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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>L'espoir est une discipline</title>
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		<dc:date>2022-10-07T14:34:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec son film Halte, sorti en juillet 2019, soit il y a plusieurs ann&#233;es-lumi&#232;re, le r&#233;alisateur philippin Lav Diaz faisait de la science-fiction. Dans un territoire lamin&#233; par des &#233;pid&#233;mies justifiant un contr&#244;le permanent et intrusif de la population, survol&#233; de drones inquisiteurs, plong&#233; dans une nuit permanente &#233;voquant l'absence de perspective et le confinement, un pr&#233;sident schizophr&#232;ne r&#233;gnait avec un autoritarisme croissant sur une population habitu&#233;e &#224; raser les murs. L'action (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no188-juin-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;188 (juin 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec son film &lt;i&gt;Halte&lt;/i&gt;, sorti en juillet 2019, soit il y a plusieurs ann&#233;es-lumi&#232;re, le r&#233;alisateur philippin Lav Diaz faisait de la science-fiction. Dans un territoire lamin&#233; par des &#233;pid&#233;mies justifiant un contr&#244;le permanent et intrusif de la population, survol&#233; de drones inquisiteurs, plong&#233; dans une nuit permanente &#233;voquant l'absence de perspective et le confinement, un pr&#233;sident schizophr&#232;ne r&#233;gnait avec un autoritarisme croissant sur une population habitu&#233;e &#224; raser les murs. L'action n'&#233;tait certes situ&#233;e qu'en 2034, mais tout est all&#233; un peu plus vite que pr&#233;vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le sait, le virus qui a heurt&#233; de plein fouet le monde que nous connaissions acc&#233;l&#232;re, amplifie, grossit, d&#233;nude tout ce qui existait d&#233;j&#224; auparavant. Au plus profond de ce que nous sommes, il nous est d&#233;sormais de plus en plus difficile de faire semblant de ne pas voir, de ne pas entendre, de ne pas sentir, m&#234;me l&#224; o&#249; nous y &#233;tions auparavant plus ou moins contraints pour continuer &#224; vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette crise, l'ignorance, le pessimisme, le despotisme, le narcissisme, le mythe de l'homme fort et du lib&#233;rateur, la gestion des individus et des pays comme s'ils &#233;taient des entreprises, la difficult&#233; &#224; trouver du sens, le m&#233;pris pour l'environnement et l'ensemble du vivant atteignent un paroxysme. Et pourtant, si cette crise nous est si difficile &#224; vivre, c'est bien que tout n'est pas perdu. &#171; &lt;i&gt;Tant qu'on peut dire que &#231;a ne pourrait pas &#234;tre pire, c'est qu'on n'a pas encore atteint le pire&lt;/i&gt; &#187;, disait l'&#233;crivain Karl Kraus dans l'Autriche des ann&#233;es 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Halte&lt;/i&gt;, qui porte bien son titre, comme pour ordonner l'arr&#234;t d'un monde qui ne pense plus qu'&#224; se h&#226;ter vers sa fin, le leader d'un groupe de r&#233;sistants obstin&#233; dans son opposition &#224; la dictature voit sa route bifurquer alors qu'il tombe par hasard sur un camp d'enfants orphelins qui parlent, jouent et rient autour d'un feu. Il s'arr&#234;te, les regarde, se sent touch&#233; par eux. Il r&#233;oriente sa lutte, dor&#233;navant moins motiv&#233;e par ses r&#233;flexions th&#233;oriques et la destitution d'un monstre que par son sentiment de communaut&#233; avec ces &#234;tres humains qui l'entourent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas nous endurcir. Ne pas cesser de nous regarder les uns les autres. Ne pas &#233;touffer notre rage face &#224; ceux qui m&#233;prisent la vie humaine au point de ne la consid&#233;rer que comme le carburant d'une &#233;conomie, notre tristesse devant ceux qui meurent seuls et dans des conditions indignes, notre joie avec ceux qui veulent continuer &#224; rire, &#224; r&#233;fl&#233;chir et &#224; vivre avec nous. Ne c&#233;der aux pi&#232;ges ni des technocrates entrepreneurs d'eux-m&#234;mes, ni des donneurs de le&#231;ons revenus de tout, jamais d&#233;&#231;us et jamais trahis puisqu'ils avaient toujours pr&#233;vu le pire. Le soin, l'empathie, la solidarit&#233; : plus que jamais, ces comportements dont on n'a pas cess&#233; de nous faire croire qu'ils &#233;taient l'apanage des femmes nous seront n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans oublier l'espoir, que la militante am&#233;ricaine Mariame Kaba&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Son slogan &#171; Hope is a discipline &#187; a notamment &#233;t&#233; repris par la Women's (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; propose de consid&#233;rer comme une discipline. Il n'interdit ni la tristesse ni le d&#233;couragement, n'emp&#234;che pas de consid&#233;rer qu'il y a des raisons l&#233;gitimes de vouloir baisser les bras ; mais il porte en lui l'id&#233;e qu'un changement est toujours possible, dans un sens comme dans l'autre ; que contrairement &#224; une minorit&#233; de personnages m&#233;prisables, une majorit&#233; souhaite un monde juste ; que nos temporalit&#233;s et nos actions sont insignifiantes au regard de la longue histoire dans laquelle nous nous inscrivons, mais peuvent changer la vie de celles et ceux qui nous entourent ; et que c'est peut-&#234;tre le plus important.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Hermann&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Son slogan &#171; &lt;i&gt;Hope is a discipline&lt;/i&gt; &#187; a notamment &#233;t&#233; repris par la Women's March et par la future pr&#233;sidente du monde Alexandria Ocasio-Cortez.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Je ne regrette pas d'avoir invent&#233; le 8 mars &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Je-ne-regrette-pas-d-avoir-invente</link>
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		<dc:date>2021-03-08T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Hermann, Simone Sittwe</dc:creator>


		<dc:subject>Marine Summercity</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
		<dc:subject>Clara Zetkin</dc:subject>
		<dc:subject>Parti communiste</dc:subject>
		<dc:subject>C'est vrai</dc:subject>
		<dc:subject>Journ&#233;e internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Die Gleichheit</dc:subject>
		<dc:subject>Rosa Luxemburg</dc:subject>
		<dc:subject>mars</dc:subject>
		<dc:subject>vrai</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D&#233;c&#233;d&#233;e en 1933, Clara Zetkin &#233;tait une militante socialiste, d&#233;put&#233;e et journaliste allemande. M&#233;connue, elle est pourtant &#224; l'origine de la Journ&#233;e internationale des droits des femmes. Interview fictive. Fid&#232;le amie de Rosa Luxemburg, avec qui elle a fond&#233; la Ligue spartakiste, anc&#234;tre du Parti communiste d'Allemagne (KPD), Clara Zetkin a &#233;t&#233; d&#233;put&#233;e au Parlement allemand de 1920 &#224; 1933, avant de mourir en exil &#224; Moscou. Fervente d&#233;fenseure de l'acc&#232;s des femmes au march&#233; du travail, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no196-mars-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;196 (mars 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Marine-Summercity" rel="tag"&gt;Marine Summercity&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Clara-Zetkin" rel="tag"&gt;Clara Zetkin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Parti-communiste" rel="tag"&gt;Parti communiste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est-vrai" rel="tag"&gt;C'est vrai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Journee-internationale" rel="tag"&gt;Journ&#233;e internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Die-Gleichheit" rel="tag"&gt;Die Gleichheit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Rosa-Luxemburg" rel="tag"&gt;Rosa Luxemburg&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mars" rel="tag"&gt;mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vrai" rel="tag"&gt;vrai&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;c&#233;d&#233;e en 1933, Clara Zetkin &#233;tait une militante socialiste, d&#233;put&#233;e et journaliste allemande. M&#233;connue, elle est pourtant &#224; l'origine de la Journ&#233;e internationale des droits des femmes. Interview fictive.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3591 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH360/-1734-32be8.jpg?1779815892' width='500' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fid&#232;le amie de Rosa Luxemburg, avec qui elle a fond&#233; la Ligue spartakiste, anc&#234;tre du Parti communiste d'Allemagne (KPD), Clara Zetkin a &#233;t&#233; d&#233;put&#233;e au Parlement allemand de 1920 &#224; 1933, avant de mourir en exil &#224; Moscou. Fervente d&#233;fenseure de l'acc&#232;s des femmes au march&#233; du travail, elle a &#233;galement dirig&#233; pendant vingt-cinq ans le journal &lt;i&gt;Die Gleichheit &lt;/i&gt;(&#171; L'&#201;galit&#233; &#187;), un outil d'&#233;ducation populaire destin&#233; aux ouvri&#232;res. En 1910, elle propose de lancer une Journ&#233;e internationale des femmes en faveur du droit de vote, de l'&#233;galit&#233; entre les sexes et du socialisme. La premi&#232;re est organis&#233;e le 19 mars 1911 ; elle sera ensuite fix&#233;e au 8 mars. Clara Zetkin a &#233;galement contribu&#233; &#224; la cr&#233;ation de l'Internationale socialiste des femmes et a particip&#233;, en d&#233;cembre 1920, au congr&#232;s de Tours, o&#249; elle a jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif dans la fondation du futur Parti communiste fran&#231;ais. Quatre-vingt-huit ans apr&#232;s son d&#233;c&#232;s, elle r&#233;pond &#224; nos questions.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pardon de vous importuner jusque l&#224; o&#249; vous &#234;tes... Pour commencer, comment allez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je dois d'abord vous dire, avec tout l'&#233;go&#239;sme dont les morts sont capables, que je ne suis pas m&#233;contente de ne pas vivre &#224; votre &#233;poque. Je n'aurais pas du tout aim&#233; qu'on m'enfonce des b&#226;tonnets dans le nez pour un test PCR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, vous avez sans conteste v&#233;cu quelques avanc&#233;es par rapport &#224; mon temps. Par exemple, les femmes accomplissent moins de t&#226;ches m&#233;nag&#232;res gr&#226;ce &#224; l'&#233;lectrom&#233;nager (et &#224; quelques hommes). Mais il y a encore beaucoup de choses qui laissent franchement &#224; d&#233;sirer. Quand on voit par exemple l'&#233;tat dans lequel sont vos syndicats... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est vrai. Mais, parmi les rares &#233;l&#233;ments positifs, on constate que de plus en plus de gens combattent les dominations dans des luttes &#224; la fois sp&#233;cifiques et convergentes, un peu dans la lign&#233;e de ce que vous &#233;criviez... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous allez me dire que j'ai th&#233;oris&#233; l'intersectionnalit&#233; avant tout le monde ? &#187; [&lt;i&gt;Rires.&lt;/i&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas sous ce terme, &#233;videmment, mais quelques-uns de vos textes y font vraiment penser... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Certes, m&#234;me si je n'ai rien dit de fulgurant &#224; ce sujet. Simplement que les oppressions s'additionnent, que les victimes de chaque type sp&#233;cifique de domination doivent organiser sp&#233;cifiquement leur lutte, de fa&#231;on parall&#232;le et compl&#233;mentaire &#224; la lutte des classes, qui est bien s&#251;r importante, mais ne doit pas &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme prioritaire... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout &#231;a n'est d&#233;cid&#233;ment pas tr&#232;s &#233;loign&#233; du discours de ceux qu'on qualifie aujourd'hui d'&#171; intersectionnels &#187; ou, plus traditionnellement, d'&#171; ennemis de la luttes des classes &#187;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est vrai. C'est vrai aussi qu'en lisant et en &#233;coutant vos contemporains, on peine &#224; croire que ces choses-l&#224; avancent aussi lentement, alors qu'on en parlait d&#233;j&#224; deux si&#232;cles avant vous... Pourtant, ces combats ne sont en aucun cas antagonistes et, pour ma part, me dresser au c&#244;t&#233; des femmes ne m'a jamais d&#233;tourn&#233;e du combat anticapitaliste. La preuve, dans mon discours au congr&#232;s de fondation de la Deuxi&#232;me Internationale &#224; Paris, en juillet 1889, j'avais tenu &#224; rappeler que, quand bien m&#234;me les femmes se lib&#233;raient de leur d&#233;pendance &#233;conomique envers leur mari en travaillant, rien n'&#233;tait acquis : d'esclaves de leur homme, elles devenaient celles de leur employeur, ne changeant finalement que de ma&#238;tre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a une autre chose qui date de votre &#233;poque et qui reste d'une actualit&#233; br&#251;lante, c'est la Journ&#233;e internationale des droits des femmes...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#199;a, honn&#234;tement, je ne l'aurais pas cru. M&#234;me si, bien s&#251;r, les revendications port&#233;es par cette journ&#233;e internationale ont &#233;volu&#233; au fil du temps. En revanche, je me suis retourn&#233;e dans ma tombe quand j'ai vu ce que vous en aviez fait &#224; Marseille : vous souvenez-vous que le 8 mars 2016, Jean-Marie Bigard y avait &#233;t&#233; invit&#233; pour inaugurer un &#8220;festival d'art et d'humour au f&#233;minin&#8221; ? &#192; peine un an et demi avant le mouvement #MeToo... Mais je vous taquine, je sais qu'entre-temps le 8 mars a repris ses lettres de noblesse et je ne regrette pas de l'avoir invent&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, est-ce qu'il y a des choses que vous regrettez ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ne pas avoir &#233;t&#233; pr&#232;s de Rosa Luxemburg quand elle est morte. Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais elle avait particip&#233; &#224; l'insurrection de 1919, qu'elle jugeait pourtant pr&#233;matur&#233;e, par fid&#233;lit&#233; au mouvement r&#233;volutionnaire. Elle a &#233;t&#233; tu&#233;e d'une balle dans le cr&#226;ne par un militaire, sur le chemin de la prison o&#249; on l'emmenait, juste apr&#232;s avoir publi&#233; un article titr&#233; &#8220;L'Ordre r&#232;gne &#224; Berlin&#8221;, &#224; propos de la r&#233;pression. Ses assassins ont ensuite essay&#233; de r&#233;pandre la rumeur selon laquelle elle aurait &#233;t&#233; tu&#233;e par une foule en col&#232;re. Quel enfer ! C'&#233;tait vraiment une grande dame, une amie sinc&#232;re, avec qui nous partagions le m&#234;me genre de convictions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez toutes les deux men&#233; des vies tr&#232;s libres...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On &#233;tait d'accord sur le fait que la r&#233;volution, la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la solidarit&#233;, c'&#233;tait partout, tout le temps, et surtout d&#232;s maintenant. On avait une grande soif de vivre, on voulait &#234;tre &#233;mancip&#233;es dans tous les aspects de notre vie, et que ce soit le cas de tous et toutes nos camarades de lutte. Je ne m'&#233;tendrai pas sur ma vie intime, mais il est vrai que je ne me suis jamais mari&#233;e avec le p&#232;re de mes deux enfants. J'ai tout de m&#234;me fini par &#233;pouser un autre homme, de 18 ans mon cadet. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a eu des moments o&#249; vous avez eu peur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand j'ai prononc&#233; mon fameux discours d'ouverture en tant que doyenne du Reichstag, une diatribe contre le fascisme, en ao&#251;t 1932 au Parlement allemand, devant un parterre de nazis, je n'en menais pas large. On a d&#251; me faire sortir par une porte d&#233;rob&#233;e pour me prot&#233;ger des nazillons, tellement ils &#233;taient furieux contre moi. Je suis retourn&#233;e fissa en URSS o&#249; j'ai encore pu continuer &#224; m'opposer &#224; Staline pendant mes derniers mois de vie terrestre... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La ligne de cr&#234;te sur laquelle vous &#234;tes rest&#233;e toute votre vie, communiste mais antistalinienne, f&#233;ministe mais du c&#244;t&#233; des ouvri&#232;res, est admirable...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je n'en ai pas moins &#233;t&#233; balay&#233;e par l'histoire, probablement pour les raisons que vous citez, et aussi, &#233;videmment, parce que je suis une femme. Mais je sais que mes id&#233;es continuent &#224; infuser m&#234;me sans mon nom et c'est le plus important. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui, vous auriez un message &#224; nous faire passer ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne voudrais pas avoir l'air d'une vieille bique, mais je voudrais vous dire de ne rien l&#226;cher. Les choses avancent tr&#232;s lentement, c'est s&#251;r, mais tout de m&#234;me, un certain nombre d'entre elles bougent vrai ment. Si l'on consid&#232;re que la gauche telle qu'on la conna&#238;t a &#233;merg&#233; en 1789, &#231;a ne fait que deux-cent-trente-deux ans, &#224; l'&#233;chelle de l'humanit&#233;, c'est une broutille ! Et est-ce que vous vous rendez compte des si&#232;cles de barbarie, de violence qui la pr&#233;c&#232;dent et auxquelles elle doit faire face ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous imagine d&#233;sesp&#233;r&#233;s par le contexte actuel. Mais, tant que les choses n'ont pas pris un chemin totalement irr&#233;versible, on ne sait pas ce qui peut se passer. Alors &#231;a vaut le coup de continuer &#224; se battre et &#224; diffuser des id&#233;es comme je l'ai fait, parce que c'est aussi cette permanence, cette continuit&#233;, cette transmission qui permettent aux g&#233;n&#233;rations qui nous suivent de se dire qu'elles ont raison d'y croire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous restez sur cette note solennelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je terminerai sur une citation de L&#233;nine : &#8220;&lt;i&gt;Patience et ironie sont des vertus r&#233;volutionnaires.&lt;/i&gt;&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Simone Sittwe &amp; Marie Hermann&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marie Hermann est cofondatrice des &#233;ditions Hors d'atteinte qui viennent de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Marie Hermann est cofondatrice des &#233;ditions Hors d'atteinte qui viennent de publier &lt;i&gt;Je veux me battre partout o&#249; il y a de la vie&lt;/i&gt;, recueil de textes, discours et lettres de Clara Zetkin, assortis d'une autobiographie et d'un texte d'Angela Davis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>P&#233;n&#233;tration, j'&#233;cris ton nom</title>
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		<dc:date>2020-08-11T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
		<dc:subject>n'est</dc:subject>
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		<dc:subject>femmes h&#233;t&#233;rosexuelles</dc:subject>
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		<dc:subject>rapport n'est</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Accus&#233;e de perp&#233;tuer une sexualit&#233; avant tout reproductive et essentiellement h&#233;t&#233;rosexuelle, ax&#233;e sur le d&#233;sir, le plaisir et le rythme des hommes, la p&#233;n&#233;tration s'attire actuellement les foudres les plus f&#233;roces... Accus&#233;e de perp&#233;tuer une sexualit&#233; avant tout reproductive et essentiellement h&#233;t&#233;rosexuelle, ax&#233;e sur le d&#233;sir, le plaisir et le rythme des hommes, la p&#233;n&#233;tration s'attire actuellement les foudres les plus f&#233;roces. Le rapport de domination sous-entendu dans moult insultes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no189-juillet-aout-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;189 (juillet-ao&#251;t 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/rapport" rel="tag"&gt;rapport&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/s-attire-actuellement" rel="tag"&gt;s'attire actuellement&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/rapport-n-est" rel="tag"&gt;rapport n'est&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Accus&#233;e de perp&#233;tuer une sexualit&#233; avant tout reproductive et essentiellement h&#233;t&#233;rosexuelle, ax&#233;e sur le d&#233;sir, le plaisir et le rythme des hommes, la p&#233;n&#233;tration s'attire actuellement les foudres les plus f&#233;roces...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Accus&#233;e de perp&#233;tuer une sexualit&#233; avant tout reproductive et essentiellement h&#233;t&#233;rosexuelle, ax&#233;e sur le d&#233;sir, le plaisir et le rythme des hommes, la p&#233;n&#233;tration s'attire actuellement les foudres les plus f&#233;roces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de domination sous-entendu dans moult insultes s'y r&#233;f&#233;rant ne va pourtant pas de soi. Dans le cadre d'un rapport h&#233;t&#233;rosexuel, la p&#233;n&#233;tration peut tout aussi bien &#234;tre v&#233;cue comme un moment o&#249; une femme prend en elle, enserre, enferme le sexe de son partenaire &#8211; et non o&#249; elle serait conquise, poss&#233;d&#233;e ou prise. Dans tous les rapports imaginables, la p&#233;n&#233;tration peut &#234;tre pratiqu&#233;e sur bien des orifices, par le biais d'objets divers, avec une imagination dont les m&#233;decins urgentistes lib&#233;rant des rectums peuvent t&#233;moigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sexualit&#233; p&#233;n&#233;trative est une convention sociale certes destin&#233;e, comme toutes les autres, &#224; reproduire un ordre (injuste), mais aussi &#224; rassurer les individus qui la respectent : dans la grande vuln&#233;rabilit&#233; qu'implique souvent un rapport sexuel, et alors que rencontrer un nouveau corps nu est d&#233;j&#224; bien assez d&#233;stabilisant en soi, des partenaires peuvent avoir besoin de se montrer qu'ils connaissent la musique, suivent une chor&#233;graphie bien apprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est ind&#233;niable que le faible taux de femmes h&#233;t&#233;rosexuelles prenant r&#233;guli&#232;rement leur pied gr&#226;ce &#224; cette pratique donne envie de se pendre&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De 25 &#224; 30 % selon le Nietzsche de la sexualit&#233; p&#233;n&#233;trative, Martin Page. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Il n'est pas moins s&#251;r que, mal mise en &#339;uvre, elle favorise des maux souvent r&#233;serv&#233;s aux femmes : microd&#233;chirures, mycoses, blessures. Il est certain aussi qu'un d&#233;roul&#233; s'articulant autour de la p&#233;n&#233;tration comme alpha et om&#233;ga du rapport n'est pas &#224; l'avantage de beaucoup d'entre elles. Mais est-elle pour autant la perfide coupable de toutes nos frustrations ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;n&#233;tration n'est pas non plus la panac&#233;e de tous les hommes, y compris h&#233;t&#233;rosexuels. C'est, pour beaucoup d'entre eux, un crash-test de virilit&#233; dont ils se passeraient bien. C'est aussi un symbole de la fa&#231;on dont ils sont construits en tant qu'hommes : ils y sont comme ailleurs violemment simplifi&#233;s (r&#233;duits &#224; leur sexe, &#171; faciles &#224; comprendre &#187;, assign&#233;s &#224; un comportement binaire) et rendus insensibles (cens&#233;ment toujours capables &#171; d'assurer &#187;, jamais d&#233;stabilis&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il faut condamner une pratique pour en favoriser d'autres, comme on interdirait les chips &#224; un enfant pour l'obliger &#224; aimer les brocolis, n'est-ce pas le signe d'un manque d&#233;sastreux d'imagination ? A-t- on vraiment besoin d'une &#233;ni&#232;me moralisation de nos pratiques sexuelles, qui nous raconte encore que nous sommes de mauvaises femmes, f&#233;ministes, compagnes, partenaires par le simple fait de nos go&#251;ts et de nos pratiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; condition qu'on &#233;volue dans un cadre r&#233;ellement priv&#233;, entre adultes r&#233;ellement consentants, ne serait-on pas plus heureux si nous faisions du sexe, comme de l'humour, un espace de vraie libert&#233; o&#249; l'on pourrait se permettre de dire et de faire l'inverse (ou la m&#234;me chose) de ce qu'on d&#233;fend d'habitude, de mettre temporairement en actes nos contradictions si terriblement humaines, de l&#226;cher les chevaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'y a-t-il pas l&#224; un grave probl&#232;me de prise en compte du plaisir des femmes h&#233;t&#233;rosexuelles mais aussi, plus largement, du plaisir tout court ? Combien d'entre nous sont encore travers&#233;s par des exigences de performance, d'absurdes volont&#233;s de se prouver des choses, une morale jud&#233;o-chr&#233;tienne aussi collante qu'&#201;ric Zemmour sur un plateau de CNews et, plus largement, le refus d'&#233;prouver le bonheur m&#234;me le plus &#233;ph&#233;m&#232;re de peur qu'il se sauve ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est qu'&#224; voir &#224; quel point la morale gangr&#232;ne le monde militant, comme tous les autres, pour constater &#224; quel point la conviction que nous sommes sur terre pour souffrir reste tenace. On n'est jamais assez radicaux, assez conscients, assez angoiss&#233;s, assez mobilis&#233;s, et quiconque ose dire dans un monde comme le n&#244;tre qu'il est heureux malgr&#233; tout se voit imm&#233;diatement taxer de na&#239;vet&#233;, de b&#234;tise et d'aveuglement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; part peut-&#234;tre un entra&#238;neur de footballeurs, plus personne ne peut pourtant avancer d&#233;cemment que les orgasmes emp&#234;chent de travailler, de manifester ou de r&#233;fl&#233;chir. En p&#233;n&#233;trant ou en enserrant, en doigtant, mordant, su&#231;ant, l&#233;chant, embrassant ou en ne faisant rien de tout cela, jouissons vite ou longuement, bruyamment ou silencieusement, ensemble ou s&#233;par&#233;ment, mais jouissons.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Hermann&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&gt;&gt;&gt; Cet article est extrait d'un dossier de 17 pages consacr&#233; aux sexualit&#233;s, publi&#233; sur papier dans le num&#233;ro 189 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (juillet-ao&#251;t 2020).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;De 25 &#224; 30 % selon le Nietzsche de la sexualit&#233; p&#233;n&#233;trative, Martin Page. &lt;i&gt;Au-del&#224; de la p&#233;n&#233;tration&lt;/i&gt;, Le Nouvel Attila, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Deux ans apr&#232;s #MeToo : un bilan intime et politique</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Deux-ans-apres-MeToo-un-bilan</link>
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		<dc:date>2020-01-21T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
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		<dc:subject>J'ai pleur&#233;</dc:subject>
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		<dc:subject>Johanna Luyssen</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Finalement, #MeToo, c'est un peu comme la mort de Diana ou le 11 Septembre : nous savons tous o&#249; nous &#233;tions et ce que nous faisions, quand bien m&#234;me le ph&#233;nom&#232;ne n'a pas consist&#233; en une d&#233;flagration r&#233;unissant le monde entier devant des &#233;crans de t&#233;l&#233;vision. Nous sommes tous et toutes marqu&#233;&#8226;es par un moment de bascule, une prise de conscience, un &#233;v&#233;nement qui dessine un avant et un apr&#232;s. Pour moi, ce moment est arriv&#233; en octobre 2017, alors que j'&#233;coutais L'Hymne des femmes, que la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no183-janvier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;183 (janvier 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/J-ai-pleure" rel="tag"&gt;J'ai pleur&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/phenomene-n-a" rel="tag"&gt;ph&#233;nom&#232;ne n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Septembre" rel="tag"&gt;Septembre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pleure" rel="tag"&gt;pleur&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Diana" rel="tag"&gt;Diana&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Johanna-Luyssen" rel="tag"&gt;Johanna Luyssen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/monde-entier" rel="tag"&gt;monde entier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/conscience" rel="tag"&gt;conscience&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;F&lt;/span&gt;inalement, #MeToo, c'est un peu comme la mort de Diana ou le 11 Septembre : nous savons tous o&#249; nous &#233;tions et ce que nous faisions, quand bien m&#234;me le ph&#233;nom&#232;ne n'a pas consist&#233; en une d&#233;flagration r&#233;unissant le monde entier devant des &#233;crans de t&#233;l&#233;vision. Nous sommes tous et toutes marqu&#233;&#8226;es par un moment de bascule, une prise de conscience, un &#233;v&#233;nement qui dessine un avant et un apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour moi, ce moment est arriv&#233; en octobre 2017,&lt;/strong&gt; alors que j'&#233;coutais&lt;i&gt; L'Hymne des femmes&lt;/i&gt;, que la journaliste Johanna Luyssen avait plac&#233; &#224; la fin d'un article sur la vague f&#233;ministe qui commen&#231;ait &#224; enfler. J'&#233;tais dans le salon vide de l'appartement que j'&#233;tais en train de quitter apr&#232;s m'&#234;tre s&#233;par&#233;e d'un compagnon violent. J'ai pleur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai pleur&#233; d'avoir enfin r&#233;ussi &#224; m'&#233;chapper&lt;/strong&gt; de ce couple et de pouvoir commencer une vie plus libre. J'ai pleur&#233; sur la beaut&#233; de ce chant, qui m'a toujours donn&#233; la chair de poule, sur les milliards de mots qui d&#233;ferlaient alors partout dans le monde pour dire la haine et les attaques que nous subissons toutes tous les jours. J'ai pleur&#233; d'&#233;puisement, de lassitude qu'on en soit encore l&#224;. J'ai pleur&#233; en pensant &#224; notre condition commune, &#224; tout ce qui nous rassemble, nous, les femmes, quelle que soit la d&#233;finition qu'on donne &#224; ce mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il s'est pass&#233; tant de choses depuis. &lt;/strong&gt;Comme pour beaucoup d'entre nous, et &#224; cause d'une s&#233;rie de hasards plus ou moins li&#233;s &#224; #MeToo, mon f&#233;minisme s'est intensifi&#233;. Je me suis radicalis&#233;e. J'ai lu, &#233;crit, parl&#233;, pris conscience, manifest&#233;. J'ai fait de la p&#233;dagogie et ouvertement refus&#233; d'en faire, j'ai d&#233;cr&#233;t&#233; des journ&#233;es &#171; pauses de f&#233;minisme &#187; o&#249; je restais dans un d&#233;ni qui me reposait, j'ai engueul&#233; des hommes partout o&#249; j'en croisais, j'ai rompu avec des amis et des amants. J'ai cherch&#233; &#224; &#233;radiquer mes fantasmes de domination sans parvenir &#224; les remplacer. J'ai questionn&#233; mon h&#233;t&#233;rosexualit&#233;. J'ai fait de la boxe. J'ai r&#233;fl&#233;chi &#224; des strat&#233;gies pour ne pas les d&#233;tester tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mon rapport aux hommes a chang&#233;.&lt;/strong&gt; Plus que jamais, j'ai envie d'y arriver avec eux et pas sans eux. Ceux &#224; qui je ne fais pas peur me racontent avec franchise et lucidit&#233; ce qui se passe de l'autre c&#244;t&#233; de la domination : l'angoisse qu'une compagne dont ils ne sont pas vraiment amoureux d&#233;pende d'eux financi&#232;rement, la conscience qu'ils n'ont pas toujours &#233;t&#233; irr&#233;prochables sur la question du consentement, la peur qu'un geste ou un mot mal interpr&#233;t&#233; d&#233;truise leur carri&#232;re. Le fait qu'ils ne sont plus toujours les bienvenus pour aborder certains sujets en public, le sentiment qu'il y a dans les rapports amoureux bien d'autres rapports de force que la domination masculine. La g&#234;ne de fantasmer des violences sans parvenir &#224; autre chose pour le moment, et tout cet infini bordel concernant la p&#233;n&#233;tration, dont personne ne sait si c'est en soi un geste humiliant et s'il serait pr&#233;f&#233;rable que plus personne ne p&#233;n&#232;tre personne ou, au contraire, que tout le monde soit p&#233;n&#233;tr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mon rapport aux femmes a chang&#233; aussi :&lt;/strong&gt; je suis revenue de certaines illusions sur ce qu'on appelle d&#233;sormais la sororit&#233;, j'ai pris conscience que je savais bien moins r&#233;pondre &#224; la violence des femmes qu'&#224; celle des hommes. J'ai commenc&#233; &#224; cr&#233;er des choses entre femmes et observ&#233; l'incroyable &#233;nergie qui pouvait se d&#233;gager de ces instants gagn&#233;s sur le patriarcat. J'ai v&#233;cu des moments magnifiques de solidarit&#233; dans la rue, les trains, le travail, les bars et l'amiti&#233; qui sont venus plus simplement, plus puissamment qu'avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux ans apr&#232;s cette immense d&#233;flagration&lt;/strong&gt; qui a boulevers&#233; la vie intime et politique de beaucoup d'entre nous, face &#224; tout ce qui reste &#224; faire et qui est aussi immense que d&#233;sesp&#233;rant, le danger que je redoute le plus est celui que pointent Carla Bergman et Nick Montgomery dans &#171; D&#233;faire le radicalisme rigide &#187; &lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Disponible sur le site Expansive.info, ce texte est la traduction d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ils y racontent comment, dans une f&#234;te, un militant a interrompu Emma Goldman (1869-1940) alors qu'elle &#233;tait en train de danser, pour lui dire d'un ton lugubre qu'un tel comportement n'&#233;tait pas digne d'une militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans des temps qui exigent,&lt;/strong&gt; permettent, appellent de la radicalit&#233;, m&#233;fions-nous de nos tendances &#224; traquer les erreurs en nous et chez les autres. De nos cat&#233;gories toutes faites, du plaisir de se sentir radical et de la peur de ne pas l'&#234;tre assez. De nos tendances &#224; ne juger que les actes dits et affich&#233;s et d'omettre ceux qui sont plus discrets. De notre facilit&#233; &#224; perdre notre confiance en nous et dans les autres. Dans nos radicalisations respectives, dans nos d&#233;sespoirs intimes et politiques, surtout, surtout, n'oublions pas de danser.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Hermann&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Disponible sur le site Expansive.info, &lt;a href=&#034;https://expansive.info/Defaire-le-radicalisme-rigide-1364&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ce texte&lt;/a&gt; est la traduction d'un extrait du livre &lt;i&gt;Joyful Militancy &#8211; Building Thriving Resistance in Toxic Times&lt;/i&gt;, paru en anglais chez AK Press en 2017. Merci &#224; Maya Mihindou pour cet &#233;ni&#232;me pr&#233;cieux conseil.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Voile, prostitution : pi&#232;ge &#224; cons</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Voile-prostitution-piege-a-cons</link>
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		<dc:date>2019-10-18T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le voile et la prostitution ont supplant&#233; depuis longtemps, parmi les f&#233;ministes fran&#231;aises, les fameux &#171; religion et politique &#187; interdits pendant les repas de famille pour &#233;viter les bastons. On les contourne, y &#233;chappe, les repousse : et l'auteure de cette chronique sait bien quel amour du risque n&#233;vrotique l'am&#232;ne &#224; en parler ici. Il existe pourtant un angle rarement abord&#233; qui gagnerait &#224; l'&#234;tre plus souvent &#8211; &#233;tant entendu d'embl&#233;e que nous ne parlerons ici de voile et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no178-juillet-aout-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;178 (juillet-ao&#251;t 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sarah-Fisthole" rel="tag"&gt;Sarah Fisthole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-elles-fournissent" rel="tag"&gt;qu'elles fournissent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le voile et la prostitution ont supplant&#233; depuis longtemps, parmi les f&#233;ministes fran&#231;aises, les fameux &#171; religion et politique &#187; interdits pendant les repas de famille pour &#233;viter les bastons. On les contourne, y &#233;chappe, les repousse : et l'auteure de cette chronique sait bien quel amour du risque n&#233;vrotique l'am&#232;ne &#224; en parler ici.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3057 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH519/-1291-04d4e.jpg?1779603044' width='400' height='519' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Sarah Fisthole
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;I&lt;/span&gt;l existe pourtant un angle rarement abord&#233; qui gagnerait &#224; l'&#234;tre plus souvent &#8211; &#233;tant entendu d'embl&#233;e que nous ne parlerons ici de voile et de prostitution que dans le cas o&#249; l'un et l'autre ne sont pas impos&#233;s par un tiers. Pourquoi les femmes concern&#233;es par ces cat&#233;gories sont-elles les seules femmes de classe populaire qui &#233;meuvent la bourgeoisie&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Question qui traverse en filigrane l'excellent &#233;pisode d'un podcast &#224; soi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ? Pourquoi ne s'indigne-t-on pas tout aussi bruyamment du sort fait aux assistantes maternelles et aux aides &#224; domicile, de la sant&#233; d&#233;truite des caissi&#232;res, des horaires inhumains des femmes de m&#233;nage, de la violence abyssale que vivent dans la rue les femmes sans domicile fixe ? Pourquoi ne cherche-t-on pas &#224; lib&#233;rer avec la m&#234;me urgence et la m&#234;me d&#233;termination les m&#232;res isol&#233;es condamn&#233;es &#224; un temps partiel pr&#233;caire et en proie &#224; tous les harc&#232;lements, sans recours possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un cas comme dans l'autre, &lt;/strong&gt;on le sait, ce qui s'engouffre dans ces d&#233;bats d&#233;passe largement la domination masculine et le patriarcat : bien plus que de souffrance insupportable et de veille sur la la&#239;cit&#233;, il s'agit ici de morale et de racisme institutionnalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais ces figures arch&#233;typales,&lt;/strong&gt; caricaturales et r&#233;ductrices, reproduites partout jusqu'&#224; la naus&#233;e, de la prostitu&#233;e et de la femme voil&#233;e domin&#233;es, immatures, priv&#233;es de libre arbitre, ne sont-elles pas avant tout des repoussoirs utiles &#224; maintenir le syst&#232;me en place ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certaines prostitu&#233;es&lt;/strong&gt; disent qu'en les faisant payer, elles ont l'impression d'&#233;tablir un rapport plus &#233;quilibr&#233; avec les hommes que dans un lien de s&#233;duction classique &#8211; voire qu'elles se sentent ainsi mieux trait&#233;es par eux, que l'absence de gentillesse, d'empathie, de douceur, les blesse moins quand ce qu'elles fournissent en retour n'est pas de surcro&#238;t gratuit. D'autres disent qu'elles pr&#233;f&#232;rent se prostituer que de travailler chez McDo. Beaucoup avancent que ce qui rend leur vie difficile est bien moins le m&#233;tier en lui-m&#234;me que l'opprobre social et l'ins&#233;curit&#233; (&#233;conomique, corporelle) soigneusement orchestr&#233;e par les pouvoirs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si la prostitution n'&#233;tait pas si mal consid&#233;r&#233;e,&lt;/strong&gt; est-ce que dans ce monde-l&#224; &#8211; tr&#232;s violemment patriarcal et n&#233;olib&#233;ral &#8211;, il n'y aurait pas beaucoup plus de femmes qui voudraient l'exercer ? Est-ce qu'elles ne seraient pas bien plus nombreuses &#224; choisir d'&#234;tre r&#233;mun&#233;r&#233;es pour ce qu'elles fournissent d&#233;j&#224; gratuitement et parfois sans joie, et &#224; consid&#233;rer rationnellement que ce m&#233;tier n'est pas pire que beaucoup d'autres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La prostitution est aussi tr&#232;s utile&lt;/strong&gt; pour asseoir la domination &#233;conomique exerc&#233;e sur l'ensemble des femmes. L'&#233;cart salarial moyen entre hommes et femmes en France est actuellement de 24 %, &#224; quoi s'ajoutent les in&#233;galit&#233;s d'acc&#232;s au ch&#244;mage et &#224; la retraite dues aux p&#233;riodes non travaill&#233;es pour s'occuper des enfants, les temps partiels impos&#233;s par des modes de garde d&#233;faillants, les carri&#232;res ralenties ou bloqu&#233;es. &#192; quoi s'ajoute aussi le fait qu'&#234;tre une femme co&#251;te bien plus cher que d'&#234;tre un homme, depuis les frais incompressibles (sous peine, une fois encore, d'opprobre social) concernant l'apparence physique jusqu'&#224; ceux de sant&#233; et d'hygi&#232;ne, en passant par ceux impos&#233;s par la s&#233;curit&#233; (comme un retour en taxi la nuit par peur d'&#234;tre agress&#233;e dans la rue, si tant est qu'on puisse se le permettre). Au bout de la cha&#238;ne de cette oppression, il y a la prostitution, qui agit comme une menace agit&#233;e devant toutes les femmes : &#171; Si tu n'acceptes pas les r&#232;gles du jeu, tu sais ce qui t'attend. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le voile joue sur les m&#234;mes ressorts&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; : &lt;/strong&gt;rien de plus efficace, pour faire oublier la violence tranquille, quotidienne, unanimement tol&#233;r&#233;e, des hommes blancs, que de ne montrer que celle, pr&#233;tendument culturelle, des hommes noirs et arabes, dont seraient victimes les femmes voil&#233;es. D&#233;signer le voile comme une obligation vestimentaire dont il faudrait se lib&#233;rer de toute urgence est aussi utile &#224; faire oublier le contr&#244;le du corps auquel sont soumises les femmes qui ne sont pas voil&#233;es, de l'&#233;pilation &#224; la longueur de jupe en passant par la minceur, le maquillage et plus largement la s&#233;duction. Car c'est bien ce que le voile (entre autres) signale : le refus de s&#233;duire selon les crit&#232;res impos&#233;s par cette soci&#233;t&#233;. La fin d'une communication, de l'acceptation d'une r&#232;gle du jeu, d'une tentative de se faire aimer &#8211; y compris par ceux qui orchestrent et participent &#224; une haine raciste. Sans oublier le fait de se donner &#224; voir alors m&#234;me que son existence &#233;tait ni&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enfin,&lt;/strong&gt; la mise en avant constante de ces deux figures sert bien &#233;videmment &#224; rendre invisible la question de la classe, pourtant indissociable du f&#233;minisme, en mettant l'accent sur des questions de diversit&#233; et de communaut&#233;s, et &#224; d&#233;politiser ces questions, &#224; cacher les responsabilit&#233;s institutionnelles comme les mobilisations collectives, pour faire croire que ces choix ne sont qu'individuels et doivent uniquement &#234;tre trait&#233;s comme tels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour conclure,&lt;/strong&gt; ces quelques lignes de &lt;i&gt;L'Hymne des femmes&lt;/i&gt; ne devraient pas nous faire de mal : &#171; &lt;i&gt;Ils nous ont divis&#233;es, les femmes / Et de nos s&#339;urs s&#233;par&#233;es. / Le temps de la col&#232;re, les femmes / Notre temps est arriv&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Hermann&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Question qui traverse en filigrane l'excellent &#233;pisode d'un &lt;i&gt;podcast &#224; soi&lt;/i&gt; (Arte Radio) que Charlotte Bienaim&#233; a consacr&#233; &#224; la prostitution, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.arteradio.com/son/61660960/le_prix_du_sexe_15&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le prix du sexe. Prostitution, quel est le probl&#232;me ?&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Telle est prise qui croyait prendre</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
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		<dc:subject>Catherine Deneuve</dc:subject>
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&lt;p&gt;Soyons franche : si on peut appeler &#171; syndrome Catherine Deneuve &#187; le d&#233;ni consistant &#224; refuser de se consid&#233;rer comme une victime de la domination masculine aux c&#244;t&#233;s des autres femmes afin de simplifier sa vie (qui n'est d&#233;j&#224; pas facile), cette appellation peut tout &#224; fait s'appliquer &#224; ma vie sexuelle. Autrement dit, une sorte de r&#233;flexe de survie orgasmique m'a jusque-l&#224; emp&#234;ch&#233;e de consid&#233;rer en toute d&#233;ontologie les liens qu'y entretiennent le sexe et la violence Ils sont pourtant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no168-septembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;168 (septembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sexualite" rel="tag"&gt;sexualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Catherine-Deneuve" rel="tag"&gt;Catherine Deneuve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Soyons-franche" rel="tag"&gt;Soyons franche&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/n-est-deja" rel="tag"&gt;n'est d&#233;j&#224;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/syndrome-Catherine" rel="tag"&gt;syndrome Catherine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Deneuve" rel="tag"&gt;Deneuve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/domination-masculine" rel="tag"&gt;domination masculine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Soyons franche&lt;/strong&gt; : si on peut appeler &#171; syndrome Catherine Deneuve &#187; &lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette &#233;ni&#232;me pique &#224; propos de la tribune que l'actrice fran&#231;aise a sign&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; le d&#233;ni consistant &#224; refuser de se consid&#233;rer comme une victime de la domination masculine aux c&#244;t&#233;s des autres femmes afin de simplifier sa vie (qui n'est d&#233;j&#224; pas facile), cette appellation peut tout &#224; fait s'appliquer &#224; ma vie sexuelle. Autrement dit, une sorte de r&#233;flexe de survie orgasmique m'a jusque-l&#224; emp&#234;ch&#233;e de consid&#233;rer en toute d&#233;ontologie les liens qu'y entretiennent le sexe et la violence &lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; propos du passage aussi douloureux qu'incontournable par la case &#171; victime (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ils sont pourtant universellement li&#233;s&lt;/strong&gt;, dans le porno le plus hard comme dans la culture la plus &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt;, la saga &lt;i&gt;Fifty Shades of Grey&lt;/i&gt; n'&#233;tant qu'un exemple r&#233;cent de l'extr&#234;me banalisation de ce qu'on appelle BDSM &lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bondage, discipline, sadomasochisme.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Pour ma part, je croyais avoir fait le tour de la question, ayant m&#234;me balay&#233; dans une chronique &lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Changer la soci&#233;t&#233; sans quitter son lit &#187;, chronique publi&#233;e dans le n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; d'un revers de drap la contradiction apparente qu'il y a &#224; se dire f&#233;ministe et &#224; aimer les fess&#233;es. Jusqu'&#224; ce que, apr&#232;s Weinstein et #metoo, tel un t&#233;l&#233;spectateur du JT du 26 avril 1986 r&#233;alisant que le nuage de Tchernobyl n'a aucune raison rationnelle de s'arr&#234;ter aux Alpes, je prenne brutalement conscience qu'il n'y a aucune raison rationnelle que la domination masculine &#233;pargne mon lit. Et que je me repose cette douloureuse question : si nous, femmes, combattons la violence avec force et d&#233;termination dans tous les domaines de notre vie, pourquoi diable faudrait-il qu'on l'accepte, voire qu'on la d&#233;sire et qu'on en jouisse, dans notre sexualit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au moins 80 % des soumis sont des femmes&lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut trouver des chiffres dans &#171; Bondage, sadomasochisme, domination, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Et si jolies que soient les fables qu'on se raconte sur la subversion du geste et le bonheur du jeu de r&#244;les, le fait est que tr&#232;s peu d'entre elles sont excit&#233;es &#224; l'id&#233;e de traiter leur partenaire de pute et de salope, de crier qu'il aime &#231;a petite chienne, de lui tirer les cheveux, de lui cracher au visage, de le gifler&#8230; bref, de le violenter. Comme si la sexualit&#233; offrait tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment le m&#234;me spectacle que tous les autres champs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;v&#233;nements de ces derniers mois&lt;/strong&gt; nous obligent sans doute &#224; repenser ce que nous avions int&#233;gr&#233; comme imprescriptible. Avec la sexualit&#233; violente, nous croyions l&#226;cher prise dans une bulle hors du monde, accepter temporairement ce qu'ailleurs nous ne laissions pas passer : mais le patriarcat serait-il si puissant que nous en venions &#224; jouir pr&#233;cis&#233;ment du moment o&#249; nous abdiquons devant lui ? Nous croyions nous sentir fortes parce que nous repoussions nos limites en encaissant les coups aussi dans la sexualit&#233;, alors qu'en tant que femmes nous sommes sans arr&#234;t ramen&#233;es &#224; notre pr&#233;tendue faiblesse, incapables de nous battre et de r&#233;sister &#224; la douleur. Mais la vraie force ne se trouve-t-elle pas plut&#244;t dans la cr&#233;ation et la r&#233;sistance que dans l'endurance ? Nous croyions aimer la douleur, ou ne pas &#234;tre d&#233;rang&#233;es par elle, parce que la fronti&#232;re avec le plaisir est floue : mais ne sommes-nous pas conditionn&#233;es &#224; relier le d&#233;sir et la douleur depuis qu'on nous r&#233;p&#232;te qu'il faut souffrir pour &#234;tre belle et que sans beaut&#233; il n'y a pas de d&#233;sir ? Combien de r&#233;flexions, de discussions, de d&#233;bats autour de cette question avons-nous conclu par un d&#233;finitif &#171; &lt;i&gt;De toute fa&#231;on, on ne peut rien y faire, ce sont nos fantasmes&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il n'y a pourtant rien d'&#233;tonnant &#224; ce que ce soient nos fantasmes&lt;/strong&gt; : on ne nous en a pas propos&#233; d'autres. D&#232;s l'enfance, nous avons grandi dans la d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre culture du viol &lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apparue aux &#201;tats-Unis lors de la vague de f&#233;minisme des ann&#233;es 1970, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; : la litt&#233;rature, le cin&#233;ma, la publicit&#233; n'ont cess&#233; de nous r&#233;p&#233;ter que nous jouirions ligot&#233;es, frapp&#233;es, viol&#233;es, que nous coucherions contraintes, coupables et inconscientes. Et &#231;a ne va pas en s'arrangeant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Or nous ne pouvons plus nous contenter&lt;/strong&gt; de l'argument selon lequel &#171; &lt;i&gt;on n'agit pas sur le d&#233;sir&lt;/i&gt; &#187;. Certes, le d&#233;sir est compliqu&#233;, tordu, foutraque, il m&#234;le du socialement construit et de sales petits secrets de famille, il contient une chose et son contraire&#8230; Mais reformater le d&#233;sir, n'est-ce pas pr&#233;cis&#233;ment ce qu'on demande aux hommes dont on ne veut plus qu'ils nous regardent comme des proies passives et consentantes ? N'avons-nous pas l&#224;, nous aussi, un r&#244;le d&#233;terminant &#224; jouer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui, repenser la sexualit&#233;&lt;/strong&gt; en la dissociant de la violence donne le tournis. &#192; tout le monde. Mais rien ne dit que cela emp&#234;che la fougue, les cris, les morsures et les griffures, les petits coups rapides entre deux portes, les levrettes imp&#233;tueuses, les sodomies impulsives et les orgasmes ravageurs. Il y a un monde entre la sexualit&#233; violente et la sexualit&#233; chiante : &#224; nous de l'explorer. Et au diable Catherine Deneuve. &lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette chronique doit beaucoup &#224; un long entretien que m'a accord&#233; le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette &#233;ni&#232;me pique &#224; propos de &lt;a href=&#034;https://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2018/01/09/nous-defendons-une-liberte-d-importuner-indispensable-a-la-liberte-sexuelle_5239134_3232.html?&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la tribune&lt;/a&gt; que l'actrice fran&#231;aise a sign&#233;e dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; le 9 janvier, &#171; Nous d&#233;fendons une libert&#233; d'importuner, indispensable &#224; la libert&#233; sexuelle &#187;, pourrait laisser croire &#224; un acharnement de la part de l'auteure de ces lignes &#8211; il n'en est rien, mais que faire quand on a &#233;t&#233; si d&#233;&#231;ue ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; propos du passage aussi douloureux qu'incontournable par la case &#171; victime &#187; sur le chemin pav&#233; de cailloux du f&#233;minisme, lire &lt;a href=&#034;https://lesantifeministessonttoutafaitfascinants.wordpress.com/2018/02/08/devenir-une-victime-devenir-feministe/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le billet&lt;/a&gt; &#171; Devenir une victime, devenir f&#233;ministe &#187;, publi&#233; sur le blog Les antif&#233;ministes sont tout &#224; fait fascinants, le 08/02/18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bondage, discipline, sadomasochisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Changer-la-societe-sans-quitter&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Changer la soci&#233;t&#233; sans quitter son lit &#187;&lt;/a&gt;, chronique publi&#233;e dans le n&#176; 113 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (juillet 2013).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On peut trouver des chiffres dans &#171; Bondage, sadomasochisme, domination, soumission : est-ce dangereux ? &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.slate.fr/story/75742/sm-bdsm-bondage-domination-soumission-danger&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; publi&#233; sur Slate le 16/08/13. Bien entendu, ceux-ci ne prennent pas en compte les pratiques de BDSM soft, pourtant tr&#232;s r&#233;pandues, ni les femmes ne se consid&#233;rant pas comme soumises mais consentant &#224; des pratiques violentes qui s'apparentent au BDSM.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Apparue aux &#201;tats-Unis lors de la vague de f&#233;minisme des ann&#233;es 1970, l'expression &#171; culture du viol &#187; d&#233;signe un ensemble de comportements cr&#233;&#233;, organis&#233;, transmis, encourageant l'agression sexuelle et banalisant les violences faites aux femmes, montrant la violence comme &#171; sexy &#187; et la sexualit&#233; comme violente, les hommes comme agressifs et les femmes comme passives. Les discours sur les &#171; pulsions &#187; naturelles et les &#171; besoins &#187; irr&#233;pressibles des hommes, entrent dans cet ensemble. La culture du viol est intimement li&#233;e &#224; la domination masculine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette chronique doit beaucoup &#224; un long entretien que m'a accord&#233; le courageux collectif Elles aiment &#231;a. Pour le suivre, voir sa &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/collectifellesaimentca/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;page Facebook&lt;/a&gt; ainsi que &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/elles-aiment-ca/blog&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le blog&lt;/a&gt; du m&#234;me nom, h&#233;berg&#233; par Mediapart.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Parlons beaucoup et parlons bien</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Parlons-beaucoup-et-parlons-bien</link>
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		<dc:date>2018-06-12T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
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&lt;p&gt;On la voit pr&#233;parer son intervention avec minutie. Ployant sous ses dossiers, encha&#238;nant les nuits blanches et s'exer&#231;ant aux interrogatoires pi&#233;geux avec son assistant, elle fourbit ses arguments, aff&#251;te son raisonnement, m&#233;morise une grande quantit&#233; d'informations chiffr&#233;es. Pourtant, une fois devant son auditoire &#8211; exclusivement masculin &#8211;, elle se d&#233;compose. Elle consulte fr&#233;n&#233;tiquement ses notes, formule des phrases dans sa t&#234;te sans jamais les dire, guette les silences de ses (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no165-mai-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;165 (mai 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/hommes" rel="tag"&gt;hommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/parole" rel="tag"&gt;parole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/public" rel="tag"&gt;public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/fois" rel="tag"&gt;fois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/voit-preparer" rel="tag"&gt;voit pr&#233;parer&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/amis-hommes" rel="tag"&gt;amis hommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Meryl-Streep" rel="tag"&gt;Meryl Streep&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Washington-Post" rel="tag"&gt;Washington Post&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On la voit pr&#233;parer son intervention avec minutie. Ployant sous ses dossiers, encha&#238;nant les nuits blanches et s'exer&#231;ant aux interrogatoires pi&#233;geux avec son assistant, elle fourbit ses arguments, aff&#251;te son raisonnement, m&#233;morise une grande quantit&#233; d'informations chiffr&#233;es. Pourtant, une fois devant son auditoire &#8211; exclusivement masculin &#8211;, elle se d&#233;compose. Elle consulte fr&#233;n&#233;tiquement ses notes, formule des phrases dans sa t&#234;te sans jamais les dire, guette les silences de ses interlocuteurs pour s'y engouffrer... Et ne prononcera finalement pas un seul mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sc&#232;ne de &lt;i&gt;Pentagon Papers&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce film r&#233;alis&#233; par Steven Spielberg en 2017 revient sur la publication dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; o&#249; Meryl Streep doit d&#233;fendre l'entr&#233;e en Bourse du &lt;i&gt;Washington Post&lt;/i&gt; devant des investisseurs et des actionnaires et s'av&#232;re trop intimid&#233;e pour s'exprimer en public, sans conteste la premi&#232;re de ce type dans un film grand public r&#233;alis&#233; par un homme, a pour toutes les femmes un amer go&#251;t de d&#233;j&#224;-vu. &#192; l'&#233;cole, nous avons mille fois renonc&#233; &#224; lever la main parce que ce que nous voulions dire ne nous paraissait finalement plus si int&#233;ressant. &#192; la fac, lors d'une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale pendant une occupation, nous nous sommes convaincues que quelqu'un &#8211; probablement un homme &#8211; finirait bien par &#233;noncer ce que nous avions envie de dire. Au travail, pendant une r&#233;union, nous avons d&#233;sesp&#233;r&#233;ment essay&#233; de nous ins&#233;rer entre deux prises de parole masculines, sans jamais oser les interrompre ni avoir assez de temps pour intervenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le sait, l'acc&#232;s des femmes &#224; la prise de parole en public est compliqu&#233; pour de multiples raisons. Elles se sentent fonci&#232;rement moins l&#233;gitimes, bien s&#251;r, mais sont aussi bien plus fr&#233;quemment interrompues par leurs interlocuteurs, et ont plus de difficult&#233; &#224; conserver leur attention&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous n'&#233;voquerons pas ici le probl&#232;me de la langue elle-m&#234;me, pourtant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, on pourrait penser que la prise de parole en public n'est ais&#233;e pour personne. Qu'&#224; l'&#233;vidence, elle demande de l'entra&#238;nement. Or, o&#249; s'entra&#238;ner &#224; prendre la parole, sinon dans le cadre bienveillant et familier du cercle intime ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est l&#224; que le b&#226;t blesse &#224; nouveau : avec leurs proches aussi, il est difficile pour la plupart des femmes de s'approprier un type de prise de parole (argument&#233;e, longue, construite) et des sujets (professionnels, intellectuels, politiques) qui leur permettraient de se sentir plus confiantes &#224; l'ext&#233;rieur. Et il s'agit peut-&#234;tre d'une des racines du probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre amies femmes, la majorit&#233; des conversations concernent l'intimit&#233;, qu'on nous &#233;duque tant &#224; consid&#233;rer en priorit&#233;. &#201;changes certes souvent riches, b&#233;n&#233;fiques, profonds, permettant entraide et partage de connaissances, mais aussi engonc&#233;s dans ce carcan que nous avons tant de mal &#224; briser, fait d'empathie et de sacrifice, de travail constant visant &#224; se mettre puis &#224; rester en couple, de besoin d'exprimer nos humiliations, nos violences subies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec nos amis hommes (g&#233;n&#233;ralement rares, parce que nombre de ces amiti&#233;s ont &#233;t&#233; entach&#233;es d'une d&#233;ception amoureuse sanctionn&#233;e par un &#233;loignement), l'intimit&#233; tient aussi une place importante. Parce que la plupart des hommes en parlent peu entre eux et se r&#233;jouissent de b&#233;n&#233;ficier de notre expertise, dont nous les faisons m&#234;me parfois profiter avec une certaine satisfaction &#8211; pour une fois, ils nous reconnaissent un savoir...Dans un contexte de s&#233;duction potentielle, il peut &#234;tre &#233;galement compliqu&#233; de se sentir prise au s&#233;rieux : combien d'entre nous ont vu une conversation de haute vol&#233;e s'achever dans une mis&#233;rable tentative de drague, donnant l'impression d&#233;sagr&#233;able que l'individu concern&#233; n'avait fait mine de participer &#224; la conversation qu'&#224; cette unique fin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il n'est pas rare de surprendre une conversation entre amis hommes o&#249; s'&#233;change tout ce qui peut faire d&#233;faut &#224; la prise de confiance en elles des femmes : des r&#233;f&#233;rences, une &#233;bauche d'argumentation, des th&#232;ses avanc&#233;es &#224; la h&#226;te, une r&#233;flexion &#233;chafaud&#233;e en commun. Ce n'est sans doute que dans ce t&#226;tonnement, cette recherche, cette exp&#233;rimentation, au sein du cadre attentionn&#233; de nos proches, hommes et femmes, que l'on pourra puiser l'assurance n&#233;cessaire pour parler devant un public &#8211; certes, de toute &#233;vidence &#224; d'autres fins que la d&#233;fense de l'entr&#233;e en Bourse d'un journal&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ce film r&#233;alis&#233; par Steven Spielberg en 2017 revient sur la publication dans le &lt;i&gt;Washington Post,&lt;/i&gt; alors dirig&#233; par Katharina Graham, d'extraits des Pentagon Papers, rapport secret du minist&#232;re de la D&#233;fense &#233;tatsunien montrant notamment comment il a volontairement &#233;tendu et intensifi&#233; la guerre du Vi&#234;t Nam alors qu'il la savait perdue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nous n'&#233;voquerons pas ici le probl&#232;me de la langue elle-m&#234;me, pourtant notoirement sexiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Il n'y a pas de consentement sans d&#233;sir</title>
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		<dc:date>2018-03-08T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ces derniers mois, on a bien avanc&#233;. L'&#233;crasante industrie cin&#233;matographique am&#233;ricaine est dans un sale &#233;tat, Catherine Deneuve a enfin montr&#233; son vrai visage, les plaintes pour viol et agressions sexuelles ont explos&#233;, le seuil de tol&#233;rance face aux comportements sexistes a visiblement chut&#233; et une petite lib&#233;ration de la parole a d&#233;ferl&#233; du Pakistan au Niger en passant par le Br&#233;sil ou le Maroc. La fatigue que nous exprimions dans ces pages il y a quelques mois a &#233;t&#233; (au moins (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no163-mars-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;163 (mars 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/une1_sommaire" rel="tag"&gt;une1_sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-elle" rel="tag"&gt;qu'elle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/rapport" rel="tag"&gt;rapport&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/desir" rel="tag"&gt;d&#233;sir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Catherine-Deneuve" rel="tag"&gt;Catherine Deneuve&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un-rapport" rel="tag"&gt;d'un rapport&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/avance" rel="tag"&gt;avanc&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/visiblement" rel="tag"&gt;visiblement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/derniers" rel="tag"&gt;derniers&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L109xH150/arton2098-0ba3e.jpg?1780010891' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces derniers mois, on a bien avanc&#233;. L'&#233;crasante industrie cin&#233;matographique am&#233;ricaine est dans un sale &#233;tat, Catherine Deneuve a enfin montr&#233; son vrai visage, les plaintes pour viol et agressions sexuelles ont explos&#233;, le seuil de tol&#233;rance face aux comportements sexistes a visiblement chut&#233; et une petite lib&#233;ration de la parole a d&#233;ferl&#233; du Pakistan au Niger en passant par le Br&#233;sil ou le Maroc. La fatigue que nous exprimions dans ces pages il y a quelques mois&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; S'il se passe quelque chose... &#187;, chronique publi&#233;e dans le n&#176; 159 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; (au moins temporairement) chass&#233;e par un regain d'enthousiasme et le sentiment vertigineux que le f&#233;minisme traversait un moment historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les questions que ces bouleversements soul&#232;vent, il y a celle, &#233;pineuse, du consentement. S'il faut incontestablement une mauvaise foi d'actrice pour feindre de ne pas saisir l'ab&#238;me qui s&#233;pare la s&#233;duction du harc&#232;lement, ces moments o&#249; une femme dit oui alors qu'elle pense non sont autrement plus &#233;quivoques&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;voqu&#233; entre autres par Blandine Grosjean dans un bel article titr&#233; &#171; De la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, m&#234;me en dehors d'une situation d'emprise caract&#233;ris&#233;e ou de viol avec violence, peut-on consentir en apparence &#224; une relation qu'au fond on ne souhaite pas ? D'abord, &#233;videmment, parce que nombre de femmes ont int&#233;gr&#233; tr&#232;s profond&#233;ment l'interdiction de vexer, de blesser voire de mettre mal &#224; l'aise l'homme &#224; qui elles ont affaire&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une fois de plus, cela s'entend surtout dans une relation h&#233;t&#233;rosexuelle.&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Elles peuvent aussi redouter d'&#234;tre &#233;tiquet&#233;es &#171; allumeuses &#187;, vouloir se rassurer quant &#224; leur valeur sur le &#171; &lt;i&gt;march&#233; &#224; la bonne meuf&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#169; Virginie Despentes.&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, rechercher une tendresse et une &#233;coute dont elles sentent qu'elles ne les obtiendront qu'avec un rapport, s'auto-convaincre que l'app&#233;tit vient en mangeant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, dans un environnement o&#249; nous est martel&#233; en permanence que notre d&#233;sir est ill&#233;gitime, sale et dangereux&lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour illustration, la d&#233;claration de Nathalie Portman &#224; la Women's March de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, il n'est pas ais&#233;, avant m&#234;me de l'assumer, de simplement le reconna&#238;tre et d'en saisir les limites. S'efforcer de rester &#224; l'&#233;coute du moindre sentiment de malaise et s'y fier, questionner les r&#233;elles motivations d'un rapport, peuvent contribuer &#224; se sentir plus s&#251;re de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons maintenant de &#171; consentement actif &#187;, c'est-&#224;-dire du fait que pour coucher avec une personne, il ne faut pas seulement qu'elle ne soit pas en train de se d&#233;battre et d'appeler &#224; l'aide, mais aussi qu'elle ait visiblement envie d'avoir un rapport. Il peut souvent suffire de guetter chez sa partenaire les manifestations de son d&#233;sir (attention, &lt;i&gt;breaking news&lt;/i&gt;, mais il n'est visiblement pas inutile de le rappeler : lubrification vaginale, dilatation des pupilles, corps d&#233;tendu, prise d'initiatives, soupirs, g&#233;missements) et de se/lui poser des questions en cas d'absence de ces signes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons aussi de &#171; consentement renouvel&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire du fait qu'une personne qui consent au d&#233;but d'un rapport peut l&#233;gitimement changer d'avis par la suite. Certes, aucun d'entre nous n'a envie de signer des formulaires &#224; chaque nouvelle pratique sexuelle ou &#224; chaque changement de position pour s'assurer de l'accord des parties impliqu&#233;es. Mais il existe tant de fa&#231;ons excitantes de demander &#224; quelqu'un s'il a envie qu'on lui fasse ci ou &#231;a, sans rien sacraliser ni pour autant nier, par exemple, le fait qu'introduire un corps &#233;tranger dans un autre n'est pas toujours d&#233;nu&#233; d'implications...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, la question &#171; Est-ce que je peux entrer en toi ? &#187; peut devenir joyeuse, orgasmique, complice ; elle peut aussi permettre d'&#233;viter une g&#234;ne, un malentendu... ou un traumatisme. Pos&#233;e m&#234;me de fa&#231;on non syst&#233;matique, elle peut d&#233;tendre l'ensemble des rapports, simplement en installant l'id&#233;e qu'au-del&#224; du consentement, c'est bel et bien de d&#233;sir qu'il est question.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/S-il-se-passe-quelque-chose&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;S'il se passe quelque chose... &lt;/a&gt; &#187;, chronique publi&#233;e dans le n&#176; 159 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (novembre 2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;voqu&#233; entre autres par Blandine Grosjean dans un bel article titr&#233; &#171; De la r&#233;signation au consentement, le probl&#232;me de la &#8220; zone grise &#8221; entourant les rapports sexuels &#187; (&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 26 janvier 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une fois de plus, cela s'entend surtout dans une relation h&#233;t&#233;rosexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#169; Virginie Despentes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour illustration, la d&#233;claration de Nathalie Portman &#224; la Women's March de Los Angeles le 21 janvier : l'actrice a expliqu&#233; qu'elle s'&#233;tait sentie oblig&#233;e de se construire une image puritaine pour se prot&#233;ger de la sexualisation &#224; laquelle avait proc&#233;d&#233; une partie des m&#233;dias et de son public apr&#232;s la sortie de son premier film, alors qu'elle n'avait que 13 ans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>S'il se passe quelque chose...</title>
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		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
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&lt;p&gt;Comme une vague qui peu &#224; peu enfle et prend de l'ampleur, de multiples signaux indiquent que nous sommes en train de vivre un moment particulier de l'histoire du f&#233;minisme. Apr&#232;s le backlash des ann&#233;es 1980, qui voyait nos a&#238;n&#233;es fredonner sans broncher qu'&#171; &#234;tre une femme lib&#233;r&#233;e, c'est pas si facile &#187;, apr&#232;s la l&#233;thargie des deux d&#233;cennies suivantes, qui n'ont vu &#233;merger que des &#171; chiennes de garde &#187; soucieuses du bien-&#234;tre des femmes publiques et o&#249; la question du genre est longuement et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no159-novembre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;159 (novembre 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/exception" rel="tag"&gt;exception&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/traite-DSK" rel="tag"&gt;trait&#233; DSK&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme une vague qui peu &#224; peu enfle et prend de l'ampleur, de multiples signaux indiquent que nous sommes
en train de vivre un moment particulier de l'histoire du f&#233;minisme. Apr&#232;s le &lt;i&gt;backlash&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce mot d&#233;signe un &#171; retour de b&#226;ton &#187; intervenant souvent apr&#232;s une p&#233;riode (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; des ann&#233;es 1980, qui voyait nos a&#238;n&#233;es fredonner sans broncher qu'&#171; &lt;i&gt;&#234;tre une femme lib&#233;r&#233;e, c'est pas si facile&lt;/i&gt; &#187;, apr&#232;s la l&#233;thargie des deux d&#233;cennies suivantes, qui n'ont vu &#233;merger que des &#171; chiennes de garde &#187; soucieuses du bien-&#234;tre des femmes publiques et o&#249; la question du genre est longuement et laborieusement sortie de la sph&#232;re universitaire, nous voil&#224; visiblement entr&#233;s dans une &#232;re nouvelle. Depuis quelques mois ou ann&#233;es, il est moins difficile de se dire f&#233;ministe ; on voit se multiplier les &#171; &lt;a href=&#034;http://payetashnek.tumblr.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paye ta shneck&lt;/a&gt; &#187; et autres prises de position d'actrices, les textes sur la charge mentale&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Citons par exemple l'excellente BD d'Emma. (Note du webmaster.)&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, les violences obst&#233;tricales et le &lt;i&gt;mansplaining&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le mansplaining d&#233;signe les situations o&#249; un homme explique &#224; une femme de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, les hashtags &#171; Moi aussi &#187; ou &#171; Balance ton porc &#187;... Les grands m&#233;dias n'ont pas trait&#233; Harvey Weinstein comme ils avaient trait&#233; DSK : entre-temps, il y a eu Denis Baupin, puis Jean Lassalle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1943 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;5&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-234.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH562/-234-73631.jpg?1780244810' width='500' height='562' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;CC.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ceux de Roman Polanski et Bertrand Cantat, ces nouveaux cas ont permis une prise de parole autre que m&#233;diatique, un abord du sujet plus large. Et si, pour le moment, le sentiment d'impunit&#233; des hommes opprimant des femmes dans le cadre professionnel n'est &#233;branl&#233; qu'&#224; l'Assembl&#233;e nationale et &#224; Hollywood, on peut esp&#233;rer qu'il le soit aussi bient&#244;t dans les entreprises d'int&#233;rim, les
supermarch&#233;s, les services d'aide &#224; la personne et les entreprises de nettoyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tu dois &#234;tre contente, toi qui es f&#233;ministe... &#187; C'est vrai, on pourrait se r&#233;jouir de ces explosions, de cette parole lib&#233;r&#233;e, de ces accusations assum&#233;es. Mais en r&#233;alit&#233;, on ne peut s'emp&#234;cher de se demander comment il est possible d'en &#234;tre encore l&#224;&lt;a href=&#034;#nb9-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme l'a fait Ma&#239;a Mazaurette dans un tr&#232;s beau texte titr&#233; &#171; Paroles de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. L&#224;, c'est-&#224;-dire en train de d&#233;ployer une &#233;nergie invraisemblable pour faire comprendre &#224; nos amis, coll&#232;gues, amants, amoureux, fr&#232;res, p&#232;res, voisins, m&#234;me les mieux intentionn&#233;s, ce que nous vivons tous les jours en tant que femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, ces moments o&#249; le f&#233;minisme devient soudain omnipr&#233;sent ont quelque chose de douloureux. Ils nous rappellent dans notre chair ce que nous refusons r&#233;guli&#232;rement de voir pour pouvoir continuer &#224; vivre : que nous avons toutes, sans exception, &#233;t&#233; victimes d'hommes qui nous ont violent&#233;es pour obtenir ce que nous ne voulions pas leur donner. Que nous avons toutes, sans exception, int&#233;rioris&#233; ce redoutable levier qui consiste &#224; nous faire &#233;prouver de la honte et de la culpabilit&#233; quand on nous a &#233;cras&#233;es. Ces moments nous rappellent la double peine qui consiste alors &#224; nous condamner en plus en tant que victimes &#8211; parce que consentantes, faibles, malhonn&#234;tes, voire imaginaires. Ils nous rappellent que contrairement &#224; d'autres dominations, la majorit&#233; des femmes vivent celle-ci &#224; chaque minute, dans chaque interaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une domination qui ne s'exercerait que dans le champ public, politique, professionnel ou &#233;conomique : elle est aussi intime et quotidienne. Au lit ou au bureau, dans la rue ou &#224; la plage, dans le m&#233;tro ou dans un bar, &#224; la cuisine ou &#224; P&#244;le emploi, il n'existe aucun refuge, aucune paix : nous sommes toujours accul&#233;es &#224; la guerre &#8211; ou &#224; la capitulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous sommes fatigu&#233;es. Moi, je suis fatigu&#233;e d'entendre les hommes (y compris ceux que j'aime) s'offusquer du comportement des &#171; porcs &#187; sans jamais se regarder eux-m&#234;mes. Tous les hommes, sans exception, ont profit&#233; ou profitent du privil&#232;ge d'&#234;tre un homme, et l'ont exerc&#233; ou l'exercent avec violence. C'est de cette prise de conscience, de la lib&#233;ration de cette parole dont nous avons besoin d&#233;sormais. On ne pourra pas faire tout le boulot toutes seules. Et si nous voulons continuer &#224; nous aimer, &#224; coucher, &#224; vivre, &#224; travailler, &#224; lutter ensemble, il va falloir qu'il se passe quelque chose.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ce mot d&#233;signe un &#171; retour de b&#226;ton &#187; intervenant souvent apr&#232;s une p&#233;riode de profond bouleversement. Dans le cas des ann&#233;es 1980, il renvoie &#224; une p&#233;riode de mise en sommeil du f&#233;minisme, voire de retour &#224; un patriarcat plus dur, apr&#232;s les victoires f&#233;ministes remport&#233;es dans les ann&#233;es 1960 et 1970.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Citons par exemple l'excellente &lt;a href=&#034;https://emmaclit.com/2017/05/09/repartition-des-taches-hommes-femmes/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;BD d'Emma&lt;/a&gt;. (Note du webmaster.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le &lt;i&gt;mansplaining&lt;/i&gt; d&#233;signe les situations o&#249; un homme explique &#224; une femme de fa&#231;on condescendante ou paternaliste ce qu'elle sait d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comme l'a fait Ma&#239;a Mazaurette dans un tr&#232;s beau texte titr&#233; &#171; &lt;a href=&#034;http://www.gqmagazine.fr/amp/sexactu/articles/paroles-de-femmes-silences-dhommes/57049&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paroles de femmes, silences d'hommes&lt;/a&gt; &#187; et mis en ligne le 18 octobre sur son blog Sexactu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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