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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Journal de critique et d'exp&#233;rimentation sociales, tous les 15 du mois en kiosques.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Blitzkrieg m&#233;diatique sur la Gr&#232;ce</title>
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		<dc:date>2012-01-18T06:46:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Cyran</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>

		<description>&#192; l'instar du satyre, ce demi-dieu &#224; jambes de bouc de leur mythologie, les Grecs dansent, chantent, boivent sur le dos des Allemands. Telle est la caricature dont la presse outre-Rhin fait ses choux gras pour stigmatiser la paresse et les m&#339;urs d&#233;prav&#233;es de toute une nation. Juste de quoi pr&#233;parer les esprits &#224; une restructuration radicale de l'Union europ&#233;enne. Non contents d'avoir ruin&#233; l'euro, ces fain&#233;ants de Grecs vont-ils nous bousiller en prime notre libert&#233; d'expression ? C'est la question qui (...)

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&lt;a href="http://www.cqfd-journal.org/CQFD-no95-decembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;95 (d&#233;cembre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.cqfd-journal.org/Medias" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'instar du satyre, ce demi-dieu &#224; jambes de bouc de leur mythologie, les Grecs dansent, chantent, boivent sur le dos des Allemands. Telle est la caricature dont la presse outre-Rhin fait ses choux gras pour stigmatiser la paresse et les m&#339;urs d&#233;prav&#233;es de toute une nation. Juste de quoi pr&#233;parer les esprits &#224; une restructuration radicale de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Non contents&lt;/strong&gt; d'avoir ruin&#233; l'euro, ces fain&#233;ants de Grecs vont-ils nous bousiller en prime notre libert&#233; d'expression ? C'est la question qui traumatise la presse allemande depuis l'ouverture &#224; Ath&#232;nes du proc&#232;s de l'un de ses plus robustes repr&#233;sentants, l'hebdomadaire &lt;i&gt;Focus&lt;/i&gt;. En f&#233;vrier 2010, le &#171; news magazine moderne &#187; &#233;dit&#233; &#224; Munich avait consacr&#233; &#224; la Gr&#232;ce un dossier r&#233;pertoriant les tares de sa population, pr&#233;sent&#233;e comme un ramassis de f&#234;tards goulus et fraudeurs qui pr&#233;f&#232;rent danser le sirtaki plut&#244;t que d'aller travailler. En couverture, une V&#233;nus de Milo faisant un doigt d'honneur au lecteur illustrait l'accroche du num&#233;ro : &#171; Les escrocs de l'euro-famille &#187;. Preuve que ces gens-l&#224; sont aussi chatouilleux que voleurs, sept Grecs portent plainte contre Focus pour injure et diffamation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_241 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:400px;'&gt;
&lt;img src='http://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH461/95_Aigle_teuton_Remi-7e406.jpg' width='400' height='461' alt=&quot;par R&#233;mi&quot; title=&quot;par R&#233;mi&quot; style='height:461px;width:400px;' /&gt;&lt;/span&gt;Dans un premier temps, la direction du journal se montre confiante : aucune chance que dans un pays d&#233;mocratique, f&#251;t-il aussi vicieux que la Gr&#232;ce, une poign&#233;e de buveurs d'ouzo puissent demander r&#233;paration pour une offense qui ne visait personne en particulier &#8211; seulement un peuple dans son ensemble. La libert&#233; d'expression et le droit &#224; la satire ne sont-ils pas des &#171; valeurs europ&#233;ennes par excellence &#187;, comme le rappelle l'association des journalistes allemands ? Contre toute attente, pourtant, les juges ath&#233;niens font la sourde oreille et d&#233;clarent la plainte recevable. &lt;i&gt;&#171; La bo&#238;te de Pandore est ouverte &#187;&lt;/i&gt;, s'alarme l'avocate de &lt;i&gt;Focus&lt;/i&gt;. Et les &#233;ditorialistes allemands de lui embo&#238;ter le pas, sur l'air de &lt;i&gt;&#171; c'est la libert&#233; de la presse qu'on assassine &#187;&lt;/i&gt;. La preuve, au fond, que &lt;i&gt;Focus&lt;/i&gt; avait bien raison de cogner sur les Grecs. Bien raison, aussi, de boycotter un tribunal aussi manifestement hostile aux plus nobles &lt;i&gt;&#171; valeurs europ&#233;ennes &#187;&lt;/i&gt;. Le proc&#232;s, ouvert le 29 novembre, se tiendra donc en l'absence des accus&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Curieusement, cette affaire n'a encore suscit&#233; aucune r&#233;action en France. Tout porte &#224; croire pourtant que la libert&#233; de conchier les Grecs constitue un droit aussi inali&#233;nable que celui, fi&#232;rement brandi au pays de Voltaire, de conspuer les musulmans. Nul doute que, si l'envie prenait &#224; un Grec de jeter une bouteille de liquide inflammable dans la vitrine de &lt;i&gt;Focus&lt;/i&gt;, les m&#233;dias fran&#231;ais unanimes s'empresseraient d'apporter leur vibrant soutien &#224; leurs confr&#232;res allemands et de condamner avec la plus grande fermet&#233; la vague d'intol&#233;rance qui d&#233;ferle sur le monde hell&#233;nique. &lt;i&gt;&#171; On n'a rien contre les Grecs, mais si on peut plus d&#233;conner sur eux, alors on peut plus rire de rien &#187;&lt;/i&gt;, ne manquerait pas de d&#233;clarer le directeur de &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais nous n'en sommes pas l&#224;. Pour l'heure, la libert&#233; d'expression &#8211; entendue comme la libert&#233; de se fabriquer des boucs &#233;missaires et de convier ses lecteurs &#224; taper dessus &#8211; se porte plut&#244;t bien en Allemagne. Car &lt;i&gt;Focus&lt;/i&gt; n'est pas le seul journal &#224; dire ses quatre v&#233;rit&#233;s aux Grecs. La p&#233;dagogie qui consiste &#224; imputer la &#171; crise &#187; non pas aux banques, mais au peuple europ&#233;en le plus impitoyablement brutalis&#233; par elles, est pratiqu&#233;e avec entrain par toute la presse de boulevard, le &lt;i&gt;Bild Zeitung&lt;/i&gt; en t&#234;te. Depuis presque deux ans, le fleuron du groupe Axel-Springer r&#233;p&#232;te inlassablement &#224; ses neuf millions de lecteurs quotidiens que c'est la faute aux Grecs si l'euro est dans les choux et que c'est pour leur payer leurs souvlakis que le contribuable allemand se serre la ceinture. Pour ces &#171; fain&#233;ants &#187;, une seule promesse, brandie en lettres grosses comme des coups de poing : &lt;i&gt;&#171; Vous n'aurez rien de nous &#187;&lt;/i&gt; (21 juin 2011).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 10 mars 2010, alors que le Premier ministre grec d&#233;barque &#224; Berlin pour s'informer si sa population va devoir manger des pissenlits ou des cailloux, le &lt;i&gt;Bild Zeitung&lt;/i&gt; lui administre en une cette lettre ouverte : &lt;i&gt;&#171; L'Allemagne aussi a de grosses dettes, mais nous, nous pouvons les rembourser. Parce que nous nous levons t&#244;t le matin et travaillons toute la journ&#233;e. Parce que nous veillons &#224; &#233;pargner une partie de nos salaires en pr&#233;vision des jours difficiles. Parce que nous avons des entreprises en bonne sant&#233;, dont les produits sont convoit&#233;s aux quatre coins du globe. &#187; &lt;/i&gt; La faute aux Grecs, l&#224; encore, s'ils ne poss&#232;dent aucune des qualit&#233;s morales dont nous, les Allemands, sommes si abondamment pourvus.
La presse bourgeoise tient le m&#234;me langage, mais &#233;l&#233;gamment suspendu &#224; des points d'interrogation.&lt;i&gt; &#171; Combien nous co&#251;tent les Grecs ? &#187;&lt;/i&gt;, s'interroge le journal d'affaires &lt;i&gt;Frankfurter Allgemeine Zeitung&lt;/i&gt; (22 mai 2011), tandis que &lt;i&gt;Die Welt&lt;/i&gt;, le m&#234;me jour, pose sans tabous la question qui d&#233;range : &lt;i&gt;&#171; Les Europ&#233;ens du Sud sont-ils vraiment paresseux ? &#187;&lt;/i&gt;
Pour autant, les robustes fantassins de la libert&#233; d'expression n'ignorent pas que l'Europe, ainsi que nous l'ont promis ses promoteurs, reste d'abord et avant tout un espace de paix et de coop&#233;ration entre les peuples. Aussi, quand des manifestants grecs se mettent brusquement, on se demande pourquoi, &#224; agiter des pancartes hostiles &#224; l'Allemagne, cette animatrice d'une &#233;mission de talk-show de la t&#233;l&#233;vision bavaroise ne parvient pas &#224; masquer son incompr&#233;hension : &lt;i&gt;&#171; Mais pourquoi les Grecs nous d&#233;testent-ils de plus en plus, nous les Allemands, alors que nous leur donnons tant d'argent ? [&#8230;] Quand on voit des manifestants qui nous caricaturent avec des croix gamm&#233;es, franchement, &#231;a vous coupe l'envie de leur envoyer les sous que nous avons si durement gagn&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#192; la niche, les journalistes !</title>
		<link>http://www.cqfd-journal.org/A-la-niche-les-journalistes</link>
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		<dc:date>2012-01-14T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>

		<description>Le film de Balbastre et Kergoat, Les Nouveaux chiens de garde, remue une fois encore le couteau dans la plaie du journalisme de connivence. Saine activit&#233;, puisque l'engeance m&#233;diatique s'ent&#234;te toujours &#224; nous faire croire que nous sommes des citoyens libres et inform&#233;s&#8230; Lagard&#232;re, Dassault, Bouygues, Pinault-Printemps-Redoute, Bollor&#233;&#8230; De grands groupes industriels ? Certes. Mais aussi, et surtout, les propri&#233;taires de nombreux m&#233;dias fran&#231;ais. Des patrons de presse qui &#171; exercent leur pouvoir sur (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le film de Balbastre et Kergoat, &lt;a href=&quot;http://www.lesnouveauxchiensdegarde.com/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Les Nouveaux chiens de garde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, remue une fois encore le couteau dans la plaie du journalisme de connivence. Saine activit&#233;, puisque l'engeance m&#233;diatique s'ent&#234;te toujours &#224; nous faire croire que nous sommes des citoyens libres et inform&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lagard&#232;re, Dassault, Bouygues, Pinault-Printemps-Redoute, Bollor&#233;&#8230; De grands groupes industriels ? Certes. Mais aussi, et surtout, les propri&#233;taires de nombreux m&#233;dias fran&#231;ais. Des patrons de presse qui &#171; exercent leur pouvoir sur [leurs journaux] &#187;, comme l'admet sans rechigner le taulier de l'hebdomadaire des grands-p&#232;res, Franz-Olivier Giesbert, dans le documentaire &lt;i&gt;Les Nouveaux chien de garde&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='En salle depuis le 11 janvier.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;alisateurs, Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, ont eu la gentillesse d'organiser une s&#233;ance de rattrapage pour ceux qui auraient omis de lire le bouquin &#233;ponyme de Serge Halimi paru en 1997 [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Serge Halimi, Les Nouveaux chiens de garde, Liber-Raisons d'agir, (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]. Un opuscule qui avait provoqu&#233;, en son temps, quelques remous dans le cloaque m&#233;diatique. Le postulat de base est bien connu des lecteurs d'&lt;a href=&quot;http://www.acrimed.org/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Action critique m&#233;dias&lt;/a&gt; (Acrimed) et de feu &lt;i&gt;Le Plan B&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; Les m&#233;dias se proclament &#8220;contre-pouvoir&#8221;. Pourtant, la grande majorit&#233; des journaux, radios et des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision appartiennent &#224; des groupes industriels ou financiers intimement li&#233;s au pouvoir. [&#8230;] Aujourd'hui, les chiens de garde, ce sont ces journalistes, &#233;ditorialistes et experts m&#233;diatiques devenus &#233;vang&#233;listes du march&#233; et gardiens de l'ordre social. &#187; &lt;/i&gt; Des propos &#233;tay&#233;s par de nombreuses images d'archives joliment mises en sc&#232;ne dans un salon &#233;volutif. Devant tant de compromissions &#233;hont&#233;es, le spectateur ne peut que rire&#8230; jaune. Partageant &lt;i&gt;&#171; les m&#234;mes valeurs, les m&#234;mes amiti&#233;s, le m&#234;me mode de vie &#187;&lt;/i&gt;, comment journalistes vedettes, hommes politiques et grands patrons pourraient-ils avoir des int&#233;r&#234;ts divergents ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La proximit&#233; est telle que nombre de stars des m&#233;dias s'abreuvent directement &#224; la source des grands groupes industriels, toute honte bue. Dans leur jargon, l'on appelle cela &lt;i&gt;&#171; faire des m&#233;nages &#187;&lt;/i&gt;, ou comment rentabiliser sa notori&#233;t&#233; en facturant des animations de colloques ou autres assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. Isabelle Giordano, par exemple, a &lt;i&gt;&#171; fait un m&#233;nage pour la soci&#233;t&#233; de cr&#233;dit &#224; la consommation Sofinco, et a invit&#233; le directeur de la communication de cette soci&#233;t&#233; dans son &#233;mission de d&#233;fense des consommateurs, Service public, sur France Inter. &#187;&lt;/i&gt; &#171; La diff&#233;rence, c'est l'ind&#233;pendance &#187;, comme dit le slogan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;alisateurs r&#232;glent aussi leur compte aux &#171; experts &#187; &#8211; Alain Minc, Michel Godet, Daniel Cohen,&#8230; &#8211; qui monopolisent les m&#233;dias depuis tant d'ann&#233;es pour &lt;i&gt;&#171; pr&#234;cher les th&#232;ses de l'&#233;conomie n&#233;olib&#233;rale &#187;&lt;/i&gt;. Ils sont toujours pr&#233;sent&#233;s sous leur &#233;tiquette la plus respectable, mais &lt;i&gt;&#171; le spectateur regarderait tout autrement un brillant &#233;conomiste universitaire s'il savait que cet &#233;conomiste est largement r&#233;tribu&#233; par les banques, les assurances, et les soci&#233;t&#233;s priv&#233;es comme administrateur. C'est-&#224;-dire au centre de la gestion de ces entreprises&lt;/i&gt;, explique l'&#233;conomiste Jean Gadrey. &lt;i&gt;Comment rester ind&#233;pendant quand on est totalement ins&#233;r&#233; dans des r&#233;seaux de milieux d'affaires ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non sans avoir &#233;pingl&#233; les faux impertinents r&#233;cup&#233;r&#233;s, tels Michel &#171; Bigoudis &#187; Field et Philippe &#171; Prognathe &#187; Val, le documentaire s'attaque &#224; la repr&#233;sentation m&#233;diatique des quartiers populaires. Il est rappel&#233; qu'&#224; chaque r&#233;volte &#8211; en banlieue ou dans des usines &#8211;, la presse aux ordres s'&#233;gosille en appels au calme. Michel Naudy, ancien journaliste &#224; France 3 et co-fondateur de l'hebdo Politis, s'interroge : &lt;i&gt;&#171; Est-ce qu'on admet que, &#224; l'ill&#233;gitimit&#233; de l'exploitation, du m&#233;pris que l'on impose [aux classes populaires] peut correspondre la l&#233;gitimit&#233; de la violence qui peut exister dans leur r&#233;volte ? Tout est l&#224;. Il est une violence symbolique l&#233;gitime pour monsieur Pujadas. Il est une violence physique, collective, ill&#233;gitime pour monsieur Pujadas. La ligne de partage se fait, excusez-moi de l'archa&#239;sme du mot, selon des int&#233;r&#234;ts de classe. &#187;&lt;/i&gt; Il compl&#232;te : &lt;i&gt;&#171; Pour les journalistes, les classes populaires, c'est une r&#233;serve d'indiens, ils ne les connaissent pas, ils ne viennent pas de ces milieux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour parler clair et en toute transparence, ce film n'est-il pas un plaidoyer pour la presse faite par des gueux, pour la pl&#232;be ? CQFD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] En salle depuis le 11 janvier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Serge Halimi, &lt;a href=&quot;http://www.homme-moderne.org/raisonsdagir-editions/catalog/halimi/chiens2.html&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Les Nouveaux chiens de garde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Liber-Raisons d'agir, 1997.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Rebondissement dans l'affaire Bettencourt !</title>
		<link>http://www.cqfd-journal.org/Rebondissement-dans-l-affaire</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.cqfd-journal.org/Rebondissement-dans-l-affaire</guid>
		<dc:date>2011-11-24T06:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>

		<description>L'ami Nardo, qui dessine &#224; ses heures perdues pour le Chien rouge, le fait aussi pour d'autres. Bien mal lui en prend, car il &#233;tait convoqu&#233; en septembre avec deux autres comparses devant la chambre des d&#233;lits de presse du TGI de Paris. &#201;tait ainsi reproch&#233; &#224; notre Nardo et ses complices d'avoir &#171; sur l'ensemble du territoire national &#187;, s'il vous pla&#238;t, &#171; port&#233; atteinte &#224; l'honneur et &#224; la consid&#233;ration &#187; du consid&#233;rable monsieur Fran&#231;ois-Marie Banier, celui-l&#224; m&#234;me de l'affaire Bettencourt, par la (...)

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&lt;a href="http://www.cqfd-journal.org/CQFD-no93-octobre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;93 (octobre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.cqfd-journal.org/Medias" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ami &lt;a href=&quot;http://cqfd-journal.org/Nardo&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Nardo&lt;/a&gt;, qui dessine &#224; ses heures perdues pour le Chien rouge, le fait aussi pour d'autres. Bien mal lui en prend, car il &#233;tait convoqu&#233; en septembre avec deux autres comparses devant la chambre des d&#233;lits de presse du TGI de Paris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;tait ainsi reproch&#233; &#224; notre Nardo et ses complices d'avoir &lt;i&gt;&#171; sur l'ensemble du territoire national &#187;&lt;/i&gt;, s'il vous pla&#238;t, &lt;i&gt;&#171; port&#233; atteinte &#224; l'honneur et &#224; la consid&#233;ration &#187;&lt;/i&gt; du consid&#233;rable monsieur Fran&#231;ois-Marie Banier, celui-l&#224; m&#234;me de l'affaire Bettencourt, par la publication sur le site de &lt;i&gt;Bakchich&lt;/i&gt; d'un article qui &lt;i&gt;&#171; l'accablait &#187;&lt;/i&gt;. En l'esp&#232;ce, le t&#233;moignage d'un petit-fils, non pas de Bettencourt, mais d'une autre vieille amie de Banier, qui d&#233;crivait le photographe de mani&#232;re haute en couleurs, &lt;i&gt;&#171; montant sur la table et urinant dans les tasses &#187;&lt;/i&gt;, ou bien encore, poussant m&#233;m&#233;, non pas dans les orties, mais dans l'escalier. L'inf&#226;me Nardo avait orn&#233; le papier d'un r&#233;pugnant dessin dans lequel un ignoble personnage disait : &lt;i&gt;&#171; Il escroque les vieilles peaux qu'il baise. &#187;&lt;/i&gt; Circonstance aggravante, Bakchich avait cas&#233; l'article dans sa rubrique &#171; Filouteries &#187; et y avait ajout&#233; le mot-cl&#233; &#171; pickpocket &#187;. Le directeur de la publication informa donc bri&#232;vement le tribunal sur la fonction respective des rubriques et des mots-cl&#233;s sur un site web. La journaliste expliqua que &lt;i&gt;&#171; &#231;a cognait dur &#224; l'&#233;poque &#187; &lt;/i&gt; et qu'elle avait donc cherch&#233; &lt;i&gt;&#171; un t&#233;moignage direct, pas des ragots &#187; &lt;/i&gt; (en fait, plus prosa&#239;quement, la retranscription du proc&#232;s-verbal d'une audition par la police dudit petit-fils). Et avait-elle cherch&#233; &#224; joindre le sieur Banier pour avoir son avis ? &lt;i&gt;&#171; Oui, je suis tomb&#233;e sur quelqu'un qui s'est pr&#233;sent&#233; comme son majordome. &#8211; Mais monsieur Banier dit qu'il n'a pas de majordome. &#8211; C'est ainsi qu'il s'est pr&#233;sent&#233;, et je lui ai indiqu&#233; ce que j'avais dans ma besace. &#8211; Vous lui avez tout dit ? &#8211; Oui. &#8211; C'est peut-&#234;tre, vis-&#224;-vis d'un majordome, un manque de discr&#233;tion. &#187;&lt;/i&gt; Diable, la justice n'est jamais contente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vint ensuite le tour de l'abject Nardo, qui avait pris soin de se d&#233;placer &#224; la barre avec le carnet &#224; dessins dans lequel il venait de croquer le juge. Il indiqua, l'insolent, que l'article l'avait fait rire, ce qui arracha un rictus au tribunal. &lt;i&gt;&#171; Les commentaires, vous n'y &#234;tes pas all&#233;s de main morte quand m&#234;me ! &#187;&lt;/i&gt; &#8211; &#224; quoi le docte Nardo r&#233;pondit que &lt;i&gt;&#171; dans le dessin de presse, l'espace est limit&#233;, et ce langage un peu percutant est n&#233;cessaire &#187;&lt;/i&gt;, avant d'ajouter, l'effront&#233;, que &lt;i&gt;&#171; parfois, certains peuvent trouver &#231;a d&#233;plorable et il y a des dessins qui ne me font plus rire, mais celui-l&#224;, si, toujours &#187;&lt;/i&gt;. Le juge hocha la t&#234;te et indiqua sobrement : &lt;i&gt;&#171; Pas monsieur Banier &#187;&lt;/i&gt;. Puis il ajouta tout aussi sobrement : &lt;i&gt;&#171; La partie civile demande 10 000 euros. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'avocat de Banier se leva, rappela que c'&#233;tait la troisi&#232;me fois qu'il se retrouvait devant ce tribunal pour des faits similaires et que chaque fois il avait gagn&#233; (il ne pr&#233;cisa pas tout de suite : un euro symbolique). Il crut bon d'ajouter que son client &#233;tait particuli&#232;rement soucieux qu'on puisse le joindre, et qu'il mettait ainsi, grand seigneur, &lt;i&gt;&#171; un site Internet avec une rubrique &#8216;&#8216;contact'' &#187;&lt;/i&gt; &#224; la disposition du public. Loin de charger le vil Nardo, cependant, il rendit hommage &#224; son &#224;-propos : &lt;i&gt;&#171; Il indique bien, de mani&#232;re vulgaire, ce &#224; quoi on pense une fois qu'on a lu l'article. &#187;&lt;/i&gt; Tant et si bien que m&#234;me le procureur requit la relaxe pour le dessinateur outrancier &#8211; mais pas pour ses co-accus&#233;s. D&#233;lib&#233;r&#233;s le 21 octobre. Saura-t-on enfin si le sc&#233;l&#233;rat Nardo a bel et bien r&#233;ussi &#224; s&#233;duire tout un tribunal ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le pouvoir de Pierre Berg&#233;</title>
		<link>http://www.cqfd-journal.org/Le-pouvoir-de-Pierre-Berge</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.cqfd-journal.org/Le-pouvoir-de-Pierre-Berge</guid>
		<dc:date>2011-07-29T05:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>

		<description>Prenons un gars suffisamment fortun&#233; &#8211; oui, pas vous, on sait&#8230; &#8211; pour s'offrir un beau volatile. Attention, hein, pas n'importe quel piaf rabougri. Non, un bel oiseau, tout de noir et blanc v&#234;tu, avec une petite tache color&#233;e l&#224;, en bas, sous le ventre (les ornithologues appellent cela un &#171; plantu &#187;). Un canard de r&#233;f&#233;rence, quoi. Voil&#224;. Eh bien, il s'av&#232;re que la r&#233;put&#233;e bestiole &#8211; qui a tout de m&#234;me co&#251;t&#233; plus de 100 millions d'euros, c'est une somme &#8211; il s'av&#232;re, disions-nous, que cette on&#233;reuse pintade du (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prenons un gars&lt;/strong&gt; suffisamment fortun&#233; &#8211; oui, pas vous, on sait&#8230; &#8211; pour s'offrir un beau volatile. Attention, hein, pas n'importe quel piaf rabougri. Non, un bel oiseau, tout de noir et blanc v&#234;tu, avec une petite tache color&#233;e l&#224;, en bas, sous le ventre (les ornithologues appellent cela un &lt;i&gt;&#171; plantu &#187;&lt;/i&gt;). Un canard de r&#233;f&#233;rence, quoi. Voil&#224;. Eh bien, il s'av&#232;re que la r&#233;put&#233;e bestiole &#8211; qui a tout de m&#234;me co&#251;t&#233; plus de 100 millions d'euros, c'est une somme &#8211; il s'av&#232;re, disions-nous, que cette on&#233;reuse pintade du soir &#8211; car elle somnole une bonne partie de la journ&#233;e, n'&#233;mergeant qu'en milieu d'apr&#232;s-midi &#8211; il s'av&#232;re, donc, que ce gothique moineau s'exclame &lt;i&gt;&#171; Roooo, le gros ballot ! Roooo, le gros ballot ! &#187; &lt;/i&gt; &#224; la vue des amis de son ma&#238;tre. D&#233;bourser plus de 100 millions d'euros pour se faire insulter, voil&#224; qui est cher pay&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est en substance ce qui est advenu r&#233;cemment au c&#233;l&#232;bre m&#233;c&#232;ne Pierre Berg&#233;, grand adorateur de Fran&#231;ois Mitterrand. Depuis le mois de juin 2010, Xavier Niel (dirigeant de Free), Matthieu Pigasse (directeur de la banque Lazard) et Pierre Berg&#233; sont les nouveaux propri&#233;taires du journal &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, dans lequel ils devaient investir plus de 100 millions d'euros, d&#233;poss&#233;dant pour l'occasion les salari&#233;s de la majorit&#233; du capital.
Or, le 10 mai dernier, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; a publi&#233; un &#171; Point de vue &#187; de l'historien Fran&#231;ois Cusset intitul&#233; &#171; Critique des ann&#233;es Mitterrand &#187;. Il n'en fallait pas plus : le lendemain, le directeur du quotidien, &#201;rik Izraelewicz, recevait un mail de Pierre Berg&#233; dont le site electronlibre.info a r&#233;v&#233;l&#233; le contenu : &lt;i&gt;&#171; Je tiens &#224; vous faire part de mon profond d&#233;saccord avec le traitement r&#233;serv&#233; &#224; Mitterrand dans Le Monde. Cet article immonde, &#224; charge, digne d'un br&#251;lot d'extr&#234;me droite est une honte qui n'aurait jamais du &#234;tre publi&#233;e. [&#8230;] Je regrette de m'&#234;tre embarqu&#233; dans cette aventure. Payer sans avoir de pouvoirs est une dr&#244;le de formule &#224; laquelle j'aurais d&#251; r&#233;fl&#233;chir ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pierre, si tu nous lis, nous sommes de tout c&#339;ur avec toi. D&#233;bourser plus de 100 millions pour se faire fienter dans les bottes&#8230; C'est immonde. Pierrot, &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, nous avons bien r&#233;fl&#233;chi, et nous te proposons de nous faire un petit ch&#232;que de six&#8230;, allez, sept chiffres &#8211; ce n'est rien, pour toi, souviens-toi de ce que tu as offert &#224; ces journalistes &lt;i&gt;&#171; prisonniers de leur id&#233;ologie &#187;&lt;/i&gt;. En contrepartie, nous &#233;crirons dans l'ours, en page deux et en lettres d'or : &lt;i&gt;&#171; Monsieur Pierre Berg&#233;, finan&#231;ant ce journal &#224; hauteur de [Alors, Pierrot ? Combien ?] euros, se voit octroyer le pouvoir de nous emp&#234;cher d'enqu&#234;ter sur tout ce qui lui est cher. Par exemple, vous ne lirez jamais ici : &#8220;On doit [&#224; Fran&#231;ois Mitterrand] l'abandon par la gauche des classes populaires&#8221;, comme on a pu l'&#233;crire ailleurs. &#187;&lt;/i&gt; Voil&#224;. Qu'en penses-tu ? C'est tout de m&#234;me plus honn&#234;te que de faire croire &#224; la libert&#233; de la presse alors qu'il ne s'agit que de libert&#233; d'entreprendre, non ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La famille napolitaine</title>
		<link>http://www.cqfd-journal.org/La-famille-napolitaine</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.cqfd-journal.org/La-famille-napolitaine</guid>
		<dc:date>2011-05-25T05:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>

		<description>CQFD a un petit cousin &#224; Naples, un mensuel nomm&#233; Napoli Monitor. Ce canard examine la ville et la culture, et pr&#244;ne l'ind&#233;pendance et l'autonomie comme exp&#233;rience. La rencontre s'imposait&#8230; L&#8216;escalier qui rejoint la via Bartolomeo Carracolio &#224; la via Fontanelle descend en pente douce entre les immeubles et maisonnettes abusives. Luca attend en bas des marches. Quelques m&#232;tres dans cette vall&#233;e au c&#339;ur de la ville, et la rue devient volcan. Sir&#232;nes de flics et d'ambulances, foule sur les trottoirs (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a un petit cousin &#224; Naples, un mensuel nomm&#233; &lt;a href=&quot;http://www.napolimonitor.it/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Napoli Monitor&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Ce canard examine la ville et la culture, et pr&#244;ne l'ind&#233;pendance et l'autonomie comme exp&#233;rience. La rencontre s'imposait&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#8216;escalier qui rejoint&lt;/strong&gt; la via Bartolomeo Carracolio &#224; la via Fontanelle descend en pente douce entre les immeubles et maisonnettes abusives. Luca attend en bas des marches. Quelques m&#232;tres dans cette vall&#233;e au c&#339;ur de la ville, et la rue devient volcan. Sir&#232;nes de flics et d'ambulances, foule sur les trottoirs &#233;troits, bousculades motoris&#233;es, bavards immobiles obstruant le passage, observateurs statiques perdus dans leurs pens&#233;es, boutiques d&#233;bordant sur la rue&#8230; &lt;i&gt;&#171; J'habite ici. C'est le quartier de La Sanit&#224; &#187;&lt;/i&gt;, dit Luca, un des initiateurs du mensuel ind&#233;pendant &lt;i&gt;Napoli Monitor&lt;/i&gt;. Entre les 14 et 19 mars, l'&#233;quipe de ce journal napolitain a organis&#233; une s&#233;rie de rencontres, expositions et projections sur la ville autour des th&#232;mes &#171; &#233;couter, observer et se souvenir &#187;. Et pour l'occasion a choisi d'inviter &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, afin d'&#233;changer et de partager nos exp&#233;riences respectives, et aussi, &#233;videmment, bi&#232;res et l'&#233;prouvante pizza fritta&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; En 2006, nous avons publi&#233; deux num&#233;ros z&#233;ro avant de nous lancer v&#233;ritablement en 2007 &#187;&lt;/i&gt;, explique Luca, en feuilletant ce canard de seize pages, imprim&#233; en bichromie et publiant quantit&#233; d'illustrations. Viola, une des participantes de la r&#233;daction, raconte : &lt;i&gt;&#171; Nous sommes environ dix personnes. Aucun d'entre nous ne se reconna&#238;t dans les groupes politiques existants. Chacun, selon ses comp&#233;tences, a un r&#244;le essentiel. Nous sommes tous tr&#232;s diff&#233;rents. Il y a des personnes qui ont une exp&#233;rience journalistique et d'autres plus tourn&#233;es vers la litt&#233;rature. Certaines participent &#224; des associations actives sur le terrain politique et social. D'autres sont des &#233;tudiants curieux et ouverts. Mais notre intention est de pouvoir &#234;tre capables de tout faire, depuis la r&#233;daction &#224; la maquette en passant par la gestion du site qui depuis septembre n'est plus seulement destin&#233; &#224; mettre en ligne les anciens num&#233;ros. &#187; &#171; La r&#233;union de r&#233;daction que l'on fait une fois par mois est assez informelle. On se parle, on se croise tous les jours&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, continue Luca. Chaque mois, le journal &#8211; qui compte cent cinquante abonn&#233;s &#8211; est imprim&#233; &#224; 1 000 exemplaires et est distribu&#233; dans une trentaine de lieux &#224; Naples et sa province, mais aussi dans quelques librairies &#224; Rome, Florence, Bologne et Milan. &lt;i&gt;&#171; Ce qui fait notre point v&#233;ritablement commun, c'est le Monitor &#187;&lt;/i&gt;, reprend Viola. Luca : &lt;i&gt;&#171; C'est un moyen et une occasion de changer un mod&#232;le de penser, pour nous et pour nos lecteurs. Pour moi, c'est un instrument politique destin&#233; &#224; la transformation des rapports sociaux. On y parle de la ville, des immigr&#233;s, de l'urbanisme, de la rue, d'exp&#233;riences culturelles&#8230; M&#234;me si je ne suis pas tr&#232;s optimiste sur ce qu'on peut apporter&#8230; C'est vrai que parfois j'ai le sentiment que pour les lecteurs, ce journal est un luxe qu'ils ach&#232;tent comme des collectionneurs, parce qu'ils le trouvent beau&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Il continue : &lt;i&gt;&#171; On n'a pas de vis&#233;es explicites. Je pense que la militance politique part du local et que, pour nous qui vivons &#224; Naples, parler d'ici et depuis ici est essentiel. &#187;&lt;/i&gt; Viola : &lt;i&gt;&#171; On veut donner une image plus r&#233;elle de Naples, ce mouton noir pr&#233;sent&#233; partout. Pour nous, Naples est bien s&#251;r le centre du monde. C'est notre r&#233;f&#233;rence. Mais on ne fait pas que le dire, on veut casser les images, parler de la vie et des humains, en se battant contre les caricatures qui sont donn&#233;es de cette ville. &#187; &#171; Si la criminalit&#233; organis&#233;e et la Camorra sont des questions importantes, pas question pour nous de participer au cirque dont se r&#233;galent les m&#233;dias &#187;&lt;/i&gt;, dit Luca qui s'occupe aussi de gamins dans les quartiers. Il rappelle toutes ces fois o&#249; des journalistes lui ont demand&#233; de leur faire rencontrer des baby killers, jeunes proches de la Camorra, pour faire un article pittoresque et vendeur sur la ville&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur l'immense place du Pl&#233;biscite, une voiture de carabiniers s'avance au milieu des pi&#233;tons dispers&#233;s. Un imposant chien noir, paisiblement allong&#233; sur le pav&#233;, se dresse, aboie vigoureusement et se rue &#224; l'avant du v&#233;hicule bleu qui ne peut plus avancer au risque de le bousculer. Les passants s'amusent de la situation. Andrea, autre participant du Napoli Monitor, d&#233;signe le cerb&#232;re courrouc&#233; : &lt;i&gt;&#171; Nous aussi, on a un chien &#233;nerv&#233; &#224; Naples. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>22, v'la la presse !</title>
		<link>http://www.cqfd-journal.org/22-v-la-la-presse</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.cqfd-journal.org/22-v-la-la-presse</guid>
		<dc:date>2011-05-09T05:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Anne Boutoleau</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>

		<description>&#192; Belleville, les biffins et leurs &#171; march&#233;s de la mis&#232;re &#187; sont les nouvelles proies de la chasse aux pauvres. Une fringante &#171; brigade sp&#233;ciale de terrain &#187; de la police nationale quadrille d&#233;sormais le quartier. Avec, en renfort, les quotidiens parisiens. Belleville. Ce quartier populaire de Paris, qui abrite l'un des principaux march&#233;s de chiffonniers de la capitale, est de plus en plus pris&#233; par les veinards pouvant pr&#233;senter de belles fiches de paye. Comme d'ordinaire dans ce cas, leur arriv&#233;e (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Belleville, les biffins et leurs &#171; march&#233;s de la mis&#232;re &#187; sont les nouvelles proies de la chasse aux pauvres. Une fringante &#171; brigade sp&#233;ciale de terrain &#187; de la police nationale quadrille d&#233;sormais le quartier. Avec, en renfort, les quotidiens parisiens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Belleville&lt;/strong&gt;. Ce quartier populaire de Paris, qui abrite l'un des principaux march&#233;s de chiffonniers de la capitale, est de plus en plus pris&#233; par les veinards pouvant pr&#233;senter de belles fiches de paye. Comme d'ordinaire dans ce cas, leur arriv&#233;e s'accompagne d'op&#233;rations visant &#224; chasser les plus gueux. En janvier dernier, une nouvelle &#233;tape a &#233;t&#233; franchie avec la cr&#233;ation d'une &#171; brigade sp&#233;ciale de terrain &#187; de la police nationale. D&#233;sormais, la bleusaille, accompagn&#233;e de suppl&#233;tifs municipaux, quadrille le quartier pour mettre fin aux &#171; march&#233;s de la mis&#232;re &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une campagne de presse, illustr&#233;e de jolies photos, a escort&#233; l'arriv&#233;e de ces nouveaux k&#233;pis chasse-mis&#232;re : &lt;i&gt;&#171; Nom de code : BST, pour brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain de Belleville. Le pr&#233;fet de police de Paris a annonc&#233; hier la cr&#233;ation de cette unit&#233; de police et son entr&#233;e en fonction d&#232;s lundi &#187;&lt;/i&gt;, claironnait &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; dans son &#233;dition du 22 janvier dernier. En f&#233;vrier, ce sont les gratuits &lt;i&gt;20 Minutes&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Direct Matin&lt;/i&gt; qui bombardent l'&#233;v&#232;nement en une.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous sommes bien conscients de la dimension sociale des march&#233;s de la mis&#232;re, conc&#233;daient les &#233;lus du Xe et du XIe arrondissement dans Le Parisien du 20 janvier. Mais, dans l'imm&#233;diat, notre priorit&#233;, c'est de lib&#233;rer l'espace occup&#233; par le march&#233; sauvage. &#187;&lt;/i&gt; Au journaliste, plus l&#232;che-cul que fouille-merde, de conclure que &lt;i&gt;&#171; la solution viendra peut-&#234;tre de la BST du bas-Belleville que la pr&#233;fecture de police va mettre en place. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 24 janvier, le jour de la premi&#232;re patrouille, Patrick Bloche, le maire socialiste du XIe arrondissement, soutient dans &lt;i&gt;20 Minutes&lt;/i&gt; que les pauvres sont ravis d'&#234;tre expuls&#233;s : &lt;i&gt;&#171; La population de Belleville, qui est d&#233;j&#224; pr&#233;caris&#233;e, a parfois le sentiment d'&#234;tre d&#233;laiss&#233;e, abandonn&#233;e. La visibilit&#233; de cette brigade sera d&#233;terminante pour am&#233;liorer la qualit&#233; de vie dans le quartier. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelques jours apr&#232;s la mise en place de la brigade, les journalistes du &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt; (20/02/11) et de &lt;i&gt;20 Minutes&lt;/i&gt; (11/02/11) retournent sur le terrain. Tout en flagornerie, le quotidien du groupe Amaury tresse des colliers de fleurs &#224; la gent polici&#232;re : &lt;i&gt;&#171; La nouvelle brigade [&#8230;] &#233;tait en effet tr&#232;s attendue par les habitants&lt;/i&gt; [Ha ?] &lt;i&gt;et les &#233;lus des environs du carrefour Belleville. &#187;&lt;/i&gt; Les deux journaux citent les m&#234;mes propos du pr&#233;fet, pour qui ses troupes doivent &lt;i&gt;&#171; &#233;tablir un contact plus affirm&#233; avec la population. &#187;&lt;/i&gt; Cependant, le brave homme semble un peu honteux : &lt;i&gt;&#171; Notre but n'est pas de devenir une brigade anti-vente &#224; la sauvette &#187;&lt;/i&gt;, explique-t-il, tout en soulignant que &lt;i&gt;&#171; ce sera bien &#233;videmment une de nos priorit&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Trop occup&#233; &#224; avaler les couleuvres pr&#233;fectorales, &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; peine &#224; percevoir l'efficacit&#233; toute relative de la pr&#233;sence polici&#232;re : &lt;i&gt;&#171; &#192; la sortie du m&#233;tro, les hommes de la BST pressent les derniers vendeurs de partir. Menace de contr&#244;les, &#233;clats de voix, cohue et confusion&#8230; L'ambiance est &#233;lectrique, mais le carrefour Belleville finira par s'&#233;claircir. Le march&#233; de la mis&#232;re se reformera quelques minutes plus tard un peu plus loin. &#8220;C'est vrai que &#231;a ne fait que d&#233;placer les probl&#232;mes. Mais au moins&#8230; plus devant chez nous&#8221; &#187;&lt;/i&gt;, commente un riverain satisfait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si son confr&#232;re sert la soupe, &lt;i&gt;20 Minute&lt;/i&gt;s se veut l&#233;g&#232;rement plus ironique : &lt;i&gt;&#171; Les Bellevillois n'avaient jamais vu autant de bleu dans la rue &#187;&lt;/i&gt;, note-t-il, n'h&#233;sitant pas &#224; &#233;crire que cette nouvelle brigade&lt;i&gt; &#171; se veut plus muscl&#233;e &#187;&lt;/i&gt; que l'Unit&#233; territoriale de quartier (Uteq) qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e. Au d&#233;tour d'un verbe, le quotidien gratuit doute m&#234;me de la performance du dispositif : &lt;i&gt;&#171; Des rondes quotidiennes cens&#233;es affirmer une pr&#233;sence polici&#232;re forte, endiguer le ph&#233;nom&#232;ne des march&#233;s &#224; la sauvette et lutter contre les trafics. &#187;&lt;/i&gt; Et m&#234;me s'il ne peut s'emp&#234;cher de conclure sur une agression de policiers &#224; Asni&#232;res-Gennevilliers &#8211; qui subit la m&#234;me exp&#233;rience &#8211;, le quotidien donne aussi la parole aux biffins et &#224; une habitante les soutenant, ce que son coll&#232;gue payant se garde bien de faire. Alors, &#224; quoi bon payer pour cette presse-l&#224; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ma radio, c'est du b&#233;ton !</title>
		<link>http://www.cqfd-journal.org/Ma-radio-c-est-du-beton</link>
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		<dc:date>2011-03-31T05:17:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Anne Boutoleau</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>

		<description>CQFD &#233;tait l&#224; pour trinquer aux vingt-cinq ans de Radio B&#233;ton, une radio associative de Tours. Des d&#233;buts ill&#233;gaux &#224; la reconnaissance actuelle, en passant par une scission et l'interdiction d'&#233;mettre, retour sur un quart de si&#232;cle d'ondes libres. Reportage. &#171; On avait des plans pour trouver des &#233;metteurs &#224; Paris. &#187; Pascal Robert, aujourd'hui militant Vert, raconte les d&#233;buts &#233;piques de Radio Transistours en 1978-1979, la premi&#232;re radio libre tourangelle. &#171; Il y avait &#224; l'&#233;poque des techniciens fous qui (...)

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&lt;a href="http://www.cqfd-journal.org/CQFD-no86-fevrier-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;86 (f&#233;vrier 2011)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &#233;tait l&#224; pour trinquer aux vingt-cinq ans de &lt;a href=&quot;http://www.radiobeton.com/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Radio B&#233;ton&lt;/a&gt;, une radio associative de Tours. Des d&#233;buts ill&#233;gaux &#224; la reconnaissance actuelle, en passant par une scission et l'interdiction d'&#233;mettre, retour sur un quart de si&#232;cle d'ondes libres. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On avait des plans pour trouver des &#233;metteurs &#224; Paris. &#187;&lt;/i&gt; Pascal Robert, aujourd'hui militant Vert, raconte les d&#233;buts &#233;piques de Radio Transistours en 1978-1979, la premi&#232;re radio libre tourangelle. &lt;i&gt;&#171; Il y avait &#224; l'&#233;poque des techniciens fous qui faisaient des &#233;metteurs pour un prix d&#233;risoire. &#187;&lt;/i&gt; Face &#224; la r&#233;pression qui entoure l'explosion du nombre de radios libres, &lt;i&gt;&#171; on a &#233;t&#233; plus malins que les flics, on ne s'est jamais fait piquer le mat&#233;riel, mais on n'a jamais &#233;mis en direct non plus. On avait des &#233;missions enregistr&#233;es qu'on diffusait une heure par semaine. On &#233;mettait depuis les hauteurs de Tours. L &#8216;&#233;metteur &#233;tait dans une belle voiture, avec un gentil petit couple, et autour, il y avait des vieilles bagnoles, des 403 et des 404, couvertes d'autocollants, avec des chevelus aux volants. D&#232;s que les flics se pointaient, tout le monde se barrait. Et, dans la jolie petite voiture neuve, le gentil petit couple coupait brusquement l'&#233;metteur en filant peinard. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Radio B&#233;ton est n&#233;e en 1984-1985 d'une scission de l'&#233;quipe de Radio Transistours. Autoris&#233;e &#224; &#233;mettre seulement &#224; partir d'octobre 1990 [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Apr&#232;s une interdiction d'&#233;mettre en 1986 suivie d'une saisie de son mat&#233;riel en (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;], elle est aujourd'hui une institution locale. &#192; Tours, le 15 janvier dernier, impossible de louper son camion qui ouvre le cort&#232;ge de la manif contre le congr&#232;s du Front national [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Compte-rendu en images de cette manif sur http://paris.indymedia.org/spip.php...' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]. Au micro, l'&#233;quipe de &#171; Pol&#233;mix et la voix off &#187; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='&#201;mission connue pour ses montages de discours politiques, reprise un temps (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;] promettent &lt;i&gt;&#171; de la viande halal pour le Front national &#187;&lt;/i&gt;. Plus tard, alors que pav&#233;s et lacrymos volent en tout sens, un reporter coiff&#233; d'un casque de chantier se rend au chevet d'un quidam allong&#233; sur le sol face aux CRS, pour l'interviewer. C'est JBD, de Pol&#233;mix, qui utilise son t&#233;l&#233;phone portable pour faire des directs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Du 12 au 16 janvier derniers, pour ses vingt-cinq ans, la radio a install&#233; son quartier g&#233;n&#233;ral dans une caserne d&#233;saffect&#233;e. Au premier &#233;tage se trouve une salle d'exposition et, dans un petit espace d&#233;di&#233; au blind-test, se concentrent une vingtaine de curieux s'amusant &#224; &#233;couter des extraits de la playlist de Radio Nostalgie. Mais l'essentiel est au rez-de-chauss&#233;e : le bar &#8211; o&#249; se tient le direct &#8211; et, en face, la salle de concert. Dans l'escalier, juste au-dessus, sur une immense affiche, une grand-m&#232;re acari&#226;tre, bigoudis sur la t&#234;te et balais mena&#231;ant, hurle : &lt;i&gt;&#171; Au secours ! Ma fille &#233;coute Radio B&#233;ton ! &#187;&lt;/i&gt; Au sous-sol, l'on tombe sur un ministudio d'enregistrement, rose &#224; l'ext&#233;rieur, bleu nuit &#224; l'int&#233;rieur, et cette mention : &lt;i&gt;&#171; Vingt-cinq secondes pour se la raconter. &#187;&lt;/i&gt; Qu&#233;zaco ? Une des animatrices nous explique : &lt;i&gt;&#171; Les gens sont tout seuls face &#224; un micro, et ont vingt-cinq secondes pour se raconter. Parfois, on les aide en leur posant des questions&#8230; Vous voulez essayer ? &#187;&lt;/i&gt; Les s&#233;quences enregistr&#233;es sont diffus&#233;es dans les toilettes. Au sous-sol &#233;galement se trouve la cuisine, o&#249; l'on rencontre un autre Pascal, tout aussi cuistot que fondateur de la radio : &lt;i&gt;&#171; C'est une radio engag&#233;e. On n'est pas neutres, on ne l'a jamais &#233;t&#233;, et l'on ne veut pas l'&#234;tre. &#187;&lt;/i&gt; Un engagement qui est &#224; la fois musical et politique. Radio B&#233;ton a en effet, depuis ses d&#233;buts, vocation &#224; soutenir les sc&#232;nes &#233;mergeantes, qu'elles soient rock, hip-hop ou &#233;lectro. C&#244;t&#233; politique, on y &#233;coute deux &#233;missions phares :&lt;i&gt; &#171; Demain le grand soir &#187;&lt;/i&gt;, de tendance libertaire, et &lt;i&gt;&#171; Des &#244; et d&#233;bats &#187;&lt;/i&gt;, d'orientation plus mainstream, qui n'h&#233;site pas, au moment des &#233;lections, &#224; organiser des d&#233;bats entre des candidats de droite comme de gauche. N&#233;anmoins, chacun s'accorde sur le &#171; respect mutuel &#187; et &#171; l'esprit de libert&#233; &#187; qui r&#232;gnent toujours &#224; B&#233;ton, tant dans son fonctionnement que dans l'expression des id&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais au fait, d'o&#249; vient ce nom ? C'est JBD qui r&#233;pond : &lt;i&gt;&#171; C'est l'histoire d'une horrible scission. Radio Transistours &#233;tait une radio de gauchistes qui &#233;coutaient du jazz et qui se sont sentis d&#233;bord&#233;s par des rockeurs sans foi ni loi. Les jazzeux ont donc vir&#233; les intrus qui se sont retrouv&#233;s dans un garage o&#249; ils ont d&#233;cid&#233; de faire une autre radio. L'un d'eux a dit : &#8220;Il faut lui trouver un nom b&#233;ton !&#8221; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Apr&#232;s une interdiction d'&#233;mettre en 1986 suivie d'une saisie de son mat&#233;riel en 1990.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Compte-rendu en images de cette manif sur &lt;a href=&quot;http://paris.indymedia.org/spip.php?article5233&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://paris.indymedia.org/spip.php...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &#201;mission connue pour ses montages de discours politiques, reprise un temps par Radio Nova, &lt;a href=&quot;http://www.polemixetlavoixoff.com/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.polemixetlavoixoff.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Carles passe &#224; l'action</title>
		<link>http://www.cqfd-journal.org/Carles-passe-a-l-action</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.cqfd-journal.org/Carles-passe-a-l-action</guid>
		<dc:date>2011-02-25T09:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>

		<description>Horripil&#233; par la clique de Bouygues qui promettait monts et merveilles culturels en s'accaparant TF1, pour, finalement, servir de la t&#233;l&#233;-soupe, Pierre Carles reprend son combat anti-t&#233;loche avec Fin de concession. Mais la critique des m&#233;dias a &#233;t&#233; bien int&#233;gr&#233;e par les journalistes de complaisance&#8230; L'ON SE SOUVIENT du &#171; mieux disant culturel &#187;,concept invent&#233; en 1987 par Fran&#231;ois L&#233;otard, ministre de la Culture de Jacques Chirac,au moment de la privatisation de TF1. Mais qui se rappelle des promesses (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Horripil&#233; par la clique de Bouygues qui promettait monts et merveilles culturels en s'accaparant TF1, pour, finalement, servir de la t&#233;l&#233;-soupe, Pierre Carles reprend son combat anti-t&#233;loche avec &lt;i&gt;Fin de concession&lt;/i&gt;. Mais la critique des m&#233;dias a &#233;t&#233; bien int&#233;gr&#233;e par les journalistes de complaisance&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ON SE SOUVIENT du &#171; mieux disant culturel &#187;,concept invent&#233; en 1987 par Fran&#231;ois L&#233;otard, ministre de la Culture de Jacques Chirac,au moment de la privatisation de TF1. Mais qui se rappelle des promesses servies par les t&#226;cherons de Bouygues &#224; la Commission nationale de la communication et des libert&#233;s (CNCL, anc&#234;tre du Conseil sup&#233;rieur de l'audiovisuel) afin de d&#233;crocher la premi&#232;re cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise ? Patrick Le Lay, le futur taulier, garantissait la diffusion r&#233;guli&#232;re d'&lt;i&gt;&#171; au moins huit spectacles lyriques et chor&#233;graphi- ques &#187;&lt;/i&gt;. Bernard Tapie, lui aussi embringu&#233; dans le hold-up, assu- rait que &lt;i&gt;&#171; quand on est la grande cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision qu'est la Une, il faut de temps en temps savoir oublier l'audimat, et se permettre le luxe de passer [&#8230;] un match de pelote basque. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Refourgu&#233;e au plus grand b&#233;tonneur fran&#231;ais,la cha&#238;ne aura une &lt;i&gt;&#171; autorisation d'&#233;mettre pour dix ans, autorisation qui pourrait ne pas &#234;tre renouvel&#233;e &#187;&lt;/i&gt; si &lt;i&gt;&#171; l'engagement culturel &#187;&lt;/i&gt; n'&#233;tait pas respect&#233;, assurait Fran&#231;ois L&#233;otard. Une &lt;i&gt;&#171; &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s &#187;&lt;/i&gt; (sic) qui se r&#233;v&#233;lera aussi inqui&#233;tante qu'un ruban de guimauve, puisque la concession sera renouvel&#233;e automatiquement. On conna&#238;t la suite : &lt;i&gt;&#171; Ce que nous vendons &#224; Coca-Cola&lt;/i&gt;, d&#233;clarait Le Lay en 2004,&lt;i&gt; c'est du temps de cerveau humain disponible. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pierre Carles, douze ans apr&#232;s la sortie de Pas vu, pas pris &#8211; documentaire sur les collusions entre journalistes et pouvoir politique, et la censure &#224; Canal Plus &#8211;, a donc &lt;i&gt;&#171; repris du service sur le terrain de la critique de la t&#233;l&#233;vision &#187;&lt;/i&gt; avec &lt;i&gt;Fin de concession&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='En salles, le 27 octobre prochain.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]. Mais l'enqu&#234;te, que d'aucuns esp&#233;raient corrosive, se heurte &#224; des refus ou se dissout dans le bla-bla mielleux des vedettes du journalisme. Le trublion est connu, et nombreux sont ceux qui refusent de le recevoir : &lt;i&gt;&#171; J'ai pas envie de parler de &#231;a, j'en ai rien &#224; foutre &lt;/i&gt; &#187;, lui claque Bernard Tapie.Quant &#224; ceux qui acceptent, tels Jean-Marie Cavada ou &#201;lise Lucet, ils parviennent &#224; l'entourlouper en usant de quelques flagorneries bien servies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face aux esquives de ses adversaires, Carles perd son &lt;i&gt;&#171; fighting spirit &#187;&lt;/i&gt;. Ses consid&#233;rations, pour le moins d&#233;sar&#231;onnantes car parfois &#224; la limite de l'introspection, sont alors l'occasion d'ex- plorer quelques pistes. La premi&#232;re : &lt;i&gt;&#171; On est tous sensibles aux honneurs, aux flatteries, aux charmes de certaines journalistes&#8230; Et c'est rarement dit&lt;/i&gt;, explique-t-il &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Le contre-pouvoir, c'est aussi un pouvoir, et les gratifications peuvent nous &#233;loigner de certains combats. &#187;&lt;/i&gt; Et ce n'est point Philippe Val, l'&#201;ric Besson du journalisme, qui dira le contraire. &lt;i&gt;&#171; Il faut &#234;tre conscient de ses faiblesses pour ne pas se faire avoir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La seconde : &lt;i&gt;&#171; La critique radicale des m&#233;dias classiques, telle que nous l'avons men&#233;e, ne suffit plus &#187;&lt;/i&gt;, poursuit-il,en r&#233;f&#233;rence &#224; Pas vu, pas pris, bien s&#251;r, mais aussi &#224; feu le journal &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; (devenu &lt;i&gt;Le Plan B&lt;/i&gt;, disparu &#233;galement), qu'il avait contribu&#233; &#224; cr&#233;er. Dans le film, il d&#233;clare qu'il &#233;tait &lt;i&gt;&#171; persuad&#233; qu'un simple journal ind&#233;pendant [&#8230;] inciterait les gens &#224; arr&#234;ter de regarder la t&#233;l&#233;vision, &#224; cesser d'&#233;couter les stations de radio commerciale ou publique, &#224; ne plus lire la grande presse,et d&#233;stabiliserait le quatri&#232;me pouvoir et ses employ&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; D&#233;ception. Il poursuit : &lt;i&gt;&#171; Cette critique a &#233;t&#233; en grande partie r&#233;cup&#233;r&#233;e &#8211; par des gens comme Schneidermann ou Yann Barth&#232;s&#8230; Il faut donc inventer de nouveaux trucs pour d&#233;stabiliser les journalistes-vedettes,et faire savoir qu'ils sont les laquais du pouvoir. On n'a pas la solution, on t&#226;tonne&#8230; Mais c'est dans les actions collectives, comme celle que l'on a men&#233;e contre David Pujadas, que l'on retrouve une certaine force. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;OK, Pierre, mais on aurait appr&#233;ci&#233; les voir mis un peu plus sur le gril, les responsables de la privatisation de TF1, non ? &lt;i&gt;&#171; Effectivement, il y a une frustration, parce qu'on souhaiterait en savoir plus, mais cela ne m'int&#233;ressait pas de faire un film uniquement sur TF1. Et quand on a commenc&#233;, on ne savait pas o&#249; l'on allait. Le propre d'un vrai documentaire, c'est de se construire au fur et &#224; mesure. &#187;&lt;/i&gt; Alors, c'est un vrai documentaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] En salles, le 27 octobre prochain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Moudre et fourbir </title>
		<link>http://www.cqfd-journal.org/Moudre-et-fourbir</link>
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		<dc:date>2011-01-31T06:15:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>l'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>

		<description>Malgr&#233; la publicit&#233;, les subventions plus ou moins d&#233;guis&#233;es, les investissements priv&#233;s et autres &#171; &#201;tats g&#233;n&#233;raux &#187;, l'agonie de la grande presse fran&#231;aise n'a jamais &#233;t&#233; aussi proche. Une atmosph&#232;re d&#233;l&#233;t&#232;re qui n'est pas sans effet pour les petits ind&#233;pendants comme CQFD. Et pourtant, leurs d&#233;convenues nous font plut&#244;t marrer, m&#234;me si nous nous trouvons, toutes proportions gard&#233;es, un peu dans la m&#234;me panade. Le Monde &#8211; devenu r&#233;cemment propri&#233;t&#233; de Pierre Berg&#233;, Xavier Niel et Mathieu Pigasse, ou &#171; trio BNP (...)

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&lt;a href="http://www.cqfd-journal.org/Medias" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; la publicit&#233;, les subventions plus ou moins d&#233;guis&#233;es, les investissements priv&#233;s et autres &#171; &#201;tats g&#233;n&#233;raux &#187;, l'agonie de la grande presse fran&#231;aise n'a jamais &#233;t&#233; aussi proche. Une atmosph&#232;re d&#233;l&#233;t&#232;re qui n'est pas sans effet pour les petits ind&#233;pendants comme &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et pourtant, leurs d&#233;convenues nous font plut&#244;t marrer, m&#234;me si nous nous trouvons, toutes proportions gard&#233;es, un peu dans la m&#234;me panade. &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; &#8211; devenu r&#233;cemment propri&#233;t&#233; de Pierre Berg&#233;, Xavier Niel et Mathieu Pigasse, ou &#171; trio BNP &#187; &#8211; se vend maintenant &#224; 1,50 euro le bout. &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; contraint de r&#233;ajuster &#224; la hausse son prix de vente afin de faire face &#224; l'augmentation des co&#251;ts du papier et de la distribution &#187;&lt;/i&gt;, passe &#224; 1,40 euro. Quant au quotidien &#233;conomique &lt;i&gt;La Tribune&lt;/i&gt;, il a &#233;t&#233; plac&#233; pour six mois en proc&#233;dure de sauvegarde, ce qui lui permet de geler ses dettes et de continuer d'exister. Ces canards ont de la pub, plein. De l'argent public, pas mal. Du fric priv&#233;, &#233;norm&#233;ment. Et ils en chient tout de m&#234;me du papier m&#226;ch&#233;. Il semble &#233;vident que, pour qui veut gagner du gros pognon, il est pr&#233;f&#233;rable d'inventer un r&#233;seau social sur le Net. Et que dire de ceux, suivez mon regard, qui s'&#233;chinent &#224; imprimer de l'info critique, des dessins aussi beaux que rigolos, et des photos top tip top !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il existe encore une presse militante [&#8230;] impuls&#233;e par des gens qui paient de leur personne et qui offrent leur temps. Hormis ce cas, admirable mais rare, un travail journalistique &#224; plein temps doit [&#8230;] &#234;tre r&#233;mun&#233;r&#233; [&#8230;] &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crivait Serge Halimi, le taulier du &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt;, en octobre 2010, lors d'un appel &#224; soutien aux lecteurs (eux aussi&#8230;). C'est tout nous, &#231;a. Enfin non, pas pour &#171; presse militante &#187;. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n'en fait pas partie. C'est de la presse, point. Un journal comme les autres, sans chapelle aux murs &#233;pais &#224; d&#233;fendre. Nous avons juste l'honn&#234;tet&#233; d'assumer notre subjectivit&#233;. Nous parlons, &#233;crivons, interviewons depuis notre camp, celui des grains de sable, des erroristes, des rigolards et des moqueurs. Ceux qui fuient les petits chefs et les hi&#233;rarchies, mais qui ne rechignent pas pour autant &#224; en d&#233;coudre. Bref.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On disait ? Oui, c'est tout nous, &#231;a, &lt;i&gt;&#171; des gens qui paient de leur personne et qui offrent leur temps . &#187;&lt;/i&gt; Cela fait quelques ann&#233;es &#8211; bient&#244;t huit, ma brave dame &#8211; que nous sommes &lt;i&gt;&#171; rares &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; admirables &#187;&lt;/i&gt;, malgr&#233; tout le soutien, chers lecteurs, que vous nous t&#233;moignez r&#233;guli&#232;rement. Actuellement, pour faire tourner cette aventure mensuelle de critique et d'exp&#233;rimentation sociales, nous comptons principalement sur les bonnes volont&#233;s &#8211; et sur quelques indemnit&#233;s ch&#244;mage &#8211;, mais salarions tout de m&#234;me deux d'entre nous vingt heures par semaine pour 600 mirifiques euros par mois. Vingt heures, n'y croyez pas, hein, c'est sur le papier&#8230; Ils souffrent beaucoup plus que &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est bien, mais ce n'est pas suffisant. Et ce n'est pas parti pour s'arranger. R&#233;forme de Presstalis (ex-NMPP) oblige, la manne relative aux ventes en kiosques a &#233;t&#233; amput&#233;e de 30 % du jour au lendemain. Derni&#232;rement, la gr&#232;ve des camarades de cette m&#234;me bo&#238;te &#8211; elle maltraite aussi bien ses salari&#233;s que ses coop&#233;rateurs &#8211; a induit un m&#233;chant retard sur la mise en vente du num&#233;ro de d&#233;cembre. Bloqu&#233; au d&#233;p&#244;t, il n'est arriv&#233; qu'&#224; No&#235;l chez vos marchands de journaux. Et l'on sait par exp&#233;rience que vous n'&#234;tes pas de grands patients : quand le canard n'arrive pas &#224; l'heure dans les lin&#233;aires, un tiers d'entre vous ne l'ach&#232;tent plus&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour &#233;viter ce genre de d&#233;convenue, nous vous incitons fortement &#224; vous abonner. Tout en continuant &#224; l'acheter en kiosque pour l'offrir, cela va de soi. Et, pour compenser les pertes occasionn&#233;es, nous avons fix&#233; le prix de vente de ce num&#233;ro &#224; 3,50 euros, alors qu'il aurait d&#251; &#234;tre, si nous &#233;tions fonci&#232;rement honn&#234;tes, &#224; 3,20 euros.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il faut au moins &#231;a, pour continuer &#224; mordre et tenir. La gnaque est toujours l&#224;, la preuve en est l'excellent suppl&#233;ment &#171; urbanisme &#187; de ce mois-ci. Et nous avons quelques projets qui pointent le bout de leur nez, ne demandant que quelques ronds d'avance pour s'&#233;panouir : des hors-s&#233;rie &#224; th&#232;me, des recueils de dessins&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela d&#233;pend de nous, de nos envies, de nos &#233;nergies. Cela d&#233;pend de vous, de vos envies, de vos &#233;nergies. Et de votre soutien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Correspondant local : un vrai m&#233;tier</title>
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		<dc:date>2011-01-07T07:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>

		<description>&#192; Lescar (Pyr&#233;n&#233;es-Atlantiques), la compagnie de nouveau cirque Mauvais Esprit est tricarde, accus&#233;e dans la presse locale d'avoir souill&#233; la main qui la nourrit. Des visc&#232;res volant vers le public, il n'en fallait pas plus pour exciter la truffe du Chien rouge. L'article paru dans Sud-Ouest, ce 5 juillet 2010, avait pour titre : &#171; Le cirque qui fait scandale &#224; Lescar &#187;. Rendant compte d'une repr&#233;sentation de la compagnie de nouveau cirque Mauvais Esprit, C&#233;cile van Espen, auteur du papier, d&#233;clinait la (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Lescar (Pyr&#233;n&#233;es-Atlantiques), la compagnie de nouveau cirque &lt;a href=&quot;http://www.mauvais-esprits.com/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Mauvais Esprit&lt;/a&gt; est tricarde, accus&#233;e dans la presse locale d'avoir souill&#233; la main qui la nourrit. Des visc&#232;res volant vers le public, il n'en fallait pas plus pour exciter la truffe du Chien rouge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'article paru dans &lt;i&gt;Sud-Ouest&lt;/i&gt;, ce 5 juillet 2010, avait pour titre : &lt;i&gt;&#171; Le cirque qui fait scandale &#224; Lescar &#187;&lt;/i&gt;. Rendant compte d'une repr&#233;sentation de la compagnie de nouveau cirque Mauvais Esprit, C&#233;cile van Espen, auteur du papier, d&#233;clinait la soir&#233;e sur un mode tour &#224; tour fun&#232;bre, pornographique et gore. Gore, puisque le dernier artiste, en plein exercice de style autour du mythe du Minotaure, aurait &lt;i&gt;&#171; men&#233; le spectateur non averti dans un guet-apens empreint de sang, de visc&#232;res d'animaux, poussant l'extr&#234;me jusqu'&#224; tenter de jongler avec des c&#339;urs de mammif&#232;res, et &#224; en jeter un dans le public ou &#224; s'enduire le corps de sang. &#187;&lt;/i&gt; Et le maire de Lescar, Christian Laine (PS), de crier son indignation : &lt;i&gt;&#171; Nous tenions les Mauvais Esprits &#224; bout de bras. C'est fini ! Je ne peux pas proposer &#224; mes coll&#232;gues un contrat pi&#232;ge. Hier soir, nous avons &#233;t&#233; pris en otages ! &#187;&lt;/i&gt; Le sort de la compagnie Mauvais Esprit &#233;tait scell&#233; : adieu terrain et subventions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alix Bouyssi&#233;, directeur artistique de la troupe, raconte : &lt;i&gt;&#171; Cela fait 15 ans que l'on est implant&#233;s &#224; Lescar. Avec l'ancienne mairie, on avait r&#233;ussi &#224; avoir un terrain am&#233;nag&#233; et des subventions. Puis, &#231;a s'est g&#226;t&#233;. Un jour, le maire de l'&#233;poque nous sort : &#8220;Je ne vais pas d&#233;velopper un fief de gauche.&#8221; Sentant le vent tourner, on est all&#233;s voir justement du c&#244;t&#233; de l'opposition socialiste. Et l&#224; tout se passe bien. En 2007, Laine est &#233;lu. Il vient f&#234;ter sa victoire sous notre chapiteau. On nous promet un terrain &#224; c&#244;t&#233; de la nouvelle autoroute, &#224; c&#244;t&#233; d'Emma&#252;s. &#187;&lt;/i&gt; Sauf que l'idylle va rapidement tourner court. Respectant l'adage selon lequel les promesses n'engagent que ceux qui les &#233;coutent, l'&#233;dile coupe le robinet des subventions en 2008. Cependant il ne s'agit pas l&#224; d'un complet retournement de veste : &#224; l'avenir la compagnie sera soutenue par la communaut&#233; d'agglo. Seulement, pour que le transfert soit effectif, la commune de Lescar doit quand m&#234;me mettre la main &#224; la poche et filer 20 000 euros au pot commun. D&#233;cembre 2009, contexte &#233;conomique oblige, Laine annonce qu'il ne peut pas d&#233;bloquer le pognon. Chez les Mauvais Esprits, cette d&#233;cision fait l'effet d'une douche froide.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vendredi 2 juillet 2010, ultime repr&#233;sentation de la compagnie, laquelle est donc pass&#233;e au vitriol par la pisse-copie de &lt;i&gt;Sud-Ouest&lt;/i&gt;. Commentaire d'Alix : &lt;i&gt;&#171; L'article parle de musique fun&#232;bre alors que c'&#233;tait les Pink Floyd. On nous a reproch&#233; que la seconde partie &#233;tait pornographique, mais le seul truc porno, c'est l'artiste jouant avec un bilboquet ! La derni&#232;re partie sur le Minotaure &#233;tait plus dure mais j'avais pr&#233;venu le public. Le gars jonglait avec des c&#339;urs d'animaux. Mais le sang qu'il s'est vers&#233; dessus &#233;tait du sang synth&#233;tique et jamais des visc&#232;res n'ont &#233;t&#233; envoy&#233;s sur le public. C'&#233;tait juste une chaussure. En outre, &#224; la sortie, les gens &#233;taient plut&#244;t enjou&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; En clair, on est en pr&#233;sence d'un article visant &lt;i&gt;&#171; &#224; massacrer leur r&#233;putation &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si, par d&#233;s&#339;uvrement, on s'amuse &#224; d&#233;cortiquer le CV de Mademoiselle van Espen, on apprend tr&#232;s vite que cette derni&#232;re a longuement offici&#233; &#224; la mairie de Lescar en tant qu'animatrice du patrimoine. Devenue correspondante locale pour le journal &lt;i&gt;Sud-Ouest&lt;/i&gt;, elle aurait fait passer son article dans des conditions assez cavali&#232;res. Une journaliste de &lt;i&gt;Sud-Ouest&lt;/i&gt; ayant tenu &#224; garder l'anonymat t&#233;moigne : &lt;i&gt;&#171; Elle a fait passer son papier un dimanche alors que seul le r&#233;dacteur en chef &#233;tait pr&#233;sent. J'aurais &#233;t&#233; pr&#233;sente, je m'y serais oppos&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; Sauf que bien &#233;videmment, la question de la publication d'un d&#233;menti ne s'est jamais pos&#233;e, au risque de remettre en cause la cr&#233;dibilit&#233; du journal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour la petite troupe, la mairie avait juste besoin d'un argument massue pour se lib&#233;rer de tout engagement avec les Mauvais Esprits. Rien de plus efficace qu'une campagne de d&#233;nigrement. Depuis, le conseil municipal de Lescar a vot&#233; la vente de la parcelle promise aux Mauvais Esprits au tr&#232;s friqu&#233; Emma&#252;s Pau-Lescar [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='La R&#233;publique des Pyr&#233;n&#233;es, 19 novembre 2010.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]. Et comme un fait expr&#232;s, la d&#233;cid&#233;ment multicarte van Espen est aussi charg&#233;e de com' chez Emma&#252;s&#8230;
Entre-temps l'affaire a &#233;mu jusqu'au minist&#232;re de la Culture. Le 9 novembre, le d&#233;l&#233;gu&#233; au th&#233;&#226;tre a r&#233;uni l'agglo, la ville de Bill&#232;re (pr&#234;te &#224; accueillir la compagnie), le conseil g&#233;n&#233;ral, le conseil r&#233;gional et la DRAC Aquitaine pour exprimer &lt;i&gt;&#171; son indignation par rapport &#224; la censure d'une compagnie et de ses choix artistiques &#187;&lt;/i&gt;. Quelques pistes de financement ont &#233;t&#233; envisag&#233;es. Mais les Mauvais Esprits attendent de voir pour croire. &#192; trop avoir &#233;t&#233; pris pour des clowns, ils sont devenus m&#233;fiants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;La R&#233;publique des Pyr&#233;n&#233;es&lt;/i&gt;, 19 novembre 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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