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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Th&#233;&#226;tre : Toutes des reines </title>
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		<dc:creator>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Dans les loges &#233;troites, l'excitation est &#224; son comble. &#199;a piaille, on pi&#233;tine plumes, bas et artifices. &#171; B&#233;, tu t'es maquill&#233;e pour Aix ! &#187; Les filles entrent en sc&#232;ne dans une demi-heure, on ne m&#226;che plus ses mots. Carole, tout en douceur, m&#233;nage les fortes t&#234;tes et reprend les r&#234;nes : &#171; On va faire un dernier &#233;chauffement. &#187; La troupe se place en cercle au centre de la petite sc&#232;ne du th&#233;&#226;tre Vitez. C'est l&#224; qu'on b&#233;n&#233;ficie de la plus belle vue d'ensemble : ces femmes n'ont rien &#224; voir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans les loges &#233;troites, l'excitation est &#224; son comble. &#199;a piaille, on pi&#233;tine plumes, bas et artifices. &#171; &lt;i&gt;B&#233;, tu t'es maquill&#233;e pour Aix !&lt;/i&gt; &#187; Les filles entrent en sc&#232;ne dans une demi-heure, on ne m&#226;che plus ses mots. Carole, tout en douceur, m&#233;nage les fortes t&#234;tes et reprend les r&#234;nes : &#171; &lt;i&gt;On va faire un dernier &#233;chauffement.&lt;/i&gt; &#187; La troupe se place en cercle au centre de la petite sc&#232;ne du th&#233;&#226;tre Vitez. C'est l&#224; qu'on b&#233;n&#233;ficie de la plus belle vue d'ensemble : ces femmes n'ont rien &#224; voir les unes avec les autres, il n'y a que le th&#233;&#226;tre qui les unit, et un parler savoureux, m&#233;lange d'accent du midi, d'argot et d'espi&#232;glerie. Carole : &#171; &lt;i&gt;M&#226;che du chewing-gum. Mets du son. Petit petit. Grand.&lt;/i&gt; &#187; Hurlements lib&#233;rateurs. &#171; &lt;i&gt;Tire le fil.&lt;/i&gt; &#187; Toutes se tiennent droites. On ne peut s'emp&#234;cher de penser aux m&#233;tiers qu'elles exercent dans la vraie vie. Rel&#226;chement. On &#233;carte les jambes, genoux fl&#233;chis, un dernier cri, mains &#224; plat sur les aines, comme un haka de rugbymen. Les femmes sont pr&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2236 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-509-1f70e.jpg?1779623073' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est Lydia qui entre la premi&#232;re dans la lumi&#232;re. Son personnage, une sorte de madame loyale maquerelle, nous pr&#233;sente ses filles. &#171; &lt;i&gt;BONSOIR ! Pour toi, ce soir, public ch&#233;ri, vont se produire ici des cr&#233;atures de r&#234;ve&#8230; La Femme Foutaise, Pam&#233;la Caverne, Olympe de Bourges, Violetta Magica et bien d'autres. Tu peux chausser ton bavoir, public ador&#233;, caler ton cul et frotter tes mirettes, c'est parti pour le show !&lt;/i&gt; &#187; S'ensuit une ode &#224; la lib&#233;ration de la femme, incarn&#233;e par une Jos&#233;phine Baker de la Busserine &#8211; elle y flagelle la r&#233;plique colonialiste : &#171; &lt;i&gt;Croyez-vous &#224; la magie ? Pensez-vous possible de faire dispara&#238;tre une banane sans la toucher ? Voici une banane enti&#232;re. Tenez, vous pouvez v&#233;rifier. Touchez. Je vous en prie. Touchez la banane.&lt;/i&gt; &#187; C'est mordant, sexu&#233;, radical. Ensuite, une petite page de publicit&#233; collective : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes toutes des : dingues. Nous sommes toutes des : libertines. Nous sommes toutes des : sorci&#232;res. Nous sommes toutes des : hommes. Nous sommes toutes des : guerri&#232;res. Nous sommes toutes des : esclaves. Nous sommes toutes des : reines&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Puis vient Ana, juste accompagn&#233;e d'un micro sur pied. &#171; &lt;i&gt;J'entre en sc&#232;ne. Je marche sur le rythme lent et cadenc&#233; de la musique. Je m'avance. Gauche la hanche. Droite la jambe. J'ondule, je glisse, j'entre d&#233;licatement dans la lumi&#232;re. Ma robe paillet&#233;e scintille, mes &#233;paules luisent, les plumes de mon boa fr&#233;missent. Tout doucement, sensuelle, je danse. J'avance une jambe. Ma robe longue s'&#233;carte et la fente qui monte le long de ma cuisse s'ouvre. Je ne cache rien. Je me d&#233;voile.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Je m'offre &#224; vos regards. La pointe de mes cheveux vient se poser sur la cambrure de mes reins, tandis que doucement mes doigts caressent une fermeture &#201;clair. 7, 8, je lib&#232;re soudain mes hanches et le tissu tombe &#224; terre.&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; La bouche entrouverte sur le rideau blanc de mes dents. Mon souffle m'accompagne. Je suis &#224; demi-nue, juch&#233;e sur de hauts escarpins rouges. Je glisse un doigt entre la bretelle et ma peau. Tu me d&#233;sires et souhaites me voir encore davantage. 3, 4, je me retourne&#8230; Oui, c'est ce que je fais tous les samedis. Je t'en bouche un coin, n'est-ce pas ? Comment tu me trouves ? Ce spectacle, je l'ai fait pour toi, pour moi, pour nous. Je me donne, tu me prends ? En vrai, en faux, au naturel, en sophistiqu&#233;. C'est si bon d'&#234;tre une autre avec ce regard que tu portes sur moi. J'en profite. Dans peu de temps, je redeviendrai moi. La simple, pas trop compliqu&#233;e, dans un contexte normal. Celle que tu crois conna&#238;tre. Regarde bien ce sourire, ces yeux, cette &#226;me, la vois-tu ? Tu te poses des questions ? C'est fait pour &#231;a. La routine, &#231;a tue. Regarde-moi, c'est bien ta femme, ici sur sc&#232;ne.&lt;/i&gt; &#187; Ana vit dans le 15&#8202;e arrondissement de Marseille, elle a &#233;t&#233; aide-m&#233;nag&#232;re, puis ling&#232;re dans un centre pour handicap&#233;s. Son mari est venu trois fois voir le spectacle. Il a pleur&#233; &#224; tous les coups, mais il ne faut pas trop le dire. Un de ses fils est venu aujourd'hui, &#224; Aix, pour la premi&#232;re fois. Jusque-l&#224;, il ne voulait pas voir sa m&#232;re entonner son &#171; strip-tease oral &#187;. Ana dit qu'elle ne s'est r&#233;alis&#233;e qu'&#224; cinquante ans : &#171; &lt;i&gt;J'ai pass&#233; mon permis de conduire, j'ai fait de l'hypnose pour perdre vingt kilos, et j'ai commenc&#233; le th&#233;&#226;tre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fatma, une Biyouna aussi gouailleuse que l'originale, prend le relais sur sc&#232;ne. &#171; &lt;i&gt;Oh l&#224; l&#224; ! Que de chaleur, que d'&#233;motion. Tout va bien ? On n'en a pas perdu en route ? Les &#226;mes sensibles, les grincheux ? Oui oui, j'en ai vu dans le public !&lt;/i&gt; &#187; Et elle roucoule sur l'air du Tourbillon de Jeanne Moreau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces dames, qui ont &#233;crit l'int&#233;gralit&#233; de leurs textes, ont concoct&#233; un petit questionnaire : &#171; &lt;i&gt;Aimeriez-vous &#234;tre votre femme ?&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Aimeriez-vous &#234;tre entretenu par une femme ? a) par son h&#233;ritage, b) par son travail professionnel ? Et pourquoi pas ? Une lesbienne intelligente vous d&#233;concerte-t-elle ? Quel espoir avez-vous abandonn&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;&#8230; La Reine-Clown, t&#234;te voil&#233;e sous son chapeau &#224; paillettes, nous interroge encore : &#171; &lt;i&gt; Ai-je le droit d'&#234;tre triste, m&#234;me si je suis une m&#232;re ?&lt;/i&gt; &#187; Sabbah, poings ferm&#233;s, prof&#232;re un slam contre la femme-objet. Taouraty reprend Dalida, perruque blonde sur le foulard noir. &#171; &lt;i&gt;Ya tayba&lt;/i&gt; &#187;, poignant chant religieux, est psalmodi&#233; par une partie de la troupe. Car on parle de sexe, mais surtout de lib&#233;ration, face &#224; toutes sortes de liens &#8211; religieux, familial, marital, culturel. Ces femmes nous interrogent sur la transmission des codes f&#233;minins, aujourd'hui, dans les quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2237 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-510-f22ed.jpg?1780243901' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les pendrillons, Carole est l&#224;. Elle a r&#233;uni ces deux groupes de femmes du 14e (centre Social des Flamands) et du 15e arrondissements (association Femmes du Sud), avec le d&#233;sir de faire cohabiter la femme r&#233;elle et la cr&#233;ature de music-hall. Danseuse, com&#233;dienne et maintenant metteuse en sc&#232;ne, elle conna&#238;t bien le Nord de la ville. Apr&#232;s avoir donn&#233; des cours de zumba et de flamenco &#224; des gosses de plusieurs quartiers, elle a voulu toucher les m&#232;res. En 2013, elle lance un laboratoire de cr&#233;ation sur ce th&#232;me. Les femmes accrochent vite, mais les fonds manquent. Carole s'ent&#234;te et finit par trouver les moyens mat&#233;riels pour cr&#233;er le spectacle.&lt;i&gt; Nous sommes toutes des reines&lt;/i&gt; voit le jour en 2015. En parall&#232;le, la troupe collabore avec les com&#233;diens professionnels de la compagnie La Criatura, qui travaille sur une cr&#233;ation d'apr&#232;s un texte d'Howard Barker, &lt;i&gt;Le cas Blanche-Neige.&lt;/i&gt; Malgr&#233; l'&#226;pret&#233; des propos, les apprenties com&#233;diennes tiennent bon et jouent le jeu, m&#234;me s'il y a parfois des d&#233;saccords. La derni&#232;re id&#233;e de Carole, monter un nouveau spectacle avec des hommes, pour parler aussi des st&#233;r&#233;otypes masculins. &#171; &lt;i&gt;Une majorit&#233; de maris consid&#232;rent que le th&#233;&#226;tre est un truc de bonnes femmes, certains se moquent, d'autres encouragent, mais ils sont peu &#224; comprendre vraiment, alors il va falloir se relever les manches, mais on peut y arriver.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marseille Quartiers Nord : &#171; Sortir de la Cast&#233; &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Marseille-Quartiers-Nord-Sortir-de</link>
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		<dc:date>2016-01-25T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;Pendant un an, le photographe Teddy Seguin et son association Les Girelles ont travaill&#233; &#224; un projet commun avec des jeunes de la Castellane, dans les quartiers Nord de Marseille. Amiel, Afa, Fayad, Nani, Oussam, Rayan, Ryad et Slam ont verni leur premi&#232;re exposition, &#171; Les quatre saisons de la Castellane &#187;, pr&#233;sentation d'un regard po&#233;tique, parfois ironique, sur leur cit&#233;. Une galerie-restaurant situ&#233;e rue de la Joliette &#224; Marseille, dans le quartier r&#233;habilit&#233; de la R&#233;publique. Un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no139-janvier-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;139 (janvier 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Fayad-Mohamed" rel="tag"&gt;Fayad Mohamed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Republique" rel="tag"&gt;R&#233;publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Nani" rel="tag"&gt;Nani&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/galerie-restaurant-situee" rel="tag"&gt;galerie-restaurant situ&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/situee-rue" rel="tag"&gt;situ&#233;e rue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Joliette" rel="tag"&gt;Joliette&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant un an, le photographe Teddy Seguin et son association Les Girelles ont travaill&#233; &#224; un projet commun avec des jeunes de la Castellane, dans les quartiers Nord de Marseille. Amiel, Afa, Fayad, Nani, Oussam, Rayan, Ryad et Slam ont verni leur premi&#232;re exposition, &#171; Les quatre saisons de la Castellane &#187;, pr&#233;sentation d'un regard po&#233;tique, parfois ironique, sur leur cit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une galerie-restaurant situ&#233;e rue de la Joliette &#224; Marseille, dans le quartier r&#233;habilit&#233; de la R&#233;publique. Un homme, la soixantaine, s'approche de Nani. Il vient d'acqu&#233;rir une photographie et compte bien lui dire ce qu'il en pense. &#171; &lt;i&gt;M&#234;me si tu oublies, parce que tu vas oublier, je vais te dire ce que je pense de cette image : tu l'as faite par hasard. Continue &#224; travailler par hasard. Dans la perspective, le cadre, le grain, on passe d'&#233;l&#233;ments r&#233;els &#224; l'Irr&#233;el. Ce qui fait que la photo est esth&#233;tique, je dirais m&#234;me esth&#233;tisante, c'est qu'on n'est ni dans le r&#233;el, ni dans l'irr&#233;alit&#233; totale. Ta photo permet &#224; quelqu'un d'autre de mettre sa part d'imaginaire dans l'image, il y a un rapport d'&#233;motion qui se cr&#233;e. Elle est vachement r&#233;ussie. Continue comme &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; Combien l'a-t-il achet&#233;e ? &#171; 1&lt;i&gt;50 euros. J'ai 67 ans. Je suis amateur de photographie et je suis abonn&#233; au gaz et &#224; l'&#233;lectricit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1633 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH285/caste_1-e56c1.jpg?1780010584' width='500' height='285' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Fayad Mohamed.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je demande &#224; Nani ce que &#231;a lui fait d'&#234;tre achet&#233;, et ce qu'il pense de ce que lui a dit l'abonn&#233;. &#171; &lt;i&gt;Je suis content, je suis &#233;mu. C'est un compliment. C'est &#233;tonnant de payer 150 euros pour une photo, non ? &#199;a donne envie de continuer. Quand j'ai commenc&#233; l'atelier, Teddy, c'&#233;tait le premier photographe que je voyais. &#192; part toi, quand tu nous as photographi&#233;s au coll&#232;ge ! Tout le monde peut faire des photos, c'est facile.&lt;/i&gt; &#187; Nani regarde autour de lui, satisfait. &#171; &lt;i&gt; Avec le groupe, on est mont&#233; &#224; Paris, dans un journal, pour participer un peu &#224; leur travail. La r&#233;daction est dans un ancien parking. On a assist&#233; &#224; une r&#233;union. Les gens sont bizarres et sympas &#224; la fois. Mais c'est trop de travail, &#231;a me plairait pas trop de le faire. Moi je suis en seconde &#233;lectricit&#233; au lyc&#233;e pro de Saint-Henri, j'ai 15 ans, et j'ai pas envie d'en faire mon m&#233;tier. Mais la photo, &#231;a nous a permis de donner une autre image du quartier, d'&#234;tre un peu positifs, de montrer la vie, les loisirs, le quotidien de chez nous. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre photographie, r&#233;alis&#233;e par Oussam, est accroch&#233;e un peu plus loin. Elle repr&#233;sente un arbre en grand format. Elle est quasiment monochrome, tr&#232;s simple. &#171; &lt;i&gt;C'est un arbre de la Cast&#233;. C'est le plus grand. Il est tr&#232;s pench&#233; en v&#233;rit&#233;. Mais je l'ai remis droit, il &#233;tait trop pench&#233;. C'est g&#234;nant trop pench&#233;, on a peur qu'il tombe.&lt;/i&gt; &#187; Ce clich&#233; a &#233;t&#233; pris au d&#233;but de l'atelier, il y a un an environ, avant que les jeunes ne se soient rapproch&#233;s petit &#224; petit des habitants, alors qu'ils se situaient encore dans la description formelle de leur quartier. &#171; &lt;i&gt;La photo c'est simple &#224; ma&#238;triser, c'est s&#251;r que je vais continuer. Mais je suis en cinqui&#232;me, j'ai 13 ans, et je ne sais pas encore ce que je veux faire. J'aurais peur de ne pas gagner assez de sous pour voyager, parce que je veux aller partout. Les photos, on n'est jamais s&#251;r que quelqu'un nous les ach&#232;te.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelqu'un invective Nani au milieu de la salle : &#171; &lt;i&gt;Eh Nani, tu as vendu deux photos, c'est les Kabyles qui ach&#232;tent, ou quoi ?&lt;/i&gt; &#187; Nani rougit, g&#234;n&#233;. En ce soir de vernissage, certains ont vendu des images, plusieurs parfois, et d'autres pas. Ils essaient de savoir qui, laquelle, par qui, et pourquoi. Que feront-ils de cet argent ? Ils ne savent pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nabaoui est &#233;ducateur au centre social de la Castellane, il accompagne les jeunes ce soir-l&#224;. &#171; &lt;i&gt;Teddy, c'est le premier photographe &#224; venir, on n'avait jamais fait &#231;a avant.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;C'est valorisant et b&#233;n&#233;fique. Les minots voient le r&#233;sultat du travail accompli. Nous, on donne une vraie image du quartier. Il peut ne pas s'y passer grand-chose. C'est vrai que c'&#233;tait plus vivant avant, mais aujourd'hui, c'est cette r&#233;alit&#233; que les gamins affrontent. Avec le trafic, tout est plus compliqu&#233; &#8211; mais c'est la Cast&#233; telle qu'elle est. Ils en sont fiers, fiers de la faire descendre en centre-ville et de la montrer &#224; Paris. Ces images, ce sont les leurs, leurs couleurs, leurs lumi&#232;res. On a fait un travail, et il n'est pas destin&#233; qu'au centre, il voyage, il a une vie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1634 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/caste2-eed22.jpg?1780010585' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Fayad Mohamed.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un photographe professionnel r&#244;de. &#171; &lt;i&gt;Le premier b&#233;n&#233;fice, c'est qu'on prenne conscience que derri&#232;re ces murs, il y a des gens qui vivent. Nous, les photographes professionnels, que la presse envoie parfois faire des images dans ces quartiers, on n'y conna&#238;t plus personne. J'ai travaill&#233; sur le tournage de Blier en 1993 &#224; la Castellane&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour son film Un, deux, trois, soleil.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, j&lt;i&gt;'y ai photographi&#233; Mastroianni. Tout le d&#233;cor du bar avait &#233;t&#233; construit sur place, c'est quasiment inenvisageable aujourd'hui. Pourquoi les journaux ne commanderaient pas les photos directement aux jeunes d'ici ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Teddy de conclure : &#171; &lt;i&gt;C'est bien qu'on soit arriv&#233; jusqu'ici, le lieu est symbolique : en centre-ville, dans une galerie, un lieu d'exposition classique. Les publics sont m&#233;lang&#233;s, celui du resto, celui du quartier, les plus officiels. L'id&#233;e initiale de l'atelier, c'&#233;tait de documenter le quartier en se servant de ses &#233;motions. Aujourd'hui, on y est arriv&#233;. Le plus dr&#244;le, c'est que maintenant les minots tournent en rond, ils veulent sortir du quartier. Tout le monde s'est pris au jeu, eux, moi. On va continuer l'ann&#233;e prochaine et on va sortir de la Cast&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour son film &lt;i&gt;Un, deux, trois, soleil&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rape tout</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Rape-tout</link>
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		<dc:date>2010-05-29T11:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ancien d&#233;tenu, Mouloud se d&#233;m&#232;ne &#224; l'ext&#233;rieur pour que sa zique de pr&#233;dilection, le rap, ait droit de cit&#233; &#224; l'int&#233;rieur. &#192; Toulon, lunettes noires, baskets &#233;lectriques et th&#233; citron, il invite CQFD dans un rade, face &#224; la mer&#8230; M&#233;chante rencontre. DEPUIS QUAND organises-tu des concerts de rap en prison ? Dans les ann&#233;es 90, j'en organisais d&#233;j&#224; dehors, &#224; Toulon. En 1999, j'ai &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233; et, partout o&#249; je suis pass&#233;, j'ai demand&#233; &#224; rencontrer le directeur pour proposer des concerts (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no77-avril-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;77 (avril 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/detenus" rel="tag"&gt;d&#233;tenus&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai-monte" rel="tag"&gt;j'ai mont&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai-explique" rel="tag"&gt;j'ai expliqu&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ancien d&#233;tenu, Mouloud se d&#233;m&#232;ne &#224; l'ext&#233;rieur pour que sa zique de pr&#233;dilection, le rap, ait droit de cit&#233; &#224; l'int&#233;rieur. &#192; Toulon, lunettes noires, baskets &#233;lectriques et th&#233; citron, il invite &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; dans un rade, face &#224; la mer&#8230; M&#233;chante rencontre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DEPUIS QUAND organises-tu des concerts de rap en prison ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 90, j'en organisais d&#233;j&#224; dehors, &#224; Toulon. En 1999, j'ai &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233; et, partout o&#249; je suis pass&#233;, j'ai demand&#233; &#224; rencontrer le directeur pour proposer des concerts et obtenir du mat&#233;riel. Ils m'ont tous pris pour un fou ! Apr&#232;s six ans de maisons d'arr&#234;t, j'ai &#233;t&#233; transf&#233;r&#233; au centre de d&#233;tention de Val-de-Reuil [Eure]. C'&#233;tait le plus grand d'Europe, et il y avait des infrastructures pour faire venir des groupes&#8230; Alors, j'ai expliqu&#233; au directeur que j'&#233;tais un ancien DJ et que j'aimerais avoir du mat&#233;riel pour organiser des concerts. Il m'a r&#233;pondu : &lt;i&gt;&#171; OK, restez en observation un mois, et on verra &#187;&lt;/i&gt;. Six mois plus tard, ils ont organis&#233; une journ&#233;e &#233;questre ! Je suis donc retourn&#233; le voir : &lt;i&gt;&#171; Bon, si vous pouvez faire rentrer des chevaux, je pense qu'une paire de platines et quelques micros, &#231;a devrait pas &#234;tre bien compliqu&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Il m'a conseill&#233; de monter un projet. J'ai appel&#233; les mecs avec qui je bossais dehors &#8211; mes potes de Radio Active, une radio associative toulonnaise &#8211; et j'ai fait mon premier concert avec Daddy Lord C de la Cliqua. Content du r&#233;sultat, le directeur a investi 12 000 euros dans du matos son. Par la suite, j'ai&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_376 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L291xH354/remi77-e8dc7.jpg?1779604438' width='291' height='354' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;organis&#233; six concerts en tant que d&#233;tenu, avec M&#233;dine, Bouch&#233;es Doubles, Sefyu, LIM, El Matador &amp; Brasco, Proof &#8211; des producteurs de rap&#8230; et j'ai mont&#233; des ateliers d'&#233;criture et de musique assist&#233;e par ordinateur (MAO).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et tu as continu&#233; une fois lib&#233;r&#233;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis sorti en conditionnelle en juin 2008, et je n'ai pas eu envie d'arr&#234;ter. Une fois dehors, c'&#233;tait plus facile, je pouvais aller voir les rappeurs directement. J'ai contact&#233; les Services p&#233;nitentiaires d'insertion et de probation (Spip) de toute la r&#233;gion en expliquant : &lt;i&gt;&#171; Je vous ram&#232;ne des artistes, j'organise un concert clef en main, je m'occupe des autorisations, et c'est gratos &#187;&lt;/i&gt;. J'ai mont&#233; une premi&#232;re tourn&#233;e pour les f&#234;tes de No&#235;l en 2008, avec M&#233;dine, Tunisiano, Sat L'Artificier et Kery James. Dans chaque taule, le concert dure une heure, et le rappeur reste une heure de plus avec les d&#233;tenus. Quand Sefyu est venu &#224; la prison de Val-de-Reuil, il m'a dit : &lt;i&gt;&#171; Mouloud, quand tu sors, essaye de continuer ton projet, je ferai un concert gratuit pour que tu r&#233;cup&#232;res des fonds &#187;&lt;/i&gt;. Je l'ai rappel&#233; direct, il m'a dit oui, et j'ai cr&#233;&#233; les concerts Hip Hop Convict Support avec, entre autres, lors de la premi&#232;re, au petit Zenith de Toulon, Alibi Montana, Freeman d'IAM, Al Peco, La Fouine&#8230; Ils ont tous jou&#233; gratos et on a pu monter la deuxi&#232;me tourn&#233;e des taules pour la f&#234;te de la Musique. Entre 2008 et 2009, gr&#226;ce aux concerts payants &#224; l'ext&#233;rieur, on a pu en financer 25 en prison !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les artistes de rap fran&#231;ais ont un morceau sur la prison. C'est aussi pour &#231;a que je suis all&#233; les voir : quand tu parles des mecs en taule, tu ne peux pas leur refuser un concert, sinon t'es plus cr&#233;dible. Seuls les ex-d&#233;tenus ne peuvent plus venir jouer dedans,mais heureusement, il n'y a pas beaucoup de voyous dans le rap ! Pour moi, par contre, c'est fini&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment les concerts sont-ils per&#231;us par les d&#233;tenus ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne sont pas tous des fans de rap,mais un concert de deux heures, c'est deux heures de libert&#233;. Ensuite, tu peux en parler pendant trois mois en promenade. &#192; l'int&#233;rieur, j'ai vu quelle culture ils proposent aux d&#233;tenus&#8230; C'est rien, c'est des cailloux. Ceux qui en sont charg&#233;s font rentrer leurs potes qui jouent de la musique &#8211;des groupes locaux tout nazes, des chants religieux &#8211; ou qui font du sport&#8230; Ce n'est pas parce qu'on est en prison qu'il faut nous refiler de la merde ! Les nouvelles taules de Sarkozy, comme celle de Toulon &#8211; La Farl&#232;de, sont &#224; l'image de sa politique. Ils les ont construites sans aucune salle de spectacle : c'est tr&#232;s grand, plein de b&#233;ton, plein de place, vid&#233;o-surveill&#233;&#8230; Mais pas fait pour la culture. Traduction : ils n'en ont rien &#224; foutre de la r&#233;insertion des mecs. Moi, par exemple, pour mon &lt;i&gt;&#171; projet professionnel &lt;/i&gt; &#187;, j'ai expliqu&#233; que j'avais &#233;t&#233; dealer. &lt;i&gt;&#171; Ah, comp&#233;tences transf&#233;rables &#187;&lt;/i&gt; : j'ai donc fait une formation de vente ! Plus s&#233;rieusement : plus la prison sera dure, plus il y aura de suicides ; plus les peines seront longues, plus il y aura de suicides ; moins il y aura d'humanit&#233;, plus y aura de r&#233;cidive. Pour repenser la prison, appeleznous, nous, les anciens d&#233;tenus, on vous dira ce qu'on en pense !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a-t-il des taules o&#249; tu ne peux rien organiser ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;coute, je fais des concerts dans toutes les prisons de la r&#233;gion, et la seule o&#249; je n'y arrive pas, c'est les Baumettes &#224; Marseille. L&#224;-bas, l'association qui s'occupe de la culture, et qui a assez d'argent pour faire un peu ce qu'elle veut, refuse tous les rendez-vous. Ils doivent penser, comme cet enfoir&#233; d'&#201;ric Zemmour, que le rap est une sous-culture. Ils ne veulent pas proposer autre chose, m&#234;me si le public est demandeur. Mais, h&#233;, on va finir par y rentrer ! Aux d&#233;tenus des Baumettes : allez voir les Spip, mettez leur la pression de l'int&#233;rieur pour demander des concerts de rap, et on viendra avec du lourd !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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