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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Exarchia sous pression </title>
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		<dc:creator>Serge(&#239;) Bonicci</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Second volet de notre diptyque consacr&#233; &#224; la situation migratoire en Gr&#232;ce , o&#249; l'arriv&#233;e des r&#233;fugi&#233;s et la &#171; mafia &#187; ont boulevers&#233; le quartier militant d'Ath&#232;nes. *** Mai 2018. Exarchia se tend. Pas une premi&#232;re, mais cette fois ce n'est pas contre la police. &#192; la nuit tomb&#233;e, une quarantaine de cagoul&#233;s costauds chassent les vendeurs &#224; la sauvette qui se sont multipli&#233;s sur la place centrale, Platia. &#171; On assiste &#224; des pogroms. C'est la quatri&#232;me fois en dix jours qu'ils se font (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no170-novembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;170 (novembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Daphne-Lorin" rel="tag"&gt;Daphn&#233; Lorin&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Second volet de notre diptyque consacr&#233; &#224; la situation migratoire en Gr&#232;ce&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Anarchistes et r&#233;fugi&#233;s au c&#339;ur du chaudron ath&#233;nien &#187;, CQFD n&#176; 168, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, o&#249; l'arriv&#233;e des r&#233;fugi&#233;s et la &#171; mafia &#187; ont boulevers&#233; le quartier militant d'Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2698 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH281/-958-81057.jpg?1779732085' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Daphn&#233; Lorin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mai 2018. Exarchia se tend.&lt;/strong&gt; Pas une premi&#232;re, mais cette fois ce n'est pas contre la police. &#192; la nuit tomb&#233;e, une quarantaine de cagoul&#233;s costauds chassent les vendeurs &#224; la sauvette qui se sont multipli&#233;s sur la place centrale, Platia. &#171; &lt;i&gt; On assiste &#224; des pogroms. C'est la quatri&#232;me fois en dix jours qu'ils se font br&#251;ler leur stand et tabasser&lt;/i&gt; &#187;, tance Lily.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revendeurs de clopes, &#233;tals &#224; l'arrache, deals en tous genres : selon certains, les r&#233;fugi&#233;s seraient le pont avanc&#233; de la &#171; mafia &#187;. Les premiers &#233;limin&#233;s aussi. &#171; &lt;i&gt;Les gens se focalisent sur les r&#233;fugi&#233;s parce que Platia est bord&#233;lique. Ils oublient vite le business tenu juste avant par les Albanais. La mafia a juste chang&#233; de main-d'&#339;uvre. Et baiss&#233; le co&#251;t du travail&lt;/i&gt; &#187;, ajuste Vlad', un brin cynique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois l'ancienne clique de revendeurs &#233;vinc&#233;e, les d&#233;barqu&#233;s syriens, maghr&#233;bins et kurdes ont donc repris la place. Peu &#224; perdre &#224; d&#233;faut d'avoir beaucoup &#224; gagner, ils s'&#233;charpent parfois pour un bout de territoire, un stand. Cette situation chaotique atteint les squats alentour qui les h&#233;bergent, et parfois les organisations politiques qui les (sou-)tiennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il y a eu trop de bordel ces derniers mois. On essaie de nettoyer &#231;a &lt;/i&gt; &#187;, lance, lapidaire, Yanis, vieux militant de Nosotros (un centre social autog&#233;r&#233;), &#224; la man&#339;uvre dans les ouvertures de lieux pour r&#233;fugi&#233;s en 2016, d&#233;sormais attel&#233; &#224; la r&#233;fection d'une pizzeria. &#171; &lt;i&gt;Nettoyer &lt;/i&gt; &#187;&#8230; Le terme fait un peu froid dans le dos, mais c'est une vieille antienne dans le quartier.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Nettoyer &#187;, c'est autog&#233;rer ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'histoire remonte &#224; quelques ann&#233;es, &#224; l'&#233;poque o&#249; l'h&#233;ro&#239;ne d&#233;barque dans le secteur. Une peur panique, devenue trauma de quartier, s'ancre alors : la fin du quartier militant serait pour bient&#244;t, sous les coups coordonn&#233;s de l'&#201;tat et des mafieux, avec la drogue comme fusil d'assaut. En r&#233;action, les premiers groupes anti-mafia, quelques antifas et hooligans &#233;nerv&#233;s, jouent des muscles, parfois plus, contre un ou deux dealers et, au passage, des junkies, pour &#171; nettoyer &#187; le quartier, d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;ro s'efface, mais en mars 2016, un militant d'un bar autog&#233;r&#233; est poignard&#233; (et gravement bless&#233;) par un dealer. Quelques jours plus tard, 1 500 personnes d&#233;filent de nuit, avec un service d'ordre ultracarr&#233;, des flingues brandis en t&#234;te de manif. Un quadrillage fa&#231;on IRA avec des groupes en faction devant des lieux r&#233;put&#233;s &#171; tenus par la mafia &#187; et interdits le temps d'un soir. Vestige de ce tournant, le slogan d'une banderole tr&#244;ne toujours sur Platia : &#171; &lt;i&gt; Mafia, dealers, capitalistes ! Tous dans une m&#234;me main.&lt;/i&gt; &#187; Le dealer est lui-m&#234;me tu&#233; quelques semaines apr&#232;s la manif. La lutte anti-mafia se durcit, durablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Escalade de la violence, baisse d'affluence aux manif suivantes, les plaies seront profondes. D'autres militants tenteront bien d'occuper le terrain par d'autres actions, mais ils butent sur cette fuite militante et l'occupation 24 heures sur 24 de Platia par l'&#233;conomie de la d&#233;brouille.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Haro sur le quartier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Depuis des mois, Exarchia fait la Une des journaux. Lieu de tous les vices, de la criminalit&#233;... Des reportages en cam&#233;ra cach&#233; scrutent les vendeurs de cigarettes et le bordel sur Platia. On pr&#233;pare la population &#224; en finir &lt;/i&gt; &#187;, &#233;num&#232;re Eleni, de Nosotros, investie &#224; Notara, le plus vieux squat de r&#233;fugi&#233;s du coin. Derri&#232;re elle, la rue Th&#233;mistokleous et ses hommes &#224; l'ombre des arcades, souvent venus d'Arachovis, un squat de c&#233;libataires au centre des conversations et rumeurs sur les violences des derniers mois. Arachovis, surtout, serait devenu la proie des trafiquants, voire des djihadistes. &#171; &lt;i&gt;M&#234;me moi, je ne me sens plus toujours sereine ici, &lt;/i&gt;conc&#232;de Kini, proche du groupe anar Rouvikonas. &lt;i&gt;Syriza utilise soigneusement la situation et les divisions du milieu, en multipliant les poursuites en parall&#232;le contre nos militants.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas &#233;tonnant pour Kharis, m&#234;me si, d'apr&#232;s lui, le discours a chang&#233; depuis peu. &#171; &lt;i&gt;Il y a un an et demi, la propagande se focalisait sur le &#8220; bahala &#8221;, figure du d&#233;linquant-&#233;meutier. C'&#233;tait une propagande fine, de Syriza, pour cr&#233;er une scission en opposant les bons &#8211; Rouvikonas, Alpha Kappa... &#8211; et les mauvais anarchistes &#8211; insurrectionnalistes, hooligans... Et &#231;a marchait. L&#224;, c'est le retour d'une propagande assez stupide des m&#233;dias conservateurs, avec une d&#233;nonciation hyper caricaturale d'Exarchia, repaire &#224; d&#233;linquants. &#231;a pourrait ressouder des parties pourtant tr&#232;s divis&#233;es du mouvement.&lt;/i&gt; &#187; Optimiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus qu'Eleni, qui nous parle d'un article paru tout r&#233;cemment dans la presse : &#171; &lt;i&gt;Il reproduit une adresse au procureur faite apr&#232;s une p&#233;tition sign&#233;e par 400 habitants pour exiger l'intervention de la police. Si le procureur n'intervient pas cette fois, il se d&#233;cr&#233;dibilise.&lt;/i&gt; &#187; Banco. D&#233;but juin, la police d&#233;boule en masse sur Platia, arr&#234;te nombre de r&#233;fugi&#233;s. Sans r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Culture humanitaire &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;12 juin. Dans la nuit, Arachovis, le squat de c&#233;libataires qui fait (mal) parler de lui, est vid&#233; sans m&#233;nagement par un groupe arm&#233;. Coups de crosse, papiers et affaires en prise de guerre. Une tentative avort&#233;e de placer des familles kurdes en lieu et place des &#233;vacu&#233;s syriens et maghr&#233;bins est m&#234;me lanc&#233;e. Ambiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une assembl&#233;e &#224; l'&#233;cole polytechnique conduit les r&#233;fugi&#233;s et une majorit&#233; de groupes autonomes &#224; r&#233;occuper le b&#226;timent. Deux jours de conflits et de nombreux textes suivent. Certains d&#233;taillent les turpitudes de la lutte &#171; r&#233;fugi&#233;s &#187; &#8211; notamment la professionnalisation rampante du gardiennage de certains squats li&#233;s &#224; Alpha Kappa, au fur et &#224; mesure des d&#233;parts des militants solidaires. Des abandons qui ont creus&#233; &#171; &lt;i&gt;le foss&#233; avec les r&#233;sidents, seuls ou presque du jour au lendemain&lt;/i&gt; &#187;. Dans les squats, la lente d&#233;gradation de la situation tiendrait notamment &#224; une &#171; &lt;i&gt; culture humanitaire et de b&#233;n&#233;volat, facilit&#233;e par le d&#233;racinement des migrants, qui a cr&#233;&#233; une forte d&#233;pendance &lt;/i&gt; &#187; envers certains leaders militants et nourri la division entre (mauvais) c&#233;libataires et (bonnes) familles de r&#233;fugi&#233;s, quand le contr&#244;le sur les squats est devenu plus difficile &#8211; les familles &#233;tant &#171; &lt;i&gt;plus calmes, mall&#233;ables, et fa&#231;onnant une image socialement plus acceptable&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation de d&#233;pendance et la faible int&#233;gration des r&#233;fugi&#233;s au mouvement serait aussi li&#233;e &#224; la &#171; &lt;i&gt;position de groupes ayant volontairement bloqu&#233; toute politisation des lieux-r&#233;fugi&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Le va-et-vient n'a rien arrang&#233; : en moins de trois ans, pas moins de 6 000 r&#233;fugi&#233;s seraient pass&#233;s &#224; Notara. Autant dire que les militants d'Alpha Kappa et les anciens y sont forc&#233;ment devenus incontournables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; tenir ouvertement &#171; les lieux &#187;, ils g&#233;n&#232;rent aussi des conflits, quand ceux qui y vivent mettent finalement en question leur patronage.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Rendez-vous &#224; Kukaki&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sur toutes ces embrouilles, Kharis en conna&#238;t un rayon. Mais depuis un moment, il est sorti d'Exarchia. On le retrouve sur les collines de Kukaki, derri&#232;re l'Acropole. Soleil br&#251;lant, pelouses &#224; moiti&#233; calcin&#233;es, devant nous le plus bariol&#233; de trois squats ouverts depuis un an. Le &#171; &lt;i&gt; nouveau phare de la lutte&lt;/i&gt; &#187; sourit Kharis, l'air bravache. Sortie elle aussi du chaudron pour ce quartier cosy, baraques proprettes et tissu militant &#224; pleurer, Lily a eu plus de mal : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait bizarre de se retrouver l&#224;. C'est pas mon monde, &#231;a a pris du temps. &lt;/i&gt; &#187; Comme d'ouvrir la &#171; Maison bleue &#187;, sa laverie gratuite et sa biblioth&#232;que, troc de fringues et jardin partag&#233;. Ce que le quartier comportait de pauvres, de jardiniers, de femmes de m&#233;nages et d'&#233;trangers a rappliqu&#233;. Les discussions ont fus&#233;, les besoins, les envies. Plusieurs r&#233;fugi&#233;s vivent dans les lieux et &#224; l'&#233;t&#233;, des d&#233;tenus poursuivis apr&#232;s une &#233;meute au centre de r&#233;tention de Petrou Ralli les ont rejoints. La cohabitation reste complexe mais l'implantation s'ancre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; &lt;i&gt;mouvement est plus d&#233;suni&lt;/i&gt; &#187;, avance Kharis. Et beaucoup consid&#232;rent, &#224; l'image de Vlad, avoir &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;les bouffons de Syriza, qui nous a laiss&#233; r&#233;gler le probl&#232;me des r&#233;fugi&#233;s, tout en tablant sur le bordel &#224; Exarchia pour en r&#233;colter les fruits&lt;/i&gt; &#187;. Mais il y a une autre face, plus positive, aux embrouilles &#224; r&#233;p&#233;tition : &#171; &lt;i&gt; Chacun s'est red&#233;ploy&#233; sur ses trucs ou dans d'autres quartiers. On ne se parle plus mais c'est redevenu plus constructif&lt;/i&gt; &#187;, estime Eleni. Et si Exarchia a perdu en centralit&#233; dans l'affaire, le mouvement anarchiste, comme le soutien aux r&#233;fugi&#233;s, l&#224; comme ailleurs, sont loin, tr&#232;s loin, d'&#234;tre morts pour autant.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte de Serge&#239; Bonicci - Photo de Daphn&#233; Lorin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Anarchistes-et-refugies-dans-le' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Anarchistes et r&#233;fugi&#233;s au c&#339;ur du chaudron ath&#233;nien&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 168, septembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Anarchistes et r&#233;fugi&#233;s dans le chaudron ath&#233;nien</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Anarchistes-et-refugies-dans-le</link>
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&lt;p&gt;Premi&#232;re partie d'une double carte postale consacr&#233;e &#224; la situation migratoire en Gr&#232;ce. Coinc&#233;s entre un &#201;tat d&#233;faillant et des n&#233;onazis en verve, r&#233;fugi&#233;s, anarchistes et solidaires y bricolent au mieux. *** On les avait laiss&#233;s sur une victoire antifasciste contre Aube dor&#233;e . On les retrouve &#224; la fin du printemps, pas si fringants. &#171; La bascule est repartie dans le mauvais sens &#187;, balance Vag, en partance pour la Cr&#232;te, o&#249; le dernier local d'Aube dor&#233;e a &#233;t&#233; d&#233;gag&#233; il y a peu. &#171; Il y (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no168-septembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;168 (septembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sergei-Bonicci" rel="tag"&gt;Serge&#239; Bonicci&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/squat" rel="tag"&gt;squat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/refugies" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Grece" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-Athenes" rel="tag"&gt;d'Ath&#232;nes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Premi&#232;re partie d'une double carte postale consacr&#233;e &#224; la situation migratoire en Gr&#232;ce. Coinc&#233;s entre un &#201;tat d&#233;faillant et des n&#233;onazis en verve, r&#233;fugi&#233;s, anarchistes et solidaires y bricolent au mieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2697 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH281/-957-80452.jpg?1779606895' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Serge&#239; Bonicci
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On les avait laiss&#233;s sur une victoire antifasciste contre Aube dor&#233;e&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; Le Cr&#233;puscule des brutes : Gr&#232;ce, pas de quartier pour Aube dor&#233;e &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. On les retrouve &#224; la fin du printemps, pas si fringants. &#171; &lt;i&gt;La bascule est repartie dans le mauvais sens&lt;/i&gt; &#187;, balance Vag, en partance pour la Cr&#232;te, o&#249; le dernier local d'Aube dor&#233;e a &#233;t&#233; d&#233;gag&#233; il y a peu. &#171; &lt;i&gt;Il y a de nouvelles accointances entre l'extr&#234;me droite et l'&#201;tat &lt;/i&gt; &#187;, encha&#238;ne L., qui a vu son squat partiellement br&#251;ler peu apr&#232;s la deuxi&#232;me grande manif' nationaliste anti-Mac&#233;doine&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les nationalistes grecs refusent que le pays voisin s'appelle officiellement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, en mars, &#224; Ath&#232;nes. &#171; &lt;i&gt; Ils sont m&#234;me venus mettre le feu au Steki Metanaston&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Place des migrants, en grec. C'est un bar avec jardin o&#249; des cours gratuits (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, au c&#339;ur d'Exarchia.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tendu donc. C&#244;t&#233; r&#233;fugi&#233;s, le son de cloche diff&#232;re. &#171; &lt;i&gt; Pour nous les &#233;trangers, l'arriv&#233;e de Syriza au pouvoir a chang&#233; la situation&lt;/i&gt; &#187;, temp&#232;re l'un d'eux, qui encha&#238;ne : &#171; &lt;i&gt; Il est faux de dire que les r&#233;fugi&#233;s sont bloqu&#233;s en Gr&#232;ce. Le gouvernement a donn&#233; des papiers, verse une allocation de 200 &#8364; et beaucoup arrivent encore &#224; passer.&lt;/i&gt; &#187; Exag&#233;r&#233; ? Patriarche de Kaniggos 22, b&#226;timent de deux &#233;tages ouvert au c&#339;ur de la crise des r&#233;fugi&#233;s en avril 2016, Moh a pourtant des arguments : six mois ont suffi pour renouveler la majeure partie de la cinquantaine de r&#233;sidents. Des destins divers : relocalisations &#224; l'&#233;tranger ou &#224; Ath&#232;nes, passages ill&#233;gaux ou simples d&#233;parts vers d'autres squats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Fuir Ath&#232;nes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le flot sans pr&#233;c&#233;dent d'arriv&#233;es en Gr&#232;ce (850 000 en 2015) s'est tari avec l'intensification des contr&#244;les aux fronti&#232;res, l'accord cynique entre l'Union europ&#233;enne (UE) et la Turquie en mars 2016 et la multiplication des formes d'enfermement&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire De Lesbos &#224; Calais : comment l'Europe fabrique des camps, Le Passager (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Mais les relocalisations promises par l'UE, en 2015, se font attendre : d&#233;but 2017, en Gr&#232;ce, seules 10 000 d'entre elles &#233;taient effectives. Quant aux passages, ils s'av&#232;rent plus difficiles depuis la fermeture de la fronti&#232;re mac&#233;donienne. Cons&#233;quence : le royaume des passeurs et des fausses identit&#233;s s'agrandit. Et les anecdotes qui vont avec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple &#224; Prosfigikas, plus grand squat d'Ath&#232;nes, ouvert en 2010. 500 habitants dans un d&#233;cor surr&#233;aliste : huit barres d&#233;cr&#233;pites, des fils &#233;lectriques qui pendouillent, le tout coinc&#233; entre le palais de justice et le commissariat central. Un deux-pi&#232;ces &lt;i&gt;old school &lt;/i&gt;abrite de jeunes Kurdes qui s'enflamment &#224; propos des passages &#224; l'Ouest. &#171; &lt;i&gt;Un gars de 35 ans s'est pr&#233;sent&#233; avec la carte d'un Fran&#231;ais de 52 ans, la nana de l'a&#233;roport l'a regard&#233;, avant de sourire et de le laisser passer&lt;/i&gt; &#187;, affirme l'un d'eux, d&#233;cid&#233; &#224; tenter sa chance vers l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque tous ont trouv&#233; refuge ici, gr&#226;ce au r&#233;seau communautaire kurde (m&#234;me si des Syriens et Irakiens peuplent aussi les lieux). Parmi eux, seul le &#171; professeur &#187;, la trentaine, condamn&#233; &#224; 27 ans de prison en Turquie, veut s'installer &#224; Ath&#232;nes et cherche un squat dans le centre. Pour bosser, mais surtout pour &#233;chapper au camp de Lavrio.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Erdogan et la Croix-Rouge&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce camp, Pisikares le conna&#238;t bien : elle h&#233;berge un cousin qui en est sorti &#233;puis&#233;. &#192; une heure d'Ath&#232;nes, 400 personnes y vivent dans un b&#226;timent v&#233;tuste, construit dans les ann&#233;es 1950 et peupl&#233; depuis 35 ans par des militants kurdes et turcs, en autogestion. Plein &#224; craquer (cinq &#224; six par chambre), agrandi avec des bungalows depuis la crise migratoire, Lavrio est &#224; bout de souffle. &#171; &lt;i&gt; Depuis un an, le camp manque de tout, &lt;/i&gt;d&#233;plore Pisikares. &lt;i&gt;La Croix-Rouge a stopp&#233; toute aide apr&#232;s les protestations de l'AKP et d'Erdogan contre ce &lt;/i&gt;&#8220; camp d'entra&#238;nement du PKK&#8221;. &lt;i&gt;Tout est dans un &#233;tat d&#233;plorable, hormis les bungalows abritant les familles et les Kurdes syriens. La cohabitation devient difficile.&lt;/i&gt; &#187; La preuve : quelques jours plus tard, deux occupants rejoignent le cousin dans l'appartement du centre d'Ath&#232;nes devenu refuge communautaire, &#224; deux pas d'Exarchia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; aussi, le quartier bouge, du moins sa partie haute. Baraques marocaines sur les collines de Strefi, langue arabe h&#233;g&#233;monique sur les escaliers surplombant le quartier, nouveaux squats, revendeurs de cigarettes omni pr&#233;sents sur la place, &#233;tals de moules farcies tenus par des Turcs&#8230; Quant aux pr&#233;curseurs iraniens, ils font d&#233;j&#224; figure d'anc&#234;tres avec leur table de falafels install&#233;e depuis deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boulevers&#233;e, la capitale, o&#249; la moiti&#233; du pays demeure. Boulevers&#233;e, cette Gr&#232;ce, o&#249; les camps de r&#233;fugi&#233;s fleurissent depuis 2016. Celui, informel, d'Idomeni, &#224; la fronti&#232;re mac&#233;donienne, a fini par &#234;tre &#233;vacu&#233;. Tout comme l'occupation de la place Victoria &#224; Ath&#232;nes. Et ils ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par de petits camps, lointains et invisibles. Qu'ils soient de transit ou d'enfermement, ouverts ou ferm&#233;s, sur des terrains abandonn&#233;s, impropres &#224; l'habitation ou r&#233;nov&#233;s &#224; l'arrache, l'&#233;volution est aussi massive que difficile &#224; observer. &lt;i&gt;A fortiori&lt;/i&gt; &#224; contrer.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'archipel des camps&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Urgence, injonctions europ&#233;ennes, arriv&#233;e d'ONG tous azimuts, &#201;tat en faillite : ce cocktail d&#233;tonnant croise un amateurisme qui rime parfois avec horreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'incertitude permanente cr&#233;e de graves troubles psychologiques&lt;/i&gt; &#187;, expose ainsi Iana, &#233;tudiante en stage au Shelterpetite, structure tenue par des j&#233;suites. Elle y d&#233;couvre les joies du bricolage en mati&#232;re de droit des &#233;trangers&#8230; et la puissance des grandes ONG qui r&#232;gnent sur la rue Acharnon, &#224; quelques pas d'un squat sans eau ni &#233;lectricit&#233; et du City Plaza, h&#244;tel de luxe reconverti dans l'h&#233;bergement. Elle &#233;voque alors l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), grosse agence li&#233;e &#224; l'Onu : &#171; &lt;i&gt; L'OIM g&#233;rait le grand &#8216;&#8216; H&#244;tel '', 400 personnes avec cuisines et chambres, plut&#244;t bien. Un jour, elle les a tous fait sortir et monter dans des camions, avant de les d&#233;poser &#224; plus d'une heure d'Ath&#232;nes dans un camp abandonn&#233;, sans eau ni &#233;lectricit&#233;. Il y avait une m&#232;re enceinte et un b&#233;b&#233; avec de graves probl&#232;mes de sant&#233;, un gars qui avait fait la travers&#233;e par l'Iran et perdu ses pieds&#8230; L'horreur.&lt;/i&gt; &#187; La situation d&#233;g&#233;n&#232;re vite : apr&#232;s une &#233;meute, les r&#233;fugi&#233;s sont relog&#233;s. Et illico remplac&#233;s par d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;En mati&#232;re humanitaire, il y a une r&#232;gle arithm&#233;tique, ici comme &#224; Lesbos,&lt;/i&gt; enfonce Kini, partie un temps voir les &#238;les. &lt;i&gt;Plus l'ONG est grande, plus la d&#233;gueulasserie qui l'accompagne aussi. Plus elle est petite, plus elle est fr&#233;quentable.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La mafia s'en m&#234;le&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui se passe dans les camps interagit en permanence avec le reste. C'est toute la complexit&#233; du chaudron ath&#233;nien. Car &#224; c&#244;t&#233; du centre de r&#233;tention, camp-pouvoir &#224; l'exercice violent sur les corps, et du bidonville, camp auto-construit aux mains des habitants, Ath&#232;nes est elle-m&#234;me un camp-h&#233;bergement g&#233;ant, avec sa constellation de b&#226;timents r&#233;quisitionn&#233;s et de lieux informels, qui bouleversent le paysage militant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autoris&#233; par la crise, les logements vides, la vitalit&#233; du milieu anar et une certaine vacance du pouvoir, en particulier &#224; Exarchia, le &lt;i&gt;turn over&lt;/i&gt; dans cet archipel des r&#233;fugi&#233;s est incessant et les conditions d'occupation tr&#232;s vari&#233;es : d'immeubles tr&#232;s d&#233;labr&#233;s aux luxueux h&#244;tel, chapeaut&#233;s par des organisations grecques ou en autonomie politique, mixant familles et c&#233;libataires ou exclusivement compos&#233;s d'hommes...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;74&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH495/-880-816a6.jpg?1779602857' width='400' height='495' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du n&#176;168 de &#034;CQFD&#034;, illustr&#233;e par Vincent Croguennec.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans cet autre monde, jamais totalement &#233;tanche aux ONG, l'activit&#233; d&#233;bordante n'a d'&#233;gale que le nombre d'embrouilles. Kaniggos 22 est d&#233;sormais &#171; &lt;i&gt;le seul squat ind&#233;pendant de r&#233;fugi&#233;s totalement affranchi des organisations grecques&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Vlad. Apr&#232;s trois ans d'enchantement, de bordel, d'exasp&#233;ration et de clashes &#224; r&#233;p&#233;tition, un parfum de retour &#224; l'ordre souffle sur Exarchia et l'archipel des r&#233;fugi&#233;s : &#233;quipes de s&#233;curit&#233;, voisins exc&#233;d&#233;s, campagne de presse contre le quartier &#171; &lt;i&gt;criminel &lt;/i&gt; &#187;. Bref, la tension monte&#8230; D&#233;but mai, raconte L., &#171; &lt;i&gt; 60 gars cagoul&#233;s ont chass&#233; les vendeurs &#224; la sauvette, br&#251;l&#233; des stands, tabass&#233; des revendeurs &lt;/i&gt; &#187;. Des attaques qui se multiplient, explique Pisikares. Cons&#233;quence : &#171; &lt;i&gt;Les revendeurs ont &#233;t&#233; forc&#233;s de payer leur &#8216;&#8216; protection '' &#224; la mafia. Et leurs stands se font d&#233;sormais attaquer par les groupes anti-mafia&lt;/i&gt; &#187;. Toujours pris entre le marteau et l'enclume, les r&#233;fugi&#233;s. Toujours prise aux quatre vents, la place d'Exarchia et son univers militant.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte et photo de Serge&#239; Bonicci&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Le-Crepuscule-des-brutes-Grece-pas' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le Cr&#233;puscule des brutes : Gr&#232;ce, pas de quartier pour Aube dor&#233;e&lt;/a&gt; &#187;,&lt;i&gt; CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 164 (mars 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les nationalistes grecs refusent que le pays voisin s'appelle officiellement &#171; Mac&#233;doine &#187;, arguant que la Mac&#233;doine historique est une r&#233;gion du nord de la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Place des migrants, en grec. C'est un bar avec jardin o&#249; des cours gratuits sont dispens&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &lt;i&gt;De Lesbos &#224; Calais : comment l'Europe fabrique des camps&lt;/i&gt;, Le Passager clandestin, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Violences polici&#232;res : les racines du mal (et des r&#233;sistances)</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Violences-policieres-les-racines</link>
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		<dc:date>2018-12-10T09:51:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge(&#239;) Bonicci</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
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		<dc:subject>police</dc:subject>
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		<dc:subject>Brigade</dc:subject>
		<dc:subject>police tue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Du 14 juillet 1953 aux ann&#233;es 1980, une chronologie parcellaire de la violence &#233;tatique (parfois mortelle) &#8211; subie essentiellement par les immigr&#233;s maghr&#233;bins et leurs descendants. *** 14 juillet 1953 Les travailleurs alg&#233;riens et coloniaux manifestent depuis 1936 avec la CGT et le PCF pour &#171; la d&#233;fense des libert&#233;s &#187;. Cette ann&#233;e-l&#224;, aussi pour les prisonniers politiques et l'ind&#233;pendance. Place de la Nation, &#224; Paris, les cort&#232;ges se dispersent, les Alg&#233;riens restent. La police tente (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/violences" rel="tag"&gt;violences&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/justice" rel="tag"&gt;justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/violences-policieres-1346" rel="tag"&gt;violences polici&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/policieres" rel="tag"&gt;polici&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/algeriens" rel="tag"&gt;alg&#233;riens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Brigade" rel="tag"&gt;Brigade&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/police-tue" rel="tag"&gt;police tue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du 14 juillet 1953 aux ann&#233;es 1980, une chronologie parcellaire de la violence &#233;tatique (parfois mortelle) &#8211; subie essentiellement par les immigr&#233;s maghr&#233;bins et leurs descendants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2701 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;70&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L350xH497/-961-4bcc7.jpg?1779602754' width='350' height='497' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du n&#176;153 de &#034;CQFD&#034;, illustr&#233;e par &#201;tienne Savoye.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;14 juillet 1953&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs alg&#233;riens et coloniaux manifestent depuis 1936 avec la CGT et le PCF pour &#171; &lt;i&gt;la d&#233;fense des libert&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Cette ann&#233;e-l&#224;, aussi pour les prisonniers politiques et l'ind&#233;pendance. Place de la Nation, &#224; Paris, les cort&#232;ges se dispersent, les Alg&#233;riens restent. La police tente d'arracher les drapeaux et tire : six Alg&#233;riens et un Fran&#231;ais sont tu&#233;s. Un mois plus tard, est cr&#233;&#233;e la Brigade des agressions et violences (BAV), h&#233;riti&#232;re de la Brigade nord-africaine (BNA) dissoute en 1945. Les d&#233;fil&#233;s communs s'arr&#234;tent &lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Regarder le documentaire de Daniel Kupferstein, Les balles du 14 juillet, 2014.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;1961&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les trente Glorieuses entassent des milliers d'Alg&#233;riens, Marocains, Tunisiens, Italiens et Portugais en bidonville &lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Monique Hervo, Chroniques du bidonville - Nanterre en guerre d'Alg&#233;rie, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. La guerre d'Alg&#233;rie culmine avec son &#233;pisode le plus sanglant en m&#233;tropole : le 17 octobre, 30 000 Alg&#233;rien.ne.s d&#233;filent pacifiquement &#224; l'appel du FLN contre le couvre-feu racial d'un pr&#233;fet de police revenu d'Alg&#233;rie, Maurice Papon. L'existence politique du colonis&#233; au c&#339;ur de Paris provoque un d&#233;cha&#238;nement policier, couvert par le bilan officiel de deux Alg&#233;riens et un Fran&#231;ais tu&#233;s, puis par l'amnistie. En fait, plus de 200 morts mitraill&#233;s, noy&#233;s, &#233;touff&#233;s, pendus au bois de Vincennes, battus &#224; mort dans le hall de la pr&#233;fecture de police, pourchass&#233;s dans les bidonvilles&#8230; Et 11 000 arr&#234;t&#233;s, 9 000 intern&#233;s, 500 d&#233;port&#233;s en Alg&#233;rie &lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fabrice Riceputi, La bataille d'Einaudi, Paris, Passager clandestin, 2015&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s 1962&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Du bidonville aux cit&#233;s, la violence coloniale se mue en discrimination quotidienne. Les brigades sp&#233;ciales (brigade &#171; Z &#187; &#224; Nanterre) survivent aux Accords d'&#201;vian. Les traitements discriminatoires aussi : expulsions violentes des baraques, Services d'assistance technique (SAT) m&#234;lant surveillance, aide sociale et d&#233;livrance des titres de s&#233;jour&#8230; Les familles nord-africaines sont mises &#224; l'&#233;cart des relogements en HLM et parqu&#233;es dans des cit&#233;s d'urgence et de transit.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;1971&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La loi anti-casseurs est vot&#233;e, il faut en finir avec 68. &#192; Saint-Denis, le pr&#233;fet Pierre Bolotte, celui de la bataille d'Alger et du M&#233; 67 en Guadeloupe &lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lors de ce mois de mai 1967, il y eut 80 morts pass&#233;es sous silence (Cases (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, cr&#233;e la premi&#232;re Brigade anti-criminalit&#233; (BAC), inspir&#233;e de la BAV, dissoute en 1962. Apr&#232;s les expulsions politiques de 1968, vient le temps de la chasse &#224; l'oisif et au d&#233;linquant. On criminalise, on d&#233;politise.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;1973 et &#171; l'&#233;t&#233; alg&#233;rien &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La restriction au s&#233;jour transforme les &#233;trangers en &#171; sans-papiers &#187;. Il y a comme un r&#233;veil de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise, avec l'attentat au consulat alg&#233;rien de Marseille et pr&#232;s de 50 meurtres racistes, surtout &#224; Grasse et &#224; Marseille. Le 28 ao&#251;t, l'assassinat du jeune Loun&#232;s Ladj par un policier &#224; la terrasse d'un bar marseillais d&#233;clenche la premi&#232;re gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale antiraciste &#224; l'appel du Mouvement des travailleurs arabes. Fond&#233; en juin, le MTA s'autonomise d'une extr&#234;me gauche en pleine d&#233;convenue.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;1974&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les quartiers, le harc&#232;lement se poursuit. &#192; Nanterre, les militants d&#233;noncent expulsions et violences polici&#232;res. Comme &#224; la cit&#233; des Marguerites, o&#249; la tension monte... Le 23 avril 1975, six gamins sont embarqu&#233;s violemment. Le 24, un jeune ouvrier, Alain Khetib, vient chercher son p&#232;re au commissariat, reconna&#238;t les petits du quartier, pose des questions... et fini &#224; Fleury-M&#233;rogis. Le 28 avril, il est retrouv&#233; &#171; &lt;i&gt;pendu dans sa cellule&lt;/i&gt; &#187;, mais rendu &#224; la famille couvert d'ecchymoses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ann&#233;es 1980&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Samir et Mogniss Abdallah sont menac&#233;s d'expulsion pour leur activisme au journal &lt;i&gt;Sans fronti&#232;re&lt;/i&gt; et &#224; Radio Soleil. Avec les jeunes des cit&#233;s de transit, ils organiseront les concerts &lt;i&gt;Rock against Police&lt;/i&gt; en 1980. Ins&#233;curit&#233; et immigration envahissent la politique, et des &#233;meutes &#233;clatent dans le quartier des Minguettes &#224; V&#233;nissieux (Rh&#244;ne). Une nouvelle vague de meurtres racistes d&#233;bouche sur la Marche pour l'&#233;galit&#233; de 1983, dont l'esprit sera ensuite d&#233;natur&#233; par SOS-Racisme. Apr&#232;s la d&#233;sillusion, deux coordinations sont mises en place : contre les violences polici&#232;res (avec les rondes des &#171; folles de la place Vend&#244;me &#187;) et entre cit&#233;s de transit. Suivies par le Collectif national contre la double peine (1990) et le Mouvement de l'immigration et des banlieues (1995), qui privil&#233;gient la contre-enqu&#234;te, le terrain et l'autonomie politique, sans leader, ni pr&#233;tendant.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sergue&#239; Bonicci&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier : &#171; La police tue &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(Publi&#233; en avril 2017 dans &lt;/i&gt;CQFD&lt;i&gt; n&#176;153)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/La-police-tue-les-quartiers' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Introduction : la police tue, les quartiers r&#233;sistent&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; La d&#233;rive de ce pays sur la pente du tout-s&#233;curitaire, l'&#233;tat d'urgence permanent, la r&#233;pression du mouvement social, l'autonomisation quasi s&#233;ditieuse d'une frange de la police, la multiplication des &#171; bavures &#187; &#224; connotation raciste&#8230; L'actualit&#233; de ce printemps 2017 a port&#233; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; vers Paris et sa banlieue. Ce qui ne veut pas dire qu'&#224; Marseille, Clermont-Ferrand ou Colmar il ne se passe rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Voix-rebelles-de-Saint-Denis' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voix rebelles de Saint-Denis&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; 16 mars 2017. Sous le d&#244;me de la Maison des &#233;tudiants de Paris 8 (Saint-Denis), le collectif Paroles non-blanches organise une journ&#233;e contre les violences polici&#232;res. Sur le parvis, une responsable engueule les jeunes femmes qui ont investi la salle sans permission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Homicide-volontaire-avec-sursis' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Homicide volontaire avec sursis&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Mars 2017. Le policier Saboundjian comparai&#770;t devant la Cour d'assises de Paris pour la mort d'Amine Bentounsi, tue&#769; d'une balle dans le dos. Il e&#769;cope de cinq ans de prison avec sursis. Chronique d'un proce&#768;s paradoxal qui aura rendu une justice digne d'un conseil de discipline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Je-suis-nee-le-jour-de-la-mort-de' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Je suis n&#233;e le jour de la mort de mon fr&#232;re &#187;&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Il y a biento&#770;t dix ans, Lamine Dieng mourait dans un fourgon de police. Depuis, sa s&#339;ur Ramata est sur le pont. Elle a compris que justice ne serait jamais rendue, mais qu'il faut quand me&#770;me se battre &#8211; question de dignite&#769;. Cette double certitude s'est enfin impose&#769;e, plac&#807;ant la mobilisation des quartiers contre les violences policie&#768;res au c&#339;ur du mouvement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bobigny ne se rend pas &gt;&lt;/strong&gt; On l'a crois&#233; le samedi 11 f&#233;vrier 2017 &#224; Bobigny, &#224; proximit&#233; d'un car r&#233;gie de RTL transform&#233; en bras&#233;ro. Samy, 27 ans, du &#171; d&#233;partement 99 &#187;, est venu participer au rassemblement contre les violences polici&#232;res organis&#233; &#224; la suite du calvaire de Th&#233;o &#224; Aulnay-sous-Bois. Souriant, prodiguant conseils de prudence et &#233;l&#233;ments d'analyse strat&#233;gique, Samy distribuait &#224; pleines mains des doses de s&#233;rum physiologique. Et impressionnait par son calme face aux tirs de FlashBall qui cr&#233;pitaient. Il nous a envoy&#233; ce t&#233;moignage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Pas-de-lycee-sans-feu' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Pas de lyc&#233;e sans feu&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Ce qu'il s'est passe&#769; au lyce&#769;e Suger le 6 mars 2017, on peut le voir dans l'excellent documentaire des Docs du Re&#769;el &lt;i&gt;Sur Suger&lt;/i&gt;, disponible en ligne. Des gamins jete&#769;s en pa&#770;ture a&#768; la police pour subir humiliations, violences et racisme d'E&#769;tat, suite a&#768; un chahut teinte&#769; de protestations contre les crimes policiers. Ce qu'il ne s'est pas passe&#769; ce jour-la&#768;, c'est toute l'histoire d'une e&#769;cole de banlieue...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/On-va-continuer-a-ecrire-des' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; On va continuer &#224; &#233;crire des histoires ensemble &#187;&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Dans la cafe&#769;te&#769;ria qui fait face a&#768; la gare d'Argenteuil (Val-d'Oise), &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a bavarde&#769; avec Omar Slaouti, membre du Collectif Ve&#769;rite&#769; et Justice pour Ali Ziri et l'un des organisateurs de la Marche pour la Justice et la Dignite&#769; du 19 mars 2017 a&#768; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roses d'acier contre main de fer &gt;&lt;/strong&gt; Arrestations arbitraires, harce&#768;lement verbal et physique, voire viols... A&#768; Belleville, quartier de l'Est parisien, les travailleuses du sexe chinoises subissent d'incessantes violences polici&#232;res. Conditions de femmes migrantes et criminalisation de la prostitution s'entrecroisent ici sur un terrain propice &#224; l'impunit&#233; polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Proces-d-intentions' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proc&#232;s d'intentions&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; On l'oublie parfois, mais le marteau du juge est du me&#770;me me&#769;tal que la matraque du policier. Les inconscients qui manifestent contre l'impunite&#769; des forces de l'ordre ont tout a&#768; craindre de la justice, surtout quand celle-ci a le pouvoir de voyager dans le temps et de vous condamner pour des faits que vous n'avez pas encore commis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand les k&#233;pis font la loi &gt;&lt;/strong&gt; Et si la police n'e&#769;tait plus seulement le bras arme&#769; de l'E&#769;tat, mais une force d'occupation autonome, capable de dicter sa loi aux politiques ? &#201;l&#233;ments d'analyse avec Mohamed, membre du collectif Quartier 21 et militant aguerri contre les violences polici&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et aussi...&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&gt; &lt;strong&gt;Ali Ziri, mort d'un chibani&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Violences-policieres-les-racines' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les racines du mal (et des r&#233;sistances)&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Regarder le documentaire de Daniel Kupferstein, &lt;i&gt;Les balles du 14 juillet&lt;/i&gt;, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Monique Hervo, &lt;i&gt;Chroniques du bidonville - Nanterre en guerre d'Alg&#233;rie&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fabrice Riceputi, &lt;i&gt;La bataille d'Einaudi&lt;/i&gt;, Paris, Passager clandestin, 2015&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lors de ce mois de mai 1967, il y eut 80 morts pass&#233;es sous silence (Cases Rebelles, &lt;i&gt;100 portraits contre l'&#201;tat policier&lt;/i&gt;, Syllepse, 2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Cr&#233;puscule des brutes : Gr&#232;ce, pas de quartier pour Aube dor&#233;e</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-Crepuscule-des-brutes-Grece-pas</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Le-Crepuscule-des-brutes-Grece-pas</guid>
		<dc:date>2018-08-30T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge(&#239;) Bonicci</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Serge&#239; Bonicci</dc:subject>
		<dc:subject>Parti</dc:subject>
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		<dc:subject>d'Aube</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au centre d'Ath&#232;nes, une guerre de territoire fait rage depuis les d&#233;buts de la crise entre n&#233;onazis et antifascistes. Immersion au c&#339;ur d'un &#171; suppos&#233; &#187; bastion d'Aube dor&#233;e. Juin 2016. 8 heures du mat'. Traits tir&#233;s apr&#232;s un samedi agit&#233; &#224; Exarchia, Ath&#232;nes. On a trois minutes de retard, mais les habitu&#233;s d'un bar bien connu du quartier nous attendent d&#233;j&#224; : le l&#233;gendaire retard ath&#233;nien a du plomb dans l'aile. Apr&#232;s vingt minutes de marche, on atteint l'&#233;glise d'Agios Panteleimonas. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no164-avril-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;164 (avril 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sergei-Bonicci" rel="tag"&gt;Serge&#239; Bonicci&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Parti" rel="tag"&gt;Parti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/neonazis" rel="tag"&gt;n&#233;onazis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Athenes" rel="tag"&gt;Ath&#232;nes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Aube-doree" rel="tag"&gt;Aube dor&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-Aube-doree" rel="tag"&gt;d'Aube dor&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/doree" rel="tag"&gt;dor&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Aube" rel="tag"&gt;Aube&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mohammed" rel="tag"&gt;Mohammed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-Aube" rel="tag"&gt;d'Aube&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au centre d'Ath&#232;nes, une guerre de territoire fait rage depuis les d&#233;buts de la crise entre n&#233;onazis et antifascistes. Immersion au c&#339;ur d'un &#171; suppos&#233; &#187; bastion d'Aube dor&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Juin 2016. 8 heures du mat'. Traits tir&#233;s apr&#232;s un samedi agit&#233; &#224; Exarchia, Ath&#232;nes. On a trois minutes de retard, mais les habitu&#233;s d'un bar bien connu du quartier nous attendent d&#233;j&#224; : le l&#233;gendaire retard ath&#233;nien a du plomb dans l'aile. Apr&#232;s vingt minutes de marche, on atteint l'&#233;glise d'Agios Panteleimonas. L'embl&#232;me de l'implantation d'Aube dor&#233;e, de ses ratonnades anti-immigr&#233;es et de ses miliciens affirmant sans ciller, au bar du coin, qu'il faut faire &#171; &lt;i&gt;de la soupe d'&#201;rythr&#233;ens et des habits avec leurs cheveux et des perles avec leurs dents&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propos tenus face cam&#233;ra, dans une vid&#233;o titr&#233;e &#171; The immigrants standing up (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2538 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH711/-803-c0319.jpg?1779602794' width='400' height='711' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Serge&#239; Bonicci.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais pas cette fois. En guise de n&#233;o-nazis, de jeunes immigr&#233;s jouent au foot, encadr&#233;s par 150 antifascistes. Par grappes de dix &#224; vingt, manches de pioche au poing, blousons en cuir et gants coqu&#233;s, ils quadrillent la place. Et attendent. Longtemps. Un scooter va et vient, rapporte la progression du cort&#232;ge annonc&#233; : une cinquantaine de furieux, en scission avec Aube dor&#233;e pour manque de radicalit&#233;. Six heures plus tard, la cohorte a rebrouss&#233; chemin. Des policiers anti-&#233;meute se mettent en branle pour vider la place. Face aux 150 qui enfilent masque &#224; gaz mais se replient, les flics ne font pas si belle figure. &#199;a donnerait presque envie... L'homme au scooter n'est pas de cet avis : &#171; &lt;i&gt;On emp&#234;che la manif des fascistes, on n'attaque pas la police. C'est ce qui a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; &#8211; compris ?&lt;/i&gt; &#187;. Oui, m'sieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons la dose de mamies toutes de noir v&#234;tues, sortant de la messe et tapotant l'&#233;paule des grands gaillards genre &#171; bon travail, les jeunes &#187;, et on s'y perdrait. On venait en terre nazie, on repart au calme. Aube dor&#233;e ne semble plus tant &#224; la f&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'essor d'Aube Dor&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en a pas toujours &#233;t&#233; ainsi, rappelle Mohammed, arriv&#233; en 2009 &#224; Kipseli, quartier populaire voisin, o&#249; Aube dor&#233;e ouvre sa premi&#232;re antenne en 1985. Le groupuscule devient parti en 1993, et les voix engrang&#233;es &#224; Kispeli et Agios, ses deux bastions phares, permettent &#224; son leader d'acc&#233;der au conseil municipal. La formation reste n&#233;anmoins tr&#232;s marginale jusqu'au d&#233;clenchement de la crise grecque &#8211; les n&#233;onazis sautent alors sur l'occasion de reprendre du poil de la b&#234;te. D&#232;s 2010, leurs agressions forcent des structures &#224; fermer, comme le Forum grec pour les r&#233;fugi&#233;s. Tabass&#233; sous les yeux des enfants &#224; qui il donne cours, son pr&#233;sident d&#233;cide d'arr&#234;ter les frais. Silence radio dans les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2011, le parti n'est encore cr&#233;dit&#233; que d'1 % des intentions de vote. Mais suivent des mois de matraquage t&#233;l&#233;visuel, o&#249; le moindre faits divers est mont&#233; en &#233;pingle. Et voil&#224; qu'en juin 2012, Aube dor&#233;e fait son entr&#233;e au Parlement, avec 18 &#233;lus (7 % des voix). Les langues se d&#233;lient, les attaques se multiplient, la peur s'installe. &#171; &lt;i&gt;On ne sortait plus, sinon pour se retrouver &#224; quelques endroits s&#251;rs&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;comme la Platia Merghis&lt;/i&gt;, se souvient Mohammed. &lt;i&gt;Quant &#224; trouver un travail...&lt;/i&gt; &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien des ripostes. En septembre 2012, une grande manif antifa &#224; moto arpente les quartiers immigr&#233;s. Une bagarre &#233;clate avec des n&#233;onazis, tandis que le cort&#232;ge est s&#233;v&#232;rement attaqu&#233; &#224; l'arri&#232;re par la police, qui arr&#234;te et torture plusieurs militants. D'autres actions suivent. Et des comit&#233;s de quartier red&#233;couvrent l'antifascisme, terreau pas si lointain &#8211; la Dictature des colonels n'a pris fin qu'en 1974. Dans les manifs, les slogans se r&#233;f&#233;rant &#224; la p&#233;riode fleurissent, tel &#171; &lt;i&gt;Le peuple n'oublie pas, il pend les fascistes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais suite &#224; l'&#233;lection d'Ant&#243;nis Samar&#225;s, premier ministre qui d&#233;clare priorit&#233; nationale &#171; &lt;i&gt;l'&#233;loignement des immigr&#233;s devenus les tyrans de la soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; &#187;, la violence n&#233;onazie s'engouffre. En 2013, deux militants d'Aube dor&#233;e poignardent &#224; mort Shehzad Luqman, Pakistanais de 27 ans. &#192; Agios, les rondes &#224; moto, contr&#244;les d'identit&#233; et &#233;vacuations muscl&#233;es s'intensifient. Jusqu'aux destructions de stands du march&#233;, qui font les choux gras de la presse internationale. Quelques mois plus t&#244;t, le dernier m&#233;morandum impos&#233; par l'Union europ&#233;enne provoquait trois immenses nuits d'&#233;meute &#224; Ath&#232;nes. La chasse aux &#233;trangers a de quoi s&#233;duire une frange de l'&#233;lite effray&#233;e, alors qu'une coalition de gauche a le vent en poupe : Syriza. Le mois suivant la nomination de Samaras, 12 500 clandestins sont ainsi arr&#234;t&#233;s. Pour Mohammed, le quotidien devient impossible : &#171; &lt;i&gt;Je me faisais contr&#244;ler tout le temps. &#192; chaque fois, ils m'emmenaient &#224; Ladapone&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un commissariat tr&#232;s &#233;loign&#233;.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;... &lt;i&gt;Soit tu fuis la police, soit tu fuis les racistes. J'ai d&#251; quitter Ath&#232;nes en 2013.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sulfureux m&#233;lange. Les bureaux du parti ne se situent pas sans raison &#224; deux pas des commissariats. Les morts s'encha&#238;nent, en janvier sous les coups des n&#233;onazis, en f&#233;vrier de la police. &#171; &lt;i&gt;L&#224;, ils ont d&#233;capit&#233; un Pakistanais, l'ont mis dans des sacs et jet&#233; &#224; la poubelle. En plein jour, ils ont chass&#233; les &#233;trangers &#224; la tron&#231;onneuse&lt;/i&gt;, raconte Mohammed, terrifi&#233;. &lt;i&gt;Personne n'en a parl&#233;. C'est quand le rappeur grec a &#233;t&#233; tu&#233; qu'ils se sont r&#233;veill&#233;s&lt;/i&gt;. &#187; Comprendre : Pavlos Fyssas, aka Killa P., poignard&#233; le 18 septembre 2013, pr&#232;s d'un autre bastion d'Aube dor&#233;e, Le Pir&#233;e. Un meurtre qui suscite &#171; &lt;i&gt;l'une des marches les plus intenses depuis Alexis&lt;/i&gt; [Grigoropoulos]&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Adolescent tu&#233; par un policier le 6 d&#233;cembre 2008, meurtre qui d&#233;clenche (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;avec des dizaines de milliers de personnes&lt;/i&gt;, se souvient M&#233;li. &lt;i&gt;Mes amis me disaient : &#034; J'ai senti que &#231;a pouvait &#234;tre moi, ou mon fr&#232;re &#034;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le virage est brutal. La presse fait fuiter des documents sur Aube dor&#233;e, secrets de polichinelle qui prennent une nouvelle r&#233;sonance : ill&#233;galisme, milices violentes, infiltration polici&#232;re. Alors que les accrochages se multiplient, six d&#233;put&#233;s du parti sont inculp&#233;s d&#233;but octobre pour appartenance &#224; une organisation criminelle. Et trois d'entre eux, dont le chef Nikos Michaloliakos, sont plac&#233;s en d&#233;tention provisoire. Le 1er novembre, en banlieue ouest d'Ath&#232;nes, deux hommes cagoul&#233;s &#224; moto font feu devant un local du parti, tuant deux n&#233;onazis. Effroi chez les parlementaires, qui parlent d'escalade hors de contr&#244;le, de danger pour la d&#233;mocratie. Les &#233;lus offusqu&#233;s se souciaient moins un an plus t&#244;t de partager leurs bancs avec des adorateurs d'Hitler et de Metaxas&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G&#233;n&#233;ral &#224; la t&#234;te de la dictature fasciste entre 1936 et 1941.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La bataille d'Agios&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais interdire un parti &#233;lu n'est pas si simple. Et dans les fiefs o&#249; Aube dor&#233;e se replie, comme &#224; Agios, les migrants n'ont qu'&#224; bien se tenir &#8211; les agressions y continuent de plus belle. D'autres vont donc y mettre fin. Fin 2013, des antifascistes venus d'Exarchia y inaugurent l'antenne Distomo (r&#233;f&#233;rence &#224; un village massacr&#233; par les nazis en 1944), un local bourr&#233; de matos de d&#233;fense et pourvu de portes blind&#233;es. Les rendez-vous sont r&#233;guliers, les murs repeints. Les actions sur les locaux et membres d'Aube dor&#233;e s'encha&#238;nent, les patrouilles nocturnes aussi. Cadenass&#233;e en 2010 par les n&#233;onazis pour emp&#234;cher les migrants de s'y reposer, l'aire de jeux sur la place est rouverte en 2015, s&#233;curis&#233;e une dizaine d'heures par semaine par des militants. Des soupes populaires suivent. Un combat de longue haleine, rappelle Kinimatini : &#171; &lt;i&gt;On a pris ce local pour r&#233;occuper le quartier, mais il a fallu tenir des rassemblements interminables. Maintenant que c'est fait, on est contents de passer &#224; autre chose.&lt;/i&gt; &#187; Ce travail paye : les fascistes s'effacent. Fin 2016, Mohammed revient &#224; Ath&#232;nes, pour un grave p&#233;pin de sant&#233;. &#171; &lt;i&gt;Tout avait chang&#233; : Syriza, la vague de r&#233;fugi&#233;s, les nombreux squats prot&#233;g&#233;s...&lt;/i&gt; &#187; Il d&#233;cide de rester dans l'un d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'est fait peut se d&#233;faire. D&#233;sormais nocturnes, les attaques contre les b&#226;timents occup&#233;s par les r&#233;fugi&#233;s se poursuivent. Nationalisme exacerb&#233; et violences d'&#201;tat les autorisent en s'ancrant dans les pens&#233;es. Leur recrudescence r&#233;cente rappelle que crise, aust&#233;rit&#233; de gauche et grandes mascarades nationalistes, comme ces centaines de milliers de manifestants contre la R&#233;publique de Mac&#233;doine, fournissent des occasions r&#234;v&#233;es aux fascistes de refaire surface. Ils incendient ce jour-l&#224; un squat de Thessalonique. Sous le regard complice des policiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui se d&#233;fait peut se refaire. L'exemple du quartier d'Agios Penteleimonas rappelle que pour s'imposer, occuper le territoire est n&#233;cessaire, mais insuffisant. L'imp&#233;ratif ? Jeter d&#232;s maintenant les bases d'une soci&#233;t&#233; solidaire &#233;radiquant nationalisme et pr&#233;dation sociale. Une lutte sans fin. Au quotidien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Propos tenus face cam&#233;ra, dans une vid&#233;o titr&#233;e &#171; &lt;i&gt;The immigrants standing up to Neo-Nazi Golden Dawn in Greece&lt;/i&gt; &#187; et disponible sur Youtube.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un commissariat tr&#232;s &#233;loign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Adolescent tu&#233; par un policier le 6 d&#233;cembre 2008, meurtre qui d&#233;clenche deux mois d'&#233;meutes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;G&#233;n&#233;ral &#224; la t&#234;te de la dictature fasciste entre 1936 et 1941.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ath&#232;nes &#224; l'ombre des crises : Dead Exarchia ?</title>
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		<dc:date>2018-02-13T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Serge(&#239;) Bonicci</dc:creator>


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&lt;p&gt;Depuis les &#233;meutes de 2008, Exarchia fait office d'aimant pour anarchistes et r&#233;volutionnaires europ&#233;ens. Sauf que ce quartier d'Ath&#232;nes se trouve d&#233;sormais &#224; la crois&#233;e des chemins : crise &#233;conomique sans fin, explosion des loyers, arriv&#233;e continue de r&#233;fugi&#233;s, tensions entre groupes... Les initiatives tanguent, Exarchia r&#233;siste. &#171; Exarchia is dead ! Anarchy is dead ! &#187; Prof&#233;r&#233; &#224; Vox, bar autog&#233;r&#233; install&#233; depuis six ans au c&#339;ur d'Exarchia, Mecque de l'anarchisme europ&#233;en, le constat (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no160-decembre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;160 (d&#233;cembre 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Vincent-Croguennec" rel="tag"&gt;Vincent Croguennec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/place-Platia" rel="tag"&gt;place Platia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Vincent-Croguennec-7829" rel="tag"&gt;Vincent Croguennec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Anna" rel="tag"&gt;Anna&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Exarchia" rel="tag"&gt;Exarchia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/rappelle-Anna" rel="tag"&gt;rappelle Anna&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/dead" rel="tag"&gt;dead&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis les &#233;meutes de 2008, Exarchia fait office d'aimant pour anarchistes et r&#233;volutionnaires europ&#233;ens. Sauf que ce quartier d'Ath&#232;nes se trouve d&#233;sormais &#224; la crois&#233;e des chemins : crise &#233;conomique sans fin, explosion des loyers, arriv&#233;e continue de r&#233;fugi&#233;s, tensions entre groupes... Les initiatives tanguent, Exarchia r&#233;siste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Exarchia is dead ! Anarchy is dead !&lt;/i&gt; &#187; Prof&#233;r&#233; &#224; Vox, bar autog&#233;r&#233; install&#233; depuis six ans au c&#339;ur d'Exarchia, Mecque de l'anarchisme europ&#233;en, le constat peut sembler cinglant. Voire exag&#233;r&#233;. Mais l'homme qui l'ass&#232;ne a des arguments. La cinquantaine rocailleuse, Cristos est une ic&#244;ne du quartier depuis qu'il a, avec son cod&#233;tenu, mis le feu &#224; la prison d'Ath&#232;nes il y a vingt piges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour deux ans plus t&#244;t. Confront&#233;e &#224; une crise migratoire sans pr&#233;c&#233;dent, l'Europe prend peur et ferme ses fronti&#232;res. Des dizaines de milliers de r&#233;fugi&#233;s se retrouvent bloqu&#233;s en Gr&#232;ce, les camps d&#233;bordent et la place Victoria d'Ath&#232;nes ne d&#233;semplit pas. Exarchia s'&#233;veille et r&#233;pond par &#171; l'arme du peuple &#187; : la solidarit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Les gens ont ouvert des lieux pour loger les migrants&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Vlad'.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2095 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH367/-373-9e091.jpg?1779732087' width='400' height='367' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque, les ouvertures s'encha&#238;nent : Th&#233;misto, Ghinni, K22, Scholio, City Plaza... Un autre lieu, Dervenion, se mue en cantine collective. Dons en pagaille, retape de b&#226;timents : le quartier vit au rythme des mouvements de r&#233;fugi&#233;s et des f&#234;tes endiabl&#233;es. Dans une Gr&#232;ce en pleine d&#233;pression, le rebond a de quoi surprendre. Il permet surtout &#224; 1 500 &#224; 2 000 personnes de trouver refuge : &#171; &lt;i&gt;Une vraie exp&#233;rience d'ouverture pour le quartier&lt;/i&gt; &#187;, se rappelle Anna, r&#233;dactrice pour une revue militante. Las. Un an et demi plus tard, l'utopie a un peu tourn&#233; court.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Platia : ombres et lumi&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Certains b&#226;timents ne sont plus tenus. Les gars ne font rien&lt;/i&gt; &#187;, regrette Cristos. &#171; &lt;i&gt;Construire un quartier libertaire a &#233;t&#233; long. Le reflux est d'autant plus frappant. Sur la place Platia, il y a beaucoup de gars qui se droguent, boivent et emmerdent les nanas&lt;/i&gt;, compl&#232;te Vlad'. &lt;i&gt;Cet &#233;t&#233;, deux mecs y sont m&#234;me morts, poignard&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non loin, des danses s'improvisent et la mauvaise eurodance crache ses d&#233;cibels au milieu des banderoles politiques en grec et en arabe. Inond&#233;e d'arbres et d'orangers, de kiosques et de caf&#233;s ouverts &#224; pas d'heure, la place Platia est un concentr&#233; d'antagonismes. Un espace hors normes, que des vents contradictoires balaient en permanence. &#171; &lt;i&gt;Une partie des anarchistes a quitt&#233; la place&lt;/i&gt;, explique Lisa. &lt;i&gt;Restent surtout des r&#233;fugi&#233;s et des touristes, de passage, qui n'ont pas forc&#233;ment int&#233;r&#234;t &#224; construire le quartier. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;En arrivant, en voyant tout ce monde, les migrants, les militants internationaux, je me suis demand&#233; : &#8220; C'est quoi ce bordel ? &#8221;&lt;/i&gt;, raconte de son c&#244;t&#233; Amad, d&#233;barqu&#233; d'Istanbul fin 2015. &lt;i&gt;Mais en r&#233;alit&#233;, Platia &#233;tait un bordel structur&#233;. J'ai finalement d&#233;cid&#233; d'y rester, malgr&#233; l'envie d'aller plus loin en Europe.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque samedi, la place s'emplit de gens, de bi&#232;res, de gaz. C'est le cas aujourd'hui. &#171; &lt;i&gt;Les enfants sont de sortie&lt;/i&gt; &#187;, constate Anna, alors qu'une centaine d'ombres, masques &#224; gaz et cocktails Molotov en main, enjambent f&#234;tards et r&#233;fugi&#233;s. Lesquels ne bronchent pas &#8211; question d'habitude. Les cordons de flics en faction autour du quartier essuient les pl&#226;tres d'une manifestation qui a mal tourn&#233;, en m&#233;moire de Pavlos Fyssas, rappeur antifasciste tu&#233; en 2013 par des membres d'Aube dor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2096 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH335/-374-26cdb.jpg?1779732087' width='400' height='335' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#199;a me fatigue ! Ils jouent !&lt;/i&gt; &#187;, poursuit Anna, pointant aussi la singuli&#232;re figure de l'anarcho-touriste. Car la r&#233;putation d'Exarchia attire depuis un moment une faune en mal d'aventure qui, &#224; la longue, agace les locaux. &#171; &lt;i&gt;Certains font n'importe quoi. Une fois, en manif', un groupe charg&#233; de cocktails s'est mis &#224; crier en anglais : &#8220; Ils sont o&#249; ? &#8221; Ils n'arrivaient m&#234;me pas &#224; distinguer les policiers... &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Printemps 2016. Une bagarre &#233;clate sur Platia. Un militant est gravement bless&#233; par des dealers. Le samedi suivant, 1 500 personnes d&#233;filent. Service d'ordre impressionnant. &#171; &lt;i&gt;La sono annon&#231;ait que la manif &#233;tait arm&#233;e, avec des flingues. &lt;/i&gt; &#187; Arriv&#233;e sur la place, la parade p&#233;tards aux poings est film&#233;e, mise en ligne. D&#233;sordre dans le monde militant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;&#226;tre cathartique d'une Gr&#232;ce plong&#233;e dans la crise depuis dix ans, Platia prend ainsi des allures de Far West, o&#249; l'on vient d&#233;charger son impuissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Flux et reflux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le mouvement est au point mort. Si Syriza tombe, &#231;a repartira peut-&#234;tre &lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che Christos, d&#233;sabus&#233;. Lui a quitt&#233; les squats, o&#249; trop d'embrouilles l'ont us&#233;. Avec un gosse &#224; nourrir, il est surtout retourn&#233; bosser : gardien de nuit pour une ONG. &#171; &lt;i&gt;Le dernier memorandum a abaiss&#233; le salaire l&#233;gal &#224; 450 &#8364;&lt;/i&gt; &#187;, rappelle Anna. Les gens cumulant deux ou trois petits boulots sont nombreux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple au squat K22. Lefteris a quitt&#233; les lieux, trop pris par son boulot de livreur. D'autres sont partis tenter leur chance dans les vignobles fran&#231;ais. Et une partie de l'&#233;quipe grecque a jet&#233; l'&#233;ponge apr&#232;s des tensions. Le d&#233;part d'internationaux ach&#232;ve de d&#233;stabiliser la vie collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vag., l'un des seuls &#224; ne pas subir la crise gr&#226;ce &#224; son taf d'informaticien, remarque : &#171; &lt;i&gt;La question des r&#233;fugi&#233;s est en train de tourner &#224; l'humanitaire.&lt;/i&gt; &#187; Les forces s'&#233;puisent, la politique s'efface, les ONG prennent le relais. Effet pervers, ceux qui bossent dans ces derni&#232;res &#171; &lt;i&gt;gagnent des milliers d'euros. Ils louent des appart' tr&#232;s chers et font exploser les prix&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce Anna.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cherchez l'erreur. Un commerce sur deux affiche ferm&#233;, l'h&#233;ro ravage le parc d&#233;sert&#233; d'&#224; c&#244;t&#233;, mais les prix s'envolent. Pire : des quartiers entiers se gentrifient. Le chiffre d'affaires d'Airbnb gonfle, les touristes affluent. Une manne pour gros propri&#233;taires, dont profitent &#233;galement certains ex-abonn&#233;s &#224; la gal&#232;re. Comme cette jeune femme louant quatre pi&#232;ces, chacune &#224; 500 &#8364; mensuels. Soit 1 000 &#8364; de b&#233;nef sur l'appartement. L'affiche sur les &#233;meutes de 2008 placard&#233;e &#224; l'entr&#233;e fait mauvais genre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2097 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH432/-375-3027f.jpg?1779603427' width='400' height='432' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces vents contraires, bien des choses r&#233;sistent. &#171; &lt;i&gt;Oui, il y a eu pas mal d'embrouilles&lt;/i&gt;, reconna&#238;t Niko, pilier de la cantine Dervenion. &lt;i&gt;Mais beaucoup de personnes se sont red&#233;ploy&#233;es ailleurs.&lt;/i&gt; &#187; En pleine pr&#233;paration d'un festival de l'insurrection, Kharis acquiesce. Apr&#232;s avoir longtemps v&#233;cu en squat &#224; Exarchia, il en a ouvert un autre, plus &#233;loign&#233;. D'autres ont fait de m&#234;me, piliers d'une nouvelle vague d'ouvertures m&#234;lant Grecs, militants internationaux et r&#233;fugi&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Dire qu'il ne se passe rien est faux&lt;/i&gt;, proteste Kharis. Rubiconas&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Groupe d'Exarchia connu pour ses actions spectaculaires, comme la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;i&gt;fait la une des journaux tous les quatre jours avec ses attaques de banques, d'entreprises, d'agences de voyage. Les actions des groupes anarchistes sont hebdomadaires. Et les &#8220; deep underground groups &#8221;, comme celui qui a attaqu&#233; &#224; la grenade l'ambassade de France apr&#232;s la mort de R&#233;mi Fraisse, multiplient les actions.&lt;/i&gt; &#187; Dix jours plus tard, une rafale de kalachnikov frappe ainsi le mur du Pasok&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parti socialiste grec.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#224; deux pas. Depuis 2009, le si&#232;ge du parti honni a &#233;t&#233; incendi&#233; si r&#233;guli&#232;rement qu'il a fini par &#234;tre gard&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Avec cette nouvelle vague d'ouvertures de squats, plus souterraine, tr&#232;s politique et &#339;uvre des plus jeunes, il se passe quelque chose&lt;/i&gt; &#187;, rench&#233;rit Kostas, la quarantaine. R&#233;alisatrice de docus, Kini ajuste : &#171; &lt;i&gt;Exarchia reste la base arri&#232;re. Les amendes pleuvent ailleurs, mais les huissiers ne peuvent pas venir ici. &#231;a permet de tenir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration la veille, place du Parlement. Amad et d'autres r&#233;fugi&#233;s sont l&#224; pour une manif queer. L'id&#233;e : emp&#234;cher la venue de n&#233;o-nazis, furieux qu'une loi pr&#233;voie l'inscription du troisi&#232;me genre sur les papiers d'identit&#233;. Arriv&#233;s au pas de charge, 400 militants antifascistes casqu&#233;s, manches de pioches en main, soutiennent une centaine de manifestants plus bariol&#233;s. &#192; chaque groupe, son cordon de police. Seul un d&#233;tachement rompt l'harmonie pour aller chasser du nazi dans le m&#233;tro. Apr&#232;s cinq heures d'attente, le cort&#232;ge s'&#233;broue. Les policiers anti-&#233;meute rappliquent. Vite. Course sur les immenses art&#232;res. Banques et grosses cylindr&#233;es en font les frais. Virage sur une rue &#233;troite. Nez &#224; nez avec des voltigeurs. Qui prennent la fuite. Les grenades fusent. &#199;a suffoque. Virage &#224; gauche. En point de mire, Exarchia, o&#249; l'horizon se r&#233;tr&#233;cit. Plus qu'une rue. &#192; l'angle, deux gars balancent des cocktails Molotov sur les flics, qui stoppent aussi sec. Fini. &#171; &lt;i&gt;Thanks to the urban architecture of Exarchia&lt;/i&gt; &#187;, jette Kharis. Cent m&#232;tres plus loin, trente personnes sont post&#233;es autour du Vox. Au cas o&#249;. Ni arrestation, ni bless&#233;. Mais neuf nazis &#224; l'h&#244;pital.
Visiblement, tout n'est pas perdu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2098 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH457/-376-3eebc.jpg?1779732087' width='400' height='457' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Groupe d'Exarchia connu pour ses actions spectaculaires, comme la destruction de bureaux de la Tro&#239;ka ou du fichier des personnes surendett&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Parti socialiste grec.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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