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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Droit du taf &#224; la casse</title>
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&lt;p&gt;En finir avec des conventions collectives &#233;touffant l'innovation et redonner une &#233;thique du travail, voil&#224; r&#233;sum&#233; le &#171; plan Marchionne &#187;, du nom d'un capitaine d'industrie italien que la plupart des grands ma&#238;tres chanteurs reconna&#238;traient comme l'un des leurs. Les livres d'histoire se souviendront de Sergio Marchionne, le nouvel administrateur d&#233;l&#233;gu&#233; de la Fiat, comme de l'homme qui a introduit la d&#233;mocratie directe dans les relations entre patrons et ouvriers. En juin 2010, &#224; l'usine (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En finir avec des conventions collectives &#233;touffant l'innovation et redonner une &#233;thique du travail, voil&#224; r&#233;sum&#233; le &#171; plan Marchionne &#187;, du nom d'un capitaine d'industrie italien que la plupart des grands ma&#238;tres chanteurs reconna&#238;traient comme l'un des leurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_79 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH239/86_lldemars-227be.png?1779603680' width='400' height='239' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par LL de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les livres d'histoire se souviendront&lt;/strong&gt; de Sergio Marchionne, le nouvel administrateur d&#233;l&#233;gu&#233; de la Fiat, comme de l'homme qui a introduit la d&#233;mocratie directe dans les relations entre patrons et ouvriers. En juin 2010, &#224; l'usine Fiat de Pomigliano, pr&#232;s de Naples, et en janvier 2011 &#224; celle de Mirafiori, &#224; Turin, berceau des luttes ouvri&#232;res, il a repris la m&#233;thode qui lui avait permis de redresser la soci&#233;t&#233; Chrysler et la banque SGS de Gen&#232;ve. Objectif : sauver l'industrie automobile italienne, rien que &#231;a ! Il n'a pas &#233;t&#233; voir les &#233;lus locaux, ni cherch&#233; un accord avec les syndicats, mais s'est adress&#233; directement aux travailleurs. Il leur a dit que &#231;a ne pouvait plus continuer ainsi, qu'une nouvelle &#232;re avait vu le jour avec la mondialisation, et qu'il fallait s'adapter aux changements, et bla-bla-bla. Mais, contrairement aux autres patrons, il a choisi la voie du &#171; rien ne vous est impos&#233;, tout vous est propos&#233; &#187;. Ainsi les trois pauses, de quinze minutes, seraient r&#233;duites d'un tiers ; le temps de travail post&#233; serait augment&#233;, jusqu'&#224; onze heures d'affil&#233;e ; les arr&#234;ts maladie trop proches de jours f&#233;ri&#233;s ne seraient plus pay&#233;s ; les signataires du nouveau contrat ne pourraient pas faire gr&#232;ve et les gr&#233;vistes seraient soumis &#224; une sanction disciplinaire allant jusqu'au licenciement ; les organisations syndicales qui n'auraient pas sign&#233; l'accord propos&#233; &#8211; comme chez les m&#233;tallos de la FIOM, ou les Syndicats de base &#8211; ne pourraient plus exercer leurs fonctions&#8230; Enfin l'adh&#233;sion &#224; ses &#171; propositions &#187; serait soumise &#224; un r&#233;f&#233;rendum parfaitement d&#233;mocratique puisqu'en cas d'acceptation de l'accord par les salari&#233;s, plusieurs centaines de millions seraient investis et en cas de refus, l'usine serait d&#233;localis&#233;e en Serbie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 janvier dernier, enthousiastes &#224; l'id&#233;e de pouvoir donner leur avis sur ce nouveau contrat dans leur entreprise, 94,6 % des salari&#233;s ont particip&#233; au vote. Les partisans du &#171; Oui &#187; l'ont emport&#233; &#224; 54,3 %. Quant aux minoritaires, 45,7 % des voix rassemblant principalement les ouvriers, si les nouvelles conditions de travail ne leur conviennent pas, ils savent o&#249; trouver la porte puisque la nouvelle entreprise n&#233;e des cendres de la vieille Fiat n'emploiera d&#233;sormais que les signataires du fameux contrat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 janvier 2011, les m&#233;tallos se sont mis en gr&#232;ve dans de nombreuses villes contre le chantage de Marchionne. Les Syndicats de base, soutenus par des pr&#233;caires, des &#233;migr&#233;s, des &#233;tudiants, les ont accompagn&#233;s dans la rue, scandant le slogan &#171; Unis contre la crise ! &#187; qui avait rythm&#233; la manifestation du 14 d&#233;cembre 2010 marqu&#233;e par de tr&#232;s violents affrontements avec les forces de l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux patrons des autres entreprises, ils ont tout de suite flair&#233; la bonne arnaque et l'on voit d&#233;j&#224; fleurir des r&#233;f&#233;rendums pour imposer aux salari&#233;s des &#171; contrats sur mesure &#187;. Et la grande presse &#233;conomique, type &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt; ne perd pas, elle non plus, une miette de la nouvelle donne transalpine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Lame de fond</title>
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		<dc:creator>Fabio Cerquellini</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Trois mois de gr&#232;ves, manifs, occupations, assembl&#233;es, cours en plein air&#8230; &#201;tudiants, lyc&#233;ens et salari&#233;s, souvent m&#233;fiants envers les syndicats, se sont rejoints dans les rues. Comme une lame de fond, dans toute l'Italie. L'occasion d'occuper l'espace public et, enfin, de respirer. JEUDI 30 OCTOBRE, une jeune prof, un carton entre les mains sur lequel est &#233;crit &#171; Onda anomala &#187; sort de la gare romaine de Termini. Elle est suivie par un groupe d'&#233;tudiants. La place est maintenant quasi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trois mois de gr&#232;ves, manifs, occupations, assembl&#233;es, cours en plein air&#8230; &#201;tudiants, lyc&#233;ens et salari&#233;s, souvent m&#233;fiants envers les syndicats, se sont rejoints dans les rues. Comme une lame de fond, dans toute l'Italie. L'occasion d'occuper l'espace public et, enfin, de respirer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;JEUDI 30 OCTOBRE, une jeune prof, un carton entre les mains sur lequel est &#233;crit &#171; Onda anomala &#187;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Expression de surfeur d&#233;signant une grande vague porteuse.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; sort de la gare romaine de Termini. Elle est suivie par un groupe d'&#233;tudiants. La place est maintenant quasi vide apr&#232;s que le gros du d&#233;fil&#233; s'est &#233;loign&#233;. Dans le lointain, l'&#233;cho des slogans hurl&#233;s par les &#233;tudiants et les profs. Des retardataires arrivant petit &#224; petit, la prof et la petite bande d'&#233;tudiants forment une nouvelle manifestation. Ailleurs dans la ville, au m&#234;me moment, des centaines de manifestants, en provenance du Nord, venus en cars et coinc&#233;s, partent &#224; pied le long d'une des art&#232;res de banlieue menant &#224; Rome. Au centreville, alors que la t&#234;te du cort&#232;ge &#171; officiel &#187; rassemblant, journ&#233;e de gr&#232;ve nationale oblige, les syndicats des &#233;tudiants et des lyc&#233;ens, a d&#233;j&#224; atteint le lieu o&#249; doivent se tenir les meetings habituels, une foule de manifestants ne r&#233;ussit pas &#224; suivre le parcours satur&#233; de monde. Ils s'engagent dans une autre rue. Un cordon de flics anti-&#233;meutes tente de les bloquer, mais la foule est si importante et la pression si forte qu'ils ne peuvent faire autrement que de d&#233;camper. Depuis cette br&#232;che, c'est encore un autre cort&#232;ge qui parcourt la ville. Sur la place o&#249; devait se &#171; dissoudre &#187; la manif, la vraie, des profs, des lyc&#233;ens et des &#233;tudiants, las de faire du surplace, se forment en une nouvelle mauvaise troupe qui d&#233;cide de rejoindre un autre point de la ville. L&#224; aussi les cordons de policiers rompent sous la pression. Loin de se disperser, c'est en fait une troisi&#232;me &#171; vague &#187; de manifestants qui traverse la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Onda anomala &#187;, c'est ainsi que s'autod&#233;finit ce mouvement inondant la p&#233;ninsule du Nord au Sud et qui se caract&#233;rise par sa capacit&#233; &#224; prendre possession de l'espace public avec des assembl&#233;es, des cort&#232;ges, des cours sur les places, des sit-in, des occupations d'universit&#233;, d'&#233;coles et de gares. Et partout ce m&#234;me mot : &lt;i&gt;&#171; Non, votre crise, on ne la payera pas ! &#187;&lt;/i&gt; Le gouvernement veut restaurer les notes de conduite qui exigeraient d'avoir au moins six sur dix pour &#234;tre admissible au bac. R&#233;ponse de la rue : &lt;i&gt;&#171; Avec la note de conduite, ils veulent nous faire taire&#8230; &#201;coles comme prisons, vous nous cassez les couilles&#8230; Touchez pas &#224; l'&#233;cole publique, on luttera pour la d&#233;fendre ! &#187; &#171; Les vraies canailles sont ceux qui font ces lois qui tuent l'&#233;cole ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des d&#233;cennies, les financements pour l'&#233;cole publique diminuent. De temps en temps, des lyc&#233;ens et des &#233;tudiants manifestent, comme en France et dans d'autres pays. Parfois m&#234;me, les m&#233;dias en parlent&#8230; Mais, cette fois, m&#234;me les lyc&#233;es professionnels et techniques se sont sentis concern&#233;s et solidaires. Raison ou pr&#233;texte de la col&#232;re : la suppression, d'ici trois ans, de 87000 postes d'enseignants et de 44 500 postes administratifs dans les &#233;tablissements scolaires publics, ainsi que la fermeture de nombreux &#233;tablissements de petite taille, cons&#233;quence des massives restrictions budg&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jeune d'un lyc&#233;e professionnel explique dans un tract : &lt;i&gt;&#171; Ce gouvernement pr&#233;voit de supprimer 7,7 milliards &#224; l'&#233;cole et &#224; la recherche, ce qui entra&#238;nera in&#233;vitablement un retour &#224; l'&#233;poque o&#249; seuls les plus riches pouvaient se permettre d'avoir une instruction correcte. &#187;&lt;/i&gt; &#192; propos de la r&#233;forme qui pr&#233;voit dans les &#233;coles primaires la fin du plein temps et la r&#233;duction de trois enseignants &#224; un seul par classe, il pose la question : &lt;i&gt;&#171; Comment un seul enseignant peut-il avoir autant de comp&#233;tences en histoire, italien, science, g&#233;ographie, dessin, musique, math&#233;matiques ? &#187;&lt;/i&gt; Ceux des &#233;tablissements professionnels n'iront probablement pas en fac, pourtant ils n'acceptent pas que les universit&#233;s deviennent des instituts financ&#233;s par le priv&#233;, que la recherche soit financ&#233;e par les grandes entreprises sur la base exclusive de leurs propres int&#233;r&#234;ts, et qu'il y ait &lt;i&gt;&#171; une augmentation disproportionn&#233;e des frais &#224; la charge des familles &#187;&lt;/i&gt;. Si huit milliards sont soutir&#233;s &#224; l'enseignement, seulement 300 millions le sont &#224; l'arm&#233;e et personne ne touche aux privil&#232;ges des politiciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t trois mois maintenant que se poursuit, dans toute l'Italie, ce mouvement plein de rebondissements. La pluie battante n'avait pas d&#233;courag&#233; la manifestation du 17 octobre qui avait rassembl&#233; 300000 salari&#233;s, rejoints par des &#233;tudiants et des parents d'&#233;l&#232;ves. Ce fut le plus grand rassemblement jamais organis&#233; par les syndicats de base, organisations ind&#233;pendantes des centrales syndicales officielles. Et, toujours dans les cort&#232;ges, comme dans les assembl&#233;es, aucun signe d'appartenance aux labels politiques ou &#171; institutionnels &#187;. Juste des banderoles et des cartons artisanaux. &#192; Rome, lors d'un cours sauvage donn&#233; dans la rue, un homme politique s'est fait &#233;jecter parce que, selon les &#233;tudiants, il &lt;i&gt;&#171; n'&#233;tait l&#224; que pour les cam&#233;ras &#187;. &#171; Ils bloquent notre futur, nous bloquons la ville &#187;&lt;/i&gt;, reprenaient en choeur les 200 000 personnes qui ont d&#233;fil&#233;, le 14 novembre, &#224; Rome. Un projet plein d'avenir&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Expression de surfeur d&#233;signant une grande vague porteuse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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