Rubrique des expérimentations sociales et autres alternatives.
Qu’est-ce qui leur a pris de sortir 200 bêtes au cœur de l’hiver, en pleine période d’agnelage ? Qui plus est, pour battre le pavé toute une semaine au lieu de ruminer sagement du fourrage ? Soit ces gens-là ne connaissent pas leur métier, soit il se passe quelque chose de grave. Au pas tranquille des bêtes, la départementale a des airs printaniers. À la tête du troupeau, Sébastien Pélurson n’en revient pas : « Quand on a lancé l’idée de la transhumance, il y a deux mois, ça semblait un truc de dingue. (...)
L’église patolique, vous connaissez ? Léo Bassi en a fondé la première paroisse au monde. Pato signifie canard en espagnol. Dans le local exigu de l’ambassade du Patican, sise dans une ruelle à deux pas de la place Lavapiés, à Madrid, on adore… un canard de baignoire en plastique jaune. Léo nous assure qu’il entreprendra bientôt les démarches pour faire reconnaître le patolicisme comme religion. La doctrine de cette dernière est patologique et ses ennemis sont, bien sûr, antipatiques. Dans un décor des (...)
Plutôt laisser un bâtiment se délabrer que de le voir entretenu par des squatters et attendre qu’une juteuse opération immobilière se présente. Une histoire béarnaise dans laquelle CQFD retrouve une vieille connaissance : la Croix-Rouge . 18h30, l’hiver a déjà jeté sa nuit sur les coteaux de Jurançon (Pyrénées-Atlantiques). Au bas, dans la vallée, par-delà le gave de Pau, on devine les lumières de la ville de Billère. « Ici on côtoie la France d’en haut », ironise Rémi en remontant sa petite lampe mécanique (...)
À Dijon, depuis bientôt trois ans, de joyeux zigues binent la terre sur une friche maraîchère et luttent pour défendre cet espace voué à la rénovation urbaine. Ce sont près de 28 hectares de friches, dont six de terres cultivables, qui doivent être réhabilités en un éco-quartier baptisé « Le Jardin des maraîchers », en référence au passé agricole du coin. Ce projet urbanistique, prévu pour 2015, a été conçu par Nicolas Michelin, architecte qui se targue de s’inspirer du « génie du lieu », qu’il définit comme « (...)
La librairie parisienne Quilombo a ouvert ses portes en 2002 en affichant clairement ses intentions : « Nous voulons créer un espace autonome et autogéré, une alternative aux supermarchés de la culture ». Dix ans après, pari tenu. Mais l’expérience reste fragile. Quand on arrive en vue du n°23 de la petite rue Voltaire (XIe), ce qui frappe d’abord ce sont les grands panneaux signés Frans Masereel (1889-1972) – magistral graveur sur bois belge connu pour son engagement social et ses « romans graphiques (...)
À Montreuil au 7, rue François-Debergues, dans le neuf-trois, le café-librairie Michèle Firk est animé par une dizaine de copains et copines « organisés de manière coopérative pour tenter de créer un lieu intermédiaire ouvert sur la ville ». Poussons la porte. Dans les rayonnages se pressent des centaines de romans, livres de socio, de philo, d’histoire, quelques pièces de théâtre, des fanzines, des bédés, des livres pour enfants petits et grands, un infokiosque. « Vous voulez boire quelque chose ? propose (...)
Entre flicage permanent et éruptions intermittentes de fièvre médiatique, la banlieue cherche des failles pour dealer ses colères en contrebande. Et si créer c’est résister, l’adage gagne en force quand on maîtrise la chaîne menant de la fabrication à la diffusion de son art dissident. Un badaud : « Et vous, vous faites quoi ? » « Nous, on fait du rap militant et libertaire. » « Ah bon ? Ça existe ça ? », fait le type, dubitatif. Skalpel sourit. Derrière lui, une affiche en noir et blanc annonce la couleur (...)
L’appart’ leur a tapé dans l’œil dès la première visite : immense, bien situé et doté – mazette ! – d’une terrasse de cent mètres carrés… À cinq, le loyer indécent passant un tantinet mieux, ils se sont vite retrouvés à imaginer les usages collectifs de ce vaste espace en plein air. Cooot, cot, cot, codec ! L’agence chargée de la location a la particularité d’avoir en gestion les biens d’un seul et unique propriétaire : un richissime industriel, auparavant directeur d’une huilerie marseillaise, au sujet duquel (...)
Poser deux yourtes dans le Luberon, c’est un peu comme lâcher une horde de Huns dans les jardins de l’Élysée : ça fait tache. Au cœur d’un paysage voué à la résidence secondaire cinq étoiles, Stéphanie et Amidou Château ont voulu vivre autrement, mais se sont heurtés à un plan local d’urbanisme conçu pour les riches. La cour d’appel de Nîmes est réputée pour son manque de souplesse, et même les avocats du cru lui reprochent sa « sévérité » : les peines de première instance y seraient aggravées dans « des (...)
Dans l’offensive généralisée des autorités municipales pour aseptiser la turbulente Marseille, les petites salles de concert sont en première ligne. Spéciale dédicace à nos camarades de l’Enthröpy, éjectés provisoirement à la fin du mois… C’est en 1976 que l’on situe, généralement, l’émergence du vomi punk en une des journaux. Au-delà des inévitables effets de mode qu’il provoquera, une affirmation forte était énoncée : celle du Do It Yourself (DIY). Hurlement de ralliement et de sédition signifiant qu’il (...)
