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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>M&#233;diterran&#233;e, cimeti&#232;re marin</title>
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		<dc:creator>Najate Zouggari</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Depuis l'av&#232;nement de l'espace Schengen, la Mare nostrum est devenue une fosse commune pour des milliers de migrants d&#233;clar&#233;s ind&#233;sirables. Un proc&#232;s devrait bient&#244;t d&#233;voiler le r&#244;le macabre de l'arm&#233;e fran&#231;aise et de l'Otan lors d'un naufrage survenu pendant l'op&#233;ration libyenne. Le 13 juillet 2008, pendant la pr&#233;sidence fran&#231;aise de l'Union europ&#233;enne, un projet n&#233;buleux voit le jour : l'Union pour la M&#233;diterran&#233;e qui, sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy, fixe quelques objectifs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no105-novembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;105 (novembre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/creation-d-une" rel="tag"&gt;cr&#233;ation d'une&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis l'av&#232;nement de l'espace Schengen, la Mare nostrum est devenue une fosse commune pour des milliers de migrants d&#233;clar&#233;s ind&#233;sirables. Un proc&#232;s devrait bient&#244;t d&#233;voiler le r&#244;le macabre de l'arm&#233;e fran&#231;aise et de l'Otan lors d'un naufrage survenu pendant l'op&#233;ration libyenne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 13 juillet 2008, pendant la pr&#233;sidence fran&#231;aise de l'Union europ&#233;enne, un projet n&#233;buleux voit le jour&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Union pour la M&#233;diterran&#233;e, aussi appel&#233;e Protocole de Barcelone, dont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : l'Union pour la M&#233;diterran&#233;e qui, sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy, fixe quelques objectifs r&#233;gionaux tr&#232;s ambitieux comme la d&#233;pollution de la mer et la cr&#233;ation d'une &#171; autoroute &#187; maritime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet, franchement lib&#233;ral et faussement humaniste, ne s'embarrasse gu&#232;re de la condition des migrants. Il s'agit tout simplement de favoriser les &#233;changes de marchandises et de capitaux dans l'espace m&#233;diterran&#233;en. Tout emball&#233; dans un hypocrite babillage vaguement &#233;cologiste, que la droite fran&#231;aise a fait sien depuis son Grenelle de l'environnement, le discours m&#233;diterran&#233;en des promoteurs de &#171; l'identit&#233; nationale &#187; fait l'impasse sur les 18 244 morts aux fronti&#232;res de la forteresse Europe &#8211; recens&#233;s depuis 1988 par Gabriele del Grande, qui en fournit les preuves mat&#233;rielles. La m&#234;me ann&#233;e, l'agence des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s observait pourtant un accroissement exceptionnel du nombre de migrants &#8211; pour ceux et celles, du moins, qui ont pu sortir vivants d'un p&#233;riple si incertain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le m&#234;me gouvernement fran&#231;ais qui engage en mars 2011 une intervention militaire en Libye. Encore un beau service rendu &#224; la M&#233;diterran&#233;e ! Alors que les conditions d'une d&#233;stabilisation r&#233;gionale massive sont pos&#233;es par l'appui militaire &#224; une guerre civile en Libye, l'Europe resserre son &#233;tau sur les migrants. Le 12 d&#233;cembre 2011, l'UE pr&#233;sente le syst&#232;me de surveillance Eurosur, qui met sur le m&#234;me plan immigration ill&#233;gale et criminalit&#233; transfrontali&#232;re. Ce &#171; syst&#232;me des syst&#232;mes &#187;, au moyen d'une rationalisation de la surveillance &#8211; drones, satellites &#8211;, implique un &#233;change d'informations entre l'agence europ&#233;enne de gestion des fronti&#232;res ext&#233;rieures, Frontex, et les &#233;tats voisins. En d&#233;pit de ce quadrillage s&#233;curitaire accru et de la violation de la protection des donn&#233;es personnelles, ce sont 58 000 personnes qui ont travers&#233; la M&#233;diterran&#233;e en 2011, dont 1 500 noy&#233;s ou port&#233;s disparus. Pour le Haut commissariat aux r&#233;fugi&#233;s (HCR), c'est l'ann&#233;e la plus meurtri&#232;re depuis 2006, date du d&#233;but de l'enregistrement des statistiques. Selon le r&#233;seau Migreurop, cinq migrants meurent chaque jour en essayant de gagner l'Union europ&#233;enne : noyade, asphyxie, faim, soif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette &lt;i&gt;&#171; h&#233;catombe ignor&#233;e &#187;&lt;/i&gt; et banalis&#233;e par les m&#233;dias dominants qui oublient aussi vite qu'ils ont pleurnich&#233; &#8211; &#171; Drame ordinaire de l'immigration : quelque 50 morts en M&#233;diterran&#233;e &#187;, titrait par exemple le magazine &lt;i&gt;Jeune Afrique&lt;/i&gt; le 12 juillet 2012 &#8211;, les gouvernements europ&#233;ens se rendent &#224; la fois responsables de la d&#233;stabilisation &#233;conomique et politique des pays dont proviennent les migrants et coupables de non-assistance &#224; personnes en danger quand ces m&#234;mes personnes sont abandonn&#233;es en mer. &#192; quoi ressemble concr&#232;tement la travers&#233;e ? Un t&#233;moin survivant du naufrage de juillet 2012 raconte au HCR : &lt;i&gt;&#171; Le bateau pneumatique a quitt&#233; Tripoli fin juin et rejoint la c&#244;t&#233; italienne un jour plus tard, mais il s'est d&#233;gonfl&#233; peu &#224; peu. Il n'y avait plus d'eau, certaines personnes ont commenc&#233; &#224; boire de l'eau de mer, les autres mouraient de d&#233;shydratation. &#187;&lt;/i&gt; Secouru alors qu'il s'accrochait &#224; un bidon, l'homme, originaire d'&#201;rythr&#233;e, aura vu mourir trois membres de sa famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dialectique meurtri&#232;re s'est instaur&#233;e : interventionnisme militaire d'un c&#244;t&#233;, non-assistance &#224; personnes en danger de l'autre. Plusieurs associations, appuyant le r&#233;cit des quatre rescap&#233;s d'une odyss&#233;e tragique, ont d&#233;pos&#233; une plainte contre l'arm&#233;e fran&#231;aise et l'OTAN au parquet de Paris, le 11 avril 2012, apr&#232;s dix mois d'enqu&#234;te, de recueil de t&#233;moignages et de preuves. Les rescap&#233;s expliquent que des photographies auraient &#233;t&#233; prises et des biscuits largu&#233;s depuis des h&#233;licopt&#232;res. Mais, quoique rep&#233;r&#233;s, les migrants ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s &#224; leur sort : la moiti&#233; mourant de soif, dont deux nourrissons, sous l'&#339;il indiff&#233;rent des forces de la &#171; coalition internationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette passivit&#233; meurtri&#232;re, comme le soulignent diverses associations engag&#233;es dans le combat pour le respect des droits de tous les &#234;tres humains, une solidarit&#233; internationale devient indispensable. Dans son rapport de 2012, la Cimade souligne que &lt;i&gt;&#171; depuis 30 ans le dogme de la fermeture des fronti&#232;res a envahi les politiques publiques en France et en Europe &#187;&lt;/i&gt;. Il n'est pas certain que l'&#233;lection d'un pr&#233;sident dit socialiste et pr&#233;tendument normal mette fin &#224; cette &lt;i&gt;&#171; gouvernance par la suspicion &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'Union pour la M&#233;diterran&#233;e, aussi appel&#233;e Protocole de Barcelone, dont Sarkozy se r&#234;vait le royal d&#233;miurge, aura &#233;t&#233; jet&#233;e aux oubliettes par la vague de soul&#232;vements dans les pays arabes. Reste que la d&#233;composition de cet emballage purement politique n'a &#233;videmment pas frein&#233; les milieux d'affaires qui n'ont pas cess&#233; de s'activer pour extraire des profits dans nombre de pays du sud de la M&#233;diterran&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le sport est un urbanisme de combat</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-sport-est-un-urbanisme-de</link>
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		<dc:creator>Najate Zouggari</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Tony Blair l'avait promis, les conservateurs l'ont fait. L'organisation des Jeux olympiques de Londres a acc&#233;l&#233;r&#233; le nettoyage des quartiers populaires de l'East End et l'&#233;closion, autour des stades et autres installations sportives, de zones urbaines vou&#233;es &#224; la consommation et aux classes sociales &#224; gros pouvoir d'achat. Dans les quartiers, beaucoup voient d'un mauvais &#339;il l'effacement de leur convivialit&#233; et de leur m&#233;moire historique. Reportage. &#192; la sortie de la station de m&#233;tro (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no99-avril-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;99 (avril 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Yolo" rel="tag"&gt;Yolo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/site" rel="tag"&gt;site&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/municipalite" rel="tag"&gt;municipalit&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/regeneration-urbaine" rel="tag"&gt;r&#233;g&#233;n&#233;ration urbaine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tony Blair l'avait promis, les conservateurs l'ont fait. L'organisation des Jeux olympiques de Londres a acc&#233;l&#233;r&#233; le nettoyage des quartiers populaires de l'East End et l'&#233;closion, autour des stades et autres installations sportives, de zones urbaines vou&#233;es &#224; la consommation et aux classes sociales &#224; gros pouvoir d'achat. Dans les quartiers, beaucoup voient d'un mauvais &#339;il l'effacement de leur convivialit&#233; et de leur m&#233;moire historique. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_398 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L361xH582/99-4-yoloGrue-6fe3b-1afaf.png?1779676457' width='361' height='582' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Yolo
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; la sortie de la station de m&#233;tro Pudding Mill Lane, sur la ligne Docklands Light Railway (DLR) qui dessert la p&#233;riph&#233;rie Est de Londres pr&#232;s des docks et de la Tamise, un paysage &#233;trange s'offre au regard : une friche immense, surplomb&#233;e de grues et baign&#233;e dans un &#233;clairage artificiel, est travers&#233;e sporadiquement par des groupes de touristes, une bande d'&#233;coliers et de tr&#232;s nombreux ouvriers en v&#234;tements de travail orange, jaune fluo et gris qui s'affairent comme des cosmonautes sur le chantier. Le site du village olympique concentre des activit&#233;s pour le moins h&#233;t&#233;rog&#232;nes : am&#233;nagement du territoire, tourisme, visites p&#233;dagogiques. Mais l'on s'y croise sans vraiment se rencontrer &#8211; sauf &#224; l'entr&#233;e du labyrinthe. L'acc&#232;s &#224; la cantine des ouvriers du chantier &#233;tant malheureusement barr&#233;, les passants &#8211; tous assimil&#233;s &#224; des touristes &#8211; disposent d'une zone r&#233;serv&#233;e o&#249; d&#233;guster tranquillement du crumble aux pommes bio, lire &lt;i&gt;The Guardian&lt;/i&gt; et acheter une casquette souvenir, juste &#224; c&#244;t&#233;, dans la boutique d&#233;di&#233;e aux breloques estampill&#233;es Olympics 2012. Ensuite, ils peuvent tout naturellement enfourcher un v&#233;lo de location pour parcourir le site en suivant le plan (vendu 2,95 livres sterling &#224; c&#244;t&#233; de la machine &#224; caf&#233;), si possible en famille, dans la mesure o&#249; les enfants ne sont pas oubli&#233;s dans cette mascarade. C'est presque aussi bien que Disneyland mais n&#233;anmoins plus chic, en d&#233;pit de la pr&#233;sence des travailleurs qui s'affairent derri&#232;re ou devant des grilles. Juste entre la boutique de souvenirs et la caf&#233;t&#233;ria gentrifi&#233;e, une exposition photographique apporte au site un suppl&#233;ment d'&#226;me culturel : un photographe en r&#233;sidence, Neville Gabie, &#233;tale ses clich&#233;s &#8211; dont certains font une d&#233;licate allusion aux baigneurs de Seurat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acc&#232;s au site se fait en traversant un long couloir o&#249; r&#233;sonne le bruit des marteaux piqueurs, des grues et des perceuses. Le premier contact humain surgit du bout du tunnel sous la forme d'un bonhomme d'une cinquantaine d'ann&#233;es, uniforme orange et accent gallois, aiguilleur de promeneurs qui aide &#224; s'orienter dans le labyrinthe : &lt;i&gt;&#171; Vous venez pour le Tour Bus ? &#187;&lt;/i&gt; Pourquoi pas. Il r&#233;pond d'un air vraiment contrit : &lt;i&gt;&#171; Il fallait r&#233;server trois mois &#224; l'avance. &#187;&lt;/i&gt; On peut toutefois aller sur le site et jeter un coup d'&#339;il au stade, aux pistes de courses en construction, &#224; une sculpture en m&#233;tal aussi haute que laide. Un petit message sympathique accueille les visiteurs : &lt;i&gt;&#171; Bienvenue &#224; View Tube. Ici vous pouvez voir le pass&#233;, le pr&#233;sent et le futur de l'Est londonien et comment la r&#233;g&#233;n&#233;ration et le d&#233;veloppement autour de la vall&#233;e de Lea va transformer cet espace. &#187;&lt;/i&gt; Le mot &lt;i&gt;&#171; r&#233;g&#233;n&#233;ration &#187;&lt;/i&gt; est l&#226;ch&#233; : c'est celui que les officiels emploieront syst&#233;matiquement quand les habitants &#233;vinc&#233;s diront plut&#244;t &lt;i&gt;&#171; gentrification &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le London 2012 organizing committee (Locog) peut se f&#233;liciter du succ&#232;s de sa communication, &#233;tant donn&#233; la fr&#233;quentation du site avant m&#234;me l'ouverture officielle. London 2012 n'est pas seulement un &#233;v&#233;nement sportif, c'est une marque dont il faut tirer tout le profit possible. Cet aspect commercial n'est toutefois pas pleinement assum&#233; : il faut encore jouer la carte de la diversit&#233;, de l'implication des handicap&#233;s et marteler que &lt;i&gt;&#171; les Jeux olympiques sont ouverts &#224; tous &#187;&lt;/i&gt;. En novlangue humanisto-manag&#233;riale, cela peut produire ce type de discours &#8211; lisible sur les tracts &#233;mis par la Locog et invariablement serin&#233; par les attach&#233;s de presse : &lt;i&gt;&#171; London 2012 est notre marque. Elle est universelle et compr&#233;hensible dans le monde entier. Notre embl&#232;me est simple, direct, authentique, bouillonnant d'&#233;nergie. Sa forme est inclusive mais n&#233;anmoins consistante et poss&#232;de une flexibilit&#233; incroyable pour encourager l'acc&#232;s et la participation. Cela peut toucher n'importe qui, des soci&#233;t&#233;s commerciales aux gamins qui font du sport. C'est l'esprit de la jeunesse. Plein de confiance, de certitude, d'opportunit&#233;s. Sans crainte de faire bouger les choses, en relevant le d&#233;fi d'&#234;tre accept&#233;. Changer les choses. &#187;&lt;/i&gt; Comprenne qui pourra l'enthousiasme surfait de ce jargon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain, concr&#232;tement, le site a &#233;t&#233; b&#226;ti dans le quartier de Stratford, entre Hackney Wick et Leyton &#8211; deux espaces d&#233;favoris&#233;s et touch&#233;s par une gentrification qui se pare des beaux habits de la &lt;i&gt;&#171; r&#233;g&#233;n&#233;ration urbaine &#187;&lt;/i&gt;. Une habitante de Hackney souligne que les parkings gratuits sont devenus payants quand les urbanistes se flattent d'avoir d&#233;senclav&#233; et assaini la zone. Dans ce contexte, les riverains sont contraints de s'&#233;loigner, soit indirectement, pour &lt;i&gt;&#171; motifs &#233;conomiques &#187;&lt;/i&gt;, soit directement, sous la pression du Council, la municipalit&#233; d'arrondissement. De jeunes cadres dynamiques blancs s'installent dans ces quartiers qui &#233;taient jusqu'ici largement peupl&#233;s par les descendants d'immigr&#233;s afro-carib&#233;ens. Il suffit de prendre le DLR et de descendre aux stations qui jouxtent le site olympique pour constater les cons&#233;quences sociales de la &lt;i&gt;&#171; r&#233;g&#233;n&#233;ration &#187;&lt;/i&gt; urbaine. R&#233;g&#233;n&#233;rer, plus simplement exprim&#233;, c'est faire le m&#233;nage et &#233;loigner les pauvres et les basan&#233;s des festivit&#233;s. Dans une rue de Bow Church, tous les appartements sont &#224; vendre ou &#224; louer. L'h&#244;pital public (NHS) de St Clemens, anciennement d&#233;di&#233; &#224; la sant&#233; mentale, est aujourd'hui un espace d&#233;saffect&#233;. On ignore s'il sera remplac&#233; par une boutique de souvenirs griff&#233;s Olympics 2012 ou un &#233;ni&#232;me centre commercial. &#192; Stepney Green s'amoncellent des tas de gravats derri&#232;re des barri&#232;res. Les Council houses &#8211; logements sociaux &#8211; sont d&#233;truits, mais le passage du K&#228;rcher n'&#233;pargne ni les zones class&#233;es, ni les lieux de m&#233;moire collective, plus informels et diffus. Sur la grille d'un &#233;difice en restructuration, un promoteur immobilier a jug&#233; bon de faire la le&#231;on aux riverains &#224; grand renfort d'images et de gros caract&#232;res : une affiche g&#233;ante oppose la junk city &#224; la good city, la ville poubelle &#224; la ville nouvelle, le pass&#233; populaire gris et sale &#224; l'avenir r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;, radieux, clair et propre. C'est faire peu de cas des quartiers populaires, de leurs (sales) communaut&#233;s, de leur (sale) histoire et de leurs (sales) luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour contrer ce discours officiel, la London coalition against poverty a mis en ligne un journal r&#233;alis&#233; et distribu&#233; localement par des habitants et des habitantes de Hackney en 2008. Il s'intitulait tout simplement Hackney is not Crap &#8211; Hackney n'est pas de la merde. Un article revient notamment sur l'&#233;change entre Michael Rosen &#8211; po&#232;te r&#233;sident &#224; Dalston &#8211; et le maire, Julian Pipe. Alors que ce dernier accusait Rosen d'&#234;tre un &lt;i&gt;&#171; gauchiste &#187;&lt;/i&gt; qui voulait &lt;i&gt;&#171; laisser Hackney dans la merde &#187;&lt;/i&gt;, le po&#232;te avait r&#233;pondu, dans un article du Socialist Worker : &lt;i&gt;&#171; Le truc, c'est que moi je n'ai jamais pens&#233; que Hackney &#233;tait de la merde. Je n'ai jamais pens&#233; du mal des gens qui vivaient &#224; Hackney. Cependant, je pense que la municipalit&#233; est une municipalit&#233; de merde. L'accusation retombe droit sur Pipe lui-m&#234;me. Peut-&#234;tre qu'il pense que Hackney est de la merde et que du coup, son travail consiste &#224; le ratisser au bulldozer, &#224; le replanifier et &#224; faire la chasse aux habitants. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette chasse aux habitants d'origine a &#233;t&#233; incarn&#233;e par le cas embl&#233;matique de Lowell Grant, plus connu dans son quartier sous le surnom de Spirit. Rasta arriv&#233; de Jama&#239;que en 1964, Spirit raconte : &lt;i&gt;&#171; &#192; partir de 1993, je n'ai plus eu le droit de vendre de la nourriture comme avant dans la rue, pour les communaut&#233;s noires. J'ai d&#251; trouver un lieu o&#249; me poser et poursuivre mes affaires. &#187;&lt;/i&gt; Il loue alors &#224; la municipalit&#233; un local dans lequel il investit de sa poche 52 000 livres. C'est ainsi qu'il ouvre l'&#233;picerie Nutritious Food Gallery qui met en vente des fruits, l&#233;gumes tropicaux et poissons frais &#224; prix d&#233;cents. Il signe alors un bail de dix ans avec la municipalit&#233;. Mais en 2001, celle-ci d&#233;cide de vendre. Lorsque Spirit l'apprend, il contacte l'agent immobilier en charge de l'affaire pour racheter le bien et d&#233;pose m&#234;me 10 % de la somme totale comme acompte. D&#233;sormais ma&#238;tre de la situation, il quitte les bureaux de la municipalit&#233; et se rend &#224; la salle des ench&#232;res pour assister &#224; la vente. &#192; sa grande surprise, sa maison est de nouveau propos&#233;e et achet&#233;e pour la somme de 85 000 livres ! On lui renvoie son ch&#232;que, sans explication. Une bataille judiciaire commence, et la municipalit&#233; gagne. Spirit perd son emploi et son domicile, en d&#233;pit du soutien des clients&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_397 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L371xH360/99yolo_Welcome-c1f1a-bcd0a.png?1779676457' width='371' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Yolo
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;et des voisins. Le nettoyage social commence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 2004, la municipalit&#233; avait formul&#233; des instructions claires, comme la n&#233;cessit&#233; de r&#233;duire le nombre de sans-abri. La strat&#233;gie a consist&#233; &#224; d&#233;courager les mal-log&#233;s de remplir les dossiers d'aide au logement : pas de dossiers,pas de sans-abri, tandis que la municipalit&#233; se flattait d'avoir r&#233;duit de moiti&#233; le nombre de sans-abri entre 2004 et 2007. &#192; la place des vieux Jama&#239;cains et des mal-log&#233;s, on attire de jeunes blancs-becs qui kiffent grave le c&#244;t&#233; &#171; authentique &#187; de la zone &#8211; les yuppies &#8211; et le fait de vivre en zone deux quand ils travaillent en zone un. Les prix des loyers augmentent, et une ligne de m&#233;tro est cr&#233;&#233;e pour faciliter la connexion de Dalston avec le centre d'affaires de Canary Wharf. Quand des activistes de la London coalition against poverty ont la bonne id&#233;e de contacter un agent immobilier, l'interlocutrice au t&#233;l&#233;phone les rassure : &lt;i&gt;&#171; On vit tr&#232;s bien &#224; Dalston, il n'y a pas les odeurs de fast-food. Vous trouverez m&#234;me un Mark and Spencer's si vous &#234;tes &#224; court de lait. &#187;&lt;/i&gt; Un jeune cadre sup&#233;rieur blanc fait ses courses chez Mark and Spencer's plut&#244;t que chez Tesco ou Lidl.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le site olympique m&#234;me, la chasse aux pauvres a &#233;t&#233; &#233;tendue aux travailleurs qui construisent les pistes, le stade et toutes les infrastructures. D&#232;s 2009, la UK Borders Agency &#8211; police des fronti&#232;res &#8211; a exerc&#233; des contr&#244;les syst&#233;matiques sur les ouvriers et arr&#234;t&#233; pr&#232;s de quatre-vingt-dix travailleurs sans papiers, avant d'en expulser vingt-trois. Si l'une des valeurs fondamentales du Comit&#233; olympique consiste &#224; pr&#233;server la &#171; dignit&#233; humaine &#187;, ce v&#339;u pieu ne concerne pas les pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des militants ont cr&#233;&#233; un espace de r&#233;flexion pour d&#233;noncer le mythe de la r&#233;g&#233;n&#233;ration urbaine et le discours hypocritement optimiste du d&#233;veloppement pour tous gr&#226;ce aux Jeux olympiques. Les initiateurs de &lt;a href=&#034;https://www.gamesmonitor.org.uk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Games Monitor&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;seau de militants londoniens qui r&#233;digent des textes critiques sur les J.O.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, &#224; l'instar de Mike Wells, mettent en ligne des billets pour dissiper les id&#233;es re&#231;ues et informer les riverains : le dernier en date est consacr&#233; &#224; un type de visiteurs qui n'ach&#232;tera pas les colifichets griff&#233;s London 2012 &#8211; il s'agit de militants du mouvement Occupy qui s'opposent &#224; la construction de terrains de baseball, permise par la municipalit&#233; contre la volont&#233; des riverains. L'espace de r&#233;flexion est aussi un espace de luttes dans lequel s'organisent manifestations et rencontres, abordant les cons&#233;quences sociales mais aussi &#233;cologiques de la &#171; r&#233;g&#233;n&#233;ration &#187; urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universitaire espagnole Carolina del Olmo, de l'Universidad Complutense, a observ&#233; : &lt;i&gt;&#171; Les grandes villes d'aujourd'hui sont plong&#233;es dans une crise li&#233;e &#224; la perte des activit&#233;s industrielles traditionnelles, la croissance du secteur tertiaire et l'accroissement de la pauvret&#233; et du ch&#244;mage. Elles se livrent donc une guerre sans merci pour attirer les investisseurs du secteur priv&#233; ou les fonds du gouvernement. Elles ont une telle soif de financements qu'elles promeuvent une culture de la consommation, comme pour compenser la perte des emplois stables. Les politiques urbaines prennent alors l'initiative de &#8220;l'av&#232;nement d'une ville entrepreneuriale&#8221;, une ville qui encourage les affaires et qui prend des mesures pour provoquer la croissance &#233;conomique. Mesures qui, &#224; leur tour, intensifient la flexibilit&#233; et l'ins&#233;curit&#233;. [...] La ville devient alors, avec l'aide de l'architecture postmoderne, un spectacle destin&#233; &#224; attirer le tourisme et les d&#233;penses consum&#233;ristes. &#187;&lt;/i&gt; Kevin Blowe, r&#233;sident contestataire de Newham, note qu'&#224; Londres, les promesses de r&#233;g&#233;n&#233;ration se succ&#232;dent, mais en occasionnant toujours des co&#251;ts faramineux pour des travaux pas toujours achev&#233;s &#8211; le Millenium Dome, le Wembley Stadium, Picketts Lock &#224; Enfield, etc. C'est, selon lui, &lt;i&gt;&#171; une grosse arnaque que la mairie de Londres soit parvenue &#224; convaincre environ 60 % des Londoniens du fait que les Jeux auront un impact positif sur l'est de la ville. On aura d&#233;pens&#233; pr&#232;s de 9,3 milliards de livres sterling entre 2005 et 2012 ... et pour emp&#234;cher le d&#233;bat public, ils expliquent qu'il faut aider cette zone de la ville sinistr&#233;e par la pauvret&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 2005, Anthony Blair d&#233;clarait effectivement &#224; la presse : &lt;i&gt;&#171; Nous avons beaucoup de chance d'accueillir les Jeux olympiques, nous allons d&#233;velopper les sports dans notre pays et laisser un h&#233;ritage pour les g&#233;n&#233;rations futures. &#187; &lt;/i&gt; Il appara&#238;t toutefois, pour qui a le sens de l'histoire, que la r&#233;g&#233;n&#233;ration urbaine n'a jamais eu lieu gr&#226;ce &#224; l'organisation d'&#233;v&#233;nements sportifs plac&#233;s sous le signe d'une course effr&#233;n&#233;e aux profits. Il suffit de visiter les pr&#233;c&#233;dents sites d'accueil &#8211; Ath&#232;nes, Barcelone, Turin, Salt Lake City, etc. &#8211; pour constater les m&#234;mes cons&#233;quences : dettes publiques, infrastructures encombrantes et ing&#233;rables, d&#233;placements de population et perte irr&#233;m&#233;diable d'un pan entier de l'histoire urbaine : celle des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Quartier-industriel-cherche-jeux'&gt;&#171; Quartier industriel cherche Jeux olympiques pour r&#233;g&#233;n&#233;ration urbaine &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Grece-Les-JO-creusent-la-dette'&gt;&#171; Gr&#232;ce : Les JO creusent la dette &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;R&#233;seau de militants londoniens qui r&#233;digent des textes critiques sur les J.O.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;meutes-shopping</title>
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&lt;p&gt;La flamb&#233;e de violence de cet &#233;t&#233; en Grande-Bretagne a pour origine une politique de casse sociale plus que trentenaire. Et les grands discours moralisants qui stigmatisent le comportement de la jeunesse ne servent qu'&#224; dissimuler cette dure r&#233;alit&#233;. &#171; Are you taking orders or are you taking over ? &#187; [Allez-vous ex&#233;cuter les ordres ou vous relever ?] En 1977, dans une chanson des Clash, le regrett&#233; Joe Strummer interroge le privil&#232;ge de race d'une jeunesse ouvri&#232;re blanche qui, &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no92-septembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;92 (septembre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/are-you" rel="tag"&gt;are you&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La flamb&#233;e de violence de cet &#233;t&#233; en Grande-Bretagne a pour origine une politique de casse sociale plus que trentenaire. Et les grands discours moralisants qui stigmatisent le comportement de la jeunesse ne servent qu'&#224; dissimuler cette dure r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_197 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH599/92_remi_cop-626e8.png?1779603565' width='400' height='599' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Are you taking orders or are you taking over ? &#187;&lt;/i&gt; [Allez-vous ex&#233;cuter les ordres ou vous relever ?] En 1977, dans une chanson des Clash, le regrett&#233; Joe Strummer interroge le privil&#232;ge de race d'une jeunesse ouvri&#232;re blanche qui, &#224; la solidarit&#233; de classe, pr&#233;f&#232;re le confort d'&#234;tre moins maltrait&#233;e que les Noirs. L'apostrophe des Clash est lanc&#233;e juste &#224; la suite des &#233;meutes de Notting Hill. Avant de devenir en partie le havre des bourgeois boh&#232;mes adeptes du chinage, le quartier de Notting Hill a &#233;t&#233; par deux fois le terrain de violences polici&#232;res contre la communaut&#233; issue des Cara&#239;bes &#8211; en 1958 et 1976. La sir&#232;ne qui r&#233;sonne dans la derni&#232;re version du morceau des Clash annonce des lendemains qui d&#233;chantent pour l'ensemble des franges les plus d&#233;favoris&#233;es de la soci&#233;t&#233; britannique d&#233;j&#224; lessiv&#233;es et criminalis&#233;es par les d&#233;buts du thatch&#233;risme.
Aujourd'hui, d'autres &#233;meutes &#233;clatent. Elles se sont d&#233;plac&#233;es g&#233;ographiquement, dans le Nord de la ville &#224; Tottenham, Enfield, Islington et Hackney notamment ; dans le Sud : Brixton, Peckham, Croydon, ainsi que dans d'autres villes : Liverpool, Birmingham, Manchester et Bristol. Qualifi&#233;es d'&#233;meutes-shopping par des journalistes discount, celles-ci ont fait l'objet en Angleterre comme en France d'une amplification m&#233;diatique spectaculaire des d&#233;g&#226;ts mat&#233;riels au d&#233;triment de recherches sur les racines sociales et politiques du probl&#232;me : les enqu&#234;tes sur la pauvret&#233;, par exemple, dont le &lt;i&gt;London Evening Standard&lt;/i&gt; avait d&#233;j&#224;, en mars 2010, fait &#233;tat dans un vaste dossier intitul&#233; &lt;a href=&#034;http://www.thisislondon.co.uk/advertorials/dispossessed.do&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; The Dispossessed &#187;.&lt;/a&gt; Ce dernier compilait une s&#233;rie de reportages sur l'envers d'une capitale britannique r&#233;put&#233;e pour son dynamisme &#233;conomique. &#192; la suite de quoi, le journal a cr&#233;&#233; un fonds sp&#233;cial pour aider les pauvres. Gordon Brown, alors Premier ministre, appuie avec enthousiasme le projet qui consiste &#224; s'en remettre &#224; la g&#233;n&#233;rosit&#233; des plus riches : un moyen pratique pour r&#233;duire les signes visibles de la pauvret&#233; sans toutefois la faire enti&#232;rement dispara&#238;tre &#8211; le vendeur de b&#233;quilles a toujours besoin d'&#233;clop&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, la casse de la National health service (NHS) se poursuit et la crise des subprimes frappe de plein fouet les Britanniques : une d&#233;p&#234;che de Reuters dat&#233;e du 27 juin annon&#231;ait que la Grande-Bretagne allait faire face &#224; une vague de saisies immobili&#232;res sans pr&#233;c&#233;dent. En mati&#232;re de finance, les orientations travaillistes ne diff&#232;rent pas de leurs pseudo-adversaires conservateurs. Aussi, l'usage de l'expression &#171; &lt;i&gt; broken society &#187;&lt;/i&gt; par David Cameron permet-il d'&#233;viter toute &#233;valuation des causes mat&#233;rielles en demeurant sur le terrain strictement moralisant de la charit&#233;. Car personne au sein du gouvernement de Monsieur Cameron ne se demande quelles politiques ont &#171; cass&#233; &#187; la soci&#233;t&#233; ni comment la refonder autrement qu'en comptant le nombre de t&#233;l&#233;viseurs vol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la jeunesse tr&#232;s d&#233;favoris&#233;e est syst&#233;matiquement stigmatis&#233;e dans les m&#233;dias britanniques, au moyen notamment des termes &lt;i&gt;&#171; Asbos &#187;&lt;/i&gt; (d&#233;riv&#233; du nom d'un plan institu&#233; par Tony Blair servant &#224; criminaliser des comportements pas toujours justiciables mais jug&#233;s nuisibles ou g&#234;nants par les classes moyennes et sup&#233;rieures) et &lt;i&gt;&#171; chavs &#187;&lt;/i&gt;, qui d&#233;signe de jeunes pauvres dont la classe moyenne se gausse : go&#251;t pour les contrefa&#231;ons de la marque Burberry, queue de cheval haute pour les filles &#8211; qualifi&#233;e de &lt;i&gt;&#171; lifting Croydon &#187;&lt;/i&gt; &#8211; tics d'&#233;locution, tourn&#233;s en d&#233;rision par la s&#233;rie &lt;i&gt;Little Britain&lt;/i&gt; (BBC) &#224; travers le personnage de Vicky Pollard. Les privil&#233;gi&#233;s se disent que les pauvres ont d&#233;cid&#233;ment tr&#232;s mauvais go&#251;t &#8211; alors que ces go&#251;ts ne diff&#232;rent nullement des leurs. Seuls l'expression et les moyens mat&#233;riels de les satisfaire changent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, si seuls les plus pauvres paient les pots cass&#233;s d'une soci&#233;t&#233; n&#233;o-lib&#233;rale qui pardonne, quand elle n'exalte pas, les erreurs de ses banquiers et criminalise celles de sa jeunesse &#233;conomiquement fragilis&#233;e, faut-il s'&#233;tonner que cette m&#234;me jeunesse brise les vitrines du consum&#233;risme hideux aujourd'hui &#233;rig&#233; en mode de vie ? Les &#233;meutiers s'approprient en d&#233;finitive des objets, superflus pour ceux qui peuvent se les payer, mais que tout concourt &#224; leur faire convoiter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>S&#233;vice des &#233;trangers</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Sevice-des-etrangers</link>
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		<dc:creator>Najate Zouggari</dc:creator>


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&lt;p&gt;La France qui se l&#232;ve t&#244;t n'a pas de carte nationale d'identit&#233; : c'est le constat qui s'impose quand on arrive &#224; la pr&#233;fecture de Bobigny, un jeudi &#224; sept heures du matin. Pour la centaine de personnes qui ont d&#233;j&#224; pris place dans les deux files &#171; &#233;trangers &#187;, la journ&#233;e commence bien, entre attente, indiff&#233;rence et petites mesquineries. Reportage. SI LES BUREAUX de la pr&#233;fecture de Bobigny (Seine-Saint- Denis) ouvrent &#224; neuf heures, la plupart des usagers par R&#233;mi(d&#233;tenteurs d'un titre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no82-octobre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;82 (octobre 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femme" rel="tag"&gt;femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/heures" rel="tag"&gt;heures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-attente" rel="tag"&gt;d'attente&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Remi-9300" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/heures-d-attente" rel="tag"&gt;heures d'attente&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/voire-campent" rel="tag"&gt;voire campent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/changement-d-adresse" rel="tag"&gt;changement d'adresse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/salle-d-attente" rel="tag"&gt;salle d'attente&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Denis" rel="tag"&gt;Denis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La France qui se l&#232;ve t&#244;t n'a pas de carte nationale d'identit&#233; : c'est le constat qui s'impose quand on arrive &#224; la pr&#233;fecture de Bobigny, un jeudi &#224; sept heures du matin. Pour la centaine de personnes qui ont d&#233;j&#224; pris place dans les deux files &#171; &#233;trangers &#187;, la journ&#233;e commence bien, entre attente, indiff&#233;rence et petites mesquineries. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_289 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L120xH790/82_remi_prefecture1-a384d.png?1779606183' width='120' height='790' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;SI LES BUREAUX de la pr&#233;fecture de Bobigny (Seine-Saint- Denis) ouvrent &#224; neuf heures, la plupart des usagers par R&#233;mi(d&#233;tenteurs d'un titre de s&#233;jour provisoire) arrivent avant six heures du matin, voire campent depuis la veille pour s'assurer du traitement de leur dossier, de l'obtention d'un r&#233;c&#233;piss&#233;, ou de l'enregistrement d'un changement d'adresse. C'est le cas d'une femme d'environ trente ans qui explique qu'elle n'avait pas d'autre choix : &lt;i&gt;&#171; Comme j'ai d&#233;m&#233;nag&#233;, j'ai t&#233;l&#233;phon&#233; pour pr&#233;venir la pr&#233;fecture et propos&#233; de transmettre par courrier une copie de ma nouvelle attestation de domicile ; ils ont refus&#233;. Je devais me pr&#233;senter en personne. &#187;&lt;/i&gt; Apr&#232;s quatre heures d'attente et l'incertitude d'avoir un ticket avant l'apr&#232;s-midi, elle l&#226;che visiblement exc&#233;d&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Franchement, on bosse comme tout le monde, on participe &#224; la vie de la communaut&#233;&#8230; Pourquoi on est trait&#233;s comme de vulgaires clandos ?! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre &#224; cinq heures d'attente donnent acc&#232;s &#8211; au seuil seulement &#8211; de la porte 2 qui, &#224; son tour, donne acc&#232;s &#224; la salle d'attente informelle qui donnera ensuite acc&#232;s, apr&#232;s une &#224; trois heures d'attente, au guichet qui permettra &#233;ventuellement d'obtenir une r&#233;ponse &#224; sa requ&#234;te ou un num&#233;ro pour s'asseoir dans la &#171; vraie &#187; salle d'attente, celle d'o&#249; on sera enfin appel&#233;. Le parcours est aussi al&#233;atoire que celui de ces livres dont vous &#234;tes le h&#233;ros mais cette histoire-l&#224; est &#233;crite par plusieurs ann&#233;es de lois dites &#171; d'immigration &#187; o&#249; l'&#233;tranger en France est toujours per&#231;u, d&#233;crit et trait&#233; comme un h&#244;te dangereux dans le corps de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le stress est palpable &#8211; &lt;i&gt;&#171; On sait quand on rentre ici mais on ne sait jamais quand on sort &#187;&lt;/i&gt; &#8211; l'ambiance reste bon enfant. Cela n'a pas toujours &#233;t&#233; le cas. Une femme raconte que, malgr&#233; la pr&#233;sence de deux repr&#233;sentants des forces de l'ordre en matraques et chemisettes, il arrive que les gens p&#232;tent un plomb et que des bagarres &#233;clatent. Souvent, la police se contente de regarder. &lt;i&gt;&#171; Pourquoi intervenir ? Ils pensent qu'il faut laisser les sauvages r&#233;gler leurs comptes entre eux &#187;&lt;/i&gt;, explique sobrement la femme. Un homme aux cheveux grisonnants lance &#224; la cantonade : &lt;i&gt;&#171; On n'est pas s&#251;rs de passer aujourd'hui ! &#187;&lt;/i&gt; Soupirs et murmures dans la file qui est devenue une esp&#232;ce de masse compacte o&#249; chacun sait cependant tr&#232;s exactement qui le suit et qui le pr&#233;c&#232;de. Une Alg&#233;rienne d&#233;crit la situation en des termes plus pr&#233;cis : &lt;i&gt;&#171; C'est bient&#244;t la pause-d&#233;jeuner, ils vont fermer un guichet sur deux, et l&#224;, c'est s&#251;r qu'on n'aura pas de num&#233;ro avant au moins 14 h, sans compter ceux qui passent par la deuxi&#232;me porte et grillent la queue. &#187; &lt;/i&gt; Arriv&#233;e par le premier m&#233;tro, elle hausse les &#233;paules et esquisse un sourire fatigu&#233; avant d'&#233;changer des banalit&#233;s de base avec un quinquag&#233;naire portugais plut&#244;t bal&#232;ze. Tout y passe : la r&#233;forme antisociale des retraites, les conditions de travail, ces Roms qui, quand m&#234;me, &lt;i&gt;&#171; balaient les c&#226;bles et les vieux frigos sur leur passage &#187;&lt;/i&gt;, les &lt;i&gt;&#171; magouilles &#187;&lt;/i&gt; et le pays natal. Une jeune femme noire aux cheveux tress&#233;s, venue avec son enfant dans une poussette, commente en apart&#233; les observations lusitaniennes sur les Roms : &lt;i&gt;&#171; N'importe quoi, quel connard celui-l&#224; ! &#187;&lt;/i&gt; Elle reprend ensuite une conversation en italien avec son mari. Cette famille doit souffrir &#224; la fois l'administration fran&#231;aise et l'administration italienne, en guise de double peine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la file, les policiers, &#224; pr&#233;sent gant&#233;s de cuir noir, ouvrent et ferment un portillon pendant que deux fonc- tionnaires de la pr&#233;fecture, visiblement d&#233;pass&#233;es par le nombre d'usagers, circulent dans les rangs, indiff&#233;rentes aux questions qui leur sont pos&#233;es. On a de la chance pourtant : le jeudi est une journ&#233;e dite &#171; calme &#187;. La magouille mentionn&#233;e plus haut fait allusion au (petit) march&#233; parall&#232;le o&#249; les tickets se bradent entre 10 et 50 euros pour &#233;conomiser quelques heures d'attente. Il y a aussi une vente de caf&#233;s et de g&#226;teaux &#224; la sauvette, trois heures avant l'ouverture des bureaux. Le Portugais poursuit : &lt;i&gt;&#171; Les magouilles, c'est &#224; tous les niveaux. Il n'en fait pas, des magouilles, l'autre nain ? &#187;&lt;/i&gt; Les gens se marrent, m&#234;me la chic dame des &lt;i&gt;&#171; vulgaires clandos &#187;&lt;/i&gt;. Un Colombien vient pour changer un rendez-vous, une Marocaine pour une convocation qu'elle n'a pas re&#231;ue, un Malien pour donner des pi&#232;ces justificatives et au fur et &#224; mesure que les heures passent, les langues se d&#233;lient, les gens s'assoient ou s'accroupissent par terre un moment, puis se rel&#232;vent, l'un gardant la place de l'autre quand il faut se rendre aux toilettes (d&#233;go&#251;tantes) ou faire des photocopies (&#224; 20 centimes la page). Les gens finissent surtout par s'exhorter mutuellement &#224; la patience. Le Livre noir de quarante-quatre pages publi&#233; par des associations de Seine-Saint-Denis
&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire sur http://www.gisti.org/publication_pr....&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; brosse donc un tableau tr&#232;s r&#233;aliste des conditions d'accueil d&#233;plorables de la pr&#233;fecture de Bobigny. La derni&#232;re parole entendue, c'est l'aimable conseil d'une femme qui, depuis 5 h 30 du matin, tra&#238;ne derri&#232;re elle une petite valise rouge &#224; roulettes parce qu'elle doit prendre un train pour retourner au travail : &lt;i&gt;&#171; Il ne faut pas partir maintenant. Sinon, tout le temps o&#249; vous avez attendu n'aura servi &#224; rien. &#187;&lt;/i&gt; Elle sait exactement de quoi elle parle : &#224; cause du retard dans l'&#233;dition de titres de s&#233;jour d'un an, elle re&#231;oit depuis 2009 des titres provisoires qu'elle doit venir renouveler tous les trois mois. En sursis permanent, la condition de cette femme &#224; la valise rouge et des centaines d'autres usagers n'est pas prise en compte dans le paragraphe qui d&#233;crit la pr&#233;fecture sur le site officiel de la ville de Bobigny.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_290 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L329xH85/82_remi_prefecture2-f8a4c.png?1779689283' width='329' height='85' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire sur &lt;a href=&#034;http://www.gisti.org/publication_pres.php?id_article=2051&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.gisti.org/publication_pr...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Moubarak d&#233;gage !</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Moubarak-degage</link>
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		<dc:creator>Najate Zouggari</dc:creator>


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&lt;p&gt;Midan at tahrir : sur la place bien nomm&#233;e de &#171; la Lib&#233;ration &#187;, le peuple doit faire face aux violences de la police et de la baltaggiya, milice criminelle qui s&#232;me la discorde et la peur. Al Jazeera a transmis en direct les images de ces hommes arm&#233;s de b&#226;tons et de couteaux qui faisaient soudainement irruption, &#224; dos de chameau ou &#224; cheval, dans une foule de manifestants pacifiques. Omar, l'un des coordinateurs du Comit&#233; de soutien au peuple &#233;gyptien &#224; Paris, &#233;voque le fameux &#171; p&#233;ril (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no86-fevrier-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;86 (f&#233;vrier 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/manifestants" rel="tag"&gt;manifestants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/liberation" rel="tag"&gt;lib&#233;ration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Omar" rel="tag"&gt;Omar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/place-Tahrir" rel="tag"&gt;place Tahrir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Tahrir" rel="tag"&gt;Tahrir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/peril-islamiste" rel="tag"&gt;p&#233;ril islamiste&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/dialogue-national" rel="tag"&gt;dialogue national&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Midan at tahrir&lt;/strong&gt; : sur la place bien nomm&#233;e de &#171; la Lib&#233;ration &#187;, le peuple doit faire face aux violences de la police et de la baltaggiya, milice criminelle qui s&#232;me la discorde et la peur. Al Jazeera a transmis en direct les images de ces hommes arm&#233;s de b&#226;tons et de couteaux qui faisaient soudainement irruption, &#224; dos de chameau ou &#224; cheval, dans une foule de manifestants pacifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Omar, l'un des coordinateurs du Comit&#233; de soutien au peuple &#233;gyptien &#224; Paris, &#233;voque le fameux &#171; p&#233;ril islamiste &#187; qui a tant servi &#224; faire barrage &#224; la d&#233;mocratie : &lt;i&gt;&#171; Il n'y a pas de p&#233;ril islamiste, les islamistes font partie de l'opposition. Mais s'ils n&#233;gocient avec le pouvoir, comme on a pu le voir r&#233;cemment, alors ils perdent toute l&#233;gitimit&#233; populaire. &#187;&lt;/i&gt; Il parle aussi des tentatives d'Housni Moubarak pour &#233;touffer les revendications d&#233;mocratiques en fabriquant un ennemi int&#233;rieur, les journalistes &#233;trangers, et en pr&#233;tendant faire des efforts, &#224; travers la cr&#233;ation d'une commission cens&#233;e amender la Constitution dans le cadre d'un &#171; dialogue national &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ce dialogue national existe d&#233;j&#224; &#8211; sur les barricades. La ligne de fracture largement exploit&#233;e par certains m&#233;dias occidentaux perd toute sa pertinence sur le terrain r&#233;volutionnaire. Lors de la pri&#232;re du vendredi, des coptes forment un cordon de protection autour des prieurs pour contrer les attaques des milices. Loin de l'instrumentalisation des tensions &#171; communautaires &#187;, une forme d'auto-organisation se met en place dans la capitale &#233;gyptienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le blocage d&#233;lib&#233;r&#233; des transports publics, plusieurs milliers de personnes ont afflu&#233; &#224; pied des quatre coins du pays. Comme en Tunisie, l'&#201;tat essaie d'exploiter la crainte des classes moyennes en faisant passer les manifestants pour de dangereux voyous. Or, explique Omar, cette place Tahrir est une place vivante, &lt;i&gt;&#171; il y a des gens de tous les &#226;ges, on y joue des pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre, on y soigne les bless&#233;s, on prie, on discute, il y a m&#234;me des mariages ! &#187;&lt;/i&gt; Pour ce qui est de l'auto-organisation, observe Fran&#231;oise, une camarade d'Omar qui vient de rentrer du Caire, &lt;i&gt;&#171; il y a des comit&#233;s de quartiers constitu&#233;s par les manifestants eux-m&#234;mes. Ils ont permis d'&#233;viter les pillages. Ils ont m&#234;me arr&#234;t&#233; des policiers et des miliciens &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces comit&#233;s de quartier r&#233;clament, p&#234;le-m&#234;le, la d&#233;mission du pr&#233;sident, la fin de l'&#233;tat d'urgence, la dissolution de l'assembl&#233;e, la formation d'un gouvernement de transition, la traduction en justice des meurtriers des martyrs de la r&#233;volution, la revalorisation des salaires et des retraites ainsi que la gratuit&#233; r&#233;elle de l'&#233;cole. Omar explique qu'un &#171; comit&#233; de sages &#187; a &#233;t&#233; &#233;lu sur la place et Fran&#231;oise souligne le r&#244;le des avocats dont les locaux ont &#233;t&#233; saccag&#233;s, avec plus de 700 dossiers confisqu&#233;s. De nombreux opposants, arr&#234;t&#233;s apr&#232;s la marche dite des &#171; un million &#187;, ont &#233;t&#233; mis au secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au jour le jour, face &#224; l'arrogance et &#224; la folle persistance du pouvoir autocratique, les manifestants tiennent bon, des groupes d'autod&#233;fense et des cliniques en plein air sont cr&#233;&#233;s et la place Tahrir n'a jamais &#233;t&#233; aussi propre depuis que les gens nettoient les rues qu'ils se sont enfin r&#233;appropri&#233;es...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Barack Obama : L'imp&#233;rialisme &#224; visage humain</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Barack-Obama-L-imperialisme-a</link>
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		<dc:date>2011-01-13T07:57:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Najate Zouggari</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
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		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>
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		<dc:subject>int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis plus de 40 ans, Tariq Ali, historien n&#233; au Pakistan et figure de la gauche radicale britannique, analyse et critique la politique &#233;trang&#232;re des &#201;tats-Unis qu'il qualifie d'imp&#233;rialiste. &#192; l'occasion de la traduction en fran&#231;ais de son dernier livre, Obama s'en va-t-en guerre (&#201;ditions La Fabrique, 2010), nous l'avons rencontr&#233; pour l'interroger sur les conflits engag&#233;s par les &#201;tats-Unis. L'arriv&#233;e au pouvoir de Barack Obama aurait-elle modifi&#233; la vision du monde de la banni&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no84-decembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;84 (d&#233;cembre 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Etats-Unis" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/medias-1347" rel="tag"&gt;m&#233;dias&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Americains" rel="tag"&gt;Am&#233;ricains&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Obama" rel="tag"&gt;Obama&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/interets-americains" rel="tag"&gt;int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis plus de 40 ans, Tariq Ali, historien n&#233; au Pakistan et figure de la gauche radicale britannique, analyse et critique la politique &#233;trang&#232;re des &#201;tats-Unis qu'il qualifie d'imp&#233;rialiste. &#192; l'occasion de la traduction en fran&#231;ais de son dernier livre, &lt;a href=&#034;http://www.lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=548&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Obama s'en va-t-en guerre&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (&#201;ditions La Fabrique, 2010), nous l'avons rencontr&#233; pour l'interroger sur les conflits engag&#233;s par les &#201;tats-Unis. L'arriv&#233;e au pouvoir de Barack Obama aurait-elle modifi&#233; la vision du monde de la banni&#232;re &#233;toil&#233;e ? Ses propos, tout comme l'argumentation du livre, balaient l'ensemble des illusions form&#233;es sur la pr&#233;sidence du m&#233;tis de la Maison Blanche. Le dirigeant actuel, en d&#233;pit d'une couleur dont il a su habilement jouer, s'est content&#233; de marcher dans les pas de son pr&#233;d&#233;cesseur friand de bretzels, de chapeaux texans et de croisades contre &#171; l'Axe du Mal &#187;. Assur&#233;ment plus cultiv&#233; et plus sympathique que George W. Bush, ce qui n'&#233;tait gu&#232;re difficile, Obama a pourtant fait pire dans certains contextes &#8211; l'Afghanistan et le Pakistan. Retour sur la politique &#233;trang&#232;re de l'Oncle Barack.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_34 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L348xH500/Remi-Obama1-db6e8.png?1779602926' width='348' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : L'ambassade des &#201;tats-Unis en France a r&#233;cemment invit&#233; une s&#233;rie d'individus &#171; issus de la diversit&#233; &#187;. Comment expliquez-vous l'engouement des personnes qui ont accept&#233; cette invitation et comment interpr&#233;ter cette entreprise am&#233;ricaine de s&#233;duction dans les recoins populaires de la R&#233;publique fran&#231;aise, notamment la banlieue ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tariq Ali :&lt;/strong&gt; Lors de la victoire d'Obama, les &#201;tats-Unis ont d&#233;cid&#233; qu'ils allaient exploiter au mieux l'&#233;v&#233;nement. J'ai &#233;crit dans mon livre qu'Obama &#233;tait la facette la plus inventive de l'imp&#233;rialisme. C'est exactement ce que montrent les invitations lanc&#233;es aux minorit&#233;s. Or, maintenant, &#231;a fait de moins en moins recette. L'excitation qui consistait &#224; avoir un pr&#233;sident m&#233;tis &#224; la Maison Blanche est pass&#233;e. En derni&#232;re instance, ce qui compte, c'est ce que vous faites, vos politiques et leur capacit&#233; &#224; provoquer un changement&#8230; Ce changement n'a pas vraiment eu lieu. Le fait qu'il ne soit pas blanc devient alors sans int&#233;r&#234;t, sauf pour les fanatiques de droite qui l'attaquent encore au moyen d'all&#233;gations stupides. Une vaste majorit&#233; d'Afro-Am&#233;ricains n'a pas vot&#233; pour Obama lors des r&#233;centes &#233;lections de mi-mandat. Je pense que beaucoup de ceux qui acceptent les invitations de l'ambassade am&#233;ricaine se sentent flatt&#233;s, parce qu'ils n'ont probablement pas l'habitude d'&#234;tre invit&#233;s dans ce type de lieu. Ils projettent leurs propres illusions sur Obama : &lt;i&gt;&#171; Il va faire ceci, il va faire cela. &#187;&lt;/i&gt; Or, en pratique, le bilan des r&#233;formes est plut&#244;t d&#233;cevant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle fonction Obama peut-il alors jouer dans l'&#233;conomie du r&#234;ve am&#233;ricain ? Et &#224; quelle hypoth&#232;se de r&#233;sistance cette fonction peut-elle renvoyer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un syst&#232;me politique am&#233;ricain domin&#233; par deux partis qui d&#233;fendent les int&#233;r&#234;ts des plus riches et cherchent &#224; maintenir les acquis de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, la seule hypoth&#232;se valable que l'on puisse former est celle d'un troisi&#232;me parti qui serait diff&#233;rent, qui refl&#233;terait d'autres int&#233;r&#234;ts, sociaux et politiques. Je pense qu'il pourrait recueillir les suffrages de deux &#224; trois millions de personnes. Mais, &#224; ce jour, les &#201;tats-Unis ne sont pas parvenus &#224; r&#233;aliser cette hypoth&#232;se. En contrepartie, nous avons une oligarchie bien r&#233;elle, une oligarchie politique, &#233;conomique et militaire qui dirige en permanence le pays. L'un des plus grands politologues am&#233;ricains, Sheldon Wolin, a &#233;crit un livre, &lt;a href=&#034;http://press.princeton.edu/titles/8606.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Democracy Incorporated&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, dans lequel il d&#233;montre que la d&#233;mocratie am&#233;ricaine est mise en danger par l'omnipotence des grandes entreprises et par le fait que, pour devenir pr&#233;sident, il faut d&#233;penser des millions et des millions de dollars avant seulement de pouvoir pr&#233;tendre &#224; cette place. Donc, la question qui se pose est : combien de temps ce syst&#232;me de gouvernance peut-il encore durer avant que ne s'organise la r&#233;sistance du peuple am&#233;ricain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lors du bombardement de Gaza par l'arm&#233;e isra&#233;lienne pendant vingt-deux jours cons&#233;cutifs, le pr&#233;sident demeura silencieux. Est-ce un effet de l'autocensure li&#233;e aux poids des groupes de pression tels que l'influent American israel public affairs committee (Aipac) ou l'expression d'une d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains au Proche-Orient ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un grand d&#233;bat sur cette question aux &#201;tats-Unis. On trouve des gens qui pensent que c'est dans l'int&#233;r&#234;t des &#201;tats-Unis de prot&#233;ger Isra&#235;l, quel que soit le prix &#224; payer, d'autres qui consid&#232;rent que la politique am&#233;ricaine &#224; l'endroit d'Isra&#235;l est irrationnelle et contrevient plus largement aux int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains dans la r&#233;gion. Et je suis plut&#244;t d'accord avec cette deuxi&#232;me position. Isra&#235;l est compl&#232;tement int&#233;gr&#233; &#224; la structure m&#234;me de la politique am&#233;ricaine. D'ailleurs, le chef d'&#233;tat-major d'Obama, Rahm Emmanuel, a &#233;t&#233; commandant dans l'arm&#233;e isra&#233;lienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias am&#233;ricains couvrent le conflit isra&#233;lo-palestinien sans la moindre contextualisation : on raconte qu'Isra&#235;l se d&#233;fend contre des attaques terroristes. Mais, depuis Gaza et le rapport du juge Goldstone, il y a eu un tournant et les divergences &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de la communaut&#233; juive sont apparues au grand jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut souligner que la France est le pays o&#249; il est le plus difficile de formuler ces commentaires. Une poign&#233;e d'individus dans les m&#233;dias dominants ont plac&#233; cette question en zone interdite. Je me rappelle quand j'ai publi&#233; le roman Un sultan &#224; Palerme, j'&#233;tais suppos&#233; me rendre &#224; France Culture pour une longue interview. &#192; la derni&#232;re minute, ils annulent. Ils ont expliqu&#233; &#224; mon &#233;ditrice, Sabine Wespieser : &lt;i&gt;&#171; Il a trop &#233;crit sur la Palestine. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_35 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L326xH500/Remi-Obama2-c4e19.png?1779630903' width='326' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquez-vous la continuit&#233; de la politique men&#233;e par Bush ? Quel projet est-il globalement fix&#233; et la politique d'Obama a-t-elle les moyens d'y parvenir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime d'Obama est assur&#233;ment un r&#233;gime de continuit&#233; : tant &#224; l'int&#233;rieur qu'&#224; l'ext&#233;rieur. La politique &#233;trang&#232;re de Bush a donc &#233;t&#233; poursuivie, &#224; l'exception de l'Afghanistan et du Pakistan pour lesquels Obama est bien pire que Bush. Il a provoqu&#233; une escalade de violence, et fait plus de morts que Bush lui-m&#234;me, avec les attaques de drones. L'explication est tr&#232;s simple : un pr&#233;sident am&#233;ricain dirige non seulement les &#201;tats-Unis mais aussi le syst&#232;me imp&#233;rialiste qu'il se doit de pr&#233;server. &#192; moins que des mouvements sociaux ne se cr&#233;ent par le bas ou que les &#201;tats-Unis essuient un revers magistral dans quelque endroit du monde, je ne vois pas comment la situation pourrait changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand les drones am&#233;ricains ont frapp&#233; le Pakistan, ces attaques a&#233;riennes ont &#233;t&#233; qualifi&#233;es de &#171; bavures militaires &#187;. Comment Obama a-t-il justifi&#233; ce total de 183 frappes au 10 octobre 2010 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des militaires pakistanais ont dit aux forces US : &lt;i&gt;&#171; Dans cette maison, il y a des terroristes. &#187;&lt;/i&gt; Alors, &#224; une centaine de kilom&#232;tres d'altitude, ils ont d&#233;truit cette cible avec un drone. Quand je vais au Pakistan, o&#249; j'ai souvent l'occasion de me rendre, on me demande si je veux voir les maisons de ceux qui ont &#233;t&#233; tu&#233;s, et vous savez qu'il s'agit, dans 90 % des cas, de gens ordinaires. Il y a presque un an, quand il y avait des manifestations &#224; T&#233;h&#233;ran et qu'une femme a &#233;t&#233; tu&#233;e [Neda Soltani, dont la mort a &#233;t&#233; film&#233;e et diffus&#233;e sur Internet, ndlr.], l'ensemble des m&#233;dias occidentaux s'est saisi de l'&#233;v&#233;nement et Obama est apparu larmoyant &#224; la Maison Blanche tandis que les gouvernants europ&#233;ens poussaient de hauts cris. Ce m&#234;me jour exactement, les drones am&#233;ricains tuaient cinquante personnes au Pakistan : des femmes et des enfants pour la plupart d'entre eux. Qui s'en est &#233;mu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pr&#233;sident Obama consid&#232;re l'Afghanistan et le Pakistan comme une zone de guerre unique : l'Afpak. Pouvez-vous d&#233;crire plus pr&#233;cis&#233;ment cette zone et d&#233;velopper les enjeux g&#233;ostrat&#233;giques qui y sont rattach&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La zone Afpak est la zone interfrontali&#232;re dans laquelle vivent les Pachtounes. Ils s'offrent mutuellement refuge, &#233;videmment. D'un c&#244;t&#233; ou de l'autre de la fronti&#232;re, vous avez des gens du m&#234;me village, de la m&#234;me tribu, qui parlent la m&#234;me langue. Des liens se nouent et, souvent, il y a des mariages. Les Am&#233;ricains essaient de d&#233;truire cela et la strat&#233;gie consiste simplement &#224; vider les lieux. Ils ont ainsi pouss&#233; l'arm&#233;e pakistanaise &#224; d&#233;placer deux millions de personnes de cette r&#233;gion et &#224; d&#233;truire leurs villages. Ces gens vivent maintenant dans des camps de r&#233;fugi&#233;s, au sein de leur propre pays. Voil&#224; ce qu'est l'Afpak et voil&#224; ce dont Obama est responsable et pourquoi les Pakistanais le d&#233;testent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Am&#233;ricains croient qu'ils ne peuvent pas gagner la guerre en Afghanistan &#224; cause du refuge trouv&#233; par les militants au Pakistan. C'est la vieille rengaine imp&#233;rialiste : on ne peut pas gagner au Vietnam, alors, bombardons le Cambodge ! Ils font exactement la m&#234;me chose dans cette r&#233;gion, et ils cr&#233;ent davantage d'ennemis et davantage de haine. Jamais ils ne gagneront la guerre en Afghanistan. La seule question, c'est : combien de gens vont-ils encore tuer avant de se retirer ? Et le fait que des pays europ&#233;ens aient des troupes l&#224;-bas est r&#233;voltant car la plupart de leurs citoyens sont oppos&#233;s &#224; cette guerre. Les opinions ne sont pas dupes du fait qu'il s'agit d'une guerre cynique ne remplissant plus aucune fonction. Les Am&#233;ricains ont donn&#233; le pouvoir aux personnes les plus corrompues du pays : la famille Karzai s'est enrichie dans le commerce parall&#232;le, le trafic d'h&#233;ro&#239;ne et les d&#233;tournements de fonds. Voil&#224; ce &#224; quoi l'Occident apporte son soutien ! Gr&#226;ce &#224; un bulletin de la CIA, on sait que le moyen de gagner les c&#339;urs et les esprits en Europe consistait &#224; justifier cette guerre par l'&#233;mancipation des femmes&#8230; Or, la condition des femmes s'est d&#233;grad&#233;e avec l'occupation. Le nombre de bordels a augment&#233; de 500 % depuis le d&#233;but de l'occupation ! Voil&#224; comment les &#201;tats-Unis et leurs alli&#233;s de l'Otan lib&#232;rent les femmes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concernant l'Afghanistan, vous &#233;crivez : &lt;i&gt;&#171; les avanc&#233;es dont les m&#233;dias nous rebattent les oreilles sont illusoires &#187;&lt;/i&gt;. Pouvez-vous expliquer le r&#244;le des m&#233;dias dans l'assentiment &#224; la guerre d'une large fraction de l'opinion publique occidentale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choses sont simples : &#224; chaque fois que l'Occident part en guerre, les m&#233;dias sont &#224; ses c&#244;t&#233;s. Et maintenant, il y a de plus en plus de m&#233;dias embarqu&#233;s [embedded medias], des journalistes qui vivent avec les soldats, qui vont en mission avec eux. Ainsi, m&#234;me s'ils n'&#233;taient pas tellement pro-guerre au d&#233;part, ils le deviennent car ils s'identifient aux soldats qui veillent sur eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse critique des m&#233;dias en temps de guerre est inexistante. Les journalistes sont devenus des propagandistes : le consensus n&#233;olib&#233;ral et la justification de la guerre se retrouvent dans la plupart des journaux de r&#233;f&#233;rence. Parfois, en priv&#233;, ils peuvent avouer : &lt;i&gt;&#171; Oui, nous savons que c'est de la merde, mais bon. &#187;&lt;/i&gt; En public, ils continuent d'&#233;crire ce qu'il faut &#233;crire pour percevoir leur salaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre ce consensus de fa&#231;ade ne peut &#234;tre men&#233;e qu'&#224; travers les m&#233;dias alternatifs. C'est ce qui &#233;merge lentement, le fait que nous ayons le web et des sites &#8211; &lt;a href=&#034;http://www.counterpunch.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Counterpunch&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.democracynow.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Democracy Now&lt;/a&gt; &#8211; que beaucoup de monde va visiter, notamment quand il y a une guerre, prouve que les gens ne croient m&#234;me plus en leur propre presse ! Cette presse tire avantage du fait que nous vivons dans un monde consum&#233;riste, d&#233;politis&#233;, fond&#233; sur le cr&#233;dit et l'int&#233;r&#234;t pour la vie des c&#233;l&#233;brit&#233;s. La presse alternative pourrait enrayer ce processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous que les r&#233;centes &#171; r&#233;v&#233;lations &#187; de Wikileaks soient une expression de ces nouveaux m&#233;dias alternatifs dont vous faites l'&#233;loge ou simplement un tour de passe-passe spectaculaire par lequel les m&#233;dias dominants se blanchissent &#224; bon compte ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense qu'il ne faut pas sous-estimer les r&#233;v&#233;lations de Wikileaks. Elles ont embarrass&#233; le gouvernement d'Obama et ses satrapes europ&#233;ens, comme le d&#233;montrent les poursuites &#224; l'encontre de Julian Assange. Certains m&#233;dias de r&#233;f&#233;rence, eux-m&#234;mes, ont &#233;t&#233; g&#234;n&#233;s de devoir publier ces &#171; leaks &#187;.
Gareth Porter de Counterpunch a critiqu&#233; les publications partielles de c&#226;bles diplomatiques par le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Washington Post&lt;/i&gt; : l'acquisition suppos&#233;e de missiles nord-cor&#233;ens par l'Iran a ainsi &#233;t&#233; rapport&#233;e, mais le c&#226;ble o&#249; cette version est r&#233;fut&#233;e par les Russes est pass&#233; sous silence, ainsi que celui o&#249; la pr&#233;sence de tels missiles n'est clairement pas prouv&#233;e. Certains de ces c&#226;bles peuvent donc &#234;tre assimil&#233;s &#224; des ragots diplomatiques, mais pas tous. Ils confirment plut&#244;t ce que nous savions d&#233;j&#224; des politiques imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Entretien avec Gideon Levy, journaliste isra&#233;lien ind&#233;pendant</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Najate Zouggari</dc:creator>


		<dc:subject>Yann Levy</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#192; l'occasion de la publication d'un recueil de ses articles par les &#233;ditions La Fabrique, Gideon Levy est venu &#224; Paris pr&#233;senter la r&#233;alit&#233; d'une occupation qu'il juge &#171; aujourd'hui plus brutale, perverse et inhumaine que jamais &#187;. Dans l'introduction r&#233;dig&#233;e &#224; l'attention de son lectorat francophone, il d&#233;clare &#171; j'aime Gaza &#187;, &#233;pinglant au passage la censure de TF1 qui a refus&#233; de diffuser ses propos, sans doute pour &#233;viter d'encombrer le &#171; temps de cerveau disponible &#187; de son Audimat. La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no75-fevrier-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;75 (f&#233;vrier 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Yann-Levy-81" rel="tag"&gt;Yann Levy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gaza" rel="tag"&gt;Gaza&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Palestiniens" rel="tag"&gt;Palestiniens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Israel" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Levy" rel="tag"&gt;L&#233;vy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-il-n-y" rel="tag"&gt;qu'il n'y&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Israeliens" rel="tag"&gt;Isra&#233;liens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/israelienne" rel="tag"&gt;isra&#233;lienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gideon-Levy" rel="tag"&gt;Gideon Levy&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'occasion de la publication d'un &lt;a href=&#034;http://www.lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=446&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;recueil de ses articles&lt;/a&gt; par les &#233;ditions La Fabrique, Gideon Levy est venu &#224; Paris pr&#233;senter la r&#233;alit&#233; d'une occupation qu'il juge &lt;i&gt;&#171; aujourd'hui plus brutale, perverse et inhumaine que jamais &#187;&lt;/i&gt;. Dans l'introduction r&#233;dig&#233;e &#224; l'attention de son lectorat francophone, il d&#233;clare &lt;i&gt;&#171; j'aime Gaza &#187;&lt;/i&gt;, &#233;pinglant au passage la censure de TF1 qui a refus&#233; de diffuser ses propos, sans doute pour &#233;viter d'encombrer le &lt;i&gt;&#171; temps de cerveau disponible &#187;&lt;/i&gt; de son Audimat. La position de Gideon Levy, journaliste critique d'Isra&#235;l en Isra&#235;l, n'est certes pas d&#233;nu&#233;e de contradictions. Mais celles-ci ne l'emp&#234;chent &#224; aucun moment d'assumer une &#233;thique &#224; la fois claire et rigoureuse. Sans la moindre complaisance, il ne craint pas de bousculer ses compatriotes : &lt;i&gt;&#171; Le sang des enfants tu&#233;s &#224; Gaza est sur nos mains et non sur celles du Hamas. &#187;&lt;/i&gt; Dans cet entretien, il revient sur le discours insidieux des m&#233;dias, l'aveuglement des Isra&#233;liens et le silence complice de la communaut&#233; internationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_332 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/levy75-53ac9.jpg?1779604477' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Yann Levy
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Gideon Levy, vos articles d&#233;peignent l'occupation isra&#233;lienne sans concession. Cela affecte-t-il vos rapports avec le reste de la r&#233;daction de Haaretz, le quotidien qui publie vos chroniques ? &#202;tes-vous critiqu&#233; par vos confr&#232;res ? Subissez-vous une quelconque censure ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gideon Levy :&lt;/strong&gt; Je vais vous raconter une anecdote assez significative. Au journal, nous avons une machine &#224; expresso. De temps en temps, je vais me faire un petit caf&#233; et dans le placard o&#249; sont rang&#233;es les capsules, j'ai trouv&#233; plusieurs dossiers. Le plus &#233;pais d'entre eux portait l'intitul&#233; &lt;i&gt;&#171; Gideon Levy, annulation d'abonnements &#187;&lt;/i&gt; ! Je suis en fait tr&#232;s fier d'&#233;crire pour Haaretz, qui m'a toujours soutenu. J'interviens aussi dans une &#233;mission t&#233;l&#233;vis&#233;e hebdomadaire qui ne vise qu'&#224; montrer une chose : Isra&#235;l est une v&#233;ritable d&#233;mocratie &#8211; mais uniquement pour ses citoyens juifs. J'ai la chance d'en &#234;tre, donc, en tant que journaliste juif, j'ai toute libert&#233;. Il n'y a pas de censure gouvernementale. Pourtant la censure assur&#233;ment existe &#8211; sous la forme beaucoup plus insidieuse de l'autocensure. Contre la censure d'&#201;tat, il y a toujours une r&#233;sistance possible, mais si c'est une censure volontaire, c'est plus difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui, dans l'&#233;volution r&#233;cente de l'&#201;tat d'Isra&#235;l, a rendu possible la situation d&#233;crite par vos articles, cet aveuglement suicidaire de la soci&#233;t&#233; isra&#233;lienne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, il faut savoir qu'il n'y a pas &#224; ce jour de vrai camp de la paix en Isra&#235;l, ni de vraie gauche. Il y a environ dix ans, Ehud Barak revenait de Camp David en proclamant qu'il n'y avait pas de partenaire palestinien, qu'il avait offert la lune et que les Palestiniens n'en avaient pas voulu. En 2002, il y a eu les kamikazes et les explosions de bus, &#231;a a &#233;t&#233; le grand test de la gauche isra&#233;lienne. Elle a lamentablement &#233;chou&#233;. Cela a d'ailleurs donn&#233; raison &#224; un ami palestinien qui dit que, sous le vernis progressiste de la plupart des Isra&#233;liens, en grattant un peu, on finit par trouver un nationaliste de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait vraiment bien de saluer le gouvernement lors des accords d'Oslo et de protester contre les massacres de Sabra et Chatila par des milices chr&#233;tiennes qui &#233;taient sous la protection d'Isra&#235;l. C'&#233;tait vraiment bien de faire des films comme Valse avec Bachir, qui prouve que les v&#233;ritables victimes sont en derni&#232;re instance les soldats isra&#233;liens : le militaire a des insomnies, il doit aller chez le psy, il est tellement sensible, le pauvre. Il tue et il pleure ! Mais quand on cherche le vrai camp de la paix, la vraie gauche, on ne trouve plus rien. Je me rappelle une blague des ann&#233;es 1970 o&#249; on disait que deux Isra&#233;liens partageaient trois points de vue. Aujourd'hui trois Isra&#233;liens partagent difficilement ne serait-ce qu'un seul point de vue. Il n'y a plus de discussions politiques en Isra&#235;l, plus de manifestations. Les seuls sujets de conversation sont les prochaines vacances, la derni&#232;re jeep, les salaires&#8230; C'est le sympt&#244;me d'une soci&#233;t&#233; malade. La soci&#233;t&#233; isra&#233;lienne n'est pas encore une soci&#233;t&#233; fasciste,mais toutes les conditions sont r&#233;unies pour le fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pouvez-vous d&#233;crire plus pr&#233;cis&#233;ment ce processus d'autocensure ? Comment expliquez-vous, par ailleurs, l'autre autocensure &#8211; celle de la communaut&#233; internationale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous savez, quand les jeunes Isra&#233;liens finissent leur service militaire dans les territoires occup&#233;s, ils partent en Inde ou en Am&#233;rique du Sud, pour se changer les id&#233;es &#8211; des endroits o&#249; on ne parle gu&#232;re du conflit isra&#233;lo-palestinien, et naturellement, ils ne vont pas aborder ces questions l&#224;-bas. Eux-m&#234;mes ne semblent pas voir ce qu'ils font et ce qu'ils ont fait. Ils n'en parlent pas. Ce n'est pas un hasard si le service militaire est obligatoire &#224; l'&#226;ge de 18 ans et non pas plut&#244;t &#224; 30 ans. Quand j'avais 18 ans, on m'avait certes lav&#233; le cerveau mais je voyais, moi aussi, les choses diff&#233;remment. En ce qui concerne la deuxi&#232;me question, le silence de la communaut&#233; internationale s'explique, je crois, par une combinaison de facteurs. Il y a bien s&#251;r le pr&#233;c&#233;dent de l'Holocauste. Il demeure un sentiment l&#233;gitime de culpabilit&#233; des Europ&#233;ens vis-&#224;-vis d'Isra&#235;l et des juifs en g&#233;n&#233;ral. Mais il faut aussi tenir compte de la vague massive d'islamophobie en Europe, qui est d'ailleurs aussi tr&#232;s pr&#233;sente aux &#201;tats-Unis et qui sert parfaitement les int&#233;r&#234;ts isra&#233;liens. De plus, les Europ&#233;ens s'alignent sur une politique am&#233;ricaine, notamment influenc&#233;e par le pouvoir incroyable qu'exercent les lobbies pro-isra&#233;liens. Je n'oublierais jamais cette sc&#232;ne honteuse lorsqu'un repr&#233;sentant de l'Union europ&#233;enne, au moment o&#249; l'agression isra&#233;lienne battait son plein &#224; Gaza, est venu serrer la main d'Ehud Olmert et l'a encourag&#233; &#224; continuer, au cours d'un d&#238;ner &#224; J&#233;rusalem. Pas un seul repr&#233;sentant europ&#233;en n'a daign&#233; se d&#233;placer &#224; Gaza. L'un d'entre eux a m&#234;me d&#233;clar&#233; qu'il avait pass&#233; la meilleure soir&#233;e de sa vie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, un v&#233;ritable ami d'Isra&#235;l doit critiquer et agir activement contre la colonisation. Si un de vos amis devient toxicomane, vous n'avez que deux possibilit&#233;s : soit vous lui donnez beaucoup d'argent pour qu'il ach&#232;te davantage de drogues, soit vous l'incitez &#8211; de force, si n&#233;cessaire &#8211; &#224; suivre une cure de d&#233;sintoxication. Cela peut d&#233;clencher de la haine et des d&#233;chirements,mais c'est la seule fa&#231;on d'agir si vraiment vous vous souciez de votre ami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez, &#224; plusieurs reprises, &#233;crit dans vos articles que si les Isra&#233;liens ne payaient pas le prix de l'occupation, ils ne pourraient pas changer. Ne pensez-vous pas,malgr&#233; l'apathie des chefs d'&#201;tats, que des formes de sanctions internationales peuvent exister, &#224; travers les campagnes civiles de boycott notamment ?
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est compliqu&#233; pour moi de vous r&#233;pondre, car je suis un Isra&#233;lien qui ne boycotte pas Isra&#235;l, puisque je vis en Isra&#235;l. Difficile donc de pr&#244;ner le boycott pour les autres. En m&#234;me temps, j'estime que les criminels de guerre doivent &#234;tre tra&#238;n&#233;s en justice et rendre compte de leurs actes. Et s'il n'y a aucun effort de la part d'Isra&#235;l pour agir en ce sens, alors il est du devoir de la communaut&#233; internationale de faire pression pour que la justice soit rendue. C'est une possibilit&#233; d'intervention depuis l'ext&#233;rieur. Le boycott, comme nous le savons, a bien fonctionn&#233; en Afrique du Sud. Mais la comparaison avec l'apartheid n'est m&#234;me plus pertinente. Il y a peu, j'ai accompagn&#233; une d&#233;l&#233;gation sud-africaine de militants des droits de l'homme dans les territoires occup&#233;s. Ils ont constat&#233; que l'occupation isra&#233;lienne &#233;tait, &#224; certains &#233;gards, pire que l'apartheid. La r&#233;action spontan&#233;e des Isra&#233;liens devant le boycott sera la suivante :&lt;i&gt; &#171; Le monde est antis&#233;mite, le monde est contre nous. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez &#233;t&#233; membre de l'&#233;quipe de Shimon Peres de 1978 &#224; 1982. Que s'est-il pass&#233; depuis votre d&#233;mission ? Pouvez-vous expliquer cette &#233;volution ? Avez-vous effectu&#233; une r&#233;&#233;valution du sionisme, comme Hannah Arendt dans Zionism Reconsidered ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme j'ai l'habitude de dire, j'ai fait mon service militaire et m&#234;me pire que &#231;a : j'ai travaill&#233; avec Shimon Peres ! J'&#233;tais son directeur de cabinet. Vous savez, quand on a vingt-six ans, on est plus stupide et plus r&#233;ceptif au lavage de cerveau qu'&#224; cinquante-six ! Mon histoire personnelle est parlante. Quand j'ai d&#233;missionn&#233; du cabinet, j'ai commenc&#233; par faire ce que la plupart des Isra&#233;liens ne font pas, j'ai voulu voir les territoires occup&#233;s. Et c'est seulement apr&#232;s avoir parcouru Gaza et la Cisjordanie que j'ai vraiment compris ce qui se tramait dans l'arri&#232;re-cour de &lt;i&gt;&#171; la seule d&#233;mocratie du Moyen-Orient &#187;&lt;/i&gt;. Ce qui me pousse &#224; une conclusion plut&#244;t optimiste : si les Isra&#233;liens voyaient ce que j'ai vu, alors leur opinion serait diff&#233;rente. Mais tout le syst&#232;me est organis&#233; de fa&#231;on &#224; les emp&#234;cher de voir et de savoir. Quand bien m&#234;me ils voient, le syst&#232;me fait en sorte qu'ils aient toujours bonne conscience. Nous sommes persuad&#233;s d'avoir l'arm&#233;e&lt;i&gt; &#171; la plus morale du monde &#187;&lt;/i&gt;. Non pas la deuxi&#232;me ou la troisi&#232;me arm&#233;e la plus morale du monde, non ! La premi&#232;re ! L'arm&#233;e isra&#233;lienne est encore plus morale que celle du Liechtenstein ! Cette illusion est entretenue par les m&#233;dias qui conduisent depuis plus de dix ans une v&#233;ritable campagne pour d&#233;shumaniser les Palestiniens. Et c'est &#224; cause de cette d&#233;shumanisation que les Isra&#233;liens peuvent &#224; la fois se croire des &#234;tres moraux et continuer &#224; perp&#233;trer des actions immorales. Si vous grattez un peu le vernis de la morale isra&#233;lienne, vous verrez que la grande majorit&#233; d'entre eux, y compris les personnes dites de gauche, ne consid&#232;rent pas les Palestiniens comme des &#234;tres humains &#224; part enti&#232;re. Ce ne sont pas des &#234;tres humains comme nous, ils ne peuvent pas &#234;tre nos &#233;gaux. Une fois, lors d'une &#233;mission de t&#233;l&#233;vision, on a demand&#233; &#224; un m&#233;decin palestinien, Ahmad Tibbi, membre de la Knesset [le Parlement isra&#233;lien] : &lt;i&gt;&#171; &#202;tes-vous docteur, monsieur Tibbi, ou palestinien ? &#187;&lt;/i&gt; Il m'est arriv&#233; d'&#233;crire que les Palestiniens ne devaient pas &#234;tre trait&#233;s comme des b&#234;tes et de recevoir des lettres de protestation de lecteurs&#8230; affili&#233;s &#224; la soci&#233;t&#233; protectrice des animaux ! Cette d&#233;shumanisation n'est pas anecdotique. Ce n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne marginal, elle est constitutive de l'occupation. Il suffit de voir comment la guerre &#224; Gaza a &#233;t&#233; couverte. Je me refuse d'ailleurs &#224; qualifier de &#171; guerre &#187; une incursion brutale de l'arm&#233;e isra&#233;lienne. Cette couverture m&#233;diatique en dit long sur le processus de d&#233;shumanisation. Par exemple, les m&#233;dias ont incit&#233; les Isra&#233;liens &#224; aller dans leurs jeeps sur les hauteurs qui surplombent Gaza pour assister au spectacle des lueurs provoqu&#233;es par les bombes au phosphore qui d&#233;cimaient la population civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais vous donner un autre exemple de cette d&#233;shumanisation qui va vous sembler grotesque mais qui est bien r&#233;elle et que je peux prouver. Deux chiens ont &#233;t&#233; tu&#233;s lors de l'op&#233;ration &#171; Plomb Durci &#187;. L'un a &#233;t&#233; tu&#233; &#224; Ashkelon par une roquette Qassam. La photo de ce chien mort a fait la une des deux principaux journaux isra&#233;liens. Avec les t&#233;moignages de la famille en pleurs, rivalisant d'hommages &#224; l'intelligence et &#224; la gentillesse du chien. Ce m&#234;me jour, pr&#233;cis&#233;ment, il y a eu cent Palestiniens tu&#233;s. Cela n'a &#233;t&#233; mentionn&#233; qu'en page 16 et 18 de ces m&#234;mes journaux. L'autre chien &#8211; de l'arm&#233;e &#8211; est mort &#224; Gaza, il a aussi fait la une des principaux titres. Il avait un nom, une t&#234;te, ses photos dans les journaux. Mais les 1 400 Palestiniens assassin&#233;s n'ont eu ni visage, ni nom, ni photo, rien. En ce qui concerne la deuxi&#232;me partie de votre question, sur le sionisme, c'est compliqu&#233;&#8230; Je suis assur&#233;ment un patriote. On me demande souvent si je me consid&#232;re comme un sioniste. Mais c'est un concept, disons, fluide. Il se peut que je sois antisioniste d'un certain point de vue. Mais si &#234;tre sioniste, c'est consid&#233;rer que le peuple juif a droit &#224; un &#201;tat, alors oui je suis sioniste. Tout d&#233;pend de la d&#233;finition que vous donnez du sionisme. Mais je pense que du point de vue dominant, je ne suis assur&#233;ment pas un sioniste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Morceaux vol&#233;s : Jusqu'&#224; la prochaine partie de plaisir&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Peut-&#234;tre leur demandera-t-on des comptes, &#224; ces analystes qui si&#233;geaient dans les studios de la radio et de la t&#233;l&#233;vision et dans les salles de r&#233;daction. Ah ! les analystes, les fameux analystes, enthousiastes et va-t-en-guerre, comme ils ont encourag&#233;, incit&#233;, press&#233; et applaudi ! Ils en redemandaient de cette guerre. Il fallait frapper plus fort, aller plus loin, tuer et d&#233;truire davantage. Pendant des mois, ils ont piaff&#233; d'impatience pour qu'on engage enfin &#8220;l'op&#233;ration d'envergure&#8221; qu'ils appelaient de tous leurs v&#339;ux et qui, lorsqu'elle s'est concr&#233;tis&#233;e, leur a fait pousser des cris d'encouragement et des sifflements d'admiration. Il ne faut pas sous-estimer l'influence qu'a pu avoir leur attitude.Face au vide, face &#224; des politiciens mall&#233;ables, ils ont pes&#233; de tout leur poids. L'&#233;cho de leur voix a r&#233;sonn&#233; dans le pays : il faut frapper un bon coup ! Ils ont d&#233;cr&#233;t&#233; qu'il n'y avait pas de guerre plus r&#233;ussie ni plus juste. Ils ont d&#233;crit avec enthousiasme des avanc&#233;es militaires qualifi&#233;es de g&#233;niales, et pass&#233; volontairement les atrocit&#233;s sous silence. Ils ont fait passer pour une guerre une attaque d&#233;brid&#233;e contre des ennemis sans combattants. Pour eux, l'avanc&#233;e de forces qui ne rencontraient aucune r&#233;sistance &#233;tait un combat, et des man&#339;uvres militaires effectu&#233;es sur le dos d'une population civile impuissante, un succ&#232;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gideon Levy, &lt;a href=&#034;http://www.lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=446&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Gaza, articles pour Haaretz, 2006-2009&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;,
La Fabrique, 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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