Rubrique autour des sans-papiers et des migrations.
Ayant fui l’Algérie pour la patrie des droits de l’homme et, « accessoirement » de la femme, Samia a découvert en France la condition d’immigrée clandestine. Une tranche de vie qu’on prend en pleine tronche. Samia a cinquante ans. Mariée à seize ans à un homme drogué et brutal, infirmière de nuit à l’hôpital d’une ville de l’est algérien, elle a enduré cette situation pendant dix-neuf ans, en partie à cause de ses cinq enfants, en partie à cause de la pression sociale, avant de demander le divorce. « J’ai (...)
Le 31 décembre 2012, un rassemblement était prévu à Perpignan (Pyrénées-Orientales) pour soutenir Badia placée sous le coup d’une OQTF . Puis tout fut annulé. Épuisée, elle venait d’être hospitalisée. Quelques jours auparavant, elles étaient cinq clandestines à sortir au grand jour pour raconter leur histoire : Badia, Nadia, Kenza, Jamila et Fatima. Cinq femmes sans-papiers ayant en commun, outre leur origine marocaine, de s’être échappées d’un enfer conjugal. Fatima : « Je suis rentrée en France le 30 (...)
Depuis l’avènement de l’espace Schengen, la Mare nostrum est devenue une fosse commune pour des milliers de migrants déclarés indésirables. Un procès devrait bientôt dévoiler le rôle macabre de l’armée française et de l’Otan lors d’un naufrage survenu pendant l’opération libyenne. Le 13 juillet 2008, pendant la présidence française de l’Union européenne, un projet nébuleux voit le jour : l’Union pour la Méditerranée qui, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, fixe quelques objectifs régionaux très ambitieux comme (...)
Léger émoi dans la presse française : un nouveau-né « clandestin » est mort au centre de rétention de Mayotte. Sur ce rocher français de l’océan Indien, il est d’usage d’appeler « clandestins » toutes les personnes qui arrivent des îles sœurs, de l’archipel des Comores. Notamment d’Anjouan, que l’on aperçoit à l’horizon, à 70 km de là. Depuis que le visa Balladur de 1995 est venu réglementer de manière drastique l’accès à la partie française de l’archipel, les Comoriens, qui ont toujours circulé librement entre (...)
Entre répression policière et saillies hypocrites des élus locaux, le « marché libre » de Barbès n’est plus. Si la gentrification du quartier poursuit son cours, les biffins n’ont toutefois pas dit leur dernier mot, survie oblige. Troisième et dernier volet de nos périgrinations dans ce quartier parisien. Un carré d’une centaine de places sous le périph’. C’est ce que la ville de Paris autorise pour les quelques adeptes du « marché libre » ou biffins. « Un accompagnement social inédit en France » ou (...)
Ahmed et Medhi, clandestins tunisiens, racontent leur histoire de vendeurs de clopes à la sauvette. Entre envie de « faire son trou à Paris » et rêves brûlés se dessine l’impasse d’une vie faite de galères quotidiennes, sur fond de chasse aux pauvres… Bienvenue à Barbès ! « Marlboro, Legend ! Marlboro, Legend ! », scandent sur un bout de trottoir Ahmed et Medhi. Sous la carcasse éventrée du magasin cheap Vano, ils sont quelques dizaines à s’agglutiner à l’angle des boulevards Barbès et de La Chapelle. Tous (...)
À défaut de pouvoir obtenir un visa, les Tunisiens qui veulent gagner l’Europe n’ont d’autre choix que de prendre la mer, au péril de leur vie. À Zarzis, certains en profitent pour s’enrichir sur leur dos, et l’économie locale s’en trouve déstabilisée. Reportage. Dès le 27 décembre, les habitants de Zarzis, petite ville côtière (70 000 habitants) à une cinquantaine de kilomètres de la Libye, sont descendus dans la rue pour manifester contre le régime de Ben Ali. Le 12 janvier, deux personnes sont tuées et (...)
Alain Tarrius, universitaire spécialiste des flux de l’économie souterraine, revient pour CQFD sur le commerce clandestin alimenté par des dizaines de milliers d’Afghans. Cette mondialisation bis assurant la survie de populations entières est aujourd’hui récupérée par les réseaux mafieux à la tête du trafic d’opium. Analyse. ILS SONT A PEU PRES 65 000 chaque année à quitter l’Afghanistan pour venir se fournir en matériel électronique en Géorgie ou dans les ports turcs de la mer Noire. Ordinateurs, (...)
Si une présence de légionelle est suspectée dans un hôtel, tous les occupants sont évacués dans la minute. Imaginez la réputation si un client venait à tomber malade… Au Centre de rétention administrative de Marseille, quand il s’avère que des légionelles clapotent dans l’eau sanitaire, tous les retenus restent derrière les barreaux. Imaginez la réputation si l’on venait à libérer un sans-papier ! « Le 3 décembre, le juge a dit qu’il allait réagir comme si un membre de ma famille se trouvait dans le centre (...)
CQFD a rencontré une jeune Comorienne de 22 ans, Maria, débarquée régulièrement à Marseille en 2004 avant d’être confrontée aux galères de papiers, de travail, d’argent... Elle nous offre son témoignage, quelque peu décalé par rapport aux discours actuels sur l’immigration... LONGTEMPS MINORITÉ invisible et silencieuse, les 80 000 Comoriens de Marseille sont passés sous les feux des projecteurs quand deux drames de la misère les ont frappés : Ibrahim Ali abattu par des colleurs d’affiche du FN en 1995, et (...)
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