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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Les &#171; principes &#187; du Miroir</title>
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		<dc:creator>Nicolas Rami</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Kopa se saisit du ballon assez loin du but et feinta successivement quatre ou cinq adversaires. Chaque fois, il levait la t&#234;te, attendant qu'un de ses partenaires d&#233;marre pour lui glisser la balle dans les meilleures conditions. Mais rien ne se passait, si bien qu'il trompa &#233;galement le gardien et poussa comme oblig&#233; le ballon dans les filets. Alors que ses partenaires l'entouraient pour le f&#233;liciter, il les repoussa en secouant la t&#234;te avec d&#233;pit ! &#187; Cette anecdote, racont&#233;e par Jean (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no123-juin-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;123 (juin 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/gouvernail-Francois" rel="tag"&gt;gouvernail Fran&#231;ois&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Kopa se saisit du ballon assez loin du but et feinta successivement quatre ou cinq adversaires. Chaque fois, il levait la t&#234;te, attendant qu'un de ses partenaires d&#233;marre pour lui glisser la balle dans les meilleures conditions. Mais rien ne se passait, si bien qu'il trompa &#233;galement le gardien et poussa comme oblig&#233; le ballon dans les filets. Alors que ses partenaires l'entouraient pour le f&#233;liciter, il les repoussa en secouant la t&#234;te avec d&#233;pit !&lt;/i&gt; &#187; Cette anecdote, racont&#233;e par Jean Levron&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Levron, sous le nom de Jean Norval, Des ann&#233;es de braise aux ann&#233;es&#8230; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, conforte &#224; rebours la boutade de Cantona qui sert de titre au dernier livre de Jean-Claude Mich&#233;a, &lt;i&gt;Le plus beau but &#233;tait une passe&lt;/i&gt;. Jean Levron &#233;tait pigiste au &lt;i&gt;Miroir du football&lt;/i&gt;. Lire le &lt;i&gt;Miroir&lt;/i&gt; aujourd'hui, pour ceux qui aiment le jeu et sombrent d'ennui devant le p&#233;nible spectacle du football moderne, c'est comme respirer un peu d'air frais. Retour sur les &#171; principes &#187; du &lt;i&gt;Miroir&lt;/i&gt; et mise en regard avec le dernier livre de Mich&#233;a.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est en janvier 1960 que para&#238;t le premier num&#233;ro du mensuel &lt;i&gt;Le Miroir du football&lt;/i&gt;, avec &#224; son gouvernail Fran&#231;ois Th&#233;baud. Le magazine est publi&#233; par les &#233;ditions J, propri&#233;t&#233; du Parti communiste. Pourtant, aucun des journalistes ne fut membre du Parti et, jusqu'en 1976&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1976, les propri&#233;taires du journal voulurent reprendre la main et lui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, &#233;tonnamment, celui-ci laissa toute libert&#233; &#224; la r&#233;daction, au prix, il est vrai, de quelques coups de gueules &#224; l'occasion desquels Fran&#231;ois Th&#233;baud sut rester ferme sur les &#171; principes &#187;. Mais c'est surtout que le &lt;i&gt;Miroir&lt;/i&gt; se vendait bien et, tout stalinien qu'on soit, on peut bien laisser quelques libert&#233;s du moment qu'elles rapportent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le premier num&#233;ro, dans une adresse aux footballeurs, Fran&#231;ois Th&#233;baud donne le ton : &#171; &lt;i&gt;Votre sport exige le concours constant de l'intelligence. Ses probl&#232;mes multiformes suscitent les initiatives individuelles les plus &#233;tonnantes, les inspirations cr&#233;atrices collectives les plus stup&#233;fiantes. Et pourtant les esth&#232;tes officiels s'accrochent au culte d&#233;suet des manifestations primaires de l'effort physique.&lt;/i&gt; &#187; Et plus loin : &#171; &lt;i&gt;Si vous recherchez dans nos pages mati&#232;re &#224; satisfaire l'orgueil nationaliste, l'esprit de clocher, ou le culte commercial de la vedette&#8230; Ne poursuivez pas votre lecture. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de ses seize ann&#233;es d'existence, l'&#233;quipe du &lt;i&gt;Miroir &lt;/i&gt; d&#233;veloppa une analyse du football qui ne d&#233;rogea jamais &#224; ce qu'elle nommait &#171; &lt;i&gt;les principes&lt;/i&gt; &#187; : le refus du r&#233;sultat &#224; tout prix et du r&#233;alisme sans scrupule ; le m&#233;pris de la prudence et des tactiques d&#233;fensives. &#192; rebours du culte vou&#233; au rendement et &#224; l'efficacit&#233;, les journalistes du &lt;i&gt;Miroir&lt;/i&gt; d&#233;fendaient une conception offensive et cr&#233;ative du football, fond&#233;e sur la passe courte qui cherche le d&#233;s&#233;quilibre de l'&#233;quipe adverse. Car il ne s'agit pas d'attendre, de &#171; b&#233;tonner &#187; pour contre-attaquer, de chercher le coup-franc ou de guetter la moindre erreur d&#233;fensive. Jean Levron, en juillet 1960 : &#171; &lt;i&gt;Seul un syst&#232;me de jeu bas&#233; sur la passe courte et le d&#233;sir constructif peut procurer &#224; ses pratiquants une confiance collective v&#233;ritable.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pr&#233;cisera toutefois que le mensuel ne s'int&#233;ressait pas qu'au football professionnel et se penchait aussi sur le football amateur et les &#233;quipes de jeunes. La plupart des journalistes eux-m&#234;mes pratiquaient leur sport dans des clubs de la r&#233;gion parisienne et, en 1972, certains parmi plus les jeunes, br&#251;lant d'appliquer sur le terrain les principes de jeu d&#233;velopp&#233;s dans le journal, cr&#233;&#232;rent l'Espoir Football Club qui &#233;volua du c&#244;t&#233; de Neuilly-sur-Marne. Une formule de Jean Levron semble bien r&#233;sumer l'atmosph&#232;re dans laquelle baignait la bande du &lt;i&gt;Miroir&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;l'adh&#233;sion &#224; la conception d'un jeu offensif, cr&#233;atif, humain. Qui doit &#234;tre l'expression pr&#233;monitoire d'une soci&#233;t&#233; digne de ce nom&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1135 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH348/footmai68-983bf.jpg?1768654757' width='400' height='348' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Car le &lt;i&gt;Miroir &lt;/i&gt; n'a jamais dissoci&#233; abstraitement le sport de la soci&#233;t&#233; dans laquelle il se pratique. Et, tout naturellement, il apporta sa contribution aux journ&#233;es de Mai 1968. C'est lors d'une soir&#233;e chez Pierre Lameign&#232;re, journaliste au &lt;i&gt;Miroir&lt;/i&gt;, que prit forme l'id&#233;e d'occuper le 60 bis, avenue d'I&#233;na, si&#232;ge de la F&#233;d&#233;ration fran&#231;aise de football. Le 22 mai au matin, sans violence mais fermement, le cossu b&#226;timent du 16e arrondissement est pris par les mutins&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois-Ren&#233; Simon, Alain Leiblang, Faouzi Mahjoub, Les Enrag&#233;s du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Deux banderoles sont accroch&#233;es sur la fa&#231;ade : &#171; &lt;i&gt;La F&#233;d&#233;ration, propri&#233;t&#233; des 600 000 footballeurs&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt; Le football aux footballeurs !&lt;/i&gt; &#187; Un tract est distribu&#233; ; il porte la signature du Comit&#233; d'action des footballeurs. Au-del&#224; de l'affirmation de la solidarit&#233; avec ceux qui occupent les usines et les universit&#233;s, au-del&#224; aussi de revendications bien pr&#233;cises&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La premi&#232;re des revendications concernait l'absurde limitation de la saison (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, le texte appelle &#224; &#171; &lt;i&gt;lib&#233;rer le football de l'argent des pseudo-m&#233;c&#232;nes incomp&#233;tents qui sont &#224; l'origine du pourrissement du football.&lt;/i&gt; &#187; Pendant quelques heures, les occupants retiennent dans son bureau celui qui symbolise le football dit &#171; moderne &#187; : l'instructeur national Georges Boulogne, &#171; le baron &#187; comme l'a d&#233;sign&#233; le gardien de l'entr&#233;e du 60 bis. L'historien Alfred Wahl r&#233;sume assez bien le contexte de cette occupation : &#171; &lt;i&gt;C'est Georges Boulogne qui formalise progressivement les conceptions globales de ce qu'il appelle le football moderne. L'objectif central consiste &#224; rechercher l'adaptation de la pratique du jeu fran&#231;ais aux r&#232;gles de fonctionnement de l'&#233;conomie moderne et &#224; la comp&#233;tition internationale en ce domaine.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Le football doit cesser d'&#234;tre une &#8220;activit&#233; ludique&#8221; pour devenir une &#8220;activit&#233; &#233;ducative&#8221;. &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Le football doit se caract&#233;riser davantage par la rigueur ; il est apprentissage de la discipline.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Boulogne calque sur le football les concepts qui ont cours dans la pens&#233;e &#233;conomique du temps et qui s'appellent croissance, industrialisation, performance, etc. &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Cette orientation conduit &#224; renoncer au jeu improvis&#233;, brillant, fond&#233; sur les initiatives individuelles et qui fut celui pr&#233;conis&#233; par Albert Batteux, &#224; Reims, et quelques autres techniciens.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alfred Wahl, &#171; Le Mai 68 des footballeurs fran&#231;ais &#187;, Vingti&#232;me Si&#232;cle, 26, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187; C'est ici que la contestation dans le football, port&#233;e par le &lt;i&gt;Miroir&lt;/i&gt;, rejoint la critique de l'organisation du travail exprim&#233;e par les ouvriers gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; force de discours sur les bonnes raisons qu'il y aurait de jouer au football, on en oublierait presque que la premi&#232;re raison du jeu, c'est le plaisir du jeu. Et puisqu'on parle d'un sport collectif, on en oublierait presque que la premi&#232;re raison du football, c'est le plaisir que chacun prend dans la r&#233;alisation d'une action men&#233;e &#8211; parfois pens&#233;e &#8211; de fa&#231;on collective, avec toujours en t&#234;te le souci que chacun puisse trouver sa place, sans intimidation ni condescendance, dans l'organisation du jeu. C'est-&#224;-dire ce que devrait &#234;tre, ou du moins ce que pourrait &#234;tre aussi, le travail.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1134 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH519/foot-miroir-du-foot-7ea0c.jpg?1768658003' width='400' height='519' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Les id&#233;es du &lt;i&gt;Miroir&lt;/i&gt;, l'onde de choc de Mai 68 et l'occupation de la F.F.F., ont trouv&#233; ailleurs leurs prolongements. En 1973, Georges Boulogne et la F&#233;d&#233;ration obtiennent un arr&#234;t&#233; minist&#233;riel qui impose aux clubs amateurs de Division d'Honneur d'engager &#8211; et donc de r&#233;tribuer &#8211; un entra&#238;neur dipl&#244;m&#233; (c'est-&#224;-dire form&#233; sous la houlette des affid&#233;s de M. Boulogne). C'est pour s'opposer &#224; cette nouvelle tentative de mise au pas que va &#233;merger le Mouvement football-progr&#232;s, dont le centre est le Stade Lamballais, dans les C&#244;tes-du-Nord&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Jean-Claude Trotel, Football je t'aime&#8230; moi non plus. Le football : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. La Bretagne est alors au c&#339;ur de cette conception constructive et offensive ch&#232;re au &lt;i&gt;Miroir&lt;/i&gt;. Le FC Nantes de Jos&#233; Arribas remporte le championnat en 1965, 1966 et 1973 ; le Stade Rennais de Jean Prouff, adepte du 4-2-4, remporte la Coupe de France en 1965 et 1971. Jean Prouff, qu'un jeune joueur du Finist&#232;re, Christian Gourcuff, rencontra &#224; Rennes en 1972 et suivit en troisi&#232;me division du c&#244;t&#233; de Bern&#233; dans le Morbihan. Christian Gourcuff, adolescent, &#233;tait avec ses copains de jeu un fid&#232;le lecteur du &lt;i&gt;Miroir&lt;/i&gt;. Plus tard, il noua des liens d'amiti&#233; avec Fran&#231;ois Th&#233;baud et sa bande. Sans y adh&#233;rer formellement, il a toujours suivi de pr&#232;s les r&#233;flexions du &#171; football-progr&#232;s &#187; qui &#233;mergeaient du c&#244;t&#233; de Lamballe. Pr&#233;fa&#231;ant le livre que lui a consacr&#233; Lo&#239;c Bervas, Christian Gourcuff r&#233;affirme les &#171; principes &#187; simples et g&#233;n&#233;reux qui furent toujours ceux du &lt;i&gt;Miroir&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Ce livre n'est pas une biographie, mais un t&#233;moignage de l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; dans laquelle l'opportunisme a remplac&#233; le courage, le profit l'&#233;thique, au travers du football depuis un demi-si&#232;cle. Le t&#233;moignage aussi d'une recherche permanente d'&#233;motions dans la pratique d'un &#8220;autre football&#8221; &#224; la fois esth&#233;tique et moral, o&#249; le beau et le bon cohabitent.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lo&#239;c Bervas, Christian Gourcuff. Un autre regard sur le football, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &#187; Cette vision du jeu, &#233;minemment collective, est constamment pens&#233;e dans le but de d&#233;velopper les qualit&#233;s et le plaisir individuels des joueurs. En cette fin de saison 2013-2014, Christian Gourcuff vient de quitter le FC Lorient, parce que la cohabitation &#233;tait devenue impossible avec son pr&#233;sident Lo&#239;c Ferry, requin sans gloire de la City.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit, malgr&#233; l'argent et les vents contraires, il y a la permanence d'une conception d'un football humain qui parvient encore &#224; &#233;merger, m&#234;me dans les pires recoins du sport professionnel. On l'a dit, c'est &#224; cette &#171; tradition &#187; que Jean-Claude Mich&#233;a se rattache dans son dernier livre,&lt;i&gt; Le plus beau but &#233;tait une passe&lt;/i&gt; (&#233;ditions Climats, 2014). Il y voit la continuation du &lt;i&gt;passing game&lt;/i&gt; qui d&#233;finit, selon lui, depuis la fin du XIXe si&#232;cle, &#171; &lt;i&gt;l'essence m&#234;me du football ouvrier et populaire &#8211; autrement dit, construit et tourn&#233; vers l'offensive.&lt;/i&gt; &#187; Certains historiens nous rapportent en effet que c'est lorsque les ouvriers s'appropri&#232;rent le football que le jeu &#233;volua d'une conception individualiste et aristocratique (le&lt;i&gt; dribbling game&lt;/i&gt;) au jeu collectif des ouvriers (le &lt;i&gt;passing game&lt;/i&gt;). &#192; cette dimension collective, qui serait inh&#233;rente au football populaire, Mich&#233;a associe &#233;galement la notion de fair-play. On aurait donc un football populaire qui serait l'expression d'une conception collective du jeu, d'un refus de la tricherie et du chauvinisme &#171; support&#233;riste &#187;. On fera ici quelques remarques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affirmer que le passage du &lt;i&gt;dribbling game&lt;/i&gt; au &lt;i&gt;passing game&lt;/i&gt; serait la cons&#233;quence de l'appropriation du football par les ouvriers appara&#238;t de prime abord discutable&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En Angleterre, les r&#232;gles du football ont &#233;t&#233; codifi&#233;es pour la premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;. Surtout, la notion de fair-play ne semble pas forc&#233;ment aller de soi avec une conception populaire du football. La main de Maradona en 1986 ou celle de Thierry Henry en 2009, pour prendre des exemples c&#233;l&#232;bres, ont suscit&#233; d'excellents d&#233;bats sur l'&#233;thique &#224; tous les comptoirs de France, mais ces d&#233;bats ne furent jamais tranch&#233;s. Ce qui a suscit&#233; l'opprobre universelle, ce n'est pas la main de Thierry Henry, mais son comportement &#224; la fin du match o&#249;, apr&#232;s son coup de vice monumental, il chercha &#224; consoler et &#224; relever les Irlandais &#224; terre, d&#233;pit&#233;s. En 1938, dans son essai sur le jeu, Johan Huizinga notait : &#171; &lt;i&gt;Suivant notre conception, le recours &#224; la ruse et &#224; la tromperie brise et abolit le caract&#232;re ludique de la comp&#233;tition. Toutefois, la culture archa&#239;que ne donne pas raison sur ce point &#224; notre jugement moral, pas plus que l'esprit populaire.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan Huizinga, Homo ludens, (1938), Gallimard, Tel, 1988, p. 93.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On notera &#233;galement qu'il y a une autre conception du football, tout aussi populaire, qui se soucie peu d'esth&#233;tique et o&#249; ce qui importe c'est avant tout la vaillance des joueurs, leur g&#233;n&#233;rosit&#233;, qui ne s'exprime pas tant par le jeu de passes que par la capacit&#233; &#224; &#171; mouiller le maillot &#187;. Le go&#251;t de l'offensive est pr&#233;sent, mais d'abord sur le mode du &lt;i&gt;kick and rush&lt;/i&gt; anglais. Cette conception se fonde sur un attachement profond &#224; une communaut&#233;, un village ou un quartier, une ville ou un pays. C'est souvent le football de club du dimanche apr&#232;s-midi&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Du c&#244;t&#233; de la sociologie, on peut lire l'article de Jean-Michel Faure, &#171; Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;. C'est aussi, parfois, le football qui d&#233;g&#233;n&#232;re dans le chauvinisme le plus brutal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne semble pas qu'il y ait &#171; &lt;i&gt;une essence m&#234;me du football populaire&lt;/i&gt; &#187; mais bien plut&#244;t deux conceptions qui s'opposent, se m&#233;langent et sont au c&#339;ur du plaisir de la palabre sur le football. Le football moderne, le football-business, &#233;tranger &#224; toute &#233;thique, s'appuie &#233;videmment sur la version chauvine pour vendre ses matchs et ses maillots. Les supporters ultras pr&#233;tendument &#171; radicaux &#187; n'expriment bien souvent que la radicalit&#233; du commerce. La &#171; tradition &#187; du &lt;i&gt;Miroir&lt;/i&gt;, parce qu'elle est ancr&#233;e, profond&#233;ment, &#224; des &#171; principes &#187; nous pr&#233;serve de ces &#233;garements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N. B. : &#224; lire l'interview de Jean-Claude Mich&#233;a sur le site &lt;a href=&#034;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Never trust a marxist in football&lt;/a&gt; ! (un des rares blogs consacr&#233;s au football qui m&#233;ritent le d&#233;tour). Jean-Claude Mich&#233;a y &#233;voque des sujets qui ont &#233;t&#233; abord&#233;s ici, sur l'attachement local, sur Cruyff et le &#171; football total &#187; des Hollandais notamment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jean Levron, sous le nom de Jean Norval, &lt;i&gt;Des ann&#233;es de braise aux ann&#233;es&#8230; de p&#232;ze&lt;/i&gt;, 2001. Ce livre a &#233;t&#233; &#233;dit&#233; apr&#232;s sa mort par ses amis, fid&#232;les du &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.miroirdufootball.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Miroir&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 1976, les propri&#233;taires du journal voulurent reprendre la main et lui donner une orientation plus commerciale. Presque tous les journalistes du &lt;i&gt;Miroir&lt;/i&gt; d&#233;missionn&#232;rent. Ce fut la fin du &lt;i&gt;Miroir du football&lt;/i&gt;. Le journal disparut officiellement en 1979.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fran&#231;ois-Ren&#233; Simon, Alain Leiblang, Faouzi Mahjoub, &lt;i&gt;Les Enrag&#233;s du football. L'autre Mai 68&lt;/i&gt;, Calmann-L&#233;vy, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La premi&#232;re des revendications concernait l'absurde limitation de la saison de football d'octobre &#224; mai, excluant donc les beaux jours d'&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Alfred Wahl, &#171; Le Mai 68 des footballeurs fran&#231;ais &#187;, &lt;i&gt;Vingti&#232;me Si&#232;cle&lt;/i&gt;, 26, avril-juin 1990, p. 77.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir Jean-Claude Trotel, &lt;i&gt;Football je t'aime&#8230; moi non plus. Le football : l'art ou la guerre ?&lt;/i&gt;, L'Harmattan, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lo&#239;c Bervas, Christian Gourcuff. &lt;i&gt;Un autre regard sur le football&lt;/i&gt;, Liv'&#233;ditions, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En Angleterre, les r&#232;gles du football ont &#233;t&#233; codifi&#233;es pour la premi&#232;re fois en 1863. La r&#232;gle du hors-jeu interdit alors toute passe en avant, comme dans le rugby d'aujourd'hui. En 1866, la r&#232;gle est chang&#233;e : d&#233;sormais, pour ne pas &#234;tre consid&#233;r&#233; en position de hors-jeu, il suffit que l'attaquant ait au moins trois d&#233;fenseurs devant lui. Cette nouvelle r&#232;gle a eu sur le d&#233;veloppement du jeu de passes une influence &#233;vidente. Sur son site officiel, comme il se doit, la FIFA n'&#233;voque jamais comme possible explication de la naissance du jeu de passes l'irruption des ouvriers dans le football. Selon les historiens, le d&#233;veloppement du &lt;i&gt;passing game&lt;/i&gt; est li&#233; aux ouvriers du Queens Park de Glasgow.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Johan Huizinga, Homo ludens, (1938), Gallimard, Tel, 1988, p. 93.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Du c&#244;t&#233; de la sociologie, on peut lire l'article de Jean-Michel Faure, &#171; Les &#8220;fouteux&#8221; de Voutr&#233; &#187;, &lt;i&gt;Actes de la recherche en sciences sociales&lt;/i&gt;, n&#176; 80, novembre 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Garrincha, &#171; la joie du peuple &#187;</title>
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		<dc:date>2014-07-21T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Rami</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Le 27 mai 2014, la police charge une manifestation d'Indiens et de travailleurs sans-abri autour du nouveau stade de Brasilia. Ce stade, la construction la plus ch&#232;re du Mundial qui a d&#233;but&#233; le 12 juin au Br&#233;sil, porte le nom de Man&#233; Garrincha. Les officiels du football et leur police ne pouvaient salir davantage ce descendant d'Indiens qui, toujours, fut du peuple. Manoel Francisco dos Santos, dit &#171; Garrincha &#187; est n&#233; en 1933 &#224; Pau Grande, dans une cit&#233; ouvri&#232;re qui appartenait &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no123-juin-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;123 (juin 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Caroline-Sury" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Manoel-Francisco" rel="tag"&gt;Manoel Francisco&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Garrincha" rel="tag"&gt;Garrincha&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Francisco-dos" rel="tag"&gt;Francisco dos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pau-Grande" rel="tag"&gt;Pau Grande&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Nilton-Santos" rel="tag"&gt;Nilton Santos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pele" rel="tag"&gt;Pel&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Santos" rel="tag"&gt;Santos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Botafogo" rel="tag"&gt;Botafogo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 27 mai 2014, la police charge une manifestation d'Indiens et de travailleurs sans-abri autour du nouveau stade de Brasilia. Ce stade, la construction la plus ch&#232;re du Mundial qui a d&#233;but&#233; le 12 juin au Br&#233;sil, porte le nom de Man&#233; Garrincha. Les officiels du football et leur police ne pouvaient salir davantage ce descendant d'Indiens qui, toujours, fut du peuple.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1116 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH464/foot-garrincha16-6b252.jpg?1768654757' width='400' height='464' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Manoel Francisco dos Santos, dit &#171; Garrincha &#187; est n&#233; en 1933 &#224; Pau Grande, dans une cit&#233; ouvri&#232;re qui appartenait &#224; l'America Fabril, l'usine textile o&#249; travaillait son p&#232;re. Descendant d'Indiens, il portait le nom du propri&#233;taire terrien qui r&#233;duisit ses anc&#234;tres en esclavage. On dit que son enfance fut celle d'un enfant sauvage, ne subissant aucune r&#232;gle, qui ne rentrait chez lui que lorsque la faim le tenaillait. On dit aussi qu'il parlait peu, ne criait jamais mais souriait tout le temps. Voil&#224; pourquoi on l'appela &#171; Garrincha &#187; ; c'est le nom d'un petit oiseau inutile et laid, un petit oiseau farouche, au chant tr&#232;s joli, mais qu'on ne peut entendre que dans la nature car il meurt sit&#244;t captur&#233;. Mais nulle fausse tendresse, car la passion de Garrincha, c'&#233;tait de chasser les oiseaux. Et de jouer au foot, partout, sur la terre battue, contre les murs, dribblant les arbres malgr&#233; ses jambes tordues, car Garrincha &#233;tait n&#233; avec une malformation cong&#233;nitale. Bien entendu, il n'eut pas grand-chose &#224; faire sur les bancs d'une &#233;cole et tr&#232;s t&#244;t il entra &#224; l'America Fabril. D&#232;s l'&#226;ge de quinze ans, Garrincha jouait pour l'&#233;quipe de son usine. Sur le terrain, on ne voyait que lui et son dribble impayable d&#233;routait toutes les d&#233;fenses. Il avait 19 ans lorsqu'un agent de Botafogo, un club de Rio, lui donna une lettre de recommandation. Il participa &#224; un test de recrutement, c'est-&#224;-dire un match contre l'&#233;quipe principale. Face &#224; lui, il trouva rien moins que l'arri&#232;re-gauche de l'&#233;quipe du Br&#233;sil, Nilton Santos. Il lui fit tout voir, jusqu'au petit pont, et Nilton Santos demanda aussit&#244;t qu'on l'engage. Le dimanche suivant, lors de son premier match professionnel, c'est lui qui marqua le but de la victoire pour Botafogo. On dit que les h&#233;ros du peuple sont immortels. En tout cas, la l&#233;gende de Garrincha &#233;tait n&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dribble &amp; la joie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Balle au pied, Garrincha marche tranquillement vers son d&#233;fenseur et s'arr&#234;te devant lui. Brusquement, il fait pencher tout son corps vers la gauche, au bord du d&#233;s&#233;quilibre. On croit qu'il va s'&#233;crouler. Mais c'est un d&#233;fi &#224; la science, Garrincha ! Et tout en poussant le ballon sur sa droite, il se remet d'aplomb avec une fulgurance impensable. Son d&#233;marrage est si d&#233;routant et si puissant que le d&#233;fenseur se retrouve le nez dans le gazon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dribble improbable, c'est la signature de Garrincha. Mais son jeu n'&#233;tait pas qu'un simple sujet d'admiration. Quand Garrincha surgissait sur un terrain, c'&#233;tait le rire qui d'un coup gagnait le stade, une hilarit&#233; que l'on disait incroyablement contagieuse. Garrincha y gagna plus tard un deuxi&#232;me surnom : &lt;i&gt;alegria do povo&lt;/i&gt;, &#171; la joie du peuple &#187;. Car comment rester triste &#224; la vue de ce g&#233;nie farouche, tout distordu mais puissamment muscl&#233;, qui se moquait des meilleures d&#233;fenses ? Garrincha refusait constamment de se plier aux sch&#233;mas tactiques : c'&#233;tait l'individualiste forcen&#233; qui ne repassait jamais la balle avant de s'&#234;tre un peu diverti aux d&#233;pens de l'adversaire, avant d'avoir amus&#233; la foule. Mais l'instant d'apr&#232;s, c'&#233;tait le passeur munificent qui offrait &#224; n'en plus compter les balles de buts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Carri&#232;re &amp; caillasse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne sied si mal &#224; Garrincha que le terme de carri&#232;re. Garrincha n'a jamais nourri d'autres ambitions que de pratiquer le jeu qu'il aimait. Le reste, il s'en foutait. Les dirigeants de Botafogo abus&#232;rent largement de son d&#233;sint&#233;ressement. Garrincha signait ses contrats en blanc et gagnait deux fois moins que d'autres joueurs du club. La ruse qu'il affichait sur le terrain se conjuguait avec toute la na&#239;vet&#233; et l'innocence dont il faisait preuve en dehors. Lorsqu'il travaillait encore &#224; l'usine, Garrincha s'illustrait par son absent&#233;isme et son indiscipline. Mais les petits chefs n'y pouvaient rien, il jouait trop bien au football pour &#234;tre mis &#224; la porte. Quand il passa professionnel &#224; Botafogo, c'&#233;taient les amateurs de son village qui venaient le chercher. Ils avaient deux ou trois buts de retard &#224; la mi-temps et lui, Garrincha, il y allait. Sinon, disait-il, ils allaient virer son fr&#232;re qui &#233;tait le gardien de but ! La joie de Garrincha sur un terrain &#233;tait indissociable de son insouciance dans la vie. Jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 1960, il continua d'habiter &#224; Pau Grande et les jours de victoire, il revenait du Maracan&#224; avec les camions de ses supporters. C'est dans les bars de la cit&#233; ouvri&#232;re qu'il s'en allait alors f&#234;ter le succ&#232;s de Botafogo. Nilton Santos disait de lui qu'il aimait boire comme il aimait les femmes : beaucoup ! que c'&#233;tait son bonheur ; que dans son village, &#224; Pau Grande, il n'y avait qu'un terrain de foot, une &#233;glise et un bar ; avant le foot, certains allaient &#224; l'&#233;glise, lui, il allait au bar. Alors, quand il s'est mari&#233; avec la chanteuse Elza Soares en 1963, il est devenu alcoolique. Elle travaillait la nuit et lui passait ses soir&#233;es &#224; l'attendre dans les clubs o&#249; elle chantait. Et en l'attendant, il buvait. Il s'est mis &#224; boire beaucoup, parce qu'il n'a jamais rien su faire &#224; moiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1117 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH436/foot-noinferno-0b9db.jpg?1768657748' width='400' height='436' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pel&#233; &amp; Garrincha&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition entre Pel&#233; et Garrincha est grav&#233;e dans la l&#233;gende du football. Ensemble, ils gagn&#232;rent deux Coupes du monde. Pour certains, d&#232;s les ann&#233;es 1950, Pel&#233; annonce ce qu'il y a de plus p&#233;nible dans le football moderne. Depuis son enfance, il &#233;tait programm&#233; pour r&#233;ussir. Fils d'un ancien joueur qui avait d&#251; tirer un trait sur ses r&#234;ves de grandeur &#224; la suite de blessures aux genoux, Pel&#233; grandit avec en t&#234;te cette seule obsession : r&#233;ussir dans le football et effacer l'&#233;chec de son p&#232;re. D&#232;s l'&#226;ge de 15 ans, il fut conduit aux portes d'un des plus grands clubs de l'&#233;tat de S&#224;o Paulo : le Santos Futebol Clube. Sur place, il habitait en permanence dans la &lt;i&gt;concentra&#231;ao&lt;/i&gt;, l'h&#244;tel o&#249; s'isolaient les joueurs avant les matchs. Il mena une vie spontan&#233;ment asc&#233;tique, s'abstenant de tabac et d'alcool, excluant toute vie nocturne, pour ne s'occuper que de sa condition d'athl&#232;te. Cette discipline professionnelle, v&#233;ritable pr&#233;figuration des centres de formation modernes, amena tr&#232;s vite Pel&#233; &#224; la r&#233;ussite. En 1958, &#224; l'&#226;ge de 17 ans, il remportait sa premi&#232;re Coupe du monde en Su&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pel&#233; a toujours su conjuguer le football avec les bonnes affaires. En 1975, il signe un juteux contrat au Cosmos de New York. Vingt ans plus tard, il est nomm&#233; ministre des Sports au Br&#233;sil. En 2000, la FIFA le d&#233;signe &#171; &lt;i&gt;joueur du si&#232;cle&lt;/i&gt; &#187;. Mais d'autres vous diront, &#224; juste titre sans doute, que la &lt;i&gt;concentra&#231;ao&lt;/i&gt; de Santos n'avait rien &#224; voir avec un centre de formation moderne o&#249; l'on dresse des footballeurs comme on &#233;l&#232;ve des poulets en batterie ; que Pel&#233; &#233;tait bien libre de mener sa vie comme il l'entendait et qu'il y avait quelque chose d'admirable dans cet asc&#233;tisme, dans cette recherche de l'excellence par la simple m&#233;diation d'un jeu. Car sa virtuosit&#233; &#233;tait loin du jeu st&#233;r&#233;otyp&#233; des footballeurs modernes qui &#233;voluent sans joie, avec au ventre juste la peur de prendre un but, avec dans le c&#339;ur si peu d'allant collectif. Il y a un monde entre Pel&#233; et les poulets d'aujourd'hui ; il y a toute la diff&#233;rence entre le libre artisan et l'employ&#233; en col blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fin de la &#171; joie du peuple &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait le 20 janvier 1983. On raconte un homme min&#233; par l'alcool. Garrincha habitait alors &#224; Bangu, dans une maison que daignait louer pour lui la Conf&#233;d&#233;ration br&#233;silienne de football, au c&#339;ur d'une ancienne cit&#233; ouvri&#232;re, comme celle o&#249; il &#233;tait n&#233;. Il &#233;tait parti &#224; No&#235;l 1982 jouer une vingtaine de minutes d'un match amical &#224; Brasilia. C'est juste apr&#232;s qu'il aurait sombr&#233; dans une funeste d&#233;pression alcoolique. Du dimanche 16 au mercredi 19 janvier, il n'aurait pas arr&#234;t&#233; de boire dans les bistrots de son quartier. Lorsqu'enfin il rentra chez lui, son &#233;tat &#233;tait si lamentable qu'il fallut appeler une ambulance. Admis &#224; l'h&#244;pital, il est retrouv&#233; mort au petit matin. Le corps de Garrincha fut veill&#233; au Maracan&#224; toute la journ&#233;e du 20 janvier, et le lendemain, le long du convoi fun&#233;raire qui devait l'emmener &#224; 65 kilom&#232;tres de l&#224;, jusqu'au cimeti&#232;re de Pau Grande, c'est une foule immense qui vint saluer la d&#233;pouille de Garrincha. Il y avait l&#224; tout le petit peuple qui hante habituellement les &lt;i&gt;gerais&lt;/i&gt;, ces tribunes &#224; l'anglaise, sans grande visibilit&#233;, et qui sont les moins ch&#232;res du stade. Mais celui que l'on d&#233;signe comme le plus grand joueur du si&#232;cle, celui qui avait pourtant remport&#233; deux Coupes du monde avec Garrincha, celui-l&#224; n'avait pas daign&#233; se d&#233;placer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1118 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH478/une-garrinchagold-c8688.jpg?1768657748' width='400' height='478' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les dessous de la nonne sentent le cochon grill&#233;</title>
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		<dc:creator>Nicolas Rami</dc:creator>


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&lt;p&gt;En plein c&#339;ur de la Bretagne, dans un couvent &#171; d&#233;froqu&#233; &#187;, une bande de joyeux korrigans et bonnes f&#233;es se livrent &#224; toutes sortes d'activit&#233;s dionysiaques. Pour le plus grand plaisir du correspondant de CQFD en goguette&#8230; Le mois d'ao&#251;t tire &#224; sa fin et la cour du &#171; Couvent Alternatif &#187; s'anime du c&#244;t&#233; de Camlez, petite commune du Tr&#233;gor (850 habitants tout de m&#234;me), &#224; 8 km de Tr&#233;guier. Comme chaque jeudi depuis le d&#233;but de l'&#233;t&#233;, c'est dans la cour de cette ancienne &#233;cole tenue jadis par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Remy-Cattelain" rel="tag"&gt;R&#233;my Cattelain&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En plein c&#339;ur de la Bretagne, dans un couvent &#171; d&#233;froqu&#233; &#187;, une bande de joyeux korrigans et bonnes f&#233;es se livrent &#224; toutes sortes d'activit&#233;s dionysiaques. Pour le plus grand plaisir du correspondant de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; en goguette&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_805 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/p15-nonnes.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH216/p15-nonnes-1b514.jpg?1768816044' width='500' height='216' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;my Cattelain.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le mois d'ao&#251;t tire &#224; sa fin et la cour du &#171; Couvent Alternatif &#187; s'anime du c&#244;t&#233; de Camlez, petite commune du Tr&#233;gor (850 habitants tout de m&#234;me), &#224; 8 km de Tr&#233;guier. Comme chaque jeudi depuis le d&#233;but de l'&#233;t&#233;, c'est dans la cour de cette ancienne &#233;cole tenue jadis par des religieuses, que l'association &#171; Les Dessous de la Nonne &#187; grille le cochon. La b&#234;te porte &#8211; humblement &#8211; ses 50 kilos et 80 personnes sont attendues le soir pour se goberger au son d'un groupe de blues rock qui occupera la sc&#232;ne de concert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'entr&#233;e de la cour, pr&#232;s du porche, si&#232;ge sans minauder &#171; Le Chat qui Louche &#187;, le bar du lieu tenu par Matthieu et Morwenna depuis mai 2012. Ils ont quitt&#233; sans regrets leurs boulots de cuistot-serveur et de ramasseur-cueilleur pour passer de l'autre c&#244;t&#233; d'un comptoir, qu'habitu&#233;s des lieux, ils lustraient d&#233;j&#224; de leurs coudes. Ici, pas de chichi, et, comme dans tout bar digne de ce nom, la discussion embraye rapidement, m&#234;me si vous &#234;tes inconnu. Pour ne rien g&#226;cher, les bi&#232;res ne sont pas mauvaises et leur abus ne vous laissera pas de mauvais souvenirs, ce dont peut t&#233;moigner votre correspondant de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, s'il est besoin de le pr&#233;ciser. Certains qui ont les nerfs solides se laisseront tenter par un rhum arrang&#233;, sauce gingembre, orange-caf&#233; ou &#224; la noix de cajou ; d'autres se tourneront vers un bon jaja d&#233;got&#233; par leur voisin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, au fond de la cour, se tient la boutique de Laurent l'&#233;picier. Laurent a quitt&#233; Paris en 2009 : lui aussi en a eu ras-le-bol du salariat et de son boulot dans une enseigne trop fameuse de &#171; &lt;i&gt;l'industrie culturelle de masse&lt;/i&gt; &#187;. Il a ouvert l'&#233;picerie du &#171; Couvent &#187; en 2011. Son souhait premier est de vendre d&#233;sormais des aliments qu'il a go&#251;t&#233;s et choisis ; sa pr&#233;occupation, autant qu'il est possible, c'est de se fournir localement et aupr&#232;s de producteurs qui respectent leurs terres et leurs b&#234;tes. Depuis le printemps, il participe &#224; la distribution des &#171; Paniers du bocage &#187;, un regroupement tr&#233;gorois de paysans et d'&#233;leveurs, sans oublier le paysan-boulanger, le producteur de cidre et le cr&#234;pier, qui partagent la m&#234;me volont&#233; de vivre de leur travail dans le respect d'une &#233;thique paysanne &#224; rebours du productivisme conventionnel et des diktats de la grande distribution. Patient et pers&#233;v&#233;rant, Laurent n'&#233;vacue pas les difficult&#233;s p&#233;cuniaires et de toute fa&#231;on il n'est pas venu l&#224; &#171; &lt;i&gt;pour se faire un salaire de ministre&lt;/i&gt; &#187;. Et puis, continue-t-il, &#171; &lt;i&gt; il faut du temps pour que les habitudes changent&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent, Matthieu et Morwenna figurent bien entendu parmi les piliers de l'association coll&#233;giale les &#171; Dessous de la Nonne &#187; qui compte une dizaine d'affid&#233;s. Cet apr&#232;s-midi, &#224; la d&#233;coupe des l&#233;gumes, ce sont Caro et Nomi qui officient tandis que, le soir, Val&#233;rie et Thierry d&#233;p&#232;ceront la brave b&#234;te qui depuis midi tourne paisiblement sur sa broche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les cochons du jeudi, l'&#233;t&#233;, ne sont pas la seule activit&#233; des &#171; Dessous de la Nonne &#187;. Tous les dimanches, toute l'ann&#233;e, on peut go&#251;ter aux joies de la &#171; cuisine associative &#187; : libre &#224; chacun d'y concocter sa recette pr&#233;f&#233;r&#233;e et, pour sept euros, on y sert un plat, du vin, du fromage et un dessert. Dimanche dernier c'&#233;tait une choucroute de la mer qui, para&#238;t-il, cassait des briques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_806 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/p15-couvent_alternatif-ad049.jpg?1768654757' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Morwenna.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'envie g&#233;n&#233;rale c'est bien s&#251;r de rendre vivant un lieu et de cr&#233;er les conditions propices &#224; la plus &#233;l&#233;mentaire sociabilit&#233;. Ce qui n'emp&#234;che &#233;videmment pas de mettre le nez &#224; la fen&#234;tre. Ainsi, cet &#233;t&#233;, le bar et la cour du &#171; Couvent &#187; ont accueilli l'exposition &#171; De l'art pour les cochons &#187; dont les peintures, photos et autres objets furent mis en vente aux ench&#232;res le 21 septembre dernier &#224; Cavan, &#224; 15 km de l&#224;, afin de soutenir financi&#232;rement les inculp&#233;s de Notre-Dame-des-Landes. Au mois de juin, au bar, il y avait bectance autour du livre &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.insomniaqueediteur.org/publications/zad-partout&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ZAD partout&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#233;dit&#233; par l'Insomniaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est dit aussi que rien ne peut se faire simplement quand on veut sortir de la l&#233;thargie, alors il faut aussi se coltiner l'&#226;pre r&#233;alit&#233;. Et le &#171; Couvent &#187; n'a pas &#233;chapp&#233; &#224; son lot de coups durs. Dernier en date : R&#233;mi le boulanger, malade, a d&#251; abandonner son four &#224; pain, laissant vacant un des c&#339;urs de l'activit&#233; du lieu. En 2011, c'est le restaurant-cr&#234;perie qui &#233;tait ravag&#233; par un incendie et, comme il se doit, les assurances ne s'empressent pas d'assurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant le retour d'un boulanger ou de rallumer sous les billigs, le cochon en a termin&#233; avec ses circonvolutions et, au pied de la chapelle, les tables se sont remplies de convives qui grillent d'en croquer : car on peut quand m&#234;me b&#226;frer librement &#224; l'ombre d'une chapelle, sous l'&#339;il vigilant, qu'il soit r&#233;probateur ou concupiscent, des soubrettes du Tout-Puissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;a href=&#034;http://www.couventalternatif.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Couvent Alternatif&lt;/a&gt; : 6, route de Pont- Losquet, 22450 Camlez. T&#233;l : 09 53 97 45 16&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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