<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?id_auteur=453&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1779602680</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Chacun a amen&#233; son exp&#233;rience &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Chacun-a-amene-son-experience</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Chacun-a-amene-son-experience</guid>
		<dc:date>2019-09-25T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ferdinand Cazalis, Mathieu Rivat</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Yann Levy</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>gr&#232;ve</dc:subject>
		<dc:subject>loi Travail</dc:subject>
		<dc:subject>l'AG interpro</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Denis</dc:subject>
		<dc:subject>actions</dc:subject>
		<dc:subject>interpro</dc:subject>
		<dc:subject>l'AG</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant quelques mois, ils ont fait feu de tous bois. En 2016, alors que les manifestations contre la loi Travail ne cessaient de gagner en intensit&#233;, les participant.e.s de l'AG interpro de Saint-Denis ont multipli&#233; les actions et les discussions. Pour principes : le refus de se focaliser sur un secteur particulier et l'envie de f&#233;d&#233;rer les &#233;nergies. Un d&#233;licat &#233;quilibre, fond&#233; sur la force du nombre et l'enthousiasme s&#233;ditieux des concern&#233;.e.s. Retour sur ces moments de lutte, avec Kelam (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no149-decembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;149 (d&#233;cembre 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Yann-Levy-81" rel="tag"&gt;Yann Levy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/loi-Travail" rel="tag"&gt;loi Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-AG-interpro" rel="tag"&gt;l'AG interpro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Saint-Denis" rel="tag"&gt;Saint-Denis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/actions" rel="tag"&gt;actions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/interpro" rel="tag"&gt;interpro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-AG" rel="tag"&gt;l'AG&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant quelques mois, ils ont fait feu de tous bois. En 2016, alors que les manifestations contre la loi Travail ne cessaient de gagner en intensit&#233;, les participant.e.s de l'AG interpro de Saint-Denis ont multipli&#233; les actions et les discussions. Pour principes : le refus de se focaliser sur un secteur particulier et l'envie de f&#233;d&#233;rer les &#233;nergies. Un d&#233;licat &#233;quilibre, fond&#233; sur la force du nombre et l'enthousiasme s&#233;ditieux des concern&#233;.e.s. Retour sur ces moments de lutte, avec Kelam et Iris, deux participant.e.s de cette belle exp&#233;rience.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2997 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1235-5936f.jpg?1779731405' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Saint-Denis, printemps 2016. Photo Yann Levy / Hans Lucas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De quelle mani&#232;re avez-vous rejoint l'AG interpro de Saint-Denis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iris :&lt;/strong&gt; J'&#233;tais prof &#224; Saint-Denis il y a deux ans, avant d'&#234;tre mut&#233;e &#224; &#201;pinay. Cela fait un moment que je suis encart&#233;e &#224; Sud, syndicat assez pr&#233;sent dans les secteurs publics de la ville (comme l'h&#244;pital ou la mairie), mais qui compte aussi des sections dans un Franprix, dans une maison de retraite et &#224; la piscine&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans ces deux derniers endroits, les mobilisations syndicales ont donn&#233; lieu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Lors du mouvement contre la r&#233;forme des retraites en 2010, une premi&#232;re AG interpro a vu le jour &#224; Saint-Denis ; la liste mail alors cr&#233;&#233;e a &#233;t&#233; r&#233;activ&#233;e &#224; l'occasion des manifestations contre la loi Travail. C'est donc via le milieu syndical que j'ai rejoint l'AG interpro, m&#234;me si cela faisait plusieurs ann&#233;es que je participais par ailleurs &#224; des collectifs de luttes plus autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; De mon c&#244;t&#233;, j'&#233;tais technicien du spectacle. Mais us&#233; par une r&#233;alit&#233; que beaucoup de salari&#233;.e.s connaissent bien (sous-effectif, rentabilit&#233;, pressions constantes, etc.), j'ai quitt&#233; mon travail au d&#233;but du printemps. J'en ai profit&#233; pour participer &#224; des actions et &#224; des d&#233;bats Place de la R&#233;publique &#224; Paris, avant de rejoindre la premi&#232;re Nuit Debout organis&#233;e &#224; Saint-Denis. Une assembl&#233;e qui a connu une participation aussi forte que diverse &#8211; les discussions se sont r&#233;v&#233;l&#233;es tr&#232;s riches, autant par les probl&#233;matiques abord&#233;es (des questions propres &#224; la ville, reflet de la vivacit&#233; des r&#233;seaux militants dionysiens) que par la fr&#233;quentation (habitant.e.s et militant.e.s s'y m&#234;laient). J'y suis retourn&#233; la semaine suivante pour aider &#224; installer les chaises et les barnums, et je me suis retrouv&#233; vraiment investi. Une premi&#232;re pour moi dont l'exp&#233;rience militante se limitait jusqu'alors &#224; des participations passives aux d&#233;fil&#233;s militants ou &#224; de lointains souvenirs d'enfance. Je ne connaissais personne, mais des liens forts de confiance se sont rapidement nou&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2998 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1236-d7cd0.jpg?1779731405' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Saint-Denis, printemps 2016. Photo Yann Levy / Hans Lucas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi vos actions se distinguaient-elles de la logique syndicale classique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iris :&lt;/strong&gt; On faisait des AG les jours de manif. Et une commission action se r&#233;unissait aussi en petit comit&#233; deux fois par semaine. Les tracts &#233;taient r&#233;dig&#233;s &#224; grands traits en AG, puis amend&#233;s et valid&#233;s par mail. Notre ambition &#233;tait de conduire des actions correspondant &#224; des d&#233;clinaisons locales des probl&#232;mes pos&#233;s par la loi Travail. Cela a plut&#244;t bien fonctionn&#233;, puisque plusieurs actions sont parties de l'AG interpro de Saint-Denis : les blocages du d&#233;p&#244;t de bus de Saint-Denis Universit&#233; le 21 avril, du port de Gennevilliers le 28, du Novotel le 12 mai, de la soci&#233;t&#233; Dubrac le 19, du pont de Saint-Ouen le 26, ou le blocage coordonn&#233; de quatre d&#233;p&#244;ts de bus d'&#206;le-de-France le 2 juin (en lien avec Nuit Debout Paris et l'AG de luttes IDF). Quand nous &#233;tions moins nombreux, nous organisions des piquets volants d&#232;s le matin pour aller tracter dans le centre de Saint-Denis, &#224; La Poste, &#224; la gare RER, au Carrefour, au McDonald, etc. Il y a eu de nombreuses gr&#232;ves, mais peu ont dur&#233;. Beaucoup de gens ne juraient que par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qu'on ne voyait pas arriver. Ce qui a entra&#238;n&#233; un d&#233;bat sur l'&#233;ventuel caract&#232;re &#171; de substitution &#187; de nos actions. On avait parfois l'impression d'&#234;tre des &#233;vang&#233;listes venus pr&#234;cher la r&#233;volution &#224; des travailleurs dont les pr&#233;occupations quotidiennes en &#233;taient tr&#232;s &#233;loign&#233;es. Par exemple, &#224; l'&#233;poque, le port du Havre &#233;tait bloqu&#233; par les dockers. Mais il ne pouvait en aller de m&#234;me pour celui de Gennevilliers, qui compte environ 50% d'int&#233;rimaires et peu de syndiqu&#233;.e.s. Il a donc &#233;t&#233; bloqu&#233; par des gens ext&#233;rieurs, et il s'agissait essentiellement d'une action symbolique, tr&#232;s limit&#233;e dans le temps. On ne se sentait pas tellement &#224; l'aise &#8211; c'est d&#233;licat de bloquer des salari&#233;.e.s que cela peut mettre en difficult&#233; (pression du patron, temps de travail perdu ou &#224; rattraper, etc.), et de discuter ensemble du bien-fond&#233; de l'action. Entre le discours &#171; Bloquons les flux &#187; et la r&#233;alit&#233; du blocage, il peut ainsi exister un foss&#233; consid&#233;rable. Les salari&#233;s concern&#233;s peuvent r&#226;ler, t'en vouloir, ne pas comprendre, se sentir agress&#233;.e.s, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; C'&#233;tait d'autant plus compliqu&#233; qu'aucun.e d'entre nous ne s'y connaissait sp&#233;cialement en mati&#232;re de blocage &#233;conomique. Si &#231;a a finalement fonctionn&#233;, c'est que chacun a amen&#233; un peu de son exp&#233;rience. Les camarades en lien avec DefCol&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Groupe de d&#233;fense collective qui fournit une assistance juridique aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; r&#233;cup&#233;raient les noms des avocats de permanence et les distribuaient aux participant.e.s. Les syndiqu&#233;.e.s pr&#233;venaient leurs organisations pour m&#233;diatiser et appeler au soutien dans les moments chauds. La repro de Sud ou de la CGT imprimait les tracts, Solidaires r&#233;servait les salles pour les r&#233;unions &#224; la Bourse du Travail, etc. Cette conjugaison de bonnes volont&#233;s nous a permis de r&#233;unir &#224; plusieurs reprises une centaine de personnes, dont plus de la moiti&#233; de Dionysien.e.s, pour des actions organis&#233;es &#224; 5h du matin. Les participant.e.s &#224; l'AG Interpro &#233;taient issus d'horizons divers &#8211; on y retrouvait des gens du squat l'Atti&#233;k&#233;, des syndiqu&#233;.e.s, des non syndiqu&#233;.e.s, des profs, des gens de la collectivit&#233; territoriale, des militantes f&#233;ministes, des anarchistes, des libertaires, quelques biblioth&#233;caires, les membres de la compagnie de th&#233;&#226;tre Jolie M&#244;me, des gens d'Ensemble et m&#234;me un camarade de la CGT RATP. Les cheminots passaient parfois assister aux r&#233;unions et les &#233;tudiant.e.s de Paris-8 se sont montr&#233;.e.s tr&#232;s pr&#233;sent.e.s. &#192; chaque coup dur (arrestation ou nasse polici&#232;re, par exemple), la solidarit&#233; s'est r&#233;v&#233;l&#233;e sans faille. Au final, pour beaucoup d'entre nous, participer &#224; l'AG interpro a constitu&#233; un excellent moyen d'apprendre sur le tas. Nous avons d&#233;couvert le fonctionnement d'un syndicat, les mandats, l'organisation logistique militante, la r&#233;daction d'un tract et la relecture collective, la pr&#233;paration d'une action, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iris :&lt;/strong&gt; Avec Saint-Denis Debout, Droit au Logement (DAL) et la Coordination des groupes anarchistes (CGA), nous avons aussi particip&#233; &#224; des actions sur le logement. On a par exemple occup&#233; un soir la Basilique de Saint-Denis avec les habitants du 48 de la rue de la R&#233;publique (l'immeuble attaqu&#233; par le RAID le 18 novembre 2015, apr&#232;s les attentats du 13 novembre). Ceux-ci sont rest&#233;s dans un gymnase pendant une semaine, puis ils se sont retrouv&#233;s &#224; l'h&#244;tel sans garanties de relogement. Pire : quatre d'entre eux ont re&#231;u des Obligations de quitter le territoire (OQTF). Et aucun n'a &#233;t&#233; reconnu victime, alors que les flics avaient tir&#233; 5 000 balles sur l'immeuble, inhabitable depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; Contrairement &#224; une lutte syndicale centr&#233;e sur un secteur particulier, nos actions portaient aussi bien sur le travail que sur le logement &#8211; rien de plus logique, puisque les participant. e.s &#233;taient &#224; la base impliqu&#233;.e.s dans diverses luttes. Celles et ceux qui s'activaient sur le logement avant le printemps ont trouv&#233; dans l'AG interpro ou l'assembl&#233;e de Saint-Denis Debout un &#233;cho &#224; leurs luttes, ainsi qu'un vivier de soutiens remotiv&#233; et en partie renouvel&#233;. Les actions qui jusque-l&#224; ne rassemblaient que les militant.e.s chevronn&#233;.e.s ou concern&#233;.e.s ont ainsi trouv&#233; un nouvel &#233;cho. Je crois qu'il s'agissait d'un moment o&#249; les gens avaient besoin non seulement de dire, mais aussi de faire, d'agir ensemble. Aussi riches et divers que furent les d&#233;bats, nous n'avons jamais r&#233;ussi &#224; &#233;tablir un socle politique commun, un positionnement th&#233;orique clair. Nous n'en avions pas le temps, et nous acceptions nos divergences. La force du nombre &#233;tait primordiale, nous voulions &#233;viter de froisser les un.e.s et les autres, m&#234;me si c'est parfois arriv&#233;. La forme de l'AG interpro a permis &#224; des camarades de &#171; On bloque tout &#187;, de la commission Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de Nuit Debout Paris, des collectifs AntiRep et anti &#201;tat d'urgence, &#224; des autonomes ou &#224; des anarchistes, voire &#224; de nouveaux militant.e.s, de participer collectivement &#224; des actions engag&#233;es, fortes et d&#233;termin&#233;es. Le tout en essayant de respecter la diversit&#233; des pratiques et en assurant l'int&#233;grit&#233; physique des un.e.s et des autres face &#224; la r&#233;pression croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iris :&lt;/strong&gt; Tout le monde voulait agir contre le gouvernement et sa loi, m&#234;me si l'ensemble reposait sur une poign&#233;e de personnes tr&#232;s d&#233;termin&#233;es. Notamment des femmes, qui r&#233;digeaient les comptes-rendus, faisaient le lien entre les diff&#233;rentes entit&#233;s, pr&#233;paraient les programmes des semaines &#224; venir. Mais nous avons aussi pris garde &#224; essayer d'&#233;viter la sp&#233;cialisation des t&#226;ches et le &lt;i&gt;burnout &lt;/i&gt;des plus investi.e.s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2999 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH328/-1237-c412e.jpg?1779731405' width='500' height='328' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Saint-Denis, printemps 2016. Photo Yann Levy / Hans Lucas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment avez-vous v&#233;cu la fin du mouvement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; &#199;a &#233;t&#233; difficile, car nous &#233;tions tr&#232;s motiv&#233;.e.s. Pour certain.e.s, comme moi, le quotidien &#233;tait rempli d'AG, de manifs, d'actions. Et d'un seul coup, apr&#232;s le 15 septembre, il n'y avait plus rien... Comme si les syndicats nous avaient l&#226;ch&#233;.e.s &#8211; ils ne nous r&#233;pondaient plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iris :&lt;/strong&gt; Ce fut une sacr&#233;e descente... Mais nous avons quand m&#234;me redistribu&#233; les milliers d'euros accumul&#233;s dans une caisse de gr&#232;ve aux syndiqu&#233;.e.s ayant pos&#233; des jours de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; La cr&#233;ation de la caisse de gr&#232;ve a &#233;t&#233; fastidieuse et chronophage. Et elle est advenue &#224; un moment o&#249; on commen&#231;ait &#224; ne plus y croire. Une initiative comme celle de l'AG interpro de Saint-Denis reposait largement sur le volontarisme joyeux de certain.e.s et sur un r&#233;seau militant fort, ancr&#233; localement. Beaucoup de camarades de tous les horizons ont alli&#233; leurs forces ; il est donc impossible de r&#233;sumer cette lutte &#224; &#171; syndiqu&#233;.e.s ou non &#187; ou &#171; partisan.e.s ou non &#187;. Ce qui est s&#251;r, c'est que cette alliance a n&#233;cessit&#233; de la diplomatie, de l'&#233;coute, de la formation. Le coup de sifflet final sonn&#233; par les hi&#233;rarchies syndicales a donc fait l'effet d'un coup de massue pour tout le monde. La liste mail, sur laquelle pleuvait des tonnes d'infos quotidiennes pendant des mois, est devenue du jour au lendemain d'un calme absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iris :&lt;/strong&gt; C'est vrai que nous, syndiqu&#233;.e.s de Solidaires, avons essay&#233; de pousser ; mais les hi&#233;rarchies syndicales avaient d&#233;cid&#233; que c'&#233;tait termin&#233;. C'est une question compliqu&#233;e. D'un c&#244;t&#233;, je ne soutiens pas cette dichotomie trop simpliste entre des directions super bureaucrates et une base qui n'attendrait qu'une &#233;tincelle pour s'en lib&#233;rer. Et je crois que le rejet du travail dans le milieu autonome ne fait pas non plus avancer les choses, car cela cr&#233;e du m&#233;pris &#224; l'encontre des travailleurs et travailleuses. Comme si le monde du travail n'&#233;tait plus un enjeu de lutte ! Mais de l'autre c&#244;t&#233;, je constate que le syndicalisme ne s'est pas non plus adapt&#233; aux transformations du travail. Globalement, dans certains endroits, la base du travail syndical n'a m&#234;me pas &#233;t&#233; faite ! Les enjeux r&#233;els de la loi Travail sont loin d'&#234;tre clairs pour tous les salari&#233;.e.s, m&#234;me si ses effets se font d&#233;j&#224; sentir. Et cette loi &#233;tait d&#233;j&#224; appliqu&#233;e avant m&#234;me son existence dans des secteurs tels que l'h&#244;tellerie, la restauration, le nettoyage... Tout le travail ingrat du syndicalisme &#8211; aller tracter devant les bo&#238;tes, afficher, informer, rencontrer et discuter avec les travailleurs et travailleuses &#8211; est de plus en plus laiss&#233; de c&#244;t&#233;. C'est pourtant la base &#8211; sans cela, aucun mouvement ne peut s'enraciner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; Plus l'&#233;t&#233; approchait (et avec lui, les vacances scolaires, la fatigue accumul&#233;e, la peur de la d&#233;mobilisation...), plus les querelles id&#233;ologiques, les batailles et d&#233;saccords traditionnels, les petites histoires locales mises de c&#244;t&#233; revenaient sur le devant de la sc&#232;ne. Nous &#233;tions quelques-un.e.s &#224; croire et &#224; esp&#233;rer que s'organisaient les bases d'une r&#233;volution. Ou au moins, &#224; penser que nous viendrions &#224; bout de la loi Travail. Mais nous avons trop cru aux &#171; On-l&#226;chera-rien &#187;, qui ont vite &#233;t&#233; remplac&#233;s par les &#171; C'est-compliqu&#233;-et-je-n'ai-pas-de-mandat-pour-&#231;a &#187;. Pourquoi &#231;a n'a pas repris ? Pourquoi on n'a pas continu&#233; ? Je me dis que nous devons rester modestes, agir localement &#8211; et c'est ce que beaucoup d'entre nous continuent &#224; faire (en luttant sur le logement, l'&#233;ducation, la pr&#233;carit&#233;, avec les migrant.e.s, contre les projets inutiles...). Pass&#233; un certain cap, pour &#234;tre pris au s&#233;rieux, il faut des signataires, des forces historiques, des institutions reconnues. Et malheureusement, ce sont elles qui n&#233;gocient, donc ce sont elles qui peuvent nous trahir. Tout &#231;a me semble d&#233;couler d'une tradition de syndicalisme r&#233;formateur qui survit sur de lointains succ&#232;s, acquis du temps du Front populaire. Ils se r&#233;p&#232;tent ce mantra assez triste : &#171; Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ou rien ! &#187; Comme un objectif en soi &#8211; ind&#233;passable. Mais comme ce n'est jamais g&#233;n&#233;ral, c'est toujours rien !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Mathieu Rivat et Ferdinand Cazalis&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans ces deux derniers endroits, les mobilisations syndicales ont donn&#233; lieu &#224; de s&#233;rieuses menaces de la part de l'employeur : entretien pr&#233;alable &#224; licenciement, menaces de sanction, voire licenciement effectifs...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Groupe de d&#233;fense collective qui fournit une assistance juridique aux manifestant.e.s et activistes interpell&#233;.e.s et/ ou mis.e.s en cause par la justice.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
