<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?id_auteur=207&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1779602680</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; J'aurais aim&#233; en gagner autrement, de l'humanit&#233; &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/J-aurais-aime-en-gagner-autrement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/J-aurais-aime-en-gagner-autrement</guid>
		<dc:date>2018-01-26T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Catherine Thumann</dc:creator>


		<dc:subject>Bertoyas</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>vie</dc:subject>
		<dc:subject>monde</dc:subject>
		<dc:subject>C'&#233;tait</dc:subject>
		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>sommes crois&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crivais d&#233;j&#224;</dc:subject>
		<dc:subject>l'HP</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bien connu des lecteurs de la presse ind&#233;pendante, Pierre Souchon publie son premier livre Encore Vivant (&#233;d. du Rouergue). Des mythes d&#233;chus de son ascendance paysanne ard&#233;choise &#224; un mariage clinquant en haute bourgeoisie, jusqu'aux atterrissages forc&#233;s dans les sombres couloirs de la psychiatrie, l'auteur, diagnostiqu&#233; bipolaire, entra&#238;ne le lecteur dans l'incroyable intrigue de sa jeunesse. Quand nous nous sommes crois&#233;s &#224; Lyon en 2013, tu &#233;crivais d&#233;j&#224; un livre. Je l'attendais avec (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no157-septembre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;157 (septembre 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bertoyas" rel="tag"&gt;Bertoyas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vie" rel="tag"&gt;vie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-etait" rel="tag"&gt;C'&#233;tait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/livre" rel="tag"&gt;livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lyon" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sommes-croises" rel="tag"&gt;sommes crois&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ecrivais-deja" rel="tag"&gt;&#233;crivais d&#233;j&#224;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-HP" rel="tag"&gt;l'HP&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bien connu des lecteurs de la presse ind&#233;pendante&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Souchon a beaucoup &#233;crit dans Fakir, Article 11, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Pierre Souchon publie son premier livre &lt;i&gt;Encore Vivant&lt;/i&gt; (&#233;d. du Rouergue). Des mythes d&#233;chus de son ascendance paysanne ard&#233;choise &#224; un mariage clinquant en haute bourgeoisie, jusqu'aux atterrissages forc&#233;s dans les sombres couloirs de la psychiatrie, l'auteur, diagnostiqu&#233; bipolaire&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bipolaire de type 1, l'auteur a travers&#233; des phases maniaques et des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, entra&#238;ne le lecteur dans l'incroyable intrigue de sa jeunesse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2034 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH643/-314-ff42b.jpg?1779603232' width='400' height='643' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Bertoyas.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand nous nous sommes crois&#233;s &#224; Lyon en 2013, tu &#233;crivais d&#233;j&#224; un livre. Je l'attendais avec impatience. Est-ce le m&#234;me sur lequel tu as continu&#233; de b&#251;cher ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, &#224; Lyon, j'avais &#233;crit un premier livre autobiographique que j'ai d&#233;cid&#233; de ne pas publier. C'&#233;tait tr&#232;s mauvais, j'avais suivi un ordre chronologique : moi petit, moi ado... Un peu les m&#233;moires de Pierre Souchon, alors qu'&#224; l'&#233;poque, je n'avais pas encore lib&#233;r&#233; la France !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai tout recommenc&#233; en 2016, en faisant table rase de ce premier jet, et en me lan&#231;ant dans un roman. Ma premi&#232;re tentative m'avait quand m&#234;me permis de choper une discipline, de savoir que je pouvais &#233;crire 300 pages. C'&#233;tait un r&#234;ve de gosse, l'&#233;criture. &#192; 10 ans, je racontais &#224; ma prof d'anglais que je voulais devenir &#233;crivain. Mais je ne m'attendais pas &#224; ce que ma vie bascule &#224; 20 ans. Les hasards ont fait que j'ai &#233;t&#233; trimball&#233; chez les bourgeois, en psychiatrie, le tout avec une nostalgie inconsolable d'une Ard&#232;che paysanne d&#233;cim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; trame, j'ai fait comme la plupart des abrutis : ce premier roman parle de moi. Une fois pass&#233;e la trentaine, j'ai eu le sentiment que seul l'&#233;crit pourrait donner une certaine coh&#233;rence &#224; toutes mes ann&#233;es d'errance. Il para&#238;t que la seule vie r&#233;ellement v&#233;cue, c'est la litt&#233;rature... Face &#224; la maladie bipolaire qui m'a an&#233;anti r&#233;guli&#232;rement, j'ai &#233;t&#233; contraint de comprendre ce qui m'arrivait. C'&#233;tait &#231;a ou y rester. Pour autant, j'ai tr&#232;s peur qu'on r&#233;duise ce livre au t&#233;moignage d'un mec &#224; l'HP...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ah, &#231;a ne risque pas ! L'une des trames de ton ouvrage, justement, c'est la mort de la paysannerie, avec tout ce qu'elle comporte de traumatique dans ta vie, mais de politique, aussi&#8230;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on pense au XXe si&#232;cle, &#224; ses &#233;v&#233;nements monstrueux, on &#233;voque le nazisme, le goulag... La disparition de la paysannerie ? Jamais, ou si peu. C'est pour cette raison que j'ai mis en avant dans mon livre cette phrase d'Eric Hobsbawm : &#171; &lt;i&gt;Le changement social le plus spectaculaire et le plus lourd de cons&#233;quences de la seconde moiti&#233; de ce si&#232;cle, celui qui nous coupe &#224; jamais du monde pass&#233;, c'est la mort de la paysannerie.&lt;/i&gt; &#187; Je trouve ce changement si lourd de cons&#233;quences que j'en suis devenu fou ! En phase maniaque, je voyais m&#234;me des gens me demander de les venger avec des fourches &#224; la main... Oui, ce ph&#233;nom&#232;ne social sans pr&#233;c&#233;dent a &#233;t&#233; traumatique d'un point de vue biographique. Cette histoire m'est revenue dans la gueule, car je me suis pris pour quelqu'un que je n'&#233;tais pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Personne n'&#233;chappait &#224; mon statut d'ex-ali&#233;n&#233; que j'exhibais comme un troph&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, &#233;cris-tu page 158. Que cherchais-tu &#224; revendiquer en brandissant que tu &#233;tais pass&#233; par l'HP ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore, j'en parle sans probl&#232;me, mais ce n'est plus quelque chose de revendiqu&#233;. &#192; l'&#233;poque, je clamais haut et fort mon pass&#233; &#224; l'asile, sans que personne ne me demande rien. Je m'&#233;tais construit l'identit&#233; du fou en sursis qui &#8211; m&#234;me si j'&#233;tais effectivement pass&#233; par l'internement &#8211; relevait en partie d'un fantasme. Non seulement je venais d'un monde paysan &#233;radiqu&#233;, mais en plus on m'enfermait ! Je ne pouvais qu'&#234;tre appel&#233; &#224; lutter contre le capitalisme et la domination...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma vie, je l'ai beaucoup &#233;crite, dirig&#233;e, pas sur des pages, mais en actions. Je cr&#233;ais des l&#233;gendes. Par exemple, avec le recul, dans mon bref mariage avec Garance, une jeune fille issue de la haute bourgeoisie, ce qui m'a plu, entre autres, c'&#233;tait l'image du va-nu-pieds ard&#233;chois avec la privil&#233;gi&#233;e fille Claudel... J'&#233;prouvais des sentiments sinc&#232;res, mais ils ob&#233;issaient aussi &#224; une construction romanc&#233;e de ma propre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ton livre, les mythes se brisent &#224; mesure que tu transmets, par les mots de ton p&#232;re, l'histoire sans ambages de tes anc&#234;tres, celle qui a r&#233;ellement exist&#233;. C'est tr&#232;s dur pour l'ego, non ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2035 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L250xH352/-315-2bfd0.jpg?1779630047' width='250' height='352' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout fait une peine immense dans cette histoire. Bien s&#251;r, j'agissais avec c&#339;ur, avec force, mais une fois que je me suis retrouv&#233; enferm&#233;, face &#224; moi-m&#234;me, les mythes se sont effondr&#233;s. C'est pour &#231;a que ce livre est un hommage &#224; la sociologie. C'est vertigineux, d'en &#234;tre r&#233;duit &#224; sa v&#233;rit&#233;. Je me pr&#233;sentais comme venant d'une famille de paysans ard&#233;chois, ce qui n'est pas faux en soi, mais en r&#233;alit&#233;, mes parents avaient une baraque avec piscine, &#233;taient abonn&#233;s au &lt;i&gt;Monde.&lt;/i&gt;..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois qu'on a flingu&#233; les mythes et la po&#233;sie, qu'est-ce qu'il reste ? Cette exp&#233;rience traumatisante de l'HP m'a men&#233; sur le long chemin toujours en cours de la destruction de l'ego, dans tout ce qu'il peut comporter d'&#233;crasant, de dominateur. Je me serais bien pass&#233; de ces souffrances &#224; l'&#233;tat pur, des d&#233;pressions, des enfermements. J'aurais aim&#233; en gagner autrement, de l'humanit&#233;. Mais il est certain que je n'aurai plus jamais le m&#234;me regard sur la vuln&#233;rabilit&#233;, sur tout ce qui est cass&#233;, ab&#238;m&#233;. Au terme de ce bouquin, je sais qui je suis. Et surtout, j'arr&#234;te de raconter des histoires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu fais parler le monde m&#233;dical &#224; travers Mme Ducis, ton m&#233;decin protecteur &#224; l'HP, mais aussi en citant un grand ponte dont tu te moques f&#233;rocement. Il t'explique que tout ce que tu as v&#233;cu est finalement caract&#233;ristique des troubles bipolaires. Qu'en retiens-tu ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que j'essaie de montrer, c'est que l'approche scientifique d'une maladie peut &#234;tre rassurante. Elle permet de poser des balises, de nommer les choses. Mais il y a toujours une ambivalence, car cela &#233;limine la dimension affective, sensible. Ensuite, et &#231;a j'y tiens, une maladie psy, c'est exactement la m&#234;me chose qu'une maladie organique. Quand on est malade on se soigne, point, qu'on soit schizophr&#232;ne ou qu'on ait une scl&#233;rose en plaques. Pour ce qui me concernait, c'&#233;tait le seul moyen d'&#233;chapper &#224; une mort presque certaine : sauter du cinqui&#232;me &#233;tage pour rigoler, finir tabass&#233; dans un coin de rue, me suicider... Est-ce qu'il viendrait &#224; l'id&#233;e de quelqu'un de demander &#224; un canc&#233;reux s'il se soigne ? Seuls les troubles psy ont droit &#224; ce genre d'interrogations, de remises en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que penses-tu de l'antipsychiatrie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai une approche marxiste, mat&#233;rialiste des choses. Bien s&#251;r que je partage l'id&#233;al de la libert&#233; contre l'enfermement. Mais mat&#233;riellement, il y a des personnes, dont je fais partie, qui ont parfois besoin d'&#234;tre enferm&#233;es, simplement parce que leur libert&#233; peut &#234;tre synonyme de mort. Quand on a connu la nuit mentale et tout ce qu'elle comporte comme risques, on ne peut pas avoir de position de principe, id&#233;aliste. Je souhaite &#224; tous mes fr&#232;res de la nuit de tomber parfois sur un pompier, et m&#234;me un flic, pour se faire enfermer. &#199;a peut surprendre, para&#238;tre dur, mais moi &#231;a m'a sauv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton engagement militant a-t-il pris un coup avec ces passages &#224; l'HP ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les passages &#224; l'HP n'ont pas &#233;t&#233; des d&#233;sillusions ou des renoncements. &#201;videmment, quand &#224; 20 ans, on t'enferme, on te tape dessus, ta vie bascule. L'asile, la folie, la maladie mentale, &#231;a fait peur a priori &#224; tout le monde, il y a un inconscient collectif... C'est terrible de vivre &#231;a, beaucoup de mes camarades ne s'en remettent pas. Eh oui, &#231;a laisse des souvenirs terrifiants de brimades, de privations. Mais dans cette longue nuit de l'internement, il y a aussi la lumi&#232;re des soins. On ne la voit pas au premier abord. Je peux dire aujourd'hui que si je m&#232;ne ma vie &#224; peu pr&#232;s comme je l'entends, c'est gr&#226;ce au traitement. Je prends des m&#233;dicaments chaque jour, mais &#231;a fait huit ans que je n'ai pas &#233;t&#233; hospitalis&#233;. Quand on sait &#224; quel point ces exp&#233;riences sont douloureuses... La psychiatrie me donne les moyens d'avoir la rage. Quand je suis perch&#233; en haut de la statue de Jean Jaur&#232;s &#224; Montpellier, &#224; manger du buis, je doute que je sois utile &#224; une quelconque lutte sociale...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pierre Souchon a beaucoup &#233;crit dans &lt;i&gt;Fakir, Article 11, Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bipolaire de type 1, l'auteur a travers&#233; des phases maniaques et des d&#233;pressions m&#233;lancoliques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pr&#233;carit&#233; : Une col&#232;re &#224; contenir ?</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Precarite-Une-colere-a-contenir</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Precarite-Une-colere-a-contenir</guid>
		<dc:date>2015-02-09T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Catherine Thumann</dc:creator>


		<dc:subject>Malika Moine</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>boulot</dc:subject>
		<dc:subject>L'ADJ</dc:subject>
		<dc:subject>C'est vivant</dc:subject>
		<dc:subject>C'est dur</dc:subject>
		<dc:subject>coll&#232;gue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mardi 9&#8200;d&#233;cembre, 7&#8200;h&#8200;15, &#231;a caille s&#233;v&#232;re &#224; Marseille. Devant le portail de l'Accueil de jour Marceau (ADJ), pr&#232;s de la Porte d'Aix, une petite foule de &#171; sans &#187;&#8200;&#8211;&#8200;sans-abri, sans-emploi, sans-S&#233;cu, sans-papiers, sans-famille, etc.&#8200;&#8211;&#8200;attend patiemment l'ouverture de la grille. &#171; Certains ont dormi dehors, d'autres &#233;taient &#224; la Madrague, un foyer d'urgence qui ferme &#224; 7 h 30. Le froid commence &#224; g&#233;n&#233;rer des tensions &#187;, s'inqui&#232;te Juliette, monitrice &#233;ducatrice, en avalant cul sec un (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no128-janvier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;128 (janvier 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Malika-Moine" rel="tag"&gt;Malika Moine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/boulot" rel="tag"&gt;boulot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-ADJ" rel="tag"&gt;L'ADJ&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est-vivant" rel="tag"&gt;C'est vivant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est-dur" rel="tag"&gt;C'est dur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/collegue" rel="tag"&gt;coll&#232;gue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mardi 9&#8200;d&#233;cembre, 7&#8200;h&#8200;15, &#231;a caille s&#233;v&#232;re &#224; Marseille. Devant le portail de l'Accueil de jour Marceau (ADJ), pr&#232;s de la Porte d'Aix, une petite foule de &#171; sans &#187;&#8200;&#8211;&#8200;sans-abri, sans-emploi, sans-S&#233;cu, sans-papiers, sans-famille, etc.&#8200;&#8211;&#8200;attend patiemment l'ouverture de la grille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Certains ont dormi dehors, d'autres &#233;taient &#224; la Madrague, un foyer d'urgence qui ferme &#224; 7 h 30. Le froid commence &#224; g&#233;n&#233;rer des tensions&lt;/i&gt; &#187;, s'inqui&#232;te Juliette&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les pr&#233;noms de cet article ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, monitrice &#233;ducatrice, en avalant cul sec un gobelet de caf&#233; avant l'ouverture des portes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1344 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH332/p03-malika-accueil-de-jour-porte-d_aix-6f440.jpg?1779603815' width='500' height='332' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Malika Moine.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, le hall d'accueil est envahi. Quelques hommes r&#226;lent, d'autres ont encore les yeux &#224; moiti&#233; r&#233;veill&#233;s. Quand on me pr&#233;sente comme journaliste, des appr&#233;hensions bien l&#233;gitimes fusent : &#171; &lt;i&gt;Elle va nous envoyer aux Baumettes si on lui parle !&lt;/i&gt; &#187;. Je me faufile vers un ancien, bonnet viss&#233; sur le cr&#226;ne, les yeux bleus ravageurs. &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes bien souriante. Si j'avais 20&#8200;ans, je vous &#233;pouserais. Mais je n'ai que 19 ans et demi&lt;/i&gt; &#187;, blague Joseph, de passage pour r&#233;cup&#233;rer son courrier. On papote de ses gal&#232;res, &#171; &lt;i&gt; choisies&lt;/i&gt; &#187;, apr&#232;s une carri&#232;re dans l'arm&#233;e. Il m'offre une m&#233;daille du r&#233;giment du 5e Pacifique. &#171; &lt;i&gt;Dans quelques ann&#233;es, elle vaudra 20 000 euros&lt;/i&gt; &#187;, chuchote-t-il l'air taquin. Je refuse poliment, mais il me r&#233;torque : &#171; &lt;i&gt;Si tu n'acceptes pas mon cadeau, je ne lis pas ton journal.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s du radiateur, Benjamin, 44 ans, v&#234;tu d'un sweat du groupe de m&#233;tal Carcass, a envie de bavarder. &#171; &lt;i&gt;Je suis une pipelette. Je les saoule tous, j'te pr&#233;viens. Je suis moiti&#233; corse, moiti&#233; italien, d'un c&#244;t&#233; je suis un gros macho, de l'autre un gros brancheur&lt;/i&gt; &#187;, annonce-t-il sans chichis. SDF depuis 2007, cet ancien cuistot qui ne boit ni ne fume, est tomb&#233; trois fois pour stup&#233;fiants. Sa derni&#232;re peine de prison, 24&#8200;mois, il l'a finie cet &#233;t&#233;. L&#226;ch&#233; par une famille d&#233;cim&#233;e, il a repris le chemin des foyers d'urgence, de l'ADJ, de la d&#233;brouille. &#171; &lt;i&gt;J'ai pass&#233; mon dipl&#244;me de cariste niveau 3 en prison, j'esp&#232;re trouver du boulot dans cette branche. Je ne veux pas rester les bras crois&#233;s. Tu trouves que j'ai la p&#234;che ? Ben oui, les m&#233;talleux, c'est pas des mecs mous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'&#233;clipse pour aller de l'autre c&#244;t&#233; du miroir, vers l'&#233;quipe des employ&#233;s de l'ADJ. Entre deux rendez-vous, &#201;milie, l'assistante sociale, m'explique son boulot : &#171; &lt;i&gt; Il faut souvent repartir de z&#233;ro parce qu'ils perdent leurs papiers ou se les font voler. Il y a aussi la barri&#232;re de la langue.&lt;/i&gt; &#187; Et la S&#233;cu, P&#244;le emploi, tout &#231;a, ils ne sont pas un peu plus tol&#233;rants avec eux ? &#171; &lt;i&gt;Non, c'est la m&#234;me merde pour tout le monde.&lt;/i&gt; &#187;, tranche-t-elle. &#201;liane, monitrice &#233;ducatrice, m'invite &#224; passer dans la salle d'&#224; c&#244;t&#233; pour le &#171; &lt;i&gt;rituel du 115&lt;/i&gt; &#187;, le num&#233;ro d'appel pour trouver des places d'h&#233;bergement. Elle semble contrari&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Il y a un gars, il s'est lev&#233; &#224; 4&#8200;h du matin pour &#234;tre ici &#224; 7&#8200;h. Et il n'a pas de rendez-vous. Il a pourtant fait tout ce qu'il fallait. On manque cruellement de structures comme la n&#244;tre&lt;/i&gt; &#187;, regrette-t-elle. Chaque jour, entre 150 et 200&#8200;personnes passent par le petit local de l'ADJ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clara, une coll&#232;gue, d&#233;croche le t&#233;l&#233;phone. Elle a quatre demandes de nuit au chaud &#224; satisfaire. Il est 8 h&#8200;45. Sa partenaire du 115 l'informe qu'il ne reste que trois places. Ce sera donc la loterie. Lui on le prend, lui non. Et apr&#232;s, c'est elle qui se fade l'annonce de la nouvelle aux personnes concern&#233;es. &#171; &lt;i&gt;C'est impressionnant le nombre de gens qui dorment dehors en ce moment&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore &#201;liane. &#171; &lt;i&gt; Eh oui, le foyer Forbin est complet, il n'y a plus que la Madrague et ses 300&#8200;places&lt;/i&gt; &#187;, compl&#232;te sa coll&#232;gue, &#233;c&#339;ur&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Cette impuissance, cet abandon des politiques publiques, faut voir la rage que &#231;a peut d&#233;clencher&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che Clara qui, ce soir, ira sans doute boire des coups pour d&#233;compresser. &#171; &lt;i&gt;On va tous finir alcooliques ou sportifs extr&#234;mes &#224; l'ADJ !&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che-t-elle en plaisantant. Sa coll&#232;gue Juliette a trouv&#233; la guitare comme refuge apr&#232;s le boulot. &#171; &lt;i&gt;Il est tellement dur, notre m&#233;tier, qu'on a besoin de prendre du recul, de couper. Des fois je mens sur mon travail, quand je n'ai pas envie que ce soit l'objet de discussion d'une soir&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Peu reconnus en termes de salaire ou m&#234;me socialement, les moniteurs &#233;ducateurs se concentrent sur l'essentiel : leur relation avec un public extr&#234;mement vuln&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour dans la salle. Un jeune dort le dos recroquevill&#233; sur la table. Il a gard&#233; son sac qui semble l'&#233;craser. Dans un coin, une bande de messieurs chaleureux m'invitent dans leur conciliabule. &#171; &lt;i&gt;Nourris, log&#233;s, hamdoulilah ! On ne se plaint pas&lt;/i&gt; &#187;, lance tout sourire, Yahia, un Marseillais d'origine alg&#233;rienne. Son comp&#232;re oranais Lakhdar, sans-papiers, en rajoute : &#171; &lt;i&gt;Les gens qui travaillent ici sont serviables et accueillants. C'est tr&#232;s bien. Il manque juste de place. Ici, c'est mieux que rester dehors. On est tranquilles au chaud, on passe le temps.&lt;/i&gt; &#187; Vivant avec son fils pr&#232;s du Vieux-Port, Lakhdar touche 35&#8200;euros par mois de la Caf, pour un loyer de 460&#8200;euros. Mais son plus gros souci, c'est de ne pas avoir la carte Vitale. &#171; &lt;i&gt;J'ai une pension pour accident de travail. Mais j'ai des probl&#232;mes avec la S&#233;cu. Ils ne veulent pas me la donner, je ne sais pas pourquoi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assis pr&#232;s de la biblioth&#232;que, Meliani Jamal, 40&#8200;ans, m'interpelle aussi sur la sant&#233;. Lui a les deux jambes paralys&#233;es, des proth&#232;ses. &#171; &lt;i&gt;C'est de naissance. Je suis pauvre. Quand mes parents adoptifs sont morts en Alg&#233;rie, je suis venu en France en me disant, c'est le pays des droits de l'homme. Ils vont me soigner. Mais j'attends depuis sept ans des papiers. Et je suis handicap&#233;. C'est dur, dur, beaucoup.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les t&#233;moignages de d&#233;tresse de ce type sont l&#233;gions &#224; l'ADJ. L'ambiance n'y est pourtant pas pesante, en tout cas pas ce mardi matin de d&#233;cembre. &#171; &lt;i&gt;C'est difficile, bien s&#251;r, mais il faut voir ce qu'on partage avec ces hommes et ces femmes. On peut parler de culture, de politique, de la vie. C'est tr&#232;s riche&lt;/i&gt; &#187;, souligne Juliette, qui parle arabe avec un accueilli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vrai que ce n'est pas glauque, contrairement &#224; ce qu'on pourrait imaginer. C'est vivant, plein d'humanit&#233;s &#233;corch&#233;es, ravag&#233;es, d&#233;boussol&#233;es, mais rassembl&#233;es autour d'une table ou du comptoir. Joseph, le papi accueillant du d&#233;but, a parcouru &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i&gt;Dis-donc, il est bien politique ton canard. Tu peux me donner une d&#233;finition de la politique ?&lt;/i&gt; &#187; Flairant la question pi&#232;ge, je me d&#233;bine avec une phrase sans grand int&#233;r&#234;t. Il r&#233;agit : &#171; &lt;i&gt;Archi faux ! La politique, c'est un chantage exerc&#233; par l'impr&#233;vu sur les imb&#233;ciles. Quand vous allez voter, c'est comme si vous mangiez une bo&#238;te de haricots. Vous ne savez jamais lequel va vous faire p&#233;ter. Haha !&lt;/i&gt; &#187; Tout le monde se poile. Il conclut, revissant son bonnet sur le chef :&#8200;&#171; &lt;i&gt;C'est&#8200;pas beau ? C'est de moi ! &lt;/i&gt; &#187; On a envie d'applaudir, de lui tendre un micro, de l'embarquer dans une manif pour qu'il la hurle, sa vision de la politique. On se dit que tous, l&#224;, s'ils avaient de l'&#233;nergie &#224; mettre dans autre chose que dans la survie, ils en auraient, des messages &#224; faire entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant Malika, coll&#232;gue dessinatrice qui croque tranquillement l'ambiance de l'ADJ, s'installe un quadrag&#233;naire avec &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. A sa mani&#232;re d'ouvrir le journal, on sent qu'il le conna&#238;t. Je m'approche et lui demande s'il l'a d&#233;j&#224; lu. &#171; &lt;i&gt;Et comment ! Je suis m&#234;me venu le plier quelques fois, il y a des ann&#233;es de &#231;a&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A cette &#233;poque, votre journal &#233;tait pli&#233; par des copains et des copines (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Je connais bien aussi &lt;a href=&#034;http://www.millebabords.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mille B&#226;bords&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;ils ont une biblioth&#232;que formidable.&lt;/i&gt; &#187; Mais que fait-il ici, cet ancien b&#233;n&#233;vole ? &#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais charg&#233; de production culturelle pendant plus de dix ans. J'ai perdu mon boulot. J'ai eu une rupture familiale. Un accident de la route dramatique. J'ai commenc&#233; &#224; encha&#238;ner des sous-locations, la vie dans les squats. Et puis un jour, je me suis retrouv&#233; &#224; la rue. Pendant six mois. J'ai dormi sous des voitures, dans des terrains vagues, sous les cages d'escalier ou dans les greniers.&lt;/i&gt; &#187; Actuellement en train de remonter la pente, Fran&#231;ois s'est vu attribuer un T1 en HLM. Soutenu par une allocation adulte handicap&#233;, il compte malgr&#233; tout chercher du boulot. &#171; &lt;i&gt;C'est quelque chose qui peut arriver &#224; tout le monde, de devenir SDF&lt;/i&gt; &#187;, conclut simplement Juliette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sortant de sa journ&#233;e de boulot, &#201;liane s'interroge &#224; voix haute : &#171; &lt;i&gt; Parfois, j'ai l'impression d'&#234;tre le dernier rempart de la paix sociale. Je ne sais pas toujours si ce que je fais a du sens, si on est l&#224; pour aider ou pour contenir une col&#232;re.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tous les pr&#233;noms de cet article ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;A cette &#233;poque, votre journal &#233;tait pli&#233; par des copains et des copines b&#233;n&#233;voles tous les mois, dans notre local, puis exp&#233;di&#233; par nos soins. Avec le &#034;succ&#232;s&#034;, cette tache est devenue bien trop lourde. Note du webmaster.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les br&#232;ves du n&#176;127</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Les-breves-du-no127</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Les-breves-du-no127</guid>
		<dc:date>2015-01-10T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Catherine Thumann, L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>En bref</dc:subject>
		<dc:subject>Charmag</dc:subject>
		<dc:subject>Pirikk</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques</dc:subject>
		<dc:subject>d'une &#233;mission</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques S&#233;gu&#233;la</dc:subject>
		<dc:subject>plaisanter Jacques</dc:subject>
		<dc:subject>plateau d'une</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;mission t&#233;l&#233;vis&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;gu&#233;la</dc:subject>
		<dc:subject>Rolex</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;S&#233;gu&#233;la, permanent du spectacle &#171; Si &#224; cinquante ans, on n'a pas une Rolex, on a quand m&#234;me rat&#233; sa vie ! &#187;, lan&#231;ait sans plaisanter Jacques S&#233;gu&#233;la sur le plateau d'une &#233;mission t&#233;l&#233;vis&#233;e en 2009. L'&#233;cho de cette petite phrase a &#233;t&#233; tel que le publicitaire semble avoir pris go&#251;t &#224; l'humour malgr&#233; lui. Fin novembre, sur le site grenoblois PlaceGrenet, il nous rejoue un sketch digne des meilleures parodies. Invit&#233; pour r&#233;agir &#224; l'in&#233;dite d&#233;cision du maire &#233;colo, &#201;ric Piolle, de retirer les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no127-decembre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;127 (d&#233;cembre 2014)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/En-bref" rel="tag"&gt;En bref&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Charmag" rel="tag"&gt;Charmag&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pirikk" rel="tag"&gt;Pirikk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jacques" rel="tag"&gt;Jacques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une-emission" rel="tag"&gt;d'une &#233;mission&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jacques-Seguela" rel="tag"&gt;Jacques S&#233;gu&#233;la&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/plaisanter-Jacques" rel="tag"&gt;plaisanter Jacques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/plateau-d-une" rel="tag"&gt;plateau d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/emission-televisee" rel="tag"&gt;&#233;mission t&#233;l&#233;vis&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Seguela" rel="tag"&gt;S&#233;gu&#233;la&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Rolex" rel="tag"&gt;Rolex&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;S&#233;gu&#233;la, permanent du spectacle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Si &#224; cinquante ans, on n'a pas une Rolex, on a quand m&#234;me rat&#233; sa vie !&lt;/i&gt; &#187;, lan&#231;ait sans plaisanter Jacques S&#233;gu&#233;la sur le plateau d'une &#233;mission t&#233;l&#233;vis&#233;e en 2009. L'&#233;cho de cette petite phrase a &#233;t&#233; tel que le publicitaire semble avoir pris go&#251;t &#224; l'humour malgr&#233; lui. Fin novembre, sur le site grenoblois PlaceGrenet, il nous rejoue un sketch digne des meilleures parodies. Invit&#233; pour r&#233;agir &#224; l'in&#233;dite d&#233;cision du maire &#233;colo, &#201;ric Piolle, de retirer les panneaux publicitaires de l'espace public, il s'est lanc&#233; dans un &#233;patant &lt;i&gt;one man show&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Si la publicit&#233; ne servait &#224; rien, &#231;a se saurait ! Il y a longtemps qu'on l'aurait supprim&#233;e.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;L'affiche, c'est le dernier m&#232;tre avant l'achat. C'est un des premiers stimulateurs de l'&#233;conomie urbaine.&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; Je ne comprends pas qu'un maire digne de ce nom prive les commer&#231;ants de ce stimulus indispensable. C'est criminel.&lt;/i&gt; &#187; Grand Merci &#224; toi, Jacques-le-tocard-des-tocantes, de nous faire rigoler au milieu du mois le plus gris de l'ann&#233;e. Pour les d&#233;boulonneurs de Lille, un collectif de d&#233;sob&#233;issance civile qui se bat contre l'invasion publicitaire, la mesure politique grenobloise tombe &#224; pic. &#171; &lt;i&gt;On avait une convocation au tribunal mardi pour recevoir une amende suite &#224; une action pacifique de barbouillage. Cette initiative politique, on l'a prise comme une tr&#232;s bonne nouvelle, c'est une premi&#232;re dans une grande ville&lt;/i&gt; &#187;, se r&#233;jouit Marion, tout en concluant : &#171; &lt;i&gt;La lutte continue !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, notre grand militant de la croissance en rajoute une couche. Lisez bien ces lignes, qui d&#233;voilent un levier, parmi d'autres, pour affaiblir le capitalisme et la soci&#233;t&#233; consum&#233;riste : &#171; &lt;i&gt;Je ne vois pas pourquoi maintenant seule la culture aurait droit &#224; la publicit&#233;.&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; Si vous abaissez l'envie d'acheter, vous courez directement vers la d&#233;flation et in fine vers la fin du syst&#232;me.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt; Ce n'est pas parce que les banques ont fait sauter le syst&#232;me qu'il faut s'en prendre &#224; l'affichage.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;M&#233;fions-nous des castrateurs d'imaginaire ! C'est le d&#233;but de toute dictature.&lt;/i&gt; &#187; Ol&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Catherine Thumann&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1311 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH475/p07-paneaupub-325d7.jpg?1779603022' width='400' height='475' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Charmag.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La voix de Tel-Aviv&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;put&#233; UDI Meyer Habib, relais des ultra-sionistes au parlement fran&#231;ais, est inqui&#233;tant. Croit-il vraiment en la propagande qu'il d&#233;blat&#232;re en manquant de s'&#233;touffer &#224; chaque fois ? R&#233;agissant aux attentats de J&#233;rusalem-Est sur France 3, le 18&#8200;novembre dernier, il incriminait l' &#171; &lt;i&gt;arbre du terrorisme&lt;/i&gt; &#187; djihadiste international &#171; &lt;i&gt;qui a fait 18 000&#8200;morts en 2013&lt;/i&gt; &#187; et qui chercherait l'embrasement aujourd'hui en Isra&#235;l comme en Syrie, en Libye ou en Irak. Cette entit&#233; engloberait, p&#234;le-m&#234;le, Daesh, le Hamas &#171; &lt;i&gt;alli&#233; avec l'autorit&#233; palestinienne&lt;/i&gt; &#187;, le Hezbollah, Boko Haram, les djihadistes &#171; &lt;i&gt;qui ont tu&#233; 200 000 personnes en Syrie&lt;/i&gt; &#187; (sic), Mehdi Nemmouche ou les assassins d'Herv&#233; Gourdel, bref une grosse machine de guerre afin de brouiller la sp&#233;cificit&#233; et la profondeur de la question palestinienne, d'en faire une &#171; guerre de religion &#187;, de nier la responsabilit&#233; du gouvernement isra&#233;lien et des groupes ultra-orthodoxes dans le climat d&#233;l&#233;t&#232;re actuel, et enfin de pr&#244;ner l'&#233;radication comme politique. Qui veut noyer le Palestinien l'accuse de la rage islamiste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;A nos copains&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pour nous, pays d'histoire et d'espoir, croire au progr&#232;s, c'est refuser &#224; la fois l'ordre &#233;tabli et le d&#233;sordre st&#233;rile&lt;/i&gt; &#187;, s'enflamme Dominique Galouzeau de Villepin dans un long article publi&#233; en&#8230; une du &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt; de d&#233;cembre. Parcourant l'article, on cherche la mati&#232;re qui aurait pu justifier l'accueil de l'ancien Premier ministre de Chirac dans les colonnes du tr&#232;s progressiste mensuel. En vain. Entre lyrisme ballonn&#233; et universalisme incantatoire, la plume de Crini&#232;re d'argent reste ce qu'elle est : un verbiage politicien aux pr&#233;tentions aussi grandiloquentes que st&#233;riles. Apr&#232;s les poussives lettres ouvertes entre V&#233;drine et Debray et la prose victimaire de Mermet, nos amis du &lt;i&gt;Diplo&lt;/i&gt; risquent de d&#233;router un lectorat pas forc&#233;ment habitu&#233; &#224; se fader la liturgie d'ic&#244;nes fl&#233;tries. Commentant le rapprochement entre Galouzeau et Sarkozy, un cadre de l'UMP d&#233;clarait r&#233;cemment : &#171; &lt;i&gt; Dominique de Villepin, c'est le symbole du rassemblement&lt;/i&gt; &#187;. Du bonapartisme et de &#173;l'opportunisme ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;A nos ennemis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aussi invisibles que le Comit&#233; &#233;ponyme qui les appelle dans leur dernier opus &#224; rejoindre l'insurrection, les Anonymous ont hack&#233; ce mois-ci plusieurs dizaines de sites en soutien &#224; la lutte contre le barrage de Sivens et en solidarit&#233; avec la journ&#233;e du 22&#8200;novembre contre les violences polici&#232;res. Les pirates ont ainsi lanc&#233; une &#171; Op&#233;ration anti-r&#233;pression &#187; (#OpAntiRep) en rempla&#231;ant la page d'accueil de l'association nationale de la mar&#233;chauss&#233;e par des photos de brutalit&#233;s polici&#232;res. Le site du syndicat Alliance a &#233;t&#233; &#233;galement mis &#224; sac. Les noms de plus de 2 000&#8200;pandores ou encore les plannings de fin d'ann&#233;e des CRS ont &#233;t&#233; diffus&#233;s en ligne. Enfin, les productivistes du syndicat agricole FNSEA se sont vu briser leurs cyber-vitrines. Vandalis&#233;s aussi les nombreux domaines Web du conseil g&#233;n&#233;ral du Tarn. Son pr&#233;sident, Thierry Carcenac, aurait m&#234;me d&#233;gain&#233; &#171; &lt;i&gt;Hacker pour des id&#233;es, c'est une chose, mais c'est quand m&#234;me relativement b&#234;te&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Greffe des loyers&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1312 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH528/actu-agence-immo-2-2b18e.jpg?1779620979' width='400' height='528' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pirikk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Nouveau mod&#232;le social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur son site, le raout &#233;conomique &#171; Osons la France &#187; pr&#233;vu &#224; Paris les 4 et 5 d&#233;cembre ne barguigne pas : &#171; &lt;i&gt; Contre le&lt;/i&gt; french bashing, &lt;i&gt;l'autocritique souvent st&#233;rile, contre la fuite des talents, contre l'inertie et le fatalisme, Osons la France !&lt;/i&gt; &#187; Au nombre des invit&#233;s de cet happening cens&#233; &#171; &lt;i&gt;r&#233;concilier les Fran&#231;ais avec leur &#233;conomie&lt;/i&gt; &#187;, on comptera la soci&#233;t&#233; Adrexo, diffuseur publicitaire et v&#233;ritable &#171; &lt;i&gt; leader militant&lt;/i&gt; &#187; avec ses 23 000 distributeurs en CDI &#171; &lt;i&gt; recrut&#233;s sans aucune discrimination &#224; des postes non d&#233;localisables&lt;/i&gt; &#187;. Un r&#234;ve entrepreneurial pas vraiment partag&#233; par les salari&#233;s de la bo&#238;te : le licenciement de 750&#8200;personnes est dans les tuyaux tandis que 200&#8200;autres salari&#233;s verraient leur contrat de travail pr&#233;caris&#233;. Le pr&#233;texte ? L'adaptation &#224; l'innovation num&#233;rique qui est justement au c&#339;ur du forum en question. Fallait oser !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cent mille dollars au soleil&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Vir&#233;e du &lt;i&gt;New-York Times&lt;/i&gt;, la journaliste Jill Abramson vient de cr&#233;er le buzz. Dans les cartons de la dame, un nouveau m&#233;dia labellis&#233; &#171; &lt;i&gt;slow journalism&lt;/i&gt; &#187; qui ne publierait qu'un seul article par mois. Prix de la r&#233;mun&#233;ration du journaliste : 100 000 dollars. A &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, on est pr&#234;ts &#224; relever le d&#233;fi en passant &#224;&#8230; deux articles par mois ! Reste le probl&#232;me de la r&#233;mun&#233;ration. En caisses de bi&#232;re (bio) ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Que faire de la police ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le monopole de la violence L&#201;GITIME est l'un des attributs de l'&#233;tat, comme l'analyse le sociologue Max Weber. Un auteur classique qu'il faudrait remettre au programme des &#233;coles de police en France. Cela &#233;viterait peut-&#234;tre de lire ce genre de propos rapport&#233;s par &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt; &#224; la fin de la manif des cond&#233;s en col&#232;re le 13 novembre dernier : &#171; &lt;i&gt;C'est malheureux qu'il soit mort&lt;/i&gt; [R&#233;mi Fraisse, ndlr],&lt;i&gt; mais &#231;a me fait quand m&#234;me moins de peine que &#231;a soit lui qu'un coll&#232;gue.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Service r&#233;a : Entre la vie et la mort</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Service-rea-Entre-la-vie-et-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Service-rea-Entre-la-vie-et-la</guid>
		<dc:date>2014-12-31T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Catherine Thumann</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>vie</dc:subject>
		<dc:subject>faut</dc:subject>
		<dc:subject>patient</dc:subject>
		<dc:subject>service</dc:subject>
		<dc:subject>mort</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;j&#224; pleur&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>d'un patient</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sauver une vie ou accompagner un patient vers sa fin, c'est le quotidien de R&#233;mi, infirmier dans le service de r&#233;animation d'un grand h&#244;pital. Confront&#233; &#224; la mort au turbin depuis deux ans, ce grand gaillard trentenaire n'en est pas pour autant devenu blas&#233;. &#171; J&#8216;ai d&#233;j&#224; pleur&#233; pour le d&#233;c&#232;s d'un patient. Parfois on a un r&#233;el espoir, on se d&#233;m&#232;ne et on n'arrive &#224; rien, &#231;a peut &#234;tre fort &#233;motionnellement. Ce n'est pas rare de voir les coll&#232;gues pleurer. On est tous des &#234;tres humains. &#187; Cela (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no126-novembre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;126 (novembre 2014)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vie" rel="tag"&gt;vie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faut" rel="tag"&gt;faut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/patient" rel="tag"&gt;patient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/service" rel="tag"&gt;service&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mort" rel="tag"&gt;mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Remi-9300" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/deja-pleure" rel="tag"&gt;d&#233;j&#224; pleur&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un-patient" rel="tag"&gt;d'un patient&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sauver une vie ou accompagner un patient vers sa fin, c'est le quotidien de R&#233;mi&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233; pour respecter le &#171; devoir de r&#233;serve &#187;.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, infirmier dans le service de r&#233;animation d'un grand h&#244;pital. Confront&#233; &#224; la mort au turbin depuis deux ans, ce grand gaillard trentenaire n'en est pas pour autant devenu blas&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;J&#8216;ai d&#233;j&#224; pleur&#233; pour le d&#233;c&#232;s d'un patient. Parfois on a un r&#233;el espoir, on se d&#233;m&#232;ne et on n'arrive &#224; rien, &#231;a peut &#234;tre fort &#233;motionnellement. Ce n'est pas rare de voir les coll&#232;gues pleurer. On est tous des &#234;tres humains.&lt;/i&gt; &#187; Cela dit, la plupart du temps, c'est avec une distance professionnelle de bon aloi que R&#233;mi accomplit ses t&#226;ches. Il doit &#234;tre capable d'actes qu'il sait douloureux ou inconfortables : poser une sonde urinaire, intuber, extuber, choisir&#8200;&#8211;&#8200;collectivement&#8200;&#8211; de r&#233;animer une personne ou de la laisser partir avec le moins de souffrance possible.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1294 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH600/p08-11-cul-de-mort02-2f84b.jpg?1779603111' width='400' height='600' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Responsable de deux ou trois patients par jour au maximum, il entretient une relation privil&#233;gi&#233;e avec chacun d'entre eux, ainsi qu'avec la famille. &#171; &lt;i&gt;Comme l'infirmier est la personne la plus proche au quotidien, c'est vers nous que l'entourage se tourne. On doit r&#233;pondre aux questions pratiques, en &#233;vitant surtout de cr&#233;er de faux espoirs&#8200;&#8211; il n'y a rien de pire. On est dans le service du dernier recours, il ne faut pas l'oublier. On ne peut pas faire de sentimentalisme, ni chercher &#224; consoler. Quand on annonce la mort d'un &#234;tre cher &#224; quelqu'un, que faut-il ajouter de plus ? Je ne me vois pas dire &#224; un proche dont la m&#232;re vient de mourir &#8220;t'inqui&#232;te pas, &#231;a va aller&#8221; en le prenant par l'&#233;paule. Cependant, j'essaye d'accompagner la personne dans le d&#233;but de son deuil en lui disant que le patient &#233;tait s&#233;dat&#233; et qu'il n'a pas souffert, par exemple, et aussi en lui expliquant clairement les conditions du d&#233;c&#232;s, afin qu'il n'y ait pas de questions qui restent en suspens, ce qui pourrait &#8220;freiner&#8221; le deuil.&lt;/i&gt; &#187; R&#233;mi n'a pas &#233;t&#233; sp&#233;cifiquement form&#233; &#224; cette partie d&#233;licate du m&#233;tier. Pour obtenir son dipl&#244;me d'&#233;tat, il a bien &#171; &lt;i&gt;survol&#233;&lt;/i&gt; &#187; les &#233;tapes du deuil, mais quand il s'est retrouv&#233; confront&#233; &#224; des personnes en train de mourir ou &#224; leurs proches, &#171; &lt;i&gt;c'&#233;tait un peu l&#233;ger&lt;/i&gt;, confie-t-il. &lt;i&gt;J'ai pu me sentir d&#233;muni par rapport aux familles. Par exemple, si la ventilation m&#233;canique fonctionne encore, on peut voir l'abdomen de la personne se soulever, croire qu'elle respire encore. Nous, on sait que si la machine s'arr&#234;te, c'est fini. Il faut savoir l'expliquer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cliniquement parlant, la mort est g&#233;n&#233;ralement d&#233;clar&#233;e avec &#171; &lt;i&gt;l'absence d'activit&#233; cardiaque&lt;/i&gt; &#187;. Et quand elle survient, en moyenne une fois par semaine dans son temps de service, R&#233;mi n'en a pas fini avec les soins. Il lave le patient, lui &#244;te tous ses &#233;quipements m&#233;dicaux. &#171; &lt;i&gt; On est amen&#233; &#224; toucher la personne d&#233;c&#233;d&#233;e. La premi&#232;re fois, &#231;a fait un choc, c'est un peu bouleversant. Et puis on s'habitue. Sinon, il vaut mieux changer de service.&lt;/i&gt; &#187; Est-ce que, comme dans certaines s&#233;ries am&#233;ricaines, les &#233;quipes m&#233;dicales en deviennent pour autant cyniques ? &#171; &lt;i&gt;Il nous arrive de faire des blagues sur des d&#233;tails, de rigoler pour d&#233;dramatiser une situation. Sorti du contexte, si quelqu'un de l'ext&#233;rieur nous entendait, il nous trouverait peut-&#234;tre &#233;tranges, pour ne pas dire m&#233;chants. Mais il faut bien avouer que &#231;a permet d'&#233;vacuer la pression.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les patients ne re&#231;oivent pas de visites, c'est l'infirmier qui les remplace &#224; leur chevet. &#171; &lt;i&gt;Je leur tiens la main jusqu'au bout pour qu'ils ne se sentent pas seuls dans un moment aussi important de leur vie. C'est toujours difficile de savoir ce que des &#234;tres inconscients per&#231;oivent, mais on peut imaginer qu'ils ressentent notre pr&#233;sence.&lt;/i&gt; &#187; Pour les autres, les horaires des visites sont cadr&#233;s. Lorsque la mort est imminente, en revanche, la pr&#233;sence des proches est tol&#233;r&#233;e sans limite. Ce qui aboutit, parfois, &#224; des situations compliqu&#233;es &#224; g&#233;rer. &#171; &lt;i&gt;Je me souviens d'un patient d'une quarantaine d'ann&#233;es, arriv&#233; avec le Samu, qui avait fait plusieurs arr&#234;ts cardiaques en une trentaine de minutes. Il &#233;tait tr&#232;s instable et est finalement d&#233;c&#233;d&#233; peu de temps apr&#232;s son entr&#233;e dans le service. Ce patient, d'origine arm&#233;nienne, devait &#234;tre quelqu'un d'important dans sa communaut&#233;. De nombreuses personnes ont suivi le v&#233;hicule du Samu afin de l'accompagner. Le service a &#233;t&#233; envahi par une bonne centaine de gens, dont beaucoup &#233;taient en pleurs, d'autres ne sachant pas trop pourquoi ils &#233;taient l&#224;. Une femme s'est m&#234;me &#233;vanouie dans la cohue.&lt;/i&gt; &#187; D&#232;s que la mort du patient a &#233;t&#233; prononc&#233;e, le corps a &#233;t&#233; rapidement transf&#233;r&#233; au fun&#233;rarium de l'h&#244;pital pour permettre &#224; la petite foule de se recueillir dans un lieu plus appropri&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il faut prendre les d&#233;cisions les plus graves, c'est avec les familles que discute l'&#233;quipe m&#233;dicale. &#171; &lt;i&gt;L'euthanasie ne se pratique pas, ou tr&#232;s rarement. On parle plut&#244;t de d&#233;marche palliative. On fait une r&#233;union pluri-disciplinaire pour discuter des diff&#233;rents cas. On regarde si l'on peut encore tenter quelque chose. On essaie de faire une balance b&#233;n&#233;fices-risques. Est-ce vraiment utile de maintenir une personne en vie si elle ne peut plus se r&#233;veiller ? Gr&#226;ce aux progr&#232;s de la m&#233;decine, on peut bien s&#251;r suppl&#233;er tous les organes, mais le patient ne devient plus qu'un corps assist&#233; dans un lit. Faut-il s'acharner ? Si la personne est consciente et capable d'affirmer ses choix, &#231;a compte beaucoup. Les avis de la famille aussi.&lt;/i&gt; &#187; La mise en Lata (limitation ou arr&#234;t des th&#233;rapeutiques actives) ob&#233;it donc &#224; plusieurs crit&#232;res rigoureux. Car ce n'est pas anodin de d&#233;cider ou non, en cas d'arr&#234;t cardiaque, de proc&#233;der &#224; un ultime massage. &#171; &lt;i&gt;Cela peut sembler dur, mais faire le tout pour le tout pour maintenir une personne en &#233;tat de souffrance, &#231;a peut &#234;tre plus dur encore. Il faut tenir compte du soulagement que peut repr&#233;senter la mort &#233;galement. Quand quelqu'un vient de passer trois mois &#224; l'h&#244;pital, avec des soins p&#233;nibles, il peut perdre l'envie de se battre. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mourir sous les n&#233;ons de l'hosto ou chez soi, telle est parfois la derni&#232;re alternative d'une vie. D'apr&#232;s R&#233;mi, la plupart des personnes d&#233;c&#232;dent au calme, dans une chambre de l'h&#244;pital. Il arrive toutefois que certaines aient l'&#233;nergie de retrouver leur nid. &#171; &lt;i&gt;J'ai connu le cas d'un patient &#226;g&#233;, dans un &#233;tat n&#233;cessitant une m&#233;dication intensive pour &#234;tre maintenu en vie, et pour lequel il n'y avait aucun espoir de gu&#233;rison. Ce patient &#233;tait toutefois conscient et d&#233;sirait fortement mourir chez lui. Gr&#226;ce au fait qu'un grand nombre des membres de sa famille travaillaient dans le milieu m&#233;dical et pouvaient donc assurer les soins, un retour &#224; domicile a pu &#234;tre organis&#233;. Il a fini par d&#233;c&#233;der dans les 48 heures suivant sa sortie, mais chez lui et entour&#233; des siens.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sommes-nous tous &#233;gaux &#224; l'heure de la fin de vie ? Les traitements sont-ils les m&#234;mes en fonction des ressources du patient ? Qu'arrive-t-il &#224; une personne sans mutuelle, voire sans S&#233;cu, par exemple ? &#171; &lt;i&gt; En r&#233;animation, heureusement, il n'y a pas de diff&#233;rence de soins selon le niveau de richesse. On ne se pose jamais la question des moyens financiers du patient avant de faire un soin ou un examen. N&#233;anmoins, la S&#233;cu ne rembourse que 80&#8200;% des frais de s&#233;jour&#8200;&#8211; c'est-&#224;-dire actes et examens exclus, qui ont chacun des taux de remboursement particuliers. Cela peut entra&#238;ner une dette &#233;lev&#233;e pour quelqu'un qui n'aurait pas de mutuelle. Des assistantes sociales travaillent au sein de l'h&#244;pital afin de trouver des solutions pour ces personnes, mais &#231;a n'est pas toujours facile.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un registre plus encourageant, le m&#233;tier de R&#233;mi consiste aussi &#224; sauver des vies. Assez souvent, il voit des patients reprendre le cours de leur existence &#224; la sortie de son service. &#171; &lt;i&gt;Quand cela arrive, c'est toujours r&#233;confortant, c'est une joie, un accomplissement. On se dit qu'on fait &#339;uvre utile, que &#231;a vaut le coup de se d&#233;mener. Mais ce n'est jamais une fiert&#233; personnelle, car c'est le r&#233;sultat d'un travail d'&#233;quipe.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En service sur des p&#233;riodes de douze heures d'affil&#233;e, de jour ou de nuit, R&#233;mi sait qu'il ne tiendra pas le coup en &#171; r&#233;a &#187; jusqu'&#224; 60 ans. &#171; &lt;i&gt;Le rythme biologique est mis &#224; rude &#233;preuve. Mais pour l'instant, j'aime beaucoup mon m&#233;tier. Il n'y a pas de routine, on vit des moments forts, on travaille avec des humains, on n'est pas derri&#232;re un ordi toute la journ&#233;e. Cette exp&#233;rience aura profond&#233;ment chang&#233; mon rapport &#224; la mort. Mais elle ne m'aura pas non plus transform&#233; en machine. Quand mon grand-p&#232;re est d&#233;c&#233;d&#233; r&#233;cemment, &#231;a a &#233;t&#233; une r&#233;elle peine. Je ne me suis pas senti moins sensible.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le dossier &#034;La mort qui tue&#034;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Y-a-t-il-une-vie-avant-la-mort&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Y-a-t-il une vie avant la mort ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Transhumanisme-La-mort-dans-l-ame&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Transhumanisme : La mort dans l'&#226;me&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Deuil-Lola-le-crabe-et-les&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lola, le crabe et les perdants magnifiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Numerique-Poussiere-tu-etais&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Poussi&#232;re tu &#233;tais, pixels tu seras !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233; pour respecter le &#171; devoir de r&#233;serve &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La magie du cirque</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-magie-du-cirque</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/La-magie-du-cirque</guid>
		<dc:date>2014-12-25T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Catherine Thumann</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>l'association</dc:subject>
		<dc:subject>Lucas</dc:subject>
		<dc:subject>Maxime</dc:subject>
		<dc:subject>rue Vian</dc:subject>
		<dc:subject>jolie salle</dc:subject>
		<dc:subject>Zimzam</dc:subject>
		<dc:subject>cirque</dc:subject>
		<dc:subject>Vian</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Assis en l'air, en &#233;quilibre sur les pieds tendus de Maxime, Youssef a les yeux qui p&#233;tillent et le sourire aux l&#232;vres. Ce minot sourd savoure son heure de cirque &#171; adapt&#233; &#187; au sein de l'association Zimzam, install&#233;e au c&#339;ur de Marseille. Dans un coin de cette jolie salle de la rue Vian, Lucas, lui, a plus de mal &#224; s'y mettre. Il pr&#233;f&#232;re jouer avec une balle rebondissante ou se balancer dans un tissu suspendu. Pas de souci. Maxime, l'intervenant de Zimzam, ne l'oblige &#224; rien. Il parvient (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no126-novembre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;126 (novembre 2014)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-association" rel="tag"&gt;l'association&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lucas" rel="tag"&gt;Lucas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Maxime" rel="tag"&gt;Maxime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/rue-Vian" rel="tag"&gt;rue Vian&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/jolie-salle" rel="tag"&gt;jolie salle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Zimzam" rel="tag"&gt;Zimzam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/cirque" rel="tag"&gt;cirque&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Vian" rel="tag"&gt;Vian&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Assis en l'air, en &#233;quilibre sur les pieds tendus de Maxime, Youssef a les yeux qui p&#233;tillent et le sourire aux l&#232;vres. Ce minot sourd savoure son heure de cirque &#171; adapt&#233; &#187; au sein de l'association Zimzam, install&#233;e au c&#339;ur de Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1285 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH602/p14-zim-zam-ffc4b.jpg?1779603293' width='400' height='602' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Dans un coin de cette jolie salle de la rue Vian, Lucas, lui, a plus de mal &#224; s'y mettre. Il pr&#233;f&#232;re jouer avec une balle rebondissante ou se balancer dans un tissu suspendu. Pas de souci. Maxime, l'intervenant de &lt;a href=&#034;http://www.zimzamcircus.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Zimzam&lt;/a&gt;, ne l'oblige &#224; rien. Il parvient de temps en temps &#224; le ramener au groupe, sans le bousculer. &#171; &lt;i&gt;Il faut savoir que Lucas n'entend absolument rien&lt;/i&gt; &#187;, l'informe une &#233;ducatrice. A la fin de la s&#233;ance, la patience semble porter ses fruits. Lucas d&#233;cide de faire un aller-retour sur le fil de funambule. Et il rit, au lieu de pleurer comme au d&#233;but. Sophia, neuf ans, qui vient de faire le &#171; point z&#233;ro &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le point z&#233;ro est un &#233;quilibre immobile obtenu en se balan&#231;ant en arri&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; sur une chaise, me confie : &#171; &lt;i&gt;J'ai peur des fois, mais je fais quand m&#234;me&lt;/i&gt; &#187;. L'animatrice, C&#233;lia, est tr&#232;s heureuse de voir les enfants prendre confiance, se mettre en situation de risque, &#171; &lt;i&gt;d&#233;passer des craintes qu'ils ont au quotidien&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Certains ont envie d'aller vers un objet ou de se r&#233;fugier dans un espace. On les laisse libres et on s'adapte. Il n'y a pas de r&#232;gles, ce serait dangereux. C'est pour &#231;a qu'on parle de cirque adapt&#233;&lt;/i&gt; &#187;, explique Antoine, l'administrateur de l'association. Cr&#233;&#233;e en 2005 par deux circassiens qui travaillaient dans l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e, Zimzam compte aujourd'hui trois salari&#233;s qui jonglent avec 40&#8200;&#233;tablissements de la r&#233;gion Paca. Toutes sortes de publics passent sur les planches de l'association : des personnes autistes, trisomiques, psychotiques, sourdes, handicap&#233;es moteur ou souffrant de troubles du comportement et bien d'autres encore. Les fondateurs ont eu &#224; c&#339;ur de les extirper du cadre des institutions, d'offrir un espace de libert&#233; &#224; ces personnes fragilis&#233;es et souvent confin&#233;es dans des espaces d&#233;limit&#233;s. &#171; &lt;i&gt;On tient &#224; ce que les &#233;tablissements fassent le d&#233;placement dans nos locaux, en centre-ville, pour que les personnes sortent de leur lieu de vie quotidienne et fr&#233;quentent un espace artistique comme les autres. Pour certains, rien que le transport, c'est tout une aventure&lt;/i&gt; &#187;, souligne Antoine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'apr&#232;s-midi, c'est un groupe de l'atelier th&#233;rapeutique de Frais-Vallon que Maxime re&#231;oit, une petite dizaine d'adultes atteints de troubles psychiques. &#171; &lt;i&gt;Notre plus beau profil, on s'en fiche&lt;/i&gt; &#187;, lance l'animateur aux pratiquants hebdomadaires, histoire de les mettre &#224; l'aise. &#171; &lt;i&gt;J'ai envie de dormir, moi&lt;/i&gt; &#187;, lui lance Joseph, au bout du rouleau. &#171; &lt;i&gt;Rejoignez-nous quand vous voulez&lt;/i&gt; &#187;, lui r&#233;pond Maxime, pas le moins du monde perturb&#233; par cette rebuffade. Au bout de trente minutes, Joseph retire ses chaussures et retrouve ses potes sur le tapis. A en croire son sourire soudain, la motivation a repris le dessus. &#171; &lt;i&gt;Le cirque les d&#233;tend plus que d'autres activit&#233;s. Ils arrivent &#224; tenir une heure sans s'arr&#234;ter, ce qui est tr&#232;s rare. En tant que soignante, je vois des b&#233;n&#233;fices sur les personnes. Faire la d&#233;marche d'aller &#224; l'ext&#233;rieur, &#233;viter le repli sur soi. Ici, ils retrouvent aussi un sch&#233;ma corporel qu'ils ont parfois perdu&lt;/i&gt; &#187;, observe l'infirmi&#232;re. &#171; &lt;i&gt;Eh Maxime ! &lt;/i&gt; &#187;, interpelle Delphine avec une massue &#224; la verticale sur le bout du doigt. &#171; &lt;i&gt;Waouh ! C'est un sacr&#233; &#233;quilibre, &#231;a !&lt;/i&gt; &#187;, lui r&#233;pond l'artiste intervenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la plupart d'entre eux, cette bouff&#233;e de cirque est la seule activit&#233; artistique de la semaine. La faute &#224; un budget serr&#233;, celui de l'allocation adulte handicap&#233;, environ 780&#8200;euros par mois. &#171; &lt;i&gt;En plus d'avoir des troubles difficiles &#224; vivre, ce sont des personnes en situation de pr&#233;carit&#233;. L&#224;, on leur propose une activit&#233; gratuite, financ&#233;e par l'h&#244;pital. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de Zimzam, on &#233;vite soigneusement de mesurer les effets des ateliers. Antoine tient &#224; le rappeler : &#171; &lt;i&gt;On ne peut pas faire une grille d'&#233;valuation. Quand les subventionneurs nous questionnent sur des r&#233;sultats, on pourrait rentrer dans leur jeu, mais &#231;a n'a aucun int&#233;r&#234;t. On voit simplement le bien-&#234;tre que &#231;a apporte aux personnes, les relations qui se mettent en place entre elles, les prises de conscience progressives de leur corps et des autres.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier, 45 ans, &#233;tiquet&#233; &#171; malade mental &#187;, s'&#233;tonne &#171; &lt;i&gt;de jour en jour&lt;/i&gt; &#187; avec le cirque. &#171; &lt;i&gt;Franchement, &#231;a fait du bien au moral. On mange ensemble avant et on se retrouve ici. On apprend &#224; se servir de son corps, &#224; mieux conna&#238;tre les camarades. On cr&#233;e de vrais contacts &lt;/i&gt; &#187;, s'enthousiasme celui qui regrette toutefois de ne pas avoir pu essayer le trampoline pendant cette s&#233;ance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervenant, Maxime, conna&#238;t bien son public, si vari&#233; soit-il. Avant d'&#234;tre embauch&#233; &#224; Zimzam, il a pass&#233; quatre ans et demi en tant qu'aide m&#233;dico-psychologique dans une dizaine d'institutions. L&#224;-bas, il a senti qu'il fallait voir ailleurs, s'ouvrir &#224; d'autres pratiques. Le cirque a &#233;t&#233; un d&#233;clic. Il s'est form&#233;, en vivant un an dans un camion, puis il a trouv&#233; l'association marseillaise, qui conjuguait ses deux domaines de pr&#233;dilection. &#171; &lt;i&gt;Il y a une sensation de coh&#233;rence &#224; Zimzam, et c'est vital, quand on travaille avec de l'humain. On r&#233;ajuste tout, quotidiennement, heure par heure, en fonction des personnes, des institutions, des corps de m&#233;tier qui nous accompagnent. Dans une soci&#233;t&#233; qui nous fait croire &#224; des recettes parfaites, je d&#233;fends que personne, dans ce type de m&#233;tiers, n'a de solution miracle. Et le croire peut m&#234;me s'av&#233;rer dangereux. On se donne juste les moyens d'agir au mieux. C'est comme chercher un &#233;quilibre au cirque, toujours instable, toujours en mouvement. On se laisse surprendre et on se nourrit de voir que des choses marchent.&lt;/i&gt; &#187; chaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NB :&lt;/strong&gt; L'association Zimzam organise chaque ann&#233;e un important festival de cirque &#171; diff&#233;rent &#187; &#224; Marseille, le Fadoli's Circus. Tout y est gratuit. Jusqu'&#224; 2 000&#8200;personnes par jour en profitent. Une soixantaine de b&#233;n&#233;voles s'y investissent. Pour des raisons rest&#233;es obscures, l'&#233;dition de cette ann&#233;e a d&#251; &#234;tre annul&#233;e, faute d'autorisation de la mairie pour installer les chapiteaux&#8230; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; reviendra dessus dans un article plus large sur les difficult&#233;s des milieux associatifs &#224; Marseille, &#171; capitale de la culture &#187;&#8230; oui, mais en 2013 seulement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le point z&#233;ro est un &#233;quilibre immobile obtenu en se balan&#231;ant en arri&#232;re sur une chaise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
