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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>1918 : Les conseils ouvriers en Allemagne</title>
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		<dc:creator>Jules Hy&#233;nasse</dc:creator>


		<dc:subject>Les vieux dossiers</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;En hommage &#224; notre ami, po&#232;te, &#233;crivain et bon vivant Arthur (dit Mahatma Kane, dit Jean-Paul Musigny, dit Ad&#232;le Zwicker, etc...) qui nous a r&#233;cemment quitt&#233;, CQFD met en ligne ce &#034;Vieux dossier&#034; exclusif en fran&#231;ais. Il fut publi&#233; en espagnol sous le titre &#171; 1918. Alemania. La revoluci&#243;n de los consejos &#187; dans l'ouvrage D&#205;AS REBELDES, Octaedro, 2009. Jamais peut-&#234;tre n'a-t-on menti de fa&#231;on aussi &#233;hont&#233;e &#224; propos d'&#233;v&#233;nements historiques qu'au sujet de la r&#233;volution allemande qui &#233;clata (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no126-novembre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;126 (novembre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Les-vieux-dossiers" rel="tag"&gt;Les vieux dossiers&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/novembre" rel="tag"&gt;novembre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Diete" rel="tag"&gt;Di&#232;te&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En hommage &#224; notre ami, po&#232;te, &#233;crivain et bon vivant Arthur (dit Mahatma Kane, dit Jean-Paul Musigny, dit Ad&#232;le Zwicker, etc...) qui nous a r&#233;cemment quitt&#233;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; met en ligne ce &#034;Vieux dossier&#034; exclusif en fran&#231;ais. Il fut publi&#233; en espagnol sous le titre &#171; 1918. Alemania. La revoluci&#243;n de los consejos &#187; dans l'ouvrage &lt;i&gt;D&#205;AS REBELDES&lt;/i&gt;, Octaedro, 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1229 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH347/berlin-1919-58567.jpg?1782728256' width='500' height='347' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;J&lt;/span&gt;amais peut-&#234;tre n'a-t-on menti de fa&#231;on aussi &#233;hont&#233;e &#224; propos d'&#233;v&#233;nements historiques qu'au sujet de la r&#233;volution allemande qui &#233;clata dans les premiers jours de novembre 1918 et emporta en moins d'une semaine la monarchie bavaroise et le IIe Reich allemand. Autant dans l'histoire enseign&#233;e en Allemagne qu'ailleurs, ce mensonge d&#233;lib&#233;r&#233; et ce silence int&#233;ress&#233; servent &#233;videmment &#224; masquer les enjeux d'un assaut central men&#233; contre ce vieux monde qui venait de montrer ce dont il &#233;tait capable : quatre ans et demi d'une h&#233;catombe mondiale sans pr&#233;c&#233;dent. La r&#233;volution en Allemagne, qui &#233;tait en 1913 la puissance industrielle dominante, mena&#231;ait d'&#234;tre le pivot d'un bouleversement radical de l'h&#233;g&#233;monie du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kiel, dimanche 3 novembre 1918.&lt;/strong&gt; Les marins de la 3e escadre de la flotte de la Baltique, qui comptaient comme la veille se r&#233;unir &#224; la maison syndicale, la trouvent ferm&#233;e. Ils tiennent un meeting sur la grande place d'exercice, derri&#232;re la Waldwiese, o&#249; ils sont rejoints par des ouvriers. Et c'est une imposante manifestation qui s'&#233;branle maintenant &#224; travers la ville. A un coin de rue, elle se trouve nez &#224; nez avec une patrouille, command&#233;e par un lieutenant, qui les somme de se disperser. Personne ne bouge. Un ordre sec : &#171; &lt;i&gt;Feu !&lt;/i&gt; &#187; Les salves couchent neuf morts et vingt-neuf bless&#233;s sur la chauss&#233;e. Mais tandis que la foule s'&#233;parpille, un matelot &#233;paule son arme et tue le lieutenant Steinh&#228;user. Cette riposte claque comme le coup d'envoi de la r&#233;volution en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au matin du 4 novembre, les matelots savent qu'il n'y a plus pour eux de retour en arri&#232;re possible. Ils &#233;lisent des conseils de soldats, d&#233;sarment leurs officiers et hissent le drapeau rouge sur leurs navires. Puis ils descendent &#224; terre arm&#233;s, sous l'&#233;gide de leurs conseils, dont un certain Artelt, quartier-ma&#238;tre, a pris la t&#234;te ; ils occupent sans r&#233;sistance la prison militaire et en d&#233;livrent leurs camarades, les mutin du Thuringe et de l'H&#233;ligoland &#8211; plus d'un millier &#8211; qu'ils avaient transport&#233;s depuis Wilhelmshaven trois jours auparavant. D'autres s'emparent des b&#226;timents publics, et d'autres encore de la gare, faisant ainsi mentir L&#233;nine qui aimait &#224; railler les r&#233;volutionnaires allemands en pr&#233;tendant qu'ils ne sauraient occuper une gare avant l'ouverture des guichets &#8211; pour y acheter un billet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apr&#232;s-midi, un d&#233;tachement de l'arm&#233;e, envoy&#233; pour r&#233;duire le soul&#232;vement des marins, fraternise. Le commandant de la place doit s'incliner devant les conseils de soldats. L'infanterie de marine se solidarise ; les dockers d&#233;cr&#232;tent la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Le soir m&#234;me, Kiel est aux mains de 40 000 matelots et soldats insurg&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1230 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH333/die-aktion-folyoirat-e7a9b.jpg?1782644337' width='400' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 9 novembre, Berlin&lt;/strong&gt; est aux mains des conseils d'ouvriers et de soldats. En cinq jours, du 5 au 9 novembre, les conseils ouvriers se sont &#233;tendus &#224; toute l'Allemagne. Le Kaiser Guillaume II est forc&#233; &#224; l'exil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 1918, Munich est l'une des places fortes de la R&#233;volution allemande. Le jeudi 7 novembre, un grand rassemblement de masse a lieu dans la Theresienwise. Les orateurs socialistes se succ&#232;dent &#224; la tribune et le journaliste Kurt Eisner appelle les soldats &#224; se mutiner et &#224; s'emparer des casernes, ce qu'ils font sans tarder ; ils prennent aussi la rue et les b&#226;timents publics. La Di&#232;te accueille la premi&#232;re s&#233;ance des conseils, au cours de laquelle la R&#233;publique est proclam&#233;e et Eisner est nomm&#233; pr&#233;sident du Conseil.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, &#233;tat de si&#232;ge. Il n' y avait plus d'autorit&#233; constitu&#233;e en-dehors des conseils.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est en se rendant le 21 f&#233;vrier &#224; la s&#233;ance d'ouverture de la Di&#232;te qu'Eisner tomba sous les balles du comte Arco-Valley, qui avait &#233;t&#233; exclu de la soci&#233;t&#233; de Thul&#233; pour avoir cach&#233; que sa m&#232;re &#233;tait juive et tenait &#224; &#171; &lt;i&gt; prouver que m&#234;me un demi-juif est capable d'une action h&#233;ro&#239;que&lt;/i&gt; &#187;, comme devait plus tard l'&#233;crire le fondateur de cette officine raciste, Rudolf von Sebottendorff. Eisner succomba aussit&#244;t. Sous l'effet de la panique, la Di&#232;te se dispersa. La Bavi&#232;re se retrouvait sans gouvernement. Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, &#233;tat de si&#232;ge. Il n' y avait plus d'autorit&#233; constitu&#233;e en-dehors des conseils. Le Conseil central, pr&#233;sid&#233; par Ernst Niekisch, tenta de trouver un compromis entre le syst&#232;me des conseils, les partis socialistes et la Di&#232;te. Or tout poussait &#224; la constitution d'une r&#233;publique des conseils, qui se vit encourag&#233;e par la proclamation le 21 mars de la R&#233;publique des conseils de Hongrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouvait au sein du mouvement r&#233;volutionnaire un groupe d'intellectuels, hommes d'une grande probit&#233;, des po&#232;tes expressionnistes comme Erich M&#252;hsam et Ernst Toller, des th&#233;oriciens universitaires tel l'historien de la litt&#233;rature Gustav Landauer, auxquels on peut ajouter les &#233;conomistes Otto Neurath et Silvio Gesell. Mais &#233;galement Ret Marut, l'agitateur des cahiers antimilitaristes Der Ziegelbrenner (&#171; le fondeur de briques &#187;), dont le premier num&#233;ro avait &#233;clat&#233; comme une bombe le 1er septembre 1917 ; revue qui avait le format et l'aspect d'une brique sous une couverture d'un rouge incandescent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la nuit 13 avril&lt;/strong&gt;, un putsch militaire, qui &#233;choua, parvint &#224; arr&#234;ter une douzaine des conseillistes les plus en vue, dont M&#252;hsam et Max Levien. Au cours d'une sanglante bataille de rues qui d&#233;buta sur la Marienplatz et s'acheva cinq heures plus tard par la prise d'assaut de la gare, les troupes de Schneppenhorst furent battues par des forces rouges improvis&#233;es, command&#233;es par le matelot Rudolf Eglhofer. Les putschistes s'enfuirent par le train. Une autre tentative de prendre Munich se solda trois jours plus tard par une d&#233;faite : le 16 avril, l'&#171; Arm&#233;e rouge &#187; command&#233;e par le po&#232;te Ernst Toller d&#233;fit ses adversaires &#171; blancs &#187; &#224; Dachau et occupa la ville.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1231 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH601/george-grosz-37ac7.jpg?1782644337' width='400' height='601' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Hoffmann fit appel &#224; Noske. On lui envoya 20 000 hommes des corps francs prussiens et wurtembourgeois qui firent irruption en Bavi&#232;re par l'ouest et le nord, et s'y comport&#232;rent comme des troupes d'occupation en pays conquis. Le territoire contr&#244;l&#233; par Munich isol&#233;, soumis au blocus, fut rapidement au bord de la famine. Devant la p&#233;nurie de r&#233;serves mon&#233;taires, le communiste Eugen L&#233;vin&#233; dut r&#233;quisitionner les comptes bancaires et les stocks de vivres ; des mesures d&#233;sesp&#233;r&#233;es. Le 30 avril, les troupes de Noske s'engouffr&#232;rent dans Munich de trois c&#244;t&#233;s &#224; la fois. La derni&#232;re r&#233;sistance cessa dans l'apr&#232;s-midi du 2 mai. Alors s'ensuivit une &#171; terreur blanche &#187; telle qu'aucune ville d'Allemagne n'en avait encore connue. La chasse aux &#171; spartakistes &#187; se prolongea une semaine enti&#232;re. Les tribunaux militaires et sp&#233;ciaux prirent le rel&#232;ve : les condamnations &#224; mort y tombaient comme gr&#234;le.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1232 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH339/gert-arntz-grafik1-31fc0.jpg?1782644337' width='400' height='339' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'explosion des masses &#224; Berlin le 5 janvier&lt;/strong&gt; fut spontan&#233;e, sous un pr&#233;texte des plus triviaux : Eichhorn, r&#233;voqu&#233; de la pr&#233;fecture de police, refusait d'obtemp&#233;rer. Le samedi 4 au soir, &#224; la pr&#233;fecture, une r&#233;union entre Eichhorn, Georg Ledebour (pr&#233;sident de l'USPD), des d&#233;l&#233;gu&#233;s r&#233;volutionnaires et Liebknecht et Wilhelm Pieck (du Parti communiste qui venait de se constituer le 30 d&#233;cembre) appel&#232;rent &#224; &#171; &lt;i&gt;un imposant meeting dans la Siegesallee&lt;/i&gt; &#187; pour le lendemain 14 heures. Ce dimanche, d&#232;s la matin&#233;e, d'&#233;normes foules, souvent arm&#233;es, converg&#232;rent vers le centre de Berlin, r&#233;solues &#224; l'action. Le quartier de la presse fut investi, les principaux &#233;diteurs (Scherl, Ullstein, Mosse, le Vorw&#228;rts) occup&#233;s, les rotatives r&#233;duites au silence ; d'autres groupes s'empar&#232;rent des grandes gares. Les organisateurs furent les premiers surpris de cette avalanche. Le soir, 86 personnes se retrouv&#232;rent &#224; la Pr&#233;fecture (dont 70 d&#233;l&#233;gu&#233;s r&#233;volutionnaires et dix dirigeants de l'aile gauche de l'USPD) pour mettre sur pied un &#171; comit&#233; r&#233;volutionnaire provisoire &#187; de cinquante-trois membres. Une proclamation est lanc&#233;e dans la nuit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ouvriers ! Soldats ! Camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous avez montr&#233; dimanche avec la derni&#232;re &#233;nergie votre volont&#233; de ne pas laisser impuni le dernier mauvais coup du gouvernement Ebert-Scheidemann couvert de sang. Il s'agit d&#233;sormais d'aller plus loin. Il faut mettre un frein &#224; toutes les men&#233;es contre-r&#233;volutionnaires ! Sortez des usines ! Venez en masse aujourd'hui &#224; 11 heures dans la Siegesallee ! Il s'agit de raffermir la r&#233;volution et de la mener jusqu'au bout. En avant pour le socialisme ! Luttons pour le pouvoir du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire ! A bas le gouvernement Ebert-Scheidemann ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Le soir du 6 janvier, quoiqu'on n'en s&#251;t encore rien, la r&#233;volution &#233;tait morte&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les masses ouvri&#232;res descendirent dans la rue mais, &#224; part quelques nouvelles occupations qui furent le fait de groupes isol&#233;s, rien ne se passa. Les garnisons h&#233;sitaient &#224; se lancer dans la bataille. La Division populaire de Marine elle-m&#234;me se pronon&#231;a pour la neutralit&#233;. Le Comit&#233; r&#233;volutionnaire, qui s'&#233;tait transport&#233; au Marstall, fut invit&#233; &#224; d&#233;camper. Les rassemblements se dispers&#232;rent peu &#224; peu. Le soir du 6 janvier, quoiqu'on n'en s&#251;t encore rien, la r&#233;volution &#233;tait morte. Les jours suivants, la situation pourrit lentement. Les commissaires ind&#233;pendants exclus s'offrirent pour une m&#233;diation, ce qu'Ebert accepta bien volontiers, ce qui permit au SPD de relever la t&#234;te. La bataille d&#233;cisive fait rage du 9 au 12 janvier 1919. Dans les rues de Berlin, les troupes de la r&#233;pression, assez disparates &#8211; il s'agit des fameux &#171; Hannetons &#187;, ainsi qu'on surnomme les fusiliers de la Garde, du nouveau &#171; r&#233;giment Reichstag &#187; asserment&#233; &#224; Ebert, du r&#233;giment de volontaires d'extr&#234;me droite de Reinhard constitu&#233; &#224; l'occasion des troubles de No&#235;l et enfin des bataillons de Potsdam, r&#233;organis&#233;s apr&#232;s l'attaque faillie du Ch&#226;teau sous les ordres du major von Stephani &#8211;, se battent maison par maison pour reprendre l'un apr&#232;s l'autre les b&#226;timents occup&#233;s. Le choc le plus meurtrier fut la reconqu&#234;te du Vorw&#228;rts le 11 qui s'acheva dans un bain de sang. La Pr&#233;fecture fut la derni&#232;re place &#224; tomber le dimanche 12.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement &#233;cras&#233;, les corps francs de Maercker et l'&#233;tat-major de L&#252;ttwitz firent sans coup f&#233;rir une entr&#233;e fracassante dans Berlin sous les vivats de la populace des bourgeois. On remit &#224; plus tard l'occupation des quartiers ouvriers du nord et de l'est de la ville, mais cette d&#233;monstration n'&#233;tait qu'un pr&#233;lude. La Division des cavaliers de la Garde du capitaine Waldemar Pabst &#233;tablit son quartier g&#233;n&#233;ral &#224; l'H&#244;tel Eden, promettant par affiches de &#171; &lt;i&gt;ne pas quitter la capitale jusqu'&#224; ce que l'ordre soit d&#233;finitivement r&#233;tabli&lt;/i&gt; &#187;. D&#232;s son installation le 15 janvier, elle pr&#233;senta sa carte de visite : le meurtre de Karl Liebknecht et de Rosa Luxemburg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La derni&#232;re heure de la r&#233;volution avait sonn&#233;.&lt;/strong&gt; L'un des hommes les plus courageux du mouvement r&#233;volutionnaire et la th&#233;oricienne la plus lucide de sa g&#233;n&#233;ration, la seule &#224; &#234;tre capable de critiquer &#224; la fois Bebel et Kautsky, L&#233;nine et Trotski, Jaur&#232;s et Pilsudski, furent jet&#233;s en p&#226;ture &#224; la soldatesque et abattus comme des chiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur assassinat signifiait celui du courage sup&#233;rieur, de l'intelligence sup&#233;rieure, et en fin de compte l'assassinat de l'irr&#233;futable v&#233;rit&#233;. Mais il constitua encore et surtout le coup d'envoi des milliers d'assassinats qui suivirent et soulign&#232;rent l'&#232;re de Noske de leur trace sanglante, annon&#231;ant les meurtres en s&#233;rie par lesquels devait bient&#244;t se signaler l'&#232;re de Hitler. Les sociaux-d&#233;mocrates venaient de d&#233;montrer qu'ils n'avaient rien &#224; envier &#224; la f&#233;rocit&#233; des Versaillais.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1233 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH535/spartakus-a5246.jpg?1782644337' width='400' height='535' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>KATEB YACINE, po&#232;te de la Khabta</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/KATEB-YACINE-poete-de-la-Khabta</link>
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		<dc:creator>Jules Hy&#233;nasse</dc:creator>


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		<dc:subject>Alger</dc:subject>
		<dc:subject>Kateb Yacine</dc:subject>
		<dc:subject>mesurer l'&#233;tendue</dc:subject>
		<dc:subject>Kateb</dc:subject>
		<dc:subject>Yacine</dc:subject>
		<dc:subject>Benamar Mediene</dc:subject>
		<dc:subject>contente qu'on</dc:subject>
		<dc:subject>Mediene</dc:subject>

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&lt;p&gt;En pleine guerre d'Alg&#233;rie, le jeune Yacine envoie une lettre - rest&#233;e sans r&#233;ponse - &#224; Albert Camus pour que celui-ci confronte son attachement de Pied-Noir avec la rage d'un colonis&#233;. Le livre de son ami Benamar Mediene dresse le portrait de &#171; ce mot-dit dynamiteur &#187;. En hommage &#224; notre regrett&#233; complice Arthur, dit Jules Hy&#233;nasse, nous publions l'article publi&#233; dans le CQFD n&#176; 49, qu'il avait consacr&#233; &#224; Kated Yacine, dont il braillait des po&#232;mes devant les tauliers d'un petit bar (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En pleine guerre d'Alg&#233;rie, le jeune Yacine envoie une lettre - rest&#233;e sans r&#233;ponse - &#224; Albert Camus pour que celui-ci confronte son attachement de Pied-Noir avec la rage d'un colonis&#233;. Le livre de son ami Benamar Mediene dresse le portrait de &#171; ce mot-dit dynamiteur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En hommage &#224; notre regrett&#233; complice Arthur&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il ne faut pas confondre cet Arthur avec notre autre camarade Henri Montant, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, dit Jules Hy&#233;nasse, nous publions l'article publi&#233; dans le &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 49, qu'il avait consacr&#233; &#224; Kated Yacine, dont il braillait des po&#232;mes devant les tauliers d'un petit bar marseillais du boulevard Longchamp, plus habitu&#233;s aux chansons de Johnny Hallyday.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;C'est &#224; observer ce dont l'esprit se contente qu'on peut mesurer l'&#233;tendue de sa perte.
&lt;p&gt;G.W.F.HEGEL&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1210 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/kateb_yacine-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L497xH800/kateb_yacine-2-bb724.jpg?1782644337' width='497' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'&#201;CRIS EN FRAN&#199;AIS, MIEUX QUE LES FRAN&#199;AIS, pour dire que je ne suis pas fran&#231;ais. &#187; &lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171; Mais quand on parle au peuple dans sa langue, il ouvre grand les oreilles. On parle de l'arabe, on parle du fran&#231;ais, mais on oublie l'essentiel, ce qu'on appelle le berb&#232;re. Terme faux, venimeux m&#234;me, qui vient du mot &#8220;barbare&#8221;. Pourquoi ne pas appeler les choses par leur nom, ne pas parler du tamazight, la langue, et d'amazigh, ce mot qui repr&#233;sente &#224; la fois le lopin de terre, le pays et l'homme libre ? &#187;&lt;/i&gt; Ces citations de Kateb Yacine, l'inclassable Alg&#233;rien, sont extraites du livre que Benamar Mediene, son vieil ami, lui a consacr&#233; : &lt;i&gt;Kateb Yacine, le coeur entre les dents&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Disponible en France chez Robert Laffont, 2006. Signalons aussi le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; D&#232;s le mois de mai 1945, l'abominable r&#233;pression de S&#233;tif, de Guelma, Kherrata et du Constantinois l'avait jet&#233; pour quatre mois dans les ge&#244;les fran&#231;aises d'Alg&#233;rie &#8211; sa m&#232;re en deviendra folle &#8211;, o&#249; il f&#234;ta ses seize ans. Presque l'&#226;ge qu'avait Rimbaud, son &lt;i&gt;&#171; fr&#232;re astrologique, &lt;/i&gt; [son] &lt;i&gt;jumeau diff&#233;r&#233; &#187;&lt;/i&gt;, au moment de la Commune de Paris. C'est de ce temps-l&#224; qu'il garda au coeur une plaie ouverte. Sa rencontre &#224; Annaba avec Zouleikha Kateb, transfigur&#233;e &#224; jamais en Nedjma dans le livre &#233;ponyme, repr&#233;sente donc la foudre qui ach&#232;ve de mettre le feu aux poudres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par sa verve incontr&#244;lable, ses raccourcis po&#233;tiques d&#233;vastateurs, son th&#233;&#226;tre tous azimuts, il m&#232;ne un combat sans merci contre les humiliations, les offenses, les mensonges que reproduit l'asservissement capitaliste, qu'ils soient d'essence coloniale ou rel&#232;vent d'autres hypocrisies, &#171; socialiste &#187; ou &#171; d&#233;mocratique &#187;. Il raille aussi &lt;i&gt;&#171; le dieu Mars et son proph&#232;te Lunine &#187;&lt;/i&gt;... Le cin&#233;aste Mohamed Zinet, le peintre M'hamed Issiakhem, le guitariste H'rikass, le po&#232;te Jean S&#233;nac seront ses ravageurs amis. Et Momo, &#171; le grand Momo de la Casbah &#187;, qui se veut &lt;i&gt;&#171; le Ibn Batt&#251;ta de cette ville tant de fois envahie et meurtrie &#187;,&lt;/i&gt; lui lance un jour : &lt;i&gt;Mektoub, mektoub ya Kateb !&lt;/i&gt; Ni concessions ni compromissions pour cet irr&#233;ductible. &lt;i&gt;&#171; Comme ses paroles, il est sans domicile fixe &#187;,&lt;/i&gt; &#233;crit Sadek A&#239;ssat dans son &#233;vocation parisienne du grand perturbateur (in &lt;i&gt;Un Paris r&#233;volutionnaire, &lt;/i&gt; &#233;d. Dagorno, 2001). Il brave tous les interdits. En 1957, en exil et en guerre, il lance, nous apprend Benamar Mediene, &lt;i&gt;&#171; le CCK, Comit&#233; central de la khabta, autrement dit le Soviet de la cuite h&#233;ro&#239;que ou de la beuverie contestataire &#187;,&lt;/i&gt; auquel se rallient aussit&#244;t ses amis. &lt;i&gt;&#171; Le mot beuverie, que traduit le mot argotique maghr&#233;bin khabta, pouvait avoir un autre sens, celui de se battre ou de se d&#233;battre. La cuite, khabta,&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;&#233;tait le signe du refus d'une morale absolue que le FLN imposait &#224; tous les Alg&#233;riens. &#187;&lt;/i&gt; Passent les temp&#234;tes et le massacre parisien du 17 octobre 1961, qui ne cessera de le hanter :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Peuple fran&#231;ais, tu as tout vu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, tout vu de tes propres yeux,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu as vu la police&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assommer les manifestants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les jeter dans la Seine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Seine rougissante&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'a pas cess&#233; les jours suivants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De vomir &#224; la face&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du peuple de la Commune&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces corps martyris&#233;s [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant vas-tu parler ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant vas-tu te taire ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. Mediene rappelle que seule la nageuse Yvette Turlet se jeta &#224; l'eau pour sauver deux Alg&#233;riens, faisant dire &#224; Yacine qu'&lt;i&gt;&#171; une seule Parisienne peut sauver l'honneur de Paris et des Parisiens. Yvette Turlet est certainement une descendante de Louise Michel ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il revient &#224; Alger en 1962 pour relancer &lt;i&gt;Alger r&#233;publicain.&lt;/i&gt; L'Alg&#233;rie a arrach&#233; son ind&#233;pendance, mais l'euphorie est de courte dur&#233;e. En 1967, Issiakhem et Kateb publient un journal &#224; Alger, Le Chameau prol&#233;taire. D&#232;s le quatri&#232;me num&#233;ro, pour la caricature d'un minaret point&#233; entre deux fus&#233;es &#8211; l'une russe et l'autre am&#233;ricaine, &#171; troisi&#232;me voie &#187; oblige &#8211;, ils sont en butte &#224; la censure de l'&#201;tat et de la Mosqu&#233;e. Yacine, enlev&#233; par un commando de &lt;i&gt;&#171; camarades syndiqu&#233;s &#187;&lt;/i&gt; dans le dernier bistrot ouvert du quartier alg&#233;rois des abattoirs, est interdit d'alcool et de ce qu'il nommait &lt;i&gt;&#171; poudre d'intelligence &#187;&lt;/i&gt;, puis s&#233;questr&#233; &#224; Tidjka en Kabylie, o&#249; il d&#233;couvre la splendeur de la nature montagnarde. Ses compagnons, venus le d&#233;livrer, le voient spontan&#233;ment en &lt;i&gt;&#171; dernier Mohican du Djurdjura &#187;&lt;/i&gt;. B. Mediene rapporte encore comment ils traversent Alger insurg&#233;e en octobre 1988 lors de la r&#233;volte des &#171; Jeunes Bras &#187; ; Yacine y voit &lt;i&gt;&#171; une ruade de l'Histoire &#187;&lt;/i&gt; et salue &lt;i&gt;&#171; cette Alger furieuse, dont la jeunesse ne cesse de battre le pav&#233; pour le lancer &#224; la gueule de tous les maquereaux qui r&#234;vent de mettre la ville sur le trottoir. &#187;&lt;/i&gt; Apr&#232;s sa mort, survenue le 28 octobre 1989 &#224; Grenoble, son corps est ramen&#233; en Alg&#233;rie o&#249; l'attend une fatwa du muphti El- Ghazali, sinistre aboyeur import&#233; du Caire o&#249; il s'&#233;tait illustr&#233; en mettant &#224; l'index &lt;i&gt;Les Fils de la M&#233;dina&lt;/i&gt; de Naguib Mahfouz et faisant condamner par ses calamiteux continuateurs l'&#233;diteur et l'imprimeur des &lt;i&gt;Mille et Une Nuits&lt;/i&gt; ! Yacine est inhum&#233; le 1er novembre au cimeti&#232;re d'El-Alya, o&#249; reposent les enfants supplici&#233;s d'octobre 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huit mois avant son d&#233;c&#232;s, il avait envoy&#233; le 8 mars, Journ&#233;e internationale de la femme, un message de solidarit&#233; : &lt;i&gt;&#171; &#201;ternelle sacrifi&#233;e, la femme, d&#232;s sa naissance, est accueillie sans joie. Et quand les filles se succ&#232;dent&lt;/i&gt; [...], &lt;i&gt;leur naissance devient une mal&#233;diction, car jusqu'au mariage, c'est une bombe &#224; retardement qui met en danger l'honneur patriarcal, et la jeune fille, en grandissant, rend ce danger toujours plus grand. Elle sera donc recluse dans le monde souterrain des femmes. On n'entend pas sa voix. C'est &#224; peine un murmure. Le plus souvent, c'est un silence. Un silence orageux ! &#187; &lt;/i&gt; Par-del&#224; sa disparition, on continue d'entendre l'infatigable conteur railler la Gandourie, pays de l'Anafrasie, aux mains des Fr&#232;res Monuments ; il interpelle, encore et toujours des cimes de ses hauteurs b&#233;antes, &lt;i&gt;&#171; tous les p&#232;se-couilles, les peigne-culs et les fouille-merde de la plan&#232;te&lt;/i&gt; [qui lui sont] &lt;i&gt;odieux et&lt;/i&gt; [le font] &lt;i&gt;r&#233;agir par la mutit&#233; de la pierre ou par l'injure portant tous les outrages adress&#233;s &#224; tout le monde &#187; &lt;/i&gt; (rapport&#233; par B. Mediene). On entendra longtemps le d&#233;rangeant d&#233;m&#233;nageur de po&#233;sie, l'&#233;tourdissant meneur de jeu des g&#234;neurs, l'ex&#233;cuteur du testament socratique, prof&#233;rer &#224; l'envi : &lt;i&gt;&#171; Ali la Pointe et tous les condamn&#233;s &#224; mort sont des enfants du polygone&lt;/i&gt; [cf. &lt;i&gt;Le Polygone &#233;toil&#233;,&lt;/i&gt; Le Seuil]. &lt;i&gt;Mais on peut habiter l'&#233;chafaud, sa t&#234;te sous le bras. &#187;&lt;/i&gt; Kateb Yacine, ind&#233;finissable, &#233;chappe aux d&#233;finitions. Fini, il demeure encore infini. Il v&#233;cut &#233;corch&#233; vif, il reste &#233;corch&#233; mort.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1211 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/arthur-2-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH400/arthur-2-2-6d997.jpg?1782974568' width='500' height='400' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il ne faut pas confondre cet Arthur avec notre autre camarade Henri Montant, connu dans la presse sous le nom d'Arthur &#233;galement et d&#233;c&#233;d&#233; en juillet 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Disponible en France chez Robert Laffont, 2006. Signalons aussi le film-entretien avec St&#233;phane Gatti, Kateb Yacine,&lt;i&gt; Un po&#232;te en trois langues&lt;/i&gt;, ainsi que celui que lui a consacr&#233; Kamel Dehane, &lt;i&gt;Kateb Yacine, r&#233;volutionnaire permanent&lt;/i&gt;. (Casbah &#201;ditions, Alger 2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



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