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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#192; Salsigne, &#171; l'or pour l'&#201;tat, l'arsenic pour le peuple &#187;</title>
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		<dc:creator>Olivier Saint-Hilaire</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Olivier Saint-Hilaire</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Il n'y a pas si longtemps, la mine d'or de Salsigne &#233;tait la plus grande d'Europe. Mais dans ce joli coin de l'Aude, on extrayait surtout de l'arsenic. Pendant plus d'un si&#232;cle, &#201;tat et compagnies priv&#233;es se sont partag&#233; des montagnes de profits. Quinze ans apr&#232;s la fermeture, il ne reste qu'une contamination presque invisible, que certains aimeraient bien faire oublier. Les pouvoirs publics refusent de payer une d&#233;pollution digne de ce nom... et il ne faudrait pas trop inqui&#233;ter les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no180-octobre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;180 (octobre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Olivier-Saint-Hilaire-269" rel="tag"&gt;Olivier Saint-Hilaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Max-Brail" rel="tag"&gt;Max Brail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-arsenic" rel="tag"&gt;d'arsenic&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Salsigne" rel="tag"&gt;Salsigne&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pollution" rel="tag"&gt;pollution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Frederic-Oge" rel="tag"&gt;Fr&#233;d&#233;ric Og&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lastours" rel="tag"&gt;Lastours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mine" rel="tag"&gt;mine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il n'y a pas si longtemps, la mine d'or de Salsigne &#233;tait la plus grande d'Europe. Mais dans ce joli coin de l'Aude, on extrayait surtout de l'arsenic. Pendant plus d'un si&#232;cle, &#201;tat et compagnies priv&#233;es se sont partag&#233; des montagnes de profits. Quinze ans apr&#232;s la fermeture, il ne reste qu'une contamination presque invisible, que certains aimeraient bien faire oublier. Les pouvoirs publics refusent de payer une d&#233;pollution digne de ce nom... et il ne faudrait pas trop inqui&#233;ter les touristes. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3202 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;278&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH329/-1419-c453f.jpg?1779757808' width='500' height='329' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;En face de la carri&#232;re d'agr&#233;gats de la Caunette, se situe la d&#233;charge de d&#233;chets toxiques du Pech de Montredon. Des inconnus collent r&#233;guli&#232;rement des affiches pour indiquer que le site est contamin&#233;. Mais d'autres les arrachent syst&#233;matiquement / Photo Olivier Saint-Hilaire
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C'&lt;/span&gt;est sous la chaleur &#233;touffante du mois d'ao&#251;t que la d&#233;put&#233;e de l'Aude Dani&#232;le H&#233;rin (LREM) eut la surprise de d&#233;couvrir deux baigneurs se rafra&#238;chissant dans l'eau de l'Orbiel, au gu&#233; de Lassac. C'est exactement au m&#234;me endroit que l'hiver pr&#233;c&#233;dent, des mesures faites sur les s&#233;diments avaient r&#233;v&#233;l&#233; un taux d'arsenic de plus de 30 000 mg / kg, un r&#233;sultat mille fois au-dessus de la normale. La d&#233;put&#233;e interloqu&#233;e apostropha les baigneurs, les sommant de sortir au plus vite : &#171; &lt;i&gt;Vous n'avez pas vu l'arr&#234;t&#233; pr&#233;fectoral interdisant la baignade ?&lt;/i&gt; &#187; Ce &#224; quoi un baigneur r&#233;pondit, furieux de l'absence de panneaux signalant la pollution du site : &#171; &lt;i&gt; Madame, je ne lis pas le &lt;/i&gt;Journal officiel&lt;i&gt; tous les matins.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;v&#233;nement, rapport&#233; par un des scientifiques qui accompagnaient la d&#233;put&#233;e ce jour-l&#224;, en dit long sur l'invisibilit&#233; de la pollution dans la vall&#233;e de l'Orbiel, o&#249; se trouvait la mine de Salsigne. Les panneaux d'interdiction ont &#233;t&#233; arrach&#233;s juste apr&#232;s avoir &#233;t&#233; pos&#233;s. La pollution &#224; l'arsenic, certains ne veulent ni la voir ni qu'elle soit vue. C'est en effet l'invisible qui r&#232;gne ici, depuis longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sous les remblais, l'usine cach&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le roman &lt;i&gt;Ang&#233;lique, Marquise des Anges&lt;/i&gt; (1957), le h&#233;ros Joffrey, comte de Peyrac et propri&#233;taire des mines d'or de Salsigne, accus&#233; de sorcellerie pour la richesse qu'il en tire, doit prouver &#224; son proc&#232;s comment il accomplit ce miracle : &#171; &lt;i&gt;L'or est invisible. De cette roche broy&#233;e, mes assistants vont l'extraire par la seule aide du plomb et du feu. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gisement de Salsigne est exploit&#233; depuis l'Antiquit&#233; : fer, cuivre, argent et plomb en &#233;taient extraits d&#232;s le 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; si&#232;cle avant J.-C. Plus r&#233;cemment, c'est surtout l'or qui a fait sa renomm&#233;e : 120 tonnes en ont &#233;t&#233; tir&#233;es de 1892 &#224; 2004 &#8211; exploitants publics et priv&#233;s se succ&#233;dant. Ce que l'on sait moins, c'est que Salsigne fut aussi la plus grande mine d'arsenic du monde. 500 000 tonnes en auraient &#233;t&#233; extraites tout au long de son exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qui ignore tout de ce pass&#233;, les traces laiss&#233;es par cette intense activit&#233; sont difficiles &#224; lire. Au pied de la Montagne noire, les paysages de la vall&#233;e de l'Orbiel sont sublimes. Mais trompeurs : ils comptent parmi les plus pollu&#233;s et toxiques de France. Selon Fr&#233;d&#233;ric Og&#233;, historien et g&#233;ographe du CNRS &#224; la retraite, r&#233;sidant &#224; Conques-sur-Orbiel, le secteur est une des plus grandes d&#233;charges chimiques du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est pourtant en peine d'imaginer aujourd'hui qu'au lieu-dit La-Combe-du-Saut, commune de Limousis, ait pu fonctionner la plus grande usine d'arsenic au monde, avec sa chemin&#233;e de 115 m&#232;tres de haut et ses cit&#233;s mini&#232;res. Car de tout cela, presque rien ne subsiste. Max Brail, maire de la commune de Lastours et ancien chef d'&#233;quipe &#224; l'usine, se souvient de tout. Gravement intoxiqu&#233; en 1995, il ne cesse de le r&#233;p&#233;ter : &#171; &lt;i&gt;On a ras&#233;, on a enterr&#233; et effac&#233; les traces. &lt;/i&gt; &#187; En fait, rien n'a &#233;t&#233; d&#233;pollu&#233; &#8211; on a simplement confin&#233;. Toute l'usine est encore l&#224;, &#224; nos pieds, enfouie sous des dizaines de m&#232;tres de remblais et de d&#233;chets toxiques sur presque un kilom&#232;tre de long. Seuls les souvenirs de ceux qui l'ont bien connu et les nombreuses photographies prises &#224; l'&#233;poque donnent encore la mesure de ce qui a &#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La contamination semble avoir tout envahi : les sols, les eaux, les jardins, jusqu'aux corps des animaux et des hommes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parmi les sommets qui surplombent La-Combe-du-Saut, il y a l'Artus et le Pech de Montredon. Ils n'ont rien de naturel. Les autorit&#233;s les appellent des &#171; stockages g&#233;ologiques &#187; : ce sont des d&#233;charges de d&#233;chets toxiques. 10 millions de tonnes pour la premi&#232;re, charg&#233;e &#224; environ 2 % d'arsenic. Pour la seconde, 2 millions de tonnes, dont 5 % &#224; 15 % d'arsenic. R&#233;alis&#233;s apr&#232;s la fermeture de la mine (survenue en 2004, quand l'&#201;tat a laiss&#233; partir le dernier exploitant priv&#233; sans l'obliger &#224; d&#233;polluer&#8230;), ces stockages fuient d&#233;j&#224; de toute part : l'arsenic et d'autres poisons descendent lentement vers la rivi&#232;re Orbiel. Les analyses effectu&#233;es &#224; la source d'eau du &#171; Point V &#187; sont &#233;loquentes (lire plus bas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la vall&#233;e, la contamination semble avoir tout envahi. Les sols, les eaux, l'air peut-&#234;tre, les jardins, les fruits, les l&#233;gumes, jusqu'aux corps des animaux et des hommes. Si les truites ont disparu, les humains semblent encore tenir. Mais l'arsenic se d&#233;place et &#233;tend son emprise toujours plus loin. Certains en sont persuad&#233;s : il a tout souill&#233; jusqu'&#224; la M&#233;diterran&#233;e. Pr&#233;sident de l'association de d&#233;fense de l'environnement Gratte Papiers, Fran&#231;ois Espuche estime qu'environ huit tonnes d'arsenic sont charri&#233;es par l'Orbiel chaque ann&#233;e &#8211; &#171; &lt;i&gt;en temps normal&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les pouvoirs publics dans le d&#233;ni&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 15 octobre 2018, un &#233;pisode c&#233;venol&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ph&#233;nom&#232;ne m&#233;t&#233;orologique r&#233;current dans la r&#233;gion, caract&#233;ris&#233; par des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a touch&#233; l'Aude, faisant 15 morts et une centaine de bless&#233;s. Les &#233;coles de Lastours, Conques-sur-Orbiel et Tr&#232;bes ont &#233;t&#233; d&#233;vast&#233;es par un torrent de boues contamin&#233;es &#224; l'arsenic. Ces boues ont tout impr&#233;gn&#233;, jusqu'au sang des enfants : des analyses r&#233;alis&#233;es cet &#233;t&#233; ont r&#233;v&#233;l&#233; que 48 d'entre eux ont &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;surexpos&#233;s&lt;/i&gt; &#187; &#224; l'arsenic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps, la pr&#233;fecture de l'Aude, comme l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; (ARS Occitanie), s'est obstin&#233;e &#224; proclamer &#224; qui voulait l'entendre que tout allait bien. Dans les premiers jours suivant la crue d'octobre 2018, elle a ni&#233; vigoureusement toute &#171; &lt;i&gt; surpollution&lt;/i&gt; &#187; caus&#233;e par la catastrophe naturelle. L'alerte, ce sont les associations Gratte Papiers et Terres d'Orbiel (n&#233;es &#224; l'&#233;poque o&#249; les autorit&#233;s avaient souhait&#233; transformer la mine en d&#233;charge de d&#233;chets m&#233;nagers et toxiques&#8230;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans les ann&#233;es 1990, on y a incin&#233;r&#233; notamment des d&#233;codeurs Canal + et des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;), qui l'ont donn&#233;e imm&#233;diatement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ARS ne s'est r&#233;veill&#233;e qu'en mars 2019, via un communiqu&#233; r&#233;ussissant l'exploit de ne mentionner ni l'arsenic, ni la pollution, ni la contamination. L'agence appelait tout de m&#234;me &#224; &#171; &lt;i&gt;limiter la consommation des v&#233;g&#233;taux des jardins inond&#233;s, ne pas consommer l'eau des puits priv&#233;s, pr&#233;voir des protections pour la peau et les voies respiratoires lors des travaux de terrassement et d'excavation des sols, diminuer la diss&#233;mination des poussi&#232;res &#224; l'int&#233;rieur des maisons avec des lavages humides et fr&#233;quents des sols, effectuer un lavage soigneux des mains apr&#232;s avoir jou&#233; ou travaill&#233; en ext&#233;rieur&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;fecture a suivi le 26 juin 2019, en publiant, huit mois apr&#232;s les inondations, huit arr&#234;t&#233;s &#171; &lt;i&gt;portant suspension des cours d'&#233;cole &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;des aires de jeux&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;de la consommation des l&#233;gumes feuilles, des l&#233;gumes racines, des poireaux, du riz, des champignons, des asperges, des escargots&lt;/i&gt; &#187; sur les zones inondables. Ont &#233;galement &#233;t&#233; interdites la baignade, la p&#234;che et toute autre activit&#233; dans l'Orbiel et ses affluents&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De 1997 &#224; 2016, la pr&#233;fecture a publi&#233; chaque &#233;t&#233; un arr&#234;t&#233; interdisant la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3203 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;199&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1420-b79e2.jpg?1779757808' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La cour de l'&#233;cole de Lastours a &#233;t&#233; emport&#233;e par la crue du 15 octobre 2018. Des s&#233;diments pleins d'arsenic y ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;s. De nombreux &#233;coliers ont &#233;t&#233; intoxiqu&#233;s / Photo Olivier Saint-Hilaire
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sur 191 enfants test&#233;s, 58 pr&#233;sentent des taux d'arsenic sup&#233;rieurs &#224; la moyenne, sans qu'aucun suivi m&#233;dical ne soit envisag&#233; par les autorit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour sortir la pr&#233;fecture de son d&#233;ni post-catastrophe, il aura fallu toute la pugnacit&#233; des associations &#233;cologistes locales et de chercheurs ind&#233;pendants comme Fr&#233;d&#233;ric Og&#233;. Mais aussi la mobilisation des parents d'&#233;l&#232;ves, particuli&#232;rement remont&#233;s suite &#224; la d&#233;couverte de taux d'arsenic dix fois plus importants que la normale dans la cour de l'&#233;cole de Lastours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin mai 2019, inquiets de voir leurs enfants souffrir de nombreux et violents sympt&#244;mes (maux de t&#234;te, de ventre, toux s&#232;che et irritante, insomnie, changements d'humeur), quelques parents proc&#232;dent &#224; de premiers tests urinaires. Ceux-ci montrent que les minots sont empoisonn&#233;s &#224; l'arsenic. Au final, ce sont 58 enfants sur 191 test&#233;s qui pr&#233;sentent des taux d'arsenic sup&#233;rieurs &#224; la moyenne, sans pour autant qu'un quelconque suivi m&#233;dical soit envisag&#233; par les diff&#233;rentes autorit&#233;s concern&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci fait craindre &#224; Fr&#233;d&#233;ric Og&#233; que d'autres oubli&#233;s &#8211; les sauveteurs professionnels et b&#233;n&#233;voles venus de toute la France dans les jours qui suivirent les inondations d'octobre 2018 &#8211; n'aient &#233;t&#233; eux aussi contamin&#233;s et empoisonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Louis Teissi&#233;, ancien cadre d'EDF &#224; la retraite et ex-militant de la CGT-&#201;nergie, ne d&#233;col&#232;re pas : &#171; &lt;i&gt;On nous a menti encore une fois, c'est quelque chose qui se voit, qui se sait. Regardez Nartau, on sait que c'est dangereux, mais rien n'est fait. &lt;/i&gt; &#187; Nartau ? une d&#233;charge pleine de d&#233;chets miniers toxiques charg&#233;s &#224; 90 % d'arsenic, abandonn&#233;s depuis 1910 et emport&#233;s en grande partie par la crue d'octobre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Du chantage &#224; l'emploi au r&#233;veil des victimes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les enfants, n&#233;s des ann&#233;es apr&#232;s la fermeture de l'usine (1996) et de la mine (2004), sont donc autant victimes d'une pollution industrielle &#224; retardement que des mensonges de l'&#201;tat. Pourtant, comme le rappelle Max Brail, maire de Lastours revenu des enfers apr&#232;s avoir travaill&#233; au four de l'usine : &#171; &lt;i&gt;On peut faire quelque chose.&lt;/i&gt; &#187; L'&#233;dile estime &#224; plusieurs dizaines de millions d'euros le co&#251;t du nettoyage de Nartau, et l'ensemble d'une d&#233;pollution s&#233;rieuse de tous les sites &#224; un milliard sur vingt ans. Fr&#233;d&#233;ric Og&#233; enfonce le clou : &#171; &lt;i&gt;Nier le pass&#233; ne sert &#224; rien, il finit toujours par ressortir.&lt;/i&gt; &#187; Mais &#171; &lt;i&gt;l'&#201;tat compte sur une sorte de sinuso&#239;dale de l'oubli et de la m&#233;moire&lt;/i&gt; &#187;, confie un habitant de la vall&#233;e, bon connaisseur de l'histoire des mines. Gagner du temps en esp&#233;rant que les gens finissent de nouveau par oublier : telle semble &#234;tre, et depuis longtemps, la strat&#233;gie de l'&#201;tat &#224; Salsigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La consultation des fonds d'archives d&#233;partementaux de l'Aude confirme que les pollutions caus&#233;es par les usines et les mines ne sont pas nouvelles et &#233;taient m&#234;me prises en compte dans le processus de production. Un syst&#232;me d'indemnisation mis en place par les industriels fut pendant tr&#232;s longtemps une mani&#232;re de r&#233;gler les probl&#232;mes d'empoisonnements subis par les riverains. Avant que le chantage &#224; l'emploi devienne bien plus redoutable pour &#233;viter les plaintes et faire taire les victimes&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans un tr&#232;s bon article du 7 janvier 2015 intitul&#233; &#171; Salsigne, un si&#232;cle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation &#233;volue toutefois depuis peu. R&#233;put&#233;s les plus r&#233;tifs &#224; reconna&#238;tre la pollution &#224; laquelle ils ont contribu&#233;, d'anciens employ&#233;s de la mine et de l'usine de Salsigne ont particip&#233; le 10 septembre dernier, &#224; l'appel de la CGT Mines-&#201;nergies, &#224; une premi&#232;re r&#233;union, depuis la fermeture de la mine en 2004, pour la reconnaissance des maladies professionnelles. Pr&#233;sent ce soir-l&#224;, St&#233;phane Barthas, le maire de Salsigne, &#233;tait de ceux qui ne voulaient m&#234;me pas &#171; &lt;i&gt;prononcer le mot qui commence par p&#8230; &lt;/i&gt; &#187; quelques mois auparavant. Pr&#233;sentes &#233;galement, quelques femmes et veuves de mineurs malades ou d&#233;c&#233;d&#233;s ont pu dire &#224; quel point personne n'&#233;chappe &#224; la pollution et ses effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux autres r&#233;unions publiques se sont tenues dans la vall&#233;e de l'Orbiel le 14 septembre dernier. Parmi les intervenants figurait Annie Th&#233;baud-Mony, sociologue de la sant&#233;, sp&#233;cialiste des maladies professionnelles et plus particuli&#232;rement de l'amiante. La chercheuse a insist&#233; sur la n&#233;cessit&#233; de cartographier les pollutions de la vall&#233;e, pour assurer un suivi des contaminations. Elle a aussi plaid&#233; pour la cr&#233;ation d'un registre des cancers au niveau d&#233;partemental (la surmortalit&#233; par cancer autour de Salsigne a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e il y a des ann&#233;es&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Surmortalit&#233; par cancer pr&#232;s de l'ancien site industriel et minier de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;), avec l'installation d'un centre de suivi m&#233;dical pour toutes les personnes impact&#233;es et la mise en place d'un fonds d'indemnisation pour les victimes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Malgr&#233; tout, planter des oliviers&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une chose peut para&#238;tre paradoxale ici : cet &#233;trange rapport entre la connaissance de la pollution qu'ont certains des habitants et la volont&#233; d'y vivre qui les anime, &#171; &lt;i&gt;sans prescriptions, sans recommandations de l'ARS &lt;/i&gt; &#187;. Si quelques-uns ont bien d&#233;m&#233;nag&#233; depuis les inondations, la plupart n'envisagent absolument pas de quitter le secteur. Max Brail est de ceux-l&#224; : &#171; Vivre avec la pollution, c'est possible, mais &#224; certaines conditions. &#187; L'une des premi&#232;res serait que l'&#201;tat, &#224; d&#233;faut de pouvoir tout d&#233;polluer, nettoie les sites les plus probl&#233;matiques &#8211; Nartau, l'Artus et le Pech de Montredon en premier lieu. &#171; &lt;i&gt;C'est un plan d'ensemble qu'il nous faut et sur le tr&#232;s long terme &lt;/i&gt; &#187;, r&#233;p&#232;te le maire de Lastours. Malheureusement, et depuis trop longtemps, &#171; &lt;i&gt;les pr&#233;fets passent, la pollution reste&lt;/i&gt; &#187;. De r&#233;cents graffitis sign&#233;s &#171; GJ11 &#187;, peints &#224; m&#234;me le goudron des d&#233;partementales de la vall&#233;e, rappellent d'ailleurs cet &#233;tat de fait avec une certaine amertume : &#187; &lt;i&gt;L'or pour l'&#201;tat, l'arsenic pour le peuple, villages contamin&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Max Brail ne d&#233;sarme pas. M&#234;me s'il a pay&#233; cher (et sa famille avec lui) le fait d'avoir &#233;t&#233; parmi les premiers &#171; &lt;i&gt;lanceurs d'alerte&lt;/i&gt; &#187;, il est fier d'avoir toujours fait avec les erreurs du pass&#233; (l'exploitation industrielle et les emplois &#224; tout prix), les siennes comme celles des autres. Sa commune est loin d'&#234;tre sinistr&#233;e, et il s'en enorgueillit. Le village attire chaque ann&#233;e plusieurs milliers de touristes venant visiter les quatre ch&#226;teaux de Lastours. Monuments historiques depuis 1905, ils sont inclus dans la candidature &#171; Citadelles du Vertige &#187; en vue d'un classement au patrimoine mondial de l'Unesco. Comme hier quand ils redoutaient de perdre les emplois de la mine et de l'usine, certains &#233;lus de la r&#233;gion craignent que l'engagement environnemental de Max Brail nuise &#224; cette candidature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme n'en a cure. Il sait que le temps est &#224; la fois celui de l'urgence et celui de l'infinie patience. Il sait aussi que les g&#233;n&#233;rations futures de la vall&#233;e de l'Orbiel devront faire avec ce que les contemporains vont leur l&#233;guer. Le pire comme le meilleur. C'est pourquoi, il y a quelques ann&#233;es, il a plant&#233; plusieurs centaines d'oliviers au sommet de la vall&#233;e, sur la montagne juste en face de chez lui. Il sait &#224; quel point la vie et la lutte sont intiment li&#233;es, et quel combat cela peut-&#234;tre aussi de continuer &#224; planter des arbres ici.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte &amp; photos d'Olivier Saint-Hilaire&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Point V, ennemi des assoiff&#233;s&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_3204 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;455&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1421-d64dc.jpg?1779757809' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La station de traitement qui traite les eaux de la source du &#171; Point V &#187;. Apr&#232;s ajout d'adjuvants &#233;paississants, de grandes quantit&#233;s de chaux sont utilis&#233;es pour fixer l'arsenic. Ce &#171; gypse &#187; hautement toxique est ensuite conditionn&#233; dans des &lt;i&gt;big bags&lt;/i&gt;. Balay&#233;e par toutes les intemp&#233;ries, cette chaux &#224; l'arsenic est lessiv&#233;e par temps de forte pluie, comme lors de l'&#233;pisode c&#233;venol du 15 octobre 2018 / Photo Olivier Saint-Hilaire
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;S'il est une source o&#249; ne pas s'abreuver, c'est bien le &#171; Point V &#187;, situ&#233; &#224; proximit&#233; des d&#233;charges chimiques de la Combe-du-Saut. En 2013, le BRGM (Bureau de recherches g&#233;ologiques et mini&#232;res) indiquait y avoir mesur&#233; en moyenne entre 30 et 40 mg d'arsenic par litre, alors que la valeur maximum recommand&#233;e pour les eaux d'arrosage est de 100 &#181;g/l (300 fois moins). Un pic mesur&#233; en avril 2012 a m&#234;me atteint les 10 grammes par litre, la dose mortelle &#233;tant de... 13,8 grammes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2007, les eaux jaillissant de cette source sont canalis&#233;es pour &#234;tre trait&#233;es dans une station voisine. L'op&#233;ration consiste &#224; fixer une tr&#232;s grande partie de l'arsenic avec de la chaux. L'ensemble est ensuite stock&#233; dans des &lt;i&gt;big bags&lt;/i&gt; (grands conteneurs souples utilis&#233;s habituellement sur les chantiers), sans que l'on sache combien de temps les sacs de chaux ars&#233;ni&#233;e restent &#224; proximit&#233; de la station avant de se d&#233;sagr&#233;ger sous les effets des intemp&#233;ries. Il ne fait aucun doute qu'une partie de leur contenu tr&#232;s toxique finit in&#233;luctablement &#224; la rivi&#232;re, d&#233;j&#224; bien charg&#233;e en toxiques et autres m&#233;taux lourds.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;O. S.-H.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour aller plus loin :&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Voir le webdocumentaire &lt;a href=&#034;http://hanslucas.com/webdoc/ensoname/?fbclid=IwAR1lWQzcML0esTQqd5S-_aqiO1Rd6TLfuPHhOr1JIYgUC-PBuLU8KBrqb_A#Accueil&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;En son &#226;me et conscience&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (Arnaud Bertrand, Mahkameh Eslami, Alexis Huguet, Juliette Mas &amp; Caroline Thirion, 2015).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ph&#233;nom&#232;ne m&#233;t&#233;orologique r&#233;current dans la r&#233;gion, caract&#233;ris&#233; par des pluies tr&#232;s violentes provoquant facilement des inondations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans les ann&#233;es 1990, on y a incin&#233;r&#233; notamment des d&#233;codeurs Canal + et des piles au lithium.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;De 1997 &#224; 2016, la pr&#233;fecture a publi&#233; chaque &#233;t&#233; un arr&#234;t&#233; interdisant la commercialisation des l&#233;gumes cultiv&#233;s, du thym et des escargots issus de la vall&#233;e de l'Orbiel. En cause, des teneurs trop &#233;lev&#233;es en arsenic, plomb, cadmium ou mercure. Cet arr&#234;t&#233; a finalement &#233;t&#233; annul&#233; par le tribunal administratif de Montpellier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans un tr&#232;s bon article du 7 janvier 2015 intitul&#233; &#171; &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/A-Salsigne-un-siecle-d-extraction&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Salsigne, un si&#232;cle d'extraction d'or, dix mill&#233;naires de pollution ?&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Bastamag&lt;/i&gt; exhumait un &#233;difiant document de 1932, &#233;crit par la pr&#233;fecture de l'Aude et le ministre du Commerce et de l'Industrie : &#171; &lt;i&gt;Salsigne repr&#233;sente 800 ouvriers, soit environ 3 000 personnes. Si l'usine cause des d&#233;g&#226;ts, elle n'est pas sans influer sur la prosp&#233;rit&#233; de la r&#233;gion pour le plus grand bien du commerce local.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/planete/article/2006/02/07/surmortalite-par-cancer-pres-de-l-ancien-site-industriel-et-minier-de-salsigne_738659_3244.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Surmortalit&#233; par cancer pr&#232;s de l'ancien site industriel et minier de Salsigne&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;(07/02/2006).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vestiges collat&#233;raux : Quatre ans de conflit, plus d'un si&#232;cle de d&#233;minage</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Vestiges-collateraux-Quatre-ans-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Vestiges-collateraux-Quatre-ans-de</guid>
		<dc:date>2018-08-06T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Saint-Hilaire</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Olivier Saint-Hilaire</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>munitions</dc:subject>
		<dc:subject>obus</dc:subject>
		<dc:subject>munitions chimiques</dc:subject>
		<dc:subject>Olivier Saint-Hilaire</dc:subject>
		<dc:subject>Lucas Belvaux</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;curit&#233; civile</dc:subject>
		<dc:subject>obus chimiques</dc:subject>
		<dc:subject>chimiques</dc:subject>
		<dc:subject>Olivier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La guerre de 14-18 peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme l'une des premi&#232;res catastrophes industrielles toujours en cours. Les d&#233;chets de guerre, sous la forme d'obus non explos&#233;s ou de perchlorates, nous rappellent en effet que nous n'avons pas encore fini de payer les cons&#233;quences d'un conflit termin&#233; il y a cent ans. &#201;tat des lieux. C'est la s&#233;quence d'ouverture du film de Lucas Belvaux, Chez nous, sorti sur les &#233;crans en f&#233;vrier 2017. Le jour se l&#232;ve sur un paysage du nord de la France. Un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no161-janvier-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;161 (janvier 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Olivier-Saint-Hilaire-269" rel="tag"&gt;Olivier Saint-Hilaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/munitions" rel="tag"&gt;munitions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/obus" rel="tag"&gt;obus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/munitions-chimiques" rel="tag"&gt;munitions chimiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Olivier-Saint-Hilaire-6501" rel="tag"&gt;Olivier Saint-Hilaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lucas-Belvaux" rel="tag"&gt;Lucas Belvaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Securite-civile" rel="tag"&gt;S&#233;curit&#233; civile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/obus-chimiques" rel="tag"&gt;obus chimiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/chimiques" rel="tag"&gt;chimiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Olivier" rel="tag"&gt;Olivier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La guerre de 14-18 peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme l'une des premi&#232;res catastrophes industrielles toujours en cours. Les d&#233;chets de guerre, sous la forme d'obus non explos&#233;s ou de perchlorates, nous rappellent en effet que nous n'avons pas encore fini de payer les cons&#233;quences d'un conflit termin&#233; il y a cent ans.
&#201;tat des lieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2516 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-782-c7eec.jpg?1779630636' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Olivier Saint-Hilaire.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est la s&#233;quence d'ouverture&lt;/strong&gt; du film de Lucas Belvaux, &lt;i&gt;Chez nous&lt;/i&gt;, sorti sur les &#233;crans en f&#233;vrier 2017. Le jour se l&#232;ve sur un paysage du nord de la France. Un tracteur laboure un champ, heurtant tout &#224; coup un objet m&#233;tallique. Le conducteur arr&#234;te la machine, puis descend voir ce dont il s'agit. Sous les griffes de son outil, il d&#233;couvre un obus. Sans montrer le moindre signe de panique, l'homme s'en saisit et va le d&#233;poser en bordure du champ, parmi d'autres obus. Un peu plus loin dans le film, le m&#234;me personnage commente laconiquement l'&#233;v&#233;nement : &#171; &lt;i&gt;Il para&#238;t qu'ils vont en sortir encore pendant mille ans...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sc&#232;ne peut para&#238;tre insolite. Mais elle est en r&#233;alit&#233; plut&#244;t banale pour les populations du nord et de l'est de la France, qui habitent sur les anciens champs de bataille de la Premi&#232;re Guerre mondiale. Celle-ci n'a pas seulement marqu&#233; les esprits, elle a aussi transform&#233; les paysages. Parmi ses nombreux vestiges apparents, les monuments, cimeti&#232;res et autres n&#233;cropoles nationales. Mais aussi, beaucoup moins visibles, des dizaines de millions de munitions encore actives. Rien d'anecdotique : des obus non explos&#233;s, il s'en retrouve encore presque tous les jours, un peu partout, sur l'ancienne ligne de front qui court &#224; travers onze d&#233;partements, de la mer du Nord &#224; la fronti&#232;re suisse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un tiers de munitions non explos&#233;es&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; en croire les d&#233;mineurs de la S&#233;curit&#233; civile et les estimations de l'arm&#233;e fran&#231;aise, entre 25 et 30 % du milliard de munitions d'artillerie tir&#233;es sur le front Ouest entre 1914 et 1918 (tous bellig&#233;rants confondus) n'auraient pas explos&#233;. Un chiffre qui ne comptabilise ni les obus toujours stock&#233;s dans des d&#233;p&#244;ts, ni les munitions &#233;gar&#233;es ou abandonn&#233;es au cours des diverses offensives et retraites des arm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les champs de bataille ont bien &#233;t&#233; nettoy&#233;s dans les ann&#233;es suivant l'armistice, ce ne fut qu'en surface : la plupart des munitions non explos&#233;es sont rest&#233;es enfouies dans le sol, parfois &#224; plusieurs m&#232;tres de profondeur. Elles &#171; remontent &#187; chaque ann&#233;e &#224; la faveur des labeurs agricoles, de travaux publics, de chantiers autoroutiers ou ferroviaires, d'am&#233;nagements de zones commerciales ou de plates-formes logistiques. Le service du d&#233;minage, cr&#233;&#233; en 1945, et ses 300 d&#233;mineurs r&#233;partis sur tout le territoire collectent et d&#233;truisent chaque ann&#233;e en moyenne quelques cinq cents tonnes de ces munitions. &#192; ce rythme, rappellent-ils, le travail de d&#233;minage devra durer probablement encore plusieurs si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2518 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-784-76ae3.jpg?1779630636' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Olivier Saint-Hilaire.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pas-de-Calais, octobre 2014. En th&#233;orie, il est interdit de d&#233;placer un engin de guerre que l'on vient de d&#233;couvrir, mais dans la r&#233;alit&#233; les agriculteurs n'attendent pas le passage des d&#233;mineurs. La plupart du temps, ils d&#233;posent au bord de leur parcelle les munitions au risque de voir l'une d'entre elles exploser en la manipulant. Pour distinguer un obus chimique d'un obus explosif, cet agriculteur agite l'obus dans tous les sens. Si celui-ci produit un bruit liquide, c'est un chimique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ces munitions toujours actives restent dangereuses pour ceux qui les manipulent. Deux d&#233;mineurs ont ainsi &#233;t&#233; tu&#233;s en 2007 par une explosion sur un site de stockage de munitions de la S&#233;curit&#233; civile &#224; proximit&#233; de Metz (Moselle). Plus r&#233;cemment, en 2014, deux ouvriers sont d&#233;c&#233;d&#233;s en Belgique lors de travaux d'excavation. Et il y a quelques semaines, un collectionneur d'objets militaires a trouv&#233; la mort dans le Calvados.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces munitions ne font pas toujours de victimes. En 2015, des obus ont ainsi explos&#233; en pleine terre, dans les champs, dans les environs d'Arras (Pas-de-Calais). Deux ans plus tard, dans la m&#234;me r&#233;gion, un obus au phosphore fuyant dans la cour d'une ferme a n&#233;cessit&#233; l'&#233;vacuation et le traitement d'une trentaine de personnes. Non loin, pr&#232;s de B&#233;thune, plus d'une centaine d'obus anglais encore actifs ont &#233;t&#233; d&#233;terr&#233;s en 2016 dans le jardin d'un pavillon, lors de travaux d'adduction d'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, c'est parfois bien plus loin de l'ancienne ligne de front que des obus sont retrouv&#233;s. Comme sur l'&#206;le de Groix, dans le Morbihan : en 2014, des jeunes gens faisant un feu sur la plage y ont d&#233;clench&#233; l'explosion d'un obus enfoui dans le sable &#8211; datant de la Premi&#232;re Guerre mondiale, selon l'enqu&#234;te de gendarmerie. Bilan : un mort, un bless&#233; grave.&lt;/p&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-781-1d936.jpg?1779630636' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Olivier Saint-Hilaire.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En 2011, des taux excessivement &#233;lev&#233;s de sels de perchlorates, perturbateurs endocriniens responsables de troubles thyro&#239;diens, sont d&#233;tect&#233;s sur des captages d'eau potable au sud de Lille.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Toxiques de guerre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Parmi cet arsenal mortel, il y a les munitions chimiques. Celles-ci ne peuvent &#234;tre neutralis&#233;es par p&#233;tardement, au risque de vaporiser et diffuser dans l'atmosph&#232;re les toxiques qu'elles contiennent. Jusqu'en 1996, ces obus &#233;taient d&#233;truits en baie de Somme. Sur la plage, les d&#233;mineurs descendaient &#224; mar&#233;e basse des palettes d'obus chimiques pour les faire exploser ensuite, sous l'eau, &#224; mar&#233;e haute. La mer fut ainsi longtemps consid&#233;r&#233;e comme la solution la plus pratique et la moins co&#251;teuse pour se d&#233;barrasser de cet arsenal toxique. Jusqu'&#224; ce qu'une explosion malencontreuse, ainsi que la proximit&#233; du parc ornithologique du Marquenterre et d'une colonie de phoques venus s'installer dans la baie, mettent un terme &#224; cette &#171; technique d'&#233;limination &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces munitions chimiques sont depuis stock&#233;es dans le camp militaire de Suippes, dans la Marne, en attendant que le Site d'&#233;limination des chargements d'objets identifi&#233;s anciens (Secoia) de Mailly-le-Camp (Aube) soit op&#233;rationnel. Ce qui ne devrait pas tarder : la construction de cette usine enti&#232;rement automatis&#233;e s'est achev&#233;e il y a peu. Les op&#233;rations de destruction et de neutralisation des munitions chimiques devraient d&#233;sormais s'y &#233;taler sur une trentaine d'ann&#233;es, sans qu'on sache toutefois ce qu'il adviendra des substances liquides et gazeuses collect&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2517 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH266/-783-9c97d.jpg?1779630636' width='400' height='266' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Olivier Saint-Hilaire.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Marne, &#233;t&#233; 2013. Pour venir extraire ces quatre obus allemands pesant chacun plus de 80 kg, il aura fallu mobiliser trois d&#233;mineurs de la S&#233;curit&#233; civile, deux v&#233;hicules, une chenillette et y consacrer une matin&#233;e enti&#232;re. Une rapide inspection de la parcelle au d&#233;tecteur m&#233;tallique leur faisait toutefois penser qu'il devait rester bien d'autres obus comme ceux-ci.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les perchlorates, des poisons pour le futur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il existe aussi des munitions qui laissent des traces moins visibles, mais qui peuvent &#234;tre &#224; l'origine de pollutions des sols et des nappes phr&#233;atiques. En 2011, des taux excessivement &#233;lev&#233;s de sels de perchlorate (perturbateurs endocriniens responsables de troubles thyro&#239;diens) sont ainsi d&#233;tect&#233;s sur des captages d'eau potable au sud de Lille, sur l'ancienne ligne de front. Une pollution caus&#233;e par les munitions d'artillerie de la &#171; Grande Guerre &#187;, selon une &#233;tude r&#233;gionale. Sauf que la cartographie r&#233;alis&#233;e dans le but de la mesurer r&#233;v&#233;la aussi des taux anormalement &#233;lev&#233;s sur des zones de captage n'ayant pas connu de tirs d'artillerie. Des anomalies t&#233;moignant en fait d'un &#233;pisode m&#233;connu de l'apr&#232;s-guerre : le d&#233;sobusage. Dans les ann&#233;es 1920, la r&#233;gion comptait en effet plusieurs chantiers de destruction de munitions, aujourd'hui disparus.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2519 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH266/-785-07942.jpg?1779603507' width='400' height='266' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Olivier Saint-Hilaire.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Suippes, Marne, &#233;t&#233; 2013. Un terrain d'explosion situ&#233; dans le camp militaire de Suippes est r&#233;guli&#232;rement mis &#224; disposition de la S&#233;curit&#233; civile pour qu'elle puisse &#233;liminer les obus des deux guerres mondiales retrouv&#233;s dans les derni&#232;res semaines. La photo a &#233;t&#233; prise &#224; plus d'un kilom&#232;tre et demi du lieu de l'explosion.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque, les obus chimiques posaient particuli&#232;rement probl&#232;me aux autorit&#233;s militaires. Pour les &#233;liminer, elles ont alors fait appel &#224; des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es, qui tiraient b&#233;n&#233;fice de la revente des m&#233;taux plus ou moins pr&#233;cieux r&#233;cup&#233;r&#233;s. Mais ces soci&#233;t&#233;s &#233;taient peu exp&#233;riment&#233;es, et elles ont p&#233;riclit&#233; les unes apr&#232;s les autres quelques ann&#233;es &#224; peine apr&#232;s avoir commenc&#233; cette t&#226;che titanesque. En cause, l'effondrement des cours mondiaux des m&#233;taux et l'inflation des ann&#233;es 1920.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2014, du nouveau. La ministre de l'Environnement, S&#233;gol&#232;ne Royal, charge le Bureau des recherches g&#233;ologiques et mini&#232;res d'&#233;tablir un inventaire national des pollutions engendr&#233;es par les activit&#233;s de ces soci&#233;t&#233;s de d&#233;sobusage. L'occasion de mettre &#224; jour plusieurs dizaines de sites pollu&#233;s, o&#249; avaient op&#233;r&#233; des soci&#233;t&#233;s comme Pickett &amp; Sons, Aigret &amp; Sauron, Bouxin ou Cl&#232;re &amp; Schwander. &#192; l'exemple du Place-&#224;-Gaz, lieu situ&#233; dans la for&#234;t de Spincourt (Meuse) o&#249; l'entreprise franco-britannique Pickett &amp; Sons aurait br&#251;l&#233; 200 000 obus chimiques allemands en 1928. Le sol de cette &#171; clairi&#232;re &#187; peu naturelle en garde trace : presque plus aucune v&#233;g&#233;tation n'y a pouss&#233; depuis. Selon les analyses, il contient des proportions inqui&#233;tantes de divers poisons et m&#233;taux lourds. Et sa masse est constitu&#233;e &#224; 17 % d'arsenic pur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;couverte embarrassante pour la pr&#233;fecture de la Meuse qui doit d&#233;sormais g&#233;rer la d&#233;pollution d'un site d&#233;j&#224; oubli&#233; 90 ans apr&#232;s avoir servi, tout en d&#233;fendant le &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/A-Bure-la-justice-atomise' class=&#034;spip_in&#034;&gt;tr&#232;s controvers&#233; projet&lt;/a&gt; d'enfouissement du Centre industriel de stockage g&#233;ologique (Cigeo) de Bure. Un site pourtant cens&#233; conserver des d&#233;chets hautement radioactifs pour les 5 000 ans &#224; venir&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un t&#233;lescopage in&#233;dit entre pass&#233; et pr&#233;sent, qui souligne nos rapports complexes &#224; la m&#233;moire et l'oubli. Alors m&#234;me qu'une industrie nucl&#233;aire vacillante tente de vendre sa fable sur des d&#233;chets dont elle ne sait en r&#233;alit&#233; ce qu'il adviendra dans le futur, l'enseignement est pr&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; D&#233;chets de guerre &#187; est un travail photographique et documentaire que m&#232;ne &lt;a href=&#034;http://oliviersainthilaire.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Olivier Saint-Hilaire&lt;/a&gt; depuis 2013 sur les obus non explos&#233;s et les lieux pollu&#233;s par les munitions conventionnelles et chimiques.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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