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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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<item xml:lang="fr">
		<title>Tribunal de Paris, Cit&#233;, jeudi 31 janvier 2014</title>
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		<dc:date>2014-04-28T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
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		<dc:subject>Najib qu'ils</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Najib a 18 ans, ou peut-&#234;tre 21, cela d&#233;pend de celui qui le lui demande. Le 14 janvier dernier, dans le m&#233;tro, il essaie de chourer un smartphone. Sans succ&#232;s. Son propri&#233;taire, un homme de 54 ans, n'a rien laiss&#233; passer et Najib, non content de quitter la rame bredouille, se fait interpeller par des policiers en civil pr&#233;sents dans la station, direction le commissariat. Sur place, le jeune homme reconna&#238;t avoir tent&#233; de prendre des mains le t&#233;l&#233;phone du voyageur mais refuse de donner son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no120-mars-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;120 (mars 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/jeune-homme" rel="tag"&gt;jeune homme&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Oui" rel="tag"&gt;Oui&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Peut-etre" rel="tag"&gt;Peut-&#234;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Najib" rel="tag"&gt;Najib&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Najib-qu-ils" rel="tag"&gt;Najib qu'ils&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Najib a 18 ans, ou peut-&#234;tre 21, cela d&#233;pend de celui qui le lui demande. Le 14 janvier dernier, dans le m&#233;tro, il essaie de chourer un smartphone. Sans succ&#232;s. Son propri&#233;taire, un homme de 54 ans, n'a rien laiss&#233; passer et Najib, non content de quitter la rame bredouille, se fait interpeller par des policiers en civil pr&#233;sents dans la station, direction le commissariat. Sur place, le jeune homme reconna&#238;t avoir tent&#233; de prendre des mains le t&#233;l&#233;phone du voyageur mais refuse de donner son ADN et ses empreintes digitales aux fichiers de la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le procureur de permanence, rong&#233; par la routine ou pressentant que la R&#233;publique est en danger, d&#233;cide de faire juger le jeune homme dans les plus brefs d&#233;lais. Najib passe donc en comparution imm&#233;diate, le lendemain des faits, pour tentative de vol et refus de pr&#233;l&#232;vement. Comme la loi l'y autorise, Najib pr&#233;f&#232;re ne pas &#234;tre jug&#233; tout de suite afin de pr&#233;parer sa d&#233;fense avec son avocat. L'audience du jugement est fix&#233;e au 31 janvier, deux semaines plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Lors de votre pr&#233;c&#233;dente interpellation&lt;/i&gt;, entame le juge, &lt;i&gt;vous avez dit &#234;tre n&#233; en 93 ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Oui, la raison c'est que je ne voulais pas aller en prison pour mineur. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;On nous en fait beaucoup ici&lt;/i&gt;, rigole le juge,&lt;i&gt; mais jamais celle la&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;C'est la meilleure !&lt;/i&gt; s'esclaffe la procureure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Vous &#234;tes arriv&#233; en France en 2009, est-ce que vous travaillez ?&lt;/i&gt; interroge le juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Je suis peintre en b&#226;timent.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Vous &#234;tes mineur et vous travaillez !?&lt;/i&gt; reprend ironiquement le juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Oui, au noir&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Najib.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Je veux bien croire qu'on emploie des travailleurs au noir mais mineur j'en doute&#8230;&lt;/i&gt; conclut, avec une (feinte) ing&#233;nuit&#233;, le juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant sans doute d&#233;j&#224; pris sa d&#233;cision, le magistrat demande au jeune homme s'il a des probl&#232;mes de sant&#233;, comme cela se fait g&#233;n&#233;ralement apr&#232;s l'annonce d'une condamnation &#224; la prison ferme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Oui je suis suivi par un psychiatre depuis 2012, suite &#224; une d&#233;cision de justice.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne saura rien du probl&#232;me psychiatrique de Najib, rien de son pays d'origine, pourquoi il l'a fui, pas plus sur sa situation matrimoniale, s'il a des enfants ou non, un domicile ou non, les &#233;tudes qu'il a pu faire et m&#234;me son casier judiciaire restera &#171; non identifi&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procureure enfonce le clou : &#171; &lt;i&gt;Il y a eu presque violence car il a tent&#233; &#224; plusieurs reprises d'arracher le t&#233;l&#233;phone des mains de son propri&#233;taire, de plus il est en r&#233;cidive et a refus&#233; de se soumettre au pr&#233;l&#232;vement ADN et au relev&#233; signal&#233;tique.&lt;/i&gt; &#187; Elle demande six mois de prison ferme et le maintien en d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat qui, comme on l'a vu, a b&#233;n&#233;fici&#233; th&#233;oriquement de deux semaines pour pr&#233;parer la d&#233;fense plie sa plaidoirie en une minute trente chrono : &#171; &lt;i&gt;Mon client se trouve en &#233;tat de besoin&#8230; il a fait une simple tentative de vol&#8230; il regrette les faits qui lui sont reproch&#233;s&#8230; il est jeune et pas tr&#232;s intelligent&#8230; Je plaide votre cl&#233;mence pour mon client.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s s'&#234;tre retir&#233;s pour d&#233;lib&#233;rer, les juges annoncent &#224; Najib qu'ils le jugent coupable des faits qui lui sont reproch&#233;s, qu'ils ne retiennent pas l'accusation de r&#233;cidive et qu'il va passer tout de m&#234;me 6 mois ferme en taule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juge moqueur, procureur qui exag&#232;re, avocat nul, jugement pli&#233; avant l'audience, Najib, jeune exil&#233; sans un rond avec des difficult&#233;s psychiatriques, s'est fait &#233;craser par le rouleau compresseur d'une justice &#224; la cha&#238;ne. Elle a d&#233;fendu la soci&#233;t&#233; en continuant d'entreposer &#224; l'ombre de la R&#233;publique une grande quantit&#233; de haine recuite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jeu de massacre au TGI de Lyon</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Jeu-de-massacre-au-TGI-de-Lyon</link>
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		<dc:date>2014-01-27T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Les &#233;lections approchent et la pr&#233;fecture de Lyon a d&#233;cid&#233; de taper fort sur la mis&#232;re : apr&#232;s le nettoyage des bidonvilles ceinturant la ville, il faut maintenant &#171; faire des exemples &#187; durant les comparutions imm&#233;diates. Traquer sans rel&#226;che les menus larcins et les erreurs de parcours. Le jeune procureur des comparutions imm&#233;diates ainsi que les juges, s'en sont donn&#233; &#224; c&#339;ur joie ce lundi 18 novembre 2013. Morceaux choisis : Damien, 32 ans, au RSA, menace sa femme (et lui-m&#234;me) parce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faut-maintenant" rel="tag"&gt;faut maintenant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/elections-approchent" rel="tag"&gt;&#233;lections approchent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/bidonvilles-ceinturant" rel="tag"&gt;bidonvilles ceinturant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/comparutions-immediates" rel="tag"&gt;comparutions imm&#233;diates&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;lections approchent et la pr&#233;fecture de Lyon a d&#233;cid&#233; de taper fort sur la mis&#232;re : apr&#232;s le nettoyage des bidonvilles ceinturant la ville, il faut maintenant &#171; faire des exemples &#187; durant les comparutions imm&#233;diates. Traquer sans rel&#226;che les menus larcins et les erreurs de parcours. Le jeune procureur des comparutions imm&#233;diates ainsi que les juges, s'en sont donn&#233; &#224; c&#339;ur joie ce lundi 18 novembre 2013. Morceaux choisis :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Damien, 32 ans, au RSA, menace sa femme (et lui-m&#234;me) parce qu'elle lui refuse la garde de leur fille depuis plusieurs mois ; le juge des affaires familiales qui est &#224; m&#234;me de trancher n'a &#233;t&#233; saisi ni par l'un ni par l'autre. Le parler des quartiers de Damien ne pla&#238;t visiblement pas au juge qui commente ses phrases par des &#171; &lt;i&gt;ah bon&lt;/i&gt; &#187; et des &#171; &lt;i&gt;on est content de l'apprendre &lt;/i&gt; &#187; et lui envoie 12 mois de prison dont 6 ferme dans les dents. Avec mandat de d&#233;p&#244;t. Et sur le sort de la fillette dans l'embrouille ? Rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hakim, 30 ans, une femme et deux enfants, est vendeur de pizzas &#224; son compte ; un soir de semaine, paniqu&#233; par la vue d'un homme arm&#233; qui le vise, il fait demi-tour et prend la fuite en voiture. Pas de bol, le braqueur est un policier en civil qui d&#233;clenche une chasse qui finira en tonneau pour Hakim, pouss&#233; dans un muret par la voiture de la BAC. Le juge qui n'&#233;coute pas les paroles du pr&#233;venu et lui envoie des &#171; &lt;i&gt;oui oui&lt;/i&gt; &#187; et des &#171; &lt;i&gt;d'accord d'accord &lt;/i&gt; &#187; ironiques n'&#233;coute pas non plus l'avocate (&#171; &lt;i&gt;Je n'ai pas entendu vos conclusions&lt;/i&gt; &#187;), suit les r&#233;quisitions du procureur et condamne Hakim &#224; neuf mois de prison et &#224; verser 1 400 euros aux deux policiers pleurnichards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lasha, 30 ans, h&#233;ro&#239;nomane g&#233;orgien, SDF et sans emploi, vole des bonbons, 20 euros par-ci, 3 flacons de parfum par-l&#224;, avec un peu de chance un PC, pour les revendre et acheter de la came. Son avocate tente la nullit&#233; de proc&#233;dure en invoquant un interrogatoire et la lecture des droits traduits par&#8230; un inconnu au t&#233;l&#233;phone. Cela ne d&#233;range ni le procureur qui demande 13 mois de prison pour ce primo-d&#233;linquant jouant la carte de la sinc&#233;rit&#233; ni les juges qui rejettent la nullit&#233; et lui balancent 10 mois de prison dans la face. Pour lui apprendre &#224; mod&#233;rer son addiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Billy, 22 ans et SDF, est suspect&#233; d'avoir vol&#233; un t&#233;l&#233;phone portable et une carte de cr&#233;dit. Le casier judiciaire du pr&#233;venu permet au juge &#171; &lt;i&gt;de faire sa connaissance&lt;/i&gt; &#187;. Habitu&#233; des h&#244;pitaux psychiatriques, Billy est envoy&#233; en prison provisoirement pour un mois, en attendant une expertise psychiatrique qui dira s'il est apte &#224; la prison. Comprenne qui pourra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 19h25, c'est au tour de Kamel, 40 ans, toxicomane et sans emploi, p&#232;re de trois enfants dont un en mauvaise sant&#233;, de faire son entr&#233;e dans le box des accus&#233;s ; il aurait bris&#233; la vitre de trois voitures sans rien voler. En r&#233;alit&#233; son avocat explique qu'il y a un seul flagrant d&#233;lit de tentative de vol ; les policiers ont fait pression sur Kamel durant la garde &#224; vue en l'emp&#234;chant de voir un m&#233;decin et d'acc&#233;der &#224; de la m&#233;thadone. En &#233;change d'une hypoth&#233;tique cl&#233;mence du procureur, ils lui ont coll&#233; sur le dos toutes les tentatives de vols qui tra&#238;naient. &#171; &lt;i&gt;Le deal propos&#233; par la police &#224; Kamel n'est pas surprenant, j'en ai d&#233;j&#224; &#233;t&#233; t&#233;moin&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise l'avocat. Trois mois de prison avec mandat de d&#233;p&#244;t, s'&#233;meuvent les juges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soir&#233;e avan&#231;ant, les temps d'audience se raccourcissent, une heure pour juger Damien en d&#233;but de s&#233;ance, 40 minutes pour juger Kamel &#224; 19 h 25 et seulement 17 minutes pour juger Ahmed &#224; 20 h 10. Son infraction routi&#232;re lui co&#251;tera deux mois de prison ferme et un aller sans retour vers la Tunisie. Ah ! L'hospitalit&#233; fran&#231;aise, quand m&#234;me&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la ministre de la Justice entend diminuer les emprisonnements et supprimer les peines plancher, dans le m&#234;me temps, les pr&#233;fets, accompagn&#233;s par la presse locale, font pression sur les magistrats pour qu'ils tapent toujours plus fort sur la mis&#232;re. Avec pour seul r&#233;sultat d'aiguiser la haine et la ranc&#339;ur de tout le monde, histoire de rendre cette soci&#233;t&#233; d&#233;finitivement invivable.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cellule, sweet cellule &lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_901 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/p10-berth-sweetcellule46.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH142/p10-berth-sweetcellule46-28cec.jpg?1779616429' width='500' height='142' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Berth.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pas de &#171; coup de rabot &#187; sur les condamnations</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Pas-de-coup-de-rabot-sur-les</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Pas-de-coup-de-rabot-sur-les</guid>
		<dc:date>2013-08-22T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
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		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
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		<dc:subject>TGI</dc:subject>
		<dc:subject>J'ai jamais</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nadjib, 19 ans, passe en comparution imm&#233;diate au TGI de Lyon, le 29 mai 2013. Le tribunal l'accuse d'avoir d&#233;rob&#233; un portefeuille, dans une entreprise, puis d'avoir ab&#238;m&#233; une porte coupe-feu pour sortir. &#171; J'ai jamais d&#233;grad&#233; de porte &#187;, d&#233;clare Nadjib &#224; la lecture des proc&#232;s-verbaux. Une vingtaine d'inscriptions figurent sur son casier judiciaire, toutes pour vol ou stup&#233;fiants. Il est sous le coup d'une proc&#233;dure de sursis mise &#224; l'&#233;preuve au moment de l'interpellation, en lien avec une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no112-Juin-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;112 (Juin 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/passe" rel="tag"&gt;passe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/juge" rel="tag"&gt;juge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/prison" rel="tag"&gt;prison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/porte" rel="tag"&gt;porte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lyon" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Nadjib" rel="tag"&gt;Nadjib&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/TGI" rel="tag"&gt;TGI&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/J-ai-jamais" rel="tag"&gt;J'ai jamais&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nadjib, 19 ans, passe en comparution imm&#233;diate au TGI de Lyon, le 29 mai 2013. Le tribunal l'accuse d'avoir d&#233;rob&#233; un portefeuille, dans une entreprise, puis d'avoir ab&#238;m&#233; une porte coupe-feu pour sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;J'ai jamais d&#233;grad&#233; de porte&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare Nadjib &#224; la lecture des proc&#232;s-verbaux. Une vingtaine d'inscriptions figurent sur son casier judiciaire, toutes pour vol ou stup&#233;fiants. Il est sous le coup d'une proc&#233;dure de sursis mise &#224; l'&#233;preuve au moment de l'interpellation, en lien avec une pr&#233;c&#233;dente affaire. &#171; &lt;i&gt;Le Spip&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Service p&#233;nitentiaire d'insertion et de probation.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;i&gt;note que vous n'avez plus r&#233;pondu &#224; ses convocations apr&#232;s le quatri&#232;me rendez-vous, pourquoi ?&lt;/i&gt; &#187; interroge la juge. La maman de Nadjib, assise dans la salle, prend la parole d'une voix fatigu&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Depuis notre d&#233;m&#233;nagement les convocations sont envoy&#233;es &#224; une mauvaise adresse.&lt;/i&gt; &#187; La juge mentionne que Nadjib est atteint de schizophr&#233;nie et interroge sa m&#232;re sur la vie quotidienne &#224; la maison et la raison pour laquelle il ne va pas aux rendez-vous du Spip : &#171; &lt;i&gt;Il est normal, il est pas normal, un jour &#231;a va, un jour &#231;a va pas, ce jour-l&#224;, &#231;a ne va pas et il ne fait pas le rendez-vous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, le tribunal interroge directement Nadjib : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes schizophr&#232;ne, comment &#231;a se passe ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Je prends des m&#233;dicaments et des injections au Vinatier 2, deux fois par mois.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Non une fois par semaine, madame&lt;/i&gt;, coupe sa m&#232;re, &lt;i&gt;le lundi. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Sauf ce lundi&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Nadjib.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Pourquoi ?&lt;/i&gt; demande la juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Euh&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Il n'a pas envie de sortir, je vous dis la v&#233;rit&#233; madame. &#193; la maison, il parle avec personne, il n'aime personne, ne supporte pas qu'on passe devant lui&lt;/i&gt; &#187;, se lamente sa m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La juge note que le m&#233;decin du Vinatier trouve Nadjib &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s d&#233;sorganis&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que Nadjib tente de glisser : &#171; &lt;i&gt;Me mettre en prison c'est pas une bonne id&#233;e, pour quelqu'un de malade c'est pas un endroit o&#249; aller.&lt;/i&gt; &#187; La juge feint ne pas entendre sa remarque et lit quelques bribes de l'expertise psychiatrique : &#171; &lt;i&gt;Schizophr&#233;nie&#8230; alt&#233;ration du discernement mais pas abolition&#8230; sympt&#244;me stabilis&#233; quand le suivi est r&#233;gulier&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Et elle passe &#224; l'interpr&#233;tation : &#171; &lt;i&gt;Votre conscience est un peu alt&#233;r&#233;e mais pour autant vous &#234;tes responsable, tous les schizophr&#232;nes ne commettent pas d'infraction. Vous souvenez-vous avoir d&#233;j&#224; &#233;t&#233; condamn&#233; ici, dans cette salle ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Oui, pour quelque chose que j'ai pas fait. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Le tribunal vous a tout de m&#234;me condamn&#233; &#224; un mois de prison ferme&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;torque la juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se replonge ensuite dans les proc&#232;s-verbaux : &#171; &lt;i&gt;&#8230; a restitu&#233; le portefeuille aux employ&#233;s pr&#233;sents puis s'est enfui&#8230; Les battants de la porte incendie ont &#233;t&#233; forc&#233;s, l'entreprise demande 8 000 euros au titre du pr&#233;judice subi.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;C'est pas moi, j'ai jamais mis les pieds l&#224;-bas, j'ai jamais &#233;t&#233; l&#224;-bas !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au tour du procureur de prendre la parole et il l&#226;che d'une voix monocorde : &#171; &lt;i&gt;Il a quelques probl&#232;mes psychologiques mais &#231;a n'excuse pas tout. Il est dangereux, tr&#232;s dangereux s'il ne prend pas son traitement. Il doit &#234;tre &#233;cart&#233; de la soci&#233;t&#233; de fa&#231;on durable. &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Il ment, il nie l'&#233;vidence, ce qui montre une certaine astuce car un vrai malade reconna&#238;t tout de suite.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;La peine plancher est de deux ans pour ces faits, je requiers 24 mois de prison dont 12 mois avec sursis mise &#224; l'&#233;preuve, avec obligation de soin, assorti d'un mandat de d&#233;p&#244;t, pour &#233;viter le renouvellement des faits. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nadjib intervient &#224; de nombreuses reprises lors des r&#233;quisitions du procureur pour demander une expertise psychiatrique. &#171; &lt;i&gt;Je vous donnerai la parole apr&#232;s la plaidoirie de votre avocat &lt;/i&gt; &#187;, lui lance la juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son avocat est un habitu&#233; des comparutions imm&#233;diates et des mauvais r&#233;sultats : &#171; &lt;i&gt;J'assiste depuis deux ans Monsieur dans des affaires similaires.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;On est d&#233;sarm&#233; devant une telle situation, il n'a aucune protection, il est abandonn&#233; par le p&#232;re et ses trois fr&#232;res et s&#339;urs sont quasiment livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes. Quelle est la solution ? Il peut &#234;tre victime d'abus, dans son quartier comme en d&#233;tention, comme cela s'est d&#233;j&#224; produit. Il a besoin d'un suivi m&#233;dical s&#233;rieux. Le procureur demande 24 mois ? Je ne sais pas quelle est la solution, il faut qu'il s'en sorte, je ne suis pas l&#224; pour plaider la prison.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qu'elle a annonc&#233; la juge ne redonne pas la parole &#224; Nadjib. Jug&#233; en 36 minutes, le jeune homme est renvoy&#233; en prison pour six mois ferme avec mandat de d&#233;p&#244;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Service p&#233;nitentiaire d'insertion et de probation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>&#199;a fait cher la canette</title>
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		<dc:date>2013-06-26T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le derby Lyon/Saint-&#201;tienne est &#224; peine fini, le dimanche 28 avril, que des pierres et des canettes volent vers un cordon de CRS, qui r&#233;pond &#224; coups de matraque et de canon &#224; eau. Quarante-huit heures plus tard, Mathieu et Vincent, trentenaires au cr&#226;ne ras&#233; originaires de Saint-&#201;tienne, comparaissent devant le tribunal de grande instance de Lyon. Ils reconnaissent avoir lanc&#233; des canettes &#171; &#224; proximit&#233; des CRS &#187;, puis avoir chang&#233; de v&#234;tements afin de n'&#234;tre pas reconnus. Mais les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no111-Mai-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;111 (Mai 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ans-d-interdiction" rel="tag"&gt;ans d'interdiction&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le derby Lyon/Saint-&#201;tienne est &#224; peine fini, le dimanche 28 avril, que des pierres et des canettes volent vers un cordon de CRS, qui r&#233;pond &#224; coups de matraque et de canon &#224; eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quarante-huit heures plus tard, Mathieu et Vincent, trentenaires au cr&#226;ne ras&#233; originaires de Saint-&#201;tienne, comparaissent devant le tribunal de grande instance de Lyon. Ils reconnaissent avoir lanc&#233; des canettes &#171; &lt;i&gt;&#224; proximit&#233; des CRS&lt;/i&gt; &#187;, puis avoir chang&#233; de v&#234;tements afin de n'&#234;tre pas reconnus. Mais les policiers charg&#233;s de surveiller les agit&#233;s du stade les avaient rep&#233;r&#233;s. Jug&#233;s s&#233;par&#233;ment &#171; &lt;i&gt;pour jets de pierre et de verre sur les forces de l'ordre aux abords d'un lieu sportif&lt;/i&gt; &#187;, les deux St&#233;phanois r&#233;pondent aux questions concernant leur travail, leur famille, leur &#233;ventuelle consommation de drogue et les motivations de leur geste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat des deux policiers qui se sont port&#233;s parties civiles charge les pr&#233;venus : &#171; &lt;i&gt;Ce sont des faits insupportables pour les policiers et la soci&#233;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Le procureur enfonce le clou : &#171; &lt;i&gt;Ce sont des actes gravissimes et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;intol&#233;rables !&lt;/i&gt; &#187; Il r&#233;clame deux mois de prison sans mandat de d&#233;p&#244;t et cinq ans d'interdiction de stade pour chaque pr&#233;venu. Vincent explique qu'apr&#232;s avoir lanc&#233; une canette &#224; un CRS sans l'atteindre, il est all&#233; s'excuser aupr&#232;s de lui. &#171; &lt;i&gt;La police m'int&#233;resse, je respecte ce m&#233;tier que je ferai peut-&#234;tre un jour.&lt;/i&gt; &#187; Son avocat plaide la cl&#233;mence : &#171; &lt;i&gt;Mouvement de foule, r&#233;action face au jet du canon &#224; eau&#8230; L'erreur est humaine.&lt;/i&gt; &#187; Mathieu est condamn&#233; &#224; quatre mois de prison avec sursis et Vincent &#224; soixante jours-amendes de quarante euros. Tous deux sont interdits de stade pendant cinq ans. Le tribunal les condamne &#224; payer 300 euros d'indemnit&#233; aux deux CRS, bien qu'aucune ITT n'ait &#233;t&#233; attribu&#233;e. Ils doivent en outre acquitter 300 euros aux avocats de ces deux policiers sans doute victimes d'un insondable traumatisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'audience suivante convoque un supporter lyonnais, David. Ce m&#234;me jour de match, en attendant d'entrer dans le stade, il est assis sur une place. Soudain, des gens se font courser par des CRS et un de ses amis se fait matraquer. Il r&#233;agit en lan&#231;ant une canette : &#171; &lt;i&gt;Mon ami s'&#233;loignait et j'ai eu l'impression que&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, tente d'expliquer David, aussit&#244;t interrompu par le juge : &#171; &lt;i&gt;Les cam&#233;ras de surveillance montrent un jeune homme reculer, puis ramasser une canette avant de la jeter sur les CRS.&lt;/i&gt; &#187; Un policier partie civile d&#233;clare &#224; la barre avoir senti &#171; &lt;i&gt;une douleur sur le coup&lt;/i&gt; &#187;, mais ne pr&#233;sente ni certificat m&#233;dical, ni ITT. &#171; &lt;i&gt;Les cons&#233;quences auraient pu &#234;tre plus graves&lt;/i&gt; &#187;, plaide l'avocat de la police. Le procureur, qui r&#233;clame un mois de prison sans mandat de d&#233;p&#244;t et cinq ans d'interdiction de stade, d&#233;clare : &#171; &lt;i&gt;Une canette &#224; moiti&#233; pleine est aussi dangereuse qu'une bouteille en verre. Dans son geste, il y a manifestement la volont&#233; de faire mal.&lt;/i&gt; &#187; L'avocat de David rappelle que les vid&#233;os montrent que &#171; &lt;i&gt;sur cette place, les CRS avancent plus vite que les gens ne reculent&lt;/i&gt; &#187; et la canette que son client &#171; &lt;i&gt;jette dans un geste irr&#233;fl&#233;chi atterrit sur un bouclier&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tribunal va plus loin que les r&#233;quisitions du procureur et condamne David &#224; quatre mois de prison avec sursis et trois ans d'interdiction de stade. Il doit verser 300 euros de dommages et int&#233;r&#234;ts au CRS au titre du pr&#233;judice moral, ainsi que&#8230; 300 euros de frais d'avocat du policier ! &#201;trange coutume judiciaire, puisque ces proc&#233;dures, qui finissent la plupart du temps par arrondir les fins de mois des fonctionnaires, sont prises en charge par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La th&#233;orie de la vitre bris&#233;e</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-theorie-de-la-vitre-brisee</link>
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		<dc:date>2013-05-23T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
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		<dc:subject>d'une auto-&#233;cole</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Razi et Fadel, 24 ans et 23 ans, quittent la f&#234;te o&#249; ils ont pass&#233;e la soir&#233;e du 8 mars vers 3 h du matin ; une heure plus tard ils se font interpeller, suite au cambriolage d'une auto-&#233;cole du quartier. Les deux copains passent en comparution imm&#233;diate trois jours plus tard, au TGI de Lyon, accus&#233;s d'avoir vol&#233; trois ch&#232;ques impossibles &#224; encaisser, un ordinateur portable hors d'usage et d'avoir cass&#233; une vitrine, remplac&#233;e le lendemain des faits (et pay&#233;e par l'assurance) comme le pr&#233;cise (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no110-avril-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;110 (avril 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/policiers" rel="tag"&gt;policiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/tard" rel="tag"&gt;tard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/tribunal" rel="tag"&gt;tribunal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/presidente" rel="tag"&gt;pr&#233;sidente&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Fadel" rel="tag"&gt;Fadel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Razi" rel="tag"&gt;Razi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/verre" rel="tag"&gt;verre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/cambriolage-d-une" rel="tag"&gt;cambriolage d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une-auto-ecole" rel="tag"&gt;d'une auto-&#233;cole&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Razi et Fadel, 24 ans et 23 ans, quittent la f&#234;te o&#249; ils ont pass&#233;e la soir&#233;e du 8 mars vers 3 h du matin ; une heure plus tard ils se font interpeller, suite au cambriolage d'une auto-&#233;cole du quartier. Les deux copains passent en comparution imm&#233;diate trois jours plus tard, au TGI de Lyon, accus&#233;s d'avoir vol&#233; trois ch&#232;ques impossibles &#224; encaisser, un ordinateur portable hors d'usage et d'avoir cass&#233; une vitrine, remplac&#233;e le lendemain des faits (et pay&#233;e par l'assurance) comme le pr&#233;cise la victime.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_623 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH328/p07-cqfd_judiciaire-03a78.png?1779603501' width='400' height='328' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par L.L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rappel des faits. La nuit de l'incident, un policier au repos constate que la vitrine de l'auto-&#233;cole en bas de son immeuble est cass&#233;e et aper&#231;oit une voiture passer devant chez lui. Il appelle ses coll&#232;gues et se rend sur place o&#249; deux jeunes viennent d'&#234;tre interpell&#233;s. Il reconna&#238;t en Fadel le conducteur de la voiture qu'il a vu passer quelques minutes plus t&#244;t. Dans la voiture, il y a un PC et trois ch&#232;ques. Les deux copains expliquent avoir crois&#233; un pote qui leur a laiss&#233; ce mat&#233;riel &#224; l'arri&#232;re du v&#233;hicule puis est reparti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Difficilement cr&#233;dible&lt;/i&gt;, dit la pr&#233;sidente du tribunal, &lt;i&gt;le t&#233;moin oculaire n'&#233;voque pas de troisi&#232;me personne ; s'il y en avait eu une, il l'aurait mentionn&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Puis elle reprend la lecture du PV : &#171; &lt;i&gt;le conducteur a un visage fin et allong&#233;&lt;/i&gt; &#187;, avant de l'abandonner, s'apercevant que le pr&#233;venu ne correspond pas du tout &#224; la description, Fadel est plut&#244;t enrob&#233; avec le visage arrondi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Des morceaux de verre ont &#233;t&#233; trouv&#233;s dans votre poche, d'o&#249; provient ce verre ?&lt;/i&gt; &#187;, demande la pr&#233;sidente &#224; Razi. &#171; &lt;i&gt;J'ai &#233;t&#233; plaqu&#233; &#224; terre lors de l'interpellation, il y avait beaucoup de verre cass&#233; sur le sol, j'en avais m&#234;me coll&#233; sur le visage !&lt;/i&gt; &#187; La pr&#233;sidente est visiblement agac&#233;e par les r&#233;ponses des pr&#233;venus. Leur avocate intervient pour pr&#233;ciser au tribunal que ses deux clients ne contestent pas les proc&#232;s verbaux ni la version des policiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Leur version est difficile &#224; croire, elle n'est pas confirm&#233;e par les policiers qui les ont vus &lt;/i&gt; &#187;, r&#233;torque la pr&#233;sidente qui confond le t&#233;moin oculaire, un policier au repos, et les policiers en service qui n'ont rien vu mais seulement proc&#233;d&#233; &#224; l'interpellation.
Le procureur r&#233;clame les peines planchers mises en place par Rachida Dati, affirme que les pr&#233;venus font des &#171; &lt;i&gt;d&#233;n&#233;gations invraisemblables&lt;/i&gt; &#187; et finit par r&#233;clamer &#171; &lt;i&gt;trois ans de prison&lt;/i&gt; &#187; pour chacun d'entre eux &#171; &lt;i&gt;avec leur maintien en d&#233;tention&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocate des deux jeunes majeurs plaide la relaxe et commence leur d&#233;fense avec deux remarques sur l'enqu&#234;te : &#171; &lt;i&gt;Les objets du vol sont restitu&#233;s &#224; la victime quelques heures apr&#232;s l'incident, sans qu'aucune empreinte digitale ou ADN n'aient &#233;t&#233; relev&#233;s&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Aussi, &#171; &lt;i&gt;les bouts de verre retrouv&#233;s sur un des pr&#233;venus n'ont pas &#233;t&#233; mis sous scell&#233;s alors qu'il est pourtant facile de distinguer des bris de verre de bouteille ou de phares, de ceux d'une vitrine&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Elle est convaincue de l'innocence de ses clients et &#233;voque la pr&#233;sence d'une troisi&#232;me personne ce soir-l&#224;. Elle a repris l'ensemble des pi&#232;ces du dossier afin de donner au tribunal une description chronologique, pr&#233;cise et logique des faits de chacun. Sa d&#233;monstration innocente Razi et Fadel et prouve bien la pr&#233;sence d'une troisi&#232;me personne sur les lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tribunal s'assoit sur les conclusions de ce travail d'enqu&#234;te minutieux et condamne Fadel &#224; 18 mois de prison, Razi &#224; 20 mois, tous deux &#233;tant maintenus en d&#233;tention. &#193; l'annonce du d&#233;lib&#233;r&#233;, la femme de Razi, enceinte de 7 mois crie au tribunal : &#171; &lt;i&gt;Vous n'avez pas honte !?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute les juges du TGI de Lyon connaissent sur le bout des doigts les doctrines de la tol&#233;rance z&#233;ro mais, ce faisant, ils d&#233;laissent les &#233;tudes unanimes sur les conditions de la r&#233;cidive : une analyse de 2002, r&#233;alis&#233;e sur la base de 111 &#233;tudes internationales (portant sur un &#233;chantillon de 442 000 auteurs de d&#233;lit) a conclu que &#171; &lt;i&gt;les sanctions p&#233;nales n'ont pas d'effet dissuasif sur la r&#233;cidive&lt;/i&gt; &#187;, et que, &#171; &lt;i&gt;contrairement aux sanctions de r&#233;adaptation, l'incarc&#233;ration est li&#233;e &#224; une augmentation de la r&#233;cidive&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dedans/Dehors N&#176;76, p.34.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Dedans/Dehors&lt;/i&gt; N&#176;76, p.34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le train-train de la justice industrielle au TGI de Lyon</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-train-train-de-la-justice</link>
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		<dc:date>2013-04-24T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
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		<dc:subject>Alex</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Alex, 23 ans, d'origine camerounaise, vit sans papiers en France depuis mars 2011. Alors qu'il suit une formation professionnelle d'auxiliaire de vie &#224; Lyon, il est arr&#234;t&#233; et &#233;cope d'une peine de deux mois de prison ferme en novembre 2012 pour &#171; entr&#233;e et s&#233;jour irr&#233;gulier sur le territoire fran&#231;ais &#187;. &#192; sa sortie de prison, les policiers l'attendent pour le conduire au centre de r&#233;tention de l'a&#233;roport de Saint-Exup&#233;ry. Il y est enferm&#233; quarante jours, jusqu'au 25 f&#233;vrier. Ce matin-l&#224;, des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no109-mars-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;109 (mars 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/policiers" rel="tag"&gt;policiers&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/retention" rel="tag"&gt;r&#233;tention&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Alex" rel="tag"&gt;Alex&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cameroun" rel="tag"&gt;Cameroun&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_598 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH323/p07-chronique_jud-0174f.png?1779603507' width='400' height='323' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par L.L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alex, 23 ans, d'origine camerounaise, vit sans papiers en France depuis mars 2011. Alors qu'il suit une formation professionnelle d'auxiliaire de vie &#224; Lyon, il est arr&#234;t&#233; et &#233;cope d'une peine de deux mois de prison ferme en novembre 2012 pour &#171; &lt;i&gt;entr&#233;e et s&#233;jour irr&#233;gulier sur le territoire fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187;. &#192; sa sortie de prison, les policiers l'attendent pour le conduire au centre de r&#233;tention de l'a&#233;roport de Saint-Exup&#233;ry. Il y est enferm&#233; quarante jours, jusqu'au 25 f&#233;vrier. Ce matin-l&#224;, des surveillants tentent de l'emmener au consulat du Cameroun &#224; Marseille afin que ses empreintes digitales, relev&#233;es pour la dixi&#232;me fois, permettent de l'identifier&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alors m&#234;me que les autorit&#233;s consulaires camerounaises reconnaissent tr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Alex refuse de sortir de sa cellule malgr&#233; les injonctions des deux flics de la police aux fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi 26 f&#233;vrier, il passe devant le tribunal pour &#171; &lt;i&gt;s'&#234;tre soustrait &#224; une mesure de reconduite &#224; la fronti&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. Le juge lit les proc&#232;s verbaux r&#233;dig&#233;s par les policiers puis interroge Alex sur les raisons de son refus. &#171; &lt;i&gt;Je suis malade, je ne peux pas me d&#233;placer, je suis un traitement que je ne peux pas arr&#234;ter, m&#234;me une journ&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond Alex. &#171; &lt;i&gt;Il n'y a apparemment pas d'affection particuli&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;torque le juge, en lisant l'ordonnance du m&#233;decin du centre de r&#233;tention. &#171; &lt;i&gt;Les m&#233;dicaments prescrits par le m&#233;decin, c'est pour traiter la d&#233;pression et les vomissements&lt;/i&gt; &#187;, explique Alex. &#171; &lt;i&gt;Vous pouvez quand m&#234;me vous d&#233;placer pour poser vos mains sur de l'encre !&lt;/i&gt; &#187;, temp&#234;te le juge. &#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais malade, c'est pour &#231;a que j'ai refus&#233; d'aller &#224; Marseille&lt;/i&gt; &#187;, reprend le jeune homme. &#171; &lt;i&gt;Les policiers disent dans leur PV que vous ne voulez pas rentrer dans votre pays&lt;/i&gt; &#187;, insiste le magistrat. &#171; &lt;i&gt;J'ai fait deux mois de prison et quarante jours de centre de r&#233;tention. J'ai perdu cinq kilos. Je ne veux pas retourner en prison mais rentrer dans mon pays, contrairement &#224; ce qu'affirment les policiers&lt;/i&gt; &#187;, conclut Alex.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le procureur, qui a requis des peines planchers presque tout l'apr&#232;s-midi, reprend les accusations qui garnissent son dossier : &#171; &lt;i&gt;Il dit qu'il est malade, mais il n'y a pas de document pour le justifier&#8230; Je ne crois pas &#224; son argumentation. Il ne dit pas la v&#233;rit&#233;&#8230; C'est une situation totalement irr&#233;guli&#232;re.&lt;/i&gt; &#187; Le procureur requiert une peine de quatre mois de prison ferme, assortie d'un mandat de d&#233;p&#244;t et trois ans d'interdiction du territoire fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commis d'office et sans argument technique, son avocat &#233;nonce une s&#233;rie de banalit&#233;s qui laisse de marbre le tribunal : &#171; &lt;i&gt;Il est perdu&#8230; La vie est dure au Cameroun&#8230; Il souhaite avoir une vie meilleure.&lt;/i&gt; &#187; Il poursuit cette parodie de plaidoirie en allant jusqu'&#224; contredire son client : &#171; &lt;i&gt;Il ne veut pas retourner en prison ni au Cameroun&lt;/i&gt; &#187;, avant de l'achever magistralement : &#171; &lt;i&gt;Je vous laisse le soin de d&#233;cider&lt;/i&gt; &#187;. Sans m&#234;me demander l'indulgence du tribunal ou une peine de sursis plut&#244;t qu'un mandat de d&#233;p&#244;t&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir d&#233;lib&#233;r&#233;, les juges reviennent, tout sourires, dans la salle d'audience. Alex, d&#233;j&#224; encadr&#233; par deux policiers, est condamn&#233; &#224; deux mois de prison ferme. &#192; sa sortie de d&#233;tention, c'est encore le centre de r&#233;tention qui l'attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s, b&#226;cl&#233; en seize minutes&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; comparer aux semaines voire aux mois que peuvent durer les proc&#232;s qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, s'est donc tenu le lendemain des faits, sans possibilit&#233; de r&#233;unir des documents destin&#233;s &#224; construire une d&#233;fense. Cette derni&#232;re a &#233;t&#233; conduite par un avocat commis d'office qui ne conna&#238;t ni son client ni les sp&#233;cificit&#233;s du droit des &#233;trangers. Une nouvelle confirmation de ce que les avocats disent tout haut depuis longtemps &#224; propos de ces comparutions imm&#233;diates : &#171; &lt;i&gt;Justice exp&#233;ditive !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; Justice d'abattage !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Justice de classe !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Alors m&#234;me que les autorit&#233;s consulaires camerounaises reconnaissent tr&#232;s rarement leurs ressortissants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; comparer aux semaines voire aux mois que peuvent durer les proc&#232;s qui d&#233;fraient l'actualit&#233; dans les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le train-train de la justice industrielle au TGI de Lyon</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-train-train-de-la-justice-879</link>
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		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
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&lt;p&gt;Six mois de prison pour avoir vendu des clopes dans la rue. &#192; proximit&#233; du march&#233; clandestin du centre ville, surnomm&#233;e &#171; la place &#187;, Yacine, 34 ans, et Rachid, 32 ans, vendent des paquets de cigarettes. Depuis quelques mois, la police, aid&#233;e par les cam&#233;ras de surveillance, filme et interpelle les acheteurs afin de les contraindre &#224; d&#233;noncer leur vendeur. Le lendemain de leur interpellation, le 23 janvier 2013, les deux comp&#232;res passent en comparution imm&#233;diate.Ils reconnaissent les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no108-fevrier-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;108 (f&#233;vrier 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vendu" rel="tag"&gt;vendu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Six mois de prison pour avoir vendu des clopes dans la rue.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; proximit&#233; du march&#233; clandestin du centre ville, surnomm&#233;e &#171; la place &#187;, Yacine, 34 ans, et Rachid, 32 ans, vendent des paquets de cigarettes. Depuis quelques mois, la police, aid&#233;e par les cam&#233;ras de surveillance, filme et interpelle les acheteurs afin de les contraindre &#224; d&#233;noncer leur vendeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain de leur interpellation, le 23 janvier 2013, les deux comp&#232;res passent en comparution imm&#233;diate.Ils reconnaissent les faits, soit treize &#224; quatorze cartouches &#233;coul&#233;es chaque jour. Achet&#233;es trente euros l'unit&#233;, elles sont stock&#233;es chez des commer&#231;ants du quartier ou dans la voiture de Yacine avant d'&#234;tre revendues entre trente-cinq et quarante euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier est s&#233;par&#233; de sa femme et vit avec les 760 euros de son allocation Adulte handicap&#233;. Quant &#224; Rachid, qui dit au juge ne pas savoir qu'il est interdit de vendre du tabac dans la rue, il travaille parfois en int&#233;rim dans le b&#226;timent ou la restauration. Il dort chez des amis, souvent &#224; l'h&#244;tel et pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt; C'est pour &#231;a que je vends des cigarettes, le logement co&#251;te tr&#232;s cher.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le procureur affirme que le plus &#226;g&#233; des deux est l'organisateur du trafic puisqu'il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; poursuivi pour des faits similaires. Il requiert six mois de prison avec sursis pour Rachid et une peine qui &#171; &lt;i&gt;ne devra pas &#234;tre inf&#233;rieure &#224; douze mois de prison avec mandat de d&#233;p&#244;t&lt;/i&gt; &#187;pour son ami.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_567 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH330/p07-ll_chro_jud-aa000.jpg?1779603507' width='400' height='330' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par L.L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Leur avocat explique que le tabac est devenu un produit de luxe et que lui-m&#234;me, lorsqu'il part &#224; l'&#233;tranger, se fait syst&#233;matiquement harceler par ses amis pour qu'il leur ram&#232;ne des clopes. &#171; &lt;i&gt;Lorsque l'on habite &#224; proximit&#233; d'une fronti&#232;re, on la traverse pour acheter des cigarettes : &#224; Lyon on va &#224; &#8220;la place&#8221;&lt;/i&gt; &#187;, affirme-t-il avant de faire remarquer que les douanes ne se sont pas manifest&#233;es, preuve s'il en est qu'il s'agit bien d'un trafic d&#233;risoire. Il plaide pour une sanction du type jour-amende et rappelle que &#171; &lt;i&gt;le gouvernement a r&#233;cemment encourag&#233; les magistrats &#224; ne pas surcharger les prisons&lt;/i&gt;. &#187;
Le tribunal en d&#233;cide autrement. Rachid prend six mois de prison avec sursis et Yacine est envoy&#233; en prison pour une dur&#233;e similaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La menace de la prison et le travail gratuit comme rem&#232;de &#224; la mis&#232;re.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ginette a 62 ans. Elle habite Givors, petite ville industrielle sinistr&#233;e, &#224; 25 km au sud de Lyon. Apr&#232;s 24 heures de garde &#224; vue, elle passe en comparution imm&#233;diate, en ce 23 janvier 2013. Elle est accus&#233;e d'avoir retir&#233; 100 euros avec sa carte bleue puis de l'avoir d&#233;clar&#233;e vol&#233;e. Elle vit seule, touche 777 euros de retraite et doit payer 300 euros par mois d'indemnit&#233; judiciaire pour une pr&#233;c&#233;dente affaire. Elle fait le m&#233;nage dans les &#233;coles et les cantines aux aurores, en int&#233;rim. Ses enfants sont grands, elle ne les voit plus. Elle parle parfois au t&#233;l&#233;phone avec sa fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 d&#233;cembre, elle ach&#232;te deux paires de chaussons et un peu de nourriture avec les 100 euros qu'elle a retir&#233;s au distributeur automatique. Devant un tel gaspillage, un ami la r&#233;primande s&#233;v&#232;rement. Pour ne pas perdre sa consid&#233;ration, elle lui raconte qu'elle s'est fait voler sa carte bleue et va aussit&#244;t au commissariat d&#233;poser une plainte. La cam&#233;ra de surveillance du distributeur automatique la d&#233;noncera.
Le tribunal la condamne &#224; un mois de prison avec sursis et &#224; quarante-huit heures de travaux d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au TGI de Lyon le handicap mental est un d&#233;lit r&#233;prim&#233; d'une peine de prison</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Au-TGI-de-Lyon-le-handicap-mental</link>
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		<dc:date>2013-03-11T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>proc&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>juge</dc:subject>
		<dc:subject>pr&#233;venu</dc:subject>
		<dc:subject>tribunal</dc:subject>
		<dc:subject>psychiatrique</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>pris</dc:subject>
		<dc:subject>comparutions imm&#233;diates</dc:subject>
		<dc:subject>Abdelatif</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Abdelatif a 41 ans, il est dans le box des accus&#233;s de la salle d'audience des comparutions imm&#233;diates du tribunal de Lyon, le 10 d&#233;cembre 2012. Il est sourd et n'entend pas ce que lui dit le tribunal. Il fait r&#233;p&#233;ter plusieurs fois les paroles du juge. Finalement, il passe sa t&#234;te entre les barreaux vitr&#233;s qui le s&#233;parent des magistrats pour tendre l'oreille, ce qui le contraint &#224; se plier en deux, la t&#234;te coinc&#233;e entre les barreaux du box des accus&#233;s. Mais le juge ne s'en &#233;meut pas et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no107-janvier-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;107 (janvier 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/proces" rel="tag"&gt;proc&#232;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/juge" rel="tag"&gt;juge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/prevenu" rel="tag"&gt;pr&#233;venu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/tribunal" rel="tag"&gt;tribunal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/psychiatrique" rel="tag"&gt;psychiatrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lyon" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pris" rel="tag"&gt;pris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/comparutions-immediates" rel="tag"&gt;comparutions imm&#233;diates&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Abdelatif" rel="tag"&gt;Abdelatif&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Abdelatif a 41 ans, il est dans le box des accus&#233;s de la salle d'audience des comparutions imm&#233;diates du tribunal de Lyon, le 10 d&#233;cembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est sourd et n'entend pas ce que lui dit le tribunal. Il fait r&#233;p&#233;ter plusieurs fois les paroles du juge. Finalement, il passe sa t&#234;te entre les barreaux vitr&#233;s qui le s&#233;parent des magistrats pour tendre l'oreille, ce qui le contraint &#224; se plier en deux, la t&#234;te coinc&#233;e entre les barreaux du box des accus&#233;s. Mais le juge ne s'en &#233;meut pas et poursuit la lecture des proc&#232;s-verbaux des policiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'ai pas pris mes m&#233;dicaments depuis 4 jours&#8230; tout &#224; l'heure je suis tomb&#233; &#187;&lt;/i&gt;, se plaint Abdelatif d&#232;s que le juge l'interroge. Il pleure : &lt;i&gt;&#171; &#199;a fait quatre jours que je suis encastr&#233; [sic], je ne suis pas bien, je ne sais pas pourquoi je suis devant ce tribunal, je n'en peux plus. &#187;&lt;/i&gt; Le pr&#233;sident propose alors qu'on reporte la s&#233;ance en attendant que les m&#233;dicaments aient fait leur effet, mais le pr&#233;venu refuse et son avocat intervient : &lt;i&gt;&#171; Mon client a &#233;t&#233; hospitalis&#233; r&#233;cemment &#224; l'h&#244;pital psychiatrique du Vinatier. Je vais demander un d&#233;lai pour qu'une expertise psychiatrique soit effectu&#233;e. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juge prend note et reprend la lecture des proc&#232;s-verbaux. Abdelatif est accus&#233; d'avoir tent&#233; de cambrioler une voiture le 8 d&#233;cembre, puis d'avoir bris&#233; la vitre d'une autre sans rien prendre, de s'en &#234;tre pris finalement &#224; une derni&#232;re et d'y avoir d&#233;rob&#233; un coussin, un sac poubelle et une cordelette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat du pr&#233;venu demande un d&#233;lai afin de rassembler des informations pour permettre un proc&#232;s &#233;quitable et dresse un bref descriptif de l'existence de son client qui cumule prises d'antid&#233;presseurs, crises d'&#233;pilepsie, tentatives de suicide, rendez-vous r&#233;guliers chez un psychiatre et classement &#171; Adulte Handicap&#233; &#187; &#224; 95 % pris en charge par la Cotorep depuis ses 18 ans. Il explique que &lt;i&gt;&#171; son traitement m&#233;dicamenteux ne lui permet pas de boire de l'alcool et malgr&#233; cela, samedi, le jour du d&#233;lit, il a bu. C'est ce qui a d&#233;clench&#233; le passage &#224; l'acte. Aujourd'hui, ayant repris ses esprits, il ne se souvient plus de rien. &#187;&lt;/i&gt; Et pr&#233;cise qu'Abdelatif n'est pas abandonn&#233; &#224; lui-m&#234;me et que ses fr&#232;res, ses s&#339;urs et sa m&#232;re &#8211; qui ont chacun pris une journ&#233;e sur leur temps de travail pour assister &#224; l'audience &#8211; font bloc au quotidien pour l'aider et l'entourer. Le pr&#233;sident &#233;num&#232;re alors la douzaine d'annotations sur le casier judicaire d'Abdelatif concernant des petits vols et des tentatives. &lt;i&gt;&#171; Je suis seul, j'ai envie de parler, alors je bois&#8230; Je n'ai pas le droit mais je me sens bien apr&#232;s&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, explique Abdelatif. &lt;i&gt;&#171; Vous souvenez vous de votre pr&#233;c&#233;dente condamnation qui remonte au 11 novembre ? &#187;&lt;/i&gt;, interroge le juge. &lt;i&gt;&#171; Je ne sais plus, je perds beaucoup la m&#233;moire, excusez-moi, Mademoiselle &#187;&lt;/i&gt;, bredouille le pr&#233;venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette confusion ne trouble pas le procureur qui avance qu'Abdelatif joue de ses difficult&#233;s devant le tribunal et risque de renouveler les faits d'ici le prochain proc&#232;s. Il r&#233;clame la mise sous &#233;crou dans l'attente d'une nouvelle audience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat prend la parole une derni&#232;re fois, &#233;voque la famille de son client pr&#233;sente &#224; l'audience et assure qu'elle est la garantie du non renouvellement des faits. Il demande qu'Abdelatif ne soit pas incarc&#233;r&#233; mais plac&#233; sous contr&#244;le judiciaire stricte avec obligation de soins psychiatriques plus fr&#233;quente qu'au moment des faits, et ceci jusqu'&#224; la date du proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une d&#233;lib&#233;ration &#224; huis clos, les juges d&#233;cident d'un d&#233;lai pour juger l'affaire, ordonnent qu'une expertise psychiatrique soit effectu&#233;e et fixent la date du proc&#232;s au 9 janvier 2013. Abdelatif est envoy&#233; en prison jusqu'&#224; cette date.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je ne suis pas d'accord, je ne sais pas ce que j'ai fait ou pas fait, je ne comprends rien &#187;&lt;/i&gt;, dit le pr&#233;venu. &lt;i&gt;&#171; Il est handicap&#233; ! &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;crie sa famille depuis les bancs de la salle d'audience&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un dangereux fumeur de cannabis pris dans les mailles de la justice</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Un-dangereux-fumeur-de-cannabis</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Un-dangereux-fumeur-de-cannabis</guid>
		<dc:date>2013-02-12T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>Khaled</dc:subject>
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		<dc:subject>Yacine</dc:subject>
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		<dc:subject>rue L&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>fin novembre</dc:subject>
		<dc:subject>banlieue lyonnaise</dc:subject>
		<dc:subject>Yacine bavardent</dc:subject>
		<dc:subject>Lagrange</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;nissieux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il est 23 h 50, en cette fin novembre, rue L&#233;o Lagrange &#224; V&#233;nissieux dans la banlieue lyonnaise, alors que Khaled et Yacine bavardent avec deux autres personnes assises dans une voiture. Des policiers de passage d&#233;cident de les contr&#244;ler. Yacine s'&#233;loigne. Interpr&#233;tant ce geste comme une fuite, ils le rattrapent, le fouillent et s'emparent de sa sacoche : elle contient 158 grammes de shit. Dans leurs proc&#232;s verbaux, les pandores affirment qu'&#224; leur approche, Yacine, encore mineur, s'est fait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no106-decembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;106 (d&#233;cembre 2012)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Khaled" rel="tag"&gt;Khaled&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Leo" rel="tag"&gt;L&#233;o&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Leo-Lagrange" rel="tag"&gt;L&#233;o Lagrange&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/fin-novembre" rel="tag"&gt;fin novembre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/banlieue-lyonnaise" rel="tag"&gt;banlieue lyonnaise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Yacine-bavardent" rel="tag"&gt;Yacine bavardent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lagrange" rel="tag"&gt;Lagrange&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Venissieux" rel="tag"&gt;V&#233;nissieux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_504 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH426/106lldemars_juge-fcefc.png?1779607877' width='400' height='426' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par L.L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il est 23 h 50, en cette fin novembre, rue L&#233;o Lagrange &#224; V&#233;nissieux dans la banlieue lyonnaise, alors que Khaled et Yacine bavardent avec deux autres personnes assises dans une voiture. Des policiers de passage d&#233;cident de les contr&#244;ler. Yacine s'&#233;loigne. Interpr&#233;tant ce geste comme une fuite, ils le rattrapent, le fouillent et s'emparent de sa sacoche : elle contient 158 grammes de shit. Dans leurs proc&#232;s verbaux, les pandores affirment qu'&#224; leur approche, Yacine, encore mineur, s'est fait remettre cette sacoche par Khaled dans les poches duquel ils trouvent la somme de trente euros. La perquisition effectu&#233;e au domicile de ce dernier va aboutir &#224; la saisie de quelques grains de cannabis et d'un morceau de papier sur lequel sont list&#233;es des chiffres, document aussit&#244;t regard&#233; comme &#233;tant des comptes de vente de stup&#233;fiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est faux, je n'ai rien &#224; voir avec toute cette histoire &#187;&lt;/i&gt;, tente d'expliquer Khaled devant la chambre des comparutions imm&#233;diates au lendemain de son arrestation. Il reconnait qu'il voulait acheter une barrette de shit &#8211; ce qu'a confirm&#233; Yacine lors de sa garde &#224; vue. Il poursuit : &lt;i&gt;&#171; Ce jeune avait d&#233;j&#224; la sacoche dans les mains quand la police est arriv&#233;e. Je lui ai juste serr&#233; la main&#8230; &#187; &#171; Bien s&#251;r, bien s&#251;r ! &lt;/i&gt; &#187;, coupe le juge, avec condescendance. &#192; propos de la liste de chiffres, le magistrat tente : &lt;i&gt;&#171; On sait que &#231;a correspond &#224; des ventes. &#187; &#171; C'est faux&lt;/i&gt;, rectifie Khaled,&lt;i&gt; la chambre o&#249; ils ont trouv&#233; cette feuille est celle de mon fr&#232;re ! &#187; &#171; La police dit vous avoir entendu dire &#224; Yacine &#8220;Vas-y !&#8221; &#187;&lt;/i&gt;, affirme le juge.&lt;i&gt; &#171; Non, je n'ai rien dit &#187;&lt;/i&gt;, proteste Khaled. &lt;i&gt;&#171; Non, non, non ! &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;p&#232;te moqueur le pr&#233;sident qui, apr&#232;s avoir refus&#233; de pr&#234;ter attention au fait que Khaled affirme avoir &#233;t&#233; molest&#233; lors de son arrestation, rappelle au tribunal que le pr&#233;venu vit chez ses parents avec sept fr&#232;res et s&#339;urs, que, titulaire d'un CAP en chaudronnerie, il est en recherche d'emploi et qu'il a &#233;t&#233; emprisonn&#233; une fois pour stup&#233;fiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le procureur se livre alors &#224; un bref floril&#232;ge de clich&#233;s : &lt;i&gt;&#171; Ce dossier est d'une banalit&#233; affligeante. Le premier employeur des cit&#233;s, c'est le cannabis. Un mois apr&#232;s sa sortie de prison, Khaled est au c&#339;ur d'un petit trafic de quartier. Il persiste dans la consommation et dans le trafic de cannabis : il y a ces 158 grammes de cannabis et une feuille de comptes que l'on retrouve chez lui. Il est donc en situation de r&#233;cidive. &#187;&lt;/i&gt; Il r&#233;clame dix &#224; douze mois de prison avec mandat de d&#233;p&#244;t &#8211; sanction au-del&#224; d'un am&#233;nagement de peine &#8211; et une amende de 1 500 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat de Khaled tente de d&#233;monter les affirmations du parquet : &lt;i&gt;&#171; Il est peu cr&#233;dible que ces jeunes fassent un &#233;change de cannabis alors que trois v&#233;hicules de police arrivent phares allum&#233;s. De plus, mon client n'a que trente euros sur lui, ce qui ne correspond pas &#224; l'image d'un dealer, mais plut&#244;t &#224; celle d'un petit consommateur. &#187;&lt;/i&gt; Le pr&#233;sident baille et ferme les yeux. &lt;i&gt;&#171; En ce qui concerne la perquisition, le fr&#232;re de Khaled reconna&#238;t que le bout de shit et la feuille de comptes lui appartiennent. Il est d'ailleurs poursuivi pour cela. Le procureur ne peut donc pas en faire porter la responsabilit&#233; &#224; Khaled ; c'est l'un ou l'autre des fr&#232;res, pas les deux. [&#8230;] Il n'y a pas de culpabilit&#233; par contagion &#187;&lt;/i&gt;, conclut l'avocat. Il demande la relaxe, avant que Khaled ne clame une derni&#232;re fois son innocence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s d&#233;lib&#233;r&#233;s, le tribunal condamne Khaled &#224; quatre mois de prison avec mandat de d&#233;p&#244;t &lt;i&gt;&#171; pour vous &#233;viter d'avoir &#224; recommencer &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise le juge. Comprenne qui pourra&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Retour en prison pour une clope</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Retour-en-prison-pour-une-clope</link>
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		<dc:date>2012-12-28T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>Mehdi</dc:subject>
		<dc:subject>agents</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>SNCF</dc:subject>
		<dc:subject>gare</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crase prestement</dc:subject>
		<dc:subject>maison d'arr&#234;t</dc:subject>
		<dc:subject>l'un d'entre</dc:subject>
		<dc:subject>Suge</dc:subject>
		<dc:subject>cigarette qu'il</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 22 octobre, en d&#233;but de soir&#233;e, Medhi, 28 ans, discute dans la gare de la Part-Dieu &#224; Lyon avec des amis ; l'un d'entre eux fume une cigarette qu'il &#233;crase prestement &#224; l'approche des agents de la Suge, la police de la SNCF. Ils intiment alors au groupe d'amis l'ordre de quitter la gare et d&#233;cident de verbaliser le fumeur. Mehdi proteste. Le ton monte et ce dernier pr&#233;f&#232;re s'en aller. Sa r&#233;action d&#233;pla&#238;t &#224; l'un des agents qui le poursuit, l'interpelle en dehors de la gare, le met (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 22 octobre, en d&#233;but de soir&#233;e, Medhi, 28 ans, discute dans la gare de la Part-Dieu &#224; Lyon avec des amis ; l'un d'entre eux fume une cigarette qu'il &#233;crase prestement &#224; l'approche des agents de la Suge, la police de la SNCF. Ils intiment alors au groupe d'amis l'ordre de quitter la gare et d&#233;cident de verbaliser le fumeur. Mehdi proteste. Le ton monte et ce dernier pr&#233;f&#232;re s'en aller. Sa r&#233;action d&#233;pla&#238;t &#224; l'un des agents qui le poursuit, l'interpelle en dehors de la gare, le met violemment &#224; terre et le menotte. Mehdi hurle et s'agite alors m&#234;me qu'il a les bras entrav&#233;s, avant d'&#234;tre embarqu&#233; au poste de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 octobre, lors de l'audience dans la salle des comparutions imm&#233;diates du tribunal de grande instance de Lyon, les proc&#232;s-verbaux des agents de la Suge parlent d'&lt;i&gt;&#171; outrage &#187;&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;&#171; r&#233;sistance &#187;&lt;/i&gt; et laissent entendre que lors de son interpellation &lt;i&gt;&#171; Mehdi avait les yeux brillants et semblait avoir bu &#187;&lt;/i&gt;. Ils &#233;voquent des insultes (&lt;i&gt;&#171; b&#226;tard&#8230; encul&#233;&#8230;traitre &#187;&lt;/i&gt;) et des coups que Mehdi aurait port&#233;s lors de son interpellation. Le juge &#233;voque l'enfance et la vie de Mehdi : un p&#232;re absent, un logement en foyer d'urgence, des &#233;checs scolaires, des missions d'int&#233;rim et un m&#233;tier de brancardier en contrat avec les Hospices civils de Lyon, contrat qui ne sera pas renouvel&#233; suite &#224; une inscription dans son casier judiciaire, ce nouvel &#233;chec le poussant vers la maison d'arr&#234;t pendant plusieurs mois, avant d'&#234;tre lib&#233;r&#233; fin septembre 2012.
Mehdi reconna&#238;t avoir insult&#233; les agents lors de son interpellation et pr&#233;sente ses excuses aux parties civiles. Concernant les coups, il explique : &lt;i&gt;&#171; quand j'&#233;tais menott&#233; &#224; terre, j'ai p&#233;t&#233; un c&#226;ble, hurl&#233;, dit des insultes. Je me suis d&#233;fendu mais je n'ai pas port&#233; volontairement des coups. &#187;&lt;/i&gt; Quant aux &#171; victimes &#187;, deux des agents pr&#233;sentent des certificats m&#233;dicaux avec cinq jours d'incapacit&#233; temporaire totale. Le troisi&#232;me ne s'en voit accorder que deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le procureur interroge avec une pointe d'ironie Mehdi : &lt;i&gt;&#171; Vous dites que votre m&#232;re est malade, mais vous pensez que c'est bien pour elle que vous tra&#238;niez &#224; la Part-Dieu apr&#232;s 22h30 ? C'est pour chercher du travail ? &#187; &#171; J'en veux &#224; moi-m&#234;me, je ne sais pas ce que j'ai dans le cerveau&#8230; J'ai injuri&#233; un des agents, c'est vrai &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;pond Mehdi. &lt;i&gt;&#171; Le pr&#233;venu a-t-il fait des d&#233;marches pour retrouver un emploi depuis sa sortie de prison ? Il n'y a pas de documents &#224; ce sujet &#187;&lt;/i&gt;, poursuit le magistrat qui choisit d'omettre la difficult&#233; qu'il y a &#224; les rassembler en 48 heures. Il r&#233;clame une peine de dix mois de prison dont six mois avec sursis et mise &#224; l'&#233;preuve de 24 mois, assortie d'une obligation de travailler et de l'interdiction de s&#233;journer dans un p&#233;rim&#232;tre de trois cents m&#232;tres autour des gares, et demande le placement sous mandat de d&#233;p&#244;t, afin que Mehdi ne puisse pas b&#233;n&#233;ficier d'un &#233;ventuel am&#233;nagement de peine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cinq minutes, l'avocat commis d'office tente de rectifier les propos du procureur en rappelant les diff&#233;rentes missions d'int&#233;rim que Mehdi a d&#233;j&#224; effectu&#233;es. Il &#233;voque la difficult&#233; de chercher du travail tout en &#233;tant exclu d'un large p&#233;rim&#232;tre autour des gares et donc d'une partie du r&#233;seau de transports en commun, et demande que la peine ne soit pas assortie d'un mandat de d&#233;p&#244;t afin de permettre &#224; son client une r&#233;insertion dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un d&#233;lib&#233;r&#233;, le tribunal condamne Medhi &#224; une peine de dix mois de prison dont huit avec sursis et mise &#224; l'&#233;preuve de deux ans, assortie de l'interdiction de para&#238;tre dans un p&#233;rim&#232;tre de trois cents m&#232;tres autour de la gare de la Part-Dieu et des obligations de travailler ou de suivre une formation et d'indemniser les agents de s&#233;curit&#233; de la Suge. Le tribunal d&#233;cide en outre de la mise sous mandat de d&#233;p&#244;t qui envoie directement Mehdi en maison d'arr&#234;t&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de quitter la salle, le juge interroge encore Mehdi pour savoir s'il a besoin de consulter un m&#233;decin ou un psychiatre et s'il a d&#233;j&#224; tent&#233; de se suicider. &lt;i&gt;&#171; Oui, j'ai fait une tentative de suicide &#224; la maison d'arr&#234;t de Corbas. Au mois d'ao&#251;t dernier, je me suis taillad&#233; les veines avec une lame de rasoir. &#187;&lt;/i&gt; Le juge prend note de la r&#233;ponse avant que Mehdi ne sorte du box des accus&#233;s pour &#234;tre conduit &#224; la maison d'arr&#234;t de&#8230; Corbas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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