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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Du syndicalisme par temps maussade</title>
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		<dc:creator>Charles Reeve</dc:creator>


		<dc:subject>Phil&#233;mon Collafarina</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En vadrouille aux &#201;tats-Unis, Charles Reeve nous livre un instantan&#233; de ses r&#233;flexions. Deuxi&#232;me &#233;pisode sur les gr&#232;ves historiques dans le secteur de l'automobile et d'un possible renouveau de syndicalisme de lutte. &#201;tat du Massachusetts, aux &#201;tats-Unis, septembre 2023. Nous tournons en rond &#224; Somerville, dans la banlieue de Boston, &#224; la recherche d'un restaurant portugais. Une bonne adresse, nous a-t-on dit. Il pleut &#224; verse. Dans un terminal de bus, j'approche un jeune chauffeur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no-227-fevrier-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176; 227 (f&#233;vrier 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Philemon-Collafarina" rel="tag"&gt;Phil&#233;mon Collafarina&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En vadrouille aux &#201;tats-Unis, Charles Reeve nous livre un instantan&#233; de ses r&#233;flexions. Deuxi&#232;me &#233;pisode sur les gr&#232;ves historiques dans le secteur de l'automobile et d'un possible renouveau de syndicalisme de lutte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5470 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_227_26_collafarina_usa_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/web_227_26_collafarina_usa_1200px-c03d0.jpg?1780102082' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Phill&#233;mon Collafarina
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#201;&lt;/span&gt;tat du Massachusetts, aux &#201;tats-Unis, septembre 2023. Nous tournons en rond &#224; Somerville, dans la banlieue de Boston, &#224; la recherche d'un restaurant portugais. Une bonne adresse, nous a-t-on dit. Il pleut &#224; verse. Dans un terminal de bus, j'approche un jeune chauffeur afro-am&#233;ricain au sourire avenant. Peut-il nous aider ? &#171; &lt;i&gt;Fr&#232;re, je n'ai aucune id&#233;e. Je vais prendre mon service mais je ne sais m&#234;me pas o&#249; nous sommes !&lt;/i&gt; m'explique-t-il. &lt;i&gt;D&#233;sormais nous ne sommes plus attach&#233;s &#224; une ligne, c'est au petit bonheur la chance. Le matin, je ne sais pas o&#249; on me place, et le soir, je ne sais pas o&#249; je me trouve quand je termine mon service. C'est la flexibilit&#233;, mec ! On ne conna&#238;t plus nos itin&#233;raires, on ne croise plus les habitu&#233;s de telle ou telle ligne. C'est tr&#232;s fatigant. Je ne vais pas tenir longtemps. Ils ont d&#233;truit le service et apr&#232;s, ils mettront une affiche : &#8220;&lt;/i&gt;Help wanted !&lt;i&gt;&#8221; [On embauche].&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, &lt;i&gt;Help wanted&lt;/i&gt; est visible partout. Mais jamais on ne mentionne &#224; quel tarif et avec quelles conditions de travail. Vu de l'ext&#233;rieur, le monde du travail surprend par la pl&#233;thore de salari&#233;s, sur les chantiers, les services, les commerces, les transports. Mais apr&#232;s &lt;i&gt;the Great Resignation&lt;/i&gt; [la grande d&#233;mission], du nom donn&#233; aux &#201;tats-Unis &#224; la vague de d&#233;missions professionnelles qui a suivi la pand&#233;mie de Covid en 2020, en particulier dans les domaines de la restauration et du commerce, l'heure semble &#234;tre au grand d&#233;sabusement.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; C'est un pays de fous &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; Somerville comme ailleurs, des gens tra&#238;nent dans la rue, font la manche, d&#233;socialis&#233;s, perdus. Alors que dans le m&#233;tro de New York, les contr&#244;les sont rares, &#224; Boston, c'est le contr&#244;leur lui-m&#234;me qui nous ouvre les portillons d'acc&#232;s au quai. &#171; &lt;i&gt;D&#233;p&#234;chez-vous, on s'en fout du billet, vous payerez la prochaine fois&lt;/i&gt; &#187;, nous dit-il avec empressement. &#192; une centaine de kilom&#232;tres &#224; l'ouest de l&#224;, dans un restaurant de Greenfield, nous &#233;changeons quelques mots en espagnol avec le serveur. Originaire du Guatemala, il perd tout de suite son attitude distante pour nous parler franchement : &#171; &lt;i&gt;C'est un pays de fous et ils veulent nous faire devenir tous fous. Alors, amigo, tranquilo, tranquilo.&lt;/i&gt; &#187;
Quelques jours plus tard, nous reprenons la route vers le sud, direction Manhattan. Au comptoir d'un bar devant le fleuve Hudson, &#224; Battery Park, le serveur argentin nous interpelle sur la bataille perdue contre la r&#233;forme des retraites : &#171; &lt;i&gt;Dommage, &#231;a nous aurait donn&#233; un bon exemple. Ici, je vais &#234;tre oblig&#233; de travailler jusqu'&#224; ma mort !&lt;/i&gt; &#187; Un client assis &#224; c&#244;t&#233; s'en m&#234;le : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes le pays le plus riche au monde. On devrait arr&#234;ter de travailler &#224; 40 ans et c'est tout le contraire&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#234;me si les &#201;tasuniens peuvent prendre leur retraite &#224; partir de 62 ans, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;, dit-il en nous offrant le caf&#233;. Cinq ans apr&#232;s notre dernier s&#233;jour &#224; Manhattan, tous les travailleurs que l'on croise semblent d&#233;sabus&#233;s. M&#234;me si parler de capitalisme, d'exploitation et de classe ne choque plus grand monde dans les personnes que l'on croise, la violence des in&#233;galit&#233;s de revenus, et la coexistence de la mis&#232;re et de la richesse semblent &#234;tre le seul horizon promis.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Eat the rich &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; qu'en octobre dernier, les ouvriers de l'automobile s'invitent dans le d&#233;bat avec une gr&#232;ve massive qui s'installe dans les premi&#232;res pages du &lt;i&gt;Wall Street Journal&lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;. En photo, Shawn Fain, le pr&#233;sident du syndicat United Auto Workers (UAW), arborant un T-shirt avec un des slogans du mouvement Occupy, &#171; Eat the rich &#187; [manger les riches], qui a choqu&#233; les gens &#171; respectables &#187;. Apr&#232;s la gr&#232;ve m&#233;diatis&#233;e des sc&#233;naristes de Hollywood, ou encore celle des 75 000 travailleurs m&#233;dicaux de Kaiser Permanente, l'un des plus gros groupes hospitaliers priv&#233;s, la gr&#232;ve de l'automobile contre les &lt;i&gt;Big Three&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Surnom donn&#233; aux trois g&#233;ants &#233;tasuniens de la construction automobile : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; a pris une importance consid&#233;rable, mais les forces syndicales sont affaiblies. Le taux de syndicalisation moyen est de l'ordre de 10 % &#8211; son plus bas niveau historique &#8211; et 6 % dans le priv&#233;. Dans le secteur de l'automobile, il a vertigineusement chut&#233;. Electricien chez Chrysler (devenue Stellantis), Shawn Fain, &#233;lu en mars 2023, est un opposant &#224; la politique de concessions qui pr&#233;dominait. Issu d'un milieu protestant de gauche et figure tr&#232;s populaire, il tient un discours de classe combatif, aux relents bibliques, centr&#233; sur l'&#233;galitarisme et la critique des riches et des puissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les &lt;i&gt;Big Three&lt;/i&gt; s'inqui&#232;tent de ce changement d'attitude et cherchent &#224; riposter. Que ce soit en criant au chantage, ou en accusant les gr&#233;vistes de faire le jeu des concurrents, Toyota et Tesla, tout en minimisant la radicalit&#233; du discours de Fain. Pour William Clay Ford Jr, le patron de Ford, &#171; &lt;i&gt;il s'agit en grande partie de th&#233;&#226;tre [&#8230;] la rh&#233;torique n'a pas d'importance [&#8230;] Et quand tout est fini, nous formons &#224; nouveau une seule &#233;quipe et nous devons aller de l'avant&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; For Bill Ford, &#8220;Every Negotiation Is a Roller Coaster&#8221; &#187;, The New York (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;. Au fond, ce qui est nouveau, insaisissable, c'est l'&#233;tat d'esprit survolt&#233; de la base ouvri&#232;re. Trump lui-m&#234;me, lors d'une visite &#233;lectorale sur le site du fabricant de pi&#232;ces automobiles Drake Enterprises, au nord de D&#233;troit, s'est senti oblig&#233; de faire l'&#233;loge paternaliste de Fain : &#171; &lt;i&gt;Votre nouveau chef est un bon gars. Les dirigeants de votre syndicat n'ont qu'&#224; me soutenir et, une fois &#233;lu, je m'occupe du reste !&lt;/i&gt; &#187;. Tout en expliquant que ce sont les voitures &#233;lectriques (et les d&#233;fenseurs du climat&#8230;) qui sont responsables de la crise de l'automobile et du ch&#244;mage ouvrier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un nouveau souffle dans le syndicalisme &#233;tats-unien&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Seule la lutte paye, et apr&#232;s six semaines d'une gr&#232;ve historique, les membres de l'UAW ont fait plier les g&#233;ants de l'automobile aux &#201;tats-Unis. Avec &#224; la cl&#233;, 25 % d'augmentation des salaires sur 4 ans, un retour &#224; l'indexation des salaires sur l'inflation, le passage en contrat ind&#233;termin&#233; des ouvriers temporaires avec d'importantes augmentations de salaire dans un d&#233;lai de quelques ann&#233;es, le droit de regard syndical sur la fermeture d'usines et les investissements &#224; venir.
Certains voient dans cette gr&#232;ve un signal fort du renouveau du syndicalisme am&#233;ricain&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Gr&#232;ves aux &#201;tats-Unis : &#8220;Une opportunit&#233; nouvelle pour la gauche&#8221; &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. C'est en tout cas une premi&#232;re consolidation face au d&#233;clin en cours. Pour que la situation bascule en faveur des travailleurs, il faudrait que le taux de syndicalisation augmente et qu'il s'&#233;tende aux autres compagnies qui dominent le march&#233; des nouvelles voitures &#233;lectriques. Il faudrait aussi que les ouvriers des &#201;tats du Sud acceptent l'implantation syndicale. Mais d&#233;j&#224;, certains constructeurs augmentent les salaires dans le but de saper l'attrait de la syndicalisation, et du point de vue de la force collective, la photo est plus trouble.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le syndicat, horizon ind&#233;passable ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, m&#234;me si l'engagement des travailleurs dans les luttes et leur participation aux piquets de gr&#232;ve sont manifestes, cette &#233;nergie ne se retrouve pratiquement jamais dans des formes d'auto-organisation, le respect du fonctionnement syndical restant la r&#232;gle. Les syndicats n'ont donc pas appel&#233; &#224; une quelconque organisation en dehors de la formation de piquets. Les d&#233;cisions de gr&#232;ve &#8211; ind&#233;niablement tr&#232;s efficaces &#8211; ont &#233;t&#233; men&#233;es de fa&#231;on bureaucratique, par la direction et sans consultation de la base ; les travailleurs &#233;taient inform&#233;s (par SMS), parfois quelques heures &#224; peine avant la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat semble &#234;tre un horizon ind&#233;passable et les luttes se cantonnent aux limites du monde tel qu'il est ; l'absence d'activit&#233; collective de la base ne laisse pas s'&#233;panouir de relations sociales nouvelles ; la gauche socialiste &#8211; qui fait de l'entrisme dans le parti d&#233;mocrate &#8211; met toutes ses forces dans les tendances r&#233;formistes des syndicats ; et en continuant &#224; fonctionner selon des principes politiques hi&#233;rarchiques, la lutte canalise son &#233;nergie vers l'av&#232;nement de nouveaux dirigeants. On vit une &#233;poque &#171; formidable &#187; mais, par ces temps maussades, l'avenir n'est pas garanti.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Par Charles Reeve&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;M&#234;me si les &#201;tasuniens peuvent prendre leur retraite &#224; partir de 62 ans, le syst&#232;me de retraite mixte, moins protecteur et plus individualiste, en pousse beaucoup &#224; devoir continuer de travailler pour subvenir &#224; leurs besoins.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Surnom donn&#233; aux trois g&#233;ants &#233;tasuniens de la construction automobile : General Motors, Ford et Chrysler.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; For Bill Ford, &#8220;Every Negotiation Is a Roller Coaster&#8221; &#187;, &lt;i&gt;The New York Times&lt;/i&gt;,18/10/2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Gr&#232;ves aux &#201;tats-Unis : &#8220;Une opportunit&#233; nouvelle pour la gauche&#8221; &#187;, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;, 30/09/2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Gaza-New York, New York-Gaza</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Gaza-New-York-New-York-Gaza</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles Reeve</dc:creator>


		<dc:subject>Gautier Ducatez</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En vadrouille aux &#201;tats&#8209;Unis, Charles Reeve nous livre un instantan&#233; de ses p&#233;r&#233;grinations et r&#233;flexions. Ici, les mobilisations locales contre la guerre dans les jours qui ont suivi l'attaque du Hamas en Isra&#235;l. New York, octobre 2023. Quelques petites librairies attrayantes ouvrent dans la grande m&#233;tropole. Nous venons de quitter Lofty Pigeon Books, &#224; Brooklyn. &#192; quelques pas de l&#224;, dans un quartier situ&#233; au sud de Prospect Park, c'est la f&#234;te dans la rue. Il fait beau et il y a foule. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no226-janvier-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;226 (janvier 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gautier-Ducatez" rel="tag"&gt;Gautier Ducatez&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En vadrouille aux &#201;tats&#8209;Unis, Charles Reeve nous livre un instantan&#233; de ses p&#233;r&#233;grinations et r&#233;flexions. Ici, les mobilisations locales contre la guerre dans les jours qui ont suivi l'attaque du Hamas en Isra&#235;l.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5414 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_226_07_ny_ducatez_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH668/web_226_07_ny_ducatez_1200px-9a47c.jpg?1780142328' width='500' height='668' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Une illustration de Gautier Ducatez
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;N&lt;/span&gt;ew York, octobre 2023. Quelques petites librairies attrayantes ouvrent dans la grande m&#233;tropole. Nous venons de quitter Lofty Pigeon Books, &#224; Brooklyn. &#192; quelques pas de l&#224;, dans un quartier situ&#233; au sud de Prospect Park, c'est la f&#234;te dans la rue. Il fait beau et il y a foule. Une semaine s'est &#233;coul&#233;e depuis l'attaque de la branche arm&#233;e du Hamas en Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;tour d'un carrefour, nous sommes saisis de stupeur quand devant nous se dresse une figure en carton repr&#233;sentant un soldat de l'arm&#233;e isra&#233;lienne, grandeur nature. Deux personnes, sourire avenant, interpellent les passants sur le n&#233;cessaire soutien &#224; Isra&#235;l. Sur le trottoir en face, un groupe de jeunes diffuse les publications des Socialistes d&#233;mocrates d'Am&#233;rique (DSA), qui s'opposent &#224; la guerre ; juste avant, un stand de soutien aux migrants d'Am&#233;rique latine propose une p&#233;tition pour la destruction du mur de la honte entre le Mexique et les &#201;tats-Unis. Un groupe colombien joue &#224; fond la caisse des morceaux entra&#238;nants de cumbia &#8211; couvrant les propos des propagandistes de l'arm&#233;e isra&#233;lienne &#8211; et attire une petite foule de danseurs. Vingt m&#232;tres plus loin, des juifs oppos&#233;s &#224; la guerre distribuent des tracts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stand guerrier est &#233;vit&#233; par les fl&#226;neurs, en majorit&#233; des familles avec des enfants et de nombreuses femmes musulmanes portant le foulard. C'est un quartier &lt;i&gt;melting-pot&lt;/i&gt;, avec des juifs hassidiques, des Latinos, des Pakistanais et des Afghans. Le m&#233;tro le plus proche se trouve au milieu du quartier d&#233;nomm&#233; Little Bangladesh ; une zone de maisons cossues compl&#232;te le paysage. Apr&#232;s la stupeur, l'agacement nous gagne. Mais, r&#233;flexion faite, l'indiff&#233;rence manifeste de la majorit&#233; des passants semble l'attitude la plus intelligente et digne &#224; avoir. Transformer le soldat en carton en soldat invisible, m&#234;me si on sait que la barbarie se d&#233;cha&#238;ne, et tenter d'en savoir plus sur les r&#233;actions locales aux bombardements massifs sur la bande de Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des voix juives pour la paix&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La c&#244;te Est des &#201;tats-Unis abrite une importante communaut&#233; juive oppos&#233;e &#224; la guerre qui a men&#233; les premi&#232;res actions de contestation : occupation d'une partie du Congr&#232;s &#224; Washington et de la statue de la Libert&#233; &#224; New York et, surtout, le blocage par des milliers de personnes de Grand Central, la deuxi&#232;me grande gare new-yorkaise, &#224; Manhattan &#8211; action qui a d&#233;bouch&#233; sur des centaines d'arrestations. D'autres actions directes ont lieu dans d'autres m&#233;tropoles du pays, notamment organis&#233;es par des groupes comme Jewish Voices for Peace [Voix juives pour la paix] et ifNotNow [Si ce n'est pas maintenant].&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Reste qu'en allant &#224; l'encontre du discours officiel, les juifs oppos&#233;s &#224; la politique de l'&#201;tat d'Isra&#235;l s'exposent &#224; des difficult&#233;s&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Reste qu'en allant &#224; l'encontre du discours officiel, les juifs oppos&#233;s &#224; la politique de l'&#201;tat d'Isra&#235;l s'exposent &#224; des difficult&#233;s. Le sujet secoue le pays et, que ce soit dans le milieu journalistique, artistique ou acad&#233;mique, m&#232;ne &#224; une guerre d'opinions faite de pressions, d'intimidations et de d&#233;nonciations publiques. Et les exemples sont l&#233;gion. La fille d'une amie, active dans le boycott de produits isra&#233;liens, s'est vue &#224; ce titre refuser un poste de prof pour lequel elle &#233;tait qualifi&#233;e. Une fonctionnaire du grand syndicat des enseignants de New York, tr&#232;s li&#233; au Parti d&#233;mocrate, s'est fait licencier apr&#232;s avoir sign&#233; un texte demandant le cessez-le-feu. Ceci, malgr&#233; les v&#233;h&#233;mentes protestations de la tendance de gauche du syndicat, au sein de laquelle milite une jeune amie. Le r&#233;dacteur en chef de la revue d'art contemporain de r&#233;f&#233;rence &lt;i&gt;Artforum&lt;/i&gt;, a &#233;t&#233; licenci&#233; apr&#232;s avoir sign&#233; une lettre ouverte de la communaut&#233; artistique en soutien &#224; la Palestine et critique des institutions culturelles. Des patrons de Wall Street sont all&#233;s jusqu'&#224; demander &#224; l'universit&#233; de Harvard de leur transmettre les noms des &#233;tudiants ayant sign&#233; un texte critiquant Isra&#235;l pour &#233;viter de les embaucher &#224; l'avenir&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article &#171; Des donateurs milliardaires en col&#232;re contre les &#233;tudiants (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Un ami historien, heureux retrait&#233;, sp&#233;cialiste de l'organisation juive r&#233;volutionnaire du Bund&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parti socialiste juif d'Europe de l'Est fond&#233; en 1897, partisan de la lutte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, m'expliquait : &#171; &lt;i&gt;Si tu critiques Isra&#235;l, ou si tu es en d&#233;saccord ou en opposition avec Isra&#235;l, tu es class&#233; comme antis&#233;mite. Quelle extraordinaire ironie, des juifs qui bannissent des juifs parce qu'ils protestent contre l'&#201;tat juif !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une nouvelle guerre &#233;tasunienne&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'onde de choc du conflit semble se propager dans tout le pays et fait appara&#238;tre cette guerre pour ce qu'elle est : une nouvelle guerre &#233;tasunienne. L'administration Biden a d&#232;s le d&#233;part tenu &#224; lier la guerre en Palestine &#224; la guerre en Ukraine : des &#171; &lt;i&gt;menaces diff&#233;rentes&lt;/i&gt; &#187; mais des guerres &#224; mener pour &#171; &lt;i&gt;la s&#233;curit&#233; nationale de l'Am&#233;rique&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'&#171; Allocution du pr&#233;sident Biden sur la r&#233;ponse des &#201;tats-Unis aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; et pour que le pouvoir am&#233;ricain reste &#171; &lt;i&gt;un phare pour le monde&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Joe Biden lie Isra&#235;l &#224; l'Ukraine dans un plaidoyer pour que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;. Un discours qui est aussi &#224; usage interne : l'opposition r&#233;publicaine est en effet de plus en plus oppos&#233;e &#224; l'aide au gouvernement ukrainien, qui a d&#233;pass&#233; les 113 milliards de dollars (dont plus de la moiti&#233; en aide militaire directe).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les int&#233;r&#234;ts capitalistes ne sont jamais loin et Biden voit aussi dans cette guerre, dans la traduction officielle, &#171; &lt;i&gt;un investissement intelligent qui portera ses fruits pour la s&#233;curit&#233; des &#201;tats-Unis pendant des g&#233;n&#233;rations. &lt;/i&gt; &#187; Le discours original est plus franc du collier et &#233;voque des &#171; &lt;i&gt; dividendes &lt;/i&gt; &#187; : les armes envoy&#233;es &#224; Isra&#235;l&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Armes fournies &#224; flux tendu, et sans lesquelles Isra&#235;l serait dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; proviennent en effet de stocks existants et les cr&#233;dits allou&#233;s par le Congr&#232;s servent &#224; regarnir ces stocks par des entreprises &#233;tasuniennes. &#171; &lt;i&gt;Les travailleurs am&#233;ricains patriotes construisent l'arsenal de la d&#233;mocratie et servent la cause de la libert&#233;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette citation et la pr&#233;c&#233;dente figurent dans l'allocution indiqu&#233;e dans la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &#187;, ajoute Biden. La guerre comme investissement capitaliste, il fallait oser le dire, et ils le disent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les &#201;tats-Unis sont sur place pour conseiller, orienter les n&#233;gociations et d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts. La CIA s'implique ainsi dans la lib&#233;ration des otages aux c&#244;t&#233;s du Mossad, les &#201;tats-Unis posent leur veto au vote d'une r&#233;solution appelant &#224; un cessez-le-feu humanitaire lors du Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies du 8 d&#233;cembre, et deux porte-avions de l'arm&#233;e &#8211; et leurs sous-marins d'escorte &#8211; sont stationn&#233;s en M&#233;diterran&#233;e &#171; au cas o&#249; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vue depuis les &#201;tats-Unis, la guerre se m&#233;lange &#224; d'autres enjeux politiques locaux, en particulier l'immigration. Le Parti r&#233;publicain, d&#233;sormais domin&#233; par un Trump qui a captiv&#233; sa base, s'oppose &#224; la poursuite de l'aide &#224; l'Ukraine car il veut allouer ces sommes &#224; &#171; &lt;i&gt;la vraie d&#233;fense de l'Am&#233;rique&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;la guerre contre l'immigration&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;la s&#233;curit&#233; de la fronti&#232;re sud&lt;/i&gt; &#187;. Les m&#234;mes R&#233;publicains qui s'&#233;l&#232;vent pour s'opposer &#224; ce que des Palestiniens ayant &#233;chapp&#233; au massacre puissent trouver refuge aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Charles Reeve&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir l'article &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/international/article/2023/10/24/aux-etats-unis-des-milliardaires-en-colere-contre-les-etudiants-anti-israel-de-harvard_6196156_3210.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Des donateurs milliardaires en col&#232;re contre les &#233;tudiants anti-Isra&#235;l de l'universit&#233; Harvard &lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (24/10/2023).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Parti socialiste juif d'Europe de l'Est fond&#233; en 1897, partisan de la lutte de classes &#171; sur place &#187;, donc en opposition au sionisme qui entend r&#233;soudre les probl&#232;mes des juifs par l'&#233;migration et la formation d'un &#201;tat juif.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir l'&#171; &lt;a href=&#034;https://www.state.gov/translations/french/allocution-du-president-biden-sur-la-reponse-des-etats-unis-aux-attaques-terroristes-du-hamas-contre-israel-et-a-la-guerre-brutale-que-la-russie-mene-actuellement-contre-lukraine-2/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt; Allocution du pr&#233;sident Biden sur la r&#233;ponse des &#201;tats-Unis aux attaques terroristes du Hamas contre Isra&#235;l et &#224; la guerre brutale que la Russie m&#232;ne actuellement contre l'Ukraine&lt;/a&gt; &#187;, site du d&#233;partement d'&#201;tat des &#201;tats-Unis (20/10/2023).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/international/amerique/joe-biden-lie-israel-a-lukraine-dans-un-plaidoyer-pour-que-lamerique-reste-un-phare-pour-le-monde-20231020_2VXHNDZSGZFL5AOYJF6WFIY5TI/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Joe Biden lie Isra&#235;l &#224; l'Ukraine dans un plaidoyer pour que l'Am&#233;rique reste &#8220;un phare pour le monde&lt;/a&gt;&#8221; &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (20/10/2023).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Armes fournies &#224; flux tendu, et sans lesquelles Isra&#235;l serait dans l'incapacit&#233; de bombarder Gaza. Voir l'article &#171; &lt;a href=&#034;https://nepassubir.fr/2023/12/16/israel-contre-le-hamas-un-carnage-y-compris-pour-les-otages/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Isra&#235;l contre le Hamas, un carnage y compris pour les otages ?&lt;/a&gt; &#187;, site &lt;i&gt;Ne pas subir&lt;/i&gt; (16/12/2023)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette citation et la pr&#233;c&#233;dente figurent dans l'allocution indiqu&#233;e dans la note 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le retour inattendu de Nestor Makhno</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-retour-inattendu-de-Nestor</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Le-retour-inattendu-de-Nestor</guid>
		<dc:date>2023-07-14T10:05:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles Reeve</dc:creator>


		<dc:subject>Gwen Tomahawk</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En Ukraine comme ailleurs, la guerre est un terreau propice aux mont&#233;es nationalistes les plus violentes. Face aux pulsions de mort qui s'en d&#233;gagent, Charles Reeve a vu surgir la beaut&#233; des valeurs &#233;galitaires de Nestor Makhno l&#224; o&#249; il ne les attendait pas. Il y a parfois des d&#233;couvertes surprenantes, des surprises qui nous ram&#232;nent &#224; la vie, nous &#233;loignent des atmosph&#232;res mortif&#232;res de la guerre, de la grisaille des cimeti&#232;res. Commen&#231;ons par une col&#232;re. Il y a quelques mois de &#231;a, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no222-juillet-2023" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;222 (juillet-ao&#251;t-septembre 2023)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gwen-Tomahawk" rel="tag"&gt;Gwen Tomahawk&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En Ukraine comme ailleurs, la guerre est un terreau propice aux mont&#233;es nationalistes les plus violentes. Face aux pulsions de mort qui s'en d&#233;gagent, Charles Reeve a vu surgir la beaut&#233; des valeurs &#233;galitaires de Nestor Makhno l&#224; o&#249; il ne les attendait pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5260 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_222_tomahawk__makhno__1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH564/web_222_tomahawk__makhno__1200px-ec682.jpg?1780142329' width='500' height='564' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration Gwen Tomahawk
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a parfois des d&#233;couvertes surprenantes, des surprises qui nous ram&#232;nent &#224; la vie, nous &#233;loignent des atmosph&#232;res mortif&#232;res de la guerre, de la grisaille des cimeti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par une col&#232;re. Il y a quelques mois de &#231;a, dans le suppl&#233;ment litt&#233;raire du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, un jeune &#233;crivain ukrainien du nom de Serhiy Jadan racontait ses d&#233;buts dans les milieux du punk rock. Au d&#233;tour d'une question, ledit auteur &#8211; qui a publi&#233; en 2005 un premier roman o&#249; il est question d'anarchie&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anarchy in UKR, publi&#233; en fran&#231;ais sous le m&#234;me titre en 2016 aux &#233;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#8211; s'aventurait &#224; dire, non sans fiert&#233;, qu'avant de quitter Paris, il avait l'intention d'aller au cimeti&#232;re Montparnasse visiter la tombe d'une figure historique du nationalisme ukrainien du XXe si&#232;cle : Symon Petlioura (1879-1926). Le sang du lecteur averti que je suis n'a fait qu'un tour. Comment &#233;tait-il possible qu'il s'int&#233;resse &#224; ce personnage ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faisons court et pr&#233;cis. Petlioura, figure majeure du panth&#233;on nationaliste ukrainien, est un chef militaire qui, apr&#232;s avoir mat&#233; dans le sang la r&#233;bellion ouvri&#232;re &#224; Kiev, affronte, apr&#232;s 1918, la nouvelle Arm&#233;e rouge. Dans le chaos barbare de la p&#233;riode, il est m&#234;l&#233; aux pogroms juifs de 1919, qui font des dizaines de milliers de morts&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;veillant un antis&#233;mitisme s&#233;culaire, la guerre civile a donn&#233; lieu &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Petlioura s'acharne ensuite sur les paysans et les anarchistes qui se soul&#232;vent dans les campagnes, dont Nestor Makhno et ses compagnons&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Malcolm Menzies, Makhno, une &#233;pop&#233;e, L'&#201;chapp&#233;e, 2017.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Se rangeant syst&#233;matiquement du c&#244;t&#233; des puissances occidentales contre la r&#233;volution bolchevique, d&#233;fendant les int&#233;r&#234;ts des grands propri&#233;taires polonais en Ukraine, Petlioura finit par se r&#233;fugier en 1924 &#224; Paris, d'o&#249; il dirige un gouvernement ukrainien fant&#244;me apr&#232;s la victoire des bolcheviques sur la R&#233;publique populaire ukrainienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 mai 1926, rue Racine, &#224; Paris, il est assassin&#233; par Sholem Schwartzbard, anarchiste juif en exil. Ce dernier revendique son acte en repr&#233;sailles des pogroms antis&#233;mites dont Petlioura est responsable. Son proc&#232;s, qui a lieu du 18 au 26 octobre 1927, est tr&#232;s m&#233;diatis&#233;. D&#233;fendu par Henry Torr&#232;s, avocat juif proche de l'extr&#234;me gauche, Schwartzbard est acquitt&#233;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est &#224; l'occasion de ce proc&#232;s que Bernard Lecache, journaliste judiciaire, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, r&#233;habilit&#233; par le nationalisme ukrainien renaissant apr&#232;s la chute du bloc de l'Est, le cafard refroidi Petlioura est devenu un h&#233;ros national, avec avenues &#224; son nom, statues comm&#233;moratives et visites d'officiels ukrainiens sur sa tombe &#224; Paris. Voil&#224; le personnage peu fr&#233;quentable auquel l'ex-punk anarchisant voulait rendre hommage &#224; l'heure o&#249; la guerre en Ukraine exacerbe, de tous les c&#244;t&#233;s, un violent nationalisme &#224; la m&#233;moire s&#233;lective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nestor Makhno, on l'avait presque oubli&#233; au milieu du fracas des bombes, des drones, des mutil&#233;s et des cadavres. Mais son souvenir n'est pas totalement effac&#233;, et ressurgit l&#224; o&#249; l'on ne l'attend pas forc&#233;ment.
Correspondant du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; &#224; Moscou, auteur de reportages en Ukraine depuis 2014 et laur&#233;at du prix Albert-Londres en 2019, Beno&#238;t Vitkine n'a pas un nom qui circule beaucoup dans les milieux libertaires. Pourtant, son dernier roman, intitul&#233; &lt;i&gt;Les Loups&lt;/i&gt; (Les Ar&#232;nes, 2022 ; Le Livre de Poche, 2023)&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans son premier roman Donbass (Les Ar&#232;nes, 2020, &#233;galement en poche), une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, nous offre un cadeau inesp&#233;r&#233; : faire ressurgir des d&#233;bris des bombardements et des cadavres de la guerre en cours, la pr&#233;sence de Nestor Makhno et les valeurs humaines et &#233;mancipatrices que ses camarades et lui ont farouchement d&#233;fendues.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Nestor Makhno, on l'avait presque oubli&#233; au milieu du fracas des bombes, des drones, des mutil&#233;s et des cadavres&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans le livre de Vitkine, les &#171; &lt;i&gt;loups&lt;/i&gt; &#187;, ce sont les oligarques cupides en lutte pour le pouvoir &#233;conomique ou politique. Le r&#233;cit s'organise autour d'une des leurs, qu'ils surnomment &#171; &lt;i&gt;la chienne&lt;/i&gt; &#187; : Olena Hapko, ancienne femme d'affaires devenue pr&#233;sidente du pays, au milieu d'autres loups ne d&#233;sirant que la renverser. Un &#234;tre politique issu de rien, si ce n'est de la d&#233;composition de l'ancien syst&#232;me capitaliste d'&#201;tat. Un &#234;tre qui prend forme et gagne du pouvoir &#224; travers le m&#233;canisme tentaculaire de la corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e qui impr&#232;gne toute la soci&#233;t&#233; ukrainienne, et tout particuli&#232;rement ses couches dirigeantes. Une machine puissante, aliment&#233;e par les &#171; privatisations &#187; qui ont suivi l'&#233;croulement du capitalisme d'&#201;tat et le renforcement de ses valeurs cyniques et hypocrites. Monstre pervers qu'on nous vend aujourd'hui comme le dernier rempart du nouveau &#171; &lt;i&gt;monde libre&lt;/i&gt; &#187; face au totalitarisme russe.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Le rejet d'une dictature inique ne passe pas n&#233;cessairement par l'acceptation d'autres despotismes&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Celle qu'on appelle aussi la Princesse d'acier est originaire de la petite ville de Goulia&#239;-Polie, &#171; &lt;i&gt;un cul-de-sac&lt;/i&gt; &#187; situ&#233; &#224; l'ouest de Zaporijjia (ce nom, vous l'avez d&#233;j&#224; entendu&#8230;). &#192; travers cette ville, lieu de naissance de Makhno et centre de l'intrigue, l'auteur nous raconte l'Ukraine profonde : &#171; &lt;i&gt;Ceux de Goulia&#239;-Polie ne devaient pas avoir cette sensation d'avoir &#233;t&#233; oubli&#233;s, quelque part au bout du monde. Dans les ann&#233;es soixante, on croyait encore en quelque chose. Si ce n'est en l'avenir, au moins dans le bien-fond&#233; du pr&#233;sent. C'est seulement apr&#232;s qu'est venu le temps du cynisme, et la stagnation, dans les grandes villes d'abord, puis dans tout le pays. Petitesse et m&#233;diocrit&#233; &#224; tous les &#233;tages, noirceur des &#226;mes et des sentiments.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Survivants du d&#233;sastre, Marko et son amie Katia sont deux jeunes qui s'accrochent &#224; d'autres valeurs que celles de l'ancien syst&#232;me totalitaire ou de la nouvelle barbarie de l'argent roi, de la &#171; &lt;i&gt;noirceur des &#226;mes et des sentiments&lt;/i&gt; &#187;. Marko aime se promener du c&#244;t&#233; du cimeti&#232;re o&#249; sont enterr&#233;s des membres de la famille Makhno. S'y asseoir et r&#233;fl&#233;chir sur la vie, l'amour, un avenir. Un lieu qui ne semble pas attirer particuli&#232;rement les &#233;crivains branch&#233;s ex-punk libertaires s&#233;duits par Petlioura. Poss&#233;d&#233;s par la pulsion de vie, Marko et Katia rejettent la pulsion de mort omnipr&#233;sente, enrob&#233;e dans un nationalisme guerrier. Ils ne veulent pas de la haine, ils veulent l'humain, la vie, la beaut&#233; et l'amour, s'&#233;manciper de la puissance de l'argent. Ce sont des amis, des compagnons de notre route qui nous aident &#224; comprendre que le rejet d'une dictature inique ne passe pas n&#233;cessairement par l'acceptation d'autres despotismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lisez &lt;i&gt;Les Loups&lt;/i&gt;, faites-le lire. Merci &#224; Beno&#238;t Vitkine d'avoir &#233;crit ce r&#233;cit plein d'espoir. Peut-&#234;tre fallait-il que ce soit un auteur ext&#233;rieur &#224; nos milieux militants qui vienne nous rappeler la beaut&#233; des projets &#233;galitaires de Nestor Makhno et ses amis.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Charles Reeve&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Anarchy in UKR&lt;/i&gt;, publi&#233; en fran&#231;ais sous le m&#234;me titre en 2016 aux &#233;ditions Noir sur blanc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;R&#233;veillant un antis&#233;mitisme s&#233;culaire, la guerre civile a donn&#233; lieu &#224; d'immenses pogroms. Des 60 000 &#224; 100 000 victimes, pr&#232;s de 40 % auraient &#233;t&#233; tu&#233;es par les troupes de Petlioura, alors commandant en chef de l'Arm&#233;e populaire ukrainienne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Malcolm Menzies, &lt;i&gt;Makhno, une &#233;pop&#233;e&lt;/i&gt;, L'&#201;chapp&#233;e, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est &#224; l'occasion de ce proc&#232;s que Bernard Lecache, journaliste judiciaire, cr&#233;e la Ligue contre les pogroms, future Ligue internationale contre le racisme et l'antis&#233;mitisme (Licra).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans son premier roman &lt;i&gt;Donbass&lt;/i&gt; (Les Ar&#232;nes, 2020, &#233;galement en poche), une enqu&#234;te polici&#232;re nous immergeait dans l'est de l'Ukraine, r&#233;gion d&#233;chir&#233;e par la guerre avec la Russie, o&#249; s&#233;vissent dirigeants nationalistes corrompus, int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes russes et violences capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les amis socialistes de Poutine au pays du fado</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Les-amis-socialistes-de-Poutine-au</link>
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		<dc:creator>Charles Reeve</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Seconde &#233;tape d'un retour r&#233;cent sur les rives du Tage, o&#249; l'on plonge dans le pass&#233; colonial refoul&#233; du Portugal, avant d'examiner la l&#233;thargie d'une soci&#233;t&#233; que gouverne toujours le Parti socialiste, d&#233;fenseur historique de l'ordre capitaliste. Mais des &#233;clats d'insubordination brillent ici et l&#224;. Cet article est le deuxi&#232;me pan d'une enqu&#234;te consacr&#233;e aux maux du Portugal contemporain. On peut lire la premi&#232;re partie ICI. *** I. Le Portugal est l'un de ces pays que l'on pense (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no202-octobre-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;202 (octobre 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Portugal" rel="tag"&gt;Portugal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Parti" rel="tag"&gt;Parti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/portugais" rel="tag"&gt;portugais&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Monsieur-Medina" rel="tag"&gt;Monsieur Medina&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/socialiste-portugais" rel="tag"&gt;socialiste portugais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Portugal-contemporain" rel="tag"&gt;Portugal contemporain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-armee-coloniale" rel="tag"&gt;l'arm&#233;e coloniale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Seconde &#233;tape d'un retour r&#233;cent sur les rives du Tage, o&#249; l'on plonge dans le pass&#233; colonial refoul&#233; du Portugal, avant d'examiner la l&#233;thargie d'une soci&#233;t&#233; que gouverne toujours le Parti socialiste, d&#233;fenseur historique de l'ordre capitaliste. Mais des &#233;clats d'insubordination brillent ici et l&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article est le deuxi&#232;me pan d'une enqu&#234;te consacr&#233;e aux maux du Portugal contemporain. On peut lire la premi&#232;re partie &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Amis-qu-on-cherit' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ICI&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4088 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH514/600px_portugal-510b0.jpg?1779814402' width='500' height='514' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;L.L. De Mars
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;I.&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Le Portugal est l'un de ces pays que l'on pense pouvoir aborder directement au pr&#233;sent, dans l'envo&#251;tement de la douceur de vivre et de la beaut&#233; des lieux. C'est une forme d'aveuglement, car le poids de l'histoire y est tr&#232;s pr&#233;sent dans le refoul&#233; collectif, et lui seul permet v&#233;ritablement d'acc&#233;der au r&#233;el et aux &#234;tres qui y vivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques semaines apr&#232;s la parution de la belle traduction portugaise du livre de Joseph Andras, &lt;i&gt;De nos fr&#232;res bless&#233;s&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paru chez Actes Sud en 2016 avant d'&#234;tre traduit en portugais en 2021 chez (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, le journal &lt;i&gt;P&#250;blico&lt;/i&gt; donne un relief inattendu &#224; un autre livre qui aborde la probl&#233;matique des guerres coloniales. En l'occurrence, &lt;i&gt;Nos Meandros da Guerra : O Estado Novo e a &#193;frica do Sul na defesa da Guin&#233;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233; &#224; Lisbonne chez Caleidoscopio en 2020, ce livre de Jos&#233; Matos et Lu&#237;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; revient sur la lutte pour l'ind&#233;pendance men&#233;e dans l'ancienne colonie portugaise de Guin&#233;e-Bissau au cours des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dant le coup d'&#201;tat militaire, du 25 avril 1974, au Portugal. Le rapport entre les deux livres est &#224; la fois direct et lointain. Dans son roman, Joseph Andras pose comme question sous-jacente &#224; l'histoire tragique de Fernand Iveton en Alg&#233;rie en 1956, le positionnement &#233;thique et politique de chacun face &#224; la question coloniale. Question qui s'est &#233;galement pos&#233;e &#224; toute une g&#233;n&#233;ration de jeunes Portugais, de 1961 &#224; 1974, pendant les treize ans de guerre coloniale dans les trois colonies africaines du Mozambique, de l'Angola et de la Guin&#233;e-Bissau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, ce n'est pas cette probl&#233;matique qui pr&#233;occupe la journaliste de &lt;i&gt;P&#250;blico&lt;/i&gt;. La question est aujourd'hui ensevelie dans le silence pesant de la soci&#233;t&#233; portugaise, toujours incapable d'affronter la dimension coloniale de son histoire, son long cort&#232;ge d'horreurs et de crimes contre l'humanit&#233;. Ce colonialisme a constitu&#233; le socle de l'identit&#233; nationale du pays, de l'id&#233;ologie nationaliste et des courants politiques qui l'ont port&#233;e, du r&#233;publicanisme du d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle au salazarisme. Il a contamin&#233; jusqu'au courant communiste staliniste, et seul le faible mais actif courant anarchiste du d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle en est rest&#233; &#233;loign&#233;. Pourtant, dans le cas portugais, la question du positionnement face au colonialisme a trouv&#233; une r&#233;ponse claire dans le refus massif et collectif de la guerre coloniale par une partie importante de la jeunesse. Attitude qui restera comme un moment &#233;thique exemplaire dans l'histoire contemporaine du pays et au-del&#224;. Aujourd'hui, alors que le petit pays se d&#233;couvre un destin historique bien plus m&#233;diocre que celui dont il a toujours r&#234;v&#233;, celui d'un modeste club de bronzage pour Europ&#233;ens du nord, ce moment de refus collectif n'est absolument pas mis en valeur ; c'est &#224; peine s'il est mentionn&#233;. &lt;i&gt;A&lt;/i&gt; &lt;i&gt;contrario&lt;/i&gt;, les vestiges de l'id&#233;ologie colonialiste retrouvent vie dans la mont&#233;e ouverte du racisme quotidien qui nourrit une nouvelle droite extr&#234;me accroch&#233;e au projet fumeux de d&#233;fense des &#171; valeurs civilisatrices &#187; du Portugal du pass&#233;&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les r&#233;centes violences et crimes racistes au Portugal, touchant la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. C'est-&#224;-dire, les valeurs de la barbarie coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est exceptionnel dans le livre de Matos et Barroso &#8211; et c'est avant tout ce que souligne &lt;i&gt;P&#250;blico&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Portugal negociava a 24 de Abril de 1974 a compra de 32 ca&#231;as Mirage para (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#8211;, c'est le fait que les auteurs ont eu un acc&#232;s inattendu &#224; des documents de l'arm&#233;e portugaise de la p&#233;riode. On y apprend, tout d'abord, que, d'apr&#232;s les chefs de l'arm&#233;e coloniale, la situation militaire &#233;tait, d&#233;but 1974, inqui&#233;tante pour les forces portugaises en Guin&#233;e-Bissau, petit territoire de l'Afrique occidentale. L'action de la gu&#233;rilla nationaliste provoquait d'importantes et croissantes pertes en hommes, pas loin d'un mort par jour et plus de 10 000 bless&#233;s par an. La d&#233;faite militaire qui se dessinait expliquait l'&#233;tat de d&#233;moralisation des troupes portugaises et la panique de leur encadrement. Le puissant mouvement contre la guerre dans la jeunesse et l'ampleur des d&#233;sertions furent nourris par cette &#233;volution. Celle-ci a fini par inciter &#233;galement une minorit&#233; de la haute hi&#233;rarchie militaire &#224; soutenir l'aventure du mouvement des jeunes officiers &#224; s'engager dans un coup d'&#201;tat militaire mettant fin au r&#233;gime et &#224; la guerre. Tous ces strat&#232;ges &#233;taient, bien s&#251;r, loin de s'imaginer qu'une telle aventure pouvait ouvrir une bo&#238;te de Pandore, exacerber les conflits de classe dans la soci&#233;t&#233; et d&#233;boucher sur une insurrection sociale. Ce fut pourtant ce qui arriva.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le r&#233;gime salazariste continuait &#224; chercher des alli&#233;s et des fournisseurs d'armes afin de poursuivre la d&#233;fense de son projet colonialiste. Compte tenu de la position prise par les principales puissances mondiales, conscientes de la force des mouvements nationalistes et d&#233;sireuses de redessiner g&#233;opolitiquement la situation africaine, le Portugal se trouvait de plus en plus isol&#233;, avec des soutiens de plus en plus limit&#233;s : l'Afrique du Sud de l'apartheid, l'Espagne franquiste et... la France, &#171; patrie des droits de l'Homme &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que, d&#233;but 1974, le gouvernement portugais entama des discussions avec celui de la France afin d'acheter quelques dizaines d'avions Mirage destin&#233;s &#224; renforcer la puissance de l'arm&#233;e coloniale sur le terrain. Le gouvernement fran&#231;ais, qui depuis le d&#233;but du conflit, avait ravitaill&#233; en mat&#233;riel l'arm&#233;e coloniale portugaise, h&#233;sita, craignant une d&#233;stabilisation de sa zone d'influence et d'int&#233;r&#234;ts dans la r&#233;gion, surtout au S&#233;n&#233;gal voisin. Mais il finit par c&#233;der et le contrat entre les deux gouvernements fut sign&#233; le soir du 24 avril 1974, pour le plus grand bonheur de la famille Dassault et des actionnaires. Champagne ! Sauf que, le matin du jour suivant, le coup d'&#201;tat militaire d'une minorit&#233; de l'arm&#233;e, soutenu massivement par le peuple en liesse, poussa vers la sortie un des signataires du contrat. On rangea pr&#233;cipitamment les bouteilles. Une fois de plus, le mouvement spontan&#233; et impr&#233;vu de l'histoire prit le dessus sur la logique planifi&#233;e des int&#233;r&#234;ts capitalistes et de leurs laquais.&lt;/p&gt;
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&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;II.&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Samedi 22 mai 2021 : &#224; Lisbonne, plusieurs dizaines de personnes bloquent la circulation du rond-point qui donne acc&#232;s au principal terminal de l'a&#233;roport. Le groupe veut par son action alerter sur l'augmentation de la pollution provoqu&#233;e par les avions, et appeler &#224; l'arr&#234;t de la construction de nouveaux a&#233;roports dans le pays et au d&#233;veloppement des transports ferroviaires, moins polluants. C'est une question &#171; clivante &#187;, comme on dit avec style dans le nouveau langage lib&#233;ral moderniste. La d&#233;cision de construire (ou non) un nouvel a&#233;roport pr&#232;s de Lisbonne, report&#233;e pour cause de Covid, n'est toujours pas tranch&#233;e par le gouvernement socialiste, tandis que les anciens a&#233;roports attendent avec angoisse les touristes d&#251;ment vaccin&#233;s. C'est la version lusitanienne du jour d'apr&#232;s comme cauchemar du jour d'avant. L'intervention des robocops d&#233;mocrates portuguais ne s'est pas fait attendre : les activistes ont &#233;t&#233; d&#233;log&#233;s &lt;i&gt;manu militari&lt;/i&gt; ; 26 d'entre eux, &#226;g&#233;s de 17 &#224; 28 ans, ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et menac&#233;s de poursuites. Au pays du po&#232;te Fernando Pessoa, la police poss&#232;de des dons d'imagination rares. Son porte-parole aupr&#232;s de la presse, l'inspecteur Nuno Carocha, avance une accusation &#233;tonnante et grave : ces manifestants sont &#171; &lt;i&gt;suspects d'attentat contre la s&#233;curit&#233; routi&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. Il est vrai que chaque pays a le terrorisme qu'il m&#233;rite, mais, tout de m&#234;me, cet &#171; &lt;i&gt;attentat contre la circulation routi&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, il fallait le trouver !&lt;/p&gt;
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&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;*&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Fernando Medina est un gar&#231;on propre sur lui avec une carri&#232;re format&#233;e pour la r&#233;ussite. Maire de Lisbonne, ami d&#233;complex&#233; de l'industrie du tourisme et du b&#233;ton, d&#233;fenseur de pistes cyclables &#224; tout- va dans une ville que la hideuse sp&#233;culation immobili&#232;re a vid&#233;e de son peuple, il est aussi le fils politique pr&#233;f&#233;r&#233; d'Ant&#243;nio Costa, le Premier ministre et actuel patron du puissant Parti socialiste. Les paris donnent Monsieur Medina gagnant dans la course pour la succession de Monsieur Costa, celui-ci &#233;tant pressenti pour une nouvelle carri&#232;re dans la haute bureaucratie de Bruxelles o&#249; son sourire commercial est fort appr&#233;ci&#233;. Mais fin juin 2021, un &#233;v&#233;nement inattendu met ces beaux projets en p&#233;ril. Des r&#233;v&#233;lations prouvent que la mairie de Lisbonne transmet r&#233;guli&#232;rement aux ambassades les donn&#233;es personnelles des activistes qui se mobilisent pour telle ou telle cause devant telle ou telle ambassade : contre Poutine, pour le Tibet ou en soutien &#224; la r&#233;volte hongkongaise, pour les droits du peuple palestinien, contre la r&#233;pression en Angola, etc. Les heureux b&#233;n&#233;ficiaires sont, entre autres, les services russes, angolais ou chinois, le Mossad isra&#233;lien aussi. Parfois, la mairie est d&#233;rout&#233;e. &#192; qui transmettre les donn&#233;es personnelles des militants &#233;cologistes qui ont bloqu&#233; le rond-point de l'a&#233;roport ? Il n'y avait parmi eux pas un seul Palestinien, pas un seul Russe, pas un seul Tib&#233;tain. Les faits, reconnus avec larmes de crocodile par Monsieur Medina, sont vite devenus scandale politique. Le maire socialiste de la capitale passe d&#233;sormais pour un vulgaire &#171; &lt;i&gt;pide&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le mot &#171; pide &#187; reste dans le langage populaire au Portugal comme synonyme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187; dans un monde de r&#233;pression globalis&#233;e. Appel&#233; &#224; la rescousse, son camarade et ministre des Affaires &#233;trang&#232;res dit esp&#233;rer que &#171; &lt;i&gt;les autorit&#233;s russes, qui ont re&#231;u des donn&#233;es qu'elles n'auraient jamais d&#251; recevoir, appliquent les lois internationales et les effacent&lt;/i&gt; &#187;. Un comique, cet homme ! La pratique est sans doute g&#233;n&#233;ralis&#233;e et pas sp&#233;cifique au Portugal, mais le faire de fa&#231;on si ouverte et brutale traduit l'arrogance d'une classe politique s&#251;re d'un rapport de force qui lui est favorable. N&#233;anmoins, Monsieur Medina a perdu son poste de maire aux toutes r&#233;centes &#233;lections locales du 26 septembre, qui ont vu le taux d'abstention monter &#224; presque 50%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont que de vulgaires socialistes &#224; la man&#339;uvre. D&#233;fenseur acharn&#233; de l'ordre capitaliste, le Parti socialiste portugais garde n&#233;anmoins quelques traits originaux. Il ne s'agit pas d'un appareil politique de vieille exp&#233;rience, avec un long &#233;tat de services comme le SPD allemand ou le PS fran&#231;ais, partis chauvins qui ont cautionn&#233; de successives boucheries guerri&#232;res et coloniales pour se dissoudre finalement dans le n&#233;olib&#233;ralisme. Si le vieux parti portugais a une histoire remontant &#224; 1875, ann&#233;e de sa fondation, ce n'est qu'en 1973 que le parti actuel a &#233;t&#233; fond&#233; dans l'exil et &#224; l'aide de fonds du SPD. Pendant un si&#232;cle, les quelques militants socialistes ont vivot&#233; tant bien que mal en minorit&#233; dans la soci&#233;t&#233;, &#224; l'ombre des forts courants anarcho-syndicalistes et anarchistes, puis, pendant la p&#233;riode fasciste, &#224; la tra&#238;ne du rigide Parti communiste stalinien clandestin. La nature du Parti socialiste portugais actuel puise ses racines dans deux moments forts de l'histoire r&#233;cente du pays. Tout d'abord, le r&#244;le d&#233;terminant que le parti a jou&#233; dans l'action contre-r&#233;volutionnaire de novembre 1975, mettant un terme &#224; la p&#233;riode d'insurrection sociale qui suivit la chute de l'ancien r&#233;gime salazariste ; puis la place active du parti dans la &#171; normalisation &#187; de l'ordre capitaliste, en particulier la destruction de la R&#233;forme agraire et des exp&#233;riences d'autogestion sociales. Au moment de la r&#233;volution portugaise de 1974-75, le Parti socialiste portugais a ainsi pris la place unique d'une formation politique qui rompait avec le pass&#233; salazariste tout en s'&#233;rigeant comme un rempart contre &#171; le danger communiste &#187;, &#233;pousant les valeurs du capitalisme de march&#233;. La d&#233;fense inconditionnelle de la variante priv&#233;e du capitalisme a &#233;t&#233; suivie par la gestion du processus d'int&#233;gration du pays dans l'espace capitaliste europ&#233;en. P&#233;riode caract&#233;ris&#233;e par un investissement massif de fonds europ&#233;ens qui a fond&#233; le consensus social d&#233;mocratique et cr&#233;&#233; un climat de corruption g&#233;n&#233;ralis&#233; dont ont profit&#233; l'appareil du parti et la plupart de ses cadres. Il faut avoir pr&#233;sent &#224; l'esprit cette origine particuli&#232;re du Parti socialiste portugais pour comprendre ce qu'il est devenu aujourd'hui : un puissant appareil &#233;lectoral et client&#233;liste, f&#233;rocement accroch&#233; au pouvoir de l'argent&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un bref retour sur l'histoire r&#233;cente du Portugal et quelques-uns de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Les actes de Monsieur Medina sont en phase avec cette nature, avec l'esprit bureaucratique r&#233;pressif qui en d&#233;coule.&lt;/p&gt;
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&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;*&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Sous le soleil et la douceur de vivre, il y a un pays triste, forc&#233;ment, car &#233;cras&#233; par un destin de soumission. Une soci&#233;t&#233; qui peine &#224; se projeter dans l'avenir, qui vit dans un pr&#233;sent fataliste, o&#249; l'on a du mal &#224; percevoir des signes d'avenir. Un air de fado, dites-vous ? Le po&#232;te surr&#233;aliste portugais Mario Cesariny r&#233;suma nagu&#232;re dans une phrase ironique le carcan qui, au Portugal, &#233;touffe le r&#234;ve et l'espoir d'un autre futur : &#171; &lt;i&gt;Demain, il y aura encore du foot&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais laissons le pessimisme pour des temps meilleurs, disaient les anars portugais du d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ! Sous les d&#233;combres de la tristesse folklorique, dans une soci&#233;t&#233; vid&#233;e de son &#233;nergie vitale, ici et l&#224;, l'esprit contestataire refait surface. Dans le silence du consensus moderniste vendu par les monstres du capital et ses politiciens, des cris se font entendre, des signes lumineux d'insubordination indiquent un chemin diff&#233;rent. L'action de quelques jeunes sur un rond-point d'a&#233;roport n'est pas une initiative isol&#233;e. Plus au nord, vers le pays galicien, dans les montagnes du parc naturel du Ger&#234;s/Xur&#234;s, l'opposition &#224; l'exploitation toute proche de la plus grosse mine de lithium &#224; ciel ouvert d'Europe par une multinationale vorace s'installe et s'affermit depuis 2018 &lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet &#171; Covas de Barroso : le plus grand projet d'exploitation de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;. Tout n'est pas perdu dans le pays de &#171; &lt;i&gt;Gr&#226;ndola, Vila Morena&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Compos&#233;e par Zeca Afonso, cette chanson, censur&#233;e par le r&#233;gime salazariste, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Charles Reeve *&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;* &lt;i&gt;Charles Reeve, pseudonyme de Jorge Valadas, a &#233;crit plusieurs ouvrages sur la soci&#233;t&#233; portugaise.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;.&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Opus 1 : &#034;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Amis-qu-on-cherit' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le variant asiatique du fado portugais&lt;/a&gt;&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Paru chez Actes Sud en 2016 avant d'&#234;tre traduit en portugais en 2021 chez Antigona par Lu&#237;s Leit&#227;o sous le titre &lt;i&gt;Dos Nossos Irm&#227;os Feridos, De nos fr&#232;res bless&#233;s&lt;/i&gt; est un roman revenant sur l'histoire de Fernand Iveton, ouvrier et militant de l'ind&#233;pendance alg&#233;rienne, guillotin&#233; pour avoir tent&#233;, en novembre 1956, un sabotage &#224; la bombe dans l'usine o&#249; il travaillait.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Publi&#233; &#224; Lisbonne chez Caleidoscopio en 2020, ce livre de Jos&#233; Matos et Lu&#237;s Barroso n'a pas (encore) de version francophone. Son titre peut se traduire par : &#171; Dans les m&#233;andres de la guerre : l'Estado Novo et l'Afrique du Sud dans la d&#233;fense de la Guin&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur les r&#233;centes violences et crimes racistes au Portugal, touchant la jeunesse d'origine africaine et les immigr&#233;s de l'Est, lire&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Le-Portugal-face-a-son-passe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Le Portugal face &#224; son pass&#233; colonial &lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 191 (octobre 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publico.pt/2021/05/17/politica/noticia/portugal-negociava-24-abril-1974-compra-32-cacas-mirage-guerra-guine-1962437&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Portugal negociava a 24 de Abril de 1974 a compra de 32 ca&#231;as Mirage para a guerra na Guin&#233; &#187;&lt;/a&gt; (17/05/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le mot &#171; &lt;i&gt;pide&lt;/i&gt; &#187; reste dans le langage populaire au Portugal comme synonyme de mouchard, celui qui d&#233;nonce, qui fait de la d&#233;lation. La Pide (Pol&#237;cia internacional e de defesa do estado) &#233;tait la police politique de l'ancien r&#233;gime salazariste de facture fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour un bref retour sur l'histoire r&#233;cente du Portugal et quelques-uns de ses moments &#233;mancipateurs, on peut lire ce livre de l'auteur du pr&#233;sent article : &lt;i&gt;La M&#233;moire et le feu &#8211; Portugal, l'envers du d&#233;cor de l'Euroland&lt;/i&gt;, L'Insomniaque, 2006. Sur la r&#233;volution portugaise : Phil Mailer, &lt;i&gt;Portugal 1974-75, r&#233;volution manqu&#233;e&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; (trad. C. Lamoureux, &#201;. Lesourd, D. Pr&#233;vost), Les Nuits rouges, 2019. Ainsi que Raquel Varela, un &lt;i&gt;peuple en r&#233;volution &#8211; Portugal, 1974-1975 &lt;/i&gt;(trad. H&#233;l&#232;ne Melo), Agone, 2018, un travail historique avec une riche documentation pr&#233;sent&#233;e dans une perspective avant-gardiste trotskiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet &lt;a href=&#034;https://lundi.am/Covas-de-Barroso-le-plus-grand-projet-d-exploitation-de-lithium-d-Europe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Covas de Barroso : le plus grand projet d'exploitation de lithium d'Europe &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Lundi Matin&lt;/i&gt; (20/09/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Compos&#233;e par Zeca Afonso, cette chanson, censur&#233;e par le r&#233;gime salazariste, est un embl&#232;me de la r&#233;volution des &#338;illets.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le variant asiatique du fado portugais</title>
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		<dc:creator>Charles Reeve</dc:creator>


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&lt;p&gt;Premi&#232;re &#233;tape d'un retour* r&#233;cent sur les rives du Tage, o&#249; l'on constate que les immigrants asiatiques, par leurs salaires extr&#234;mement bas, permettent &#224; l'agro-industrie de survivre au Portugal, alors que les travailleurs portugais &#233;migrent plus loin pour fuir la mis&#232;re. Il est aussi question de corruption et de cuisine chic &#224; succ&#232;s. I. Un village sur la route qui va de la c&#244;te atlantique vers Beja, traverse la grande plaine s&#232;che de l'Alentejo (sud du Portugal), &#233;cras&#233;e de chaleur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no201-septembre-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;201 (septembre 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/plaine-seche" rel="tag"&gt;plaine s&#232;che&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Premi&#232;re &#233;tape d'un retour* r&#233;cent sur les rives du Tage, o&#249; l'on constate que les immigrants asiatiques, par leurs salaires extr&#234;mement bas, permettent &#224; l'agro-industrie de survivre au Portugal, alors que les travailleurs portugais &#233;migrent plus loin pour fuir la mis&#232;re. Il est aussi question de corruption et de cuisine chic &#224; succ&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4056 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L404xH400/400px_portugal-92cee.jpg?1779604615' width='404' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;L.L. de Mars
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;I.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un village sur la route qui va de la c&#244;te atlantique vers Beja, traverse la grande plaine s&#232;che de l'Alentejo (sud du Portugal), &#233;cras&#233;e de chaleur d&#232;s le mois de mai, l'horizon &#224; perte de vue qui se confond avec un ciel sans nuages, le fin fond du pays profond au sud du Tage, vide de gens, d'arbres, comme une steppe &#8211; &#171; &lt;i&gt;notre Sahara&lt;/i&gt; &#187;, dit une amie &#8211; jalonn&#233;e de petits bourgs, perch&#233;s sur des collines. Le village s'appelle &lt;i&gt;Entradas&lt;/i&gt;, &#171; Les Entr&#233;es &#187;. Entr&#233;e vers quoi ? Vers o&#249; ? Tout semble vide, sans vie, ou avec une vie qui s'est arr&#234;t&#233;e dans un pass&#233; lointain. Un pr&#233;sent immobile o&#249; seul un retour au pass&#233; semble plausible. Des maisons basses align&#233;es bordent la rue principale ; au fond, l'&#233;glise. Dans le jardin public, entre quelques arbres qui d&#233;tonnent dans la s&#233;cheresse, deux ou trois m&#226;ts avec des drapeaux frapp&#233;s de la faucille et du marteau signalent la pr&#233;sence municipale toujours incontournable du Parti communiste portugais dans cette r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le rouge br&#251;l&#233; par le soleil a vir&#233; au rose, signe de la mutation id&#233;ologique en cours de la vie politique locale&#8230; Derri&#232;re les vitres des fen&#234;tres ferm&#233;es, des visages rid&#233;s &#233;pient les &#233;trangers de passage. Les rues sont vides, les deux caf&#233;s ferm&#233;s, Covid-19 oblige ; on croise un travailleur de la voirie occup&#233; &#224; balayer les trottoirs du jardin. Le &#171; bonjour &#187; est rapide et sans empathie. Au voisinage de l'&#233;glise, un panneau indique le mus&#233;e local o&#249; sont rassembl&#233;s, pr&#233;sent&#233;s aux rares visiteurs de passage, les derniers vestiges de l'agriculture traditionnelle ou ce qu'on a catalogu&#233; comme tel. Ledit mus&#233;e est ferm&#233; ! Il fait d&#233;j&#224; 33&#176;C au soleil de midi en cette journ&#233;e aux temp&#233;ratures extr&#234;mes, mais nous sommes pris par un sentiment gla&#231;ant, celui d'une soci&#233;t&#233; paralys&#233;e par son d&#233;clin. &#192; l'exception de quelques &#238;lots comme la ville de Castro Verde, toute proche qui vit de l'activit&#233; mini&#232;re, toute la r&#233;gion de l'Alentejo profond, nagu&#232;re un grenier &#224; bl&#233; des latifundiaires et le territoire de quelques-unes des pages les plus radicales de l'histoire sociale du Portugal avec les luttes des salari&#233;s agricoles, vit aujourd'hui la transition vers le monde de la catastrophe annonc&#233;e, celui de la grande agro-industrie. Dans un des pays les plus vieillissants du Vieux Continent et o&#249; la natalit&#233; est la plus faible, la r&#233;gion du bas Alentejo est class&#233;e parmi les plus pauvres de l'Europe communautaire ; et la sociologie de sa population est en train d'&#234;tre boulevers&#233;e par des mouvements contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Ces prol&#233;taires sont exploit&#233;s &#224; l'extr&#234;me, vivent de fa&#231;on concentrationnaire dans des taudis et des ruines, travaillent 10 heures par jour &#224; un taux horaire de 3 euros et les interm&#233;diaires exploiteurs retiennent souvent 50 % de leurs payes, pr&#233;textant remboursements divers et al&#233;atoires.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, une nouvelle soci&#233;t&#233; s'y installe. C'est le nouveau prol&#233;tariat associ&#233; &#224; la nouvelle agriculture industrielle, aux cultures en serres de fruits rouges pouss&#233;es chimiquement hors sol pour &#234;tre vendues tout au long de l'ann&#233;e dans les rayons des supermarch&#233;s europ&#233;ens ; celle des &#233;tendues d'oliviers et d'amandiers trait&#233;s, plant&#233;s et exploit&#233;s par les multinationales &#224; capitaux financiers sans loi ni patrie. Une population asiatique, des Bengalis, des N&#233;palais, des Vietnamiens, des Tha&#239;landais, des Pakistanais, amen&#233;s de l'autre c&#244;t&#233; de la plan&#232;te par des marchands de chair fra&#238;che, des r&#233;seaux puissants et intouchables. Dans certains villages, ils repr&#233;sentent d&#233;sormais jusqu'&#224; 60 % de la population. Comme si, par un renversement ironique de l'histoire, le projet lusitanien du XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle de la d&#233;couverte du chemin maritime vers l'Asie s'&#233;tait finalement concr&#233;tis&#233; par ce peuplement asiatique dans la p&#233;ninsule, effet de la globalisation moderne du march&#233; du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces prol&#233;taires sont exploit&#233;s &#224; l'extr&#234;me, vivent de fa&#231;on concentrationnaire dans des taudis et des ruines, travaillent 10 heures par jour &#224; un taux horaire de 3 euros et les interm&#233;diaires exploiteurs retiennent souvent 50 % de leurs payes, pr&#233;textant remboursements divers et al&#233;atoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;lange est d&#233;j&#224; assez &#233;tonnant, mais la globalisation est &#224; l'&#339;uvre et ne s'arr&#234;te pas. On s'attarde devant la vitrine d'une des agences immobili&#232;res locales &#8211; eh oui, cela existe ici aussi &#8211; et l'on est surpris par le prix des ruines &#224; vendre. Explication : une immigration d'un autre type s'installe aussi dans la r&#233;gion ; des alternatifs de toutes sortes et toutes origines, allant des &#171; auto-entrepreneurs de start-ups &#187; europ&#233;ens aux jeunes couples ais&#233;s &#224; la recherche d'une vie tranquille et d'air pur. Bizarrerie pour bizarrerie, aux Anglais, Hollandais et Allemands du d&#233;but viennent s'ajouter depuis quelques ann&#233;es de nombreuses jeunes familles isra&#233;liennes qui, sans doute, cherchent un apaisement &#224; la folie de l'endroit du monde o&#249; elles sont n&#233;es et o&#249; elles ne veulent plus vivre. On les comprend ! Dans cette petite bande de terre du sud-ouest de la p&#233;ninsule ib&#233;rique, se croisent aujourd'hui diff&#233;rentes mis&#232;res du monde capitaliste globalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une &#171; r&#233;v&#233;lation &#187; &#224; mettre sur le compte du Covid-19 : la d&#233;couverte de la condition terrible dans laquelle travaillent et vivent des dizaines de milliers d'immigr&#233;s asiatiques dans la soci&#233;t&#233; portugaise. Le nombre important des contaminations parmi ces travailleurs exploit&#233;s, d&#233;poss&#233;d&#233;s de leurs documents et de leurs droits, a fini par menacer les r&#233;gions o&#249; ils vivent. Une contradiction de plus au sein de la classe capitaliste : le choc entre les int&#233;r&#234;ts de l'agro-industrie et ceux du tourisme. M&#234;me si la contamination des immigr&#233;s asiatiques est rest&#233;e localis&#233;e, elle est venue s'ajouter &#224; la contamination g&#233;n&#233;rale, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; dans les r&#233;gions touristiques du sud o&#249; l'agro-industrie s'&#233;tend &#8211; le d&#233;veloppement de l'&#233;pid&#233;mie ayant forc&#233; le gouvernement &#224; prendre des mesures de confinement qui ont touch&#233; durement l'industrie touristique.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Les immigrants asiatiques, par leurs salaires encore plus bas, permettent &#224; l'agro-industrie de survivre au Portugal alors que les travailleurs portugais &#233;migrent plus loin pour fuir la mis&#232;re.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;De fait, ce n'est pas une v&#233;ritable r&#233;v&#233;lation, car la situation de cette immigration surexploit&#233;e &#233;tait connue depuis le d&#233;but par tous ceux qui voulaient la conna&#238;tre. L'excellent journal de contre-information &lt;i&gt;Mapa&lt;/i&gt; en parlait depuis au moins six ans&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire en particulier l'article &#171; Os olhares de Catarina &#187;, Mapa n&#176; 23 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Mais le d&#233;ni et le silence servaient des int&#233;r&#234;ts capitalistes importants et le gouvernement socialiste portugais venait d'ailleurs, en 2018, d'autoriser l'&#233;largissement de la zone d'implantation des serres sur la c&#244;te ouest de l'Alentejo, avec une augmentation cons&#233;quente de la main-d'&#339;uvre immigr&#233;e. L'&#233;pid&#233;mie a d&#233;clench&#233; un cort&#232;ge de j&#233;r&#233;miades et de larmes de crocodile, des cris d'indignation hypocrite. Les m&#233;dias se sont pench&#233;s sur le sujet pendant des semaines, on a convoqu&#233; des &#171; sp&#233;cialistes &#187; de toute sorte : &#233;conomistes, sociologues, ethnologues, etc. &#192; telle enseigne que le citoyen lambda finit par &#234;tre d&#233;gout&#233; de cet exercice de masochisme des &#233;lites &#8211; exercice charg&#233; d'hypocrisie, car, au-del&#224; des constatations r&#233;p&#233;t&#233;es, des t&#233;moignages, des descriptions glauques, il faut bien constater qu'il y a un terrain qui n'est jamais abord&#233; : celui des responsabilit&#233;s en amont. Avant, &#171; personne n'&#233;tait au courant &#187;, nous dit-on ; aujourd'hui, &#171; personne n'est cens&#233; l'ignorer &#187;, mais, dans le concret, rien ne change. Encore un principe de fonctionnement d&#233;mocratique. On apprend tout de m&#234;me que c'est toute l'agro-industrie, du porto aux fruits rouges des multinationales Driscoll's et cie, qui a recours &#224; cette main d'&#339;uvre exploit&#233;e dans des conditions quasi esclavagistes, du nord au sud du pays. Le cas portugais ne diff&#232;re en rien de la tendance &#224; l'&#339;uvre partout en Europe. Particulier ici est le fait que cette restructuration du march&#233; du travail s'applique dans un des pays les plus pauvres d'Europe, avec les salaires parmi les plus bas. Un pays qui continue &#224; exporter de la main d'&#339;uvre partout ailleurs, du personnel de sant&#233; et des services en Grande-Bretagne, des travailleurs du b&#226;timent et de l'agriculture (tiens, tiens !) en Suisse et en France, des p&#234;cheurs en Allemagne du nord et en Norv&#232;ge. Les immigrants asiatiques, par leurs salaires encore plus bas, permettent &#224; l'agro-industrie de survivre au Portugal alors que les travailleurs portugais &#233;migrent plus loin pour fuir la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;II.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;cent rapport de la Commission europ&#233;enne, qui n'est pas &#224; proprement parler une institution au-dessus de tout soup&#231;on, consid&#232;re le Portugal comme l'un des pays les plus gangr&#233;n&#233;s par la corruption en Europe. D'apr&#232;s l'&#233;tude, la population portugaise estime que la corruption est g&#233;n&#233;ralis&#233;e dans le pays et qu'elle affecte sa vie quotidienne. Sentiment qui serait deux fois plus fort au Portugal que la moyenne europ&#233;enne&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Um pa&#237;s corrupto &#187;, Publico (16/04/2021).&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Les affaires de corruption s'&#233;talent jour apr&#232;s jour dans les m&#233;dias, m&#234;lant le syst&#232;me bancaire, les hommes politiques, les puissances du foot, les agences immobili&#232;res, sp&#233;culatives et mafieuses. Pour ceux qui croient en la vieille rengaine de la s&#233;paration des pouvoirs, pilier de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, le rapport d&#233;nonce aussi le fait qu'au Portugal, seule une petite minorit&#233; des proc&#232;s pour corruption (autour de 10 %) sont men&#233;s jusqu'&#224; leur terme. L'appareil judiciaire est aussi compromis dans ce processus et subit le discr&#233;dit g&#233;n&#233;ralis&#233; des institutions. L'&#233;tat des &#233;lites, de la classe politique dans sa g&#233;n&#233;ralit&#233; &#8211; avec quelques rares et honorables exceptions &#8211; prouve que le champ du politique est plus qu'en crise : il est d&#233;cadent et irr&#233;cup&#233;rable. La machine du Parti socialiste portugais, accroch&#233;e telle une sangsue au pouvoir central et surtout local, verrouille d'une main de fer cette &#233;volution d&#233;cadente, en distillant peurs et chantages. Pour reprendre la formule d'un ami qui se d&#233;bat localement pour &#233;veiller les esprits, c'est comme le &#171; &lt;i&gt;syst&#232;me Poutine, mais men&#233; avec le sourire b&#233;at du Premier ministre&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se met &#224; r&#233;fl&#233;chir sur ce qui a bien pu se passer dans cette soci&#233;t&#233; depuis cinquante ans, depuis que la chute de l'ancien r&#233;gime autoritaire de nature fasciste a c&#233;d&#233; la place &#224; une d&#233;mocratie repr&#233;sentative. Le Portugal est devenu aujourd'hui en Europe une vitrine &#233;clair&#233;e de la fausset&#233; de cette d&#233;mocratie, un exemple concret de sa nature. Un cas exemplaire de l'&#233;volution de ce syst&#232;me, qui cherche &#224; masquer par un discours mensonger l'in&#233;galit&#233; et l'injustice croissante du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;g&#226;t collat&#233;ral de la corruption des &#233;lites politiques et &#233;conomiques qui gangr&#232;ne toute la soci&#233;t&#233; portugaise, le discours anticorruption constitue d&#233;sormais un des socles de la nouvelle extr&#234;me droite en plein essor. Mais celles et ceux qui colportent ce discours adoptent ces m&#234;mes comportements. La d&#233;cadence s'&#233;tend du haut vers le bas, contamine aussi de larges pans du peuple qui, par exemple, participent directement et retirent de maigres b&#233;n&#233;fices de cette restructuration du march&#233; du travail, louant des taudis aux travailleurs asiatiques, exploitant leurs faiblesses et leurs fragilit&#233;s &#8211; autre signal de la d&#233;composition des solidarit&#233;s de classe, du sens du collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus est particuli&#232;rement criant dans les r&#233;gions du sud, lieux o&#249; des traditions de luttes radicales ont marqu&#233; les g&#233;n&#233;rations, et o&#249; sont aujourd'hui exploit&#233;s les nouveaux immigr&#233;s. Il y a, bien entendu, et il ne faut surtout pas l'oublier, des attitudes minoritaires de solidarit&#233; et d'entraide parmi quelques noyaux de jeunes, liant les immigr&#233;s et la population ancienne. Ces noyaux voient dans la situation actuelle une richesse, une &#233;nergie et une vitalit&#233; n&#233;cessaires &#224; faire survivre une soci&#233;t&#233; vieillissante. Mais le mouvement du capitalisme moderne efface le pass&#233; de r&#233;volte. &#171; &lt;i&gt;Si 150 ans de batailles pour la propri&#233;t&#233; collective de la terre et pour la dignit&#233; du travail rural ont conduit [&#8230;] &#224; la r&#233;forme agraire de 1976, son d&#233;mant&#232;lement accompagn&#233; par la globalisation n&#233;olib&#233;rale a permis au capitalisme le plus obsc&#232;ne de retourner dans les champs du sud&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Agrocapitalismo de estufa &#187;, Publico (11/05/2021).&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;. Les d&#233;faites de classe sont toujours ch&#232;rement pay&#233;es. Et les paroles des chansons de Jos&#233; Afonso, devenues le symbole du mouvement r&#233;volutionnaire du 25 avril 1974, ont aujourd'hui un go&#251;t amer, et cherchent &#224; prendre une forme concr&#232;te dans des forces nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, c'est l'av&#232;nement d'un autre monde, celui du capitalisme victorieux et en d&#233;clin. En Alentejo comme ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;III.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Madame a trouv&#233; un bon plan : une entr&#233;e avec sortie. La flamboyante bourgeoise br&#233;silienne, mari&#233;e &#224; un grand bourgeois fran&#231;ais avec nom &#224; particule, vit d&#233;sormais &#224; Lisbonne dans un beau palace avec leurs deux filles et le chien ; l'heureux toutou s'appelle &#171; Bonaparte &#187; ! C'est aussi bien que l'avenue Henri-Martin et beaucoup moins cher. Encore une autre immigration. On croise (de loin) aujourd'hui au Portugal, outre les retrait&#233;s s&#233;duits par le soleil bon march&#233; et la quasi-absence d'imp&#244;ts, des riches, des tr&#232;s riches, des gangsters modernes (pl&#233;onasme ?!), des notables, des joueurs de foot, des artistes et des &#233;crivains de renom et au prix Goncourt encore frais. C'est dire que le monde m&#233;diocre, arrogant et m&#233;prisant de Madame et de Bonaparte fait main basse sur les riches demeures restaur&#233;es de la vieille Lisbonne et du vieux Porto, pendant qu'on pousse vers les p&#233;riph&#233;ries, gueux, mis&#233;reux, pauvres et &#233;clop&#233;s qui font d&#233;sordre dans le paysage recherch&#233; par Madame et ses semblables. Le capitalisme &#233;tant un syst&#232;me aux &#233;volutions improbables et inattendues, la pand&#233;mie, le d&#233;veloppement du t&#233;l&#233;travail pour des milliers de cadres branch&#233;s et d&#233;branch&#233;s, a relanc&#233; l'immobilier qui, malgr&#233; l'&#233;pid&#233;mie, se porte mieux que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Depuis la chute du pr&#233;c&#233;dent r&#233;gime autoritaire et l'av&#232;nement du r&#233;gime d&#233;mocratique parlementaire, la productivit&#233; par travailleur a &#233;t&#233; multipli&#233;e par cinq alors que le salaire r&#233;el continue de baisser, que les in&#233;galit&#233;s sociales ne cessent de se creuser.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#199;a flambe aussi dans le secteur sp&#233;culatif du luxe. Les ventes de Porsche &#224; 230 000 euros explosent, le niveau de ventes le plus &#233;lev&#233; depuis toujours dans le petit pays se retrouve aussi dans les bijoux et les v&#234;tements de marques, dans les cosm&#233;tiques, le commerce &#233;lectronique ; tout va pour le mieux dans un des pays les plus pauvres d'Europe. Normal, nous le savons, la tendance est g&#233;n&#233;rale : plus il y a de pauvres et plus les riches sont riches. C'est le &#171; d&#233;veloppement &#187; ou la &#171; reprise &#187;, expliquent certains &#233;conomistes. Seulement, ici aussi, les contrastes sont vertigineux. Alors que de larges secteurs de la population, y compris des petites classes moyennes employ&#233;es dans l'enseignement, la sant&#233;, les services, ne trouvent pas &#224; se loger, tout ce beau monde se partage en coupes r&#233;gl&#233;es des immeubles et des palais d&#233;labr&#233;s bient&#244;t r&#233;nov&#233;s. Madame et son Bonaparte d&#233;pensent dans le &#171; take-away &#187; quotidien de chefs &#233;toil&#233;s autant que ce que touche par mois un immigr&#233; vietnamien ou n&#233;palais travaillant dix heures par jour dans les serres de fruits rouges empoisonn&#233;s de la c&#244;te alentejana. Enfin, &#171; take-away &#187;, c'est une expression r&#233;fut&#233;e par ce beau monde : &#171; &lt;i&gt;Nous ne vendons pas de la nourriture, nous vendons une exp&#233;rience de socialisation&lt;/i&gt; &#187;, explique un comique patron d'une de ces start-up de cuisine chic &#224; succ&#232;s&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Luxo, o virus n&#227;o passa por aqui &#187;, Expresso (28/05/2021).&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;tat des lieux qui enrage. Qui est aussi un rappel du fait que nous ne devons pas prendre pour le r&#233;el ce qui n'est que l'apparence, la surface des choses, et non l'essence de son mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on parle d'un des pays les plus pauvres d'Europe, on se r&#233;f&#232;re bien &#233;videmment au pays des pauvres, laissant de c&#244;t&#233; le pays des riches. Une voix avertie soulignait r&#233;cemment des aspects significatifs de cette in&#233;galit&#233; sociale criante et violente qui, au Portugal comme partout ailleurs, ne cesse d'augmenter&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Somos um pa&#237;s pobre ? &#187;, Publico (22/05/2021).&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Depuis deux d&#233;cennies, le nombre de travailleurs qui per&#231;oivent le salaire minimum (environ 740 euros brut par mois contre 1 050 euros en Espagne) a &#233;t&#233; multipli&#233; par trois alors que le taux d'imposition d'un travailleur portugais est de 27,4 % au-dessus de la moyenne europ&#233;enne. Ceci, alors que la part sociale du salaire, re&#231;ue sous la forme de services publics, diminue continuellement. L'effondrement des services publics de sant&#233; lors de l'&#233;pid&#233;mie de Covid &#8211; effondrement dont les pires cons&#233;quences sont encore &#224; venir au vu de la d&#233;programmation des interventions chirurgicales, du report des rendez-vous m&#233;dicaux et de l'interruption des traitements &#8211; est l'exemple le plus r&#233;cent et le plus tragique de cette tendance. Dans son bref et r&#233;cent parcours de construction d&#233;mocratique, le Portugal se pose comme un cas exemplaire de plus dans la nature in&#233;galitaire de l'&#233;galit&#233; formelle. Depuis la chute du pr&#233;c&#233;dent r&#233;gime autoritaire et l'av&#232;nement du r&#233;gime d&#233;mocratique parlementaire, la productivit&#233; par travailleur a &#233;t&#233; multipli&#233;e par cinq alors que le salaire r&#233;el continue de baisser, que les in&#233;galit&#233;s sociales ne cessent de se creuser. Les esprits critiques ne manqueront pas de conclure que ce passage entre deux syst&#232;mes de pouvoir a surtout profit&#233; &#224; ceux qui ont gard&#233; le pouvoir, c'est-&#224;-dire &#224; la classe capitaliste. Certes, tout cela, on peut le dire et l'&#233;crire aujourd'hui, alors que toute remarque semblable &#233;tait autrefois passable de poursuites, voire d'emprisonnement. Une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique se caract&#233;rise-t-elle simplement par le &#171; droit &#187; &#224; reconna&#238;tre ouvertement que l'in&#233;galit&#233; sociale est immuable ? C'est avoir bien peu d'exigences, il faut le reconna&#238;tre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[&#192; suivre&#8230;]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Charles Reeve *&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;* Charles Reeve, pseudonyme de Jorge Valadas, a &#233;crit plusieurs ouvrages sur la soci&#233;t&#233; portugaise, dont &lt;i&gt;La M&#233;moire et le Feu - Portugal, l'envers du d&#233;cor de l'Euroland&lt;/i&gt;, paru aux &#233;ditions L'Insomniaque en 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire en particulier l'article &lt;a href=&#034;https://www.jornalmapa.pt/2020/01/20/os-olhares-de-catarina/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Os olhares de Catarina &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Mapa&lt;/i&gt; n&#176; 23 (avril-juin 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publico.pt/2021/04/16/opiniao/noticia/pais-corrupto-socrates-ivo-rosa-1958761&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Um pa&#237;s corrupto &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Publico&lt;/i&gt; (16/04/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publico.pt/2021/05/11/opiniao/opiniao/agrocapitalismo-estufa-1961983&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Agrocapitalismo de estufa &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Publico &lt;/i&gt;(11/05/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://expresso.pt/sociedade/lifestyle/2021-05-29-Luxo.-O-virus-nao-passa-por-aqui-fa473405&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Luxo, o virus n&#227;o passa por aqui &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Expresso&lt;/i&gt; (28/05/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publico.pt/2021/05/22/opiniao/opiniao/pais-pobre-resposta-jose-miguel-judice-susana-peralta-1963480&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Somos um pa&#237;s pobre ? &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Publico &lt;/i&gt;(22/05/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les possibles de la R&#233;volution portugaise</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Les-possibles-de-la-Revolution</link>
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		<dc:date>2019-11-25T08:19:11Z</dc:date>
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		<dc:creator>Charles Reeve</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Voil&#224; que para&#238;t enfin en fran&#231;ais un bon livre sur la r&#233;volution au Portugal (1974-1975)... L'ouvrage de Phil Mailer, Portugal, la r&#233;volution manqu&#233;e ? fut publi&#233; une premi&#232;re fois en anglais en 1977, traduit depuis en plusieurs langues. Le texte a &#233;t&#233; r&#233;&#233;dit&#233; au Portugal l'ann&#233;e derni&#232;re dans une mouture retravaill&#233;e par l'auteur. Sans doute dans l'incapacit&#233; de d&#233;nicher de bons traducteurs portugais, tous affair&#233;s sur des chantiers du b&#226;timent, l'&#233;diteur fran&#231;ais a opt&#233; pour la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no179-septembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;179 (septembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Portugal" rel="tag"&gt;Portugal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/travailleurs" rel="tag"&gt;travailleurs&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mailer" rel="tag"&gt;Mailer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Phil" rel="tag"&gt;Phil&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une-vie" rel="tag"&gt;d'une vie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vie-nouvelle" rel="tag"&gt;vie nouvelle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; que para&#238;t enfin en fran&#231;ais un bon livre sur la r&#233;volution au Portugal (1974-1975)...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L'&lt;/span&gt;ouvrage de Phil Mailer, &lt;i&gt;Portugal, la r&#233;volution manqu&#233;e&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Phil Mailer, Portugal, la r&#233;volution manqu&#233;e ?, trad. Claude Lamoureux, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; fut publi&#233; une premi&#232;re fois en anglais en 1977, traduit depuis en plusieurs langues. Le texte a &#233;t&#233; r&#233;&#233;dit&#233; au Portugal l'ann&#233;e derni&#232;re dans une mouture retravaill&#233;e par l'auteur. Sans doute dans l'incapacit&#233; de d&#233;nicher de bons traducteurs portugais, tous affair&#233;s sur des chantiers du b&#226;timent, l'&#233;diteur fran&#231;ais a opt&#233; pour la traduction de la version anglo-am&#233;ricaine. Heureusement, l'auteur a pu y apporter quelques compl&#233;ments et corrections. Il signe aussi une br&#232;ve mais &#233;clairante &lt;i&gt;Introduction&lt;/i&gt; sur la gen&#232;se du livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Phil Mailer, n&#233; en Irlande, travaillait au Portugal en avril 1974, au moment o&#249; un coup d'&#201;tat men&#233; par une partie de l'arm&#233;e a mis &#224; bas la plus longue dictature de l'Europe occidentale, ouvrant les vannes, malgr&#233; elle, &#224; une puissante r&#233;volte sociale. Le projet d'un simple repl&#226;trage politique ouvrant sur un syst&#232;me de d&#233;mocratie parlementaire fut momentan&#233;ment d&#233;pass&#233; par un mouvement qui &#233;branla les fondements des rapports sociaux de production capitaliste dans le pays. Les entreprises furent occup&#233;es, des maisons et immeubles expropri&#233;s, des &lt;i&gt;latifundia&lt;/i&gt; transform&#233;es en collectivit&#233;s agricoles, l'arm&#233;e se d&#233;composa en partie et un large mouvement d'organisations de base entreprit de questionner l'ancien ordre des choses et de chercher les bases d'une vie nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail de Phil Mailer fut intimement li&#233; &#224; l'activit&#233; qu'il mena dans un milieu de radicaux, &#224; l'esprit internationaliste et fortement marqu&#233; par les mouvements de la fin des ann&#233;es 1960, ind&#233;pendant de toute filiation partidaire. Il s'investit dans une revue, &lt;i&gt;Combate&lt;/i&gt;, anim&#233;e par des collectifs qui s'&#233;taient donn&#233;s pour but de soutenir les pratiques autonomes des travailleurs en lutte, intervenant pour leur donner la parole et pour les inciter &#224; r&#233;fl&#233;chir sur leurs propres actions. Il rappelle dans l'&lt;i&gt;Introduction&lt;/i&gt; que la pratique de la revue se fondait sur le vieux principe du mouvement ouvrier, &#171; L'&#233;mancipation des travailleurs sera l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son livre se laisse guider par le m&#234;me principe et remet au centre de ces ann&#233;es de chaude agitation l'&#233;nergie cr&#233;ative et spontan&#233;e des travailleurs en lutte. Pour lui, la classe ouvri&#232;re n'est pas une force objective de la transformation sociale mais sa force subjective majeure. &lt;i&gt;Dans Portugal, la r&#233;volution manqu&#233;e&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt;, le jeu des forces politiques et les affrontements id&#233;ologiques sont en second plan et s'expliquent &#224; partir de l'activit&#233; r&#233;elle des prol&#233;taires, de l'&#233;mergence de leur d&#233;sir &#233;mancipateur et non le contraire. C'est pourquoi la lecture de ce livre est essentielle pour comprendre ce qui s'est pass&#233; au Portugal au cours de ces ann&#233;es&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire aussi Raquel Varela, un peuple en r&#233;volution &#8211; Portugal 1974-1975, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Phil Mailer constate aussi qu'au cours d'un mouvement spontan&#233; de ce type, l'ennemi principal des travailleurs dans leur qu&#234;te d'une vie nouvelle, c'est leur propre soumission aux conceptions capitalistes d'organisation et d'action, &#224; la d&#233;l&#233;gation de leur pouvoir collectif aux chefs autoproclam&#233;s, aux savants de la r&#233;volution et leurs plans pr&#233;&#233;tablis. L&#224; r&#233;side, selon moi, l'aspect le plus original de son analyse.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sous les gravats du temps&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'oubli et l'ignorance des importants &#233;v&#233;nements r&#233;volutionnaires qui se sont d&#233;roul&#233;s au Portugal sont aujourd'hui fort r&#233;pandus, en France en particulier. Cela est surprenant si l'on consid&#232;re que cette p&#233;riode d'intense subversion de l'ordre des choses &#233;veilla, &#224; l'&#233;poque, un vaste int&#233;r&#234;t politique, eut des cons&#233;quences jusqu'aux strat&#233;gies d'alliances des grands partis de gauche, et attira dans le pays une multitude de touristes r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le moment, de nombreux ouvrages furent publi&#233;s, avec des interpr&#233;tations diverses selon les sch&#233;mas id&#233;ologiques, allant de celui des partis communistes &#224; celui des anarchistes. Cet amas de litt&#233;rature se trouva ensuite enseveli sous les gravats du temps&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut saluer l'&#233;norme travail r&#233;alis&#233; par le site Vosstanie, qui a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Le livre de Phil Mailer redonne vie &#224; ce moment intense et lumineux de l'histoire sociale de la fin des ann&#233;es 1970, un des derniers d'un cycle de mouvements subversifs europ&#233;ens qui s'ouvrit avec les Mai-68 et s'acheva en 1980-1981 avec &lt;i&gt;Solidarno&#347;&#263;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le recul, il est permis d'int&#233;grer la r&#233;volution portugaise dans la filiation des r&#233;volutions modernes qui puisent leur dynamique sur les principes de l'auto-organisation et de la d&#233;mocratie directe. L'&#233;chec des multiples projets du socialisme d'&#201;tat des courants l&#233;ninistes annon&#231;a, &#224; terme, la faillite du bloc capitaliste d'&#201;tat et, sur le moment, le d&#233;clin des id&#233;ologies qui y &#233;taient associ&#233;es, dont celle du &#171; contr&#244;le ouvrier &#187; c&#233;l&#233;br&#233;e par les courants trotskistes. La r&#233;volution portugaise montra que si le mouvement subversif des travailleurs d&#233;laissa le &#171; contr&#244;le &#187; d'une phase interm&#233;diaire, transitoire, c'&#233;tait bien parce qu'il &#233;tait anim&#233; par le d&#233;sir d'aller au-del&#224;, vers la gestion assum&#233;e d'une vie nouvelle, vers l'affirmation d'autres possibles que ceux qui leur &#233;taient propos&#233;s par les organisations partidaires. Isol&#233;, y compris et surtout dans le cadre p&#233;ninsulaire, ce mouvement a &#233;t&#233; battu par les forces politiques du capitalisme et s'est soumis &#224; la grisaille de la d&#233;mocratie parlementaire, mais il a n&#233;anmoins montr&#233; pendant plus d'un an ses potentialit&#233;s&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le titre original &#171; La r&#233;volution impossible ? &#187; me semble mieux traduire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le beau livre de Phil Mailer nous parle de tout cela au quotidien, en partant du mouvement r&#233;el, de ses victoires, ses richesses, ses reculs, ses contradictions&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aujourd'hui au Portugal, des jeunes historiens reprennent l'approche d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. C'est un bel hommage &#224; la &#171; r&#233;volution portugaise &#187; d&#233;sormais accessible en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Charles Reeve&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Phil Mailer, &lt;i&gt;Portugal, la r&#233;volution manqu&#233;e&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt;, trad. Claude Lamoureux, &#201;tienne Lesourd et Denise Pr&#233;vost, Les Nuits rouges, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire aussi Raquel Varela, un &lt;i&gt;peuple en r&#233;volution &#8211; Portugal 1974-1975&lt;/i&gt;, trad. H&#233;l&#232;ne Melo, Agone, 2018. L'auteure, universitaire &#224; forte pr&#233;sence m&#233;diatique, livre une froide lecture trotskiste des &#233;v&#233;nements dont il importe de tenir compte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il faut saluer l'&#233;norme travail r&#233;alis&#233; par le site &lt;i&gt;Vosstanie&lt;/i&gt;, qui a num&#233;ris&#233; et mis en ligne un grand nombre de mat&#233;riaux importants sur la r&#233;volution portugaise, provenant surtout des courants communistes libertaires et anarchistes, mais pas seulement : &lt;a href=&#034;https://arqoperaria.blogspot.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Arqoperaria.blogspot.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le titre original &#171; La r&#233;volution impossible ? &#187; me semble mieux traduire l'esprit du texte que le titre fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Aujourd'hui au Portugal, des jeunes historiens reprennent l'approche d'un mouvement spontan&#233; et auto-organis&#233;. On peut recommander, en particulier : Ricardo Noronha, &lt;i&gt;A Banca ao servi&#231;o do Povo &#8211; Politica e economia durante o PREC (1974-75)&lt;/i&gt;, Imprensa da Historia Contemporanea, Lisboa, 2018 ; Pedro Ramos Pinto, &lt;i&gt;Lisbon Rising &#8211; Urban Social Movements in the Portuguese Revolution, 1974-75&lt;/i&gt;, Manchester University Press, 2013 ; Ricardo Noronha et Luis Trindade, &lt;i&gt;Portugal, uma retrospectiva, 1974&lt;/i&gt;, Publico-Tinta da China, Lisboa, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La route du sang de la classe dirigeante chinoise</title>
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		<dc:date>2019-06-02T23:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Charles Reeve</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;En 1989, les manifestations anti-r&#233;gime de la place Tian'anmen furent &#233;cras&#233;es par l'arm&#233;e chinoise. Trente ans plus tard, un livre, Le Grand Massacre du 4 juin, raconte l'histoire de 202 des nombreuses victimes de cette r&#233;pression. Je prends au hasard, page 86, le cas n&#176; 175 : &#171; Wang Junjing, sexe masculin, 30 ans, technicien &#224; l'usine d&#233;pendant de la Direction des compteurs de P&#233;kin, pr&#232;s du Temple-de-la-Tour-Blanche. Le 5 juin 1989 vers 10 h du matin, alors qu'il se rend au travail, il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no176-mai-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;176 (mai 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mortimer" rel="tag"&gt;Mortimer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/juin" rel="tag"&gt;juin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/regime" rel="tag"&gt;r&#233;gime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/classe" rel="tag"&gt;classe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Herve-Denes" rel="tag"&gt;Herv&#233; Den&#232;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Wang-Junjing" rel="tag"&gt;Wang Junjing&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Tian-anmen" rel="tag"&gt;Tian'anmen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pekin" rel="tag"&gt;P&#233;kin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Denes" rel="tag"&gt;Den&#232;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Grand-Massacre" rel="tag"&gt;Grand Massacre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/loi-martiale" rel="tag"&gt;loi martiale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1989, les manifestations anti-r&#233;gime de la place Tian'anmen furent &#233;cras&#233;es par l'arm&#233;e chinoise. Trente ans plus tard, un livre, &lt;i&gt;Le Grand Massacre du 4 juin&lt;/i&gt;, raconte l'histoire de 202 des nombreuses victimes de cette r&#233;pression.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2938 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH357/-1181-793a9.jpg?1780011545' width='500' height='357' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mortimer
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;J&lt;/span&gt;e prends au hasard, page 86, le cas n&#176; 175 : &#171; &lt;i&gt;Wang Junjing, sexe masculin, 30 ans, technicien &#224; l'usine d&#233;pendant de la Direction des compteurs de P&#233;kin, pr&#232;s du Temple-de-la-Tour-Blanche. Le 5 juin 1989 vers 10&lt;/i&gt; &lt;i&gt;h du matin, alors qu'il se rend au travail, il rencontre la troupe charg&#233;e d'appliquer la loi martiale ; un tir de balles dum-dum l'atteint &#224; un rein et au c&#339;ur. Conduit aux urgences de l'h&#244;pital Xiehe, il meurt sans qu'on ait pu le soigner. Quand sa famille se pr&#233;sente pour l'identifier, il y a d&#233;j&#224; plus de quarante cadavres qui s'entassent dans l'h&#244;pital.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Le Grand Massacre du 4 juin&lt;/i&gt; (traduit et introduit par Herv&#233; Den&#232;s &lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et publi&#233; cette ann&#233;e &#224; L'Insomniaque. Herv&#233; Den&#232;s est aussi l'auteur d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;), sont r&#233;pertori&#233;s 202 cas d'hommes et de femmes, d'enfants et de vieillards, massacr&#233;s par les troupes (200 000 hommes et des chars) venues appliquer la loi martiale pour mettre fin au mouvement d&#233;mocratique de la place Tian'anmen, &#224; P&#233;kin en 1989. La liste fut dress&#233;e par des femmes qui avaient des parents parmi les victimes et qui ont ensuite constitu&#233; un groupe informel appel&#233; &#171; les M&#232;res de Tian'anmen &#187;, en r&#233;f&#233;rence aux m&#232;res des disparus de la dictature argentine. Cette liste &lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle a &#233;t&#233; fournie par le dissident exil&#233; Liao Yiwu, qui a r&#233;alis&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; est loin d'&#234;tre exhaustive, tant la peur et les pressions de l'&#201;tat totalitaire p&#232;sent encore sur la parole. Les chiffres varient : 10 000, 2 700, 3 400 personnes tu&#233;es&#8230; Le vrai bilan restera &#224; jamais inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;Le 4 juin est une date charni&#232;re dans l'histoire de la Chine,&lt;/i&gt; &#233;crit Herv&#233; Den&#232;s dans l'introduction de l'ouvrage. &lt;i&gt;Avant, il restait une lueur d'espoir que le r&#233;gime se d&#233;mocratise. Apr&#232;s [le massacre] sonne le glas de tout espoir d'assouplissement. Le pouvoir absolu de Xi Jinping &#8211; l'actuel empereur &#8211; et le projet clairement totalitaire et belliciste de l'&#201;tat chinois sont les fruits toxiques de cette trag&#233;die.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une r&#233;volte de classe&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le document s'av&#232;re intense, bouleversant, mais aussi riche d'informations. En indiquant l'origine sociale des victimes, il permet de mieux cerner la nature de classe de la r&#233;volte provoqu&#233;e par l'intervention militaire. Sans minimiser l'importance du mouvement &#233;tudiant (central dans la contestation), sa lecture vient confirmer ce qu'on savait d&#233;j&#224;. Ce fut l'insurrection des quartiers populaires de P&#233;kin et l'engagement des travailleurs dans la r&#233;volte qui a fait basculer la bureaucratie rouge vers la r&#233;pression sanglante. De la m&#234;me fa&#231;on que Mai 68, le mouvement autour de l'occupation de Tian'anmen fut plus qu'une simple mobilisation &#233;tudiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herv&#233; Den&#232;s rappelle qu'une initiative d'auto-organisation ouvri&#232;re &#233;tait en gestation &#224; Tian'anmen, malgr&#233; le d&#233;dain de classe que la majorit&#233; des &#233;tudiants manifestaient envers les travailleurs et le peuple en g&#233;n&#233;ral. La tentative de cr&#233;ation d'Unions ouvri&#232;res ind&#233;pendantes inqui&#233;ta le pouvoir communiste, troubl&#233; par la r&#233;volte polonaise de&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Solidarnosc et la &lt;i&gt;perestro&#239;ka&lt;/i&gt; sovi&#233;tique &lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On trouvera une analyse de ces tentatives dans le livre co&#233;crit par Hsi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Ainsi, un nombre significatif de victimes sont des membres des classes populaires, des travailleurs, ch&#244;meurs, &#224; c&#244;t&#233; d'&#233;tudiants et de lyc&#233;ens. La quasi-totalit&#233; des individus list&#233;s ont &#233;t&#233; massacr&#233;s, souvent achev&#233;s &#224; bout portant, hors de la place, dans les quartiers de P&#233;kin o&#249; la foule tenta de s'opposer &#224; l'avanc&#233;e des troupes vers Tian'anmen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de l'attitude du pouvoir, tous les r&#233;cits s'accordent pour souligner le c&#244;t&#233; barbare de la r&#233;pression, le m&#233;pris du peuple, le cynisme et l'arrogance. Quelques ann&#233;es apr&#232;s la sanglante &#171; Grande R&#233;volution culturelle &#187;, la nature totalitaire de la classe dirigeante chinoise se confirmait. Son attachement &#224; l'arm&#233;e, qui reste le pilier du r&#233;gime, est le signe de sa fragilit&#233;, incapable qu'elle est de faire usage de formes d&#233;mocratiques de m&#233;diation et de consensus comme dans les soci&#233;t&#233;s de vieux capitalisme. Son seul appui est la force brute, son unique mode de fonctionnement est le rapport de force. Les travailleurs chinois l'ont &#233;prouv&#233;, dans l'horreur, le 4 juin 1989, et ils savent que rien n'a chang&#233; depuis. &#201;lucubrations et sp&#233;culations sur les droits de l'homme et l'&#233;volution possible du r&#233;gime s'effacent devant la v&#233;rit&#233; brutale des faits expos&#233;s. L'avenir restera marqu&#233; par le pass&#233;, par la couleur du sang vers&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un objet subversif&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lors de son r&#233;cent passage en Europe, un avocat engag&#233; dans le soutien aux gr&#232;ves sauvages qui ont eu lieu r&#233;cemment en Chine a t&#233;moign&#233; du renforcement actuel de la r&#233;pression d'&#201;tat. R&#233;pression qui touche d&#233;sormais les courants dits &#171; n&#233;omao&#239;stes &#187;, qui ont tent&#233; de s'organiser dans des &#171; clubs marxistes &#187; sous le regard tol&#233;rant du parti et &#224; l'abri de la th&#233;ologie mao&#239;ste et des portraits du despote Mao. Or, m&#234;me ces clubs se font mettre au pas, leurs militants les plus actifs sont emprisonn&#233;s, sous l'argument philosophique imbattable que &#171; &lt;i&gt;&#234;tre marxiste c'est ob&#233;ir au parti&lt;/i&gt; &#187;. Questionn&#233; sur le souvenir du 4 juin dans la m&#233;moire de celles et ceux qui se battent aujourd'hui contre le r&#233;gime, l'avocat en question a r&#233;pondu : &#171; &lt;i&gt;C'est une question que je n'ose m&#234;me pas aborder.&lt;/i&gt; &#187; La peur des repr&#233;sailles continue &#224; rel&#233;guer le souvenir du grand massacre dans les profondeurs de la m&#233;moire. Mais un silence si lourd couvre un oubli refoul&#233;, qui resurgira le moment venu. Cela se passe ainsi dans l'histoire des dictatures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; l'importance de ce document bouleversant qui doit &#234;tre connu et diffus&#233;, &#233;gar&#233; et &#171; oubli&#233; &#187; &#224; l'occasion sur les comptoirs des caf&#233;s-tabacs, tables des restaurants et sur les &#233;tag&#232;res des supermarch&#233;s chinois. Il est un objet subversif pour peu qu'il touche l'int&#233;r&#234;t du quidam de passage sensible &#224; la question sociale et &#224; la nature barbare du r&#233;gime chinois.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Charles Reeve&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et publi&#233; cette ann&#233;e &#224; L'Insomniaque. Herv&#233; Den&#232;s est aussi l'auteur d'un t&#233;moignage sensible sur la vie en Chine &#224; la veille de la &#171; R&#233;volution culturelle &#187;, &lt;i&gt;Douceur de l'aube&lt;/i&gt;, L'Insomniaque, 2017. Sous le pseudonyme de Hsi Hsuan-Wou, il a sign&#233; d'autres ouvrages critiques sur la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Elle a &#233;t&#233; fournie par le dissident exil&#233; Liao Yiwu, qui a r&#233;alis&#233; par ailleurs une s&#233;rie d'interviews avec des survivants : &lt;i&gt;Des balles et de l'opium&lt;/i&gt;, trad. Marie Holzman, Globe, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On trouvera une analyse de ces tentatives dans le livre co&#233;crit par Hsi Hsuan-Wou et l'auteur du pr&#233;sent article, &lt;i&gt;Bureaucratie, bagne et business&lt;/i&gt;, L'Insomniaque, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Territoires en lutte contre grands projets</title>
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&lt;p&gt;Dans son dernier livre, Le Monde des Grands Projets et ses ennemis , Serge Quadruppani explore les nouveaux territoires de lutte et les forces qui s'y confrontent. &#192; son tour, Charles Reeve partage avec les lecteurs de CQFD quelques r&#233;flexions autour de ce petit essai. *** C'est sans doute un signe caract&#233;ristique de la p&#233;riode. La r&#233;cente vague de luttes qui a touch&#233; les universit&#233;s et la SNCF, les h&#244;pitaux ou La Poste, s'est d&#233;roul&#233;e dans une atmosph&#232;re de fatalisme. Ce que les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mouvements" rel="tag"&gt;mouvements&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son dernier livre, &lt;i&gt;Le Monde des Grands Projets et ses ennemis &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions La D&#233;couverte, 2018.&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Serge Quadruppani explore les nouveaux territoires de lutte et les forces qui s'y confrontent. &#192; son tour, Charles Reeve partage avec les lecteurs de&lt;i&gt; CQFD&lt;/i&gt; quelques r&#233;flexions autour de ce petit essai.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2735 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH522/-993-d018c.jpg?1779603110' width='400' height='522' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est sans doute un signe caract&#233;ristique de la p&#233;riode&lt;/strong&gt;. La r&#233;cente vague de luttes qui a touch&#233; les universit&#233;s et la SNCF, les h&#244;pitaux ou La Poste, s'est d&#233;roul&#233;e dans une atmosph&#232;re de fatalisme. Ce que les militants appellent aujourd'hui &#171; r&#233;sistance &#187; n'est plus qu'une attitude d&#233;fensive des vieilles organisations dites &#171; ouvri&#232;res &#187;, produisant frustrations et d&#233;sillusions chez ceux qui luttent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celles et ceux qui s'opposent &#224; la course mortif&#232;re de l'ordre &#233;conomique ne peuvent pas faire l'&#233;conomie de s'interroger sur l'&#233;chec r&#233;current de cette &#171; r&#233;sistance &#187;. Face &#224; cela, des luttes comme celles de la Zad prennent un relief tout particulier car elles montrent la capacit&#233; de s'affronter autrement au syst&#232;me. Elles valorisent des capacit&#233;s d'initiative collective spontan&#233;e hors des cadres bureaucratiques, ouvrent les perspectives d'une vie qui d&#233;sire &#234;tre v&#233;cue diff&#233;remment. Ces luttes vont au-del&#224; de la mollesse de la &#171; r&#233;sistance &#187; qui propose de d&#233;fendre un pr&#233;sent insupportable.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; La col&#232;re et la joie &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Monde des Grands Projets et ses ennemis&lt;/i&gt; part de ce constat. Serge Quadruppani a, depuis des ann&#233;es, accompagn&#233; dans la &#171; &lt;i&gt; col&#232;re et la joie &lt;/i&gt; &#187; certains de ces mouvements. Il les d&#233;crit avec passion dans un texte charg&#233; de faits et d'&#233;v&#233;nements (o&#249; le lecteur perd parfois le fil), mais riche en sujets &#224; d&#233;battre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans aller jusqu'&#224; souscrire &#224; l'id&#233;e selon laquelle la Zad est le &#171; &lt;i&gt;seul v&#233;ritable &#233;v&#233;nement politique de ces derni&#232;res ann&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, on ne peut que suivre l'auteur lorsqu'il s'insurge contre une certaine orthodoxie qui s'obstine &#224; nier qu'il se passe quelque chose en France dans l'espace politique lib&#233;r&#233; par l'effondrement du projet du capitalisme d'&#201;tat et par la d&#233;liquescence des forces de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon certains, on aurait affaire &#224; des luttes marginales, se d&#233;roulant hors du terrain de la production, donc qui ne peuvent pas faire front &#224; la logique capitaliste. Or, force est de constater que les &#171; conqu&#234;tes de classe &#187; de jadis ne nous ont pas &#233;pargn&#233; le d&#233;sastre. Les faibles luttes sur le terrain de &#171; la production &#187; se r&#233;v&#232;lent elles-m&#234;mes inaptes &#224; amener une inflexion sensible dans les rapports de force. Qui plus est, il para&#238;t difficile d'arguer que les nouvelles luttes de territoire sont isol&#233;es des conditions actuelles des luttes de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; d'une simple pratique de vie diff&#233;rente, des luttes comme celles des Zad, ou encore du No Tav, ont permis, dans un territoire large et dans une temporalit&#233; longue, le d&#233;veloppement d'exp&#233;riences de vie collectives tendant vers l'&#233;galitarisme. Ces mouvements aujourd'hui unifi&#233;s contre des &#171; Grands Projets &#187; sont aussi &#171; &lt;i&gt; devenus des symboles de r&#233;sistance &#224; un mod&#232;le de soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge Quadruppani n'oublie pas non plus que des travailleurs r&#233;volt&#233;s par la d&#233;structuration capitaliste peuvent retrouver dans ces actions et dans leurs principes d'action directe des rep&#232;res et des motivations. Il soutient ainsi le projet de d&#233;velopper, &#224; partir de ces zones, une &#171; &lt;i&gt; mine de pratiques militantes&lt;/i&gt; &#187;, cens&#233;es essaimer ensuite dans la soci&#233;t&#233;. Mais cette id&#233;e des &#171; &lt;i&gt;points d'appui&lt;/i&gt; &#187; nous renvoie aussi aux conceptions et d&#233;bats de nagu&#232;re au sein du mouvement socialiste. La construction de lieux et d'espaces permettant de &#171; vivre autrement &#187; peut s'identifier &#224; une lutte contre le syst&#232;me, mais ce mouvement ne peut se perp&#233;tuer de fa&#231;on isol&#233;e. De plus, la pr&#233;servation de ces &#171; points d'appui &#187; justifie l'acceptation de tactiques de compromis institutionnels. On sait que ces questions sont centrales dans les d&#233;saccords qui ont divis&#233; les zadistes de Notre-Dame-des-Landes, partag&#233;s sur l'attitude &#224; avoir vis-&#224;-vis de l'&#201;tat et ses projets de normalisation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; F&#234;te de la casse &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En outre, le livre a tendance &#224; valoriser l'action de minorit&#233;s anim&#233;es par l'affrontement avec les forces de r&#233;pression. Justifier &#171; la f&#234;te de la casse &#187; est une position discutable. Nous sommes l&#224; en de&#231;&#224; des exigences d'une subversion de l'ordre marchand, r&#233;duisant les aspirations d'un monde nouveau &#224; la fum&#233;e toxique d'un fast-food en flammes. La casse et l'imagination ne vont pas toujours ensemble, la col&#232;re n'est pas toujours la joie, elle exprime souvent l'impasse et l'impossibilit&#233; d'aller plus loin. La formule du r&#233;volutionnaire du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle Anton Pannekoek reste incisive : &#171; &lt;i&gt;L'objectif de l'action subversive n'est pas de casser des t&#234;tes mais d'ouvrir les esprits.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le livre de Serge Quadruppani, la question du sujet r&#233;volutionnaire est centrale. L'auteur reconna&#238;t dans ces nouveaux mouvements l'&#171; &lt;i&gt;agr&#233;gation de subjectivit&#233;s diverses qui savent mettre leur vie en jeu&#8230; mais aussi en produisant de nouvelles formes de vie &lt;/i&gt; &#187;. Par ce processus, on assisterait &#224; &#171; &lt;i&gt; la formation d'un sujet collectif oppos&#233; au monde tel qu'il va &lt;/i&gt; &#187;, un &#171; &lt;i&gt;peuple des luttes&lt;/i&gt; &#187; avec &#171; &lt;i&gt;une subjectivit&#233; collective h&#233;t&#233;rog&#232;ne, diverse et pourtant unie&lt;/i&gt; &#187;. Bref, &#171; &lt;i&gt;en s'opposant &#224; un monde, ils sont en train d'en cr&#233;er un autre&lt;/i&gt; &#187;. S'il est vrai que ces nouveaux mouvements expriment une implosion du consensus social, le projet d'avenir reste n&#233;anmoins confus, incertain, tributaire de la fragilit&#233; de ces territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les exemples d'un nouveau sujet en formation, il y a le &#171; &lt;i&gt; cort&#232;ge de t&#234;te&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;sent&#233; comme un signe caract&#233;ristique des r&#233;centes manifestations en France. Or, un signe, localis&#233;, ponctuel, ne fait pas un mouvement, surtout s'il s'agit d'un signe plut&#244;t r&#233;actif que constructif. &#201;voquer la composition sociologique, ouvri&#232;re en l'occurrence, d'une frange importante du cort&#232;ge de t&#234;te permet-il de lui donner un sens au-del&#224; d'un rejet des organisations ? En dehors de l'affrontement recherch&#233; par des groupes minoritaires, il n'en ressort&lt;i&gt; in fine&lt;/i&gt; aucun d&#233;sir collectif conscient, explicitement exprim&#233;. On est revenu au stade de &#171; masse &#187;, une masse rebelle mais une masse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Reprendre le temps &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; Grands Projets &#187; sont, eux aussi, un trait de la p&#233;riode, un aspect de l'&#233;puisement du r&#233;formisme. Ils concernent les transports, la surconsommation et les loisirs et y trouvent leur raison d'&#234;tre. Financ&#233;s par la dette et donc par un pr&#233;l&#232;vement futur des revenus du capital, ils annoncent l'appauvrissement futur des soci&#233;t&#233;s et une aggravation de la violence des conditions de vie des travailleurs. Mais ces &#171; Grands Projets &#187; constituent aussi un salut temporaire pour les institutions du vieux mouvement ouvrier, qui les soutiennent dans leur logique productiviste. Inversement, les luttes qui s'y opposent peuvent exprimer une intelligence collective &#171; &lt;i&gt;en rupture avec le sens commun capitaliste et l'imaginaire dominant&lt;/i&gt; &#187;, et elles peuvent ainsi s'interroger sur une nouvelle organisation de la soci&#233;t&#233;. Pourtant, on con&#231;oit mal que des r&#233;ponses puissent prendre force mat&#233;rielle hors de l'intervention des travailleurs qui continuent &#224; reproduire les conditions de la vie et &#224; faire fonctionner le syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge Quadruppani touche le grand d&#233;fi de la r&#233;organisation de la soci&#233;t&#233; lorsqu'il &#233;crit : &#171; &lt;i&gt; L'autor&#233;gulation de la vie en commun qui se passe de structures &#233;tatiques n'est possible qu'&#224; l'&#233;chelle locale.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Et d'autres n&#233;cessit&#233;s ne pourront &#234;tre autog&#233;r&#233;es qu'&#224; une &#233;chelle plus vaste.&lt;/i&gt; &#187; Et rouvre un ancien d&#233;bat sur le temps de travail comme mesure de r&#233;gulation de la production et de la distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute : &#171; &lt;i&gt;reprendre le temps&lt;/i&gt; &#187; est &#171; &lt;i&gt; le programme minimum de tout mouvement qui cherche son autonomie&lt;/i&gt; &#187;. C'est pourquoi tout moment r&#233;volutionnaire voit se lib&#233;rer le temps. Le temps de la r&#233;volution est ainsi un temps r&#233;appropri&#233;, et non ali&#233;n&#233;. Il est cependant hasardeux de penser que ces mouvements localis&#233;s puissent pr&#233;figurer cet av&#232;nement d'un temps nouveau qui exigerait une contestation plus vaste des rapports sociaux. Et opposer &#224; la rationalit&#233; irrationnelle du capitalisme des notions vagues et vides de sens comme celle de &#171; &lt;i&gt; la juste mesure&lt;/i&gt; &#187; ne fait pas beaucoup avancer le d&#233;bat sur le nouveau temps lib&#233;r&#233; comme mesure de la nouvelle organisation productive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ma&#238;tre de la po&#233;sie nord-am&#233;ricaine, William Carlos Williams, &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;Nulle d&#233;faite n'est seulement faite de d&#233;faite &#8211; puisque le monde qu'elle r&#233;v&#232;le est un territoire dont on n'avait jamais soup&#231;onn&#233; l'existence.&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paterson (1946), trad. Yves di Manno, Flammarion, Paris, 1981.&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;i&gt;Le Monde des Grands Projets et ses ennemis&lt;/i&gt; est un livre qui choisit son camp et qui apporte une aide &#224; la navigation dans le seul canal encore d&#233;gag&#233;, celui de l'autonomie et de l'ind&#233;pendance de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Charles Reeve&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;ditions La D&#233;couverte, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Paterson&lt;/i&gt; (1946), trad. Yves di Manno, Flammarion, Paris, 1981.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;tats-Unis : Le &#171; socialisme &#187; made in Bernie</title>
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&lt;p&gt;Rarement, dans l'histoire &#233;tasunienne, on aura vu un discours aussi volontariste pour la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s que celui de Bernie Sanders, lors des primaires d&#233;mocrates pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Au pays du lib&#233;ralisme flamboyant, certains Am&#233;ricains seraient-ils soudain touch&#233;s par la gr&#226;ce de la justice sociale ? La pluie tombe &#224; verse sur le lac Champlain. Dans le bac qui traverse de South Hero Island vers l'embarcad&#232;re de Plattsburg, David, un jeune ouvrier du New Jersey, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no141-mars-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;141 (mars 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Caroline-Sury" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/New-York" rel="tag"&gt;New York&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/New" rel="tag"&gt;New&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bernie-Sanders" rel="tag"&gt;Bernie Sanders&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rarement, dans l'histoire &#233;tasunienne, on aura vu un discours aussi volontariste pour la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s que celui de Bernie Sanders, lors des primaires d&#233;mocrates pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Au pays du lib&#233;ralisme flamboyant, certains Am&#233;ricains seraient-ils soudain touch&#233;s par la gr&#226;ce de la justice sociale ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La pluie tombe &#224; verse sur le lac Champlain. Dans le bac qui traverse de South Hero Island vers l'embarcad&#232;re de Plattsburg, David, un jeune ouvrier du New Jersey, propose de nous d&#233;poser &#224; la gare. Ici, &#171; transports publics &#187; est un concept socialiste. Sa voiture est remplie par ses caisses &#224; outils, il est sur la route depuis des mois, se d&#233;place de chantier en chantier pour des petits boulots trouv&#233;s sur le Net. &#171; &lt;i&gt;Je suis un Yankee, j'aime la libert&#233;. Je n'aime pas travailler pour un patron. Mais, attention, je ne suis pas un homme au drapeau&lt;/i&gt; [&lt;i&gt;a flag man&lt;/i&gt;]. &lt;i&gt;Je ne m'identifie pas avec le drapeau de ce pays, ni avec aucun drapeau !&lt;/i&gt; &#187; Arriv&#233; &#224; la gare, en guise d'au revoir, il nous dit : &#171; &lt;i&gt;Je ne veux pas que mes enfants vivent dans un pays comme celui-ci. C'est pourquoi je vais voter Bernie. &#8211; Il va falloir plus que Bernie et des &#233;lections !&lt;/i&gt;, dis-je. &#8211; &lt;i&gt;Une r&#233;volution ? Pourquoi pas ? &lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond-il.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2262 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH509/-535-b4521.jpg?1779603106' width='400' height='509' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plattsburg est une bourgade du nord de l'&#201;tat de New York sinistr&#233;e par la crise. Les anciennes industries ont disparu, le taux de ch&#244;mage y est tr&#232;s &#233;lev&#233; et les principaux employeurs locaux sont d&#233;sormais les deux grandes prisons de l'&#201;tat. Le centre-ville est d&#233;sertique : on y croise quelques caf&#233;s vides, une banque et plusieurs magasins de fripes ; des objets d'occasion en piteux &#233;tat s'entassent sur les trottoirs. Dans le d&#233;cor, une coop&#233;rative de produits alimentaires bio d&#233;tonne. Sur le comptoir est pos&#233; le journal quaker local dans lequel on peut lire un excellent texte d&#233;non&#231;ant le complexe carc&#233;ral nord-am&#233;ricain&#8230; De l'autre c&#244;t&#233; de la rue, le Diner polonais est plein &#224; craquer, les burgers et les soupes sont corrects et deux des serveuses, dont une jeune Black, portent des badges &#171; Bernie Sanders &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gare de Plattsburg est un lieu improbable, qui semble s'&#234;tre fig&#233; dans les ann&#233;es 1950. Derri&#232;re une vieille table et un pot de fleurs, le &#171; chef de gare &#187; fait ses mots crois&#233;s. Sur une affichette &#233;crite &#224; la main, on peut lire : &#171; &lt;i&gt;Ici on ne vend pas de billets !&lt;/i&gt; &#187; Deux autres passagers en transit somnolent sur des banquettes en bois. Nous attendons le train international Montr&#233;al-New York. &#171; &lt;i&gt;Une fois termin&#233;s les contr&#244;les, &#224; la fronti&#232;re, le conducteur me passe un coup de fil, mais le train est toujours en retard&lt;/i&gt; &#187;, annonce le chef. Une heure apr&#232;s l'horaire pr&#233;vu, le voici qui s'annonce avec un long sifflement, comme dans un western. Le chef de gare se pr&#233;cipite dehors avec un petit escabeau qui permet d'acc&#233;der au marchepied. Nous voil&#224; embarqu&#233;s dans un magnifique voyage, le long du lac Champlain, du lac George, du fleuve Hudson. Dans cette Am&#233;rique-l&#224;, mieux vaut ne pas &#234;tre press&#233; ! Une centaine de miles avant New York, le train est &#224; l'arr&#234;t depuis une bonne demi-heure d&#233;j&#224; quand un message &#224; peine audible perce &#224; travers les haut-parleurs : &#171; &lt;i&gt;Nous nous trouvons &#224; l'entr&#233;e d'un pont qui doit &#234;tre contr&#244;l&#233; avant que le train s'y engage. Nous nous excusons pour le retard.&lt;/i&gt; &#187; Nous arrivons &#224; Pen Station avec deux petites heures de retard. Bob, un ancien de Wall Street recycl&#233; dans la r&#233;flexologie qui nous attend, n'est pas &#233;tonn&#233; : &#171; &lt;i&gt;L'Am&#233;rique ce n'est pas seulement Google et la guerre des drones ! Pour ce qui est des infrastructures, nous sommes un pays du tiers-monde&#8230; Et ce n'est pas Bernie qui va changer le sc&#233;nario !&lt;/i&gt; &#187; Nous sommes d&#233;but novembre 2015, la campagne pour les primaires des &#233;lections am&#233;ricaines ne bat pas encore son plein, mais l'empreinte de la candidature du d&#233;mocrate Bernie Sanders est d&#233;j&#224; tr&#232;s pr&#233;sente dans le pays r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois mois plus tard, le mardi 9 f&#233;vrier 2016, le s&#233;nateur du Vermont, 74 ans, fait 60 % aux primaires du New Hampshire devant sa rivale, Hillary Clinton. La sph&#232;re m&#233;diatique et les &#171; sp&#233;cialistes &#187; s'emballent. Question &#224; dix balles pour journaliste stagiaire : L'Am&#233;rique est-elle en train de devenir socialiste ? N'exag&#233;rons rien, le &#171; socialisme &#187; de Bernie est du niveau d'un radical de gauche du Lot-et-Garonne. Son mod&#232;le est la Su&#232;de ainsi que la &lt;i&gt;French&lt;/i&gt; S&#233;curit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, l'homme a quelques formules percutantes, comme celle-ci, qui circule sur la Toile : &#171; &lt;i&gt;Tout ce qui nous effrayait du communisme &#8211; perdre nos maisons, nos &#233;pargnes et &#234;tre forc&#233;s de travailler pour un salaire minable sans avoir de pouvoir politique &#8211; s'est r&#233;alis&#233; gr&#226;ce au capitalisme.&lt;/i&gt; &#187; Bernie parle de &#171; &lt;i&gt;r&#233;volution politique&lt;/i&gt; &#187;, reprend les poncifs contre le pouvoir de la finance, avance quelques promesses de r&#233;forme fiscale et d&#233;fend l'am&#233;lioration des conditions de vie des &#233;tudiants et des travailleurs. Il attaque rarement le Pentagone et le complexe militaro-industriel et reste soft sur la question des armes &#224; feu et le lobby de la NRA (National Riffle Association). Il se montre peu critique envers la politique d'occupation de l'&#201;tat d'Isra&#235;l et accable de tous les maux les 1 % qui accaparent la richesse sociale. Liza, une amie infirmi&#232;re &#224; la retraite, qui rechigne &#224; rejoindre les comit&#233;s de soutien de Bernie Sanders dans une petite ville du Maine, nous confiait : &#171; &lt;i&gt;Bernie Sanders est un sujet de l'Empire, un protectionniste et un isolationniste.&lt;/i&gt; &#187; N&#233;anmoins il d&#233;range. Ainsi, lors du d&#233;bat du 11 f&#233;vrier 2016, avec Hillary Clinton, il a os&#233; attaquer Henri Kissinger et la politique ext&#233;rieure US depuis la Seconde Guerre mondiale (Vietnam/Cambodge, Chine et Iran) et souligner ses funestes cons&#233;quences jusqu'&#224; aujourd'hui. M&#234;me s'il n'est pas membre du parti, Bernie a fait toute sa carri&#232;re &#224; l'ombre de la machine d&#233;mocrate et, d'une certaine fa&#231;on, il ressemble &#224; beaucoup d'autres politiciens de l'aile r&#233;formiste du parti. Sa seule originalit&#233; est la r&#233;f&#233;rence constante &#224; une id&#233;e vague de &#171; socialisme &#187;. Le fait est que, depuis 1920, lorsque le grand socialiste Eug&#232;ne Debs (alors qu'il se trouvait en prison pour ses positions contre la guerre) avait obtenu un million de voix &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, c'est bien la premi&#232;re fois qu'on r&#233;entend parler de &#171; socialisme &#187;, d'in&#233;galit&#233; et de justice sociale ou encore de redistribution des richesses, dans les grands m&#233;dias. Les prestations t&#233;l&#233;vis&#233;es de Bernie sont suivies par des millions de personnes &#224; travers l'Am&#233;rique, font relever la t&#234;te des piliers de bar et des habitu&#233;s des Diners.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment comprendre ce ph&#233;nom&#232;ne ? Cette mobilisation essentiellement &#233;lectoraliste touche avant tout la jeunesse &#233;tudiante et blanche et &#233;galement beaucoup de femmes. Dans le monde du travail, la popularit&#233; de Bernie s'&#233;tend aussi aux jeunes prolos pr&#233;caires et marginalis&#233;s. Un engouement sans doute passager, qui traduit les d&#233;sarrois et les inqui&#233;tudes profondes de de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine en crise. Des ponts de chemin de fer v&#233;tustes au d&#233;sastre sanitaire, jusqu'&#224; l'appauvrissement g&#233;n&#233;ralis&#233; qui touche pr&#232;s de 50 millions d'Am&#233;ricains, la d&#233;gradation de l'&#233;tat du pays y est pour quelque chose. La d&#233;sillusion sur l'impuissance et la paralysie de l'administration Obama &#8211; chez l'&#233;lectorat blanc &#171; progressiste &#187; notamment &#8211; joue aussi &#224; fond. Et, comme partout, la crise du politique est avant tout l'impuissance du politique. Les partis traditionnels implosent, de nouvelles lignes de partage apparaissent et les positions deviennent plus extr&#234;mes : Bernie chez les D&#233;mocrates et Trump chez les R&#233;publicains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trump s'adresse &#224; celles et ceux qui ne croient plus aux politiciens et qui s'accrochent &#224; un pass&#233; mythique. C'est le camp de la peur. &#171; &lt;i&gt;Le souci,&lt;/i&gt; dit Tom, un copain chauffeur-livreur dans le Queens (New York), &lt;i&gt;c'est que les &#233;lecteurs de Trump sont tous arm&#233;s alors que ceux de Bernie ne le sont pas !&lt;/i&gt; &#187; Trump n'est pas le fou qu'on aime &#224; d&#233;peindre, il a l'intelligence dangereuse du politicien qui sait surfer sur la violence irrationnelle. Il peut ainsi formuler les pires &#233;normit&#233;s qui flattent la ranc&#339;ur, la haine de l'autre, le chacun pour soi, la victoire des &#171; meilleurs &#187; et le darwinisme social. Ce m&#234;me darwinisme qui est responsable de la situation dans laquelle se trouvent aujourd'hui la plupart de ses plus v&#233;h&#233;ments partisans. Une m&#233;canique d&#233;magogique &#233;prouv&#233;e un peu partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camp de Bernie est celui de celles et ceux qui veulent une autre orientation &#233;conomique, fond&#233;e sur l'interventionnisme de l'&#201;tat. D&#233;g&#226;t collat&#233;ral : la dynamique traduit un coup d'arr&#234;t du mouvement de d&#233;mocratie et d'action directe des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. Jamais les id&#233;es de Sanders n'auraient eu une telle prise sur la jeunesse, jamais sa campagne n'aurait pris une telle ampleur sans la perc&#233;e du mouvement Occupy en 2011. Or, cette mobilisation &#233;lectoraliste se retrouve en contradiction avec les principes du mouvement : la contestation du syst&#232;me repr&#233;sentatif finit par aboutir &#224; sa r&#233;habilitation. Le &#171; &lt;i&gt;No nos representan&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Ils ne nous repr&#233;sentent pas &#187;) des Indignados ib&#233;riques et le &#171; &lt;i&gt;Repression : that's what democracy looks like&lt;/i&gt; &#187; (&#171; La r&#233;pression : c'est &#224; &#231;a que ressemble la d&#233;mocratie &#187;) d'Occupy, laissent la place aux bureaux de vote et &#224; la d&#233;l&#233;gation permanente et non contr&#244;l&#233;e du pouvoir. De ce point de vue, Bernie Sanders et Podemos traduisent la r&#233;gression momentan&#233;e de mouvements qui cherchaient des voies nouvelles et aspiraient &#224; des formes d'autogouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la phase actuelle du capitalisme, l'espace du r&#233;formisme m&#234;me est r&#233;duit &#224; peau de chagrin. Pour les D&#233;mocrates, tout se jouera avec le soutien des appareils syndicaux et le contr&#244;le client&#233;liste de la communaut&#233; noire pauvre et hispanique. La m&#232;re Clinton sait que la popularit&#233; de Bernie aupr&#232;s de la jeunesse lui profitera &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt;, si toutefois elle s'impose comme pr&#233;vu. Bernie lui-m&#234;me, apr&#232;s sa victoire au New Hampshire, a d&#233;j&#224; annonc&#233; &#224; demi-mot qu'il faudra la soutenir, que le seul ennemi sera le candidat r&#233;publicain. Vieille logique, vieux discours, vieille politique us&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Occupy a apport&#233; de l'espoir, Bernie Sanders risque de laisser une couche suppl&#233;mentaire de d&#233;sillusion. Dans l'Am&#233;rique de tous les possibles, notre menuisier itin&#233;rant du New Jersey peut encore dire : &#171; &lt;i&gt;Une r&#233;volution ? Pourquoi pas ?&lt;/i&gt; &#187; L'id&#233;e est toujours l&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Livre : la Chine au c&#339;ur</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Livre-la-Chine-au-coeur</link>
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		<dc:date>2015-05-21T02:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles Reeve</dc:creator>


		<dc:subject>r&#233;gime</dc:subject>
		<dc:subject>Chine</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution culturelle</dc:subject>
		<dc:subject>Herv&#233; Den&#232;s</dc:subject>
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		<dc:subject>contingent recrut&#233;</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le lecteur de Douceur de l'aube se trouve tr&#232;s vite happ&#233; par le rythme du r&#233;cit de ce jeune Parisien de 23 ans qui, en 1964, fit partie du premier contingent recrut&#233; par P&#233;kin pour enseigner le fran&#231;ais &#224; des &#233;tudiants chinois. Avec quelques condisciples, Herv&#233; Den&#232;s (H.D.) fut envoy&#233; &#224; l'universit&#233; de Nankin o&#249; il restera jusqu'en septembre 1966, lorsque la &#171; R&#233;volution culturelle &#187; commence &#224; secouer le pays. Dans le but d'&#233;purer le Parti, le clan de Mao avait appel&#233; les gardes rouges &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le lecteur de &lt;i&gt;Douceur de l'aube&lt;/i&gt; se trouve tr&#232;s vite happ&#233; par le rythme du r&#233;cit de ce jeune Parisien de 23 ans qui, en 1964, fit partie du premier contingent recrut&#233; par P&#233;kin pour enseigner le fran&#231;ais &#224; des &#233;tudiants chinois. Avec quelques condisciples, Herv&#233; Den&#232;s (H.D.) fut envoy&#233; &#224; l'universit&#233; de Nankin o&#249; il restera jusqu'en septembre 1966, lorsque la &#171; R&#233;volution culturelle &#187; commence &#224; secouer le pays.
Dans le but d'&#233;purer le Parti, le clan de Mao avait appel&#233; les gardes rouges &#224; faire &#171; &lt;i&gt;feu sur le quartier g&#233;n&#233;ral&lt;/i&gt; &#187;. On le sait, cette manipulation de masse aboutit &#224; la prise du pouvoir par l'arm&#233;e et &#224; de sanglants affrontements qui firent des millions de morts&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les r&#233;centes r&#233;visions historiques de la &#171; R&#233;volution culturelle &#187; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1474 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH669/p14_douceudelaube-9f977.png?1779602860' width='400' height='669' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Ce qui frappe tout d'abord, c'est la clairvoyance pr&#233;coce de quelques-uns de ces jeunes enseignants qui se pla&#231;aient hors du cadre de la pens&#233;e mao&#239;ste. &#171; &lt;i&gt;Pour avoir c&#244;toy&#233; quelques radicaux lucides, familiers des id&#233;es de&lt;/i&gt; Socialisme ou Barbarie &lt;i&gt;et de l'Internationale situationniste, j'&#233;tais pr&#233;venu contre le r&#233;gime totalitaire &#8211; &#224; l'&#233;poque nous disions &#171; stalinien &#187;&#8200;&#8211; qui r&#233;gnait &#224; P&#233;kin.&lt;/i&gt; &#187; &lt;i&gt;Douceur de l'aube&lt;/i&gt; est un texte pr&#233;cieux car il t&#233;moigne du fait que, d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1960, des individus avaient &#233;t&#233; capables de d&#233;chiffrer le r&#233;gime chinois pour ce qu'il &#233;tait et de refuser le mensonge id&#233;ologique qui lui servait de couverture. Le texte de H.D. est aussi, et surtout, le r&#233;cit d'une passion amoureuse avec une jeune Chinoise &#8211;&#8200;qui se terminera par une trag&#233;die personnelle caus&#233;e par la terreur de la &#171; R&#233;volution culturelle &#187;&#8200;&#8211; ce qui donne &#224; son t&#233;moignage sur la soci&#233;t&#233; chinoise de l'&#233;poque une force particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s leur arriv&#233;e en Chine, H.D. et ses condisciples furent confront&#233;s &#224; des situations qui &#233;clairaient la nature du r&#233;gime. Il y avait, bien s&#251;r, les privil&#232;ges et divers avantages en nature de la nouvelle classe dirigeante. L'&#233;galitarisme de fa&#231;ade qui &#233;tait distill&#233; aux honorables visiteurs, cachait mal l'arrogance f&#233;roce de la bureaucratie. Omnipr&#233;sentes &#233;taient &#233;galement les tracasseries bureaucratiques, les formes de contr&#244;le et de vigilance, les surveillances en tout genre, tout particuli&#232;rement celles des esprits paralys&#233;s par la peur. L'universit&#233;, ces jeunes enseignants la d&#233;couvraient comme une &#171; &lt;i&gt;caserne servant &#224; formater les esprits des &#233;tudiants appel&#233;s &#224; devenir les cadres du r&#233;gime&lt;/i&gt; &#187;. C'&#233;tait un monde parano&#239;aque qui grouillait de commissaires et d'instructeurs politiques, de comit&#233;s &#224; l'esprit policier, d'informateurs. Mais ce qui les a le plus insupport&#233;s fut l'opini&#226;tret&#233; avec laquelle les sbires du r&#233;gime s&#233;par&#232;rent les &#171; &lt;i&gt;amis &#233;trangers&lt;/i&gt; &#187; du peuple chinois. Partager la vie quotidienne des Chinois se r&#233;v&#233;la quasiment impossible, les rencontres et l'&#233;tablissement de liens d'amiti&#233; tout autant. Le m&#233;contentement s'installa alors dans la petite communaut&#233; d'expatri&#233;s, suscitant quelques actions d'insoumission. Stimul&#233; par sa passion de la Chine et de son peuple, H.D. a, de son c&#244;t&#233;, fait tout ce qui lui &#233;tait possible pour briser l'interdit officiel. Quittant les lieux prot&#233;g&#233;s, o&#249; lui et ses camarades se trouvaient assign&#233;s, H.D. faisait, pour ainsi dire, le mur, partant la nuit &#224; la d&#233;couverte des quartiers populaires, des endroits improbables, des rencontres de fortune o&#249; les langues se d&#233;lient. C'est ainsi qu'il d&#233;couvrit que &#171; &lt;i&gt;sous la chape de terreur qui &#233;crasait le pays, des &#234;tres humains existaient encore&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comment donc peut-on expliquer que cette &#171; &lt;i&gt;chape de terreur&lt;/i&gt; &#187; n'ait pas &#233;t&#233; per&#231;ue par les &#171; &lt;i&gt;amis &#233;trangers&lt;/i&gt; &#187; qui commen&#231;aient &#224; fr&#233;quenter les parcours balis&#233;s ? La rigidit&#233; du stalinisme fa&#231;onnait la pens&#233;e de la grande majorit&#233; et elle a pleinement jou&#233; son r&#244;le dans l'aveuglement. Conquis d'avance au mensonge du r&#233;gime bureaucratique, les visiteurs et coop&#233;rants de confession mao&#239;ste se firent traiter de&#171; &lt;i&gt;collabos&lt;/i&gt; &#187; ou de &#171; &lt;i&gt;Versaillais&lt;/i&gt; &#187; par H.D. et ses amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore plus que partout ailleurs, dans les soci&#233;t&#233;s totalitaires, l'amour est appel&#233; &#224; se confronter au pouvoir, &#224; se rebeller contre l'ordre du monde bureaucratique. Car l'amour c'est la libert&#233;. L'issue de ce d&#233;fi peut &#234;tre violente, terrible. Parti en Chine par amour, l'auteur reviendra de Chine marqu&#233; par une exp&#233;rience douloureuse qui &#171; &lt;i&gt;demeurera une plaie jamais referm&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, qui deviendra indissociable de son attachement &#224; la soci&#233;t&#233; chinoise&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sous le pseudonyme de Hsi Hsuan-wou &#8211; ayant repris le nom de famille de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Douceur de l'aube&lt;/i&gt; est un livre r&#233;parateur, un hommage &#224; l'&#226;me s&#339;ur, un livre &#233;mouvant, un beau livre. Il nous apprend beaucoup sur la Chine, ainsi que sur la puissance subversive de l'amour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur les r&#233;centes r&#233;visions historiques de la &#171; R&#233;volution culturelle &#187; par les tendances n&#233;o-mao&#239;stes locales et leurs officines parisiennes, lire : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/De-quoi-la-Revolution-culturelle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;De quoi la R&#233;volution culturelle est-elle le nom ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sous le pseudonyme de Hsi Hsuan-wou &#8211; ayant repris le nom de famille de &lt;i&gt;Douceur de l'aube&lt;/i&gt; &#8211;, Herv&#233; Den&#232;s est le traducteur de plusieurs ouvrages sur la Chine, dont &lt;i&gt;R&#233;vo. cul. dans la Chine pop. &#8211; Anthologie de la presse des gardes rouges&lt;/i&gt; (10/18, 1974). Il a cosign&#233; plusieurs essais sur la Chine. Signalons : &lt;i&gt;Bureaucratie, bagne et business&lt;/i&gt; (L'Insomniaque, 1997) et &lt;i&gt;China Blues, voyage au pays de l'harmonie pr&#233;caire&lt;/i&gt; (Verticales, 2008).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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