CQFD

Les articles sont mis en ligne au fil de l’eau après la parution du CQFD d’ensuite. D’ici-là, tu as tout le temps d’aller saluer ton kiosquier ou de t’abonner...

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L’abécédaire de CQFD

Pour ses 10 ans, CQFD offre un supplément 8 pages exclusif : l’Abécédaire de 10 ans de critiques et d’expérimentation. Uniquement en version papier. De A comme arnaque à Z comme ZAD, en passant par le C de choc, le Q de Qatar, le F des frontières ou le D de démocratie. Le Chien Rouge en toutes lettres !

Les dossier

Dossier graphique. Reportage en colombie : Les scies à bois, les Waunan trépassent Piégé entre déforestation, recherche pétrolière et conflit armé, le peuple waunan, dans le Choco colombien, a bien du mal à conserver sa culture. Heureusement que les évangélistes peuvent lui expliquer la situation…

Dossier. Guadeloupe, toujours sous pression : Procès de l’État colonial

Liberté pour Ruddy Alexis ! Retour en fanfare carnavalesque du « chien créole » dans les colonnes du Chien rouge pour nous narrer par le menu l’ubuesque procès d’un jeune militant du Liyannaj Kont Pwofitasyon (LKP), trois ans après les émeutes qui avaient embrasé la Guadeloupe. Entre intimidations policières, faux témoins et parodie de justice, le sort de Ruddy Alexis semblait scellé. Mais…

La justice en Guadeloupe, c’est le « dépaysement » L’acquittement de Ruddy Alexis et l’effondrement pathétique du dossier à charge monté contre lui par la police aurait dû conduire le parquet à reprendre l’enquête à zéro voire à demander des comptes aux responsables de la police.

Les articles

Avignon : ZAD à venir au pays des santons. Cinq jours durant, le FLéO, rassemblant des collectifs proches et lointains du réseau Reclaim the Fields, s’est affairé à faire vivre une nouvelle zone à défendre (ZAD), menacée depuis 40 ans par un contournement routier.

Révolutions arabes : Que demande le peuple. Deux ans après les soulèvements qui ont secoué le monde arabe, les esprits frileux avaient prédit un « hiver islamiste » comme triste conséquence du « printemps démocratique ». Dans son dernier ouvrage, Le Peuple veut (Actes sud, 2013), Gilbert Achcar en offre une autre lecture, mettant le prisme sur les contradictions du capitalisme et la question sociale dans ces régions.

ZAD : Semer et s’enraciner Le 13 avril dernier, à Notre-Dame-des-Landes, l’opération « Sème ta ZAD » inaugurait le printemps sous le signe de la mobilisation paysanne pour, dixit, « rendre fertile ce qu’ils veulent rendre stérile ». Travaux des champs, assemblées bucoliques et bal heavy metal étaient au menu.

Saute frontières : La Vierge des clandestins Pascal est venu du Sénégal au Portugal pour un pèlerinage à la Vierge de Fatima. Il en conserve un souvenir narquois, entre frustration de n’avoir pas pu fausser compagnie aux flics qui les escortaient et souvenir amusé des rebondissements de l’aventure.

Rurbain. Guerre froide et artichauts Non, on ne connaît pas tellement de paysans qui vont au travail en tram. Pourtant, c’est bien ce que font tous les jours Armelle et son compagnon, Franck, pour aller cultiver en plein quartier des Caillols, à Marseille, leur petit lopin de terre. Et ce depuis mars 2011. Mais jusqu’à quand ?

Les chroniques

Billets Juste un accident au Bangladesh

Chimpanzés du futur

Mais qu’est-ce qu’on va faire de… Frédéric Van Roekeghem

Médias : CQFD par le nombril Une rubrique média consacrée au journal CQFD soi-même ? Fallait oser. Petit exercice d’autocritique ou nostalgique coup d’œil dans le rétro : en dix ans, c’est peu de dire que le journal a changé. Du ton jusqu’au fond, petit survol d’une décade féconde.

Marseille 2013 n’aura pas lieu La culture comme machine de guerre : c’est pas nous qu’on le dit.

Chronique Judiciaire ça fait cher la canette

Casse noisette Écriture féminine ?

Rage dedans La « morale » des « socialistes »

Je vous écris de l’usine D’une fermeture l’autre

Les vieux dossiers de Matéo Les « bienfaits » de la censure

Cap sur l’utopie Salopettes contre salopards

BD Désobéir pour survivre

Ma Cabane pas au Canada : La cantine des Pyrénées Cet ancien bar, situé sur la rue des Pyrénées, axe très passant du 20e arrondissement parisien, n’est pas un lieu comme les autres. Sur les vitres, des feuilles A4 disposées en domino servent d’enseigne à cette cantine où l’on sert des menus à 4 euros et organise des ateliers accessibles à (...)



Par Charmag {JPEG} Le A inaugural aurait aussi bien pu renvoyer à l’ADN, enjeu de tous les prélèvements et de toutes les manipulations, qu’à l’auto-entrepreneur, nouvelle figure imposée d’un ultra-capitalisme tout en flexibilité, précarité et responsabilité individuelle. La belle disparue de Georges Perec (E) nous aurait permis de revenir sur les mouvements étudiants, du Québec au Chili en passant par la France, contre la privatisation de l’éducation. Les ouvertures timides mais régulières du journal sur les luttes homosexuelles, transsexuelles, féministes auraient pu trouver une forme d’approche dans un article Queer.

Quel bilan tirer de ce bref temps historique ? Qu’est-ce qui a été perdu ? Qu’est-ce qui a été gagné ? Hégémonie de la technologie, aggravation des conditions de vie, développements des contrôles et de la violence d’Etat, mais aussi rupture d’avec la fatalité, inventions de nouvelles pratiques, découvertes et redécouvertes de mouvements collectifs qui ont laissé des marques profondes, tels que la lutte contre le Contrat première embauche ou le soulèvement des banlieues.

Voici donc quelques modestes réflexions d’un « chien rouge » en pleine force de l’âge sur l’état de notre monde où, en dépit des promesses marxiennes ou martiennes, les pouvoirs n’ont effacé ni les colères, ni les envies, ni les aspirations à vivre d’une manière autre que celle qui est de mille manières imposées.



Pour continuer à engranger quelques milliers d’euros supplémentaires et nous permettre de confirmer ainsi notre redressement productif (comme dirait Arnaud), CQFD Production s’offre un fameux plateau d’artistes à l’occasion d’un concert de soutien qui, assurément, fera date. N’en déplaise à certaines de nos lectrices, regrettant que le chien rouge ne soit pas un peu plus chienne mais dont nous adorons par ailleurs le caractère bougon (si stimulant), c’est la chanteuse engagée/enragée Keny Arkana qui enverra le son depuis l’Espace Julien à Marseille le 28 mai prochain. Néanmoins, comme le monde ne vaudrait rien sans un homme ou deux, les prolos tout aussi enragés de Naïas apporteront leurs mandoles et leurs lance-boulons d’acier à l’édification des masses. Ça va sévèrement remuer là-dedans ! Éloignez les enfants et les personnes fragiles ! Il reste quelques places.

Carnet rose : CQFD a, depuis le 23 avril, un lecteur de plus. Bienvenue Mahé ! Bises aux parents.




Razi et Fadel, 24 ans et 23 ans, quittent la fête où ils ont passée la soirée du 8 mars vers 3 h du matin ; une heure plus tard ils se font interpeller, suite au cambriolage d’une auto-école du quartier. Les deux copains passent en comparution immédiate trois jours plus tard, au TGI de Lyon, accusés d’avoir volé trois chèques impossibles à encaisser, un ordinateur portable hors d’usage et d’avoir cassé une vitrine, remplacée le lendemain des faits (et payée par l’assurance) comme le précise la victime.

par L.L. de Mars {PNG}

Rappel des faits. La nuit de l’incident, un policier au repos constate que la vitrine de l’auto-école en bas de son immeuble est cassée et aperçoit une voiture passer devant chez lui. Il appelle ses collègues et se rend sur place où deux jeunes viennent d’être interpellés. Il reconnaît en Fadel le conducteur de la voiture qu’il a vu passer quelques minutes plus tôt. Dans la voiture, il y a un PC et trois chèques. Les deux copains expliquent avoir croisé un pote qui leur a laissé ce matériel à l’arrière du véhicule puis est (...)


Catherine aime bien CQFD. Tous les mois, elle l’affichait en devanture de son kiosque idéalement placé en plein centre de Marseille. Mais depuis fin mars, Catherine ne vend plus votre journal préféré, ni aucun autre. Les présentoirs sont vides. Il n’y a plus que des bonbons et des cartes postales. Et bientôt le rideau sur la scène va tomber. Définitivement.

CQFD : Comment et pourquoi es-tu devenu kiosquière ?

Catherine : J’ai tout quitté. La Normandie où je vivais, mon boulot de technicienne de laboratoire pour venir vivre à Marseille et ouvrir ce kiosque. Je voulais vendre des livres, être en contact avec les gens. Finalement, j’ai rencontré mon prédécesseur ici. Il prenait sa retraite. Alors j’ai décidé de m’installer comme kiosquière. Ça pas été facile ! Surtout qu’il m’a fallu attendre cinq mois pour obtenir l’autorisation de la mairie de Marseille… Et sans travailler, car c’est interdit quand on fait la demande d’ouvrir un kiosque. Alors, il faut une sacrée motivation ! J’adore le papier, la presse… J’en consomme beaucoup moi-même.

J’ai commencé ici en octobre 2010. Et rapidement, j’ai diversifié mon activité avec les confiseries, les jeux de grattage, le P.M.U., les tickets de métro. Ça m’a donné beaucoup plus de travail pour pas grand chose ! Les commissions sont très faibles. En fait, les commerciaux disaient que ça allait apporter de la clientèle pour les journaux, (...)


Contre le puçage dans l’élevage, l’agitation prend de l’ampleur. Mais les promoteurs de la grande machine à viande européenne s’activent eux aussi.

Le 7 mars, à la la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), Luxembourg : les 200 éleveurs de la VDL, fédération d’éleveurs ovins allemands, en gabardine et chapeaux d’apparat, dénotent au milieu des traders et des avocats. Ils sont là pour soutenir Herbert Schaible, éleveur du Baden-Württemberg, qui conteste l’obligation d’identifier électroniquement et individuellement ses brebis. Pour vérifier sa compatibilité avec le droit de l’Union, il a saisi la CJUE. Une vingtaine d’éleveurs et éleveuses des Alpes françaises sont aussi venus en soutien, après la transhumance hivernale de fin janvier [1].

Par Nardo {PNG}

La Commission européenne et le Conseil communautaire ont envoyé avocats et experts. Du côté des États, seule la France est venue défendre un système agricole qu’elle contribue à diffuser. L’argumentaire est simple : l’Europe est en danger, des épizooties récurrentes nous menacent, sans parler des fraudes, et pour y faire face, une arme : la tra-ça-bi-li-té. L’avocat de la CE invoque « l’exemple récent de la viande de cheval » pour (...)


Le Forum social mondial (FSM) de Tunis a concentré à lui seul l’effervescence de la révolution tunisienne alors que le marasme économique et politique s’est installé dans le pays. Malgré tout, les jeunes Tunisiens et Tunisiennes veulent croire à la continuité du processus révolutionnaire.

Au sein du campus El Manar de Tunis, 70 000 personnes sillonnent les bâtiments récemment repeints – par l’État – et fraîchement tagués – par les révolutionnaires. Le FSM 2013 s’est invité dans la capitale, alors que l’assassinat le 6 février de Chokri Belaïd [1], charismatique opposant de gauche, agite encore la rue tunisienne.

L’ambiance générale du Forum en est imprégnée, affiches placardées et slogans scandés, chants de la révolution sur fond de reggae et hommages au défunt leader. Ça et là des groupes débattent, un peu plus loin d’autres dansent au milieu du flot continu de participants à la recherche de leur prochain atelier, parmi les 1 200 qui vont se tenir en trois jours. La gauche arabe est présente en force. On a même droit à quelques bastons : entre Syriens pro et anti Assad ou entre le Front Polisario [2] et des Marocains dont le voyage est payé par le Royaume. « L’Internationale », qui résonne régulièrement dans la langue des Mille et Une Nuits, n’est pas encore le genre humain…

Dans les interstices de ce FSM, on (...)


Guy Debord (1931-1994), classé « trésor national » ! Nul besoin d’être le plus obtus des pro-situs pour savourer l’ironie de la muséification du situationniste qui a lieu en ce moment à travers une exposition de ses archives à la Bibliothèque Nationale de France (BNF). Déjà en juin 2009, lors de la collecte des dons qui allait permettre le rachat de l’intégralité du fonds Debord par la BNF – alors en concurrence avec l’université Yales –, le magazine Point de vue détaillait la liste des mécènes invités au gala : on y trouvait Pierre Bergé, la ministre Christine Albanel, Gonzague Saint-Bris, le prince Gabriel de Broglie, etc. « Dix-huit tables de douze convives à 500 euros le couvert, réservées par Véolia, Total » [1], toute une avant-garde admirant le manuscrit de La Société du spectacle, un verre de Château-Dassault 2001 à la main. La petite sauterie avait permis de récolter 240 000 euros [2]. L’hebdomadaire people des têtes couronnées ironisait alors : « Amusant ! Car peu d’invités devaient adhérer à la pensée anticapitaliste et (...)


« Hollande en voyage d’affaires au Maroc » titrait la presse française fin mars. Pour l’heure le business remplace les clichés éculés sur le « pays aux vacances de rêve », mais une chose est sûre : on évitera de causer des Marocains, de leurs luttes et de la répression. En janvier 2012, CQFD interviewait Souad Guenoun, Casablancaise, membre du Mouvement du 20 février au Maroc (M20F) qu’elle avait rejoint en 2011, armée de sa caméra et de son appareil photo. CQFD revient avec elle sur un climat social marocain délétère.

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CQFD  : Depuis 2012, le pays est aux mains du gouvernement Benkirane. Comment ça se passe ?

Souad Guenoun : Le gouvernement présidé par le PJD – les islamistes de service – a servi de caution : en 2011 ce parti a surfé sur le M20F, soutenu ses revendications, récupéré mots d’ordre et slogans. Les gens ont voté pour lui comme parti « le moins pire ». Il a créé un gouvernent de racolage avec des ministres PPS (Parti Progrès&Socialisme) – qui se revendique toujours du communisme promakhzen [royaliste – ndr]… On les a surnommé « Petit Parti de Sa majesté » – des gens de droite et du centre. L’opposition à droite a été fabriquée, menée par un copain du roi, se présentant comme la droite libérale éclairée intégrant d’anciens détenus politiques « retournés ». Bref, une drôle de soupe qui a permis de faire passer des mesures antipopulaires. Ça fait plus d’un an que ça dure.

Quelles sont ces mesures ?

Il s’est attaqué au mouvement des diplômés chômeurs, et à tous les mouvements de lutte : intimidations, tabassages, arrestations en (...)



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