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On puce bien les moutons

7 janvier 2013, 20:28, par Nito

Glouups ! Et dire que c’est moi l’administrateur ENT de mon bahut...

Bon sinon, même s’il met clairement le doigt sur quelque chose, en vrai je le trouve pas super développé cet article et puis c’est toujours un peu caricatural les articles anti-tec (en mode je vous fais le film d’horreur, un peu t’as vu).

Par rapport aux titres de l’article d’ailleurs c’est marrant (c’est fait exprès ?) d’avoir parler de puçage parce qu’on s’en rend en lisant l’article, ce n’est pas d’un puçage dont il s’agit, et d’ailleurs les bons citoyens auraient pousser des cris d’orfraie si l’on avait proposer de pucer directement sous la peau leurs chérubins... Là ce qui est vraiment costaud, c’est qu’avec les faisceaux croisés ENT, Pronote, SMS, Surveillants etc. on arrive quasiment au même résultat... sans la puce et sa mauvaise cote en matière d’éthique !

C’est peut être pour ça d’ailleurs, qu’il y a si peu de résistance (et je le constate aussi dans mon bahut). C’est qu’en fait les logiques de flicages des élèves sont intrinsèque au fonctionnement de l’éducation nationale et intériorisées par tou-tes DEPUIS LONGTEMPS. Et de fait, la logique bureaucratique et les petites routines de chacun, du surveillant au proviseur, en passant par les profs, ont pour effet de produire une demande croissante pour toujours plus de dispositifs de surveillance (tant qu’on pourra pas forcer les élèves à en cours et à fermer leur gueule hein !). Par contre, impossible dans leur petite tête de penser une seule seconde que l’école c’est de la m$ù*ç# (je caricature, bien sûr, pardon aux croyants de la gauche républicaine pour ce blasphème) et que c’est peut être pour ça que les gamins ne montrent plus leur tronche en classe.

Bref tout ça pour dire qu’elles ont toujours été là ces logiques ! Alors oui bien sûr, l’ère numérique en est une grande facilitatrice, mais ce n’est pas elle qui créé le flicage... Les montagnes de petits papiers (les relevés de notes, billets d’absence, billets d’appel, billets de retard, billets de dispense, billets d’infirmerie, billets de convocation, billets d’autorisation de sortie etc. etc. etc.) sont là pour en attester et sont (eux aussi) précieusement archivés !

L’arrivée des outils informatiques rend certes ce contrôle plus i(ré)mmédia(ble)t. C’est vrai que la sanction en différé (notamment la bonne vieille technique de l’interception de courrier gênants) deviennent aujourd’hui obsolètes (de ce fait on désarme un peu plus les gamins) mais c’est pour dire que le combat il est seulement sur un plan plus politique (ou pédagogique) que anti-technologique.

Bon à l’arrivée ce qui est triste c’est surtout que les élèves, sauf situation flagrante d’atteinte à leur autonomie (mais c’est là toute la force du soft power que de les dissimuler avec grâââce), ont interiorisé cette demande de surveillance (en fait, j’aurai tendance à dire que c’est la première chose qu’inculque l’éducation nationale à ses élèves, le triptyque : autorité, surveillance, obéissance : quand des gamins en classe de sixième viennent dire à une prof que si ils se permettent de faire n’importe quoi c’est parce qu’"elle manque d’autorité", je me dis que c’est vraiment le monde à l’envers).

Ouais parce que c’est pas pour dire (et là encore je me tire une balle dans le pied), mais c’est quand même un peu gros de pleurer sur la suppression de postes de surveillants (en tous cas de ce point de vue là) ! Ca reste un travail... bah de surveillance (et qui c’est qui envoi les billets de retenues et qui rédige les rapports d’incidents qui serviront au prochain conseil de discipline ?) Parce que sinon dans ce registre là j’en ai un aussi d’argument tout niqué (en faveur de Pronote aller, tiens) : ça fait faire des économies de papier ! Et l’écologie tout ça aujourd’hui, c’est important hein ! (J’avais prévenu : argument en mousse contre argument en mousse).

Ah oui et y’a un copain qui m’a dit un truc intéressant l’autre jour, c’est qu’avec l’ENT par exemple (oublions pronote un instant) bah on pouvait faire des choses super intéressantes. Bah oui : c’est un espace de travail collaboratif, sur lesquels les élèves peuvent interagir depuis chez eux et tout et tout. Or c’est ça qui manque souvent dans les articles anti-tec : un mot sur ce qu’on pourrait faire de bien avec (certains de) ces outils.

Bon aller, je déblatère je déblatère, mais je sais même pas si mon commentaire va plaire à votre modérateur là... En tous cas, ça faisait longtemps que je vous avais pas lu, je vais passer voir mon kiosquier demain, tiens !