles le Mali, l'Alg&#233;rie, le Maroc ou la C&#244;te d'Ivoire, qui comptent de vrai&#8226;es supporters et supportrices dans le quartier. Les joueuses, pour la plupart &#226;g&#233;es d'une vingtaine d'ann&#233;es, d&#233;fendent les couleurs de leur pays d'origine ou de celui qu'elles ont adopt&#233; pour la journ&#233;e. Elles viennent parfois de loin, s'entra&#238;nant dans des clubs r&#233;put&#233;s &#224; l'instar du Racing club de Saint-Denis voire jouant &#224; tr&#232;s haut niveau &#8211; l'une des footballeuses fait m&#234;me partie de la s&#233;lection nationale ivoirienne. D'autres ne sont pas ou plus inscrites en club, mais pratiquent r&#233;guli&#232;rement. Qu'on se le dise : le hijab de sport n'emp&#234;che pas les footballeuses qui le portent de dribbler ni de marquer des buts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les filles occupent le terrain, il est difficile de ne pas voir que, justement, le terrain est potentiellement leur seul espace &#224; elles. Car jouer ne suffit pas pour se r&#233;approprier le foot, &#233;ternel bastion de la domination masculine. Les gar&#231;ons viennent regarder, supporter, commenter. Ils sont aussi arbitres et participent &#224; l'organisation. Et d&#232;s que le ton monte un peu entre deux &#233;quipes ou que les joueuses posent pour une photo, les hommes sont rapidement presque aussi nombreux que les filles sur la pelouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il ne faudrait pas croire que c'est uniquement d'une pr&#233;sence masculine excessive que le foot f&#233;minin doit &#234;tre prot&#233;g&#233;. Le football est toujours survol&#233; par les m&#234;mes vautours, qui ont bien compris que la mont&#233;e en puissance du foot f&#233;minin &#233;tait aussi celle d'un juteux business publicitaire. Ici, c'est Nike qui a fourni le mat&#233;riel : ballons, &lt;i&gt;testing&lt;/i&gt; de chaussures, T-shirts floqu&#233;s au nom des pays par un label musical local&#8230; sans oublier le &#171; terrain &#187; et les fameuses barri&#232;res de chantier qui, dixit une joueuse, &#171; &lt;i&gt;font plus mal que les murs du city-stade quand on tombe dessus&lt;/i&gt; &#187;. Au vu de la qualit&#233; du mobilier, la douloureuse, elle, n'a pas d&#251; &#234;tre tr&#232;s violente pour le budget d'un des plus gros &#233;quipementiers sportifs au monde.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Couscous vs. atti&#233;k&#233;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lieu des habituelles angoisses sportives et discussions d'arbitrage, le tournoi est aussi un vrai espace de politisation. Du financement des r&#233;parations apr&#232;s l'incendie de Notre-Dame &#224; Laurent Gbagbo, au bord du terrain, &#231;a parle politique. On l'aura compris, le foot est aussi un terrain de luttes, plus particuli&#232;rement pour les filles et dans les quartiers populaires. C'est aussi ce qu'a soulign&#233; Assa Traor&#233;, venue pour remettre en personne le troph&#233;e et donner rendez-vous pour la prochaine manifestation organis&#233;e par le Comit&#233; justice et v&#233;rit&#233; pour Adama&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Adama Traor&#233;, d&#233;c&#233;d&#233; en 2016 &#224; la gendarmerie de Persan (Val-d'Oise).&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la tribune &#8211; les gar&#231;ons d'un c&#244;t&#233;, les filles de l'autre &#8211;, chaque &#233;quipe attend son tour &#224; l'ombre. La chanteuse Aya Nakamura se taille la part du lion au milieu d'une &lt;i&gt;playlist&lt;/i&gt; o&#249; Ma&#238;tre Gims, Koba la D (&#171; &lt;i&gt;Niquer les PDG / Vive l'argent du rain-t&#233;&lt;/i&gt; &#187;) ou Naza (&#171; &lt;i&gt;Donnez-moi mon argent / Mon million de dollars &#187;&lt;/i&gt;) sont eux aussi en bonne position. Le moindre but est pr&#233;texte &#224; danser un peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La finale oppose l'Alg&#233;rie &#224; la C&#244;te d'Ivoire. &#171; &lt;i&gt;C'est couscous-atti&#233;k&#233;, et dans tous les cas c'est l'Afrique qui gagne &#187;&lt;/i&gt;, entend-on au micro. Les hymnes sont diffus&#233;s sans vraiment &#234;tre repris par les joueuses et les buts ne tardent pas &#224; se r&#233;pondre dans l'enthousiasme g&#233;n&#233;ral. Le r&#233;sultat final ? 5-3 pour l'Alg&#233;rie, l'&#233;quipe des organisatrices. L'enjeu &#233;tait double : faire une CAN f&#233;minine et se cr&#233;er un lieu &#224; soi dans le foot des quartiers. Pari r&#233;ussi. Les fumig&#232;nes, oubli&#233;s dans le vestiaire, ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mis de c&#244;t&#233; pour l'an prochain.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lucile Dumont&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Adama Traor&#233;, d&#233;c&#233;d&#233; en 2016 &#224; la gendarmerie de Persan (Val-d'Oise).&lt;/p&gt;
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