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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Le printemps a la vie dure</title>
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		<dc:creator>Steeve Stiv</dc:creator>


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&lt;p&gt;Vous vous souvenez dudit &#171; Printemps &#233;rable &#187; au Qu&#233;bec le printemps dernier ? De la gr&#232;ve &#233;tudiante puis des manifs de casseroles qui perturbaient la routine de Montr&#233;al tous les jours ? Les m&#233;dias en parlaient d&#232;s juillet avec nostalgie, insistant sur l'expression &#171; printemps dernier &#187; pour s'assurer que justement ce soit bien le dernier. L'article &#171; Sous les pav&#233;s, l'&#233;rable &#187;, dans le CQFD de juin 2012 (n&#176; 101), examinait les causes et d&#233;crivait les assembl&#233;es de quartier contre la &#171; loi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no103-septembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;103 (septembre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Clement-Baudet" rel="tag"&gt;Cl&#233;ment Baudet&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vous vous souvenez dudit &#171; Printemps &#233;rable &#187; au Qu&#233;bec le printemps dernier ? De la gr&#232;ve &#233;tudiante puis des manifs de casseroles qui perturbaient la routine de Montr&#233;al tous les jours ? Les m&#233;dias en parlaient d&#232;s juillet avec nostalgie, insistant sur l'expression &#171; printemps dernier &#187; pour s'assurer que justement ce soit bien le dernier. L'article &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Sous-les-paves-l-erable'&gt;&#171; Sous les pav&#233;s, l'&#233;rable &#187;&lt;/a&gt;, dans le &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; de juin 2012 (n&#176; 101), examinait les causes et d&#233;crivait les assembl&#233;es de quartier contre la &#171; loi Matraque &#187; du 18 mai. Depuis, l'&#233;t&#233; est pass&#233; par l&#224;, l'application de la loi sp&#233;ciale et les &#233;lections du 4 septembre ont accompagn&#233; la fin des gr&#232;ves. La Classe &#8211; organisation regroupant de nombreuses associations &#233;tudiantes &#8211; aurait pr&#233;f&#233;r&#233; continuer la bataille, mais la pause s'est impos&#233;e. Fa&#231;on carte postale de Montr&#233;al, on vous raconte ici les &#233;v&#233;nements qui ont agit&#233; l'&#233;t&#233; et marqu&#233; une rentr&#233;e scolaire suspendue &#224; l'&#233;ch&#233;ance &#233;lectorale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_464 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/quebec1-b35cb.jpg?1779648193' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Cl&#233;ment Baudet
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve &#233;tudiante a commenc&#233; contre la hausse des frais de scolarit&#233; d&#233;cid&#233;e par les lib&#233;raux au pouvoir sous Jean Charest. Elle fit imm&#233;diatement face &#224; une r&#233;pression assez brutale. D&#232;s le 7 mars, lors d'une action de blocage du si&#232;ge d'Hydro-Qu&#233;bec &#8211; fournisseur public d'&#233;lectricit&#233; &#8211;, la police tirait au flashball et Francis Grenier, &#233;tudiant gr&#233;viste, perdait un &#339;il. La version polici&#232;re accuse un &#233;clat d'asphalte, sans expliquer comment l'asphalte a vol&#233; ainsi dans les airs&#8230; La violence a fait grand d&#233;bat, dans l'opinion et parmi les gr&#233;vistes. Beaucoup de manifestants, en r&#233;ponse &#224; la non-violence, entonnaient une chanson &#233;crite au lendemain du 7 mars par le groupe Mise en demeure &#8211; voix du mouvement &#233;tudiant : &lt;i&gt;&#171; C'est pas des pacifistes qui vont changer l'histoire ! On pitch des pav&#233;s et puis on br&#251;le des chars ! &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve a dur&#233; longtemps. Fin mars a eu lieu une semaine d'action de perturbation &#233;conomique avec trois ou quatre actions par jour &#8211; blocage de ponts, du port, d'usines&#8230; &#8211;, et de m&#234;me en avril, avec notamment la journ&#233;e de manif &#233;meute contre le Salon du plan Nord le 20 avril, suivi du 4 mai &#224; Victoriaville &#8211; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Sous-les-paves-l-erable'&gt;Cf. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;101&lt;/a&gt;. Il y eut ensuite des lettres de policiers publi&#233;s dans les journaux o&#249; ils se justifiaient de n'avoir pu faire autrement, d'&#234;tre en butte &#224; trop de jets de pierres et de haine &#233;tudiante&#8230; Ils cherchaient &#224; se faire plaindre. L'opinion publique condamnait la violence. Argumentaire auquel r&#233;pondait en mars la chanson de Mise en demeure : &lt;i&gt;&#171; Ils nous envoient des flash bombes/Qui nous explosent dans yeules/Nos ami-e-s se font p&#233;ter des membres/ Y en a m&#234;me un qui perd un &#339;il. &#187;&lt;/i&gt; Refrain : &lt;i&gt;&#171; On d&#233;range rien de rien, on reste pacifiques/On casse rien, on veut pas troubler l'opinion publique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement tenta alors d'aiguiller la haine en direction des jeunes en offrant en p&#226;ture &#224; l'opinion publico-m&#233;diatique la cible id&#233;ale des m&#233;chants terroristes qui s'en prennent gratuitement &#224; tout le monde. Le 12 mai, quatre personnes sont arr&#234;t&#233;es et expos&#233;es aux m&#233;dias, soup&#231;onn&#233;es d'avoir jet&#233; des fumig&#232;nes dans plusieurs stations de m&#233;tro, bloquant ainsi toute la ville le matin du 10 mai. Arrestations assorties la semaine suivante d'une loi sp&#233;ciale &#8211; vite connue sous le sobriquet de &#171; loi Matraque &#187; &#8211; pour &#234;tre bien s&#251;r d'imposer le calme. Tout le monde sort de sa cuisine, casseroles en main et tapant de la cuill&#232;re pour continuer l'&#233;bullition. La loi sp&#233;ciale a fait d&#233;border les marmites populaires dans tous les quartiers de la ville. &lt;i&gt;&#171; La gr&#232;ve est &#233;tudiante, la lutte est populaire &#187;&lt;/i&gt;, hurle-t-on alors. On r&#234;ve d'explosion sociale sans en trouver la recette. Il y a des manifs du soir tr&#232;s agit&#233;es, des casserolades le jour, et ce jusqu'&#224; la mi-juin. Chez les dirigeants de la ville, &#231;a commence &#224; sentir la trouille et le maire en appelle au calme pour pr&#233;server la saison touristique. Ils veulent rire en paix pendant les festivals.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin, on leur accorde que la perturbation se poursuit bel et bien &#224; l'occasion du Grand prix de Formule 1 qui annule sa c&#233;r&#233;monie d'ouverture par crainte des perturbations. Les manifestants courent encore dans les rues, dispers&#233;s en plusieurs manifs dont l'une est une manif &#224; poil&#8230; La bonne soci&#233;t&#233; des porteurs de cocktails et costards pr&#233;f&#232;re fuir ou en appeler &#224; la police en armure. Le centre-ville a des allures de territoire occup&#233;. La chasse &#224; tout individu porteur d'un carr&#233; rouge (symbole de la gr&#232;ve) est ouverte. L'ennemi est partout, jusque dans les casseroles de cuisine, du coup la police panique. C&#244;t&#233; gr&#233;vistes, on esp&#232;re qu'apr&#232;s le Grand prix, l'&#233;t&#233; sera aussi chaud que le mois de mai, que les festivals seront effectivement perturb&#233;s, et qu'&#224; la reprise des cours pr&#233;vue par la loi sp&#233;ciale pour le 13 ao&#251;t dans les Coll&#232;ges d'enseignements g&#233;n&#233;raux et professionnels (C&#201;GEP)&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les C&#201;GEPS sont des &#233;tablissements d'enseignement se situant entre le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et au 27 pour les universit&#233;s, la gr&#232;ve repartira. Mais l'&#233;t&#233; venu, la r&#233;action a regonfl&#233; suffisamment ses muscles pour pr&#233;tendre &#233;radiquer tout regain de combativit&#233; en ravivant opportun&#233;ment contes d'ind&#233;pendance et histoires &#233;lectorales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s juillet, alors qu'il n'y a quasi plus de manifs et encore moins d'actions (en partie &#224; cause de la menace d'application de la loi sp&#233;ciale), on entend dans les m&#233;dias et parmi les militants des appels &#224; la tr&#234;ve au nom des &#233;lections pr&#233;vues pour septembre. Les vieux gauchistes et les ind&#233;pendantistes ressortent leurs drapeaux du Qu&#233;bec et appellent &#224; voter pour le Parti qu&#233;b&#233;cois &lt;i&gt;&#171; afin d'avoir un pays, un vrai &#187;&lt;/i&gt;. Ils essaient de troquer le carr&#233; rouge pour le carr&#233; bleu souverainiste au nom des &#233;lections et de la d&#233;mocratie. Ils n'esp&#232;rent plus qu'une explosion du nombre d'&#233;lecteurs quand d'autres voudraient plut&#244;t faire sauter les urnes. On apprend que le&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_465 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/quebec02-df042.jpg?1779648193' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Cl&#233;ment Baudet
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;mouvement aurait gagn&#233; en provoquant du d&#233;bat et surtout les &#233;lections &#8211; la date des &#233;lections au Qu&#233;bec varie, elles sont d&#233;cid&#233;es par le parti au pouvoir, le plus souvent tous les quatre ans, comme c'est ici le cas. On ignorait jusqu'&#224; pr&#233;sent qu'un mouvement de gr&#232;ve p&#251;t &#234;tre victorieux, quand ce qui devait arriver arriva, un peu d'enthousiasme en plus. Lors des manifs nationales du 22 juin et 22 juillet, on voit des dizaines de milliers de manifestants dans les rues, mais les slogans les plus largement repris deviennent &lt;i&gt;&#171; Sortons les lib&#233;raux &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; Charest dehors ! On t'a trouv&#233; une job dans le Nord ! &#187;&lt;/i&gt; &#8211; en r&#233;f&#233;rence au plan Nord d'extraction mini&#232;re au nord du Qu&#233;bec. Le reste du temps, la ville est au calme, les gr&#233;vistes sont en vacances, beaucoup sont en repos forc&#233; parce qu'apr&#232;s avoir &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, les contr&#244;les judiciaires leur interdisent de r&#233;sider &#224; Montr&#233;al, d'approcher un b&#226;timent universitaire, de voir leurs amis arr&#234;t&#233;s eux aussi, et encore moins d'aller &#224; une manifestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les Assembl&#233;es populaires autonomes de quartier (APAQ)&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Assembl&#233;es populaires autonomes de quartiers ont &#233;merg&#233; &#224; la suite de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; , qui rassemblent moins de monde qu'en juin, on organise des barbecues et des discussions locales et on pr&#233;pare des manifs de soutien aux blocages de la rentr&#233;e. Un appel est lanc&#233; &#224; l'international pour venir pr&#234;ter main-forte lors de la semaine du 13 ao&#251;t &#224; la rentr&#233;e des C&#201;GEPS. Tous ceux qui portent un carr&#233; rouge s'attendent &#224; ce que la gr&#232;ve reparte, on n'imagine pas l'avenir imm&#233;diat sans la gr&#232;ve &#233;tudiante. La loi sp&#233;ciale emp&#234;chant la Classe&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Classe, Coalition large de l'ASS&#201; (Association pour une solidarit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; d'appeler &#224; des actions, depuis le site Internet Bloquons la hausse, on passe &#224; Bloquons la rentr&#233;e. En attendant, la Classe, port&#233;e par l'&#233;lan des mois pass&#233;s sur la br&#232;che, part en tourn&#233;e dans toutes les villes du Qu&#233;bec pour pr&#233;senter son manifeste, Nous sommes avenir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Notre vision, c'est celle d'une d&#233;mocratie directe sollicit&#233;e &#224; chaque instant. C'est celle d'un Nous qui s'exprime dans les assembl&#233;es : &#224; l'&#233;cole, au travail et dans les quartiers. Notre vision, c'est celle d'une prise en charge permanente de la politique par la population, &#224; la base, comme premier lieu de la l&#233;gitimit&#233; politique. C'est une possibilit&#233; pour ceux et celles que l'on n'entend jamais prendre la parole. Une occasion pour les femmes de parler &#224; titre d'&#233;gales, de soulever des enjeux qui, trop souvent, sont n&#233;glig&#233;s ou simplement oubli&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte dans leurs valises, les membres de la Classe organisent des discussions publiques &#224; travers tout le Qu&#233;bec, autour de la d&#233;mocratie directe, du r&#233;investissement public dans l' &#233;ducation et, plus largement, d'une autre soci&#233;t&#233;. La Classe finit sa tourn&#233;e en grande fanfare le 10 ao&#251;t &#224; Montr&#233;al, en compagnie de profs et d'artistes, dans une salle de spectacle. Mais l'attente n'en est pas moins longue&#8230; On ne commence &#224; retrouver le chemin de la gr&#232;ve qu'au 1er ao&#251;t, avec des manifs de casseroles qui partent de tous les quartiers pour se rejoindre en centre-ville &#224; 20 h pour le d&#233;part de la &lt;i&gt;&#171; centi&#232;me Ostie d'grosse manif' de soir &#187;&lt;/i&gt;. Il y a des milliers de personnes et du mobilier urbain renvers&#233; sur la route, de joie et &#224; force &#224; arpenter de nouveau les rues en criant sans cesse des slogans &#8211; &lt;i&gt;&#171; Charest dans un coffre de char/est dans un coffre de char &#187;&lt;/i&gt;. On d&#233;ambule devant le bureau dudit Charest et on surgit au beau milieu du show &#224; paillettes du festival de la mode et du design, sous les yeux courrouc&#233;s du public. Puis les jours suivants sont de nouveau amorphes, jusqu'&#224; la semaine de rentr&#233;e des C&#201;GEPS, mais &#231;a ressemble d'abord &#224; une succession de catastrophes, quand le 13 ao&#251;t trois C&#201;GEPS sur quatre votent pour un retour en classe, parfois sous pr&#233;texte de tr&#234;ve &#233;lectorale &#8211; jusqu'&#224; cent jours apr&#232;s les &#233;lections pour tester un nouveau gouvernement&#8230; Les jours suivants idem, sauf le C&#201;GEP du Vieux-Montr&#233;al et de Saint-Laurent qui reconduisent la gr&#232;ve, faisant alors rena&#238;tre tous les espoirs. Les Canadiens et &#201;tatsuniens venus aider, les banderoles des APAQ &#224; l'entr&#233;e des C&#201;GEPS, les casseroles sous le bras &#8211; &lt;i&gt;&#171; Mile-End solidaire de la gr&#232;ve &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; Ramenons la gr&#232;ve dans nos quartiers &#187;&lt;/i&gt; &#8211;, tout ce monde est l&#224; un peu d&#233;sempar&#233;, &#231;a a des allures de d&#233;faite &#233;clair, imm&#233;diate. En plus, les carr&#233;s verts (&#233;tudiants contre la gr&#232;ve) s'organisent et par p&#233;tition obtiennent la tenue d'une autre assembl&#233;e au Vieux-Montr&#233;al, le vendredi 17 ao&#251;t, pour revoter la gr&#232;ve. R&#233;sultat : 1 200 contre, 260 pour. Cela finit par une AG sans discussion, personne n'est venu pour &#231;a, c'est plut&#244;t pour&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_466 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/quebec03-b3c8c.jpg?1779648193' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Cl&#233;ment Baudet
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;un enterrement. &lt;i&gt;&#171; J'aimerais bien que &#231;a finisse au plus criss', je veux aller voir la course de char &#224; soir &#187;&lt;/i&gt;, provoque un carr&#233; vert au micro pendant l'assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les espoirs se d&#233;placent alors vers la rentr&#233;e des universit&#233;s, le 27 ao&#251;t. Quelques facult&#233;s &#8211; la semaine du 20 &#224; l' Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al (UQAM) et &#224; l' Universit&#233; de Montr&#233;al (UdeM) &#8211; votent la poursuite de la gr&#232;ve. On craint l'application de la loi sp&#233;ciale, certains profs aussi, ceux du collectif profs contre la hausse ont &#233;crit un texte pendant l'&#233;t&#233; : &lt;i&gt;&#171; Sous pr&#233;texte de prot&#233;ger le droit d'acc&#232;s aux cours, cette loi, d'une incroyable f&#233;rocit&#233;, institue ainsi un mode de gouvernance fond&#233; sur une r&#233;pression administrative, judiciaire et polici&#232;re &#224; l'&#233;gard de tous ceux et celles qui organiseraient leurs forces pour contester ses principes et son application ou pour d&#233;fendre toute position adopt&#233;e en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, notamment sur l'accessibilit&#233; &#224; l'&#233;ducation sup&#233;rieure. [&#8230;] Nous refusons un tel d&#233;tournement de notre travail. Nous refusons de contribuer &#224; la fabrication d'un monde marqu&#233; par la guerre de tous contre tous, la logique marchande, la surveillance mutuelle, la d&#233;lation, l'autocensure, la peur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'UQAM, le lundi 27, pour la rentr&#233;e des facult&#233;s d'Arts et de Sciences humaines, la police n'est pas l&#224;, on y fait des lev&#233;es de cours. Certains profs se sont radicalis&#233;s : &lt;i&gt;&#171; Si vous m'emp&#234;chez de donner mon cours, je fais appel &#224; la police, il y a la loi sp&#233;ciale, c'est la r&#233;alit&#233; maintenant, vous risquez 5 000 dollars d'amende et des accusations criminelles. &#187;&lt;/i&gt; L'administration, craignant des d&#233;bordements ou des affrontements avec les trois cents gr&#233;vistes pr&#233;sents, ne fait pas appel &#224; la police. Dans ces cours anti-gr&#232;ve, on entre alors &#224; trente ou quarante en tapant dans des casseroles, pour les perturber. Une bonne part des gens est masqu&#233;e pour &#233;viter les repr&#233;sailles. &#192; l'UdeM par contre, les militants sont moins nombreux et ceux qui bloquent l'entr&#233;e d'une salle de classe sont s&#233;questr&#233;s par les vigiles, puis accus&#233;s sous le coup de la loi sp&#233;ciale. Comble de l'humiliation, d'autres sont s&#233;questr&#233;s dans la salle de classe qu'ils voulaient perturber, d'abord par les vigiles, puis par la police, qui leur &#233;nonce leurs droits avant de les arr&#234;ter, pendant que les autres &#233;tudiants sont assis &#224; attendre que le cours commence, dans la m&#234;me salle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois les gr&#233;vistes embarqu&#233;s par les flics anti-&#233;meute, le prof entame son cours de primatologie. D'autres profs en pleurent presque, forc&#233;s de donner un cours &#224; un seul &#233;l&#232;ve pr&#233;sent, sur quatre-vingts absents, parce que la police bien arm&#233;e est aux portes de la salle. Du coup, les syndicats de profs menacent d'entrer en gr&#232;ve ill&#233;gale si cela continue et le lendemain, l'universit&#233; suspend d'elle-m&#234;me les cours. Depuis, la fac est carr&#233;ment ferm&#233;e, annulant par l&#224; m&#234;me la session de beaucoup d'&#233;tudiants, comme pour se venger. &#192; l'UQAM, ce n'est pas l'administration, mais une autre AG, encore une fois convoqu&#233;e sur p&#233;tition, qui vote le retour en classe&#8230; Mardi 4 septembre au soir, c'est &#8211; pour certains &#8211; les &#233;lections. Le Parti qu&#233;b&#233;cois (PQ) est &#233;lu &#224; une toute petite majorit&#233;. Jean Charest &#8211; maigre victoire, pauvre consolation &#8211; n'est pas r&#233;&#233;lu, pas m&#234;me dans son comt&#233;. Il y a quelques f&#234;tes et c&#233;l&#233;brations, une tentative de manif trop entour&#233;e par la police, une &#233;trange ambiance de conflit en suspens. La faible avance du PQ suppose de nouvelles &#233;lections dans un an et quelques mois. Le soir m&#234;me du discours de la nouvelle Premi&#232;re ministre, Pauline Marrois, un anglophone commet un attentat en direct &#224; la t&#233;l&#233;, avec mitraillette et fumig&#232;nes. Soi-disant anim&#233; par la crainte d'une possible souverainet&#233; du Qu&#233;bec, il tue un homme et en blesse gri&#232;vement un autre. Cela semble compl&#232;tement fou. Le lendemain, Marrois annonce qu'elle va annuler par d&#233;cret la hausse des droits de scolarit&#233; et abroger &#233;galement la loi sp&#233;ciale, la sinistre loi Matraque. Apr&#232;s six mois de gr&#232;ve, c'est une victoire au go&#251;t amer, beaucoup voudraient continuer jusqu'&#224; la gratuit&#233; totale, jusqu'&#224; obtenir beaucoup plus, et y compris, la rage au ventre, continuer pour le plaisir de la gr&#232;ve elle-m&#234;me. Mais &#231;a sent la fin. Certaines assembl&#233;es ne se r&#233;signent pas et votent en faveur d'un jour de gr&#232;ve tous les 22 du mois, tout en cherchant comment poursuivre le mouvement, quelle organisation construire pour maintenir la pression ainsi que les liens qui se sont tiss&#233;s pendant six long mois de fronde. Le printemps revient toujours, alors on esp&#232;re que la gr&#232;ve aussi reviendra bien vite. La lutte a bourgeonn&#233; et on attend les r&#233;coltes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les C&#201;GEPS sont des &#233;tablissements d'enseignement se situant entre le secondaire et l'universit&#233;. Il est divis&#233; en deux fili&#232;res. La fili&#232;re pr&#233;-universitaire sur deux ans (&#233;quivalent de la premi&#232;re et de la terminale en France), et la fili&#232;re professionnelle sur trois ans, dispensant une formation technique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les Assembl&#233;es populaires autonomes de quartiers ont &#233;merg&#233; &#224; la suite de l'adoption de la Loi sp&#233;ciale 78. Elles sont n&#233;es en soutien &#224; la r&#233;pression du mouvement &#233;tudiant dans douze quartiers montr&#233;alais (Centre-Sud, C&#244;tes-des-Neiges, Hochelaga-Maisonneuve, Mile-End, Notre-Dame-de-Gr&#226;ce, Plateau, Pointe-Saint-Charles, Rosemont- Petite-Patrie, Saint-Henri, Trois-Rivi&#232;res, Verdun, Villeray).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La Classe, Coalition large de l'ASS&#201; (Association pour une solidarit&#233; syndicale &#233;tudiante), regroupe soixante-sept associations &#233;tudiantes (Au Qu&#233;bec, une association &#233;tudiante est cens&#233;e repr&#233;senter tous les &#233;tudiants d'une discipline) pr&#233;sentes dans les C&#201;GEPS et six universit&#233;s qu&#233;b&#233;coises.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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