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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Carnaval de banlieue, carnaval heureux !</title>
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		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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&lt;p&gt;Il n'y a pas que le carnaval de La Plaine dans la vie. Il y a le carnaval d'Ivry, aussi. Reportage de l'autre c&#244;t&#233; du p&#233;riph'. Samedi 25 mars, 19h. Je n'&#233;tais jamais all&#233; jusqu'au terminus de la tr&#232;s longue ligne 7 du m&#233;tro parisien, Mairie d'Ivry, ni dans cette petite ville de ceinture rouge. Pourtant la populaire Ivry et ses 60 000 habitants, administr&#233;s depuis la Lib&#233;ration par le PCF, conna&#238;t depuis quelque temps une belle effervescence politique. Et ce soir, c'est Carnaval ! Dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no154-mai-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;154 (mai 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Julie-Okmun" rel="tag"&gt;Julie Okm&#251;n&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il n'y a pas que le carnaval de La Plaine dans la vie. Il y a le carnaval d'Ivry, aussi. Reportage de l'autre c&#244;t&#233; du p&#233;riph'.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3229 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH341/-1446-22760.jpg?1779668668' width='500' height='341' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Julie Okm&#251;n
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;amedi 25 mars, 19h. Je n'&#233;tais jamais all&#233; jusqu'au terminus de la tr&#232;s longue ligne 7 du m&#233;tro parisien, Mairie d'Ivry, ni dans cette petite ville de ceinture rouge. Pourtant la populaire Ivry et ses 60 000 habitants, administr&#233;s depuis la Lib&#233;ration par le PCF, conna&#238;t depuis quelque temps une belle effervescence politique. Et ce soir, c'est Carnaval ! Dans les for&#234;ts de b&#233;ton, &#231;a va &#234;tre sauvage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'y ai &#233;t&#233; invit&#233;, &lt;/strong&gt;15 jours plus t&#244;t, lors du carnaval de La Plaine&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CQFD n&#176;153.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. La premi&#232;re &#233;dition du charivari d'Ivry ? Pas exactement. Un homme-arbuste m'explique : &#171; &lt;i&gt;La premi&#232;re fois, le carnaval a eu lieu &#224; Saint-Denis, l'an dernier c'&#233;tait &#224; Montreuil&#8230; et l&#224;, Ivry. &#187;&lt;/i&gt; Soit deux fois dans le 93, au nord, puis &#224; l'est de Paris et cette ann&#233;e, au sud, dans le Val-de-Marne (94) mais toujours&#8230; De l'autre c&#244;t&#233; du p&#233;riph&#233;rique. Car ici, c'est la banlieue et je suis fier d'en &#234;tre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'enfile rapidement &lt;/strong&gt;l'&#233;paisse perruque rouge &#224; cornes qu'une amie m'a pr&#234;t&#233;e et je me m&#234;le &#224; la petite cinquantaine de personnes d&#233;j&#224; pr&#233;sentes. Crieurs publics d&#233;cadents, enfants sauvages, b&#234;tes fantasques, fausses &#233;chassi&#232;res steam-punk, explorateurs du mauvais go&#251;t alternatif, bodybuildeuses de baudruche... Ces d&#233;guisements et ces masques, fruits complexes d'imagination et de r&#233;cup&#233;ration, ont souvent &#233;t&#233; bricol&#233;s lors des ateliers de pr&#233;paration avec les gosses du coin. Un corsaire me propose un rhum, comme de bien entendu. Lui et son &#233;quipage ont transform&#233; un Caddie en navire pirate charg&#233; de brochures politiques et de boissons r&#233;confortantes. J'offre quelques num&#233;ros de &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;en &#233;change d'une deuxi&#232;me&#8230; puis d'une troisi&#232;me tourn&#233;e. J'&#233;tais arriv&#233; en retard, mais pas le dernier : la foule a peut-&#234;tre doubl&#233; de volume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fanfare. &lt;/strong&gt;Chants. Le carnaval se met en branle et commence le d&#233;fil&#233;. Il y a &#233;norm&#233;ment de mouflets. Ils courent tout autour d'un magnifique char, le Caramentran : une t&#234;te de lion de trois m&#232;tres de haut, la gueule grande ouverte, de la cagette pour l'emballage. Pourtant la structure est solide car, en gravissant une &#233;chelle en bois, on p&#233;n&#232;tre dans la t&#234;te du lion pour se jeter dans un toboggan et en sortir par sa gueule sous les vivats et les projections de farine ! Enfants, comme adultes, adorent et &#224; chaque fois que le char s'arr&#234;tera, ils feront un tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hasard &lt;/strong&gt;ou co&#239;ncidence ? Je retrouve Adrien, un gaillard de la maquette et de la chorale ! Avec d'autres, d&#233;j&#224; pr&#233;sents &#224; Marseille, ils chantent les &#171; tubes &#187; des carnavals, en italien, en catalan, en proven&#231;al, en fran&#231;ais. Il propose de reprendre &#171; Touchez pas La Plaine &#187;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hymne de la contestation des projets de gentrification du quartier de La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et ni une ni deux, &#231;a devient : &#171; Touchez pas Ivry, touchez pas ! &#187; Car ici comme l&#224;-bas, le carnaval marche, aussi, contre les m&#234;mes restructurations : programme immobilier, pacification, gentrification. Une femme-panth&#232;re m'explique &#231;a rapidement : &#171; &lt;i&gt;Ivry c'est un des derniers bastions rouges de la banlieue. C'est une petite ville sympa o&#249; on se sent bien. Mais avec les projets du Grand-Paris, avec les Jeux olympiques qu'ils veulent nous imposer, &#231;a risque de changer. De fait, les politiciens, ils veulent que &#231;a change. Pas pour les habitants, mais pour les promoteurs. &#187;&lt;/i&gt; Entre les chansons et la fanfare, des slogans anti-Grand-Paris et anti-JO fusent r&#233;guli&#232;rement tout au long du d&#233;fil&#233;. &#171; &lt;i&gt;Tout le monde d&#233;teste le Grand-Paris ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;20h30. &lt;/strong&gt;&#201;tape &#224; la station RER de Vitry : grosse f&#234;te dans le tunnel sous les rails. &#199;a r&#233;sonne. &#199;a danse. Un passant demande : &#171; &lt;i&gt;Mais c'est pas du tout organis&#233; ? Il y a m&#234;me pas de s&#233;curit&#233; ? La police ou quoi ? &#187;&lt;/i&gt; Et, pour le coup, l'homme &#233;tait observateur : pas l'ombre d'un uniforme &#224; l'horizon. Z&#233;ro. Rien. Tranquille. Et &#231;a sera le cas jusqu'au bout de la f&#234;te. En revanche, la parade, comme une boule de neige, grossit au fur et &#224; mesure qu'elle avance. Simples curieux ou retardataires, nous sommes de plus en plus nombreux. Il y a moins de gosses, mais les gamins roms continuent &#224; s'amuser comme des fous. Des curieux &#224; leurs fen&#234;tres discutent avec les carnavaliers. Un vieux type ivre me gueule, tout fier, qu'il a &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;clochard &#224; Aix-en-Provence, oui monsieur ! Mais on va o&#249; comme &#231;a ? &#187;&lt;/i&gt; Quittant le centre-ville, la parade s'enfonce entre cit&#233;s et quartier pavillonnaire, longe un stade, bifurque &#224; droite, &#224; gauche&#8230; On commence &#224; se demander si on n'est pas perdu. Mais la rumeur enfle : un barbecue nous attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;22h. &lt;/strong&gt;Nous errons maintenant dans un &lt;i&gt;no man's land &lt;/i&gt;de hangar. C'est la zone indus', celle qui nous s&#233;pare encore de notre destination : les quais de la Seine. Une cr&#233;ature v&#233;g&#233;tale et &#224; peau de ch&#232;vre me raconte un peu l'organisation du carnaval. Pour r&#233;sumer, la difficult&#233; consistait &#224; r&#233;unir ceux pour qui le carnaval est une manifestation d&#233;guis&#233;e et ceux pour qui c'est un acte artistique peu politis&#233;. Et changer de ville, chaque ann&#233;e, n'aide pas &#224; consolider le rendez-vous, &#224; f&#233;d&#233;rer les &#233;nergies. On compare avec le carnaval de La Plaine, de Montpellier&#8230; On imagine une internationale des carnavals ind&#233;pendants, o&#249; la f&#234;te est politique et o&#249; la politique est une f&#234;te !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;23h30 : &lt;/strong&gt;Le Caramentran a br&#251;l&#233;, au bord de l'eau. Il est devenu barbecue. Non loin un pont jet&#233; sur la Seine fait penser &#224; Brooklyn. Les plus jeunes sont rentr&#233;s. Les plus grands d&#233;vorent fromage, pomme de terre, banane au chocolat. D'autres dansent. Je discute avec une personne qui regrette que le proc&#232;s du Caramentran, moment intense de justice populaire, n'ait pas &#233;t&#233; tr&#232;s &#233;cout&#233;. Comme toujours. Elle regrette que ce soit fini. D&#233;j&#224;. Juste avant de rentrer, un jeune sage me demande &#224; quoi &#231;a peut bien servir de faire un article sur un carnaval. J'ai pas su quoi r&#233;pondre mais maintenant je sais : &#224; &#233;parpiller les cendres du Caramentran !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Julien Tewfiq&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;153.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Hymne de la contestation des projets de gentrification du quartier de La Plaine &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Ici on fabrique des livres</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Ici-on-fabrique-des-livres</link>
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		<dc:date>2019-11-07T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>atelier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Marion</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#201;quip&#233;es d'un massicot, de deux presses et d'une bonne dose d'huile de coude, G&#233;raldine et Marion sont aux manettes d'une &#233;trange et vigoureuse association : l'Atelier autonome du livre. Rencontre avec deux furieuses de reliure, gravure et papier artisanal. La phrase sort de sa bouche &#224; la mani&#232;re d'un fatalisme guilleret : &#171; Sept ans que &#231;a dure et on est tout le temps d'accord. Enfin, moi je suis la pessimiste et Marion l'optimiste. Si tu fais une moyenne des deux, tu arrives &#224; un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no151-fevrier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;151 (f&#233;vrier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/atelier" rel="tag"&gt;atelier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Marion" rel="tag"&gt;Marion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-Atelier" rel="tag"&gt;l'Atelier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Geraldine" rel="tag"&gt;G&#233;raldine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/encres" rel="tag"&gt;encres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/encres-vegetales" rel="tag"&gt;encres v&#233;g&#233;tales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ateliers" rel="tag"&gt;ateliers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Marion-l-optimiste" rel="tag"&gt;Marion l'optimiste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-Atelier-autonome" rel="tag"&gt;l'Atelier autonome&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;quip&#233;es d'un massicot, de deux presses et d'une bonne dose d'huile de coude, G&#233;raldine et Marion sont aux manettes d'une &#233;trange et vigoureuse association : l'Atelier autonome du livre. Rencontre avec deux furieuses de reliure, gravure et papier artisanal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3082 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;78&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1316.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L466xH1007/-1316-487f0.jpg?1779603334' width='466' height='1007' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; La petite boxeuse &#187; (anonyme), production de l'Atelier autonome.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;a phrase sort de sa bouche &#224; la mani&#232;re d'un fatalisme guilleret : &lt;i&gt;&#171; Sept ans que &#231;a dure et on est tout le temps d'accord. Enfin, moi je suis la pessimiste et Marion l'optimiste. Si tu fais une moyenne des deux, tu arrives &#224; un certain &#233;quilibre. &#187;&lt;/i&gt; G&#233;raldine l&#226;che un rire qui se communique aussit&#244;t &#224; Marion. Par la fen&#234;tre, un gr&#233;sil dense tresse sa dentelle sur les massifs environnants. Tout est blanc. Les gosses du village ont d&#233;gain&#233; les luges. Sur la table, une vieille valoche ouverte contient un &#233;chantillon de ce que produit l'Atelier autonome du livre. Des bouquins faits &#224; base de r&#233;cup'. Artisanat foisonnant, vieux opus d&#233;tourn&#233;s &#8211; une couverture indique : &lt;i&gt;Concours d'affiche de propagande en faveur de l'emprunt P.T.T&lt;/i&gt;. Depuis 2009, cet Atelier, sis dans le village de Mosset (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), parcourt les &#233;coles, les biblioth&#232;ques, les h&#244;pitaux psychiatriques et les festivals. Entre ses mains, des reliques promises &#224; la poubelle font peau neuve et subversive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; part une formation en fabrication de papier artisanal&lt;/strong&gt;, Marion et G&#233;raldine ont tout appris sur le tas. Des encres tinctoriales &#224; la reliure, un savoir-faire s'est exp&#233;riment&#233; au fil des rencontres et des ateliers. Marion : &lt;i&gt;&#171; On comprend les gens qui sont maladroits ou t&#233;tanis&#233;s, parce qu'on est pass&#233; par les m&#234;mes &#233;tapes. On n'a pas de pr&#233;tention par rapport &#224; notre savoir. &#187;&lt;/i&gt; Dans un univers satur&#233; de proth&#232;ses num&#233;riques et d'&#233;crans tactiles, on aurait pu croire ce retour au travail des mains promis &#224; l'&#233;chec. Le doigt dans l'&#339;il jusqu'&#224; l'hum&#233;rus ! L'Atelier a su frayer et trouver son public. &lt;i&gt;&#171; On fait fabriquer les encres aux &#233;l&#232;ves. L'atelier, c'est comme la cuisine, sauf que tu vas fabriquer ton encre pour dessiner avec. En plus, cette encre, elle est magique. Elle a des r&#233;actions li&#233;es au pH qui transforment les couleurs. Ce c&#244;t&#233; manuel, qui ne se fait plus dans les &#233;tablissements scolaires et se perd dans nos soci&#233;t&#233;s, c'est ce qu'on apporte &#187;,&lt;/i&gt; traduit Marion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une autre vie, la dame &#233;tait journaliste. Si elle a arr&#234;t&#233;, c'est justement parce qu'elle voulait renouer avec une pratique manuelle. Ayant fait ses armes en tant qu'artiste-plasticienne, c&#233;ramiste et cr&#233;atrice textile, G&#233;raldine se souvient d'un atelier d'encre de Chine : &lt;i&gt;&#171; Une gamine de CE1 rentre chez elle entre midi et deux et revient avec une paire de gants en latex. Sa m&#232;re lui avait mis des gants d'adulte pour qu'elle ne se salisse pas les mains. Mais comment tu tiens un pinceau ou un crayon avec des gants trois fois trop grands ? Les instits sont contents de pouvoir se d&#233;barrasser des arts plastiques, car c'est assez lourd. Pour l'encre v&#233;g&#233;tale, on va manipuler des couteaux, des citrons, de la cendre, de l'eau bouillante. Pour la reliure, il y a les clous et le marteau. Les gar&#231;ons fuient la couture et souvent les filles n'ont jamais tenu un marteau ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de bol : Marion et G&#233;raldine vont profiter de l'occase pour inverser les r&#244;les et titiller ces questions de genre. Idem pour le pilon et le mortier n&#233;cessaires &#224; la confection des encres v&#233;g&#233;tales : ils ne finiront pas forc&#233;ment dans les paluches du plus costaud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'autonomie de l'Atelier s'&#233;value au regard de l'approvisionnement en mati&#232;res premi&#232;res&lt;/strong&gt; : recyclage de vieux bouquins, draps, gen&#234;t, ortie et lin pour le papier. Quant aux encres v&#233;g&#233;tales : l'iris, la galle du ch&#234;ne, la cendre, l'&#339;illet d'Inde sont &#224; port&#233;e de main pour fournir les pigments. &lt;i&gt;&#171; L'autonomie c'est de savoir tout faire, de A &#224; Z. D&#232;s le d&#233;part, on s'est dit : on ne veut pas que notre activit&#233; soit d&#233;pendante des subventions,&lt;/i&gt; r&#233;sume Marion.&lt;i&gt; C'est le gros pi&#232;ge en milieu associatif : si t'as plus de subventions, tu cr&#232;ves. Notre association doit vivre de notre travail. &#187;&lt;/i&gt; &#192; l'heure actuelle, l'Atelier ne re&#231;oit de subventions de la mairie de Mosset et de la Drac&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Direction r&#233;gionale des affaires culturelles.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; qu'une fois l'an, pour organiser son festoche ou autre &#233;v&#233;nement. Mais avec un salaire mirobolant de 500 euros mensuels bruts, la gal&#232;re est une ombre froide qui colle aux basques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, les deux femmes animent des ateliers dans le quartier des mineurs de la prison de Perpignan. En amont, il a fallu dealer avec la Protection judiciaire de la jeunesse. Un vrai casse-t&#234;te qui souligne le gouffre s&#233;parant les grosses structures et la fragile association. Marion : &lt;i&gt;&#171; Les institutions nous demandent de monter des dossiers, de venir &#224; des r&#233;unions, &#231;a nous prend des jours de travail. &#192; un moment tu leur dis : &#8220;Les gars vous &#234;tes fonctionnaires, vous &#234;tes peinards et nous on se paye l'essence et tout ce temps perdu. C'est quand m&#234;me vous les institutions et on en a marre de faire votre boulot.&#8221; On voit bien qu'il y a de moins en moins d'argent public, du coup on a moins de taf. Au lieu de travailler une journ&#233;e avec les gens, on r&#233;duit les ateliers &#224; deux heures, avec autant de travail en amont et en aval. On gagne moins et on travaille plus. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, l'&#233;nergie est toujours l&#224;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'ailleurs, adoss&#233;s &#224; l'Atelier, on trouve d'autres projets collectifs : la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. En novembre dernier, l'Atelier autonome du livre organisait deux jours de rencontre et d'ateliers collectifs intitul&#233;s &#171; BD, marges et art (brut) &#187;. Au chapitre des invit&#233;s, le dessinateur sur papier carbone Doublebob, les &#233;ditions de b&#233;d&#233; exp&#233;rimentale Fr&#233;mok et la &#171; S &#187; Grand Atelier, laboratoire belge pour artistes handicap&#233;s mentaux. Un sous-titre au happening : l'art n'est pas &lt;i&gt;&#171; occupationnel &#187;&lt;/i&gt;. Comprenez : un exp&#233;dient pour meubler les temps morts. Il est d'abord affaire de reprise en main collective.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Direction r&#233;gionale des affaires culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D'ailleurs, adoss&#233;s &#224; l'Atelier, on trouve d'autres projets collectifs : la Cabine &#224; graines (cf. l'article &lt;i&gt;&#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Le-bon-grain-la-brute-et-le-truand' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le bon grain, la brute et le truand&lt;/a&gt; &#187;,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 118, janvier 2014) et une b&#233;d&#233;th&#232;que offrant une riche production ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le bus du bocage</title>
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		<dc:date>2019-10-08T03:55:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le 8 octobre 2016, plus de 40 000 b&#226;tons r&#233;sonnaient sur le sol de la ZAD &#224; Notre- Dame-des-Landes&#8230; Des dizaines de milliers de personnes confirmant leur retour en cas d'expulsion de la zone. Reportage sur la route, dans un bus de la Conf'. *** (C'&#233;tait il y a trois ans dans &#8220;CQFD&#8221;...) *** Parfois les id&#233;es les plus saugrenues finissent par l'emporter : le clafoutis aux bananes, la Banque mondiale ou la victoire de Bruno Lemaire aux primaires. J'ai choisi l'une d'entre elles : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-etait" rel="tag"&gt;C'&#233;tait&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sacs" rel="tag"&gt;sacs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 8 octobre 2016, plus de 40 000 b&#226;tons r&#233;sonnaient sur le sol de la ZAD &#224; Notre- Dame-des-Landes&#8230; Des dizaines de milliers de personnes confirmant leur retour en cas d'expulsion de la zone. Reportage sur la route, dans un bus de la Conf'.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2915 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L200xH284/-1159-32076.jpg?1779603026' width='200' height='284' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;148 de CQFD
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;(C'&#233;tait il y a trois ans dans &#8220;CQFD&#8221;...)&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;arfois les id&#233;es les plus saugrenues finissent par l'emporter : le clafoutis aux bananes, la Banque mondiale ou la victoire de Bruno Lemaire aux primaires. J'ai choisi l'une d'entre elles : protester contre un a&#233;roport en y allant en bus. L'a&#233;roport, c'est celui de Notre- Dame-des-Landes. Le bus celui de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne du Var : les p&#233;quenots qui ont rat&#233; leur entr&#233;e dans le march&#233; commun. La proposition : 26 heures aller-retour au lieu de trois en avion. 100 euros en car, 70 en avion. Va comprendre. C'est une des curiosit&#233;s de l'&#233;conomie circulaire. Enfin pas question de renier ma foi &#233;colo. Donc, nous voil&#224; une trentaine &#224; embarquer dans un bus &#224; Aix-en-Provence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tr&#232;s vite&lt;/strong&gt;, je comprends que l'autocar est rempli de contestataires endurcis. L'un d'eux, paysan, est d&#233;j&#224; mont&#233; dans le bocage avant 2012 et la fameuse op&#233;ration foireuse C&#233;sar, un autre r&#233;colte du miel et le reste m'est avis que ce sont des fonctionnaires en RTT. Tu vois le topo. Sweats noirs ou cheveux longs avec des tongs, sacs &#224; dos, b&#226;tons sculpt&#233;s, moustaches, pour le portrait. Il y a m&#234;me une tribu d'&#233;leveurs de brebis, avec des sacs de nourriture pour ravitailler le car. Des fois, tu vois, qu'on ne puisse pas s'arr&#234;ter sur une aire d'autoroute. De toute fa&#231;on, ils sont contre. D'embl&#233;e le chauffeur, un &#171; ca'marade esploit&#233; &#8216;videment &#187; nous pr&#233;vient : il n'ouvrira pas les toilettes du bus. Sauf en cas d'absolue n&#233;cessit&#233;. Genre : t'as d&#233;j&#224; vomi o&#249; tu te fais pipi dessus. Consternation... &#199;a va &#234;tre coton de lansquiner entre les deux fronts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une chorale&lt;/strong&gt; commence &#224; chanter et &#224; &#233;cluser des bi&#232;res. Pourtant, c'est pas un d&#233;placement de l'OM ! Si l'ambiance monte en temp&#233;rature rapidement, le thermom&#232;tre, lui, descend au niveau des pingouins. On arrive dans la Loire. Donc au pays des corbeaux. C'est le point critique. Je l'avais dit, faut pas d&#233;passer Avignon dans le Nord. L&#224;, on d&#233;passe les bornes, on arrive vers Givors : la grande vall&#233;e glaciale. On mange sur un parking d'une station ferm&#233;e et pis on repart en changeant de chauffeur sauf qu'on a perdu Robert, un vieux militant du Luberon. On le retrouve au fond du bus. Pas pour longtemps. Il empoigne le micro pour nous causer Tafta, Ceta et pourquoi pas Pastaga, l'accord de libre-&#233;change entre Ricard et la Provence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#224;-dessus&lt;/strong&gt; tout le monde se croit autoris&#233; &#224; venir vendre sa soupe d'ortie militante. Fran&#231;oise distribue des tracts sur la vraie raison pour laquelle l'&#201;tat veut &#233;vacuer Notre-Dame-des- Landes. La chorale s'&#233;poumone en chantant &#171; La Ciotat &#187; de Moussu T. Du p&#226;t&#233; v&#233;g&#233;tal circule. Une bouteille de rhum est siphonn&#233;e en deux minutes. &#199;a sent la rillette et le camembert. Tout baigne. D&#232;s qu'on approche d'un p&#233;age, &#231;a chante &#171; Vinci Pourri &#187;. On a ainsi droit aux sempiternels appels &#224; manifester tous les week-ends d'octobre. Si tu comptais te reposer &#224; Ikea, dimanche, c'est rat&#233; ! J'attends plus qu'un sermon sur les compteurs Linky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; c&#244;t&#233; de moi&lt;/strong&gt;, pas de bol, deux lectrices de &lt;i&gt;La D&#233;croissance &lt;/i&gt;se sont install&#233;es. Je suis cern&#233;. Je vais devoir faire p&#233;nitence parce que j'ai un smartphone. Et avoir droit au chapitre sur le nucl&#233;aire, les voitures polluantes et Piolle, le maire de Grenoble. Et tiens, &#231;a y est, elles me sortent &lt;i&gt;Le Postillon &lt;/i&gt; ! Le canard de chez eux alors que je m'&#233;vertue &#224; leur refiler &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt; ! &#192; c&#244;t&#233;, pour parachever le tableau il y a Luc, paysan en brebis habill&#233; comme en 68, donc en brebis, et son pote qui se trimballe avec sa caisse de pommes. Il y a m&#234;me une jeune psychologue qui a une devise : &#234;tre heureuse. &#171; &lt;i&gt;Un peu en touriste &#187;&lt;/i&gt; &#224; Roybon. &#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais m&#234;me &#224; Sivens quand ils ont tu&#233; R&#233;mi Fraisse. &#187;&lt;/i&gt; Ben tiens&#8230; c'est beau l'innocence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le matin, le bus &lt;/strong&gt;atterrit &#224; Notre- Dame-des-Landes o&#249; un guide, de gilet fluo v&#234;tu, nous donne notre num&#233;ro de bus : ce sera le 9. Retenez bien : le 9. C'est raide &#224; retenir. On fait un effort. &#199;a proteste un peu dans le fond. &#171; &lt;i&gt;T'es qui toi ? &#187;&lt;/i&gt; Puis finalement il annonce : Non ! vous &#234;tes le bus 8. Nous, on est tout chamboul&#233;s. Il nous conduit jusqu'aux Ardilli&#232;res o&#249; nous d&#233;chargeons nos sacs &#224; dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans cette campagne &lt;/strong&gt;ch&#233;rie, c'est beau, pas trop mouill&#233; et plein de tentes. On se met en ordre de marche vers la Vache-rit. Je me jette au sol et me prosterne. Enfin arriv&#233; &#224; La Mecque. La gr&#226;ce me tombe du ciel, s'il n'y avait cette chorale qui chante &#224; tue-t&#234;te. Personne ne proteste &#224; cause de la non-violence qui pr&#233;vaut ici. Une bonne soupe, un caf&#233; offert par l'Acipa&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association citoyenne intercommunale des populations concern&#233;es par le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;et on s'aper&#231;oit que tout le monde a bien son b&#226;ton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a grossit&lt;/strong&gt; de partout comme un fleuve irrigu&#233; par des ruisseaux. La balade se poursuit vers le Q de plomb. Il y a un chat qui joue avec un talkie- walkie. On lit des banderoles m&#233;chantes et on voit des cagoules dans les chemins, &#231;a a son petit effet. &#171; Ni expulsions ici, ni &#224; Calais. &#187; Y a un a&#233;roport &#224; Calais ? On nous vend des sandwichs. La chorale d&#233;bouche du muscadet et chante tout son so&#251;l. Le flot est continu. De partout arrivent des manifestants. &#192; Bellevue, des chapiteaux g&#233;ants sont dress&#233;s. La Plaine comme dans les Far West s'&#233;tend &#224; l'infini. On y ach&#232;terait un pavillon mais pas ici : trop d'avions et surtout trop de zadistes. Des ennemis de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, &#224; ce que j'ai compris dans leur brochure.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Christophe Goby&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association citoyenne intercommunale des populations concern&#233;es par le projet d'a&#233;roport.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Askavusa : un contre-r&#233;cit de la fronti&#232;re</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Askavusa-un-contre-recit-de-la</link>
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		<dc:date>2019-09-20T22:42:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Causse</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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&lt;p&gt;Sur le port de Lampedusa se trouve un mus&#233;e particulier o&#249; l'on expose ce que certains voudraient cacher. Il s'appelle Porto M. M comme Migration, mais aussi comme M&#233;diterran&#233;e, M&#233;moire, ou Militarisation. Sa fa&#231;ade est color&#233;e, invitante. On s'approche et on d&#233;couvre qu'elle est faite d'&#233;paves de barques &#224; bord desquelles des hommes et des femmes ont voyag&#233;. Tous ne sont pas arriv&#233;s jusqu'&#224; l'&#238;le. &#192; l'int&#233;rieur, d'autres objets intimes, quotidiens, triviaux ou sacr&#233;s : jeans aux boutons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no150-janvier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;150 (janvier 2017)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur le port de Lampedusa se trouve un mus&#233;e particulier o&#249; l'on expose ce que certains voudraient cacher. Il s'appelle Porto M. M comme Migration, mais aussi comme M&#233;diterran&#233;e, M&#233;moire, ou Militarisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3076 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH373/-1310-6e75f.jpg?1779668669' width='500' height='373' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;a fa&#231;ade est color&#233;e, invitante. On s'approche et on d&#233;couvre qu'elle est faite d'&#233;paves de barques &#224; bord desquelles des hommes et des femmes ont voyag&#233;. Tous ne sont pas arriv&#233;s jusqu'&#224; l'&#238;le. &#192; l'int&#233;rieur, d'autres objets intimes, quotidiens, triviaux ou sacr&#233;s : jeans aux boutons rouill&#233;s, djellabas, casseroles, bo&#238;tes de conserve, biberons, produits d'hygi&#232;ne, m&#233;dicaments, couvertures de survie, gilets de sauvetage, chaussures, bibles et corans. La grotte qui abrite ce minuscule mus&#233;e a d'abord &#233;t&#233; un atelier de r&#233;paration de bateaux et de filets, puis un bar. Depuis janvier 2015 elle accueille le collectif Askavusa et les objets que ses membres ont ramass&#233;s depuis 2009 dans la d&#233;charge o&#249; &#233;taient entass&#233;es les embarcations des migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces objets &lt;/strong&gt;ne sont pas l&#224; pour susciter la piti&#233;, ils sont une partie d'un contre-r&#233;cit de la fronti&#232;re que propose Askavusa et qui invite &#224; consid&#233;rer les personnes migrantes non comme un tout, mais comme autant d'individus. Surtout, il nous invite &#224; penser les migrations dans un contexte plus large que la simple question de l'accueil, sans faire l'impasse sur le contexte g&#233;opolitique, le capitalisme et le n&#233;o-colonialisme. Le projet est toujours en &#233;volution : au d&#233;but, des lettres et des photos avaient &#233;galement &#233;t&#233; expos&#233;es, mais suite &#224; des discussions et des d&#233;bats, ces objets tr&#232;s personnels ont &#233;t&#233; retir&#233;s de l'exposition et sont aujourd'hui simplement conserv&#233;s par Askavusa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce collectif &lt;/strong&gt;est n&#233; en 2009, quand le projet de cr&#233;ation d'un CIE&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Centro di identificazione e di espulsione, l'&#233;quivalent des Centres de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;de 10 000 places &#224; Lampedusa avait provoqu&#233; la col&#232;re des habitants, beaucoup craignant ses cons&#233;quences pour le tourisme. Les membres du collectif Askavusa, eux, s'opposaient &#224; la cr&#233;ation du centre en tant que lieu de r&#233;tention, et militaient pour la libre circulation des personnes. Tr&#232;s vite, la n&#233;cessit&#233; d'une vue plus large et politique sur la question migratoire s'est fait sentir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Car Lampedusa, &lt;/strong&gt;avec ses 20 km&#178; et ses 6 000 habitants, sert de d&#233;cor &#224; une mise en sc&#232;ne m&#233;diatique visant &#224; justifier des politiques de militarisation et de d&#233;fense des fronti&#232;res. En 2011, 10 000 Tunisiens ont &#233;t&#233; retenus sur l'&#238;le pendant trois mois, cr&#233;ant une tr&#232;s grande tension. Berlusconi d&#233;clara qu'il allait &#171; &lt;i&gt;lib&#233;rer &#187;&lt;/i&gt; Lampedusa. Quelques jours plus tard, les migrants &#233;taient &#233;vacu&#233;s. Les images tourn&#233;es alors servirent &#224; diffuser dans les m&#233;dias l'id&#233;e d'une Europe &#171; &lt;i&gt;envahie &#187;&lt;/i&gt;. Peu de temps apr&#232;s, le budget de Frontex &#233;tait augment&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2013, &lt;/strong&gt;changement de cap avec la visite du pape Fran&#231;ois : les mots d'ordre &#224; pr&#233;sent sont accueil et humanit&#233;. Des VIP d&#233;filent sur l'&#238;le, jusqu'&#224; Richard Gere, qui affirme avoir partag&#233; un d&#233;licieux repas avec les migrants dans le &lt;i&gt;hotspot&lt;/i&gt;. On pense aussi au film &lt;i&gt;Fuocoammare &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fuocoammare, par-del&#224; Lampedusa est un film de Gianfranco Rosi, sorti en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;qui montre un centre relativement propre, o&#249; se disputent des parties de football. On sait pourtant que loin des cam&#233;ras, la r&#233;alit&#233; est tout autre : les conditions d'hygi&#232;ne sont d&#233;plorables, la nourriture de tr&#232;s mauvaise qualit&#233;, le centre souvent surpeupl&#233;. Askavusa a mis en ligne des vid&#233;os permettant de voir cette r&#233;alit&#233;-l&#224;, moins glamour que le discours officiel. Le CIE actuel dispose de 240 places, mais la plupart du temps, au moins 500 personnes y sont d&#233;tenues. D&#233;tenues, oui, car th&#233;oriquement, elles ne doivent pas en sortir. Elles devraient aussi n'y rester que quelques jours puis poursuivre leur voyage. En r&#233;alit&#233;, leur permanence se compte en semaines, voire en mois. D&#233;tenir autant de personnes dans un lieu inadapt&#233; pendant si longtemps pourrait cr&#233;er les conditions d'une r&#233;bellion. Mais un trou dans le grillage fait office de soupape de s&#233;curit&#233; : en &#233;t&#233;, pour ne pas trop heurter les touristes qui viennent profiter des plages, on le referme plus ou moins, on le surveille. Le reste de l'ann&#233;e, on ferme les yeux sur les sorties. Bien s&#251;r, on ne peut que se r&#233;jouir de cette possibilit&#233; pour les personnes migrantes de s'&#233;vader pour quelques heures, mais on note l'hypocrisie et l'arbitraire de la m&#233;thode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si le discours &lt;/strong&gt;a chang&#233;, son but reste le m&#234;me : augmenter le budget de la d&#233;fense. Les images des corps sur le d&#233;barcad&#232;re apr&#232;s le naufrage du 3 octobre 2013 ont permis de lancer Eurosur, syst&#232;me de surveillance qui b&#233;n&#233;ficie d'un budget de 224 millions d'euros pour 2014-2020. Le discours humanitaire est utilis&#233; pour justifier cette course &#224; l'armement. La militarisation est partout visible &#224; Lampedusa : bateaux et h&#233;licopt&#232;res mais surtout six radars, &#224; disposition des diff&#233;rents corps &#8211; de l'a&#233;ronautique militaire &#224; la marine, en passant par les douanes. Askavusa est tr&#232;s mobilis&#233; sur cette question et alerte sur les dangers pour la population et l'environnement. La plupart de ces radars sont situ&#233;s en plein coeur de la r&#233;serve naturelle de l'&#238;le, ce qui perturbe les nombreux oiseaux migrateurs qui y font &#233;tape. &#192; seulement 20 m de la route se trouve un radar dont l'arm&#233;e poss&#232;de 11 mod&#232;les. Sa dangerosit&#233; a &#233;t&#233; prouv&#233;e et il a, depuis, &#233;t&#233; retir&#233; de Sicile et de Sardaigne. Mais &#224; Lampedusa, il fonctionne encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Benetton &lt;/strong&gt;a tent&#233; de s'associer au projet. Mais le vendeur de pulls n'avait pas sa place &#224; Porto M : Askavusa ne souhaitait pas &#234;tre utilis&#233; pour redorer le blason d'une entreprise qui exploite sans vergogne les travailleurs. Les membres du collectif pr&#233;f&#232;rent se d&#233;placer pour montrer les objets de leur mus&#233;e dans des espaces publics pour informer, d&#233;cortiquer le discours m&#233;diatique et rappeler les raisons qui poussent des milliers de personnes &#224; l'exil. Quelle est donc la place de ces objets expos&#233;s volontairement sans didascalie dans ce contre-r&#233;cit ? Ils t&#233;moignent, sans mots, des individualit&#233;s, du caract&#232;re unique de chaque histoire. Le collectif revendique un parcours encore en mouvement : &#171; &lt;i&gt;Nous cherchons simplement la route qui nous a men&#233;s &#224; cette d&#233;charge. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Causse&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Centro di identificazione e di espulsione&lt;/i&gt;, l'&#233;quivalent des Centres de r&#233;tention administrative).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Fuocoammare, par-del&#224; Lampedusa &lt;/i&gt;est un film de Gianfranco Rosi, sorti en salle en septembre dernier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Veni, vidi, quasi vici</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Veni-vidi-quasi-vici</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Veni-vidi-quasi-vici</guid>
		<dc:date>2018-09-08T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Larry Bouldingue</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Alors</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;L'ascension rat&#233;e du Mont Squat par la face Sud. C'&#233;tait le 28 mars 2017, en plein huiti&#232;me arrondissement marseillais, fief hupp&#233; du baron Gaudin. Ce jour-l&#224;, un b&#226;timent occup&#233; par une poign&#233;e de complices et destin&#233; &#224; loger des familles abonn&#233;es &#224; la rue se voyait expuls&#233; manu militari. Rageant ? Pas seulement. &#171; Ah ! &#231;a, c'est une chouette id&#233;e, r&#233;pondirent en ch&#339;ur Ribouldingue et Filochard, s&#251;rement, on va rigoler, allons-y, &#231;a colle ! &#187; Les Aventures des Pieds-Nickel&#233;s, Louis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Louis-Forton" rel="tag"&gt;Louis Forton&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/chouette-idee" rel="tag"&gt;chouette id&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/plan-6124" rel="tag"&gt;plan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ascension rat&#233;e du Mont Squat par la face Sud. C'&#233;tait le 28 mars 2017, en plein huiti&#232;me arrondissement marseillais, fief hupp&#233; du baron Gaudin. Ce jour-l&#224;, un b&#226;timent occup&#233; par une poign&#233;e de complices et destin&#233; &#224; loger des familles abonn&#233;es &#224; la rue se voyait expuls&#233; &lt;i&gt;manu militari&lt;/i&gt;. Rageant ? Pas seulement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ah ! &#231;a, c'est une chouette id&#233;e, r&#233;pondirent en ch&#339;ur Ribouldingue et Filochard, s&#251;rement, on va rigoler, allons-y, &#231;a colle ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Aventures des Pieds-Nickel&#233;s&lt;/i&gt;, Louis Forton&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;10 heure du matin, dans l'un des halls d'entr&#233;e de l'immense b&#226;timent occup&#233;. Depuis quelques minutes, la tension est palpable. L'ami S. a beau grignoter des biscuits comme si de rien n'&#233;tait, je vois bien qu'il est nerveux. Perso, j'ai le stress &#224; fleur de peau, quasi sismique. Il faut dire que la situation est d&#233;licate : nos deux paires d'yeux cern&#233;s par une nuit blanche observent par une embrasure une trentaine de flics s'agiter devant les lieux, usant de pinces monseigneur et de b&#233;liers mastoc pour d&#233;foncer la porte. Ambiance de si&#232;ge m&#233;di&#233;val, sur fond sonore anxiog&#232;ne. Boum, boum, les coups font trembler les murs tandis que r&#233;sonnent leurs invectives : &#171; &lt;i&gt;Ouvrez ou z'allez morfler !&lt;/i&gt; &#187; Assis sur les marches du hall, on n'en m&#232;ne pas large &#224; mesure que c&#232;dent les &#233;tais en m&#233;tal faisant office de barricade. Mais le plaisir de voir la bleusaille s'&#233;puiser en maniant de lourds outils l'emporte sur l'angoisse : advienne que pourra, on ne leur ouvre pas. Plaisir d'offrir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2549 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH511/-814-71988.jpg?1779602837' width='400' height='511' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une demi-heure de mart&#232;lement forcen&#233;, la porte renforc&#233;e finit par c&#233;der et la mar&#233;e bleue se r&#233;pand dans le hall, BST&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain, pas r&#233;put&#233;e pour sa tendresse.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; en t&#234;te. Trognes haineuses et postures de ca&#239;ds v&#233;n&#232;res : ces gentlemen font honneur &#224; leur corps de m&#233;tier. Comme promis, les coups s'encha&#238;nent, alors m&#234;me que l'on n'esquisse pas le moindre geste de d&#233;fense. Poings, pieds, genoux, il y en a pour tous les go&#251;ts. Une fois &#224; terre, c'est au tour du cocktail coups de pompes dans les c&#244;tes &amp; broyage de paluches sous la semelle. Au diable le fair-play, il faut bien que les cow-boys se d&#233;foulent. Moralit&#233; martiale : force reste &#224; la loi (du plus fort), laquelle nous rel&#226;che apr&#232;s une poign&#233;e d'heures au commissariat&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le procureur n'a pas donn&#233; suite &#224; l'inculpation pour d&#233;gradations, un temps (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Le bilan de l'op&#233;ration ? Ambivalent. Le lieu est certes perdu, mais notre gnaque est intacte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour quelques jours en arri&#232;re. Impliqu&#233;s &#224; la R&#233;quiz, petit squat marseillais menac&#233; d'expulsion, nous sommes quelques-uns &#224; nous r&#233;unir r&#233;guli&#232;rement pour chercher des solutions. En clair : de nouveaux lieux o&#249; loger des familles en situation d'urgence sociale. Certains d'entre nous ont une exp&#233;rience en la mati&#232;re, d'autres sont clairement novices. Qu'importe puisqu'on partage tous le m&#234;me mot d'ordre : on fonce !
Les r&#233;unions et rep&#233;rages s'encha&#238;nent, foutraques mais d&#233;termin&#233;s. Au final, notre choix se porte sur de tr&#232;s vastes locaux de P&#244;le emploi abandonn&#233;s depuis plusieurs ann&#233;es et potentiellement parfaits : trois b&#226;timents habitables, une belle cour int&#233;rieure, des garages convertibles en ateliers, un parc &#224; deux pas, aucun voisin &#224; proximit&#233;, etc. Bref, le Taj Mahal des squats. Mais il y a un hic : l'endroit a tout de Fort Knox. Ceint de murs immenses, il grouille de cam&#233;ras et de d&#233;tecteurs de mouvements. Une premi&#232;re incursion acrobatique &#8211; &#233;chelle pos&#233;e sur un camion pour atteindre les toits &#8211; confirme nos craintes : d&#232;s lors que sonnent les alarmes rappliquent les vigiles d'une soci&#233;t&#233; de surveillance. Bigre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oscillant entre &lt;i&gt;Ocean's Eleven&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Les Pieds Nickel&#233;s&lt;/i&gt;, on s'affaire &#224; dresser un plan d'attaque cisel&#233;. L'objectif est simple : se barricader dans le b&#226;timent avant que ne d&#233;boulent vigiles et cond&#233;s. Puis parlementer jusqu'&#224; ce qu'ils l&#226;chent l'affaire et que les premi&#232;res familles puissent s'installer. Un plan bien huil&#233;, pense-t-on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jour J, deux heures du matin. Charg&#233;s d'une &#233;chelle et de lourds outils, on progresse p&#233;niblement dans un tunnel souterrain, en bord d'une petite rivi&#232;re. Alors que les chiens du camp rom voisin entament un concerto d'aboiements, quelques chauves-souris renforcent l'ambiance &lt;i&gt;Indiana Jones et le Temple maudit&lt;/i&gt;. &#192; d&#233;faut d'&#234;tre parfait, notre plan est ind&#233;niablement cin&#233;matographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;s &#224; destination, on d&#233;chante fissa : l'acc&#232;s choisi se r&#233;v&#232;le trop &#171; acrobatique &#187;. En haut des huit m&#232;tres d'&#233;chelle, une herse en surplomb brise notre &#233;lan. On a beau f&#233;brilement s'&#233;chiner au bord du vide, la sentence tombe : &#231;a ne passe pas. Tr&#233;pignements. Et puis le miracle : sur une proche fa&#231;ade, on d&#233;couvre une minuscule fen&#234;tre mal ferm&#233;e, presque une invitation &#224; entrer. On s'y glisse, joyeux comme des soiffards invit&#233;s au salon du vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite : quelques heures d'exploration, des alarmes qui beuglent, les vigiles d&#233;go&#251;t&#233;s de ne pouvoir rentrer (tous les acc&#232;s sont barricad&#233;s), les flics qui h&#233;sitent, les soutiens qui parlementent &#224; l'ext&#233;rieur arm&#233;s de papiers prouvant notre droit &#224; l'occupation, l'euphorie qui grimpe en fl&#232;che. Et puis soudain, sans pr&#233;venir, le massif d&#233;barquement des bleus qui prennent d'assaut la forteresse avant que l'on ait pu y faire entrer les familles. &lt;i&gt;Game over.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sortir du comico, alors que des amis nous attendent sur le parking, cubi de rouge &#224; la main, ce n'est pas la tristesse qui pr&#233;vaut. Plut&#244;t le rire fatigu&#233;. On a foir&#233; ? Tant pis. Il y aura d'autres occasions. La prochaine sera la bonne. Ou bien celle d'apr&#232;s. Et ce jour-l&#224;, une fois les familles install&#233;es et l'occupation ent&#233;rin&#233;e, on &#233;voquera ce ratage avec un grand sourire. Cow-boys, gare &#224; vos miches, les pieds-nickel&#233;s ne l&#226;chent pas l'affaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain, pas r&#233;put&#233;e pour sa tendresse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le procureur n'a pas donn&#233; suite &#224; l'inculpation pour d&#233;gradations, un temps envisag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sport populaire contre sp&#233;culation</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Sport-populaire-contre-speculation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Sport-populaire-contre-speculation</guid>
		<dc:date>2018-07-14T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Guillaume</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>centres sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>centre social</dc:subject>
		<dc:subject>centre</dc:subject>
		<dc:subject>centres</dc:subject>
		<dc:subject>Scup</dc:subject>
		<dc:subject>centre historique</dc:subject>
		<dc:subject>sport</dc:subject>
		<dc:subject>Forte Prenestino</dc:subject>
		<dc:subject>Corto Circuito</dc:subject>
		<dc:subject>San Giovanni</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un autre sport est-il possible ? &#192; Rome, les centres sociaux occup&#233;s proposent des activit&#233;s dans les quartiers populaires o&#249; les structures font d&#233;faut. Jusqu'au jour o&#249; le propri&#233;taire de l'espace abandonn&#233; red&#233;couvre un int&#233;r&#234;t pour son bien et convie la police &#224; la f&#234;te. Reportage &#224; Scup : Sport e Cultura Popolare ! Non loin du centre historique et touristique de la ville &#233;ternelle, les quartiers populaires traduisent une autre r&#233;alit&#233;. La crise du logement et le renoncement de l'&#201;tat (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no144-juin-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;144 (juin 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/centres-sociaux" rel="tag"&gt;centres sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/centre-social" rel="tag"&gt;centre social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/centre" rel="tag"&gt;centre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/centres" rel="tag"&gt;centres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Scup" rel="tag"&gt;Scup&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/centre-historique" rel="tag"&gt;centre historique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sport" rel="tag"&gt;sport&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Forte-Prenestino" rel="tag"&gt;Forte Prenestino&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Corto-Circuito" rel="tag"&gt;Corto Circuito&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/San-Giovanni" rel="tag"&gt;San Giovanni&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un autre sport est-il possible ? &#192; Rome, les centres sociaux occup&#233;s proposent des activit&#233;s dans les quartiers populaires o&#249; les structures font d&#233;faut. Jusqu'au jour o&#249; le propri&#233;taire de l'espace abandonn&#233; red&#233;couvre un int&#233;r&#234;t pour son bien et convie la police &#224; la f&#234;te. Reportage &#224; Scup : &lt;i&gt;Sport e Cultura Popolare ! &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Non loin du centre historique et touristique de la ville &#233;ternelle, les quartiers populaires traduisent une autre r&#233;alit&#233;. La crise du logement&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; Rome 7,5% de l'immobilier est pourtant inutilis&#233;.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et le renoncement de l'&#201;tat &#224; proposer des structures sociales accessibles ont abouti &#224; l'&#233;mergence d'une forme d'occupation nouvelle, autog&#233;r&#233;e et horizontale. La capitale italienne compte aujourd'hui une centaine de centres sociaux, comme le Corto Circuito ou le Forte Prenestino, qui a f&#234;t&#233; ses 30 ans le 1er mai dernier. L'activiste italienne Silvia Corti d&#233;finit les Centri Sociali Occupati e Autogestiti. (CSOA) comme &#171; &lt;i&gt;les endroits o&#249; l'on exp&#233;rimente une nouvelle forme d'organisation de vie, &#233;mancip&#233;e des logiques du syst&#232;me capitaliste&lt;/i&gt; &#187;. &#192; San Giovanni, quartier voisin du centre o&#249; les projets d'am&#233;nagements urbains alt&#232;rent toute sociabilit&#233;, le centre social Scup occupe depuis trois ans un b&#226;timent inutilis&#233; par son propri&#233;taire. Les questions relatives &#224; l'organisation de l'espace &#8211; activit&#233;s, manifestations, etc. &#8211; sont d&#233;battues et vot&#233;es lors de l'assembl&#233;e de gestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Scup met en place un espace d'&#233;changes o&#249; se dispensent entre autres des cours de soutien scolaire, de langues, de journalisme, de musiques, etc. Un march&#233; &#233;cologique et populaire, &#171; &#233;cosolpop &#187;, s'y tient tous les mois, et promeut une agriculture saine et abordable. Dans la &lt;i&gt;palestra popolare&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gymnase populaire situ&#233; au sein du centre social.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, on danse le hip-hop, le tango ou la samba et se pratiquent des arts martiaux, comme la boxe ou la capoeira. D'autres activit&#233;s sont accessibles : yoga, jonglage, m&#233;ditation et parkour. Tout comme le sport marchand est &#224; l'image de notre soci&#233;t&#233; capitaliste, le sport pratiqu&#233; &#224; Scup est le reflet de cette soci&#233;t&#233; inclusive et autog&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de capoeira &#224; Scup, Giuliano enseigne depuis plus de 20 ans dans les espaces occup&#233;s : &#171; &lt;i&gt;Ici le prix est bas, si tu ne peux pas payer tu me donnes moins, ou tu me donnes rien ou tu me donneras plus tard... En club, si tu ne peux pas payer tu ne pratiques pas. Je pourrais enseigner dans un club avec de belles installations et gagner plus d'argent, mais &#231;a ne m'int&#233;resse pas d'enseigner dans un cadre o&#249; on t'exclut pour des raisons financi&#232;res.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sport moderne id&#233;alise un culte de la performance et une mise en comp&#233;tition qui se retrouvent dans notre soci&#233;t&#233; individualiste et s&#233;lective. Les retransmissions t&#233;l&#233;vis&#233;es imposent une pratique diff&#233;renci&#233;e entre hommes et femmes &#224; travers une iniquit&#233; de temps d'antenne &#233;minemment sexiste. &#192; Scup, le sport est un moyen de lutter contre les discriminations, c'est pourquoi le sport popolare et principalement les arts martiaux se pratiquent dans les centres sociaux le plus souvent sans distinction de sexe ou de niveau. Giuliano ajoute : &#171; &lt;i&gt;Le sport est aussi un moyen de connexion avec le territoire et un moyen d'int&#233;resser des gens qui n'auraient jamais mis les pieds dans un centre social pour des raisons politiques.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, le 7 mai 2015, la police expulse les occupants de Scup car le propri&#233;taire souhaite y b&#226;tir un centre commercial&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s les membres de l'occupation, la police aurait &#233;t&#233; appel&#233;e par le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. La construction de la nouvelle ligne de m&#233;tro a fait monter le prix de l'immobilier et avec, l'avidit&#233; pour cette propri&#233;t&#233; qui auparavant ne l'int&#233;ressait gu&#232;re. Tandis que les tractopelles d&#233;molissaient le centre social, l'assembl&#233;e de Scup se f&#233;d&#232;re avec les habitants du quartier et membres d'autres centres sociaux romains en une assembl&#233;e citadine. La mobilisation d'environ 200 personnes se mua en un cort&#232;ge &#8211; encadr&#233; par la police &#8211; pour d&#233;noncer la sp&#233;culation immobili&#232;re qui place le profit avant les n&#233;cessit&#233;s communes. Mobilis&#233;e ce jour l&#224;, la m&#232;re d'Arturo, quatre ans, t&#233;moigne : son fils autiste pratiquait la capoeira &#224; Scup avec des bambins du m&#234;me &#226;ge tandis que l'&#233;cole maternelle l'avait refus&#233;, pr&#233;textant qu'aucun plan d'inclusion n'avait &#233;t&#233; mis en place par la commune.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2485 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-751-5fbe3.jpg?1779602837' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ussissant &#224; se jouer des forces de l'ordre, la manifestation sauvage a abouti &#224; l'occupation d'un nouvel espace, rep&#233;r&#233; quelques mois auparavant. Le jour m&#234;me de son expulsion, Scup rena&#238;t &#224; un jet de pierre, toujours dans le quartier de San Giovanni, dans un d&#233;p&#244;t de marchandises abandonn&#233; depuis une quinzaine d'ann&#233;es, appartenant &#224; la soci&#233;t&#233; de chemin de fer. Pendant le travail de r&#233;habilitation qui suivit, les activit&#233;s furent temporairement dispens&#233;es en plein air dans le parc voisin. Apr&#232;s une campagne de dons &#8211; le nouvel espace n&#233;cessite un d&#233;samiantage &#8211;, Scup organisait un &#233;v&#233;nement de r&#233;ouverture et f&#234;tait ses trois ans d'existence, le 21 mai 2015. Aujourd'hui, le centre social a repris son activit&#233;, mais son gymnase populaire est de nouveau inqui&#233;t&#233; par les pouvoirs publics&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour continuer de pratiquer leurs activit&#233;s, les centres sociaux devront (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fond&#233; dans les centres sociaux romains, le r&#233;seau &#171; &lt;i&gt;diritto alla citt&#224;&lt;/i&gt; &#187; revendique le droit &#224; la ville en favorisant une sociabilit&#233; de quartier ouverte &#224; toutes et tous. Toujours menac&#233;s, ces espaces autonomes luttent contre l'uniformisation des proc&#233;d&#233;s capitalistes d'urbanisation en proclamant &#171; &lt;i&gt;Roma non si vende !&lt;/i&gt; &#187;. Rome n'est pas &#224; vendre !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; Rome 7,5% de l'immobilier est pourtant inutilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Gymnase populaire situ&#233; au sein du centre social.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D'apr&#232;s les membres de l'occupation, la police aurait &#233;t&#233; appel&#233;e par le propri&#233;taire et serait venue malgr&#233; l'absence de mandat l&#233;gal l'autorisant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour continuer de pratiquer leurs activit&#233;s, les centres sociaux devront bient&#244;t s'acquitter d'une somme qui les menace d'extinction.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du bon rouge &amp; noir</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Du-bon-rouge-noir</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Du-bon-rouge-noir</guid>
		<dc:date>2018-06-08T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Julia</dc:subject>
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&lt;p&gt;C'est l'interview r&#234;v&#233;e : on cause en d&#233;gustant du vin nature. Le Collectif Anonyme d&#233;fend un pinard politique contre un &#171; vin techno &#187; industrialis&#233;. En caravane et yourte, les vignerons militants luttent pour ne pas &#234;tre d&#233;gag&#233;s par la mairie. En quelques minutes, le ciel s'est noirci. Une vraie gueule noire. Un rideau de flotte s'est abattu. On avait pr&#233;vu de voir ce superbe terroir de Banyuls (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), avec ses vignes en terrasses qui surplombent la mer. Macache. On s'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no145-juillet-aout-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;145 (juillet-ao&#251;t 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Julia" rel="tag"&gt;Julia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/collectif" rel="tag"&gt;collectif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vignes" rel="tag"&gt;vignes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/s-est" rel="tag"&gt;s'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Collectif-Anonyme" rel="tag"&gt;Collectif Anonyme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Kris" rel="tag"&gt;Kris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Anonyme" rel="tag"&gt;Anonyme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/yourte" rel="tag"&gt;yourte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/s-est-noirci" rel="tag"&gt;s'est noirci&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est l'interview r&#234;v&#233;e : on cause en d&#233;gustant du vin nature. Le Collectif Anonyme d&#233;fend un pinard politique contre un &#171; &lt;i&gt; vin techno&lt;/i&gt; &#187; industrialis&#233;. En caravane et yourte, les vignerons militants luttent pour ne pas &#234;tre d&#233;gag&#233;s par la mairie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2437 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-703-acb1c.jpg?1779602783' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En quelques minutes, le ciel s'est noirci. Une vraie gueule noire. Un rideau de flotte s'est abattu. On avait pr&#233;vu de voir ce superbe terroir de Banyuls (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), avec ses vignes en terrasses qui surplombent la mer. Macache. On s'est r&#233;fugi&#233;s dans la cave du Collectif Anonyme planqu&#233;e au fond d'une impasse de Port-Vendres. Le local, &#224; l'origine un vieux garage, a &#233;t&#233; am&#233;nag&#233; selon les normes foisonnantes du &lt;i&gt;Do it yourself&lt;/i&gt;. Une pi&#232;ce au fond fait office de chambre froide o&#249; les f&#251;ts sont mani&#233;s &#224; l'aide d'une poulie. Kris, solide gaillard d'origine australienne, nous montre l'&#233;tiqueteuse en bois. Le Collectif Anonyme ma&#238;trise sa production viticole de A &#224; Z : du pressoir &#224; raisin activ&#233; par p&#233;dalage sur un cadre de v&#233;lo jusqu'aux illustrations des boutanches s&#233;rigraphi&#233;es. Apr&#232;s avoir &#233;tudi&#233; Marx, Nietzsche et Foucault, Kris pr&#244;ne un syncr&#233;tisme philosophico-viticole punk. Verbe aiguis&#233; et regard tout en fronde, Julia nous cause du logo du collectif &#8211; un tire-bouchon en forme de A &#8211; : &#171; &lt;i&gt;A pour anarchiste, anonyme&#8230;, &#8220;axurit&#8221; !&lt;/i&gt; &#187; taquine la jeune femme. &lt;i&gt;Axurit&lt;/i&gt; (prononcer &#171; Achourit &#187;) d&#233;signe en catalan le d&#233;brouillard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Collectif Anonyme a des pr&#233;tentions : si chacun a ses propres vignes, le vin est fait ensemble dans un principe d'&#233;change et de partage. Fouler le raisin aux pieds est affaire de sobri&#233;t&#233;&#8230; &#233;nerg&#233;tique. On bosse en bio parce que la chimie bousille le vivant et engraisse des conglom&#233;rats assassins. F&#233;ministe, antiraciste et antifasciste, l'anonymat est cet &#233;tendard qui rappelle que le vin &#171; &lt;i&gt;est produit socialement, et n'est surtout pas issu du travail d'une seule et unique personne&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon la plate-forme revendicative du collectif.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. D&#233;non&#231;ant ces hi&#233;rarchies masculines qui font tourner les domaines viticoles, Julia explique : &#171; &lt;i&gt;Concernant le f&#233;minisme, j'explique notre d&#233;marche, parce qu'il y a de vrais blocages. Certains croient qu'on veut inverser les rapports de domination. Ce n'est pas &#231;a ! On veut pousser les viticulteurs &#224; se remettre en question. Je discutais avec une vigneronne qui me disait que gr&#226;ce &#224; nos id&#233;es, elle a pu avancer &#224; son rythme sur certaines questions.&lt;/i&gt; &#187; Le marxisme est un ferment comme un autre : ce sont les petites mains des saisonniers qui font le prestige des grands crus. &#171; &lt;i&gt;Nous &#233;tions saisonniers, et nous nous sommes demand&#233; si nous ne pouvions pas faire notre propre vin seuls, sans patron et en autogestion&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Julia. La d&#233;marche radicale irrigue jusqu'au point de vente : &#171; &lt;i&gt;Chaque jour, on a des &#233;changes politiques avec des clients&lt;/i&gt; &#187;, sourit Kris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coh&#233;rents jusqu'au bout du sillon, Kris et Julia ont fait le choix de vivre sur leurs vignes. En caravane pour lui, en yourte pour elle. Un choix r&#233;sidentiel qui file de l'urticaire aux autorit&#233;s administratives. Au printemps, pr&#233;fecture et mairies du d&#233;partement ont remis un coup d'acc&#233;l&#233;rateur &#224; la campagne de &#171; d&#233;cabanisation &#187;. Depuis 2012, le tribunal correctionnel de Perpignan a vu d&#233;filer plus de 200 affaires d'expulsion d'habitations ill&#233;gales. Des proc&#233;dures qui n'aboutissent pas toujours et qui ont fait sortir du sous-bois l'ex-pr&#233;f&#232;te du d&#233;partement en avril dernier : &#171; &lt;i&gt;Il y aura plusieurs d&#233;molitions dans les semaines qui viennent&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;France Bleu (comme la police... Note du webmaster.).&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#187; Les h&#233;licopt&#232;res de la gendarmerie sont mobilis&#233;s pour d&#233;nicher dans n'importe quel fourr&#233; le moindre cabanon de fortune. Kris n'a pas de chance : la vigne sur laquelle reposent ses caravanes jouxte une parcelle appartenant &#224; Jean-Michel Sol&#233;, maire (LR) de Banyuls. &#171; &lt;i&gt;Un matin, j'&#233;tais dans ma caravane, j'ai allum&#233; la lumi&#232;re pour faire le caf&#233; et j'ai vu quelqu'un m'&#233;pier. Deux jours apr&#232;s, la police est pass&#233;e me demander ce que je faisais l&#224;.&lt;/i&gt; &#187; Outre l'ill&#233;galit&#233; de l'occupation, il est reproch&#233; &#224; Kris d'occuper un site prot&#233;g&#233;. De quoi faire bondir l'Australien. Quand ils sont arriv&#233;s en 2011, les vignes &#233;taient abandonn&#233;es. Pendant trois ann&#233;es, ils ont tout remis en &#233;tat avec cette obsession de coller &#224; une certaine &#171; &lt;i&gt;harmonie avec la nature&lt;/i&gt; &#187;. Tandis que le maire d&#233;zinguait les vieux murets en pierre s&#232;che pour augmenter la densit&#233; de sa parcelle, Kris conservait ces fragiles constructions des anciens : &#171; &lt;i&gt;Nos d&#233;marches sont tr&#232;s diff&#233;rentes. Il fait du conventionnel, je suis en bio. Et on me reproche de ne pas respecter le site. Quelle ironie !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julia avec sa yourte subit le m&#234;me type de harc&#232;lement. On lui reproche d'avoir plant&#233; sa tente dans une zone rouge portant risque d'inondation. Si les derni&#232;res pluies ne l'ont pas inqui&#233;t&#233;e, elle se demande par quel hasard une esp&#232;ce de gros b&#226;timent b&#233;tonn&#233; a pu voir le jour &#224; quelques m&#232;tres de sa yourte. Les gendarmes lui avaient laiss&#233; deux mois pour plier la yourte. Le d&#233;lai &#233;coul&#233;, elle est sans nouvelle de la proc&#233;dure d'expulsion. &#171; &lt;i&gt; La d&#233;cabanisation touche en priorit&#233; les gens qui ne sont pas dans le r&#233;seau de la mairie. Ce qui est lourd &#224; g&#233;rer, c'est le fait que les proc&#233;dures sont individualis&#233;es. &#199;a vous tombe dessus. Il nous faut une strat&#233;gie commune.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Vous vous heurtez &#224; une volont&#233; politique qui stipule que les gens doivent payer et s'endetter pour leur habitat&lt;/i&gt;, analyse Nasser, militant libertaire. &lt;i&gt;Votre d&#233;marche est un retour aux sources : avant, les gens d'ici faisaient comme vous. Ils installaient leur cabane en fonction de leurs besoins dans une logique d'autoconstruction&lt;/i&gt;. &#187; Kris estime que la casquette d'exploitant agricole peut jouer en leur faveur. Avec son d&#233;licieux accent anglophone, il mart&#232;le : &#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas un ravageur, je suis agriculteur.&lt;/i&gt; &#187; Et aussi un faiseur de miracle : le nectar du collectif laisse sur les papilles un souvenir qui est tout sauf anonyme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour tout contact ou soutien : logementvermeille66@mailoo.org.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon &lt;a href=&#034;http://www.collectif-anonyme.org/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la plate-forme&lt;/a&gt; revendicative du collectif.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;France Bleu (comme la police... Note du webmaster.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D&#233;cadrer la psychiatrie</title>
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		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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&lt;p&gt;Depuis 2012, ils se retrouvent une fois par semaine pour un atelier photo &#224; Marseille et pour publier Un autre journal. Sans clich&#233;s, CQFD est all&#233; &#224; la rencontre de ces photographes autodidactes, qui ont en commun d'avoir connu un suivi psychiatrique en h&#244;pital. C'est tout juste l'heure de la digestion quand j'entre dans l'atelier o&#249; travaille Stephanos Mangriotis, du collectif D&#233;kadrages. Apr&#232;s m'avoir salu&#233;, le coll&#232;gue photographe m'invite &#224; le suivre dans la salle de r&#233;union, o&#249; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Wilfreed-Obame-Dekadrage" rel="tag"&gt;Wilfreed Obame &#8211; D&#233;kadrage&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 2012, ils se retrouvent une fois par semaine pour un atelier photo &#224; Marseille et pour publier &lt;i&gt;Un autre journal&lt;/i&gt;. Sans clich&#233;s, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est all&#233; &#224; la rencontre de ces photographes autodidactes, qui ont en commun d'avoir connu un suivi psychiatrique en h&#244;pital.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est tout juste l'heure de la digestion quand j'entre dans l'atelier o&#249; travaille Stephanos Mangriotis, du collectif D&#233;kadrages. Apr&#232;s m'avoir salu&#233;, le coll&#232;gue photographe m'invite &#224; le suivre dans la salle de r&#233;union, o&#249; flotte une odeur famili&#232;re de cigarette et de caf&#233;. Nous y retrouvons Abdel, Wilfreed &#8211; Will &#8211; et S&#233;verine, participant-e-s de longue date de l'atelier, ainsi qu'Andrea, po&#232;te et &#233;crivain embarqu&#233; lui aussi dans l'aventure. L'ambiance est d&#233;tendue, et je les invite sans tarder &#224; me raconter la gen&#232;se des ateliers.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2320 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-592-1b05f.jpg?1779602660' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Wilfreed Obame &#8211; D&#233;kadrage
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est au cours des discussions entre Stephanos et Carole, infirmi&#232;re dans les quartiers sud de la ville, que l'id&#233;e a germ&#233;. Carole &#233;tait, en effet, r&#233;guli&#232;rement amen&#233;e &#224; accompagner des personnes en suivi psychiatrique pour des motifs vari&#233;s, et pour des s&#233;jours &#224; l'h&#244;pital d'assez longue dur&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Quand tu es suivi &#224; l'h&#244;pital pendant trois ou quatre mois, c'est bien de prendre des rep&#232;res dehors&lt;/i&gt; &#187;, me confie Abdel. Les affinit&#233;s aidant, Carole et Stephanos proposent &#224; quelques personnes avec qui le courant passe bien de se retrouver pour faire de la photo, et en novembre 2012, le premier cycle d'ateliers d&#233;bute avec 8 participants. La contrainte choisie est de prendre au moins une photo par jour, sans th&#232;me impos&#233;. Le groupe se retrouve une fois par semaine &#224; la Compagnie, dans le haut du quartier Belsunce, pour discuter des clich&#233;s r&#233;colt&#233;s, et pr&#233;parer doucement l'&#233;dition d'un journal papier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sent d&#232;s les premiers jours, Will ne conna&#238;t au d&#233;part rien &#224; la photo, mais se prend tr&#232;s vite d'int&#233;r&#234;t. Abdel, lui, arriv&#233; en 2013 pour le second cycle, conna&#238;t d&#233;j&#224; un peu l'image depuis une formation en audiovisuel. Mais &#171; &lt;i&gt;la technique &#233;tait plus un pr&#233;texte pour passer du temps ensemble &lt;/i&gt; &#187;, remarque Stephanos. Au-del&#224; de la question technique, c'est la possibilit&#233; d'expression qu'offre l'atelier qui semble in&#233;dite. Abdel pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;On n'&#233;tait pas l&#224; pour parler de la maladie, on m'invitait &#224; m'exprimer &#224; travers mon regard.&lt;/i&gt; &#187; En f&#233;vrier de la m&#234;me ann&#233;e, une exposition se monte &#224; l'occasion de la Semaine d'information en sant&#233; mentale, et la parution du num&#233;ro 0 d'&lt;i&gt;Un autre journal&lt;/i&gt; vient clore le premier cycle en beaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ateliers se poursuivent, au gr&#233; des agendas et des disponibilit&#233;s. S&#233;verine arrive en avril 2013, et pour elle aussi, c'est une initiation compl&#232;te &#224; la photographie. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait atelier feeling au d&#233;but !&lt;/i&gt; &#187;, rigole-t-elle. Mais les regards s'aiguisent, et la dimension artistique s'affirme en m&#234;me temps que l'atelier &#233;volue : si les premiers cherchent &#224; raconter la psychiatrie, l'imaginaire prend le dessus petit &#224; petit, au fil aussi des amiti&#233;s et des complicit&#233;s qui se tissent. En novembre 2013, S&#233;verine passe &#224; l'argentique, apr&#232;s avoir assist&#233; &#224; un festival de photographie &#224; Paris. Will, de son c&#244;t&#233;, se rappelle &#234;tre rest&#233; longtemps au noir et blanc avant d'int&#233;grer progressivement la couleur. D&#232;s le troisi&#232;me cycle, Andrea rejoint le groupe pour animer des ateliers d'expression spontan&#233;e, &#171; &lt;i&gt;sans contrainte formelle&lt;/i&gt; &#187;. Des textes &#233;nigmatiques et &#233;vocateurs naissent des &#233;changes men&#233;s sous forme de dialogues, et viennent enrichir les num&#233;ros suivants d'&lt;i&gt;Un autre journal&lt;/i&gt;. Le choix du th&#232;me du num&#233;ro &#224; venir se fait d'ailleurs parfois apr&#232;s coup, en fonction des photos et des textes retenus. D'autres fois, les photographes n'estiment pas n&#233;cessaire de choisir un th&#232;me particulier. Le troisi&#232;me num&#233;ro du journal est un floril&#232;ge d'images fortes et originales. &#171; &lt;i&gt;Je m'y suis particuli&#232;rement d&#233;voil&#233;&lt;/i&gt; &#187;, souligne Abdel, dont les autoportraits pris chez lui, nu ou habill&#233;, occupent une double page. Il rajoute en se marrant : &#171; &lt;i&gt;Au boulot, quand ils ont d&#233;couvert le journal, ils l'ont &#233;pingl&#233; dans le bureau, en &#233;crivant &#8216;Bienvenue administrateur' sur la page !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seconde exposition est pr&#233;sent&#233;e en octobre 2014, cette fois-ci accompagn&#233;e d'une musique originale compos&#233;e par Pavlos, un ami musicien. C'est un succ&#232;s. Une troisi&#232;me ne tarde pas &#224; suivre quelques mois plus tard &#224; la Cit&#233; des Arts de la Rue, &#224; l'occasion de laquelle plusieurs photos sont vendues. Abdel se souvient : &#171; &lt;i&gt;Ce qui comptait ce n'&#233;tait pas de savoir combien on a pu gagner en vendant quelques photos, mais surtout que c'&#233;tait synonyme de reconnaissance de notre travail, de notre investissement dans l'atelier&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait une surprise, j'&#233;tais tr&#232;s &#233;tonn&#233;, mais c'&#233;tait aussi un tr&#232;s grand plaisir int&#233;rieur&lt;/i&gt; &#187;, constate Will de son c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps 2016, quatre ans et quatre journaux apr&#232;s les d&#233;buts, une r&#233;trospective sous forme de grands tirages a eu lieu &#224; la Friche Belle-de-Mai, une institution culturelle marseillaise tr&#232;s fr&#233;quent&#233;e. Stephanos, happ&#233; par d'autres projets, a c&#233;d&#233; la place au photographe Ezio d'Agostino pour animer les ateliers. Mais le petit groupe d'ami-e-s photographes est plus remont&#233; que jamais et porte les ateliers avec la certitude d'accomplir quelque chose d'important. Et S&#233;verine de l&#226;cher avant que je ne les quitte : &#171; &lt;i&gt;C'est un travail d'empire, ce qu'on fait&#8230; C'est comme les pyramides d'&#201;gypte !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La batucada des migrants fait guincher les grincheux</title>
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		<dc:creator>Aristide Bostan</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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		<dc:subject>journ&#233;e</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Et si l'hospitalit&#233; et l'ancrage passaient aussi par le groove d'un samba-reggae bien senti ? &#192; rebours des fatalismes de bon ton, les Marseillais de la batucada Met&#234;ket&#250; viennent faire mentir les v&#233;rit&#233;s toutes faites, n'en d&#233;plaise &#224; la flicaille embusqu&#233;e et aux craintifs renfrogn&#233;s. Musique, ritmistas ! Un vent l&#233;ger mais r&#233;gulier att&#233;nue la chaleur du soleil hivernal. Comme tous les samedis de beau temps, le Vieux-Port fourmille de promeneurs : familles, cyclistes, touristes ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no141-mars-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;141 (mars 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/collectif" rel="tag"&gt;collectif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/question" rel="tag"&gt;question&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Laura" rel="tag"&gt;Laura&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/soleil-hivernal" rel="tag"&gt;soleil hivernal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vent-leger" rel="tag"&gt;vent l&#233;ger&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/regulier-attenue" rel="tag"&gt;r&#233;gulier att&#233;nue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Muleketu" rel="tag"&gt;Mul&#234;ket&#250;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/journee" rel="tag"&gt;journ&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Et si l'hospitalit&#233; et l'ancrage passaient aussi par le groove d'un samba-reggae bien senti ? &#192; rebours des fatalismes de bon ton, les Marseillais de la batucada Met&#234;ket&#250; viennent faire mentir les v&#233;rit&#233;s toutes faites, n'en d&#233;plaise &#224; la flicaille embusqu&#233;e et aux craintifs renfrogn&#233;s. Musique, &lt;i&gt;ritmistas&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un vent l&#233;ger mais r&#233;gulier att&#233;nue la chaleur du soleil hivernal. Comme tous les samedis de beau temps, le Vieux-Port fourmille de promeneurs : familles, cyclistes, touristes ou vendeurs de pacotille, chacun savoure &#224; sa mani&#232;re la douceur d'une d&#233;licieuse journ&#233;e de f&#233;vrier. Sous l'ombri&#232;re, &#224; deux pas de l'embarcad&#232;re pour les &#238;les du Frioul, une animation particuli&#232;re r&#232;gne : &#224; en juger par les t-shirts et les percussions s&#233;rigraphi&#233;es, une fanfare en ordre de bataille semble pr&#234;te &#224; bousculer un peu l'apathie de ce d&#233;but d'apr&#232;s-midi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2281 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-554-15ca8.jpg?1779666943' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Aristide Bostan.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En fait de fanfare, c'est la batucada Mul&#234;ket&#250; &#8211; &#171; l'enfant qui est en toi &#187; &#8211; qui se pr&#233;pare, et si ses participant-e-s sont rompu-e-s &#224; faire danser le badaud au son de leurs percussions br&#233;siliennes, pour le coup, l'exercice est un peu particulier : pour la premi&#232;re fois, ce ne sera pas tout &#224; fait Mul&#234;ket&#250; qui assurera le show mais plut&#244;t Met&#234;ket&#250; &#8211; &#171; le m&#233;t&#232;que qui est en toi &#187; &#8211;, une formation compos&#233;e de membres de Mul&#234;ket&#250; et de migrants essentiellement Soudanais install&#233;s &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concentr&#233;e et attentive, Laura t&#226;che de r&#233;pondre aux derni&#232;res sollicitations des uns et des autres avant d'attaquer. Membre r&#233;guli&#232;re de Mul&#234;ket&#250;, c'est elle qui a tricot&#233; cette formation in&#233;dite au cours des deux derniers mois, comme l'aboutissement &#233;vident d'un fil personnel et collectif. &#171; &lt;i&gt;Il y a eu plusieurs choses en m&#234;me temps. D'abord un gros sentiment de r&#233;volte par rapport au traitement m&#233;diatique et politique de la question migratoire, qui m'a pouss&#233;e &#224; me rapprocher &#224; l'automne du collectif Soutien Migrants 13. Et puis d&#233;but octobre, j'ai vu &#224; Aubervilliers la pi&#232;ce &#8220;81 rue Victor-Hugo (pi&#232;ce d'actualit&#233;)&#8221;, mont&#233;e et interpr&#233;t&#233;e par des immigr&#233;s, avec une &#233;quipe de professionnels du th&#233;&#226;tre.&lt;/i&gt; &#187; La d&#233;marche lui parle : au-del&#224; de la victimisation ou d'une posture passive, cette anthropologue de profession y voit l'occasion de cr&#233;er quelque chose de collectif avec des hommes en transit permanent, d&#233;j&#224; revenus de Calais sans avoir r&#233;ussi &#224; passer en Angleterre, et dont les journ&#233;es pass&#233;es &#224; dormir racontaient la d&#233;prime du d&#233;racinement. &#171; &lt;i&gt;Un des sens de cet atelier, c'&#233;tait de faire une proposition d'hospitalit&#233;, ici.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;v&#233;nement d&#233;clencheur sera une manifestation partie du centre-ville et en direction du centre de r&#233;tention administrative du Canet, le 21 novembre. Mul&#234;ket&#250; propose d'accompagner le cort&#232;ge. La rencontre est imm&#233;diate, et pas que du c&#244;t&#233; des migrants. Si ces derniers d&#233;couvrent, pour beaucoup, une musique absente du Soudan, les musiciens et les militants exp&#233;rimentent eux aussi un pas de c&#244;t&#233;, chacun &#224; leur mani&#232;re. Au retour, la proposition de monter un atelier de percussion fait l'unanimit&#233; et trois semaines plus tard, la premi&#232;re r&#233;p&#233;tition a lieu. &#171; &lt;i&gt;On est tomb&#233;s d'accord sur quelques r&#232;gles simples : laisser les probl&#232;mes &#224; la porte, ne pas se juger les uns les autres, et circonscrire les rapports au corps dans le cadre de l'enseignement et de la pratique, en dehors de toute question de s&#233;duction.&lt;/i&gt; &#187; La question de l'intimit&#233; et du rapport entre une femme professeure et un groupe d'hommes &#233;l&#232;ves est l'occasion, en passant, d'une discussion autour d'un caf&#233;, sold&#233;e par quelques mots prononc&#233;s par Hassan et imm&#233;diatement approuv&#233;s par le collectif : &#171; &lt;i&gt;Laura, tu es notre s&#339;ur !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but janvier 2016, Mul&#234;ket&#250; lance une cagnotte en ligne pour financer l'achat d'un minimum de mat&#233;riel et la location du studio. L'atelier se compose d&#233;sormais d'une dizaine de participants fixes et tr&#232;s assidus, auxquels se joignent une autre dizaine de membres &#171; flottants &#187; au gr&#233; des r&#233;p&#233;titions. L'occasion d'une premi&#232;re repr&#233;sentation publique tombe sans trop de concertation : le 20 f&#233;vrier, &#224; l'occasion du d&#233;part du bateau &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Les-vagues-comme-des-barbeles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Aquarius&lt;/i&gt; de l'association &#171; SOS M&#233;diterran&#233;e &#187;&lt;/a&gt;, Met&#234;ket&#250; est invit&#233; &#224; se produire plusieurs fois dans la journ&#233;e. Laura s'inqui&#232;te un peu de cette pr&#233;cipitation, compte tenu de la vie d&#233;j&#224; mouvement&#233;e et impr&#233;visible des musiciens de Met&#234;ket&#250;, mais entre deux r&#233;p&#233;titions, un &lt;i&gt;ritmista&lt;/i&gt; &#8211; percussionniste &#8211; soudanais lui envoie un message &#233;loquent : &#171; &lt;i&gt;Don't worry madame Laura, to get all that music to an end we must all work hard with full power&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ne vous inqui&#233;tez pas madame Laura, pour faire aboutir ce projet musical, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#187; Dont acte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le Vieux-Port, les applaudissements tonnent. Si la prestation a &#233;t&#233; courte, la fra&#238;che batucada s'en est sortie avec brio. Pas question pour autant de se reposer sur ce premier moment de gloire : les musiciens remettent rapidement le couvert au pied de la mairie, 500 m&#232;tres plus loin. Ce sera une apr&#232;s-midi marathon, conclue avec &#233;motion par un po&#232;me &#233;crit et lu par El Manba&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pseudonyme choisi par le po&#232;te, en hommage au nom du lieu collectif (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;ritmista&lt;/i&gt; Soudanais de 33 ans. Extrait : &#171; &lt;i&gt;Pouss&#233; par mon espoir et mes r&#234;ves, / J'ai en t&#234;te l'image d'un nouveau pays. / Et puis, j'arrive dans une nouvelle patrie que je fais mienne. / Je suis enlac&#233; dans les bras d'un fr&#232;re que je ne connais pas, / Enlac&#233; dans les bras d'une s&#339;ur que je ne connais pas, / Comme un berceau chaleureux que je reconnais, un berceau sinc&#232;re et maternel.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos de cette journ&#233;e, Jafar commentera simplement, quelques jours plus tard : &#171; &lt;i&gt;Ce fut une belle journ&#233;e pour nous, car nous sommes entr&#233;s en France.&lt;/i&gt; &#187; Une formule qui rappelle la parabole d'un g&#233;ant du jazz am&#233;ricain, Albert Ayler : &#171; &lt;i&gt;Music is the healing force of the universe.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;La musique est la puissance de gu&#233;rison de l'univers.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Ne vous inqui&#233;tez pas madame Laura, pour faire aboutir ce projet musical, nous devons tous travailler dur avec beaucoup d'&#233;nergie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pseudonyme choisi par le po&#232;te, en hommage au nom du lieu collectif marseillais o&#249; se retrouvent les migrants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Havane entre d&#233;tente et r&#233;pression</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-Havane-entre-detente-et</link>
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		<dc:date>2018-03-11T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arnaud Dolidier, Mathilde Offroy</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Cuba</dc:subject>
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		<dc:subject>libertaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les souris dansent-elles quand Castro dort ? Rencontre &#224; La Havane avec les membres de l'Atelier libertaire Alfredo-L&#243;pez, pour esp&#233;rer des lendemains qui chanteraient l'anarchie sur les rivages de la patrie du socialisme. La maison occup&#233;e, o&#249; vivent Isbel et son compagnon Jimmy, est situ&#233;e dans une partie populaire du Vedado, quartier r&#233;sidentiel de La Havane aux rues rectilignes et num&#233;rot&#233;es. &#192; deux pas de la place de la R&#233;volution, lieu des &#233;v&#233;nements officiels et des minist&#232;res. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no138-decembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;138 (d&#233;cembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cuba" rel="tag"&gt;Cuba&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-Atelier" rel="tag"&gt;l'Atelier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/militants" rel="tag"&gt;militants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/rues-rectilignes" rel="tag"&gt;rues rectilignes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Isbel" rel="tag"&gt;Isbel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/libertaire" rel="tag"&gt;libertaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les souris dansent-elles quand Castro dort ? Rencontre &#224; La Havane avec les membres de l'Atelier libertaire Alfredo-L&#243;pez, pour esp&#233;rer des lendemains qui chanteraient l'anarchie sur les rivages de la patrie du socialisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH329/-454-3fa1f.jpg?1779602828' width='500' height='329' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La maison occup&#233;e, o&#249; vivent Isbel et son compagnon Jimmy, est situ&#233;e dans une partie populaire du Vedado, quartier r&#233;sidentiel de La Havane aux rues rectilignes et num&#233;rot&#233;es. &#192; deux pas de la place de la R&#233;volution, lieu des &#233;v&#233;nements officiels et des minist&#232;res. L'&#233;difice est &#224; l'image du quartier, imposant mais &#224; moiti&#233; en ruine, la peinture de la fa&#231;ade &#233;caill&#233;e par le temps et les intemp&#233;ries. Les habitants se sont install&#233;s dans ce b&#226;timent abandonn&#233; apr&#232;s les ravages de l'ouragan de 2008. Les autorit&#233;s leur ont demand&#233; de vider les lieux, mais ils n'ont pas boug&#233;. Plusieurs parties de la b&#226;tisse sont occup&#233;es, l'ambiance y est conviviale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isbel et Jimmy sont membres de l'Atelier libertaire Alfredo-L&#243;pez&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alfredo Lopez est un dirigeant libertaire cubain du XIXe si&#232;cle assassin&#233; en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, une persistance de la longue tradition anarcho-syndicaliste de l'&#238;le, qui a &#233;t&#233; pass&#233;e sous silence apr&#232;s la R&#233;volution de 1959. Apr&#232;s une rapide visite du squat et des am&#233;nagements effectu&#233;s, nous nous attablons autour d'une limonade maison. Sa fra&#238;cheur rend plus supportable l'&#233;crasante chaleur humide des &#233;t&#233;s de La Havane. Nous sommes heureux de retrouver Isbel, rencontr&#233;e en France quelques semaines plus t&#244;t. Au mois de juin, pour la premi&#232;re fois, plusieurs militants de l'Atelier libertaire ont pu se rendre en Europe pour pr&#233;senter leur collectif et parler de la situation &#224; Cuba. Un p&#233;riple de plusieurs rendez-vous &#224; Paris, dont une discussion &#224; la librairie Publico, une intervention &#224; Toulouse au Kiosk, et un saut &#224; Madrid o&#249; ils ont particip&#233; &#224; des assembl&#233;es populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions mat&#233;rielles pour militer &#224; Cuba sont bien loin des n&#244;tres ; des pratiques qui peuvent nous sembler &#233;videntes demandent ici du temps, et une certaine ing&#233;niosit&#233;. Personne ne dispose de mat&#233;riel d'impression, et parvenir &#224; imprimer un tract ou un journal rel&#232;ve de l'exploit. Pour Internet, outil que les militants utilisent de plus en plus, une heure de connexion &#233;quivaut &#224; un tiers du salaire moyen. &#192; cela s'ajoute une organisation de la vie quotidienne chronophage et &#233;reintante. Si beaucoup de Cubains travaillent, leur salaire suffit rarement pour vivre, et ils sont contraints de constamment bricoler pour trouver d'autres sources de revenu et se fournir en produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces conditions difficiles, les membres de l'Atelier libertaire multiplient les actions. La d&#233;tente relative que conna&#238;t l'&#238;le depuis une dizaine d'ann&#233;es a en effet pour cons&#233;quences une baisse de la surveillance &#233;tatique et la possibilit&#233;, dans une certaine mesure, de faire entendre des voix &#224; contre-courant. En mai dernier, ils ont pu organiser un &#171; Printemps libertaire &#187;, soit plusieurs journ&#233;es de rencontres autour de la cr&#233;ation anti-autoritaire, l'auto-organisation, l'&#233;cologie ou les rapports entre Cuba et les &#201;tats-Unis. Parmi les r&#233;flexions men&#233;es, la question de l'afro-descendance et la situation des LGTBI tiennent une place importante. Il y a quelques mois, une premi&#232;re r&#233;union a &#233;galement eu lieu avec des militants des pays voisins pour construire une coordination anarchiste carib&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Atelier libertaire est aussi li&#233; &#224; l'&lt;a href=&#034;https://observatoriocriticocuba.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Observatorio Cr&#237;tico de Cuba&lt;/a&gt;, organisme qui rassemble une myriade d'organisations citoyennes. Celles-ci ont toutes en commun la volont&#233; de mettre en &#233;vidence les enjeux politiques et sociaux auxquels les cubains sont confront&#233;s, tout en se mobilisant sur les m&#233;dias et la d&#233;sinformation, l'immigration ou encore l'agriculture. Ces collectifs marquent la volont&#233; de se r&#233;approprier le politique, chasse jusqu'alors gard&#233;e des classes bureaucratiques cubaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de notre visite d&#233;but ao&#251;t, la question du rapprochement avec l'ancien ennemi yankee est sur toutes les l&#232;vres. La banni&#232;re &#233;toil&#233;e flottera &#224; nouveau au-dessus de l'ambassade &#233;tats-unienne, rouverte le 14&#8200;ao&#251;t, mais, derri&#232;re le d&#233;gel des relations diplomatiques, c'est l'arriv&#233;e du n&#233;olib&#233;ralisme sur l'&#238;le qui menace. Les militants libertaires se trouvent contraints de lutter sur plusieurs fronts : d'un c&#244;t&#233;, les capitalistes qui tr&#233;pignent devant ces march&#233;s &#224; conqu&#233;rir et la main-d'&#339;uvre &#224; exploiter, de l'autre, un r&#233;gime autoritaire et policier, auto-proclam&#233; socialiste. Se r&#233;approprier l'id&#233;e de socialisme tout en combattant les mirages de l'arriv&#233;e d'une soci&#233;t&#233; de consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cuba constitue un nouvel Eldorado pour les capitalistes : l'ouverture prochaine de nouveaux march&#233;s se conjugue &#224; l'absence de toute structure organisationnelle et revendicative pouvant assurer la d&#233;fense des droits des paysans et des ouvriers de l'&#238;le. La Centrale des travailleurs de Cuba est l'unique organisation syndicale ; verticale, interclassiste, elle agit comme une structure de contr&#244;le social au service de l'&#201;tat et de sa bureaucratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours ont pass&#233; et nous retrouvons Isbel, sirotant un jus de fruit dans le Vedado. Un vieux militant s'attable avec nous pour nous parler des enjeux du moment, dans un murmure &#224; peine audible&#8200;&#8211;&#8200;signe que la d&#233;tente est difficile et que les sons de cloche discordants se heurtent encore &#224; la censure dans la patrie du socialisme. L'objectif prioritaire des camarades de l'Atelier est d&#233;sormais d'ouvrir un local qui, de mani&#232;re p&#233;renne, leur permettrait de d&#233;velopper leurs actions avec la population et ainsi renforcer la pr&#233;sence des militants anarchistes sur l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte et photo Arnaud Dolidier &amp; Mathilde Offroy&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Alfredo Lopez est un dirigeant libertaire cubain du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle assassin&#233; en 1926 par le dictateur Machado.&lt;/p&gt;
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