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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Salvini, le venin dans la botte</title>
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		<dc:creator>Marie Causse, Rafa&#235;l Snoriguzzi</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Aux derni&#232;res &#233;lections europ&#233;ennes, le ph&#233;nom&#232;ne Salvini a pris une ampleur inqui&#233;tante : 21 % du corps &#233;lectoral contre 13 % un an plus t&#244;t. Mais la dynamique n&#233;ofasciste ne se r&#233;duit pas &#224; l'influence n&#233;faste de son leader. Elle correspond &#224; une configuration historique o&#249;, sur fond de choix &#233;conomiques n&#233;olib&#233;raux et de politiques migratoires meurtri&#232;res, les diff&#233;rentes composantes de la sc&#232;ne politique italienne s'alimentent mutuellement. Des selfies &#224; gogo en tenue d&#233;contract&#233;e un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no182-decembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;182 (d&#233;cembre 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aux derni&#232;res &#233;lections europ&#233;ennes, le ph&#233;nom&#232;ne Salvini a pris une ampleur inqui&#233;tante : 21 % du corps &#233;lectoral contre 13 % un an plus t&#244;t. Mais la dynamique n&#233;ofasciste ne se r&#233;duit pas &#224; l'influence n&#233;faste de son leader. Elle correspond &#224; une configuration historique o&#249;, sur fond de choix &#233;conomiques n&#233;olib&#233;raux et de politiques migratoires meurtri&#232;res, les diff&#233;rentes composantes de la sc&#232;ne politique italienne s'alimentent mutuellement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3200 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH502/-1417-41e1b.jpg?1779603575' width='400' height='502' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Gwen Tomahawk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;es selfies &#224; gogo en tenue d&#233;contract&#233;e un cocktail &#224; la main et les r&#233;seaux sociaux ont fait le reste : le barnum Salvini est omnipr&#233;sent en Italie &#8211; quitte &#224; &#234;tre r&#233;guli&#232;rement r&#233;duit &#224; une efficace strat&#233;gie de communication. Si la vulgarit&#233; de Matteo Salvini s'exhibe tous poils dehors, c'est bien parce que les ann&#233;es de berlusconisme ont organis&#233; l'abrutissement de la politique italienne.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les ann&#233;es de plomb n&#233;olib&#233;rales&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, c'est tout le syst&#232;me qui est &#224; jeter. Les r&#232;gles du jeu &#233;lectoral qui ont permis l'improbable coalition entre la Lega de Salvini et le Mouvement 5 &#233;toiles (M5S) sont les m&#234;mes qui ont longtemps incit&#233; les communistes &#224; soutenir les gouvernements n&#233;olib&#233;raux de Romano Prodi et du Partito Democratico (PD, suppos&#233; de &#171; centre gauche &#187;) &#8211; aujourd'hui, la gauche a presque &#233;t&#233; &#233;radiqu&#233;e du Parlement italien. En moins de dix ans, le parti de Berlusconi a gouvern&#233; avec celui de Mario Monti (ancien commissaire europ&#233;en &#224; la Concurrence qui forma en 2011 un gouvernement de &#171; techniciens &#187;) et le PD, qui gouverne d&#233;sormais avec le M5S, qui gouvernait hier avec la Lega, qui est un partenaire historique des gouvernements Berlusconi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que le pr&#233;sident de la R&#233;publique italienne s'efforce tous les deux ans de rapi&#233;cer un champ politique en morceaux, l'agenda des r&#233;formes est demeur&#233; tristement constant. Cons&#233;quence de la crise de la finance toxique, la dette publique est pass&#233;e de 100 % &#224; plus de 130 % du PIB &#8211; justifiant progressivement toutes les mesures antisociales, sur le report infini de l'&#226;ge de la retraite ou le droit de licencier p&#233;pouze. Pendant ce temps-l&#224;, les ann&#233;es de r&#233;cession se sont r&#233;p&#233;t&#233;es, le ch&#244;mage a presque doubl&#233; (autour de 11 %), frappant &#224; des taux effarants les plus jeunes, les plus vieux, les femmes et les travailleurs du sud du pays. En vingt ans, le salaire moyen a augment&#233; de&#8230; 23 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le M5S a un temps pr&#233;tendu vouloir limiter le d&#233;sastre social. Mais d&#232;s la formation du gouvernement Lega-M5S (juin 2018-septembre 2019), le commissaire europ&#233;en au Budget avait annonc&#233; la couleur : &#171; &lt;i&gt;Les march&#233;s apprendront aux &#233;lecteurs italiens &#224; ne pas voter pour les partis populistes.&lt;/i&gt; &#187; Le bras de fer budg&#233;taire qui a r&#233;cemment fait plier la nouvelle coalition PD-M5S face aux exigences de la Commission europ&#233;enne rejoue, &#224; peine diff&#233;remment, la s&#233;quence hallucinante de 2011 au cours de laquelle Berlusconi avait, sur injonction de l'Union europ&#233;enne, d&#233;missionn&#233; au profit de Mario Monti, l'homme de paille de Goldman Sachs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ascension de Salvini exprime donc aussi ce ph&#233;nom&#232;ne morbide qui gangr&#232;ne aujourd'hui la plupart des syst&#232;mes politiques : la d&#233;mocratie italienne n'a plus d'objet. Elle n'intervient plus sur les conditions de vie des gens &#8211; sauf pour les d&#233;grader encore.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les menottes de Minniti&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour servir la soupe ultralib&#233;rale, Salvini n'est pas en reste : alors que 132 milliards d'euros ont disparu dans l'&#233;vasion fiscale, le leader de la Lega promet une &lt;i&gt;flat tax&lt;/i&gt; favorable au capital. Et s'il a su man&#339;uvrer pour exploiter les r&#233;actions &#171; anti-syst&#232;me &#187; d'une partie grandissante de l'opinion italienne, Salvini a surtout profit&#233; d'un terreau raciste d&#233;j&#224; fertilis&#233;&#8230; par le syst&#232;me lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;crets &lt;i&gt;Sicurezza&lt;/i&gt; I et II, qui pr&#233;carisent les conditions de vie des migrants, prolongent le d&#233;cret Minniti-Orlando vot&#233; en avril 2017 sous le gouvernement Gentiloni &#8211; &#224; dominante centre gauche. Au pr&#233;texte de d&#233;sengorger les tribunaux pr&#233;tendument d&#233;bord&#233;s par les proc&#233;dures d'asile en appel, ce d&#233;cret a s&#233;v&#232;rement mutil&#233; les droits des personnes &#233;trang&#232;res : limitation du droit de recours pour demande d'asile refus&#233;e, abolition de l'audience par visioconf&#233;rence avec le juge, augmentation du nombre de centres d'identification et d'expulsion (CIE), introduction du travail &#171; b&#233;n&#233;vole &#187; pour les migrants, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;cret &#233;tait assorti du &#171; Code de conduite Minniti &#187;, que devaient signer toutes les ONG portant secours aux exil&#233;s dans les eaux territoriales italiennes. &#192; travers diverses obligations (chaque bateau est ainsi somm&#233; d'emporter des flics &#224; son bord), ce code vise &#224; entraver les op&#233;rations en mer. Les ONG ont refus&#233; en bloc de le signer, car il contrevenait ouvertement aux principes de l'aide humanitaire. Les accords avec la Libye sign&#233;s par ce m&#234;me Marco Minniti (ministre de l'Int&#233;rieur du PD) &#224; l'&#233;t&#233; 2017 sont un autre coup violent port&#233; aux exil&#233;s : les d&#233;parts se rar&#233;fient et les bateaux humanitaires sont de plus en plus la cible des garde-c&#244;tes libyens.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Salvini, vidi , vici&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deux ans plus tard, les deux d&#233;crets &#171; S&#251;ret&#233; &#187; de Salvini poursuivent donc le travail de criminalisation des ONG. Avec pour cons&#233;quence directe, l'augmentation du taux de mortalit&#233; durant la travers&#233;e : d'apr&#232;s le chercheur Matteo Villa, ce taux a augment&#233; de 20 % sur la p&#233;riode. Moins de d&#233;parts ne signifient pas forc&#233;ment moins de morts &#8211; juste des routes moins s&#251;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui parviennent &#224; franchir les murs de la forteresse Europe, la situation est &#233;galement aggrav&#233;e par ces nouvelles lois. Ces d&#233;crets ont aboli les permis de s&#233;jour pour raison humanitaire. D'ailleurs, le mot &#171; humanitaire &#187; a &#233;t&#233; retir&#233; de toutes les lois concernant l'immigration. D'apr&#232;s le Centre d'&#233;tudes et de recherche sur les migrations, le nombre d'&#233;trangers en situation irr&#233;guli&#232;re pourrait ainsi passer de 530 000 en 2019 &#224; 670 000 en 2020. Parmi celles qui en font les frais : les femmes nig&#233;rianes victimes de traite et de prostitution forc&#233;e, dont le statut particulier n'est plus reconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La restriction des droits s'accompagne de coupes substantielles dans les budgets et du d&#233;mant&#232;lement des structures d'accueil existantes. Les Sprar&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sistema di protezione per richiedenti asilo e rifugiati : syst&#232;me de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; sont des centres g&#233;r&#233;s par les communes, souvent &#224; taille humaine, o&#249; les personnes restent en moyenne six mois. Ils seront remplac&#233;s par des Cas (centres d'accueil extraordinaire) plus grands, dans lesquels la dur&#233;e du s&#233;jour est de l'ordre d'un an et demi et o&#249; aucune formation linguistique ni professionnelle n'est pr&#233;vue. Baisse du co&#251;t journalier de la prise en charge, mais augmentation de la dur&#233;e : l'accueil co&#251;tera plus cher tout en &#233;tant de moins bonne qualit&#233;. D'apr&#232;s l'association des maires italiens, on passera de 6 300 &#8364; par migrant dans l'ancien syst&#232;me &#224; 14 000 &#8364; dans le nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre cons&#233;quence des d&#233;crets Sicurezza : un demandeur d'asile ne peut plus avoir acc&#232;s au syst&#232;me de soins &#8211; ce qui, au-del&#224; de la question morale, n'est pas sans poser des probl&#232;mes de sant&#233; publique. Effet moins quantifiable, mais ind&#233;niable : l'augmentation d'un climat raciste, sexiste et homophobe dans le pays, o&#249; les agressions se multiplient. Cela va de pair avec un changement de regard sur les ONG ou sur les travailleurs sociaux, aujourd'hui consid&#233;r&#233;s avec m&#233;fiance et hostilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ectoplasmes antifascistes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;part de Salvini du gouvernement n'a pas modifi&#233; la donne. En octobre dernier, Luigi Di Maio (chef du M5S et actuel ministre des Affaires &#233;trang&#232;res) a pr&#233;sent&#233; son d&#233;cret Rapatriement, qui promet d'acc&#233;l&#233;rer l'expulsion des personnes sans papiers. Tout cela ferait presque oublier que l'&#233;conomie italienne a besoin des migrants, en particulier dans l'agriculture, o&#249; l'on estime qu'ils repr&#233;sentent environ un quart de la main-d'&#339;uvre. Mais c'est en situation irr&#233;guli&#232;re que ces travailleurs sont encore plus corv&#233;ables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bal des faux-culs, les adversaires politiques ne se posent plus en &lt;i&gt;opposants&lt;/i&gt;, mais en concurrents qui se disputent un m&#234;me march&#233; &#233;lectoral, o&#249; la chasse aux migrants va de soi. Depuis le 14 novembre dernier, un mouvement d'occupation des places &#171; contre Salvini &#187; a certes pris forme depuis Bologne &#8211; les &lt;i&gt;Sardine&lt;/i&gt;. En ligne de mire : la crainte que l'&#201;milie-Romagne, province historiquement &#224; &#171; gauche &#187;, ne bascule entre les mains de la Lega aux &#233;lections r&#233;gionales de janvier 2020. Mais la colonne vert&#233;brale de ce mouvement pose d&#233;j&#224; question. Le discours de l'un de ses instigateurs, Mattia Santori, noie son anti-salvinisme dans un apolitisme bon teint. Certains s'interrogent : ne revit-on pas une forme plus polic&#233;e des rassemblements du M5S ? Et surtout, Santori ne conduit-il pas la voiture-balai du candidat du PD sortant, Stefano Bonaccini ? Celui-l&#224; m&#234;me qui se gargarisait l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente des politiques de Minniti, qui auraient fait chuter le nombre d'arriv&#233;es de migrants. Questionn&#233; r&#233;cemment sur la possibilit&#233; d'&#233;tablir le droit du sol pour les enfants n&#233;s en Italie de parents &#233;trangers, il avait bott&#233; en touche : &#171; &lt;i&gt;Les deux priorit&#233;s actuelles sont : un plan de pr&#233;vention majeur contre l'instabilit&#233; hydrog&#233;ologique et la modification de la taxe plastique. &#192; mon avis, nous avons besoin de nous concentrer sur d'autres questions que le&lt;/i&gt; [droit du sol]. &#187; M&#233;fiance donc pour les&lt;i&gt; Sardines&lt;/i&gt; : &#224; se focaliser sur un barrage, on risquerait de se transformer en castor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dynamiques d'opposition sont peut-&#234;tre &#224; chercher du c&#244;t&#233; des luttes syndicales de nombreux travailleurs migrants, qu'ils soient ouvriers agricoles, employ&#233;s dans la logistique ou auxiliaires de vie. Soutenus par diff&#233;rents syndicats (CGIL, USB et Si Cobas), ils portent des revendications claires de d&#233;fense des droits des personnes et des travailleurs. R&#233;cemment, une couverture de l'hebdomadaire de gauche &lt;i&gt;L'Espresso&lt;/i&gt; mettait en vis-&#224;-vis une photo de Salvini et celle du syndicaliste italo-ivoirien Aboubakar Soumahoro. Avec cette question : &#171; &lt;i&gt;De quel c&#244;t&#233; &#234;tes-vous ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Causse &amp; Rafa&#235;l Snoriguzzi&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Avant, je d&#233;fendais les personnes en invoquant le droit, &#224; pr&#233;sent je compte sur des erreurs administratives. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;G&lt;/petitelettrine&gt;iovanni Annaloro est avocat. Il travaille, en particulier, avec I Girasoli, une coop&#233;rative situ&#233;e en Sicile qui fait partie du Sprar. On y pratique un accueil qui ne se limite pas au g&#238;te et au couvert, mais qui est un accompagnement dans une nouvelle vie. I Girasoli, ce sont plusieurs centres en Sicile, souvent dans des petites communes perdues, auxquelles les nouveaux arrivants redonnent vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Giovanni, on assiste ces derni&#232;res ann&#233;es &#224; une destruction syst&#233;matique du droit des &#233;trangers, mais pas seulement : &#171; &lt;i&gt;On s'est mis &#224; d&#233;truire tout ce qu'il y avait de bon&lt;/i&gt; [dans le droit],&lt;i&gt; afin de rendre impossible le syst&#232;me d'accueil et rendre la vie dure aux personnes qui devraient s'y ins&#233;rer. C'est tr&#232;s difficile de travailler dans ce contexte, car on n'a plus les instruments l&#233;gaux pour prot&#233;ger ces personnes. Les avocats se retrouvent contraints de chercher des vices de proc&#233;dure. Avant, je d&#233;fendais les personnes en invoquant le droit, &#224; pr&#233;sent je compte sur des erreurs administratives. Dans une affaire que je plaidais r&#233;cemment, nous n'avons pas gagn&#233; sur des bases du droit de l'&#233;tranger &#224; rester, mais en raison d'une erreur de la pr&#233;fecture. Alors certes, on a remport&#233; une victoire, mais c'est une d&#233;faite du droit. Et la prochaine fois, le pr&#233;fet fera sans doute plus attention.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Salvini est mort politiquement il y a quelques mois, et rien n'a chang&#233;. Le nouveau gouvernement n'a pas retir&#233; ses d&#233;crets. Ils lui ont fait faire le sale boulot. La ministre de l'Int&#233;rieur, Luciana Lamorgese, a renouvel&#233; les accords avec la Libye. Alors je crois qu'on a besoin de manifestations importantes, parce qu'aujourd'hui on s'attaque au migrant, demain &#224; l'ouvrier de l'ILVA&lt;/i&gt; [site sid&#233;rurgique menac&#233; de rachat par Arcelor Mittal] &lt;i&gt;&#8211; et apr&#232;s-demain, &#224; qui le tour&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Malheureusement la tendance est continentale, comme le montre le r&#233;cent jugement de la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme, qui assure que tout va bien dans les &lt;/i&gt;hot spots&lt;i&gt; grecs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Sistema di protezione per richiedenti asilo e rifugiati&lt;/i&gt; : syst&#232;me de protection pour les demandeurs d'asile et r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les pentes contre Bouygues</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Les-pentes-contre-Bouygues</link>
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		<dc:creator>Marie Causse</dc:creator>


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		<dc:subject>Diderot</dc:subject>
		<dc:subject>Lemot</dc:subject>
		<dc:subject>page Facebook</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Face &#224; un projet d'immeubles de standing, des habitants du quartier de la Croix-Rousse tentent de s'organiser contre une gentrification d&#233;j&#224; en marche. Aper&#231;u express. En mai 2019, des habitants des pentes de la Croix-Rousse ont vu appara&#238;tre un permis de construire sur des maisons historiques du quartier, &#224; l'angle des rues Lemot et Diderot : Bouygues souhaite y b&#226;tir quatre immeubles de standing &#224; 10 000 &#8364; le m2. Aussit&#244;t, un collectif se cr&#233;e : &#171; Les Pentes contre Bouygues &#187; rassemble (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no182-decembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;182 (d&#233;cembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/collectif" rel="tag"&gt;collectif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; un projet d'immeubles de standing, des habitants du quartier de la Croix-Rousse tentent de s'organiser contre une gentrification d&#233;j&#224; en marche. Aper&#231;u express.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n mai 2019, des habitants des pentes de la Croix-Rousse ont vu appara&#238;tre un permis de construire sur des maisons historiques du quartier, &#224; l'angle des rues Lemot et Diderot : Bouygues souhaite y b&#226;tir quatre immeubles de standing &#224; 10 000 &#8364; le m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;. Aussit&#244;t, un collectif se cr&#233;e : &#171; Les Pentes contre Bouygues &#187; rassemble des habitants du coin qui ne veulent pas de cette r&#233;sidence inaccessible aux Croix-Roussiens, et qui comptent bien, en r&#233;sistant &#224; Bouygues, emp&#234;cher d'autres projets en gestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'ils ont une page Facebook&lt;/strong&gt; et un site Internet, les membres du collectif pr&#233;f&#232;rent se faire conna&#238;tre par tractage et affichage ou en organisant des f&#234;tes et des repas de quartier pour se rencontrer, &#233;changer et s'informer sur les moyens de r&#233;sister &#224; la gentrification et &#224; la touristification des pentes de la Croix-Rousse. Le processus est lanc&#233; depuis un moment et le quartier n'est d&#233;j&#224; plus vraiment populaire, mais ces derni&#232;res ann&#233;es, tout s'acc&#233;l&#232;re de fa&#231;on brutale, avec le soutien de la mairie centrale. L'&#233;cole des Beaux-Arts pourrait devenir une r&#233;sidence de luxe, le fort Saint-Laurent un h&#244;tel 5 &#233;toiles. Le coll&#232;ge Maurice-Sc&#232;ve, o&#249; des centaines de jeunes migrants ont trouv&#233; refuge, a lui aussi &#233;t&#233; vendu ; la parcelle du Bon Pasteur et l'&#233;glise Saint-Bernard sont &#233;galement au c&#339;ur de projets immobiliers. Les promoteurs s'acharnent sur un p&#233;rim&#232;tre de 300 m&#232;tres pour le rendre plus lisse et plus &#171; attractif &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Huit membres du collectif&lt;/strong&gt; se sont lanc&#233;s dans une bataille l&#233;gale et ont d&#233;pos&#233; un recours gracieux contre le projet de Bouygues aupr&#232;s de la mairie centrale, qui l'a refus&#233;. Un de leurs prochains objectifs est de monter une association d'int&#233;r&#234;t public qui puisse aller devant la justice si de nouveaux projets voyaient le jour dans le quartier. Il s'agit d'entrer dans une proc&#233;dure de contentieux au tribunal administratif. Ce contentieux &#233;tant suspensif, il pourrait emp&#234;cher les travaux de d&#233;buter pendant environ un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le collectif met en avant les risques&lt;/strong&gt; &#224; mener des travaux de cette nature pour les immeubles anciens alentour et compte sur certains vices de forme dans une zone class&#233;e au patrimoine mondial de l'Unesco pour faire annuler ce projet&#8230; mais aussi les autres : faire reculer Bouygues, le mastodonte de l'immobilier, serait un signal fort envoy&#233; aux autres promoteurs.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Causse&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus d'informations sur la &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Les-Pentes-contre-Bouygues-463961201114319/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;page Facebook&lt;/a&gt; du collectif et sur le site &lt;a href=&#034;https://www.alternet.info/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alternet.info&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Askavusa : un contre-r&#233;cit de la fronti&#232;re</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Askavusa-un-contre-recit-de-la</link>
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		<dc:date>2019-09-20T22:42:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Causse</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
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		<dc:subject>Askavusa</dc:subject>
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		<dc:subject>l'&#238;le</dc:subject>
		<dc:subject>membres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sur le port de Lampedusa se trouve un mus&#233;e particulier o&#249; l'on expose ce que certains voudraient cacher. Il s'appelle Porto M. M comme Migration, mais aussi comme M&#233;diterran&#233;e, M&#233;moire, ou Militarisation. Sa fa&#231;ade est color&#233;e, invitante. On s'approche et on d&#233;couvre qu'elle est faite d'&#233;paves de barques &#224; bord desquelles des hommes et des femmes ont voyag&#233;. Tous ne sont pas arriv&#233;s jusqu'&#224; l'&#238;le. &#192; l'int&#233;rieur, d'autres objets intimes, quotidiens, triviaux ou sacr&#233;s : jeans aux boutons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/collectif" rel="tag"&gt;collectif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/objets" rel="tag"&gt;objets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/discours" rel="tag"&gt;discours&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/membres" rel="tag"&gt;membres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur le port de Lampedusa se trouve un mus&#233;e particulier o&#249; l'on expose ce que certains voudraient cacher. Il s'appelle Porto M. M comme Migration, mais aussi comme M&#233;diterran&#233;e, M&#233;moire, ou Militarisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3076 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH373/-1310-6e75f.jpg?1779668669' width='500' height='373' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;a fa&#231;ade est color&#233;e, invitante. On s'approche et on d&#233;couvre qu'elle est faite d'&#233;paves de barques &#224; bord desquelles des hommes et des femmes ont voyag&#233;. Tous ne sont pas arriv&#233;s jusqu'&#224; l'&#238;le. &#192; l'int&#233;rieur, d'autres objets intimes, quotidiens, triviaux ou sacr&#233;s : jeans aux boutons rouill&#233;s, djellabas, casseroles, bo&#238;tes de conserve, biberons, produits d'hygi&#232;ne, m&#233;dicaments, couvertures de survie, gilets de sauvetage, chaussures, bibles et corans. La grotte qui abrite ce minuscule mus&#233;e a d'abord &#233;t&#233; un atelier de r&#233;paration de bateaux et de filets, puis un bar. Depuis janvier 2015 elle accueille le collectif Askavusa et les objets que ses membres ont ramass&#233;s depuis 2009 dans la d&#233;charge o&#249; &#233;taient entass&#233;es les embarcations des migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces objets &lt;/strong&gt;ne sont pas l&#224; pour susciter la piti&#233;, ils sont une partie d'un contre-r&#233;cit de la fronti&#232;re que propose Askavusa et qui invite &#224; consid&#233;rer les personnes migrantes non comme un tout, mais comme autant d'individus. Surtout, il nous invite &#224; penser les migrations dans un contexte plus large que la simple question de l'accueil, sans faire l'impasse sur le contexte g&#233;opolitique, le capitalisme et le n&#233;o-colonialisme. Le projet est toujours en &#233;volution : au d&#233;but, des lettres et des photos avaient &#233;galement &#233;t&#233; expos&#233;es, mais suite &#224; des discussions et des d&#233;bats, ces objets tr&#232;s personnels ont &#233;t&#233; retir&#233;s de l'exposition et sont aujourd'hui simplement conserv&#233;s par Askavusa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce collectif &lt;/strong&gt;est n&#233; en 2009, quand le projet de cr&#233;ation d'un CIE&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Centro di identificazione e di espulsione, l'&#233;quivalent des Centres de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;de 10 000 places &#224; Lampedusa avait provoqu&#233; la col&#232;re des habitants, beaucoup craignant ses cons&#233;quences pour le tourisme. Les membres du collectif Askavusa, eux, s'opposaient &#224; la cr&#233;ation du centre en tant que lieu de r&#233;tention, et militaient pour la libre circulation des personnes. Tr&#232;s vite, la n&#233;cessit&#233; d'une vue plus large et politique sur la question migratoire s'est fait sentir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Car Lampedusa, &lt;/strong&gt;avec ses 20 km&#178; et ses 6 000 habitants, sert de d&#233;cor &#224; une mise en sc&#232;ne m&#233;diatique visant &#224; justifier des politiques de militarisation et de d&#233;fense des fronti&#232;res. En 2011, 10 000 Tunisiens ont &#233;t&#233; retenus sur l'&#238;le pendant trois mois, cr&#233;ant une tr&#232;s grande tension. Berlusconi d&#233;clara qu'il allait &#171; &lt;i&gt;lib&#233;rer &#187;&lt;/i&gt; Lampedusa. Quelques jours plus tard, les migrants &#233;taient &#233;vacu&#233;s. Les images tourn&#233;es alors servirent &#224; diffuser dans les m&#233;dias l'id&#233;e d'une Europe &#171; &lt;i&gt;envahie &#187;&lt;/i&gt;. Peu de temps apr&#232;s, le budget de Frontex &#233;tait augment&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2013, &lt;/strong&gt;changement de cap avec la visite du pape Fran&#231;ois : les mots d'ordre &#224; pr&#233;sent sont accueil et humanit&#233;. Des VIP d&#233;filent sur l'&#238;le, jusqu'&#224; Richard Gere, qui affirme avoir partag&#233; un d&#233;licieux repas avec les migrants dans le &lt;i&gt;hotspot&lt;/i&gt;. On pense aussi au film &lt;i&gt;Fuocoammare &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fuocoammare, par-del&#224; Lampedusa est un film de Gianfranco Rosi, sorti en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;qui montre un centre relativement propre, o&#249; se disputent des parties de football. On sait pourtant que loin des cam&#233;ras, la r&#233;alit&#233; est tout autre : les conditions d'hygi&#232;ne sont d&#233;plorables, la nourriture de tr&#232;s mauvaise qualit&#233;, le centre souvent surpeupl&#233;. Askavusa a mis en ligne des vid&#233;os permettant de voir cette r&#233;alit&#233;-l&#224;, moins glamour que le discours officiel. Le CIE actuel dispose de 240 places, mais la plupart du temps, au moins 500 personnes y sont d&#233;tenues. D&#233;tenues, oui, car th&#233;oriquement, elles ne doivent pas en sortir. Elles devraient aussi n'y rester que quelques jours puis poursuivre leur voyage. En r&#233;alit&#233;, leur permanence se compte en semaines, voire en mois. D&#233;tenir autant de personnes dans un lieu inadapt&#233; pendant si longtemps pourrait cr&#233;er les conditions d'une r&#233;bellion. Mais un trou dans le grillage fait office de soupape de s&#233;curit&#233; : en &#233;t&#233;, pour ne pas trop heurter les touristes qui viennent profiter des plages, on le referme plus ou moins, on le surveille. Le reste de l'ann&#233;e, on ferme les yeux sur les sorties. Bien s&#251;r, on ne peut que se r&#233;jouir de cette possibilit&#233; pour les personnes migrantes de s'&#233;vader pour quelques heures, mais on note l'hypocrisie et l'arbitraire de la m&#233;thode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si le discours &lt;/strong&gt;a chang&#233;, son but reste le m&#234;me : augmenter le budget de la d&#233;fense. Les images des corps sur le d&#233;barcad&#232;re apr&#232;s le naufrage du 3 octobre 2013 ont permis de lancer Eurosur, syst&#232;me de surveillance qui b&#233;n&#233;ficie d'un budget de 224 millions d'euros pour 2014-2020. Le discours humanitaire est utilis&#233; pour justifier cette course &#224; l'armement. La militarisation est partout visible &#224; Lampedusa : bateaux et h&#233;licopt&#232;res mais surtout six radars, &#224; disposition des diff&#233;rents corps &#8211; de l'a&#233;ronautique militaire &#224; la marine, en passant par les douanes. Askavusa est tr&#232;s mobilis&#233; sur cette question et alerte sur les dangers pour la population et l'environnement. La plupart de ces radars sont situ&#233;s en plein coeur de la r&#233;serve naturelle de l'&#238;le, ce qui perturbe les nombreux oiseaux migrateurs qui y font &#233;tape. &#192; seulement 20 m de la route se trouve un radar dont l'arm&#233;e poss&#232;de 11 mod&#232;les. Sa dangerosit&#233; a &#233;t&#233; prouv&#233;e et il a, depuis, &#233;t&#233; retir&#233; de Sicile et de Sardaigne. Mais &#224; Lampedusa, il fonctionne encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Benetton &lt;/strong&gt;a tent&#233; de s'associer au projet. Mais le vendeur de pulls n'avait pas sa place &#224; Porto M : Askavusa ne souhaitait pas &#234;tre utilis&#233; pour redorer le blason d'une entreprise qui exploite sans vergogne les travailleurs. Les membres du collectif pr&#233;f&#232;rent se d&#233;placer pour montrer les objets de leur mus&#233;e dans des espaces publics pour informer, d&#233;cortiquer le discours m&#233;diatique et rappeler les raisons qui poussent des milliers de personnes &#224; l'exil. Quelle est donc la place de ces objets expos&#233;s volontairement sans didascalie dans ce contre-r&#233;cit ? Ils t&#233;moignent, sans mots, des individualit&#233;s, du caract&#232;re unique de chaque histoire. Le collectif revendique un parcours encore en mouvement : &#171; &lt;i&gt;Nous cherchons simplement la route qui nous a men&#233;s &#224; cette d&#233;charge. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Causse&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Centro di identificazione e di espulsione&lt;/i&gt;, l'&#233;quivalent des Centres de r&#233;tention administrative).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Fuocoammare, par-del&#224; Lampedusa &lt;/i&gt;est un film de Gianfranco Rosi, sorti en salle en septembre dernier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les histoires d'amiante finissent mal</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Les-histoires-d-amiante-finissent</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Les-histoires-d-amiante-finissent</guid>
		<dc:date>2019-09-01T16:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Causse</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>fils</dc:subject>
		<dc:subject>Renato tandis</dc:subject>
		<dc:subject>d'ouvrier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec Amianto, une histoire ouvri&#232;re , Alberto Prunetti fait revivre son p&#232;re, Renato, ouvrier mort de l'amiante, et rend hommage aux travailleurs, chair &#224; usine de l'Italie du miracle &#233;conomique. Le plus surprenant, c'est qu'il parvient &#224; le faire avec tendresse et humour. Dans la Toscane des ann&#233;es 1970, Renato a une vingtaine d'ann&#233;es. D&#232;s les premi&#232;res pages du livre, apparaissent des photos de ce beau gar&#231;on, solide gaillard aux &#233;paules &#233;largies par le travail commenc&#233; &#224; l'&#226;ge de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no175-avril-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;175 (avril 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pere" rel="tag"&gt;p&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Renato" rel="tag"&gt;Renato&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Alberto" rel="tag"&gt;Alberto&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/fils-d-ouvrier" rel="tag"&gt;fils d'ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/fils" rel="tag"&gt;fils&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Renato-tandis" rel="tag"&gt;Renato tandis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-ouvrier" rel="tag"&gt;d'ouvrier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec &lt;i&gt;Amianto, une histoire ouvri&#232;re&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Amianto, une histoire ouvri&#232;re, d'Alberto Prunetti, a &#233;t&#233; traduit de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Alberto Prunetti fait revivre son p&#232;re, Renato, ouvrier mort de l'amiante, et rend hommage aux travailleurs, chair &#224; usine de l'Italie du miracle &#233;conomique. Le plus surprenant, c'est qu'il parvient &#224; le faire avec tendresse et humour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2976 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH263/-1215-9a07f.jpg?1779602995' width='150' height='263' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;ans la Toscane des ann&#233;es 1970, Renato a une vingtaine d'ann&#233;es. D&#232;s les premi&#232;res pages du livre, apparaissent des photos de ce beau gar&#231;on, solide gaillard aux &#233;paules &#233;largies par le travail commenc&#233; &#224; l'&#226;ge de quatorze ans. C'est un jeune p&#232;re qui ne m&#233;nage pas sa peine pour subvenir aux besoins de sa famille. C'est le h&#233;ros du petit Alberto. Et pas n'importe quel h&#233;ros : un&lt;i&gt; working class hero&lt;/i&gt;, comme dans la chanson. En guise de cape, une b&#226;che gris sale le prot&#232;ge des &#233;tincelles quand il soude &#224; quelques centim&#232;tres d'une cuve de p&#233;trole. Elle est taill&#233;e dans une mati&#232;re l&#233;g&#232;re qui r&#233;siste aux tr&#232;s hautes temp&#233;ratures : l'amiante. Ce que Renato ne sait pas, ce que personne ne sait alors, c'est que cette b&#226;che cens&#233;e le prot&#233;ger le tue d&#233;j&#224; &#224; petit feu. &#171; &lt;i&gt;Une seule fibre d'amiante et dans vingt ans vous &#234;tes mort.&lt;/i&gt; &#187; Et puis il y a tous les autres poisons qui s'infiltrent dans le corps de Renato tandis qu'il accomplit ce travail dont il est si fier : l'essence, le plomb, le titane d&#233;truisent lentement son organisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est une histoire d'h&#233;ritage,&lt;/strong&gt; mais pas de ceux qui se r&#232;glent chez le notaire. Ce qu'Alberto Prunetti re&#231;oit, c'est un statut, presque un titre de noblesse : &#171; fils d'ouvrier &#187;. Soudeur, tuyauteur, m&#233;tallurgiste, Renato est un ouvrier qualifi&#233; toujours en d&#233;placement, dont les comp&#233;tences sont recherch&#233;es et pay&#233;es, croit-il alors, &#224; leur juste valeur : il peut mettre sa famille &#224; l'abri du besoin, devenir propri&#233;taire de sa maison. Il rentre chez lui un week-end sur deux, le sac plein de v&#234;tements &#224; laver et repart presque aussit&#244;t gagner sa cro&#251;te dans une autre usine ou une raffinerie &#224; l'autre bout du pays. &#202;tre un fils d'ouvrier, pour Alberto comme pour ses camarades de classe, &#231;a n'a rien de honteux. Mieux vaut &#234;tre fils d'ouvrier que fils de bourgeois : malheureux gosses de riches soumis &#224; mille conventions sociales, emp&#234;ch&#233;s de jouer dehors et toujours perdants au foot. C'est cet enfant qui, p&#233;tri d'admiration, parle de Renato et de ses exploits, des westerns spaghettis du soir, des bagarres et des matchs de foot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et un autre Alberto corrige la copie. &lt;/strong&gt;Celui-l&#224; n'est plus un enfant et il a compris qu'il appartient &#224; la classe de ceux qui se tuent &#224; la t&#226;che, ceux dont la sant&#233; ne vaut rien ou pas grand-chose. Il n'est pas toujours d'accord avec son p&#232;re, il n'adh&#232;re pas &#224; l'id&#233;ologie du travail comme valeur absolue. Comment le pourrait-il, apr&#232;s avoir vu son p&#232;re et ses coll&#232;gues d&#233;j&#224; ab&#238;m&#233;s &#224; 40 ans, morts avant 60 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La trag&#233;die,&lt;/strong&gt; que des histoires de rots sonores et de matchs de foot avaient chass&#233;e pendant un temps, revient, plus dure, plus crue. Plus grande aussi : l'histoire de Renato, c'est celle de l'Italie du boom &#233;conomique et de la crise qui lui succ&#232;de dans les ann&#233;es 1980. Ce sont les contrats de travail pr&#233;caires, les ouvriers d&#233;j&#224; pouss&#233;s &#224; l'auto-entrepreneuriat &#8211; comme s'il ne suffisait plus d'&#234;tre exploit&#233; par un patron mais qu'il fallait d&#233;sormais s'exploiter soi-m&#234;me. C'est la fin d'un certain bien-&#234;tre mat&#233;riel pour compenser les sacrifices. La fin aussi de l'espoir d'une vie meilleure pour ses enfants, une vie o&#249; l'on ne se ruine pas la sant&#233; &#224; l'usine. Alberto raconte le combat pour faire reconna&#238;tre la maladie professionnelle de son p&#232;re. L'histoire de Renato, c'est celle de tous les ouvriers dont les vies valent moins que les profits des patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et raconter cette histoire&lt;/strong&gt; sans rien oublier de sa force et de sa douceur, de l'amour filial et de la fiert&#233;, des injustices subies, c'est sans doute une compensation bien plus grande que la mis&#233;rable somme &#171; r&#233;paratrice &#187; donn&#233;e &#224; la veuve comme une aum&#244;ne.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Causse&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Amianto, une histoire ouvri&#232;re&lt;/i&gt;, d'Alberto Prunetti, a &#233;t&#233; traduit de l'italien par Serge Quadruppani et publi&#233; chez Agone (2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La r&#233;volte des sans-gants</title>
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		<dc:creator>Marie Causse</dc:creator>


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&lt;p&gt;Dans la m&#233;tropole lyonnaise, un conflit de plusieurs semaines vient d'opposer les &#233;boueurs &#224; leurs patrons du public et du priv&#233;. Retour sur une gr&#232;ve en deux temps, qui &#233;claire sur les cons&#233;quences n&#233;fastes des d&#233;l&#233;gations de service public. En mars 2012, les &#233;boueurs employ&#233;s du public se sont mis en gr&#232;ve quand la M&#233;tropole a attribu&#233; le ramassage des ordures de Lyon et Villeurbanne &#224; deux soci&#233;t&#233;s priv&#233;es : Sita et Pizzorno. Les travailleurs craignaient pour leurs conditions de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no176-mai-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;176 (mai 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la m&#233;tropole lyonnaise, un conflit de plusieurs semaines vient d'opposer les &#233;boueurs &#224; leurs patrons du public et du priv&#233;. Retour sur une gr&#232;ve en deux temps, qui &#233;claire sur les cons&#233;quences n&#233;fastes des d&#233;l&#233;gations de service public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n mars 2012, les &#233;boueurs employ&#233;s du public se sont mis en gr&#232;ve quand la M&#233;tropole a attribu&#233; le ramassage des ordures de Lyon et Villeurbanne &#224; deux soci&#233;t&#233;s priv&#233;es : Sita et Pizzorno. Les travailleurs craignaient pour leurs conditions de travail car, comme le souhaitait le maire G&#233;rard Collomb, la d&#233;l&#233;gation partielle de service public devait pousser la r&#233;gie et le priv&#233; &#224; &#171; &lt;i&gt;se challenger mutuellement&lt;/i&gt; &#187;. Mais en fin de compte, cette redistribution a &#233;t&#233; plut&#244;t profitable aux employ&#233;s du public : les zones d&#233;l&#233;gu&#233;es &#233;taient les plus charg&#233;es et les plus p&#233;nibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017, les &#233;boueurs de la M&#233;tropole demandent de meilleures conditions de travail. Ils obtiennent deux samedis non travaill&#233;s sur trois. Mais pour compenser cela, la M&#233;tropole l&#226;che encore plus de communes : Vaulx-en-Velin, Bron et Tassin-la-Demi-Lune. Dans l'agglom&#233;ration, 57 % de la collecte sera effectu&#233;e par des entreprises priv&#233;es, r&#233;mun&#233;r&#233;es au poids de d&#233;chets collect&#233;s. Le groupe Pizzorno obtient la plus grosse part du g&#226;teau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour augmenter leurs marges, les op&#233;rateurs l&#233;sinent sur les effectifs. Les &#233;boueurs de Pizzorno doivent collecter jusqu'&#224; 28 tonnes par jour, contre 10 pour les agents de la M&#233;tropole, six jours sur sept, avec un mat&#233;riel d&#233;faillant, l'entreprise ne prenant pas m&#234;me la peine de leur fournir des gants. Les cadences sont difficilement tenables, car les d&#233;chets augmentent, comme la population, tandis que les effectifs baissent : on passe de huit &#224; quatre camions pour le 6e arrondissement. Les journ&#233;es s'allongent : &#171; &lt;i&gt;On finit parfois &#224; 17&lt;/i&gt; &lt;i&gt;h&lt;/i&gt; &#187;, confie un employ&#233;. Un ripeur (la personne &#224; l'arri&#232;re du camion) touche moins de 1 200 &#8364; net par mois ; un chauffeur moins de 1 400 &#8364;. Et gare &#224; ceux qui ne se laissent pas faire : pour son engagement, un d&#233;l&#233;gu&#233; syndical, chauffeur, s'est retrouv&#233; avec la mention &#171; ripeur &#187; sur sa fiche de paie, avec la baisse de salaire correspondante.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les casseurs de gr&#232;ve mis en &#233;chec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que s'est d&#233;roul&#233;e entre mars et avril une gr&#232;ve en deux temps. Ce sont d'abord les employ&#233;s de la M&#233;tropole qui se sont mis en gr&#232;ve le 19 mars. Le collectif comprenant &#233;boueurs, chauffeurs et encadrants revendique une augmentation de salaire et une am&#233;lioration des conditions de leur &#233;prouvant travail. Le 2 avril, alors que le conflit s'enlise, les salari&#233;s de Pizzorno rejoignent le mouvement. Soutenus par le syndicat Solidaires, ils r&#233;clament les m&#234;mes conditions de travail et le m&#234;me salaire que les employ&#233;s du public. La M&#233;tropole saisit le tribunal pour faire d&#233;bloquer les incin&#233;rateurs occup&#233;s par les gr&#233;vistes. Finalement, le 5 avril, un accord est trouv&#233; entre la M&#233;tropole et ses salari&#233;s, qui reprennent le travail. Mais Pizzorno refusant de n&#233;gocier, ses &#233;boueurs poursuivent la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression anti-syndicale ne tarde pas : Pizzorno fait appel &#224; la police pour d&#233;loger les gr&#233;vistes et leurs soutiens, et un huissier est mandat&#233; r&#233;guli&#232;rement sur le piquet de gr&#232;ve. Au m&#233;pris du droit de gr&#232;ve, Pizzorno envoie des int&#233;rimaires ou fait appel &#224; ses salari&#233;s d'autres villes. Le 11 avril, les &#233;boueurs sollicitent le soutien de David Kimelfed, pr&#233;sident de la M&#233;tropole (LREM). Cette derni&#232;re menace Pizzorno de sanctions si une solution n'est pas trouv&#233;e rapidement. Plut&#244;t que de s'asseoir &#224; la table des n&#233;gociations, l'entreprise assigne une dizaine de gr&#233;vistes devant le tribunal de grande instance. Le 18 avril, le tribunal donne raison aux gr&#233;vistes et Pizzorno est d&#233;bout&#233;. D&#233;go&#251;t&#233; aussi sans doute : il va bien falloir n&#233;gocier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir m&#234;me, les repr&#233;sentants des gr&#233;vistes annoncent qu'un accord a &#233;t&#233; trouv&#233; et que la reprise du travail est imminente. L'augmentation de salaire obtenue n'est pas &#224; la hauteur des revendications (65 &#8364; brut au lieu de 300), mais des am&#233;liorations notables ont &#233;t&#233; obtenues sur les conditions de travail (notamment des gants de m&#234;me qualit&#233; que ceux de la M&#233;tropole), ainsi que six jours de gr&#232;ve pay&#233;s. Pizzorno a fait pr&#233;ciser dans le protocole d'accord que ces mesures ne concernent que ses employ&#233;s de la r&#233;gion lyonnaise. Par peur de la contagion.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Causse&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Toscana Soude Syst&#232;me</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Toscana-Soude-Systeme</link>
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		<dc:date>2018-12-29T11:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Causse</dc:creator>


		<dc:subject>Alberto Prunetti</dc:subject>
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&lt;p&gt;Sur la c&#244;te toscane, d'&#233;tonnantes plages aux allures de Cara&#239;bes attirent chaque ann&#233;e des centaines d'estivants. Elles n'ont rien de naturel et sont le r&#233;sultat des rejets d'une usine chimique toute proche. Enqu&#234;te sur l'envers de la carte postale. *** C'est une longue plage blanche qui d&#233;tonne sur un littoral o&#249; le sable est gris. L'eau est d'un bleu azur, presque fluorescent : on dirait de l'encre de surligneur. Un petit paradis artificiel que l'on surnomme parfois &#171; la Miami des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no171-decembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;171 (d&#233;cembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Alberto-Prunetti" rel="tag"&gt;Alberto Prunetti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-eau" rel="tag"&gt;L'eau&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-usine" rel="tag"&gt;l'usine&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur la c&#244;te toscane, d'&#233;tonnantes plages aux allures de Cara&#239;bes attirent chaque ann&#233;e des centaines d'estivants. Elles n'ont rien de naturel et sont le r&#233;sultat des rejets d'une usine chimique toute proche. Enqu&#234;te sur l'envers de la carte postale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2713 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH335/-972-c7a3e.jpg?1780144627' width='500' height='335' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Alberto Prunetti
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est une longue plage blanche&lt;/strong&gt; qui d&#233;tonne sur un littoral o&#249; le sable est gris. L'eau est d'un bleu azur, presque fluorescent : on dirait de l'encre de surligneur. Un petit paradis artificiel que l'on surnomme parfois &#171; la Miami des pauvres &#187;. Quelques locaux dorent au soleil encore chaud de septembre, tandis que des touristes barbotent sans le savoir dans une eau souill&#233;e de cadmium, de plomb, de mercure et d'arsenic. &#192; l'arri&#232;re-plan, une usine de produits chimiques d&#233;verse ses rejets dans la mer via un canal d'&#233;vacuation, recouvrant la gr&#232;ve de carbonate de calcium d'un blanc &#233;clatant. Bienvenue &#224; Rosignano Solvay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis plus d'un si&#232;cle&lt;/strong&gt;, la Toscane vit de l'industrie. Et en meurt, lentement. La population paysanne est devenue ouvri&#232;re en quelques g&#233;n&#233;rations. Aujourd'hui, l'emploi s'y r&#233;partit &#224; parts &#233;gales entre agriculture, industrie et tourisme. Souvent, les trois sont profond&#233;ment imbriqu&#233;s. Mais peut-&#234;tre nulle part autant qu'&#224; Rosignano Solvay. &#192; 30 km de Livourne, la ville porte le nom de l'usine qui s'y est implant&#233;e au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, marquant durablement le territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ce d&#233;but septembre&lt;/strong&gt;, il fait encore assez chaud pour se baigner. Malgr&#233; les panneaux d'interdiction plant&#233;s pr&#232;s du &lt;i&gt;fosso bianco&lt;/i&gt;, le canal d'&#233;vacuation qui s&#233;pare la plage en deux, certains s'y risquent, d'ailleurs : des touristes que la pr&#233;sence de l'usine ne rebute pas. Un p&#232;re de famille hollandais, dont les enfants en bas &#226;ge pataugent dans le liquide blanch&#226;tre, affirme s'&#234;tre renseign&#233; avant de venir : l'usine produit du bicarbonate de soude, et le bicarbonate, ce n'est pas dangereux &#8211; il en met m&#234;me dans ses g&#226;teaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce n'est peut-&#234;tre pas un hasard&lt;/strong&gt; si les services de communication de l'industriel belge, leader mondial de la chimie dont le chiffre d'affaires global s'&#233;l&#232;ve &#224; 12 milliards d'euros, mettent en avant ce produit et l'image inoffensive qui y est g&#233;n&#233;ralement associ&#233;e. Et puis, tout ce blanc qui recouvre la plage, ce n'est que du carbonate de calcium &#8211; de la craie en somme. Mais la fabrication du bicarbonate, comme de tout d&#233;riv&#233; de la soude, n'est pas sans danger [&lt;i&gt;lire l'encadr&#233;&lt;/i&gt;]. Une usine comme celle de Rosignano a un impact &#224; deux niveaux : ce qu'elle prend au territoire et ce qu'elle y rejette, structurellement et accidentellement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Main basse sur les ressources&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Solvay jette son d&#233;volu&lt;/strong&gt; sur la Toscane au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, parce que s'y trouve un r&#233;seau de chemins de fer et de routes, mais surtout des mati&#232;res premi&#232;res en abondance : carri&#232;res de calcaire et mines de sel. Pour extraire ce sel, il faut de l'eau, beaucoup d'eau. Ce qui d&#233;clenche une forte mobilisation &#224; Cecina, o&#249; l'industriel pr&#233;voyait initialement de s'implanter : les agriculteurs font bloc pour emp&#234;cher l'arriv&#233;e de l'usine par crainte de la voir ass&#233;cher leurs terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La commune de Rosignano&lt;/strong&gt;, elle, se montre dispos&#233;e &#224; l'accueillir, offrant m&#234;me une exon&#233;ration de taxe contre la promesse d'embaucher au moins 30 personnes. En 1913, les travaux commencent, par la cr&#233;ation d'un haut fourneau pour fabriquer les briques n&#233;cessaires &#224; la construction de l'usine et de la petite ville qui accueillera ses employ&#233;s. Ici, tout est Solvay. La rue principale mais aussi le th&#233;&#226;tre, les deux &#233;coles, le stade, la gare et, ironie am&#232;re, l'ancien h&#244;pital. Autrefois appel&#233;e &#171; &lt;i&gt;Paese Nuovo&lt;/i&gt; &#187;, cette&lt;i&gt; frazione&lt;/i&gt; de Rosignano Marittimo prend en 1917 le nom de l'usine. Il y a des petits logements pour les ouvriers, des immeubles plus grands pour les employ&#233;s, plus spacieux encore pour les cadres et, surtout, le &#171; manoir &#187; du directeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'usine passe avant tout&lt;/strong&gt; et la r&#233;gion p&#226;tit de sa gourmandise en eau. La demande est all&#233;e croissant : d'apr&#232;s les d&#233;clarations de Solvay, on passe d'une consommation annuelle de 28 000 m&#179; dans les ann&#233;es 1920 &#224; plus de 14 millions en 1996. L'eau douce est pr&#233;lev&#233;e aux fleuves Cecina et Fine pour l'extraction du sel gemme &#224; Volterra. Cette saumure satur&#233;e est achemin&#233;e vers l'usine de Rosignano via des canalisations longues de plusieurs kilom&#232;tres, puis rejet&#233;e dans la mer. Le proc&#233;d&#233; Solvay requiert &#171; &lt;i&gt;une concentration d'environ 350 grammes de sel par litre&lt;/i&gt; &#187;, explique Giacomo Luppichini, ex-conseiller municipal de la ville (Rifondazione communista) et militant &#233;cologiste &#8211; une concentration bien sup&#233;rieure &#224; celle de l'eau de mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des mouvements citoyens&lt;/strong&gt; ont sugg&#233;r&#233; &#224; Solvay la cr&#233;ation d'un dessalinisateur, qui permettrait d'utiliser l'eau de mer. Mais l'industriel a fait savoir que le projet ne verrait pas le jour : trop cher. Pour Maurizio Marchi, membre de Medicina Democratica&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association de lutte pour la sant&#233; n&#233;e dans les ann&#233;es 1970.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, le probl&#232;me n'est pas le prix du dessalinisateur, mais le co&#251;t d&#233;risoire de l'eau : environ 7 centimes du m&#232;tre cube. Un beau cadeau &#224; l'industrie de la part de la collectivit&#233;, qui brade aussi ses mines de sel. La concession de Solvay pour leur exploitation est encore valable trente ans, mais d'ici l&#224; que restera-t-il &#224; en tirer ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2714 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH335/-973-34869.jpg?1780144627' width='500' height='335' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Alberto Prunetti
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Carbonate de calcium et m&#233;taux lourds&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et puis il y a ce que l'usine rejette&lt;/strong&gt;, &#224; commencer par le plus voyant : le carbonate de calcium d&#233;class&#233;. D'apr&#232;s l'Arpat&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agenzia regionale per la protezione ambientale della Toscana : agence (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, l'usine &#233;vacue 120 000 tonnes par an de mati&#232;res solides en suspension&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : rapport Arpat 2014.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, soit 13 millions de tonnes depuis sa cr&#233;ation. C'est ce qui a cr&#233;&#233; les fameuses &#171; plages blanches &#187;. Le sable n'a pas &#233;t&#233; blanchi par des produits chimiques, mais recouvert par ce s&#233;diment, &#233;touffant compl&#232;tement le littoral et causant la disparition d'un herbier de posidonies de M&#233;diterran&#233;e. Ces plantes marines constituent la base d'un &#233;cosyst&#232;me tr&#232;s riche o&#249; vit une importante faune aquatique. Elles sont aussi un formidable pi&#232;ge &#224; carbone et, enfin, leurs racines entrem&#234;l&#233;es luttent efficacement contre l'&#233;rosion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2003, un accord&lt;/strong&gt; pass&#233; entre Solvay et l'administration italienne pr&#233;voyait de limiter les &#233;missions de mati&#232;res solides en suspension &#224; 60 000 tonnes par an &#224; partir de 2008. Dix ans plus tard, la limite est largement d&#233;pass&#233;e : chaque ann&#233;e, les &#233;missions sont deux &#224; trois fois sup&#233;rieures &#224; ce qui &#233;tait pr&#233;vu par l'accord. En 2009, la soci&#233;t&#233; Solvay a fait savoir qu'elle &#233;tait dans l'impossibilit&#233; technique et &#233;conomique de le respecter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le carbonate de calcium&lt;/strong&gt; sert aussi de mat&#233;riau d'absorption de produits dangereux, dont les m&#233;taux lourds, que l'usine rejette en grande quantit&#233; dans la mer. Outre des d&#233;riv&#233;s de la soude, le complexe industriel produit du chlorure de calcium, du chlore, de l'acide chlorhydrique, du chlorom&#233;thane, des mati&#232;res plastiques, de l'eau oxyg&#233;n&#233;e et de l'&#233;lectricit&#233;. Tout cela implique l'utilisation et le rejet de divers produits polluants. Les chiffres communiqu&#233;s par Solvay donnent le vertige. En 2014, l'usine a recrach&#233; 52 kilos de mercure, 248 kilos de cadmium, 900 kilos de zinc, 2,67 tonnes d'arsenic, 2,4 tonnes de cuivre, 1,82 tonne de nickel, 8,96 tonnes de plomb&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : The European Pollutant Release and Transfer Register.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2013, une enqu&#234;te&lt;/strong&gt; a r&#233;v&#233;l&#233; que des canaux de rejet ill&#233;gaux avaient &#233;t&#233; ouverts par Solvay : afin de rester dans les normes autoris&#233;es, qui s'int&#233;ressent au taux de produits polluants dans l'eau, l'entreprise les avait simplement dilu&#233;s davantage. Solvay a choisi de passer un accord pour obtenir une condamnation plus l&#233;g&#232;re, ce qui en droit italien revient &#224; reconna&#238;tre sa faute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans son dernier rapport&lt;/strong&gt;, l'Arpat rel&#232;ve surtout la trop grande pr&#233;sence de mercure dans les s&#233;diments, et pas seulement au niveau du canal d'&#233;vacuation. Les courants entra&#238;nent les mati&#232;res en suspension, si bien que la plage de Castiglioncello, &#224; 5 km de la plage blanche, est plus pollu&#233;e au mercure que celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et la sant&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les premiers &#224; s'inqui&#233;ter&lt;/strong&gt; de l'impact de ces rejets sur la sant&#233; ont &#233;t&#233; les ouvriers de l'usine. Avant 1947 existait une indemnit&#233; de nocivit&#233;. Gr&#226;ce au travail syndical, on passera d'une mon&#233;tisation des risques &#224; leur r&#233;duction. &#192; partir de 1955, l'entreprise prend en charge la sant&#233; des employ&#233;s et leur impose leur m&#233;decin de famille. La situation est inacceptable pour les syndicats, qui vont mener des enqu&#234;tes internes. En 1967, &#224; la suite des travaux du professeur Viola, m&#233;decin de l'usine, un groupe de surveillance de la sant&#233; des travailleurs est cr&#233;&#233;, mais toujours avec Solvay &#224; sa t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le docteur alerte&lt;/strong&gt; sur les dommages li&#233;s au mercure : les fortes concentrations causent des malformations osseuses et des tumeurs de la peau, des poumons et des os. Depuis que Solvay n'utilise plus l'&#233;lectrolyse dans la fabrication du chlore (2008), le mercure rejet&#233; est &#171; inactif &#187;, mais il reste sur la plage 500 tonnes de mercure des d&#233;versements pr&#233;c&#233;dents. La plage blanche d&#233;gage 164 nanogrammes de mercure par m&#232;tre carr&#233; aux heures les plus chaudes&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : CNR (Consiglio nazionale delle ricerche) de Pise.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les travailleurs ont &#233;t&#233; expos&#233;s&lt;/strong&gt; &#224; d'autres produits dangereux, dont le chlorure de vinyle monom&#232;re (CVM), si meurtrier qu'il a provoqu&#233; la fermeture d'une partie du site en 1978. Le CVM d&#233;clenche l'angiosarcome du foie, cancer tr&#232;s rare qui a emport&#233; la plupart des trente employ&#233;s de ce secteur de l'usine. Triste anecdote : le CVM reste &#224; l'&#233;tat liquide &#224; basse temp&#233;rature et les ouvriers, ignorant son pouvoir canc&#233;rig&#232;ne, y conservaient leurs past&#232;ques pour les garder au frais. Quand, en 1988, Solvay a voulu rouvrir cette partie du site, l'industriel s'est heurt&#233; au refus de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Medicina Democratica&lt;/strong&gt; a lanc&#233; un r&#233;f&#233;rendum dont tout le monde pensait qu'il ne servirait &#224; rien. Maurizio Marchi se souvient : &#171; &lt;i&gt;L'institution communale ne pr&#233;voyait pas de r&#233;f&#233;rendum, m&#234;me pas consultatif, alors abrogatif, n'en parlons pas ! Le maire l'a permis parce qu'il &#233;tait convaincu de le remporter. Il y avait &#224; l'&#233;poque deux pouvoirs &#224; Rosignano : Solvay et le Parti communiste. Les opposants &#233;taient vus comme une petite minorit&#233;. Contre toute attente, leur victoire fut &#233;crasante : 55,5 % contre l'usine de CVM.&lt;/i&gt; &#187; Pour Marchi, le r&#233;f&#233;rendum a chang&#233; la donne : Solvay n'est plus vu comme la m&#232;re nourrici&#232;re de la ville, mais comme une mar&#226;tre. On ose s'y opposer, y r&#233;sister ; le chantage &#224; l'emploi ne marche plus vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2715 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH335/-974-f58f8.jpg?1780144628' width='500' height='335' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Alberto Prunetti
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cachez cette pollution que je ne saurais voir&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec seulement 800 employ&#233;s&lt;/strong&gt; dans la r&#233;gion &#8211; bien peu compar&#233; aux 4 000 des ann&#233;es 1970 &#8211;, Solvay n'est plus le premier pourvoyeur d'emplois. M&#234;me si tout est encore au nom de Solvay, Rosignano est devenue une ville p&#233;riurbaine, dont la population va travailler &#224; Livourne. Le tourisme remplace progressivement l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais cela ne simplifie pas le probl&#232;me&lt;/strong&gt; : que faire de la pollution ? La cacher sous le tapis, pour ne pas effrayer les touristes ? C'est ce que d&#233;plore Claudio Marabotti, cardiologue lanceur d'alerte qui a men&#233; une premi&#232;re &#233;tude &#233;pid&#233;miologique. Il a &#233;tudi&#233; les maladies potentiellement li&#233;es &#224; la pollution : les tumeurs, les maladies cardiovasculaires de type infarctus ou AVC et les maladies neurod&#233;g&#233;n&#233;ratives, comme Parkinson ou Alzheimer. Les r&#233;sultats mettent en avant sur la commune de Rosignano une mortalit&#233; importante de 2001 &#224; 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;tude a suscit&#233; un certain int&#233;r&#234;t&lt;/strong&gt; dans la population, mais on a eu tendance &#224; la minimiser. Apr&#232;s sa publication dans une revue scientifique internationale, la municipalit&#233; de Rosignano a organis&#233; des rencontres o&#249; le docteur Marabotti n'a &#233;t&#233; invit&#233; qu'en tant qu'auditeur, sans qu'on le laisse exposer ses donn&#233;es. Il a propos&#233; un approfondissement de ce travail, en vain. Faute de moyens, le lien entre mortalit&#233; et pollution reste &#224; d&#233;montrer formellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les maladies &#233;voqu&#233;es&lt;/strong&gt; ne se rencontrent pas que chez les travailleurs, mais dans l'ensemble de la population. Pour Claudio Marabotti, les trois causes possibles sont : les m&#233;taux lourds pr&#233;sents dans la mer, l'a&#233;rosol marin (ph&#233;nom&#232;ne m&#233;t&#233;orologique) qui ram&#232;ne ces m&#234;mes m&#233;taux lourds &#224; terre, ainsi que l'ozone et les particules fines &#233;mises par l'usine. Il ajoute qu'on ne peut pas compter sur la bonne volont&#233; d'un industriel : &#171; &lt;i&gt;Une entreprise, m&#234;me si elle suit une ligne de conduite &#233;thique, fait tout pour maximiser le profit et tend &#224; ne pas prot&#233;ger l'environnement dans lequel elle travaille. Mais on peut avoir une influence l&#224;-dessus. Il faut la contraindre &#224; s'am&#233;liorer et &#224; nettoyer ce qu'elle a pollu&#233;. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; cela s'ajoutent les rejets accidentels&lt;/strong&gt;. Comme &#224; l'&#233;t&#233; 2017, quand une fuite d'ammoniaque a provoqu&#233; une h&#233;catombe de poissons. Ce n'&#233;tait pas la premi&#232;re fois&#8230; Officiellement, on ne sait pas ce qui s'est pass&#233; : les sp&#233;cimens pr&#233;lev&#233;s pour analyse n'ont pas &#233;t&#233; conserv&#233;s dans des conditions satisfaisantes, et l'autopsie n'a pas pu avoir lieu. Ce qui d&#233;montre, au mieux, un certain manque de professionnalisme de la part des agences de contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'impossible fermeture&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De son c&#244;t&#233;, Solvay&lt;/strong&gt; affirme se tourner r&#233;solument vers le d&#233;veloppement durable, un secteur plein de nouveaux march&#233;s &#224; conqu&#233;rir. L'industriel ne manque jamais de r&#233;p&#233;ter que la qualit&#233; de l'eau mesur&#233;e sur la plage blanche est la m&#234;me que sur toute la c&#244;te toscane. Il oublie d'ajouter que ce littoral est largement souill&#233; par l'industrie depuis un si&#232;cle. Car Solvay n'est qu'un exemple parmi tant d'autres, peut-&#234;tre seulement le plus visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si la plage obtient chaque ann&#233;e le drapeau bleu&lt;/strong&gt;, c'est parce que les tests n'y recherchent que la pr&#233;sence de mati&#232;res f&#233;cales. Et le lien qui unit l'usine au territoire n'est pas pr&#232;s de se rompre : un d&#233;part signifierait une obligation d'assainissement au co&#251;t faramineux. Alors on continue &#224; exploiter la nature, tant qu'il y a du sel &#224; creuser, de l'eau &#224; puiser et des touristes heureux de profiter d'une belle plage immacul&#233;e. Et morte.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Causse&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La soude et ses d&#233;riv&#233;s : des produits &#233;colos ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En cuisine, au potager&lt;/strong&gt;, en dentifrice, pour faire le m&#233;nage&#8230; Le bicarbonate de soude est souvent pr&#233;sent&#233; comme un produit &#224; tout faire &#171; 100 % &#233;colo &#187;. Mais comment le fabrique-t-on ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soude v&#233;g&#233;tale s'obtient &#224; partir de la combustion de la salicorne, m&#233;thode traditionnelle aujourd'hui encore utilis&#233;e pour la fabrication du savon d'Alep. Mais la cendre de salicorne ne contient que 15 % de soude, ce qui, &#224; partir du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, est devenu bien insuffisant face &#224; la demande industrielle grandissante. On a alors utilis&#233; principalement la tr&#232;s polluante m&#233;thode Leblanc, qui g&#233;n&#232;re de l'acide chlorhydrique, responsable de pluies acides. Pour contrer ces effets d&#233;vastateurs, l'Angleterre vote en 1863 une des premi&#232;res lois de protection de l'environnement, l'Alkali Act.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la m&#234;me p&#233;riode, le chimiste belge Ernest Solvay invente un autre proc&#233;d&#233;. Moins polluant et surtout plus &#233;conomique, il d&#233;tr&#244;ne rapidement la m&#233;thode Leblanc. Mais pour fabriquer de la soude selon la m&#233;thode Solvay, il faut du sel et du calcaire en grande quantit&#233;, de l'eau, et des m&#233;taux lourds, tel le mercure. Une usine produisant des d&#233;riv&#233;s de la soude a donc n&#233;cessairement un impact sur son environnement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette enqu&#234;te a &#233;galement fait l'objet d'un documentaire radiophonique de 54 minutes. &#171; &lt;a href=&#034;https://radiocanut.org/la-radio/news-de-la-radio/article/on-dirait-la-soude&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;On dirait la soude&lt;/a&gt; &#187; (de Marie Causse &amp; Matthieu Adam) est disponible &#224; l'&#233;coute sur le site de Radio Canut.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association de lutte pour la sant&#233; n&#233;e dans les ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Agenzia regionale per la protezione ambientale della Toscana&lt;/i&gt; : agence publique de surveillance de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Source : rapport Arpat 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Source : The European Pollutant Release and Transfer Register.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Source : CNR (&lt;i&gt;Consiglio nazionale delle ricerche&lt;/i&gt;) de Pise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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		<title>Sicile : &#171; Je prends un logement &#187; </title>
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		<dc:date>2018-03-17T06:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Causse</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le centre social sicilien ExKarcere a &#233;t&#233; ouvert &#224; Palerme, en 2001, quelques mois avant les &#233;v&#233;nements de G&#234;nes. Aujourd'hui, malgr&#233; les menaces et intimidations, le collectif d'occupant.e.s continue d'&#339;uvrer au bien commun &#8211; sans chercher la paix sociale. Situ&#233; en plein c&#339;ur de la vieille ville de Palerme, le centre social ExKarcere se veut ouvert sur la ville et offre aux habitants une aide concr&#232;te pour le droit au logement, une salle de sport populaire, des activit&#233;s extrascolaires (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no139-janvier-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;139 (janvier 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/collectif" rel="tag"&gt;collectif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/centre-social" rel="tag"&gt;centre social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/centre" rel="tag"&gt;centre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vieille-ville" rel="tag"&gt;vieille ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/feministe-Anillo" rel="tag"&gt;f&#233;ministe Anillo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le centre social sicilien ExKarcere a &#233;t&#233; ouvert &#224; Palerme, en 2001, quelques mois avant les &#233;v&#233;nements de G&#234;nes. Aujourd'hui, malgr&#233; les menaces et intimidations, le collectif d'occupant.e.s continue d'&#339;uvrer au bien commun &#8211; sans chercher la paix sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Situ&#233; en plein c&#339;ur de la vieille ville de Palerme, le &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/exkarcere.palermo/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;centre social ExKarcere&lt;/a&gt; se veut ouvert sur la ville et offre aux habitants une aide concr&#232;te pour le droit au logement, une salle de sport populaire, des activit&#233;s extrascolaires gratuites pour les enfants. Les locaux accueillent diverses associations qui y organisent des d&#233;bats ou des soir&#233;es festives, dont le collectif f&#233;ministe Anillo de fuego. Le tout est autog&#233;r&#233; et se finance en partie par des repas solidaires. Les fauteuils provenant d'un th&#233;&#226;tre ou d'un cin&#233;ma align&#233;s sous le porche font comprendre imm&#233;diatement que c'est un lieu d'accueil, mais les affiches aux murs ne laissent aucun doute sur les motivations de ceux qui animent ce lieu : ici, on lutte.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2240 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-513-acaea.jpg?1779603131' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;ExKarcere a vu le jour en 2001 dans le quartier populaire de Ballar&#242;, sur les lieux d'une ancienne prison pour femmes d&#233;saffect&#233;e depuis vingt ans. C'&#233;tait l'ann&#233;e du G8 &#224; G&#234;nes, moment politique propice &#224; la cr&#233;ation d'un espace de ce type, dans lequel exp&#233;rimenter des formes de relations lib&#233;r&#233;es de la question de l'argent, sur un mod&#232;le anticapitaliste. Puis le centre social a &#233;t&#233; expuls&#233; de ses locaux d'origine et apr&#232;s quelques tentatives d'investir de nouveaux lieux, le collectif s'est finalement install&#233; en janvier 2012 un peu plus loin, dans un autre quartier populaire du centre, la Vucciria, occupant des locaux municipaux laiss&#233;s &#224; l'abandon via San Basilio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;part, la trentaine de jeunes gens du collectif a r&#233;nov&#233; les b&#226;timents en ruines. L'ensemble recouvrait un ancien couvent et une salle de sport. Peu de temps apr&#232;s, l'ExKarcere redevenait lieu de vie, un &#171; bien commun &#187; comme le rappelle le nom de l'association &#171; San Basilio Bene Comune &#187; qui y a son si&#232;ge : les habitants du quartier ont pu b&#233;n&#233;ficier d&#232;s f&#233;vrier 2012 de cet espace &#224; travers diverses activit&#233;s, ouvertes &#224; tous &#224; partir de six ans. Aujourd'hui, il y a environ quatre-vingt inscrits, qui peuvent participer &#224; toutes les activit&#233;s sportives pour 15 euros par mois. Et s'ils n'ont pas la somme n&#233;cessaire, &#231;a ne fait rien, ils peuvent tout de m&#234;me participer. La boxe est le sport le plus pratiqu&#233;, mais on y pratique aussi le foot, la danse, le volley. Des jeunes viennent de toute la ville pour s'y entra&#238;ner : &#233;tudiants, ch&#244;meurs ou ouvriers, hommes ou femmes, palermitains depuis plusieurs g&#233;n&#233;rations ou enfants d'immigr&#233;s. On peut aussi y croiser des boxeurs professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 2012, le collectif a &#233;t&#233; &#224; nouveau menac&#233; d'expulsion et a re&#231;u le soutien des habitants du quartier, mobilis&#233;s pour s'opposer &#224; l'&#233;vacuation pr&#233;vue en d&#233;cembre 2013. Victoire ! Le collectif a m&#234;me re&#231;u le soutien du conseil de la premi&#232;re circonscription de la ville, qui a su y voir le b&#233;n&#233;fice des habitants. Des n&#233;gociations ont &#233;t&#233; ouvertes avec le maire, Leoluca Orlando, qui a &#233;voqu&#233; la possibilit&#233; de reconna&#238;tre &#224; l'association le droit d'utiliser gratuitement les lieux. Depuis, rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Verdiana, membre du collectif de gestion du centre, le d&#233;crit volontiers comme enracin&#233; dans la ville, dans la droite ligne des mouvements des ann&#233;es 1970. Un lieu d'exp&#233;rience politique. Il s'agit d'&#234;tre pr&#233;sent sur toutes les questions de la ville, pour se la r&#233;approprier. Tout part &#171; d'en bas &#187;, on ne demande pas, on revendique et on prend. D&#232;s l'entr&#233;e, plusieurs affiches, dont une qui d&#233;tourne le logo d'une agence immobili&#232;re et annonce sans d&#233;tour &#171; &lt;i&gt;Prendo casa &lt;/i&gt; &#187; : &#171; Je prends un logement. &#187; Cette lutte pour le droit au logement n'est pas nouvelle &#224; Palerme. Verdiana cite l'exemple de logements sociaux via Tiro a Segno qui n'ont jamais &#233;t&#233; attribu&#233;s et ont donc &#233;t&#233; occup&#233;s par des familles spontan&#233;ment : on avait besoin de se loger, il y avait des locaux, il fallait les prendre. En 2013, une cinquantaine de familles palermitaines ont &#233;t&#233; menac&#233;es d'expulsion, elles avaient envie de s'organiser et la rage de r&#233;ussir. Plusieurs d'entre elles se sont install&#233;es devant la mairie et le collectif leur a pr&#234;t&#233; main forte, comme il continue de le faire quotidiennement, en s'opposant physiquement aux expulsions et en apportant une aide juridique aux personnes menac&#233;es. Depuis quelques ann&#233;es, Palerme a chang&#233;, et les prol&#233;taires ont commenc&#233; &#224; quitter le centre pour la p&#233;riph&#233;rie. Il reste dans la ville des espaces disponibles, parfois laiss&#233;s &#224; l'abandon, que le collectif n'entend pas c&#233;der &#224; la gourmandise des sp&#233;culateurs immobiliers. La communaut&#233; pourrait en b&#233;n&#233;ficier, une fois r&#233;am&#233;nag&#233;s en lieux de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas pour acheter la paix sociale que le collectif se substitue &#224; l'&#201;tat en offrant des services n&#233;cessaires &#224; la vie du quartier, comme les activit&#233;s extrascolaires pour les enfants, pr&#233;cise Verdiania : il s'agit plut&#244;t d'impliquer les familles dans la lutte. Pour elle, la politique des partis est de plus en plus &#233;loign&#233;e des r&#233;alit&#233;s du peuple, et doit &#234;tre remplac&#233;e par une action venue d'en bas. Le pouvoir ne s'y trompe pas : il a bien tent&#233; de museler les activistes et de faire fermer le centre. En mars 2015, dix-sept d'entre eux ont &#233;cop&#233; de mesures pr&#233;ventives avec obligation de se pr&#233;senter chaque jour au commissariat, accus&#233;s d'association de malfaiteurs &#8211; chef d'accusation habituellement r&#233;serv&#233; &#224; la mafia ou aux groupes terroristes. Ils ont re&#231;u un soutien imm&#233;diat de la population et de personnalit&#233;s politiques : les poursuites ont finalement &#233;t&#233; abandonn&#233;es. &#192; cette chasse aux sorci&#232;res, Verdinia r&#233;pond par un optimisme combatif : &#171; &lt;i&gt;La r&#233;volution, on est d&#233;j&#224; en train de la faire. Ce qu'on construit, ici, ce sont des faits politiques.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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