À Toulouse, les ingénieurs de Sogeti High Tech, filiale de Capgemini, grosse pieuvre mondiale de 80 000 salariés spécialisée dans le service informatique, ont découvert les méfaits de la mondialisation économique. Combien touche un ingénieur de New Delhi ? « Cinq cents euros par mois, confie un gréviste de Sogeti. En 2009, pour la première fois, Capgemini emploie plus de salariés en Inde qu’en France. » Dans l’ombre du plombier polonais combien sont ceux qui avaient pris la mesure de la matière grise indienne ? « Les inégalités de revenus entre salariés et le fait que les dirigeants s’augmentent royalement ont motivé notre mouvement », explique Jésus Rubio, délégué cégétiste de la boîte. Car pour faire avaler trois ans de gel de salaires, la direction n’a eu de cesse de gloser sur le climat international difficile. Mais qui a tout de même permis au taulier, Serge Kampf, de voir sa fortune personnelle augmenter de plus de 50 % entre 2009 et 2010. Cet automne, les cols-blancs ont organisé la riposte. « Ce qui a été nouveau, c’est la forme de notre mobilisation, explique Jésus. On débattait et décidait des actions à mener lors d’assemblées générales auto-organisées. Chaque AG se dotait de groupes opérationnels de 15 à 20 personnes, syndiquées ou non, chargées de mettre en œuvre les actions décidées. » Mais, en janvier, un accord a minima signé par trois organisations syndicales a enterré le mouvement. Arf. Bienvenue dans la lutte, camarades ingénieurs !
