De grands panneaux lumineux ont été installés aux entrées stratégiques de l’usine, comme il en existe déjà plein dans d’autres boîtes. S’affichent les heures et les jours sans accidents du travail, ainsi que des slogans sécuritaires martelés par des Big Brothers au petit pied : « Mettez votre casque », « Respectez le code de la route, même à l’intérieur de l’établissement », etc. Les abords de l’usine, trottoirs, parkings, bordures gazonnées ont été relookés. Des arbres ont été plantés. Des peintres sont venus (...)
En ce moment, dans l’agglomération rouennaise, nous vivons au rythme de la fermeture annoncée de la raffinerie Pétroplus, à Petit-Couronne. Il faut dire que cette grosse usine fait partie de l’histoire de l’agglomération. Première raffinerie française lors de sa construction en 1929, elle fut sabotée pour ne pas tomber aux mains des troupes allemandes en 1940. Les anciens se souviennent encore de ces gigantesques nuages noirs qui ont pollué la région pendant plusieurs jours.
Reconstruite après (...)
Un matin de plus à l’usine. Un matin de plus dans cette ambiance mortifère. Quelques ateliers fument à peine. C’est désagréable de continuer à venir bosser dans une usine en fin de vie, d’autant que l’agonie dure depuis des années et qu’on ne sait toujours pas quand et comment se déroulera la phase terminale. Vous allez me dire : « Allez, Jean-Pierre, c’est pas la mort ! » Ben, si.
Depuis l’accident du 29 septembre (voir CQFD n° 93) au cours duquel on a, une fois de plus, frisé la catastrophe, rien ne va (...)
Avant d’entrer dans le vif du sujet, quelques mots sur la situation de l’usine après l’incident du 29 septembre (cf. CQFD n°93). Certains ateliers viennent tout juste de redémarrer mais l’atelier d’ammoniac, lieu de l’incendie, ne démarrera (peut-être) que d’ici février-mars. Pendant les deux derniers mois, on a eu le droit de la part de la direction et de l’encadrement à une intense propagande contre les inspecteurs du travail et l’administration qui « bloquaient l’usine et voulaient la fermer ». Faut (...)
Dans le précédent numéro de CQFD, je vous racontais la dernière catastrophe qui a secoué l’usine, cette explosion qui a provoqué un incendie et pas mal de casse. Heureusement, il n’y avait personne dans les parages, et les collègues ont réussi à maîtriser le feu et à stopper les installations à temps. Encore un vrai coup de chance. Le quatrième en deux ans, ça commence à bien faire.
À l’heure où j’écris cet article, on ne connaît toujours pas l’étendue des dégâts, d’autant que l’explosion a libéré de (...)
Le 21 septembre 2011, accompagné par quatre collègues du syndicat de la boîte, je suis descendu à Toulouse. Commémoration oblige, c’était pour les dix ans de la catastrophe d’AZF. On s’est retrouvés au rond-point du 21 septembre, lieu éminemment symbolique, où se rassemblent chaque année les associations des victimes de l’accident. Étaient également présents la Fédération chimie de la CGT et ses trois cents militants venus de toutes les usines chimiques et raffineries de France. Impressionnant de voir ces (...)
Enième réunion au siège de la Défense en cette fin août pour un dossier qui a engendré un long mouvement de protestation depuis plus de deux ans. Faut dire que l’enjeu est conséquent : la direction, sous prétexte de simplification du logiciel de gestion des paies, veut rogner nos salaires. Y a des choses qui sont sacrées et, à part le syndicat CGC, tous les représentants syndicaux parlent d’une même voix. La direction générale voulait réunir les syndicalistes entre le 14 juillet et le 15 août, période (...)
En cette période estivale, je peux peut-être vous parler d’un aspect de l’usine qui comptait pour les salariés et qui a disparu parce que leurs visions de vacances sont maintenant calquées sur celles des bourgeois et des agences de voyages.
Tout a commencé à une époque où l’usine comptait plus de 2 000 salariés. Dans le droit social, une partie de la masse salariale doit être redistribuée par les directions pour les affaires sociales et culturelles et, depuis 1949, ce sont les comités d’établissement (...)
L’histoire que je vais vous raconter aujourd’hui est un peu de la tambouille interne, mais je pense qu’elle mérite d’être connue.
Les élections professionnelles ont lieu dans chaque entreprise tous les deux, trois ou quatre ans, selon les accords. Il s’agit d’élire les délégués du personnel et les représentants au comité d’établissement (CE). Le CE est prisé des syndicalistes car le job ne se limite pas à l’organisation des colonies de vacances : il donne des moyens et pas mal d’heures de délégation pour (...)
Située à l’ombre des gigantesques tours Total de la Défense, l’immeuble City sert de siège social à trois de ces filiales : Bostick (colles), Cray Valley (polymères et polyesters) et GPN (engrais). Des groupes chimiques dont Total cherche à se débarrasser au fur et à mesure des opportunités.
En début d’année, Total a annoncé la vente de Cray Valley à Arkema pour 550 millions d’euros. Arkema était, à l’origine, la partie « chimie » du groupe pétrolier. En 2005, Total s’en est séparé. Désormais, Arkema fait le (...)